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Full text of "Bulletin dictionnaire wallon 1"

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BULLETIN 



DU 



^. jr 



DICTIONNAIRE GENERAL 



DE LA 



langue Wallonne 



PUBLIÉ PAR LA 
SOCIÉTÉ LIÉGEOISE 
DE LITTÉRATURE 
WALLONNE 



NI et 2. Janvier 1906 



LIÈGE 
Imp. H. Vaillant-Carmanne, a. a. 



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PC 30*/ 

Sa 'j 

W./-5" 



AU LECTEUR 



Dans sa séance du 13 novembre 1905, la Société Liégeoise de 
Littérature wallonne a décidé d'adjoindre à ses publications 
traditionnelles, Bulletin et Annuaire, le présent Bulletin du 
Dictionnaire, qui comprendra quatre fascicules par an. 

Dans la pensée de la Société, ce nouveau périodique doit servir 
à étendre le cercle de notre propagande en faveur de l'oeuvre 
future et à faciliter nos moyens d'information. Il s'adresse à plu- 
sieurs catégories de lecteurs. 

Tous les membres de la Société seront ainsi tenus au courant 
de nos efforts et de nos progrès. En communion plus fréquente 
avec nous, ils apprécieront mieux l'étendue et les difficultés de 
notre tâche et se sentiront plus disposés à nous encourager par 
des conseils ou des renseignements. 

Nous avons également songé à tous les correspondants, dissé- 
minés sur le sol de la Wallonie, qui, depuis deux ans déjà, nous 
ont promis leur aide et dont plusieurs nous donnent des preuves 
incessantes dé leur dévouement. Ce Bulletin enregistrera tous les 
envois qu'ils voudront bien nous adresser, indiquera les points 
sur lesquels ils pourront diriger leurs enquêtes, publiera des 
questionnaires, des communications-modèles qui en suggéreront 
d'autres, etc. Nous leur en ferons le service régulier. Ils y trou- 
veront un guide qui s'efforcera de leur montrer l'intérêt qu'offre 
l'étude des parlers populaires et la méthode qu'il convient de 
suivre dans ces investigations délicates. 

Mais ce Bulletin ne s'adresse pas seulement à ceux dont le con- 
cours est acquis au Dictionnaire futur. Nous voudrions inté- 



223 

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— 4 — 

resser à cette entreprise nationale tous les wal Ionisants qui, 
jusqu'ici, n'ont pas eu connaissance du Projet de dictionnaire et 
dont le bon vouloir n'attend peut-être qu'une occasion pour se 
révéler. Nous les prions instamment de venir à nous, de répondre 
à nos questionnaires, de nous envoyer des listes de mots curieux 
et des textes inédits, de s'inscrire enfin au nombre de nos corres- 
pondants et de nos membres effectifs. Leur collaboration nous 
permettra de compléter nos matériaux, de préciser et de déve- 
lopper nos renseignements, de façon à ne laisser aucun coin 
inexploré. Il importe que toutes les bonnes volontés s'unissent 
pour créer une œuvre intégrale, qui soit l'image fidèle et vivante 
de notre vieille civilisation romane. 

Enfin les savants étrangers qui s'intéressent à nos dialectes 
d'une originalité si savoureuse, trouveront un recueil d'archives 
lexicologiquës et dialectologiques du wallon, dans ce modeste 
Bulletin, qui notera et analysera les ouvrages relatifs à ces ques- 
tions, publiera des textes avec toute la rigueur désirable, s'occu- 
pera de problèmes d'étymologie, de sémantique, etc. 



A tous, nous rappellerons que la Société liégeoise de Litté- 
rature "wallonne, — qui fêtera l'an prochain le cinquantenaire 
de sa fondation, — date du 27 décembre 1856 et qu'elle est à la 
fois la plus ancienne et la plus importante société littéraire de la 
Wallonie. Elle est notre Académie wallonne : il ne lui manque 
vraiment que la reconnaissance officielle, — qui viendra bien un 
jour ! 

Son œuvre est exclusivement littéraire et scientifique. Toute 
discussion politique ou religieuse est bannie de la Société. 

Elle a pour but d'encourager la littérature wallonne et l'étude 
des parlers romans de la Belgique. Elle institue annuellement des 
concours de littérature et de philologie wallonnes (voir le pro- 
gramme détaillé dans V Annuaire) et publie dans son Bulletin les 
pièces, lexiques et mémoires couronnés. 



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Elle comprend : i° des membres titulaires, au nombre de 
quarante; qui sont tenus d'assister aux réunions mensuelles ; 2° 
des membres effectifs, en nombre illimité, qui n'ont d'autre obli- 
gation que de payer la cotisation annuelle de cinq francs. Ils 
reçoivent les nombreuses publications de la Société et sont 
invités à se tenir en rapport avec les membres titulaires. 

En 1904, la Société a distribué à ses membres : 
le tome 44 du Bulletin, in-8° de 555 pages, 
le tome 17 àe Y Annuaire, in- 12 de 123 pages, 
le Projet de Dictionnaire général de la Langue wallonne (bro- 
chure in-4" de 36 pages à deux colonnes ; prix : 2 frs). 

En 1905, elle a distribué : 
le tome 45 du Bulletin, in-8° de 362 pages, 
le tome 18 de V Annuaire, in- 12 de 170 pages, 
la 2 e édition de ses Règles d'orthographe wallonne (brochure 
in-8° de 72 pages; prix : 0,50 centimes). 

En 1906, elle distribuera : 

le tome 46 du Bulletin, in-8°, 

le tome 19 de Y Annuaire, in-12, 

le Bulletin du Dictionnaire, 
et, très probablement, vers la fin de l'année les premières feuilles 
du Dictionnaire général de la Langue wallonne, dont elle réunit 
les matériaux depuis près d'un demi-siècle. 

On est prié d'adresser la correspondance, demandes d'admîs- 
sion et communications, dons d'ouvrages, demandes d'achat ou 
d'échange, à M. Jean Haust, Secrétaire, 75, rue Fond-Pirette, 
Liège. 

Le Comité de Rédaction du Dictionnaire : 

MM. Auguste Doitrepont, professeur de philologie romane à 

l'Université de Liège, 
Jules Feller, professeur à l'Athénée royal de Verviers, 
Jean Haust, professeur à l'Athénée royal de Liège, 

Secrétaire de la Société liégeoise de Littérature wallonne 



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INSTRUCTIONS 

-A. 3STOS ooi^itESi^oisriD-A.isrxs 

« J'aime le wallon ; la saveur de nos dialectes me grise ; je sens 
combien le wallon est riche, et j'ai souvent songé à en recueillir 
les dictons caractéristiques et les mots les plus curieux : mais à 
quoi bon ? Ce que je recueillerais serait une goutte d'eau de la 
mer. 

— Donnez-nous-la quand même, votre goutte d'eau. Elle sera 
reçue avec reconnaissance. Devenez donc correspondant du 
Dictionnaire wallon. » 

Protestations d'amour pour notre vieux langage, exhortation à 
nous aider dans l'œuvre que nous avons entreprise, tel est le schéma 
d'un dialogue que nous avons fait au moins cent fois. « Mais à quoi 
s'engage-t-on ? », dit alors la personne interviewée, « et comment 
faut-il s'y prendre ? — Et quel est le traitement ?», ajoutent mali- 
gnement les sceptiques. C'est pour répondre à ces questions bien 
naturelles que nous reprenons la parole. 

La Commission du dictionnaire ne demande à ses correspon- 
dants ni connaissances spéciales, ni engagements à long terme, ni 
promesses formelles, ni devoirs ardus. Votre nom, que nous 
inscrivons, signifie que vous vous intéressez à notre œuvre et que 
vous seriez disposé, le cas échéant, à nous aider de vos renseigne- 
ments. Il y aura, évidemment, plusieurs catégories de correspon- 
dants. Les uns ne comptent pas faire acte d'initiative, mais se 
déclarent prêts à nous fournir des renseignements quand nous 
leur en demanderons. D'autres, sans doute en grand nombre, ont 
assez de ?èle, de goût et de loisir pour nous donner une collabo- 



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ration spontanée, active et suivie. Entre ces deux types, tous les 
intermédiaires sont possibles. Donc vous êtes des nôtres du 
moment que vous avez le désirât coopérer à une oeuvre dont 
vous reconnaissez l'importance et pour laquelle nous affirmons 
que vous pouvez nous être utiles. 

. Surtout, qu'on ne laisse pas de se déclarer par crainte d'être 
insuffisant à la tâche. Qu/on ne s'imagine pas que nous tenons à 
la lettre moulée, au papier glacé, à une orthographe impeccable. 
Nous n'organisons ni un concours d'écriture, ni un concours de 
dictées. Nous ne demandons à personne de danser sur une corde 
tendue entre deux précipices. Nous cherchons simplement des 
hommes de bonne volonté. Nous insistons sur ces points parce 
que nous savons qu'il faut dissiper la défiance et secouer la torpeur 
des Wallons de nos campagnes. Pour eux, souvent, par suite de 
préjugés, écrire une lettre est une terrible affaire, que Ton 
ajourne volontiers aux calendes grecques. Par crainte de mal 
faire, ou de mal dire, bu de mal écrire, on diffère toujours. Nous 
avons connu des paysans qui faisaient six lieues à pied et dépen- 
saient une journée pour une commission qui ne demandait qu'une 
carte-correspondance. Nous voudrions secouer cette inertie et 
inspirer une confiance telle que jamais il n'y eût ni répugnance 
ni hésitation à saisir une plume ou un crayon pour correspondre 
avec nous. 

Tel est instituteur. Il pourrait nous fournir une aide précieuse, 
car il a eu l'occasion de comparer le patois de son village natal 
avec celui du village où il exerce ses fonctions. Mais il n'ose 
prendre sur lui de nous adresser des renseignements. Il craint 
d'être critiqué ; il s'imagine que nous allons éplucher son orthor 
graphe wallonne, incriminer ses définitions, ses explications. 
Donc il s'abstient. Et c'est pourquoi nous ne saurions trop insister 
auprès de lui. Erreur, erreur ! lui crions-nous. Nous ne songeons 
pas à chercher les puces dans la crinière du lion. Nous nous 
moquons de tous les excès de purisme. Nous avons l'habitude de 



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— 8 — 

correspondre avec des ouvriers plus habiles à manier la faux ou 
la pioche que la règle et la plume» et nous avons toujours reçu 
avec le plus vif intérêt leurs communications. 

Si nous étions étrangers aux infinies variétés du dialecte wal- 
lon, nous serions forcés de pratiquer la prudence. Nos instructions 
seraient d'autant plus déliantes que nous nous défierions davan- 
tage de nos propres connaissances. Mais, par bonheur, nous 
n'avons pas besoin d'user de tant de précautions. Chacun de nous 
sait d'enfance plusieurs dialectes wallons. Par l'étude, par des 
voyages répétés, nous avons, acquis l'expérience des autres dia- 
lectes. Nous ne savons pas tout, parce qu'on ne peut, en voyage, 
interrogerjur quelque trente mille mots dans chaque commune, 
— et c'est justement pourquoi nous faisons appel au dévouement 
de collaborateurs ; mais nous sommes assez familiers avec le 
monde wallon, nous en avons assez pétri la pâte pour avoir le 
droit de compter un peu sur nous et exiger d'autant moins de 
nos correspondants. Le contrôle des matériaux rassemblés s'exer- 
cera^ souvent par comparaison d'une façon presque mécanique, 
et, en cas de doute, nous écrirons à nos correspondants pour leur 
soumettre la difficulté, ou nous irons vérifier sur place. 

Nos collaborateurs auront, pour continuer nos enquêtes, des 
facilités que nous ne pouvons avoir. Pour opérer cette analyse 
du patois local avec l'ampleur désirable, ils ont devant eux les 
jours et les soirs, et les mois, et même les années, — car notre 
œuvre ne'se fera pas en un an ! Ils sont sur les lieux, mêlés à la 
population, qui ne se gêne pas devant eux pour filer la conversa- 
tion au naturel, en reparties mordantes, en termes bien frappés, 
tout vifs et tout crus. Eux, ils inspirent confiance. On leur débi- 
tera des contes, des fantaisies, des rimes, des spots qu'on nous 
cacherait soigneusement. Nous, messieurs de la ville, dont le 
peuple des^campagnes se fait parfois une si fausse idée, nous ne 
pouvons guère*atteindre le peuple à la soirée, au jeu, à la danse. 
On se contraint devant nous ; on veut être conforme, hélas ! à ce 



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- 9 



monde sans traditions et sans poésie que nous coudoyons. Pour 
entrer dans les bonnes grâces du campagnard, il nous faut des 
ruses, des patelinages qui demandent des préparations savantes, 
et du temps ! Nos correspondants sont débarrassés de tous ces 
ambages. On verra, eux, qu'ils ne se moquent pas. Une fois qu'ils 
auront expliqué le but, on ira au devant de leur désir. Nous 
savons des endroits où le wallon, jusque-là méprisé comme un 
infâme patois, est maintenant un sujet de conversations et de 
remarques incessantes, depuis qu'il y a là un homme du pays 
affilié à la puissante société de Liège et qui fait au vieux jargon 
l'honneur de le coucher par écrit dans son calepin po fé on live, 
pofé on dicsionère! 

Mais supposons le principe admis. Qui donc sera qualifié pour 
prendre cette initiative ? Et où, quand sera-t-il le plus commode 
de faire ces enquêtes ? Comment s'y prendre ? Sous quelle forme 
en livrer les résultats? Répondons à chacune de ces questions. 

D'abord notre appel s'adresse à quiconque est capable de 
prendre une note. Un artisan qui connaît bien les termes de son 
métier pourrait nous être un auxiliaire précieux rien qu'en nous 
signalant ces termes. Un agriculteur nous rendrait service en 
inscrivant, au hasard de ses idées et de ses loisirs, la langue de la 
vie agricole dans son canton. Que les instituteurs surtout ne 
croient pas que leur dignité ou leur apostolat les force à mépriser 
le langage de leur mère et de leur enfance. Plus que les autres, 
ils sont à même d'observer les phénomènes linguistiques ( l ). S'ils 
sont originaires d'une autre commune, ils ont eu l'occasion de 
remarquer des différences, qui nous seraient précieuses, dans 

(*) Quelques-uns nous ont procuré des contributions de haute valeur. 
Ainsi M. A. Servais, instituteur à Salm-Château, a recueilli d'après nos 
conseils des listes de mots usités à Cherain et dans la région environ- 
nante. 11 s'est servi pour ce travail du Vocabulaire de Stavelot de M. 
Haust. — M. Maury, de Chiny, instituteur à l'Ecole moyenne de Ver- 
riers, se servant du Lexique gaumais de M. Liégeois, nous a fourni des 
milliers de notes. 



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— IO — 

remploi des termes, dans la signification, dans la prononciation. 
Enfin le culte, la magistrature, les fonctions municipales laissent 
certainement des loisirs qu'on pourrait employer plus mal ou 
d'une manière moins attrayante qu'à l'étude des mœurs, des cou- 
tumes, du langage. Nous ne voulons point, d'ailleurs, répétons-le, 
que l'acceptation des fonctions de correspondant du Dictionnaire 
wallon soit jamais pour quelqu'un une fatigue ou une obsession. 
Que faut-il recueillir de préférence? Quel choix faut-il faire 
dans la masse énorme des phénomènes d'un idiome local ? Nous 
prions, nos correspondants de noter avant tout les mots rares, ces 
vieux mots qu'on ne recueille plus guère que sur les lèvres des 
vieillards, les termes de métiers, les proverbes et façons de parler 
caractéristiques. Les mots de la langue courante peuvent venir 
après, en rangs plus serrés, sans longue explication. Ils se ren- 
contreront d'ailleurs enchâssés dans les exemples. Il va de soi que 
des notes de grammaire et de prononciation seront bien accueil- 
lies, en attendant que nous publiions un questionnaire phoné- 
tique auquel il suffira de répondre mot par mot. Au reste, si 
quelque chose nous paraît obscur ou douteux dans les envois de 
nos correspondants, il nous sera toujours loisible de leur deman- 
der un supplément d'information. 

Le langage étant une marchandise que tout le monde a tou- 
jours sous la langue, tous les instants sont propices à l'observa- 
tion. Au cabaret, en chemin de fer, au marché, à l'école, à la 
promenade, à la veillée pendant les longues soirées d'hiver, aux 
champs lors des grandes opérations de l'année agricole, le chas- 
seur de mots trouve son gibier. Il suffit de la présence d'un 
meunier dans un café pour qu'on cause grains et farines, d'un 
tanneur pour qu'on discute cuirs et peaux. Là tous les métiers 
défilent, et tous les vocabulaires. Quelle moisson ferait, dans ce 
milieu propice, un observateur de bonne volonté, armé d'un 
calepin et d'un crayon. On le plaisanterait bien un peu, au début ; 
mais bientôt on s'habituerait à cette « manie » et on viendrait 



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II 



spontanément lui offrir des mots rares et des spots du vieux 
temps. Voici un autre cas possible : dans un moment d'enthou- 
siasme on a fondé une société, sous prétexte de chant, d'excur- 
sions, de causeries, d'enseignement mutuel. Mais on se fatigue 
de la chanson, toujours la même, du baryton attitré. On a tôt 
fait de décocher au plus inoifensif les railleries coutumières. Dès 
lors, ne sachant comment s'amuser, la société ne bat que d'une 
aile. Les membres s'amènent tard ou pas du tout. Je lui propose 
pour ces moments d'accalmie un moyen précieux. Qu'un des 
membres, affilié à notre œuvre, apporte un dictionnaire wallon, 
ou mieux, quelques feuilles de notre questionnaire. Aussitôt vous 
verrez les réponses s'entrecroiser, réponses diverses, multiples, 
contradictoires peut-être. Et que de souvenirs évoqués ! que de 
discussions intéressantes ! Quelles richesses à recueillir pour un 
de nos correspondants décidé à extraire la quintessence des con- 
versations qu'il entendrait ! (*) 

Ce qui précède implique l'idée que nos collaborateurs ne se 
contenteront pas de noter les choses qu'ils savent, mais aussi des 
choses qu'ils entendront autour d'eux ou qu'ils demanderont à 
l'occasion. En ceci encore, tous les degrés sont possibles et admis- 
sibles. Nos affiliés apprendront bientôt à susciter les occasions, 
et, pour peu qu'ils persévèrent dans leurs recherches, ils devien- 
dront de vrais centres linguistiques : les amis, acceptant cette 
spécialité, leur réserveront des trouvailles. 

La méthode la plus naturelle d'interrogation est de procéder 
par association d'idées. On choisit un sujet, en raison de l'endroit 
et de la qualité des auditeurs. Ceux qui connaissent le Diction- 
naire analogique de Boissière comprendront à l'instant. Suivant 
les groupes, les âges, les métiers, les saisons, les préoccupations 
du moment, on parie amour et mariage, chasse et pèche, eaux 

(' C'est dans une réunion de société, à Hotton, que la version hoton- 
nienne de la Parabole de F Enfant prodigue a été rédigée par une bande de 
joyeux lurons; et elle n'en est pas plus mauvaise, au contraire. 



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— 12 — 

et forêts, culture, essartage, sorcières, remèdes et botanique 
populaire. Tantôt on dirige la causerie, tantôt on la laisse flotter à 
la dérive. Nous annexons à ces remarques cinq ou six feuilles de 
questionnaires à titre de spécimen. Nous en rédigerons d'autres 
si celles-ci produisent de bons résultats. Nos correspondants vou- 
dront bien, espérons-le, nous dire leur avis sur ce point comme 
sur maint autre. 

Une fois en possession d'une récolte, le correspondant peut 
Fenvoyer à l'un de nous telle qu'elle est, en cahier, en farde, 
notes isolées, notes réunies et enchevêtrées. Il ne faut pas qu'une 
question accessoire de mise en ordre ou de mise au net nous 
prive longtemps de notes précieuses ou que l'ennui de recopier 
retarde un correspondant dont les loisirs sont comptés. Toute- 
fois, pour le cas où il tiendrait à faire la besogne aussi délicate- 
ment que possible et à nous livrer des notes immédiatement 
utilisables, nous lui dirons qu'il y a un système préférable à tout 
autre. Il est mieux d'écrire les renseignements relatifs à chaque 
mot du dictionnaire sur une feuille séparée. La grandeur de 
cette feuille est la moitié du format cahier d'écolier, ou mieux 
encore le format de la carte postale (*). On appelle ces paginettes 
àes fiches. Sur chaque fiche donc, on peut coucher le mot en 
guise de titre, le nom du village où il est recueilli, un ou 
plusieurs sens de ce mot, une ou plusieurs phrases servant 
d'exemples, puis, s'il y a lieu, des observations ou explications, 
voire aussi des questions de toute espèce. Le travail sur fiches 
ainsi fait pourra être immédiatement distribué par nous entre 
tous les mots du dictionnaire, chaque fiche allant se placer à 
côté de vingt ou trente autres consacrées au même sujet. 

Quant à l'orthographe des mots wallons, ceux qui voudront 
bien nous donner leur nom recevront une brochure explicative. 

(*) Nous en enverrons aux correspondants qui en désireraient et qui 
seraient à même de nous faire des communications d'une certaine 
importance. 



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— 13 — 

Pour toute recommandation actuelle, nous leur dirons qu'il suffit 
de bien distinguer dans la notation ch et tch, j et fy y les voyelles 
ouvertes ou fermées, in et an, wé, wè et wa, les graphies fran- 
çaises en et oi étant proscrites comme équivoques. 

Ce travail que nous demandons à nos collaborateurs, nous 
n'avons pas du tout l'intention de nous l'approprier. Quiconque 
nous enverra des notes sera renseigné, comme ayant participé à 
l'œuvre, dans le rapport annuel de la Commission du dictionnaire, 
et l'on dira dans quelle mesure. De plus, chaque fascicule du 
Dictionnaire contiendra la liste de ceux qui y auront apporté 
leur contribution. Au reste, nous nous empresserons de répondre 
à l'envoi de communications par l'envoi de brochures, qui 
serviront d'accusé de réception d'abord, qui auront en outre 
l'avantage de tenir nos membres éloignés en rapport avec le 
comité directeur. De la sorte les correspondants qui ne jugeront 
pas à propos de devenir membres effectifs de la Société pour 
recevoir toutes les publications annuelles, auront néanmoins des 
attaches intellectuelles avec nous. Nous ne pouvons pas leur 
offrir de rémunération pécuniaire, le travail que nous entre- 
prenons n'étant pas du tout une entreprise commerciale de 
librairie, mais une œuvre nationale, toute de dévouement et de 
science, sans aucun esprit de lucre. 

Jules Feller 



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PREMIÈRE RÉUNION 



DES 



Correspondants du Dictionnaire Wallon 

le Ôeï>tem.t)re 1905 



COMPTE-RENDU 



La séance s'ouvre à ï i heures, sous la présidence de M. Lequarré, 
président. Sont présents : MM. Lequarré, Albin Body, Henri 
Simon, Pecqueur, Doutrepont, Feller, Oscar Colson, Haust, 
membres titulaires de la Société; MM. Alph. Maréchal, À. 
Xhignesse, Emile Bernard, Alb. Counson, Piron, Lucien Colson, 
Leprince, Léon Preud'homme et An t. Masson. M. Haust rem- 
plit les fonctions de secrétaire. Il donne lecture des lettres d'ex- 
cuses de membres éloignés, que leurs fonctions ou des devoirs de 
famille ont empêchés de se joindre à nous. Ces lettres, pleines de 
choses flatteuses et de souhaits en faveur de notre œuvre com- 
mune, émanent de MM. Joseph Hens, Ad. Grignard, L.J. 
Courtois, Emile Dony, Arthur Colson, O. Grojean, G. Chauve- 
heid, Jules Defresne, J. Van Cutsem, Eug. Heynen, Hanon de 
Louvet, Frans Olyff, L.-L. De Koninck, Henri Raxhon. En 
outre, MM. Edgar Sacré, Semertier, Mélotte et Surin sont 
excusés oralement. 



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— 15 - 

M. Lequarré, aux applaudissements de l'assemblée, invite 
M. Albin Body, l'un des membres les plus anciens et les plus 
distingués de la Société, à siéger à sa droite, puis il souhaite 
la bienvenue à nos vaillants collaborateurs qui ont bien voulu 
répondre à notre invitation et témoigner leur sympathie à l'œuvre 
du Dictionnaire wallon. 

Il rappelle le but de cette réunion intime : « faire connaître les 
résultats acquis, échanger nos vues sur la marche à suivre pour 
faciliter et compléter nos enquêtes, afin que le dictionnaire soit 
comme l'émanation de la Wallonie toute entière. Ces séances 
permettront, en outre, aux collaborateurs du Dictionnaire de se 
connaître autrement que par correspondance ; elles resserreront les 
liens d'amitié qui doivent unir ceux qui ont à cœur la réussite de 
cette œuvre de patriotisme et de science. Sans doute, il ne sont 
pas nombreux, ceux de nos correspondants qui ont pu honorer de 
leur présence la réunion de ce jour. Nous avons reçu quantité de 
lettres d'excuses, nous donnant des raisons très sérieuses qui nous 
ont fait comprendre que le choix du jour et de l'époque n'était 
peut-être pas très heureux. Nous profiterons de cette expérience 
pour l'avenir; mais, en ce moment, ce nous est une raison de plus 
pour féliciter ceux qui ont eu le courage de se déplacer pour 
entendre parler du monument que nous rêvons d'élever à la 
langue wallonne ». 

M. Feller fait ensuite une causerie pour démontrer « l'utilité 
d'un nouveau Dictionnaire wallon. » 

Messieurs, 

M. Lequarré, notre dévoué président, vient de vous souhaiter 
la bienvenue au nom de la Société Liégeoise de Littérature 
Wallonne. A mon tour, je vous souhaite la bienvenue au nom 
des membres du comité spécial du Dictionnaire. Vous avez bien 
voulu venir à notre appel, quoique nous n'eussions pas imposé de 
grosses cotisations, ni promis un meeting monstre : c'est très 
méritoire et nous vous en remercions de tout cœur. Nous voulions 



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— 16 — 

une réunion intime, sans embarras, sans dépense, sans charlata- 
nisme; dans notre local, qui n'est pas grand, ni princier, mais 
puisse-t— il être toujours plein de vrais amis comme aujourd'hui ! 

Puisque l'honneur m'est échu d'ouvrir le feu pour vous parler 
de notre cher dictionnaire, afin de procéder avec ordre, je dois 
vous entretenir de l'utilité et de / 'opportunité de cette œuvre. 

Peut-être pensez-vous intérieurement qu'il n'est guère besoin 
d'en démontrer l'utilité. Chacun sent vaguement qu'une pareille 
œuvre est utile. Et cependant, dans les campagnes, lorsque, 
commis-voyageurs sans marchandises, sans capital et sans revenus, 
nous annonçons pudiquement, à mots couverts afin de ne pas 
effaroucher, pourquoi nous faisons nos tournées, nous sommes 
accueillis soit par de beaux rires qui fendent les visages d'une oreille 
à l'autre, soit par quelque lueur discrète du regard aussitôt répri- 
mée, mais qui signifie : «Toi, mon garçon, tu n'es guère sérieux. 
Nous ne te gobons pas. C'est quelque farceur de la ville qui vient 
pour se moquer de nous, pour débaucher nos filles. Ouvrons 
l'œil, et, en attendant, vendons-leur beaucoup de chopes, de 
cigares et d'almanachs ». Que répondrez- vous, chers amis et col- 
laborateurs, lorsque, à votre tour, vous profiterez de vos courses et 
de vos rencontres pour poser des questions ? Il faut que vous 
puissiez répondre, et vous justifier, et faire, si possible, un peu de 
propagande autour de l'œuvre commune. Il faut que, vous aussi, 
vous releviez un peu le wallon aux yeux des campagnards. Or, 
par quels arguments leur montrerez-vous que c'est sérieux ? 

Il y a, il est vrai, l'argument d'autorité. Dire que des hommes 
d'étude, des gens en lunettes qui ont vieilli sur les livres, des 
professeurs d'Université comme MM. Aug. Doutrepont et Nicolas 
Lequarré, s'occupent des patois et y consacrent leurs veilles, c'est 
employer un argument d'autorité, et c'est souvent le seul possible. 
La difficulté est de persuader au campagnard que c'est bien vrai ! 
Aussi est-il bon d'avoir, dans sa serviette ou dans sa marmotte, 
quelques spécimens des derniers travaux exécutés. 



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— 17 — 

A cette annonce de dictionnaire, de plus instruits croiront 
avoir trouvé une utilité suffisante pour ne pas vous accueillir par 
des rires incrédules : « Un dictionnaire wallon ? de tous les patois 
wallons ? Ah ! bien ! Charmant ! on y découvre de vieux spots de 
nos grand'mères qui tombent en désuétude et qui sont cocasses. 
Il y en a, Dieu me pardonne, de très décolletés. Et puis, on 
s'amusera de voir comment parient les Wallons des autre s 
provinces ! » On s'amusera, soit ! Je ne recule pas devant ce 
résultat et je l'inscris en premier. 

Nous ne voulons pas nécessairement faire une œuvre funèbre. 
On s'amusera dans ce sens qu'on reprendra contact avec la naïveté 
savoureuse, avec la grasse et rouge matérialité des patois du ter- 
roir wallon. Mais s'il n'y avait que cette utilité, nos professeurs 
en lunettes passeraient la plume aux rédacteurs de fabliaux et de 
journaux wallons qui s'acquitteraient bien mieux qu'eux de la 
plaisante besogne. Il y a donc d'autres raisons. 

Tous les auteurs wallons, tous les curieux de littérature 
wallonne reconnaîtront sans peine l'utilité d'un bon dictionnaire, 
plus méthodique et plus complet que ceux qui existent. Les litté- 
rateurs puisent plus qu'ils ne l'avouent dans les dictionnaires. Ils 
sentent que leur connaissance de la langue n'est jamais que frag- 
mentaire ef, amateurs de termes anciens frappés au bon coin, 
d'expressions pittoresques ou énergiques, ils étudient les recueils. 
Tel compose sa palette de descriptif à l'aide des mots rares enten- 
dus dans les villages ou empruntés au dictionnaire. Celui-ci s'est 
fait une copieuse collection de rimes. Ce chansonnier possède 
vraiment toutes les ressources de la langue; c'est un vieux Wallon, 
un fin Wallon, un pur Wallon. Et l'on vous étonnerait beaucoup 
si on vous disait que ce pur se documente dans les lexiques. Il 
sait parler son wallon parce qu'il l'apprend. Dites-moi pourquoi 
les mots rares que vous admirez dans telle pièce commencent 
t tous par la même lettre ? C'est parce que l'auteur en est arrivé à 
cette lettre dans son étude systématique du dictionnaire. Et je 
ne songe pas à les en incriminer, je constate. Il me semble tout 

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— 18 — 

naturel qu'on apprenne sans cesse ce que l'on ne sait jamais 
qu'imparfaitement; et, à ce point de vue, nous veillerons à ce 
que notre dictionnaire soit beaucoup plus complet et plus métho- 
dique, donc beaucoup plus instructif que tous les autres réunis. 
Nous voulons qu'il soit le trésor du wallonisant. 

Limité à ce seul but, le travail vaudrait déjà la peine d'être 
entrepris sur des bases scientifiques. Il est pourtant une utilité 
plus haute, plus lointaine, plus générale. Mais ici la démonstra- 
tion devient si complexe que je ne sais par où commencer. 

Le discrédit jeté partout sur les patois wallons provient de ce 
qu'on les considère comme du français corrompu. C'est le plus 
funeste des préjugés que vous ayez à extirper. Le wallon n'est ni 
un bâtard, ni un adultérin, ni un avorton, ni un entant qui a mal 
tourné. C'est un fils très sain et très digne de la même mère que 
le français. Cette mère commune est la langue latine. Le wallon 
est resté dans ses terres en gentilhomme campagnard, tandis que 
le français est allé faire le beau à la cour. Là gît tout le secret de 
la différence. Le wallon est resté libre, fruste, solide ; il n'a pas 
acquis les fines manières et les richesses de"son frère le parvenu. 
Mais il est aussi noble que l'autre. Le latin que vous chantez à 
l'église et le patois que vous parlez au cabaret sont une seule et 
même langue. Un dictionnaire qui étudie non seulement le 
présent des mots, mais leur passé, le démontrera. Il rendra au 
wallon sa dignité aux yeux de ceux qui le méprisent. 

Il n'y a point de langues méprisables. Toutes sont parentes, à des 
degrés divers. Toutes sont des produits de l'ingéniosité humaine 
et reflètent les idées, les sentiments, les croyances des hommes, 
dans tel siècle et à telle latitude. L'histoire d'un mot est bien 
plus importante que l'histoire d'un grand coup d'épée. Si vous 
savez considérer l'histoire comme l'étude de tout le passé humain, 
de toutes les créations humaines, vous serez aussitôt pénétrés de 
ce sentiment que les langues sont des philosophies concrètes, que 
les mots sont des êtres psychiques, symboles de nos idées vraies 
ou fausses. D'où viennent-ils ? quelles transformations de son et 



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— 19 — 

de sens ont-ils subies pendant leur longue carrière? quel état 
d'esprit^ quel degré de civilisation suppose ce proverbe ancien, ce 
conte, cette croyance, ce dicton ? Les mots sont des témoins 
qui en disent bien plus long que les médailles, les poteries, les 
fibules, les lacrimatoires de nos musées. 

Mais un mot, une langue ne peut s'étudier isolément. C'est par 
la comparaison qu'on réussit à pénétrer le mystère des origines et 
des évolutions du langage. Le wallon, frère du français, l'est aussi 
de l'italien, de l'espagnol, du portugais, du provençal ; il fait 
partie du groupe des langues romanes, c'est-à-dire romaines ou 
issues du latin. Or l'état ancien d'une langue ne nous est connu 
que par les œuvres littéraires, historiques, etc., qui nous restent 
de cette langue, et ces œuvres ont elles-mêmes besoin de longues 
et patientes explications. L'étude des œuvres, des langues, des 
esprits et des mœurs d'autrefois ne peut s'exécuter que par com- 
paraison. On complète par des langues voisines des séries de 
phénomènes qui manquent. Ainsi on demande à un patois d'ex- 
pliquer tel mot de la langue de Rabelais que le français n'a pas 
conservé. Un humble terme wallon peut éclairer les origines de 
vocables et partant d'usages ou d'idées de provenance obscure en 
terre française ou dans d'autres pays romans. Celui qui éclaircira 
les origines du mot houye, hoye (houille), fournira, en faisant de 
l'étymologie, les linéaments d'un chapitre d'histoire économique. 
Montrer que crompire a une origine flamande, n'est-ce pas infir- 
mer la croyance traditionnelle que la parmentière serait venue 
de France dans nos provinces de l'est ? L'existence de Bazin et 
de Baligand dans nos dialectes ne témoigne-elle pas de la popu- 
larité de certaines chansons de gestes ? Où peut-on trouver des 
preuves de l'occupation franque dans le sud et doser en quelque 
sorte le bilinguisme des provinces wallonnes, sinon dans l'étude 
des cimetières et des villas franques d'une part, et, d'autre part et 
surtout, dans l'étude des noms de lieux qui nous restent de cette 
époque ? 

Faire de l'étymologie wallonne, c'est donc tour à tour faire de 



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— 20 — 

l'histoire politique, de la toponymie, de l'histoire économique, 
littéraire, artistique, de la philosophie; c'est travailler pour les 
autres langues, romanes et même germaniques ; c'est travailler 
pour la philologie classique, dont les phénomènes phonétiques se 
comprennent bien mieux à la lumière des phénomènes observés 
dans nos humbles patois. C'est travailler pour le français, notre 
orgueilleux frère. En voulez vous un exemple saillant? Voici un 
mot, le mot orvet, que le savant Dictionnaire de Hatzfeld- 
Darmesteter-Thomas présente « comme de même famille que le 
provençal anedueîh ». Les auteurs ont beau invoquer les variantes 
arguei et anivei, le berrichon anenil\ ils ont beau insinuer 
ensuite que orvet semble une forme influencée par l'ancien 
français orb (aveugle) : la conviction ne se fait pas en moi. Or 
un jour l'étude du patois de Tintigny-Rossignol (sud du Luxem- 
bourg) me fournit lourvêge ~ orvet. Notre correspondant de 
Prouvy, M. Roger, note dans son travail que le nom de l'orvet 
est lôrvér ou 6n>er. Orvér, c'est un peu plus proche de orvet que 
le provençal anedueîh ! Ne me faites pas dire que le mot français 
vient de Prouvy, je veux simplement montrer que c'est le même 
mot de part et d'autre. Un ver se dit vége à Tintigny et vér 
à Prouvy. La coexistence des forme vége-lourvége, vér-lôrvcr 
me pousse à conclure que j'ai affaire à un mot composé dont la 
dernière partie signifie ver. Mais que signifie la première ? 
L'orvet n'ayant rien de lourd 9 bien au contraire, il faut conclure 
que la forme intégrale est ôn>ér, que / est un article agglutiné 
par méprise au substantif. Il ne reste donc plus qu'à expliquer 
ôr~, qui s'expliquera comme dans orpiment, orfèvre, par le 
génitif auri. L'orvet est donc, par étymologie comme dans la 
nature, un ver d'or. Les formes provençales citées semblent au 
contraire être des dérivés de anguis. Quant au français orvet, 
on saura quelque chose de précis sur son lieu de provenance 
quand on aura trouvé dans quelle province Vr du latin veimefm) 
s'amuït. Il suffirait de chercher dans la Faune populaire de 
Rolland. 



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— 21 — 

Mais c r est trop peu dire que d'affirmer l'utilité de l'étude du 
wallon au point de vue des langues romanes : la position du 
wallon à la frontière germanique, la longue trituration qu'il a 
subie par suite de la colonisation franque et dans sa phonétique 
et dans son lexique, font de lui un champ d'expérience indispen- 
sable au français et triplent son importance dans le concert des 
langues romanes. 

Laisserons-nous les étrangers, Allemands et Français, introduire 
à l'envi dans leurs revues de philologie et dans leurs Universités 
l'étude de ce précieux dialecte, et ne ferons-nous rien pour 
assurer dans la mémoire des hommes la permanence d'un idiome 
qui menace de s'éteindre ? 11 est grand temps de nous mettre à 
l'œuvre. Le commerce, les journaux, l'école primaire font aux 
patois une guerre inconsciente et d'autant plus sûre ( 1 ). Il faut 
se hâter de recueillir, loin des centres, dans les villages écartés, à 
l'abri des chemins de fer et des grand'routes, les restes d'un lan 
gage qui n'est plus destiné, vraisemblablement, à vivre des siècles. 
C'est pourquoi nous y travaillons, depuis nombre d'années déjà, 
et c'est pourquoi nous vous convions à y travailler avec nous. 

M. Haust fait ensuite rapport sur les travaux accomplis depuis 
une année pour la réalisation de l'œuvre projetée : 

Messieurs, 

On vous a souhaité la bienvenue au nom de la Société et du 
Comité de rédaction : permettez-moi, à mon tour de féliciter la 
Société de l'initiative qu'elle a prise en vous conviant à ces séances. 
Voilà bientôt un demi-siècle qu'elle existe et c'est la première fois 
que, en dehors de ses banquets et de ses distributions de prix, elle 
prend contact officiel avec ses membres effectifs, qu'elle leur 
ouvre ses locaux et les invite à un débat scientifique. Eh bien, 

(') Voir Le français et les dialectes romans dans le Nord- Est ', rapport 
présenté par J. Feller au Congres pour l'extension et la culture de la 
langue française Liège, 10-13 septembre 1905). 



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— 22 — 

nous osons espérer que les résultats de cette initiative seront 
féconds. L'an prochain, vous serez plus nombreux, et vous aurez 
ainsi fondé une tradition nouvelle, mieux appropriée au progrès 
des temps et qui ouvrira pour notre chère Société wallonne une 
ère de prospérité toujours plus grande. 

Le point de départ de cette innovation, c'est le projet que 
caressaient déjà les fondateurs de la Société, l'idée qu'ils expri- 
maient en tète de nos Statuts, cette entreprise patriotique et 
scientifique qui mérite d'intéresser tous les Wallons de cœur : le 
Dictionnaire de la Langue wallonne. 

Vous êtes ici pour aider à sa réalisation. Mais, avant de parler 
de l'avenir, nous avons cru qu'il convenait de s'arrêter un instant 
pour regarder la route parcourue : je me suis donc chargé de vous 
énumérer les travaux accomplis depuis un an pour arriver, — 
combien péniblement ! — à concrétiser un peu notre idéal. 

I. Il y a juste un an, nous avons publié le Projet de Dictionnaire 
pour faire connaître au public la méthode qui serait adoptée et la 
masse énorme de matériaux dont nous disposions déjà. Il ne 
nous appartient pas de juger cette brochure; cependant notre 
conviction, c'est qu'elle marque une date dans l'histoire de la 
philologie wallonne. Si — par impossible — nous étions empê- 
chés de poursuivre notre œuvre, ceux qui la reprendraient 
devraient s'inspirer à peu près complètement de notre Projet 
pour créer un ouvrage qui soit ce qu'il doit être : l'image exacte 
de la vie wallonne, telle qu'elle se reflète, avec ses aspects si 
variés, dans notre vieux langage. 

Au reste notre Projet a été très favorablement accueilli par la 
critique, tant à l'étranger que dans le pays. Vous avez pu le 
constater par les extraits des comptes-rendus reproduits dans la 
circulaire de propagande que vous venez de recevoir. L'approba- 
tion d'hommes autorisés est pour nous le meilleur des encoura- 
gements. 

D'aucuns peut-être nous reprocheront d'avoir inscrit au 
frontispice de l'œuvre les mots de Langik Wallonne. Nous 



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- 23 — 

serons Raccord avec eux-pour reconnaître que le titre « Glossaire 
des patois de la Belgique romane » eût été plus scientifiquement 
adéquat à la réalité ainsi qu'à notre pensée. Il entre dans le titre 
choisi un peu d'orgueil national, qui se justifie à moitié par 
l'exemple de Grandgagnage, par l'usage commun et par le bel 
essor littéraire auquel nous assistons notamment dans la capitale 
de la Wallonie. — D'autre part, si nous avons cru devoir admettre 
dans notre dictionnaire les patois de formation picarde de l'Ouest 
du Hainaut et ceux de physionomie plutôt lorraine de l'extrême 
Sud du Luxembourg, ce n est aucunement par méconnaissance 
des caractères phonétiques du wallon proprement dit; notre 
entreprise étant d'élever un moment national, nous n'avons pas 
voulu que le montois, le tournaisien, le virtonais fussent exclus de 
la cohorte * wallonne» où les admet une tradition d'ailleurs 
arbitraire. Sentiment! dira-t-on; mais senti ment que nous jugeons 
respectable et qui du reste ne nuira pas aux intérêts de la science. 
Au contraire. Comme il nous est loisible d'étudier tous les patois 
romans compris dans les limites politiques de la Belgique, nous 
avons cru que nous ferions œuvre utile pour la science, en même 
temps que pour le pays, en consignant dans le Dictionnaire les 
résultats de nos enquêtes. Rien n'empêche, pour éviter toute 
équivoque, de distinguer par des signes ou des caractères spéciaux 
les mots de formation wallonne des mots de formation extra- 
wallonne, et de prévenir expressément le lecteur contre la 
confusion possible. Le philologue ne s'y trompera pas; il sera plutôt 
heureux de rencontrer dans un seul ouvrage des formes de trois 
dialectes différents. 

IL"" La Société a fait confectionner des fiches et des boites pour 
consigner tous les renseignements qu'elle collectionne. M. 
Delaite, secrétaire, a surveillé ce travail ; il a procédé au classe- 
ment provisoire des matériaux, que MM. Doutrepont, Haust 
et Simon s'occupent actuellement à classer de façon définitive. 

Je voudrais ici prévenir une opinion qui pourrait s'accréditer 
dans l'esprit de certains. Il ne faut pas s'imaginer que les docu- 



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- 24 - 

ments recueillis jusqu'ici et publiés dans nos Bulletins soient en 
quantité suffisante, qu'il n'y ait plus pour le Comité de rédaction 
qu'à les coordonner et à les présenter au ; ublic. Sans doute la 
récolte amassée au cours d'un demi-siècle est d'une valeur consi- 
dérable. Et nous songeons surtout ici aux Spots de Dejardin, 
à la Faune de M. Joseph Defrecheux, aux Wallonismes et aux 
savantes étymologies de M. Dory, aux excellents vocabulaires 
technologiques de MM. Albin Body et Semertier, et à tant 
d'autres recherches consciencieuses; mais que de fois le même 
renseignement se répète d'un vocabulaire à l'autre, parce qu'il 
dérive de la même source ; que de poids mort dans cet entasse- 
ment de fiches qui reproduisent trois, quatre, cinq fois la même 
phrase! Et puis ne l'oublions pas, les auteurs de ces travaux 
d'approche n'étudient guère que le dialecte liégeois, — à l'excep- 
tion toutefois de M. Albin Body, l'un des membres les plus 
éminents de la Société, celui qui sans conteste lui a fourni 
l'apport lexicologique le plus important. Peu de chose reste à 
glaner après lui dans la partie de l'Ardenne qu'il a explorée, et, 
si l'on avait pour le reste de la Wallonie des glossaires aussi 
bien établis que les siens, la tâche du Comité en serait singuliè- 
rement facilitée. Malheureusement, il faut bien l'avouer, la 
Société a creusé avec un amour trop exclusif le sol liégeois et n'a 
pas songé à étendre ses fouilles jusqu'aux confins de la terre 
wallonne. Il semble qu'elle ait reculé devant le labeur immense 
qu'un Grandgagnage, à lui seul, osait aborder ou plutôt qu'elle 
n'eut jamais une vue bien précise de l'œuvre que nous entre- 
prenons aujourd'hui avec confiance. 

III. Récolte de matériaux nouveaux. Le Comité de rédaction 
s'est activement employé à augmenter la somme de nos 
documents. 

i° Il a entrepris le dépouillement des travaux critiques qui, 
depuis plus de vingt ans, à l'étranger surtout, ont contribué à 
étendre notre connaissance détaillée de la langue populaire. Il a 
continué le dépouillement de textes wallons, manuscrits ou. 



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— 25 - 

imprimés, qu'il avait entrepris depuis plusieurs années; il a tâché 
notamment de se procurer des textes de certains dialectes sur 
lesquels les renseignements étaient à peu près nuls. Citons par 
exemple le dialecte d'Ath. L'auteur athois le plus fécond, 
M. Henri Delcourt, a bien voulu nous laisser prendre connais- 
sance de ses œuvres manuscrites et nous donner tous les rensei- 
gnements désirables. 

2° Il a encouragé la Bibliographie générale du wallon et lui a 
fait obtenir le patronage de la Société. Cette bibliographie, à 
laquelle travaillent énergiquement MM. Oscar Colson et Oscar 
Grojean, sera très précieuse pour le Dictionnaire : elle augmen- 
tera la bibliothèque de la Société et mettra à notre disposition 
toute la production littéraire des patois romans de la Belgique. 
— M. O. Colson mérite encore que nous lui exprimions ici notre 
vive gratitude pour s'être dévoué à faire le catalogue scientifique 
de notre bibliothèque : c'est grâce à lui que nous connaîtrons et 
pourrons mettre en valeur les trésors qui s'y sont lentement 
accumulés. 

3° Cependant, sachant que ce n'est pas la langue littéraire 
seule qu'il faut interroger, qu'il convient même de s'en défier 
parce qu'elle est trop souvent artificielle; convaincu qu'il doit 
s'adresser surtout au paysan et à l'ouvrier afin de reproduire la 
naïveté et la vigueur naturelles du langage populaire, le Comité 
a poursuivi les enquêtes personnelles entreprises par ses membres 
depuis plus de vingt ans. Il a de la sorte étudié sur place les 
parlers de Houffalize, de Neufchàteau, de Stavelot, de la 
Wallonie prussienne, de Vielsalm, de Jodoigne, de Perwez, etc., 
et il ne cessera de diriger dans ce sens tous ses efforts. 

4° Nous ne pouvons toutefois songer, vu les limites de nos 
loisirs, à retourner de nos propres mains le sol de quatre pro- 
vinces. Nous avons besoin d'un grand nombre d'auxiliaires; 
aussi l'un de nos premiers soins a été de recruter des correspon- 
dants. Nous avons presque immédiatement reçu une bonne 
centaine d'adhésions, dont la liste a été publiée dans le 18 e 



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— 26 — 

Annuatre\ nous en recevons encore fréquemment. Nous devons 
savoir gré à toutes les sympathies, à tous les dévouements, si 
modestes soient-ils, qui ont répondu à notre premier appel. Nous 
avons néanmoins reconnu qu'il fallait envoyer à nos correspon- 
dants des instructions pour les diriger dans leur tâche délicate 
et l'un des objets en discussion, que nous aborderons tout à 
l'heure, sera précisément la rédaction de cette brochure d'ini- 
tiation ( T ). 

Nous n'avons pas encore éprouvé le zèle de tous ces correspon- 
dants ; nous étudions la meilleure voie à suivre, et nous comptons 
prendre aujourd'hui une décision à ce sujet. — En attendant que 
nous ayons adopté un système régulier de questionnaires, nous 
leur avons demandé les mots et les locutions de leur idiome. Et 
certains d'entre eux nous ont déjà remis des notes précieuses et 
abondantes, qui nous ont prouvé à suffisance que nous pouvons 
compter sur leur entier dévouement. Je citerai les noms de ces 
ouvriers de. la première heure, que vous applaudirez certaine- 
ment. Messieurs, et remercierez avec moi ( 2 )... Toutes les notes 
conçues dans une forme qui ne leur permet pas d'être classées 
immédiatement, sont recopiées par nos soins sur des fiches spé- 
ciales qui vont grossir le trésor de nos documents. 

5° Enfin, nous avons fait une propagande active autour de 
notre œuvre, par une correspondance qui s'est multipliée de jour 
en jour, par des visites personnelles à des hommes capables de 
nous aider, par la voie des journaux, par celle de \ Annuaire et 
du Bulletin, par l'envoi de brochures et de volumes, et tout 
récemment par une circulaire reproduisant les comptes-rendus de 
notre Projet. Nous avons réussi de la sorte à augmenter nota- 
blement le nombre des membres de la Société et à grandir sa 
réputation de foyer littéraire et scientifique. 

IV. Reste la grosse question des finances qui doit être résolue 

( J ) Le présent Bulletin en tient lieu. 

( s ) Voir ci-après la liste complétée et mise à jour des envois reçus 
jusqu'à présent. 



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- 27 — 

pour que nous puissions avancer sans encombre. Les sacrifices 
que la Société s'est imposés pour améliorer ses publications, pour 
commencer les travaux du Dictionnaire et pour publier le Pro- 
jet, ont fortement compromis sa situation financière. Nous 
sommes en droit de compter sur l'appui généreux du gouverne- 
ment, de la ville de Liège et aussi sans doute des quatre pro- 
vinces wallonnes, qui prendront à cœur de soutenir une œuvre 
d'un caractère si foncièrement national, intéressant la Wallonie 
tout entière. 

Il convient de rappeler, à ce propos, l'exemple de la Suisse, où 
se poursuit une entreprise tout à fait semblable à la nôtre. Un 
groupe de philologues, — avec qui nous avons été heureux d'en- 
trer en relations, — y travaille à la rédaction du Glossaire des 
patois de la Suisse romande. Or, dans les rapports qu'ils nous ont 
envoyés, nous voyons qu'ils disposent d'un budget annuel de 
9,500 francs ( I ). Nous n'en demandons guère autant. Nous 
serions très heureux d'être traités comme nos frères flamands, 
dont le Woordenboek, édité à La Haye et à Leide, reçoit du Gou- 
vernement belge un subside de mille francs par livraison. Une 
subvention équivalente nous est indispensable, et nous avons la 
ferme confiance que l'Etat voudra bien nous l'allouer. 

— Je termine, Messieurs, cette revue rapide des principaux 
travaux accomplis depuis un an pour préparer le Dictionnaire. 
N'allez pas croire que nous vous avons conviés ici afin dej vous 
faire entendre un panégyrique; nous savons trop nous-mêmes 
combien les résultats obtenus sont infimes au prix de tout ce 
qui reste à faire. Mais nous avons la foi ; nous n'épargnerons pas 

(*) Subvention fédérale, 5,000 fr. ; subventions accordées par les can- 
tons intéressés, 4,500 tNeufchâtel, Vaud, Berne, Genève, 800 fr. cha- 
cun ; Valais 700 : Fribourg 600). Ce n'est d'ailleurs pas le seul appui que 
les promoteurs de l'entreprise ont reçu des pouvoirs publics. Une circu- 
laire adressée aux personnes compétentes par les départements de l'Ins- 
truction publique des cantons de Vaud et de Berne, a beaucoup>idé au 
recrutement des correspondants, qui, dès la première année, étaient au 
nombre de deux cents. 



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— 28 — 

notre peine et, avec votre aide dévouée, nous espérons poser bien- 
tôt la première pierre de l'édifice. 

# • 

A la séance de l'après-midi, la Société fait aux assistants les 
honneurs de son laboratoire. On exhibe les raretés de la biblio- 
thèque. MM. Doutrepont, Feller et Haust complètent prati- 
quement l'exposé du matin en mettant sous les yeux de leur 
public la riche collection de fiches recueillies et classées. En 
présence de ces documents bien concrets, questions et réponses 
s'entrecroisent avec animation. On décide la publication d'ins- 
tructions détaillées et de quelques feuilles d'essai d'un question- 
naire. On adopte, en principe ; la publication d'un Atlas phoné- 
tique. 

Enfin, la possession d'une bonne bibliographie wallonne étant 
également nécessaire au Dictionnaire; M. Oscar Colson expose, 
devant ses casiers, la façon dont il conçoit le catalogue scienti- 
fique de la bibliothèque, auquel il se consacre avec autant de dé- 
vouement que de compétence. 

Bref, séance intéressante et qui sera, sans aucun doute, féconde 
en résultats heureux pour l'œuvre commencée. 

J. Haust 



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Nos modèles et questionnaires 



Les pages qui précèdent contiennent peut-être déjà trop de 
conseils pour l'élite d'esprits curieux et observateurs qui voudront 
nous prêter leur aide. Dans la suite de ce Bulletin, nous passerons 
de la théorie à la pratique. Nous donnerons de courts articles de 
tout genre, aussi variés de sujets, de ton et de facture que le 
langage lui-même ; où les mœurs, les croyances, les métiers, les 
outils, les matériaux, les produits, les proverbes, les chants, les 
contes, toute la vie wallonne enfin défileront tour à tour. Nous 
ne réclamons que le droit d'appuyer un peu plus que de coutume 
sur les noms des choses et les expressions techniques. Nous em- 
prunterons de préférence ces articles à nos correspondants. Ceux- 
ci voudront bien nous permettre de les publier signés de leurs 
noms, d'abord parce qu'il est juste que cet honneur leur soit 
rendu, ensuite parce que leurs noms, populaires et aimés dans 
un certain rayon, stimuleront les timidités et provoqueront, nous 
l'espérons du moins, une émulation fructueuse. A ces spécimens 
de tous les genres de renseignements obtenus, il va sans dire que 
nous joindrons des questions : au risque d'être indiscrètes, les 
questions ne manqueront jamais. 

I. 

Nous commencerons aujourd'hui par quelques petits travaux 
technologiques : i° la fabrication du vinaigre, la mouture, l'in- 
dustrie du lin, par M. J. Hens, de Vielsalm] 2° un fragment 
d'une étude sur les carrières d'Ecaussines, par M. Arille Carlier. 

A ces divers travaux s'attachent naturellement les questions 
suivantes : 

Si cette industrie est connue dans votre région, veuillez nous 
êtwoyer la liste des mots qui, chez vous, correspotident aux termes 
employés dans ces textes. 



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- 30 - 

Si vous connaissez une autre industrie caractéristique de votre 
région, veuillez, en utilisant ces descriptions comme modèles, dres- 
ser la liste des opérations et des termes de cette industrie. 

Il paraît visible, aussitôt; que chacune des multiples manifes- 
tations de la vie agricole, industrielle ou domestique, que cha- 
cune des innombrables occupations de l'ouvrier, du paysan ou 
de la ménagère, aux champs, à la fermera l'atelier, à la maison, 
peut faire l'objet d'une description de ce genre. Les chercheurs 
de bonne volonté peuvent donc se tailler à leur fantaisie des 
sujets dans cette riche matière, sans même attendre que nous 
dirigions leurs investigations de ce côté par des questionnaires 
circonstanciés. 

Nous donnons d'ailleurs aussi dans ce numéro quelques feuilles 
de questions sur des sujets variés. 

Les descriptions demandées doivent être. faites sans la moindre 
prétention de style. Elles seront toujours assez belles si elles 
expliquent avec simplicité, clarté, précision. 

Des figures très simplement dessinées peuvent remplacer avan- 
tageusement parfois de longues et obscures descriptions d'ins- 
truments. 

Toute explication, toute description peut être faite en wallon : 
elle n'en vaudra que mieux à nos yeux, puisqu'elle nous fournira 
un échantillon précieux de la prononciation d'une* contrée. 

IL 
Nous commençons aussi la publication d'un Vocabulaire géné- 
ral de la langue wallonne. Sous la forme première que nous lui 
donnons aujourd'hui, ce vocabulaire est avant tout un question- 
naire. Lisez-le attentivement, nous vous en prions avec instance. 
Supposez qu'à chaque mot sont ajoutées les questions suivantes, 
qu'il eût été fastidieux de répéter : 

i ° Ce mot est-il employé chez îjous ? 

Sinon, par quel autre mot est -il remplacé ? 
2° Est-il employé dans le sens indiqué f 
Sinon, dans quel autre sens f 



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- 31 - 

3° Se prononce-t-il chez vous comme nous récrivons ici f 

Ou quelle forme différente faut-il lui donner? 
4° Donnez, le cas échéant, un synonyme, un exemple justi- 
ficatif etc. 

La réponse peut être très brève si on a soin de rappeler le n° 
d'ordre. Il ne faut jamais omettre le nom du village, ou de la 
commune, ou de la région dans laquelle on constate l'existence 
d'une expression* Exemples de réponses : 

Pour le mot ârmâ. — à Laroche : 3. arme. 
Pour le mot sèfci (sérancer). — à Mon s : 1. sérincher; 2. 

même sens. 

à Ath : 1. cherincher; 2. 
travailler d'arrache-pied. 
Pour le mot handeler. — à Neufchàteau : 1. connu; 2. mais 
= nettoyer les écuries. 

Pour le mot faw. — à Coo : 1. on dit hèsse etfaw. 

à Laroche : 1. inconnu ; 2. on dit hèsse. 
Pour le mot ahèsse. — à Namur : 3. ayèsse. 
Pour le mot inglitin. — à Verviers : 1 . inconnu ; on dit bokhô. 
Pour le mot màssî, -èye. — ardennais : 3. mansi, f. mansite. 

chestrolais, gaumais : 1 . niche ; 
4. niche vèrât, niche tchin. 

Au reste, les correspondants qui nous en feront la demande 
recevront un exemplaire spécial, exemplaire de travail à une co- 
lonne, seulement sur chaque page, le reste de la page demeurant 
en blanc pour recevoir les annotations manuscrites. Cet exem- 
plaire spécial annoté, nous prions le correspondant de nous le 
renvoyer avant le I er mars 1906. Il nous servira i° à compléter 
nos dossiers pour le Dictionnaire général \ 2 à compléter le 
Vocabulaire lui-même pour en composer une édition définitive. 
En effet, l'imprimeur conservera sur pied la composition de ce 
vocabulaire ; nous pourrons y insérer les corrections et additions 
qui nous seront suggérées par les cahiers d'enquête, puis ren- 



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— 32 — 

voyer à nos correspondants un exemplaire du tirage final. En 
procédant de la même manière à l'avenir pour chaque feuille du 
vocabulaire, nous nous trouverons avoir composé à la fin pour 
l'usage courant un précieux Dictionnaire diamant du wallon, 
plus maniable que l'œuvre étendue que nous préparons. 

Adressez les réponses et communications de tout genre à 
M. Jean Haust, secrétaire, rue Fond-Pirette, 75, à Liège. 



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LA PRÉPARATION 

du vinaigre, de la farine d'avoine et du lin 



A. VIELSAIiM 



PAB 



Joseph HENS 



Mantre di fére li farine d'avonne ( l ) 

Po k'minct on 1' bat, on l'vane et on l'rèdje ( 2 ) bin come i fàt. 
Puis on tchâfe li for come po cure li pan ; on 1' tape divins et on 
Y kimahe tant qu'èle pète et qu'èle seûye bin breunie, — pa-ce 
qu'èle est raèyeûre et qu'ons a pus d' farine. On l'iêt r'frûdi o for 
onk ou deûs djoûrs, on Y tire foû et on l'pwète â molin. 

Li molin Y hyôye ( 3 ) ; on 1' rivane bin âdiâle-volant ; on l' ripasse 
à p'tit van po-z-aveûr tos lès tchinis' foû. I n'dimeûre a pô près 
pus qui T hyo, qu'on tape so l' molin a farine. Li farine adon est 
r'passîe on-on crûye( 4 ); qwand qu'èle est crûyîe, i d'emûre dès 
payes et dèl grosse farine so l' crûye ; dizos, c'est Y fleur di farine 
d'avonne. 

( ! ) D'après un vieux cultivateur. — ( 2 ) Rèdji, cribler; on ridjt, un 
crible. — ( 3 ) Infinitif A?*}' (synonymes pè/i, tiri rkyêvedjus) -* proprt. 
secouer, faire tomber, liég. heure : ici : séparer les téguments (hyivé) de 
l'amande (hyo). [N. B. Nous notons par hy une aspirée propre au dial. 
de Vielsalm, que l'on pourrait aussi représenter au moyen du / grec. Ce 
hy n'est pas une aspirée pure ; c'est une intermédiaire entre ch ©t h.\ — 
( 4 ) En un tamis ou crible ; crûyî, tamiser. 

3 



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- *4- 
Li lin 

On F sème, on sàkèle lès crowins et ons aclérih çou qu'i-gn-a 
d' trop'. Qwand qu'il est crèhyou, qu'il est tôt d'fleuri, — i fàt 
qu' i-gn-àye dès makètes, — on Fraye, on fait dès pougnîes et 
on dresse lès bossètes (sôdârds di lin) : ine bossète, c'est dîh, doze 
pougnîes. 

Qwand qu'il est sètch, on rive lès makètes djus, on F dirive 
avou on d'rivù d'iin (') : c'èst-on rustè di dîh a doze dintsqui sont 
pus drovis à bètch qu'a l'èmantcheure. Owand qu'il est d'rivi,~bn 
F met al rôte(*): mète al rote, c'èst-awalî ( 3 ) Y lin tôt tènesoon prî 
ou ine aute pièce fwèrt croue. On veut qu'il est rôti qwand 
Foûve ( 4 ), a pièces, si d'tèle djus do bwès. 

L'oûve, c'est çou qui sièv a tèhyî. On ramasse li lin, on toke o 
for et, après 'ne cûs'nîe d'pans, on F tchôke plein et on Fsitope 
qu'i n'âye nin y-air; on F lêt a pô prèssîh heures et on Fbrôye 
d'on côp. 

Broy, c'est çou-chal : i-gn-a onk qui r'fait lès pougnîes et lès 
autes sipindjèt avou lès spindj'brùs ( r> ). Çou qui tourne fou, c'est 
lès anspindjes ( b ), qui sièrvèt a fé F grosse-grosse tùye po lès sètchs 
et lès payîs. 

Après, on sèr'cèye ( 7 ) avou Fsèrè : li sèrè, c'èst-ine sôr di 
grand pine, bêcôp pus sèrî qui F dirivû ( 8 ), qui s'atèle so on banc, 

(})Rivi djus, arracher. Dirivi, peigner. On d'rivù, espèce de peigne- 
râteau, dont les dents sont disposées en éventail. — (•) Mète ni rate, 
faire rouir ou pourrir. - ( 3 ) Syn. stari. On pri, un pré. — ( 4 ) Rôti, 
pourri à point. Uoiive, les fibres. — (■"') Spindji, teiller, battre le lin 
(ou le chanvre) maintenu sur le bord d'une planche (spindfbriï), avec les 
spindjes, battoirs de bois de o m 5o, en forme de lames. Le spindfbrû 
est une espèce de chevalet percé; on glisse le lin ou le chanvre dans le 
trou de la planche, on le tient d'une main et de l'autre on F sipindje. On 
spindjedje, c'est une réunion de jeunes gens pour spindji. — ( 6 ) Les *i«s- 
pindjes itou jours au pluriel) — la fibre la plus grossière, ce qui tombe 
quand on frappe avec le spindje. — ( 7 ) Sèr'ci, sérancer. Sèrè ou sèr'çû, 
séran (cf. Ggg. 11, 356). — (•) On pine, un peigne : le dirivû n'est 



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— 35 — 

lès dints è l'air 4 On passe lès pougnîes d'ssus : çou qui d'meûre 
ol main, c'est l'sèron ( l ) po fé V fine tûye. Lès pînèdjes, c'est 
dès stopes : on 'nnè fait dès p'tits fas qu'on loume dès hêmons (*) 
di stope. Li stope sièv a fé 1' grosse tûye, li tûye di deûsîme 
qualitî. 

en somme qu'un gros séran ; voir ci-dessus. — (*) Sèron, tresse de 
lin qui a passé par le séran (cf. Ggg. ibid.). Lesfiinèdjes, lin. « peignages», 
la partie du lin que le séran a emportée. — (*) On hhnon di stope, une 
forte poignée d'étoupe ; cf. Ggg. 11, 533. 

Li Vinègue 

On hyôye lès sâvadjès mèlies, on ramasse lès poumes, on 'nnè 
fait on moncê a l'ouh et on lès î lêt on qwinze djoûrs, trûs 
saminnes po lès lèy atinri, po lès lèy gôti ( 3 ). 

On les va r'quî, on lès lave corne i fàt ; puis on lès k'potche 
avou 'ne piyote ( 4 ) on -on batch di bwès ou d'pîre. On lès ravôtèye 
on-on drap et on lès met on-eune prèhyale ( 5 ) di bwès qu'on sére 
avou 'ne djise et 'ne hamêde. Li vinègue court on-eune tine ; o 
drap, i d'meûre dès stvvèdions ( G ), qu'on va sèmî po-z-aveûr dès 
djônès mèlies po fé dès hàyes ou po grèfî. 

On r'mèt l' vinègue on-on teunè èl ons a bin seugne qu'il âye 
bin tchaud po bin lèvî : mis lîve-t-i, mèyeûr est 1' vinègue, pus 
bê et pus clér èst-i. 

Qwand qu'ons a pris tôt i' vinègue foù do teunè, il î d'meûre 
ine pê qu'on loume li wâde di vinègue. C'èst-on « r'méde souve- 
rain » ; i sièv po dès mâs d' dos, lès roumatis' et lès màlès infleures. 
On V wàde sètch d'in-an a l'aute, minme deûs ou trûs ans ; seûl'- 
mint, po s'è sièrvi, on 1' ramouye avou do vinègue. 

( 3 ) Mûrir ; syn. mawri. — ( 4 ) Pilon de bois. Kipotchi, écraser. — 
( 5 ) Pressoir. — ( fl ) Déchets des pommes, pépins, etc. 

QUESTION 

On demande, pour n'importe quel point de la Wal- 
lonie, des descriptions semblables à celles-ci sur toute 
espèce de sujet. 



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LES CARRIÈRES D'ÉCAUSSINES 



Arille CARLIER 



Le fond de la carrière, d'où l'on extrait le cayô (la pierre), 
s'appelle le bufè. L'ouvrier qui extrait la pierre s'appelle rokHeû. 

La pierre est disposée par couches obliques, presque horizon- 
tales, d'une épaisseur (litéyé) variable. Si on la coupe verticale- 
ment, on dit : coupe su s' sâr; si on coupe dans le sens de la 
pierre, on dit : coupe su s' dèli (cf. Ggg. II 519) 

Pour fendre la pierre, l'ouvrier se sert d'un spigot (outil à 
pointe), sur lequel il frappe avec la makète ou marteau à deux 
tapes (têtes). Introduisant dans la fente un grand levier, la crampe, 
il tchôke, c'est-à-dire exerce des pesées sur la pince, par saccades. 

La pierre, déplacée de son alvéole, est alors entraînée sur des 
roûyas (rouleaux) vers la rampe (plan incliné), où un infyt (engin, 
cabestan vertical) monte la* pierre à la surface. Parfois, on la 
place sur une èsclide (traîneau) et on la fait sclider vers l'endroit 
où on veut l'amener. 

Quand le cayô est à la surface, il passe aux mains des cwér'Ieûs 
(« carreleurs », tailleurs de pierre proprement dits). Il y a aussi 
le manouvri ou coyo (manœuvre) et le méte-valèt (surveillant . 

Leurs outils, pour manœuvrer la pierre, sont in Vvt (levier) et 
ène wigne (cric). On se sert aussi de blos (blocs de pierre) et 
à'ablos (bûches), que l'on place sous les pierres pour les maintenir 
dans la position voulue. Cela s'appelle ascoter. 

De ces pierres les unes vont à la soûyeriye (scierie), les autres 
aux chantiès ; les troisièmes ne sont bonnes que pour la confection 
des pavés. 

L'outil des cayoteûs (tailleurs de pavés) est la spinchète } marteau 
à tête creusée. 



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— 37 — 

Donc, deux sortes de pierres : du soûyâfye (pierre sciée) et du 
brut'. 

Le travail se fait toujours à la pièce. Quand l'ouvrage a quelque 
importance, les méles-valèts réunissent les ouvriers pour le 
criyâfye a cayôs et exposent le travail en disant : « J'ai autant de 
moles» (moules, plans des pierres à tailler). Celui qui le premier 
a eu fini l'ouvrage qu'on lui a confié antérieurement, a la priorité 
sur les autres pour le choix de la besogne. Après lui, les autres 
viennent, dans le même ordre, faire leur choix ; de la sorte on 
prévient toute jalousie. L'ouvrier qui désire telle besogne, crie : 
« Dji boitte », et, s'il y a droit, il l'obtient. 

L'ouvrage ainsi distribué, le cwér*leû ascote sa pierre au moyen 
d } ab/os pour la tailler à son aise, pou Vavoû a pètàfye ou pou V mate 
a tchôke ou a dfvèt. S'il pleut, l'ouvrier s'abrite sous des ayons 
(couvertures en paille) ou dans une baraque. 

Il se sert du mole (modèle de moulure) qu'on lui a donné. 
Il s'assied sur une sèle (chaise à un pied), saisit son mayèt (maillet) 
et son pochon (fer pointu), et se met à la besogne. Il a un rile 
(règle) et une èscwèle (équerre). Le premier dégrossissement se 
fait en tapant a bosses. Il faut alors spinchi, c'est-à-dire faire un 
travail analogue au premier, mais plus fin, puis borgnl V cayô 
(le niveler à vue d'œil : l'ouvrier ferme un œil pour mieux voir). 
On trace un trait où l'on devra spiyi la pierre, c'est-à-dire enlever 
des éclats jusqu'à la limite du trait. Le travail consiste ensuite 
à dresser ène èrèsse ou fé des èrèsses (arêtes) et à sbate V cayô, 
c'est-à-dire spiyi plus finement. 

Alors on boucharde. La boucharde est un marteau dont les 
têtes sont remplies de pointes. On taxe la pierre pour faire dispa- 
raître les traces de la boucharde, on r>tontV toyrf^. c'est-à-dire on 
repasse le même travail en sens inverse. Puis on procède au 
cizHâfye : ciz y ler y c'est faire les lignes parallèles que l'on voit sur 
la pierre taillée. — Les outils pour c/z'/er s~>ntle ciz'/èt, le cizia, 
ciseau, et le gratflèt, ciseau très petit. (A suivre). 



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QUESTIONNAIRES 



N° i. Les Vents 



I. Comment dit-on chez vous : le vent du nord ou la bise ? 
Comment dit-on : il fait vent du nord ? (/ vint d' bihe, Ver- 

viers; ibiféle, Ardenne; bi/eler, Namur.) 

Connaissez- vous d'autres noms de vents, tels que : vint 
d 1 Lovaye, liégeois; vat trissin «vent messin ou de Metz», 
gaumais ; wêsvc, Pépin s ter ? 

Venter ? il vente ? le vent hurle ? 

II. Indiquez des qualificatifs qui s'ajoutent aux noms de 
vents, comme dans màva vint, cwahante bthe. 

Signalez d'autres expressions où le mot vent ne se trouve pas, 
comme / fait sâvafye y i fait grigneùs, i fait hègnant, i hègne, 
i cwa/te, ésse dibthi ou èsse dibtjê. 

III. Comment exprime-t-on l'effet du vent sur la cheminée 
et le foyer? (/ rapoûsse) ; sur la neige ? sur la route ? (i poûssèle). 

Tourbillons de vent (/' hùze } on hoitzon d'air) ? 
Courant d'air ? 

IV. Signalez les spots, expressions, dictons ; proverbes etc. 
relatifs aux vents ; soit au sens propre, soit au sens figuré. 
Exemples : tourner a tos vints, adârer corne vint et bthe, fyi ri a 
fait qu'on vint (je n'ai fait qu'une course, une traite). 

V. En Ardenne on fait peur aux enfants en attribuant le 
vent qui hurle au dehors à un personnage mythique nommé 
Te han dà vint (Jean du Vent). Ne savez-vous rien d'analogue ? 



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- 39 ~ 
N° 2. Salutations, souhaits, imprécations. 

I. Comment se souhaite-t-on : le bon jour? 

le bon soir ? 
la bonne nuit ? 
Y a-t-il une formule « bon matin » analogue à l'allemand 
guten morgen ? 

Connaissez-vous les formules : bonfyoû, vos deùs ? bonfyoû, 
turtos ? bonfyoû, vos tôt seà ? bonfyoû, vos autes ? bonfyoù, tôt avà ? 

II. Comment dit-on : adieu ? au revoir ? 

Dieu vous aide ? D. vous assiste ? D. vous bénisse ? 
Connaissez- vous ta vieille expression qtfàbèni seût, relevée à 
Verviers et à Ensival \ Donnez-en des exemples. 

III. Quelles sont les formules usitées chez vous pour se sou- 
haiter une bonne année ? {bone annèye ! et tote sort di bonheur ! 
— Et vos parèlyèmint. ) 

IV. Notez les formules analogues à celles-ci : 
Bon Diu v y s cl rinse ! 

Quu V bô Diu v* kudûse ! 

TS bon Diu v J bcnihe. .. et lés grosàs mohes ! 

Qui V bon Diu V voye ! 

Bon Diu l } set ! 

V. Notez des formules d'imprécation, sérieuses ou facétieuses, 
analogues aux suivantes : 

Diâle farèfye ! 
Diâle m'arawe ! 

Diâle qui V possède ! et, par jeu de mot atténuatif : diâle qui 
e posslhe ! 

Diâle mu spèye ! 

Qui P boy m'abate ! 

Diâle qui f bardouhe ! diâle tu bardoûhe ! 

Diâle qui f make en on banstc ! 



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- 40 - 
N° 3. L'abeille et la ruche 

I. Comment dit-on, dans votre région, 

une abeille ? (mohe, mohe du tchèteùre, mohe d^api, mouke a 
miel, bourdon au mie/, abèle.) 

une reine ou abeille mère ? 

les abeilles ouvrières ? 

les abeilles mâles (frelons ou bourdons) ? 

Traduisez : les abeilles bourdonnent ; bourdonner {prouver, 
les moches brouyèt, ard.). 

II. a) Comment appelle- t-on la ruche ? [tchèteùre, mohe.) 
La ruche a-t-elle toujours même forme ? 

Décrivez l'intérieur d'une ruche. Les • traverses, le chaperon 
(tchaprieule dans Dasnoy), la hausse (rahausse). 
Comment dit-on dégraisser ou châtrer une ruche ? 
Comment nomme-t-on le couteau qui sert à cette besogne ? 

b) Nom du miel ? (/âme, lame, laume. ) 

du gâteau ou rayon de miel ? 
des cellules ou alvéoles ? 

c) Nom du couvain ou œuf? 

de la larve ou ver ? 
de la nymphe ? 

d) Nom des essaims succesifs ? (virtyinè, etc.) 

essaimer ; les abeilles essaiment (semer, les mohes scmct) ? 
mettre un essaim en ruche (atchèteurer Dasnoy) ? 

III. Nom du rucher ou collection de ruches ? [lapîer, apier, api, 
aplé, achi.) 

du tablier ou escabeau sur lequel reposent les ruches ? 
du cabanon ou toit abritant les ruches ? 

IV. Nom de l'aiguillon ou dard de l'abeille ? (pètion, pctchon, 
duner V pètion.) 

Etre piqué par une abeille ? 

V. Envoyer les abeilles passer la saison dans la bruyère ? 



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— 4i — 
N° 4. Le jeu de quilles 

Expliquez, en français ou en wallon, comment les jeux de 
quilles sont organisés dans votre région. 

I. Avec combien de quilles joue-t-on ? Jeu à 3 quilles, jeu à 
q quilles, jeu espacé, jeu resserré ; dimensions des quilles et du 
boulet. 

A quelle époque de l'année joue-t-on? Quelles personnes jouent 
d'ordinaire aux quilles ? Comment dit-on joueur de quilles ? pas- 
sionné pour ce jeu ? Jouer gros jeu ? Tricher au jeu ? 

II. Décrivez les diverses sortes de jeux ? 

III. Nom de la quille ; nom du boulet ; nom de l'emplacement 
du jeu ; quelles qualités réclame un bon emplacement ? 

Noms des diverses quilles ou rangées de quilles ou portions du 
jeu- [frumire, dame, dièrinne, fotche a dreùte, fotche a gauche , 
cane, ruban, drt-main, bou/on, etc.) ? 

IV. Termes servant à désigner le joueur, le redresseur ; les 
diverses équipes de joueurs, les partenaires ; les diverses séries 
de jeux. 

V. Comment dit-on : abattre toutes les quilles ( fc noûf) PN'en 
abattre aucune (fc bàrwàte) ? Manquer la planche (fé bcrwète 
a plantche, fc grawé) ? Abattre des quilles des coins, des quilles 
médianes, telle rangée, telle portion du jeu ? Manquer telles 
quilles du jeu ? Imprimer à la boule des mouvements de rotation 
à droite, à gauche (rïtrosst, rintrer) ? 

VI. Comment exprime-t-on : les mises, les gains, les pertes, 
les remises; ne perdre ni ne gagner, gagner la première manche, 
jouer le va-tout, etc ? 

. VII. Termes relatifs aux disputes entre joueurs. Comment 
juge-t-on les différends qui s'élèvent entre eux ? 

VIII. Expressions proverbiales empruntées à ce jeu (àèst-ine 
bèye qui li riv'néve, rimakerèl hàye } c'est po V biyeteû, etc.) ? 



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— 4* - 
N° 5. Les outils du faucheur 

I. Comment dit-on chez vous : faucher? le faucheur? la fau- 
chaison ? 

II. Comment se nomme la faux dans votre région? 
Emploie-t-on différentes espèces de faux ( fàs a stierneùre, etc.)? 
Comment se nomment les diverses parties de la faux (ou bien 

donnez une description wallonne de la faux) : 

le manche (fâmagnc, fàmin, fômîn, fôkè) ? 

les poignées : la poignée inférieure (manote), la poignée supé- 
rieure (cwèrbà) ? 

la bague et le crochet ou vis qui rattachent le manche à la 
lame {talon, vèroule)? le trou au bout du manche (spineùre)} 
emmancher une faux ? 

la lame et ses parties (bctchète, levant, bâte, vcfye, etc.)? 

les différentes armatures en bois qui s'adaptent à la faux pour 
faucher le grain (hamè, èrna), ou le trèfle et la luzerne (tchèt, 
marlf't), ou le fourrage 1 piôverou, rapwètroûle, vaur/èt)? — Nom 
que prend la faux dans chacun de ces cas {haute f as, basse fris)} 

les diverses parties du hamè et du tchèt (tièsse, aguèce, 
Tèrfyales, dints, cèke, bare, etc.)? Faire, si possible, un dessin 
avec le nom de chaque pièce. 

la bande de fer qui, dans certains cas (pour faucher la bruyère 
par exemple), double la lame afin delà rendre plus résistante? 

III. Comment dit-on : aiguiser la faux (pour la première fois ; 
pour les fois suivantes) ? 

la faux est émoussée, ébréchée ? 

battre la faux (bâte li fâs, stinde li hârd, ritnète îi tarant)? 
l'action de battre la faux ? 

l'enclume et le marteau pour battre la faux [batemint, écorne, 
corné, gourne ... ; mârté] ? 

l'ensemble des outils qui servent à battre la faux {Us batemints, 
lès èglumias) ? 



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- 43 — 

le cuir qui sert à porter le marteau et l'enclume ? les œillets 
qu'on y fait pour placer la tête du marteau et de l'enclume ? 

les quatre crochets qui empêchent l'enclume d'enfoncer en 
terre (lès croies) ? 

la pierre à aiguiser ? 

l'étui en bois ou cofrin dans lequel on porte cette pierre (cohi, 
cnzi, buwà), avec ses parties ? le crochet qui supporte l'étui à la 
ceinture ? 

la racloire de bois pour adoucir le taillant de la faux [stritçhe) ? 
passer la racloire (stritchi, ristritchf) ? 

la ceinture du faucheur ? 

IV. Comment dit-on la fourche et ses parties : 

le manche ? 

les dents ? 

les différentes espèces de fourches ? 

enfourcher ? une « fourchée » ? diminutifs ? 

V. Comment dit-on le râteau et ses parties : 

le manche ? 

le joug ? 

le bois où s'attachent les dents ? 

les dents ? 

les différentes espèces de râteaux ? 

râteler ? une râtelée ? diminutifs ? ratisser ? 

VI. N'oubliez pas les locutions et les proverbes ou spots se 
rapportant à tous ces instruments, par exemple : 

Li fâs yèrbèye trop fwèrt (Condroz), se dit quand le tranchant 
enfonce trop fort dans la terre. 

Li fâs va trop pô (ou trop fwèrt) a tchomp (Condroz), se dit 
quand la lame est trop éloignée (ou trop rapprochée) du manche. 

// est so tri fâmagne (Stavelot) — j'ai une dent contre lui. 

VII. Ajoutez les noms des autres outils du faucheur que vous 
connaissez et qui ne seraient pas mentionnés dans ce ques- 
tionnaire. 



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- 44 — 
N° 6. Le rouet 

I. Comment se nomme le rouet dans votre région ? 
Comment se nomment les parties suivantes du rouet (ou bien 

donnez une description wallonne du rouet) : 

a) la roue? 

b) les 2 poupées sur lesquelles repose Yaxe de la roue ? 

c) la manivelle ou la pédale qui sert à faire tourner la roue ? 
donner un coup de pédale, pédaler ? 

d) la bielle qui communique le mouvement à la roue ? 

e) la gorge creusée dans le cercle de la roue ? 
f ) la corde ? 

g) la poulie ? 
h) la bobine} 
i ) V ailette ? les ailerons ? 
j) un cran? — déplacer le fil d'un cran ? 
k) la broche ? 
1) les oreilles des poupées? 
m) Vœil de la broche où passe le fil ? 

II. La quenouille ? Charger sa quenouille ? Avoir de l'étoupe 
sur sa quenouille ? Remettre du fil sur la quenouille de quelqu'un ? 

III. Le dévidoir ? dévider ? mettre un écheveau sur le 
dévidoir? 



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VOCABULAIRE GÉNÉRAL 



DE LA 



Langue Wallonne 



PAR 



Aug. DOUTREPONT, 
Jules FELLER 
et Jean HAUST 



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Monsieur et cher Correspondant, 



Nous yous prions de lire attentivement ces premières pages du 
Vocabulaire général de la Langue wallonne. Supposez qu'à 
chaque mot sont ajoutées les questions suivantes, qu'il eût été 
fastidieux de -répéter : 

i° Ce mot est -il employé chez vous ? 

Sinon, par quel autre mot est-il remplacé ? 
2° Est-il employé dans le sens indiqué ? 

Sinon, dans quel autre sens ? 
3° Se pronoTice-t-il chez vous comme nous V écrivons ici ? 

Sinon, quelle forme différente faut-il lui donner ? 
4 U Donnez, le cas échéant, un synonyme, un exemple 
Justificatif, etc. 

Si vous le désirez, vous recevrez, pour consigner les réponses, 
un exemplaire spécial, exemplaire de travail à une colonne 
seulement sur chaque page, le reste de la page demeurant en 
blanc pour recevoir les annotations manuscrites. Cet exemplaire 
spécial annoté et signé, nous vous prions de nous le renvoyer 
avant le 1$ mars içoô. 

Pour la Commission du Dictionnaire, 

Jean Haust, rue Fond-Pirette, 75, Liège. 



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AVIÔ 

Nous prions le lecteur de se reportera la page 30 de ce Bulletin : 
il y trouvera la signification du présent travail. 

Qu'on veuille bien ne pas confondre cet essai de Vocabulaire 
général avec le Dictionnaire général : il en est tout au plus le 
squelette, la charpente, tandis que le Projet de Dictionnaire, 
publié en IQ04, donne une idée exacte de l'œuvre plus étendue 
dont les premières feuilles verront le jour à la fin de 1006. 

Sous la forme première que nous lui donnons aujourd'hui, le 
Vocabulaire est avant tout un questionnaire qui nous servira 
i° à compléter nos dossiers pour le Dictionnaire ;V à compléter 
le Vocabulaire lui-même pour en composer une édition défini- 
tive. 

Le système abréviatif est en général celui des dictionnaires. Le 
lecteur reconnaîtra facilement les abréviations en italiques, indi- 
quant les catégories grammaticales. La traduction française suit 
immédiatement l'indication de la partie du discours, du genre, du 
nombre, etc. Les noms d'auteurs sont en petites capitales ; les 
noms de localités ont la majuscule (Nam. Namur), les noms 

de régions ne l'ont pas (nam. = namurois). Les deux points (:) 
annoncent un exemple wallon ; le signe 1 =- ) annonce la traduction 
de l'exemple, que nous ne donnons d'ailleurs qu'en cas d'absolue 
nécessité. Nous supprimons beaucoup de mots et de signes inuti- 
les : ainsi : « Malm. vill. » signifie « usité à Malmedy d'après le dic- 
tionnaire manuscrit de villeks» ; « âb- for. » « àbadjowe avec 
à dans le Dictionnaire de korir ». Nous n'indiquons pas les 
variantes faciles et qui vont de soi : -adje à côté de -èd/e, -en- à 
côté de -n-, -ia au lieu de -ê f -à à côté de -à y etc. Nous avons 
voulu faire tenir le plus de matière utile dans le moindre espace 
possible. 



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- 4 8 



Nous citons les Bulletins et les Annuaires de la Société liég. de 
Litt. wall. suivant la Table de concordance que l'on trouve dans 
les derniers volumes du Bulletin. Ainsi 8, II, 14, ~ Bull. f tome 
VIII, fascicule II, p. 14 ; 14, 332 = Bull., t. I de la 2 e série, p. 
332 (la i re série comprend les 13 premiers volumes) ; 41, I, 195 
= Bull., t. XLI, fasc. 1, p. 19 S \ Ann. t 10, 40 = Annuaire, 
tome X, p. 40. 

body. Voc. des agriculteurs, des charpentiers, etc. 
cambresikr. Dict . wallon- français ; Liège 1787. 
dasnoy. Dict. wallon-français ; Neufchâteau 1856. 
dklmotte. Glossaire montois, 1812 (éd. du Ropieur 1905). 
j. F. dethikr. Dict. verviétois manuscrit (vers 1820). 
F. delfosse [?]. Dict. namurois manuscrit (1850 ?). 
forir. Dict. liégeois-français, 2 voll., Liège 1866-1874. 
grandgagnage. Dict. étym. de la Langue wall., 2 voll., 

1845-1880. 
gothirr. Dict. français-wallon ; Liège 1879. 
HUBERT. Dict. w.-fr. : Liège, 2 e éd. 1868. 
letellif.r. Voc. montois. fr. (Arm. dé Mans, 1866 et 

suiv). 
lobet. Dict. w.-fr. (dialecte verviétois): Verviers 1854.. 
PiRSOUi.. Dict. w.-fr. (dialecte namurois), 2 voll.,Malines 

1902-1903. 
remacle, Dict. w.-fr. Liège, I e éd. 1823 : 2 e éd. 1839. 
hub. scius. Dict. malmédien manuscrit, 1893. 
sigart. Glossaire étym. montois. Bruxelles 1866. 
VERMESSE.Dict.du patois de la Flandre franc. Douai 1867. 
villers. Dict. malmédien manuscrit, 1793. 
Wallonia, Archives wall., directeur O. Coi .son. 

ard. =^= ardennais ; Charl., car. ^ Charleroi, carolorégien : gaum. — 
gaumais (dialecte de Virton, Étalle, etc.); HoufiF. -t Rouflalize : lg. — 
liégeois: Malm. — Malmedy : nam. - namurois : Xeufch. — - Neuf- 
château : S f -Hub. -= Saint-Hubert ; Stav. - Staveloi : Verv. -Verviers. 

Quand la localité n'est pas indiquée, le mot est liégeois. 



BODY ' 

CAMBR. 

DASN. 

DRLM. 

DETH. 

F. D. 

FOR. 

GG. 

GOTH. 

HUB. 

I-KT. 

LOB. 
PIRS. 

REM 1 ., REM 2 

sens 

SIG. 

VERM. 

VII.L. 

Wall. 



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A, AA 

i. a. prép., à. 

2. a (Gosselics, N. de Charl., St- 
Hub.,Neufch., Chiny, gaumais), 
prip., en : a-z-apôrtont (Gosse - 
lies), a-n-alant (gaum., Chiny). 

3. a, an-, ana (gaumais, Chiny), 
adv., en : dju m'a r'va ; t'an-arès; 
i m'ana veut. 

4. a, 5. m., ail[â Givet ; au Prouvy ; 
ay Chiny, Virton]; voy. ayèt. 

1. à(ard.), à (lg.)> s - m -> la lettre 
a, la voyelle a. 

2. a(ard.),à(lg.), au (nam., car., 
gaum.), art. m. s. contr., au. 

aairl ou aêrî hub., v. tr., aérer 
\fornu douteuse pour anairt, 
rènairt]. 

aaveter (nam.), v. tr.. accrocher; 
voy. ahaveter. 

ABA 

ab&bèyemint (Malm. vill.), s. 

m., abattement, affaissement de 

corps et d'esprit ; voy. abâbyèdje. 
abàbi (Stav.), part, passé, surpris, 

ébaubi [abaubi ou abôbi dasn. ; 

gaum.]; voy. abâbyi */èbâbi. 
abâbyèdje (Malm. vill.), 5. m., 

voy. abâbèyemint. 



abâbyi, I.(Malm.) v. tr., abattre 
attrister; | s' — , 1. (vill.) s'at- 
trister, perdre courage; 2. (Vil- 
lettes-Bra) s'ébaubir, s'étonner. 
Il II. (Faymonville) v. intr., arri- 
ver en vacillant [abaubir, as- 
baubir (Mons dslm.), décon- 
certer, stupéfier] ; voy. bâbyi, 
bamb! et abâbi. 

abacher, -i, -î, voy. abahî. 

abadjoû ou abat-djoû ou abajoûr, 
s. m., abat-jour [bajour Vies- 
ville]. 

abadjowe (âb- for.) [?] s. f. , 
abajoue. 

abaguèdje,5. m., emménagement. 

abaguer (-i Stav.), v. tr., emmé- 
nager. 

abahèdje, s. m., abaissement. 

abahemint, s. m., abaissement. 

abahl (-i Stav.), v. tr., baisser, 
abaisser [abacher Mons, Laroche; 
-î Nam., Givet; -i Viesville,Tour- 
coing, Chiny, gaum.]. 

abahimint (Malm. vill.), adv., 
en se baissant [?] . 

abahore(Malm. vill.), 5./., l'ac- 
tion de se baisser, lecourbement. 

abai ou abé (Mons), s. m., aboi ; voy. 
abaye, abwè. 

abaire ou abére (Mons delm.), 
aboyer; voy. abayer. 

4 



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— SO — 



s'abaiti ou s'abêti (Malm., Stav., 

Marche), voy. s'abêti. 
abajoùr, s. m., voy. abadjoû. 
abake (âb- for.), s. /., abaque, 

tailloir. 
abàki (Stav.), v. intr. f regarder 

vers ; voy. abawî et abeîîketer. 
abalances lob. ou abalasses gg., 

s. f.plur. y t. de min. y les deux 

pièces de charpente formant, 

avec la poutre qui soutient l'arbre 

du manège, un triangle dont 

celle-ci est la base. 
abalète (Tourcoing), s./, .arbalète ; 

voy. arbalète. 
âbalowe, s. f. , hanneton ; voy. 

balowe. 
abalzôder, v. intr. t tomber (d'un 

arbre), s'affaler. 
abàmer [?], voy. abômer. 
abandenèdje ou abann'nèdje, s. 

m., abandon nemen t. 
abandoner ou abann'ner, v. tr., 

abandonner [abân'ner Verv.; 

aband'nè Vonêche : abandounèy 

Chiny]. 
abandonôye ou abann'nêye, s. f., 

bande, troupe [abân'nêye, Verv. 

LOB.]. 

abandon, s. m., abandon. 
abandonemint ou abann'mint 

s. m. y abandonnement [aban'- 

mint Verv.]. 
abandounèy (Chiny), voy. aban- 

dener. 
abanè (Vonêche), -èy (Chiny), 



v. tr.y publier les bans de ma- 
riage [abènèy gaum.]. 

abarassèy (Chiny), v. tr.y em- 
barrasser: èle est abarassèye — 
en ce i n t e ; voy . i m bar asse r . 

abarbouyi (gaum.), v. tr., bar- 
bouiller; voy. barbouyi. 

abarin ou abat - ri n owlabann, s. m., 
t. de min. : soner l'abarin ou 
Y labarin redonner un coup de 
sonnette pour avertir que les 
hommes vont remonter par le 
cufat et qu'il ne faut rien laisser 
tomber; voy. abate*/GG. 11 4. 

abarlôzer, voy. abèrlôzer. 

âbarone,s. /., bannière, étendard. 

abas, a", m. t dans mète a l'abas 
(nam. f.d.)=: déprécier, méses- 
timer. 

abasse, s. f., dans plein corne ine 
— , 22 , 219 [corruption de cale- 
basse ? Comparez plein corne one 
basse, ard.]. 

abastârdi, v. tr., abâtardir. 

abastârdihèdje, 5. m., abâtar- 
dissement. 

abastârdihemint, 5. ;//., abâtar- 
dissement. 

abastreû, s. m., * système de 
bascule dans une machine à 
vapeur » GG. II 494. 

âbastri(ab-Malm.),s. ///., 1. arba- 
létrier; 2. (Malm. vnx.) aigrefin : 
voy. ârbastrî. 

abatadje (Nam.), voy. abatèdje. 

abat âge, s. m., l'abattoir public 



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— *î — 



(à Liège): voy. abatèdje, abatwér. 

abat-djoû, voy. abadjoû. 

abate, v. tr., i. abattre; 2. /. 
d'agric. , faucher (les blés) : 
abate â r'gon, a l'avône (Stav., 
Mal m.) ; 3. /. de min., faire tom- 
ber, abaisser, voy. abarin; 4. s'a- 
bate di ouqui (Vielsalm, Houff.), 
du ou quu (Stav.), s'aperce- 
voir de ou que : voy. s' abêti. 

abatèdje, s.m. t 1 . abattage, action 
d'abattre [abatadje Nam.; -âdje 
car.]; 2. (Verv. rem.) abattoir; 
voy. abatage, abatwér. 

abatemint, 5. m., 1. abattement : 
2. /. de min., déclivité, différence 
de niveau ; profondeur. 

1. abateû, s. m., abatteur. 

2. abateû (Malin, vnx.), s. ;;/., 
voy. abat ou. 

abatou (-u Nam., Givet; -eu, 
Malm.),5. /«., appentis [abatue 
Mons] . 

abatowe, s. /., allure vive: il a 
v'nou d'ine reûde abatowe, 44, 
48 ; il a v'ni reûde abatoue (Coo) 
= il est venu à bride abattue, à 
toutes jambes. 

abatrôsse, s./., /. de tend., chan- 
terelle placée à distance du filet. 

abat-rin, voy. abarin. 

abatue (Mons), s./., voy. abatou. 

abatwér, s. m., abattoir ; voy. 
abatage, -èdje. 

abaubi, -ir, voy. abâbi, abâbyi. 

abaumer, voy. abômer. 



abausa ou abôsa, s. m. ?, « profit 
que les fripiers, de connivence 
dans une vente publique, font en 
revendant ensuite la marchan- 
dise entre eux » (Mons sig.). 

abawer, -èy, voy. abayer [deth. 
donne abmè sans trad.~\. 

abawl (Seraing), v. tr., regarder 
vers, guetter [deth. donne abawi 
sans trad.~\ ; voy. abâki. 

abaye, s./., 1 . (Prouvy) rester an- 
abaye ou a. wâti = rester bouche 
bée, bayer; 2. (Mons delm.) 
aboi, aboiement d'un chien; huée, 
cri de dérision : mètre a l'abaye 
= huer : voy. abai et abwè. 

abayer et abêre (Mons delm.), 
v. intr., aboyer [abayî Viesville; 
abêyi Tourcoing; abawer ou -î 
Charleroi, -èy Chiny, Prouvy, 
-yî Walcourt ; abowèy Tintigny]. 

abayi, v.intr., être bouche béante 
vers (un objet), être impatient 
de voir: dji su bén abayi qw 'est- 
ce qu'i va rèsponde (Charleroi); 
s'abaye s'i vêrè (Vonêche; voy. 
dasn. 456, et pirs. sobait) =jë 
suis curieux de savoir s'il viendra 

abaylye (Prouvy-Jamoigne), s.f., 
voy. abêye. 

ABC 

a, b, c ou âbécé, s. m., l'alphabet: 
les premiers éléments [lg. â ...; 
ailleurs â...]. 

abcès, s. m., abcès. 



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Ç2 — 



ABE 

abe [?] oukpeou hàpe(Mons sig.), 

s. m., hasple, dévidoir, 
i. àbe, 5. m., arbre [Abe ard., 

gaum. ; aube St-Hub., Vonèche; 

abre Tournai ; arbre Mons sig. ; 

ârbe Viesville; arbe Godarville]. 

|| âbe-di-spène, voy. âbèspcne. 

|| âbe-d' Abraham, voy. Abraham. 
2. àbe, s. f. t aube, vêtement du 

prêtre [àbe Mal m.]. 
abé. s. m., abbé [abe Vonèche]. 
Abé, ». pr., Aubin ou Abel ? 

Saint-z-Abé, 12,203. 
abé (Mons), voy. abai. 
âbécé, voy. à, b, c. 
àbe-di-spène, voy. âbèspène. 
a-bèle qui ou d'a-bèle qui... — 

il n'est pas étonnant que [l'a- bêle 

ou 'la bêle Nam., Viesville] : voy. 

bê. 

1. abèle (Maffles), s.f. ?, petit 
cylindre en bois sur lequel on 
place la choU ou projectile du 
jeu de crosse, le mercredi des 
Cendres, pour frapper le premier 
coup seulement. || abeule(Bou- 
vignies-lez-Ath), s./., motte de 
terre sur laquelle on place le 
projectile au jeu de crosse ( Wall. 
vin 60). 

2. abèle (Charleroi), s./., abeille. 
abèli, v. tr. % 1. (Gharl.) embellir; 

2. (nam. gg. I, 3) amadouer par 
des caresses ; voy. abiaji. 



àbêne (ard. ?), s./., voy. âbinne. 

abènèy (gaum.), p. tr. t »<?>'. abanè. 

abèni (Verv., Malm.), v. tr. t 
bénir, stuUnunt dans P exclam. 
abèni seût...! qu'abèni seût... ! 

abèrè (Givet), part. passé, étourdi, 
inattentif, propre em barré; voy. 
èsbâré. 

abêre (Mons), voy. abaire, abayer. 

abèrlôzer ou abarlôzer, v. intr. t 
dégringoler vers : il abèrloza 
djus de teût : voy. bèrlôzer. 

abèrsac (Givet), s. m., havresac. 

abèrtakelè (Givet), voy. abèrtaki. 

abèrtakèleries (Givet), s.f. pi. t 
objets encombrants: voy. aburta- 
kemint et abèrtaki. 

abèrtaki (Viesville), ». tr., garair, 
arranger, vêtir, dans l'expr. mau 
abèrtaki =dèbraillé [aburtaker 
(Nam. GG. I, 322), garnir, voy. 
èburtaker gg. I, 185 et pirs. ; 
aburtaker (Hannut), arranger, 
remettre en ordre, p. ex. un 
vêtement ; aburtakè (Vonèche), 
mal arrangé; aburtakemint (Vo- 
nèche), désordre, arrangement 
bizarre; abèrtakelè (Givet), 
équiper d'une manière bizarre, 
arranger pêle-mêle, encombrer; 
voy. bèrtake ou bèrtèke = franc. 
bretèche] . 

abèrzilié (Bourlers), adj., un pen 
gai, légèrement éméché; syn m 
bèrzingue. || abèrzir (gaum.), 
v. tr. t enchevêtrer, brouiller. 



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— 53 



âbèspène lob., s. /., aubépine, 
ou y d'après GG. I, 34, épine- 
vi nette [aubrèpine Prouvy; àbe- 
di-spène hub.,goth. et gg. II, 
494 ; arbre d'espine Nam. F. d. ; 
àrdispène for., ou âbèspène: 
ârdèspine Nam.]. 

abèsse, s./., abbesse; tenancière. 

abêsse, 5./., cerise noire douce. 

abèssi deth. [?]. 

abètchèdje, subst. de abètchî 2. 

abètoheté (Ampsin), adj. t hardi, 
effronté. 

abètchi, v. tr., 1. /. de serr., 
amincir en forme de bec l'ex- 
trémité d'une pièce; 2. /. d'ann., 
faire entrer la pointe d'un outil 
dans un trou pour l'élargir ou 
le fraiser; 3. /. de min. : abètchî 
'ne bac'neûre = commencer, 
entamer une galerie; 4. /. de 
pêch., embecquer, amorcer, gar- 
nir d'amorces une ligne; syn. 
amwèrcî; 5. (Baulers; lg. assè- 
tchî) attirer les pigeons d'un 
autre. 

8'abêti (Marche, Mal m., Stav.), 
s'apercevoir (de qqc.) : lès îis m'a 
bètihint sor lu, vill. = mes 
yeux tombèrent sur lui ; dji m'a 
abêti (Marche) ; [s'ambéti (Fay- 
monville), se douter, soupçon- 
ner]; voy. s'abate, s'abouhî et 
s'abrouti. * 

abeûketer, I. v. tr. (Villettes- 
Bra), regarder bouche bée, niai- 
sement. Il IL v, infr. (Malm.), 



percer,se faire jour: lu djéne abeû- 
ketéve foû d'totes lès cwanes 
(Arm. do/ Satnéne, 1905, p. 35); 
voy abâki et beûkète. 

abeule (Bouvignies-lez-Ath), s.f., 
voy. abèle. 

abeûre, s. m., 1. boisson, breu- 
vage ; 2. abreuvoir [abîire Vinal- 
mont ; abwâre Wellin, Tournai, 
Namur; abwêre Meux, Charl.]: 
voy. abuvreû. 

abeuvrer (Laroche), voy. 2. abu- 
vrer. 

abeûvrer, voy. 1. abuvrer. 

abeûvrlr, s. //*., nom de lieu-dit 
à Stavelot, abreuvoir; voy. abu- 
vreû et abuvrî. 

abeûvwèr (Jodoignc), s. ///., 
abreuvoir (de pigeons) ; voy. 
abuvreû et abeûre. 

abèvrer (Malm.), voy. ahuvrer. 

abèvreû (Marche), 5. m., voy. 
abuvreû. 

abèvri (Bellaire), s. m., voy. 
abuvrî. 

abèye, adj., actif, vite; | abèye 
fier, fer soudable, qui se forge 
bien et rapidement : abèye fonte, 
fonte rapide, qui s'affine vite au 
four à puddlèr. || interj., vite! 
[abiye Chiny, Namur, Charl.: 
abi Prouvy]. 

abèye, s.f., abbaye [abèye *7abi, 
s. /., Malm. : abî Viesville, 
(iosselies ; abîye Namur, Charl., 
Mons ; abayiye Prouvy]. 

âbèye, s. f., 1. alose, poisson de 



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- 54 — 



mer [aubîye Namur], syn. alôye ; 

2. (Verv. deth.) ablette. 
abèyemint, adv. , diligemment, 

promptement [abiyemint Namur, 

Charl.]. 
abèyèsté, -îsté, -usté, voy. abèy- 

site. 
abèyi (Tourcoing), voy. abayer. 
abèylumint h un., j.ob., .s. m., 

habillement [abilyu.nint Verv. ; 

abîyemint Nam.]. 
abèysité, s. /., activité, rapidité 

[abèysuté lob. ; abèyîsté for. ; 

abèyusté hub. : abèyèsté Mal m. 

vill. ; abîyeté Nam., Charl.]. 

ABH 

ab'hè, s. m., axe de mouvement ou 
de balancier: partie de la pompe 
a bras à laquelle est attaché le 
levier, arbre horizontal des an- 
ciens moulins, etc. 

abh'orer, v. tr., abhorrer. 

ABI 

abi, -î, s./., voy. abêye, -cye. 

abiaji (Charl.), -ri (nam. ira. 1,3), 
v. tr., amadouer par des cares- 
ses ; voy. abèli. 

abicé ou abissé [-î- ?], adj., for., 
obscur. 

abicule lob., 5. /;/., navette, vase 
d'église où l'on met l'encens 
[corruption de navicule]. 



abideler gg. II, 495, v. intr., 
arriver à l'improviste,débusquer. 

Abiért, ». pr., Aubert ou Adal- 
b it : Saint-z-Âbiért. 

àbiôrt [r], s. m. Cette forme de 
hâbièrt (actif d'une ferme) existe- 
t-ellef Pour le sens, voy. abur. 

abièsselèdje (body Agr.) f s. m., 
accroissement d'un troupeau. 

abièsseler, v. tr., voy. abièster. 

abièssené (Waremme, Ilesbaye), 
adj., bête, lourd, dépourvu d'es- 
prit. 

abièster ou abièsseter (Ju pille) et 
abièsseler (ard., Gosselies)^>. tr., 
munir (une ferme) de bêtes. 

abièsti, v. tr., abêtir, abrutir. 

abièstihèdje, s. m., abêtissement. 

abièstihemint, s. m., abêtisse- 
ment. 

abilyumint (Verv.), s. m., voy. 
abèylumint. 

abîmant, adj., souillant, salissant. 

abîme, s. /., tapage, vacarme : 
miner l'abîme = tapager ; | d'a- 
bîme = 1. profondément, cx- 
traordinai rement ; 2. nêolog., d'a- 
bord [?]; | trfo/og., d'abîme qui, 
/oc. conj. t d'abord que, puisque 
[?] {rAirdic I, n»2, p. 2). |! 
abume, s. /., 1. (car.) chose 
désagréable de proportions con- 
sidérables : boue, vacarme, etc. 
2. (Nam. pirs.), objet de di- 
mensions extraordinaires : énor- 
me canne, etc. 



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55 — 



ablmèdje lob., s. /;*., souillure, 
salissure. 

abîmer, v. tr., endommager : salir • 
[abumer Xam., Charl.]. 

Abin, ». pr., Aubin. 

âbinne for., s./., aubaine [âbène 
ard. ?]. 

abion [?], s. m., t. de bouch., 
aubier [?] : voy. âbon. 

àbion, s. //*., ombre d'un objet ou 
d'une personne : djovver a l'âbion: 
voy. ôbion, ombion. 

abiser, -iser, voy. abizer, -îzer. 

abissé, voy. abicé. 

abistokelèy(Chiny), -ker(Stav., 
Charl., Mons siG."),r>. tr., arran- 
ger, accoutrer ; voy. rabistoker. 

abit, s. m., habit. 

abitant (àb- for.), s. ///. , habitant . 

abiter (Xam. pirs.), v. tr., fré- 
quenter qqn ; voy. habiter. 

abitouwance (Mons), s./., action 
de s'habituer : L'abitouwance 
t'ait l'acoutumance, Spots 144.8. 

àbitouwél for., adj. } habituel. 

âbitouwélemint for. , adj. , habi- 
tuellement. 

âbitouwer, v. tr., habituer. 

âbitude, s./., habitude. 

abiye, -îye. adj., voy. abêye. 

abiyèdje lob., 5. m., 1. habille- 
ment: 2. /. de jeu, garde, carte 
basse qui en protège une de va- 
leur. 

1 . abiyemint (Xam., Charl.),*.///. 
habillement ; voy. abèylumint. 



2. ablyemint(Nam. , Charl. ),/z</r;., 
habilement : voy, abèyemint. 

abiyeté(Xam., Charl.), voy. abôy- 
sité. 

abiyeùse lob., s./., habilleuse. 

abiyi, v. tr., 1. habiller; 2. /. de 
jeu, garder : mi rwè èst-abiyî. 

abiyore (Mal. vill.), 5. /., ma- 
nière de s'habiller. 

ablzèdja (Mal m. vill.), s. m., 

. arrosement . 

abizer, v. intr., accourir comme 
le vent [abizi Vielsalm] : voy, le 
dimin. abizolcy. 

abizer (Malm./rstav.), v. tr., 
arroser, irriguer au moyen de ois 
(biefs, canaux). 

abizolèy (Chiny, gaum.), v. intr., 
accourir au galop ; voy. abizer. 

ABJ 

abjont (Tourcoing), 5. ///., adjoint 
au maire [corruption </; adjont]. 

ABL 

ablàmèdje ijeth., s. m., blâme, 
dé})réciation. 

ablàmer, v. tr., blâmer, déprécier. 

ablanci (Prouvy), v. tr., abaisser, 
faire balancer (une branche). 

ablavèy (Prouvy), v. tr., ense- 
mencer ; voy. eblaver. 

ablâwii.OB., v. tr., éblouir [ablâwi 
ard.: ablawi Chinv : ableuwi 



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- 56 



ou asbleuwi Namur; asbleuwi 
Charl.; asblawir dasnoy; ablou- 
ti Famenne; ablowii gaumais; 
èblawtèy Prouvy ; èsblâwi Prus- 
se wall. ; èsblèwi Wavre]. 

ablâwihemintLOB. , s. m. éblouis- 
se ment, berlue. 

ablàye (Stavelot), s./., cri de sur- 
prise, criai! lerie : taper dès 
ablâyes. || ablaye (Nivelles, 
Braine-le-Comte), blague, propos 
plaisant, bagatelle, niaiserie : 
in fouteû d'ablayes = un bla- 
gueur. || asblaye (Charleroi), 
hâblerie : in fèyeû d'asblayes 
= un faiseur d'embarras ; voy. 
vbrm. ablais. 

ablète, s./., i. ablette [aublète 
Charl., Namur, gaumais, Prouvy; 
amblète prov. de Luxembourg ; 
amlète Couvin] ; âblète corante 
ou coreûse = ablette-spirlin. 2. 
(Verv. lob. p. 60) aubaine. 

ablète, 5./., dans gruzalî ablète : 
groseiller à maquereau lezaack, 
20,220 [/*>* âblète 00 ablète?]. 

ableuwi (Namur), voy. ablâwi. 

ablo (Liège, Nam., Charl., Mons), 
5. m., cale, étai ; bloc de char- 
pentier [ablon Ampsin et dans 

FOR.]. 

ablokèdje, s. m., action de caler. 

ablokener(BORM. Voc. deshouili.), 
v. tr., étayer ; voy. abloker. || 
ablokenî (Vielsalm), nettoyer le 
bloc de schiste pour en extraire 
les ardoises. 



abloker ou -1, v. tr., 1. caler, 
affermir sur des blocs; 2. donner 
la première forme au sabot ; 3. 
(Mons) duper, attraper adroite- 
ment ; voy. le précédent. 

ablokeû, s. m., outil pour dégros- 
sir le sabot. 

ablon, s. m., voy. ablo. , 

ablondjé (Bourlcrs), part, passé, 
accoutré ; voy. abonder. 

ablouke (rouchi), s./., boucle, 
affiquet. 

abloukè (Givet), -i (Charl.), v. 
tr., boucler. 

abloukener(HUB., dasn., Namur 
F. d., Stav.), v. tr., boucler 
[aboukener Dison]. 

ablouke ter lob., v. tr. t boucler; 
voy. abloukè, -kener. 

ablouti, ablowti, voy. ablâwi. 

ABO 

àbo [ou âbô ?], âbo d'où lob., 

voy. à bon. 
'abôbi, -ir, voy. abâbi ;/abâbyi. 
abôcl, abôcihèdje, voy. abossî, 

abôssihèdje. > 

abôclèdje, -er, voy. abonclèdje, 

-er. 
abodjèdje (body Voc. des Agr.), 

s. m., tallement des céréales, des 

fourrages ; développement des 

jeunes plantes, 
abodji (Vielsalm, Cherain),abou- 

dji(Stav., Troisponts), v. tr., 

1. faire taller des céréales, etc. ; 



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— 57 - 



| s'abodjî (SpaBODY), laller, se 
former en bodjêye ; voy. abohené 
et bodjêye ; 2. calfeutrer, garnir 
de fumier les portes des étables 
pour l'hiver; protéger des pro- 
visions contre la gelée : abodjî 
lès mours, c'est mète ine bôdje 
(Vielsalm), ine boudje (Stav.), 
dès tchapâs (Cherain). 

àbodoûLOB., voy. abon. 

abohené (Stav., Sprimont), -i 
(Vielsalm), ramassé, serré en 
grand nombre autour de la bohée 
ou plant : dès crompîres bin 
abohences (Stav.). || abohiner 
(Mal m. vill.), v. tr., rendre plus 
touffu ; s' abohiner (ib.) ou s'abo- 
hener (Spa bodv), se former en 
bohée, pousser plusieurs tiges 
d'un seul plant : li frumint s'abo- 
hènerè bin ; voy. abodjî et bohée. 

aboie (ard.), 5./., dans texpr. on 
côp d'abole = un coup de 
hasard; voy. aboler. 

âbole lob., 5. /., obole. 

aboler (nam. 6a. 1, 4), v. intr., 
voy. abouler. 

aboli (for.; gaumais), v. tr., 
abolir. 

abolicionitt-chon, s./., abolition. 

abolihèdje, s. m., abolition. 

abolihemint, s. tn. t abolition. 

aboliner (nam.), v. tr. t empeser; 
voy. èboliner. 

abômer for., gg. [>/ abâmer ?], 
v. tr., creuser : abômer on pus'. 



Il abômé, part, passé , 1. caver- 
neux: ine vwès abômêye; 2. 
renfermé, étouffant : qu'i fait 
abômé chai ! voy. bôme. 

abôminâbe, adj., abominable; 
énorme. 

abôminâbemint, adv. t abomina- 
blement; énormément. 

abôminâcion, s./., abomination. 

abominer, v. tr., abominer, 
exécrer. 

abon for., s. m., morelle noire. 

Abon, n. pr. t Abbon. 

âbon, s. m., aubier [aubdh Na- 
mur; âbô Dison; âbo (vu àbô?) 
Verv. lob.; lob. donne aussi âbo 
d'où (aubodou p. 60) = aubin, 
blanc d'oeuf] ; voy. abion ? 

abonclèdje lob. ou abôclèdje 
deth.,5. m., affublement. 

abonder lob. ou abôcler deth., 
v. tr., affubler; voy. ablondjé. 

abondance, 5./., abondance. 

abondanmint, adv., abondam- 
ment. 

abondant, adj., abondant. 

abonder, v. intr., abonder. 

abondreût, s. m., 1 . le bon droit, 
la justice : difinde l'abondreût 
43, 151 [-dnvèt Charl.] ; 2. 
ordin* plur., casuel, profits par- 
ticuliers d'une charge [abon- 
drwèts Namur ; -dwèts Viesville ; 
-drwats Mons] . 

abônèdje for., s. m., abonne- 
ment. 



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- s» - 



abônemint for., s. m., abonne- 
ment . 

aboner (Mons sig. ; Nam. gg.), 
v. tr., aborner; voy. abôner, 
abwèrner et bone. 

abôner, v. tr., i. for., abonner; 
2. body Agr., assurer contre l'in- 
cendie, syn. afranki. 

abonpwint (Vbnêche), s. m., 
voy. ambonpwint. 

abord, s. //*., abord ; voy. abwcrd; 
I d'abord, /oc.adv., i. d'abord, 
premièrement: 2. bientôt, à 
l'instant ; 3. (Nam., Oharl.: d'a- 
boûrd Viesville) dans ce cas-là, 
alors ; | d'abord qui, /oc. coni., 
aussitôt que, puisque. 

abordâve hub., ad/., voy. abwèr- 
dâbe. 

aborder ( Nam. ),abordèy(Chiny), 
v. tr. , voy. abwèrder. 

abôrner (body Agr.), voy. abwèr- 
ner. 

abôrnimint,-numint (Bom\l£7\), 
voy. abwèrnèmint. 

abôsa su;., voy. abausa. 

abossi, -i for., gg. (et abôssî ? ), 
r 1 . într. {et réfl. ?), abeéder. entier 
et suppurer [* aboussi. v. n. *, 
sans trad. dans DKTH. : abosser 
dasn. : syn. abôtyer Faymonville, 
abourser Mons sig.] : voy, abolis- 
se r. 

abossihèdje for., gg., s. m., 
aboutissement de l'abcès, suppu- 
ration [aboursémint Mons sig.]. 



abotelèy (Chiny), r. tr., mettre 
en bottes, en gerbes. 

abotener, v, tr. t boutonner [abou- 
tenèy gaum. : boutener car.]. 

aboteneù (Nam. pirs.), s. m., 
« celui qui boutonne * [?]. 

abotenore (Stav. i>etrixhe),s./., 
boutonnière. 

aboti (Nam. f.d.), v. tr., * bâtir, 
baguer, glacer » [?]. 

abôtyer, v. intr., voy. abouti. 

abotyi, v. tr,, voy. abouter. 

abouchemint iii t b. ou aboutche- 
mint rem. [?], s. m., abouche- 
ment. 

aboucher hub. ou aboutchî for., 
rkm. [?], v. tr.. aboucher. 

aboudji, voy. abodjî. 

aboufe (Weismes), s. /., malheur, 
accident ; voy. abouhc. 

abouhe (Malm. viu,.), s./., 1. 
accident, incommodité passagère, 
alerte: voy. aboufe: 2. (Villettes- 
Bra) hasard : voy. aboussouke. 

abouhète (Solides, Knsival, Lier- 
neux), 5. /.,ce qui survient, sur- 
prise; ordint petit accident :one 
bone abouhète— une bonne au- 
baine : v'ni à l'abouhète (Fay- 
monville) = venir au bon mo- 
ment. 

s'abouhi (gg. u 495 : où ?) * s'a- 
percevoir, se douter de : presque 
touj. avec la négation * : propr* 
si* frapper de qqch. : voy. s'abèti. 

aboukener, voy. abloukener. 



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— 59 — 



i. abouler, I. v. intr., i. (Nam. 
pirs.) jaillir avec abondance, voy. 
aboûre; 2. (Liège, Brainc-1'Al- 
leud, Mons) arriver vite, accou- 
rir. II. v. tr. (baillkux Dict. 
ms.) faire rouler vers. || aboùlèy 
(gaumais), v. tr., renverser, par 
ex. un mur qui branle : s' — , 
scbouler, s'écrouler [aboler 
(nam. GG.), v. intr., rouler en 
bas, s'ébouler.] 

2. abouler (Xeufch. D\ns.),v.tr., 
crotter, couvrir de boue ; voy. 
boule (— boue). 

d'aboûrd (Vies vil le), voy. abord. 

abourdèy (gaumais), voy. abwèr- 
der. 

aboûre for., v. intr., jaillir à 
gros bouillons; voy. abouler. 

abouriné (Mal m., Stav.), part, 
passé, pressé par la foule ; voy. 
bourine. 

aboursémint (Mons sic».), s. m., 
voy. abossihèdje. 

abourser (Mons sig.), v. rèfl. et 
intr. , voy. abossî. 

aboùsser ou, d'aprèsFOR., aboûzer, 
v. intr., boursiller, se cotiser ; 
voy. abossî. 

aboussouke (Wanne, Villettes- 
Bra), 5. /., accident, hasard : 
d'aboussouke --= d'aventure, par 
hasard : voy. abouhe. 

about. s. m., about, tenon: syn. 
awèye. 

aboutchàre, s./., 1. (V T erv. lob.) 



embouchure: 2. (Hervé) ouver- 
ture (de la porte) : a !' — dél 
pwête. 

aboutché dasn., -i gaum., part, 
passa, embouché : mal aboutché, 
mau aboutchi. 

aboutchemint rem. [?], voy. 
abouchemint. 

aboutchi (gaum.), voy. aboutché. 

aboutchi for., rkm. [?], voy. 
aboucher. 

aboutemint, s. m., t. de char p., 
aboutement. 

aboutenèy(gaum.), voy. abotener. 

f . abouter, v. tr., 1 . avancer, pré- 
senter brusquement , pousser 
vers [abotyi Malm. soirs]: 2. /. 
de min., conduire une gale- 
rie ou une arène à un endroit 
désigné: voy. aboutî, ambouter 
et bouter. 

2. abouter, v. tr., t. de char p., 
façonner des about s. 

abouti, I. (liég.) v. tr., embou- 
tir, pliera froid le bout d'une 
pièce de métal ; II. (liég.. gaum.) 
v.intr.. aboutir. 

abouti (La vacherie),?-, tr., donner 
au sabot la longueur voulue à 
l'intérieur; voy. abouter. || abô- 
tyer (Faymon ville), v. intr., ab- 
céder : voy. abossî. 

aboutihant, s. m., aboutissant 
[aboutichant Namur]. 

aboutihèdje dkth., s. m., abou- 
tissement. 



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— 6o — 



aboutihemint, s. m., i. aboutis- 
sement [aboutichemint Namur] ; 
2. emboutissage. 

abouvreû (dasn.; gaum.), voy. 
abuvreû. 

abouvrèy (gaum.), voy. abuvrer. 

abouvwar(Chiny), voy. abuvreû. 

abouyète (Nam.F.D.), s./., am- 
poule, glande [pirs.II, 358, écrit 
aboniète/ar erreur] ; voy. bouye. 

aboûzer, voy. aboûsser. 

abovrèdje, voy, abuvrèdje. 

abovrer, voy. abuvrer. 

ABR 

Abraham, n.pr. f Abraham : àbe 
Abraham ou d'Abraham (Hes- 
baye), âbe d' — (Famenne), arbe 
d'— (Godarville), bâhc - (Spri- 
mont), âbe Saint-Barnabe (Con- 
dn)z) = éventail de nuées lon- 
gues aux bords vagues : qwand 
l'âbe — a lès pîds è l'êwe, i 
ploûrè: [d'après GO. II, 494 : 
« long rayon de soleil qui passe 
entre des nuages et qui annonce 
la pluie*]. 

abran, s. m., i. alarme, inquié- 
tude : sorti foû d'abran hanson, 
Lus. trav., 139, tns. : 2. (Marche) 
embarras : il est dins on-abran ! 
fè dès abrans; voy. bran, h abran 
et le suivant. 

abranle, s. /., ordint p/ur., 
alarme, inquiétude: voy. abran. 



abranler, v. tr., alarmer: avu 

l'âme abranlèye. 
abrassi (gaumais), voy. abrèssî. 
abre (Tournai), voy. âbe. 
abrédjemint hub., s. m., abré 

gement, abréviation. 
abrédjeû for., s. m., abréviateur. 

1. abrédjl ou abrèjé, s. m., 
abrégé. 

2. abrédjl ou abrèjer, v. tr., 
abréger. 

abrèssàde, s./., embrassement, 
accolade. 

abrèssèdje, s. m., id. 

abrèssemint, s. m , id. 

abrèsséye, s. /., id . 

abrèssl (1g., nam.), -i (Chiny, 
Givet), v. tr., embrasser [abrassi 
gaumais]. 

abreunèy (-<fc- gaumais), voy. 
abruni. 

abreuver (Andenne), -vwa (La 
Croyère), -vwèr (Baulers), -wè 
(Charleroi), voy. abuvreû. 

abrèveû (Aywaille). -vu (Con- 
droz). voy. abuvreû. 

abréviâcion ou -chon. s./., abré- 
viation. 

abri dans Pexpr. a l'abri dcl plêve 
(liég.), — du temps (Mons), 
— do timps (nam.) = à la 
merci de. exposé à la pluie, j 
D'après HUB. cette expression a le 
sens du français. 

abricot, s. ;;/., abricot [aubricot 
Givet]. 



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- 6i 



àbricotl, s. /«., abricotier. 

abrigans (nam. d l après go. 1,5), 
s. m. plur., ou abrigau (nam. 
pirs.), s. m. y t. de bateliers* forte 
pièce de bois placée transversa- 
lement à la partie supérieure 
d'un bateau, .pour relier ses bords 
l'un à l'autre [avèrgan, avûrgon 
Iiiège gg. II, 499 ; aveurgon Huy; 
overgan Mons sig. = flamand 
overgang. passage. La for nu nam. 
donnée par PIRS. n'est-elle pas une 
erreur pour abrigan ?] . 

abrinoque (Mons delm. et i,et.) 
ou abrunoque ou habrunoque 
(Mons sig.), 5./., ordint plur.* 
vieux meuble, objet de peu de 
valeur, brimborion. 

abriver(Verv. lob.), v. tr., abor- 
der, accoster. | s'abriver, v. réfl., 
i .(Lincé-Sprimont) s'approcher; 
2. (Villettes-Bra) se faufiler, 
sournoisement ou sans en avoir 
l'air, dans une société. 

abriyôdèy ou abriyôléfy, v. tr., 
i. (Prouvy) gâcher; 2. (Chiny) 
enduire d'excréments. 

abrodji, v. tr., abroger. 

abrokèdje, s. m., i. mise en 
perce d'un tonneau; 2. vieilli, 
afforage, impôt sur la vente du 
premier vin; syn. aforèdje. 

i.abrokor (Coo), -1 (liég.), -è 
(Marche), v. tr., mettre en perce 
(un tonneau) ; syn. aforer. 

2. abroker(nam.F. d.), -1 (liég.), 



-è (Marche), v. intr., se préci- 
piter, fondre sur ; voy. broker. 

abrokeû deth., s. m. [?]. 

abronde (Vielsalm body Voc. des 
tourn.), s./., escarpolette. 

Âbrose lob., n. pr. t Ambroise. 

i. abrotchl, v. intr., jaillir impé- 
tueusement vers ; saillir (en 
parlant des yeux) ; voy. brotchî. 

2. abrotchl (Givet), v. tr., em- 
brocher. 

abrouhener (Stav. Detrixhe), 
v. réfl., traduit par rèstrôkeler, 
= fourrer, rencogner? ; voy. brou- 
hène. 

S'abroutidi [?], v. réfl., s'aperce- 
voir de : i n' s'abroutihèt nin de 
timps d'à-d'foû (JAirdiè, I, n° 
31, p. 6); voy. s'abêti. 

abrouyi (Chiny), v. tr., em- 
brouiller. 

abrôyelè (Vonêche, Givet), v. tr., 
arranger mal, habiller mal : voy. 
brâye. 

1. abruni, v. intr., embrunir : li 
timps s'a-t-abruni , 3, 257. | 
abreunèy (-<fc- gaumais), part, 
passé, 1 . carié ; 2 . ergoté : swal 

abreunèy = seigle ergoté; voy. 
le suivant. 

2. abruni (Chiny), s. m., seigle 
ergoté, nielle. 

abrunoque (Mons), voy. abri- 
noque. 

abruti lob. ou abruti rem' ., hub., 
v. tr., 1. abrutir; 2. brutaliser. 



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— 62 - 

abrutihemint ou -û- rem 1 . ,5. /«., absur (Verv. rem*., lob.), adi. } 
abrutissement. absurde. 

1. abruvè (Givet), -er (Tour- 
coing), 7». tr., voy. abuvrer. ABT 

2. abruvè (Givet ),-o (Tourcoing) 

s. m., voy. abuvreû. s'abtini for., s'abstenir [s'abtuni 

Verv.]. 
ABS abtinince f s./., voy. abstinince. 



absance ou -ince, s. /., absence 
[-ance Tourcoing]. 

absant ou -int, adj., absent. 

absince (Tourcoing), voy. absinte. 

absinte, s. /., 1. (Hég.) absinthe 
[abséte verv. : absince Tour- 
coing] ; 2. (nam. pirs.) tanaisie. 

i. absinte for., adj., éventé : de 
vin qu'èst-absinté. 

2 . absinte, s. m. t ver. e de genièvre 
légèrement absinthe |absété 
verv.]. 

s'absinter hub., s'absenter. 

âbson [où ?], s. m., champignon 
[aubusson Givet : aubwisson Vo- 
nêche; aubson (nam. pirs.) 
* tous les champignons qui ne 
sont pas comestibles » ?]. 

absolou, adj., absolu; d'humeur 
autoritaire, indépendante. 

absolucion ct-cXion, s./., absolu- 
tion. 

absolumint, adv.. absolument. 

absoûde, v. tr., absoudre. 

abstinâcion 28, 302, 5. /., abs- 
tinence. 

abstinince ou abtinince, s./., id. 



ABU 

abuc(nam. f.d.) « à but, bout à 
bout, à propos * [lire a bue ?]. 

s'abudèy ou -kèy (Ghiny, Prou- 
vy), se caler, se buter. 

abume (nam., car.), voy. abîme. 

abumè (Givet), -er ( nam., car., 
Gosselies, Viesville), voy. abî- 
mer. 

abur (Givet), s. m. ?, tout ce que 
comprend un ménage rural ; 
bétail, récoltes, etc. : noste 
abu r ni va ni n bin (vieille chanson , 
d'après j. w a si .et : mot douteux 
connu seulement par cet exemple) ; 
voy. àbièrt. 

abûre (Vinalmont), voy. abeûre. 

aburtakè, -kemint (Vonêche), 
voy. abèrtaki,- kèleries. 

aburtale (Hesbaye : Nam.), -aie 
et -èle (Givet), s./, ordint plur., 
bretelle; voy. burtèle. 

aburtuler (Coo), v. tr. } accoutrer 
[èb^rl^ler Faymonville] . 

abus, s. m., abus. 

abuser, v. tr., abuser, tromper. 



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- 63 - 



abùseû (Tournai), s. m., séduc- 
teur: abùseûd' fiyes (Biec- de-fier. 

abusif for., adj., abusif. 

abûsivemint for., adv., abusi- 
vement . 

S'abuskèy (gaum.), s'embusquer. 

abuveû, voy. abuvreù. 

abuvrèdje for., s. m., action 
d'abreuver le bétail ; abreuvoir 
[abovrèdje rem. et body Agr. ; 
dans le sens unique de abreuvoir ?] . 

1. abuvrer (for. ; Nalinnes ; 
Mons delm.), v. tr., abreuver (le 
bétail) [abeûvrer liég., Faymon- 
ville; abovrer hib., rem., Dison, 
Ovîfa; abèvrcr Malm.: abouvrèv 
gaum ai s ; abruvè Givet , -er 
Tourcoing]. 

a. abuvrer ou -euvrer (Laro 
che), v. tr., épouvanter, mettre 
dans la panique. 

abuvreù ou -veû, s. m., abreu- 
voir [abevreû Marche : abeû- 
vwèr X. de Charl., Jodoigne ; 
abouvreû dasn., gaum., -vwar 
Chiny ; abuvrc Wellin, -vreûy 
Poteaux, -vwar Florenne, -vwa 
ou -vrwa Mons, -vrô Tournai ; 
abrèveû Aywaille, -vu Condroz : 
abreuver Andenne, -vwèr Bau- 
lers, -wè Charleroi, -vwa La 
Croyère ; abruvè Givet] ; voy. 
abeûre et abuvrî. 

abuvrl (Jupille), s. m., abreuvoir 
[-îr Coo; abeûvrîr Stav., Fay- 



monville ; abovrî Hervé ; abc- 
vrî Bellaire] ; voy. abeûvrîr et 
abuvreù. 

abwagni (Crehen), nhlog. pour 
ac'bwagnî (ibid.), v. tr., lorgner 
vers, guigner, revendiquer. 

abwardè, -er, voy. abwèrder. 

abwàre (Namur, Tournai), voy. 
abeûre. 

abwargni (Xam. pirs.), v. tr. } 
èborgner, rendre borgne ; voy. 
abwèrgnâde. 

abwassener, voy. abwèssener. 

abwè, s. ;//., dans Fexpr. èsse as 
abwés for. = être aux abois; 
voy. abai et abayc. 

abwérd for., 5. ///., abord, accès : 
è sse d' i n - âhcy a b \vé rd ; vo y . 
abord. 

abwèrdàbe et -àve for., ad/., 
abordable [aborda ve hub.] 

abwèrdèdje, s. ;//., abordage. 

abwèrder, v. tr., aborder [abor- 
der hl'b. ; aborder Xamur; abor- 
dèy Chiny ; abourdèy gaum. : 
abwarder Malm. : abwardè Gi- 
vet] . 

abwère (Charleroi), voy. abeûre. 

abwèrgnâde 27, 273, s./., plai- 
santerie, raillerie ; voy. abwargnî. 

abwèrnèdje for., s. m., bornage. 

abwèrnèmint for., s. m., bor- 
nage [abôrnimint ou -numint 
ard. body Agr.]. 

abwèmer for., v. tr., aborner, 
placer des bornes à un champ 



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6 4 - 



[abôrner ard. body Agr. ; aboner 

nam. d! après gg., Mons sig.] ; 

voy. abôner. 
abwèssenèdje, s. m., action de 

combuger. 
abwèssener, v. tr., i. combuger 

(un tonneau neuf), mouiller 



(une pipe neuve), échauder 
(un vase) ; 2. assaisonner, ren- 
dre une boisson agréable à 
prendre : in-abeûre bin ab- 
wèssené ; 3. (abwassener Malm. 
viix.) « abreuver, mettre sur le 
ton de boire ». 



Le n 3, qui paraîtra au mois d'août, contiendra la 
liste des mots commençant par AC-. Nous prions nos 
correspondants de récolter dès à présent ces mots dans 
leur région et de nous adresser leurs trouvailles 
avant le 1 er juillet. 



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LISTE 
DES CORRESPONDANTS COLLABORATEURS 

DU 

DICTIONNAIRE 



Nous avons inséré, dans le 18 e Annuaire (1905), une première 
liste des correspondants qui ont bien voulu, depuis la publication 
du Projet j s'offrir à nous aider de leurs renseignements pour que 
le Dictionnaire soit une image complète de tous nos dialectes. 

Notre propagande a porté ses fruits : en un an, le chiffre des 
adhésions recueillies s'est élevé de soixante-dix-sept à cent qua- 
rante-quatre. 

Nous remercions nos aimables correspondants de leur obli- 
geance, que ce Bulletin vient enfin mettre à contribution, et 
nous les prions de vouloir bien nous recruter de nouveaux 
adhérents dans les régions de la Wallonie qui, jusqu'ici, sont 
restées sans représentants. 

Province de Brabant (*) 

Arrondissement de Nivelles 

Balau, Sylvain, [de Cortil\ curé, à Pepinster. 
Barbiaux, secrétaire communal, à Genval. 
Baudky, J., instituteur, à Beauvechain. 

(') Dans cette liste, nous rangeons par ordre alphabétique les pro- 
vinces, les arrondissements judiciaires et les noms des correspondants. 
— Le nom de la localité (ou des localités) que le correspondant repré- 
sente est imprimé en italique. — L'astérisque indique que le correspon- 
dant est en même temps membre de la Société. Rappelons à ce propos 
qu'il est toujours possible aux autres correspondants de devenir socié- 
taires et de recevoir ainsi touUs nos publications (voir p. 5). 

5 



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— 66 — 

* Courtois, L.-J., [de Pcrwez], curé à Saint-Gery (Gentinnes). 

* Coiïrtoy, J., [de Jauche], préfet de l'Athénée communal de 

St-Gilles-Bruxelles . 

* Dkltouk. Paul, [de Marilles], professeur à l'Athénée de Liège. 
Despret, Emmanuel, secrétaire communal, à Monslreux-lez- 

Nivclles. 
Dewert, J., [de Gcnappe], professeur à l'Athénée ôHAth. 

* Hanon de Louvet, Alph., échevin, à Nivelles. 

* Heynen, Eugène, auteur wallon, à Wavrc. 

* Moreau, Louis, [de fodoigne], professeur à Soignies. 
Mon'ARï, [d'Orp-le-Graud], curé à St-Jean-Gheesf. 
Noël-Debra, Fernand, bourgmestre, à Thorembais-St-Trotid. 

* Parmentier, Edouard, avocat, iq, rue de Soignies, Nivelles. 
Pommier, Yvon, [ Ville rs-la- Ville, Mariais], avenue de 

Waterloo, 40, Charleroi. 
Simonart, instituteur, à La Bruyère-Beauvechain. 
Van Cutsem, J., rue de Nivelles, 71 Wavre. 

* Van de Rydt, Marc, [de Nivelles'], professeur à l'Athénée de 

Liège. 

* Willame, G., [de Nivelles], rue Le Corrège, 18, Schaerbeek. 

Province de Hainaut 

Arrondissement de Charleroi 

Bruyère, Adolphe, professeur à l'Ecole moyenne, à Beaumont. 

* Carlier, Arille, rue Traversière, Monceau-sur-Sambre. 
Delattre, Louis, [de Fontaifie-l' Évêque], 14, avenue de la 

Reine, Bruxelles. 
Dony, Emile, [Bourlers-Chimay], professeur à l'Athénée, boule- 
vard Dolez, 187, Mons. 

* GriCxNArd, Adelin, S. J., 56, rue de Montigny, Charleroi. 
Kaisin, président de la Société archéologique de Charleroi, à 

Farciennes. 
Labenne, Henri, {Thtiin\ rue Chavanne, 16, Charleroi. 
Manfroy, Pierre, receveur communal, à Seneffe. 



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— 67 — 

* Pecqueur. Oscar, [de Viesrille]. professeur à l'Athénée de 

Liège. 

* Raixchon, Aug.. 8. rue de la Gendarmerie, Charte roi. 
Tordeur, Emile, architecte, à Gossefies. 

* Triffet. A., docteur en médecine, à Monceau-sur- Sa wbre. 
Wakgnies. Louis, instituteur, à Manage. 

* Wyns. Jean, rue de la Madeleine, <:q. fumet. 

Arrondissement de Mans 

Caxtixieaux, E.. directeur du «Journal des Instituteurs ♦, à 
Sars-Ia-Bruvcre (Aulnots-Quévy). 

* Carez, Maurice, [de Mons], docteur en médecine, boulevard 

du Nord, bo, Bruxelles. 
Pater xostre. Paul, ingénieur, à Soient es. 

* Petit, Léon, ingénieur, à Soignies. 

* Talaupe, Gaston, rue des Arbalestriers. 20, Mons. 

Arrondissement de Tournai 

* Delcourt. Henri, [d\-J///], capitaine-commandant retraité, 

avenue Brugmann. 725, Uccle. 
de Tourna y, docteur en médecine, à Gaurain-Iez-Toumai. 
Du vivier, D., [dVJM], rue Thiébaut. Monceau-sur-Sambre. 

* Ouverleaux, Emile, [d'Atfi], rue Cortambert, 13, Paris. 
Vanhangenhove, [de Flobecq\ juge de paix, à Mouscron. 
Wattiez, Adolphe, rue de Courtrai, 25, Tournai. 

Province de Liège 

Arrondissement de Huy 

Brisbois, D., instituteur, à Bnrdinne. 
Debatty, Joseph, huissier, à Héron. 
Dion, receveur communal, à Solières (Ben-Ahin). 
Dubois, René, secrétaire communal, à Huy. 

* Durbuy, Joseph, à Vaux-Borset, 



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- 68 — 

Gorrissen, W., [de Huy\ publiciste, rue Vieille- Voie, 30, 

Kinkempois. 
Grégoire, Antoine, professeur à l'Athénée, à Huy. 

* Grignet, Joseph, appariteur à l'Université, à Marchin. 
Hallet, Edmond, instituteur, à Crehen (Hannut). 

* Molitor, Lucien, [de Crehen], professeur à l'Athénée de Liège. 
Mortehan, Emile, instituteur, à Ferrie res. 

Potier, Joseph, surveillant aux chemins de fer de l'Etat, à 
Strée-lez-Huy. 

* Schoknmaekers, Joseph, curé à Neuville-sons- Huy. 

Tart, Jacques, \$Amay\ place de l'Hôtel-de-Ville, Verviers. 

* Xhignksse, Arthur, 27, chaussée de Liège, Huy. 

Arrondissement de Liège et L imbourg wallon 

[Il convient de réserver une place d'honneur aux membres 
titulaires de la Société liégeoise de littérature wallonne, dont l'un, 
M. Julien Délai te, a contribué à la composition du Projet publié 
en 1904, et dont les autres, pour la plupart, nous ont prêté 
une aide efficace en revoyant les épreuves du même Projet. 
Nous croyons cependant superflu de reproduire ici la liste de 
tous nos collègues : on la trouvera dans l'Annuaire. Qu'il nous 
suffise de remercier encore une fois ceux dont la collaboration 
fut particulièrement active, en ce qui concerne le dialecte 
liégeois : MM. O. Colson, I. Dory, N. Lequarré, H. Simon, 
A. Tilkin]. 

Bouillenne, Eugène, directeur honoraire d'écoles, à Visé. 
Colson, Arthur, 60, rue Petite-Fohale, Herstal. 

* Colson, Lucien, 78, rue Petite-Fohale, Herstal. 
Crahay, Adrien, à Trooz. 

t>e Froidmont, instituteur, à Eben-Rmael (Limbourg). 

* Degive, Adolphe, à Ivoz-Ramet (Val-St- Lambert). 

* De Koninck, L., professeur à l'LTniversité, quai de l'Université, 

2, Liège, 



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— 6g — 

Dupont, P., à Bois-1'Evèque (Soumagne). 
Fréson, Mathieu, instituteur, à Glons. 

* Jacquemotte, Edmond, pharmacien, à pupille. 

* Lejeune, Jean, rue de Liège, 66 a , pupille. 

* Leprince, Edmond, pharmacien, rue de la Station, Chinée. 

* Lequarré, Nicolas, [Hervé et ReHnne\ professeur émérite de 

Y Université de Liège. 
Libon, Nestor, rue Jamar, Ans. 
Lombard, Arnold, pharmacien, à Grâce- Bt rieur. 
Maréchal, instituteur, à Mèry-Tilff. 

* Masson, Antoine, [de Trooz], professeur à l'Athénée de Liège. 

* Monseur, Edouard, à Beaufays. 

Olyff, Frans, [de Roclenge (Limbourg)], rue Haute, Hasselt. 
Pholien, Florent, 26, rue Vinàve-d'Ile, Liège. 

* Remouchamps, Joseph, avocat, 42, rue du Palais, Liège. 

* Simon, Henri, \Lincé-Sprimont\ artiste-peintre, 17, rue 

St-Jean, Liège. 

Arrondissement de Verviers et Wallonie prussienne 

* Bastin, Joseph, [de F aymonville- Weismes'], professeur à l'Ins- 

titut St-Remacle, à Stavelot ( l ). 
Beco, J.J. ; bourgmestre, à Stoumont (La Gleize). 
Bodeux, H., instituteur, à Troisponts. 

* Body, Albin, archiviste, à Spa. 

* Borckmans, Gérard, auteur wallon, place des Écoles, Spa. 

* Chauveheid, Gilbert, typographe, à Stavelot. 
Colin, ]., curé, à Jevignë-Lierneux . 
Corpin, Joseph, à Nessonvaux. 

( x ) M. l'abbé Bastin rend de précieux services au Dictionnaire en 
faisant une propagande zélée dans son pays d'origine, la Wallonie prus- 
sienne, aussi bien qu'en Belgique, notamment dans le canton de 
Stavelot. Nous sommes heureux de le remercier ici publiquement de 
son ardente sympathie pour l'œuvre de la Société. 



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— 7o - 

* Counson, Albert, [de Francorchamps'], docteur en philologie 

romane, lecteur à l'Université de Halle-sur-Saale 
(Allemagne). 

* Defrbsnb, Jules, instituteur, à Coo-Troisponts. 

* Dethier, Alphonse, [de Robertville\ curé, à Troisponts. 

* Dobbelstein, G. [de La Minerie], curé de St-Denis, 2, rue 

Donceel, Liège. 
Dohogne, Jean, instituteur, à Ster- Francorchamps. 

* Esser, Quirin, Schuirath, r. Neuve, Malmedy (Prusse rhénane). 
Feller, Camille, 28, rue de Dison, Verviers. 

Gouders, Jean, secrétaire communal, à Sart-lez-Spa. 

* Grojean, Oscar, [de Verviers], attaché à la Bibliothèque royale, 

265, avenue Brugmann, Uccle. 

* Heuse, Théo, architecte, à Nessonvaux. 

* Lamberty, Joseph, directeur de l'« Annonce », à Stavelot. 

* Leruth, Jules, rue de la Station, Hervé. 
Levarlet, instituteur, à Lodomez-Stavelot. 
Mairlot, Etienne, à Nessonvaux. 

Mathieu, Louis, secrétaire communal, à Bodeux. 
Michel, Antoine, receveur communal, à Wantie. 
Paquay, Léopold, [de Chevron], instituteur, à Villettes-Bra. 

* Pietkin, Nicolas, curé, à Sourbrodt (Prusse rhénane). 

* Piron, Henri, instituteur, à Masta-Stavelot. 

* Raxhon, Henri, rentier, avenue Nicolaï, Heusy- Verviers 
Schuind, Jean, [de Stavelot], 3g, r. de Fexhe, Liège. 

Province de Luxembourg 

Arrondissement d*Arlon 

Maury, A., [de Chiny], instituteur, 59. r. de Liège, Verviers. 

* Outer, Nestor, artiste peintre, à Virton. 

* Roger, Lucien, instituteur, à Prouvy-Jamoigne. 
Rosman, [de Ruwette-Iez- Virton], place de Meuse, Jupille. 



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- 7i — 

Arrondissement de Marche 

Biermez, Jules, avocat, à Houff alizé. 
Grandjean, Auguste, à Buret 
Henroz, bourgmestre, à Durbuy. 

* Hens, Joseph, à Vielsalm. 

Lomry, docteur en médecine, à Bovigny. 

* Renkin, Henri, banquier, à Marche, 
Rinck, instituteur, à Neuville- Vielsalm. 

Servais, A., [de Cherain], instituteur, à Salmchâteau. 

* Verdin, Olivier, [de Marche'], 42, r. de Neufchàteau, Arlon. 
M mc Warlant, [de Houffalize\ institutrice retraitée, r. Billy, 

4, Grivegnée. 

Arrondissement de Neufchàteau 

Castagne, Gustave, à Neufchàteau. 

* Dbchesne, P., juge au tribunal de i re instance, à Neufchàteau. 

* Goffinet, G., [de Neufchàteau], 85, r. Fond-Pirette, Liège. 
Gribomont, A., avocat, à Bastogne. 

Waty-Capelle, [deMalmedy], docteur en médecine, à Bertrix. 

ProTince de Namur 

Arrondissement de Dinant 

* Gilbart, Olympe, [Gedinne-Bièvre], docteur en philologie 

romane, r. Fond-Pirette, 77, Liège. 

* Parmentier, Léon, [de Noiseux~\, professeur à l'Université de 

Liège. 

* Preud'homme, Léon, [de Dailly-Couvin], professeur à l'Athénée 

et à l'Université, r. Nassau, 4, Gand. 

* Robert, Albert, [de Bouvignes], chimiste, Palais du Midi. 
Tournay, H., [de Dinant], 169, rue Champ-des-Manœuvres, 

Bressoux. 

* Vandereuse, J., à Berzée. 

Waslet, J., [de Givet (France)], professeur au lycée de Laon 
(France). 



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Arrondissement de Xamur 

Bragard. L v [<£Andenne], docteur en philologie romane, sur- 
veillant à l'Athénée de Mons. 
Collin, Camille, Sauvenière. Gembloux, 
Dussart, A., Grand'rue, Gembîoux. 
Loiseau, Louis, [de Xamur], 51, r. d'Angleterre, Bruxelles. 

# Maréchal, Alph., professeur à T Athénée de Xamur. 

* Massart-Attout, Jean, [de Meux], à Jodoigne. 
Sacré, E., [de Xamur], avocat. 76, r. Bardiau, Bruxelles. 

• Vikrset, Auguste, [de Xamur], 32. r. Josaphat, Bruxelles. 



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COMMUNICATIONS REÇUES. 

Le Bulletin accusera périodiquement réception des communi- 
cations de quelque importance que voudront bien nous faire nos 
correspondants ou des personnes qui, sans prétendre à ce titre, 
auraient l'obligeance d'augmenter la somme de nos matériaux. 

On est prié de nous signaler les omissions et les erreurs qu'on 
relèverait dans la liste suivante. 

Nous donnons seulement l'adresse et la fonction des personnes 
qui n'ont pas été citées précédemment. 

Bastin, Jos. (abbé). Copie du Dictionnaire malmédien manuscrit 
de Villers, 1793 (lettres A et B), augmentée de notes 
personnelles et de mots nouveaux tirés du Dictionnaire 
malmédien manuscrit de Hubert Scius, 18Q3. 

— Vocabulaire de Faymonville-Weismes (lettre A). 

— Etude sur les mots du pays de Weismes (Wallonie 
prussienne), qui ne figurent dans aucun dictionnaire. 

Bodeux. Notes sur le dialecte de Troisponts, de Stoumont et 

de Stavelot. 
Body, Albin. Don du Dictionnaire verviétois manuscrit de 

J. F. Dethier (vers 1826). 

— Notes sur le dialecte ardennais. 

Bouillenne, Eugène. Notes sur les dialectes ardennais et 

visétois. 
Bruyère, Adolphe. Notes sur le dialecte de Beaumont. 
Caklier, Arille. Vocabulaire des Carrières d'Ecaussines, 

— Vocabulaire (partiel) de la région de Charleroi, 
Chauveheid, G. Notes sur le dialecte de Stavelot. 
Colson, Oscar. Notes diverses. 



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- 74 ~ 

Colsox, Lucien. Notes diverses sur Vottem, Herstal et la vallée 

du Geer. 
Dechesxe, Prosper. Notes diverses sur Solwaster et sur Neuf- 

chàteau . 
Defrksne, Jules. Vocabulaire de Coo-Stavelot. 
Delcourt, Henri. Vocabulaire athois : 211 articles intitulés 

Prwerpes-Rimrammes parus dans Y Echo de la Dendre 

(1899). 

— Communication de ses nombreuses pièces de théâtre et 
poésies manuscrites, en dialecte d'Ath ; explication de 
divers mots. 

Dkom, Aug. , capitaine de batellerie, rue Jean-d'Outremeuse, 63, 
Liège. Vocabulaire manuscrit du batelier. 

Dony, Emile. Vocabulaires du brasseur, du tonnelier, du faul- 
deur et du sabotier à Bourlers, et notes diverses sur le 
dialecte de Bourlers-Chimay. 

KssKR ; Quirin. Notes nombreuses sur le dialecte de la Wallonie 
prussienne. 

Gilbakt, Olympe. Notes sur le dialecte du canton de Gedinne. 

Gkibomont, A. Notes sur le dialecte de Bastogne. 

Grignard, A. Notes sur les dialectes de l'Ouest- wallon. 

Hkxs, Joseph. Vocabulaire du dialecte de Vielsalm. 

Heyxkn, Eugène. Recueil des spots usités à Wavre et notes 
diverses sur le dialecte wavrien. 

Lambert y, Joseph. Notes sur le dialecte de Stavelot. 

Lejeuxe, Jean. Notes nombreuses sur le dialecte de Jupille. 

Massart-Attout, Jean. Notes sur le vocabulaire des agricul- 
teurs à Meux. 

Masson, Antoine. Notes sur le dialecte de Hony et de la vallée 
de la Vesdre. 

Maury, A. Vocabulaire de Chiny. 

Paquay, L. Notes sur le dialecte de Villettes-Bra. 

Pecqueur, Oscar. Vocabulaire de Viesville, lettres A-E. 

— Vocabulaire des sabotiers à Lavacherie. 



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— 75 — 

Piron, Henri. Notes sur le dialecte deGenappe et des environs. 

— La fenaison à Stavelot. 
Potier. Joseph. Notes sur le vocabulaire des carriers à Strée. 
Quirixy, Jean, professeur à l'Ecole moyenne de Stavelot. 

Communication du Dictionnaire stavelotain manuscrit 

de Louis Dktrixhe. 
Remouchamps, Joseph, avocat. Vocabulaire manuscrit du 

meunier (lettres A, B, C), par feu Jos. Remouchamps, 

meunier. 
Roger, Lucien. Vocabulaire de Vonêche et de Prouvy, avec un 

recueil de spots. 
Schoenmaekers, Jos. (abbé). Notes nombreuses sur le dialecte 

de Huy, du Condroz, de la Hesbaye (S^Georges, Fexhe- 

Slins, etc.) et de l'Ardenne (Villettes-Bra). 

— Vocabulaire des fours à zinc de Corphalie. 

— — des vignerons du pays de Huy. 

— — des charrons et menuisiers de Huy. 

— — des bûcherons du Condroz. 

— - des cristalleries du Val-S* Lambert. 

— — des papeteries de Huy. 

— — du chantier naval d'Ombret. 

— — du faucheur (Condroz et Hesbaye). 

— — des fabriques de creusets, des fours à chaux 
et de la fabrique d'alun d'Ampsin. 

Schuind, Jean. Vocabulaire de Stavelot. 

Dictionnaire de rimes en dialecte stavelotain. 
Servais ; A. Vocabulaire de Cherain. 
Simon, Henri. Notes sur le dialecte de Lincé-Sprimont. 

— Vocabulaire du tendeur. 

Ta la upk, Gaston. Dictionnaire montois de Philibert Delmotte, 
1812 (lettres A et B), publié par le Ropieur depuis 1905. 

Toussaint (abbé), au Séminaire de Liège. Copie du Diction- 
naire disonais de M. Demonty (vers 1830), enrichie 
d'expressions d'O vi fa-Sou rbrodt (Wallonie prussienne). 



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- 76 - 

Vandrkeuse, Jules. Notes sur le dialecte de Charleroi. 
Vekdin, Olivier. Vocabulaire de Marche-en-Famenne. 
Wakgniks, Louis. Notes sur le dialecte de Manage et de Seneffe. 
Waslet, Jules. Vocabulaire du dialecte de Givet (France), 

accompagné de textes et d'une étude sur la phonétique 

et la grammaire de ce dialecte. 
— Dictionnaire étymologique du dialecte gi vétois (lettre A) . 
Wyns, Jean. Notes nombreuses sur le dialecte de Gosselies et 

de Charleroi. 



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A nos Collaborateurs 



I. — Le Vocabulaire A-AB- et le premier Supplément 

Nous avons distribué à nos correspondants près de deux cents 
exemplaires spéciaux du Vocabulaire-Questionnaire A-AB- : 
cent vingt-trois nous sont revenus annotés, et la plupart d'entre 
eux contenaient une réelle et intéressante contribution lexico- 
logique ('). 

Il nous a fallu plus de six mois pour dépouiller ces cahiers, 
pour classer les renseignements qu'ils nous apportaient en touffes 
parfois bien compactes, pour solliciter par correspondance ou par 
enquête personnelle de nouveaux éclaircissements sur des points 
obscurs. Tâche souvent ingrate, que nous avons pourtant accom- 
plie avec joie, car pour la première fois nous prenions contact 
avec l'ensemble de nos correspondants, et ces pages, qui nous 
arrivaient des points les plus divers de la terre wallonne, nous 
disaient combien ils étaient heureux de contribuer à notre entre- 
prise et d'en préparer les matériaux. Nous devons à nos collabo- 
rateurs dévoués le meilleur des encouragements que nous ayons 
reçus jusqu'à présent et, de tout cœur, nous les en remercions. 

Notre joie se doublait du plaisir de la découverte : nous étions 
souvent agréablement surpris de voir s'accumuler devant nous 
des richesses nouvelles. Pour composer notre première liste 
A-AB-, nous avions puisé à toutes les sources orales ou écrites 
que nous avions pu atteindre, minutieux travail d'information et 

(') Nous donnons ci-après la liste des correspondants qui ont bien 
voulu prendre part à celte enquête. 



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- 7 « - 

de dépouillement dont le résultat fut d'établir une série alpha- 
bétique de trois cents ternies. Certes, malgré notre expérience 
et nos longues pérégrinations à travers le sol wallon, nous nous 
attendions bien à recevoir, pour les mots enregistrés, des 
variantes multiples et des significations inédites; mais nul n'aurait 
pensé que notre première enquête nous ferait découvrir plus de 
cent nouveaux termes commençant par AB- et, pour les termes 
déjà recueillis, un contingent respectable d'acceptions nouvelles. 

Si un tel surcroît de richesses nous a charmés plus qu'il n'est 
possible de l'exprimer, d'autre part il n'a pas laissé de nous causer 
quelque embarras et de troubler nos projets primitifs. 

En publiant un Vocabulaire général de la Langue wallonne \ 
nous voulions qu'il fût avant tout un Questionnaire et qu'il servit 
à compléter nos dossiers pour le Dictionnaire général; mais nous 
espérions aussi constituer, en combinant les résultats produits 
par notre enquête avec nos données premières, un Dictionnaire 
diamant, plus maniable pour l'usage courant que l'œuvre étendue 
que nous préparons. A cet effet, l'imprimeur avait conservé sur 
pied la composition du premier essai. Mais le travail de dépouil- 
lement des nombreux cahiers d'enquête, à cause en partie de 
l'inexpérience certes bien excusable de certains correspondants, 
exige beaucoup plus de temps que nous n'avions prévu ; les 
caractères d'imprimerie devraient rester immobilisés pendant des 
mois. D'autre part, comment glL-ser les résultats nouveaux dans 
les interstices de la composition première sans en bousculer la 
rédaction, sans la faire craquer de partout ? Nous avons reculé 
devant un pareil tour de force et devant une dépense que notre 
modique budget actuel ne nous permet pas d'assumer. Le 
Vocabulaire ne sera donc plus à nos yeux qu'un procédé d'en- 
quête, un Questionnaire. Nous le continuerons régulièrement, 
car — nous le répétons non sans fierté légitime — notre essai 
a réussi au-delà des prévisions les plus optimistes et nous a 
convaincus que cette méthode originale, qui consiste à faire 
passer sous les yeux de nos divers correspondants tous les mots 
& 



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- 79 - 

à nous connus de la langue, est la plus efficace, la plus sûre et la 
plus apte à rectifier et compléter notre trésor lexicologique ('). 

Renonçant donc à une refonte que nous estimons impraticable 
à présent, nous avons décida de publier un premier Supplément 
AB-. Le public n'y perdra rien : s'il n'a point, dûs aujourd'hui, 
la disposition alphabétique idéale, il en aura plus de matière; 
car, si nous nous abstenons de reproduire les parties déjà publiées, 
ce sera au profit de maintes contributions originales et variées, 
que ce surcroît de place nous permettra d'insérer. 

On trouvera dans ce Supplément : 

i° des mots « nouveaux », c'est-à-dire que personne jusqu'ici 
n'avait recueillis ou du moins publiés (-'). Outre quelques emprunts 
sans grande valeur, tels que abat-son, abat-vwès, absoute, abwtï- 
mîntj nous y relevons des dérivés, comme abatveter, abawcû, 
abofyemint, abouhâde, -ance, -èfyc, aboulemint } abousselouke , 
abuscâde, etc. ; — des composés d'un verbe simple et du préfixe 
a- (.- latin ad, français a-), comme abcnvèter, ablaweter, abôkî, 
aboû/er, aboûsser, aboutchi, abraker, abrideler, abronker, etc., ou 
du préfixe a- ( -- latin ///, franc, en-), comme abaùichè, ab/amè, etc. 
Mettons à part quelques mots vraiment précieux et dont l'oubli 
eut été un réel dommage : ablèstèfyi, ablayt, abrâdeîer, abcrtake, 
etc., qui sont presque tous des composés dont le simple, à notre 
connaissance, est inusité. 

(•) 11 va sans dire - - et le contenu de ce Bulletin en est la preuve 
que nous n'avons renoncé à aucun de nos autres moyens d'information 
partielle. 

(-) Une exception : abilacion, que nous avions oublié dans sigart. — 
Disons, à ce propos, que nous aurions voulu citer, à chaque mot nouveau , 
le nom du correspondant qui nous l'a signalé : pour épargner la place, 
nous ne l'avons fait que dans des cas exceptionnels. Nous remercions ici 
spécialement MM. Jos. Closset (Liège), Ar. Carlier (Monceau-sur- 
Sambre), Marc Van de Rydt (Nivelles), l'abbé Jos. Bastin (Faymon- 
ville), l'abbé A. Dethier (Robertville), qui nous ont apporté bon nombre 
de termes inédits. -- La liste publiée ci-après permettra d'ailleurs de 
retrouver, au moyen du nom de la localité, le nom du correspondant qui 
la représente. 



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— 8o — 

2° des mots — marqués d'un astérique dans le Supplément — 
qui figurent déjà dans le Vocabulaire et sur lesquels nous avons 
reçu des informations détaillées. C'est là surtout, à notre avis, 
que réside l'intérêt de ce complément ; c'est là qu'on trouvera 
les additions les plus étendues et les plus notables et qu'on 
pourra le mieux juger du succès de notre enquête. On nous 
croira sans peine si nous disons que nous aurions pu tripler 
Tétendue de ce Supplément et donner du neuf à propos de chaque 
article de la première liste. 

Nous avons fait un triage dans ce monceau de documents : nous 
avons retenu des renseignements d'importance secondaire, qui 
trouveront leur place dans le Dictionnaire général \ des modifica- 
tions de finales comme -afye, -âfye -èfye, abâbyé (Wanne) 

abâbyi, abachûre (Givet), abaheurc (Vielsalm) abahore } etc.; 
des séries de variantes (*) qui pouvaient avoir un intérêt de 
curiosité, mais qui n'étaient pas de nature à nous amener de 
nouvelles indications. Car telle a été notre préoccupation 
constante : provoquer, sur des points mal établis ou dignes de 
fixer leur attention, les investigations de nos correspondants, 
dont nous condenserons les réponses dans un second Supplément 
AB- et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien — ou le 
moins possible — à drainer. 

On nous permettra d'insister sur le grand nombre d'acceptions 
et de formes ignorées qui sont venues allonger nos listes provi- 
soires, enrichissant le trésor de la langue wallonne et nous 
permettant des rectifications ou des hypothèses nouvelles, nous 
apportant, pour nos études grammaticales et nos recherches 
étymologiques, des comparaisons toujours intéressantes et par- 
fois suggestives. 

(*) Par exemple nous avons reçu une vingtaine de formes différentes 
pour abiàwi, éblouir, et s'abstint, s'abstenir, etc. Mentionnons aussi 
les renseignements qu'on pourrait appeler «négatifs*, qui nous 
apprennent qu'un mot est inconnu en tel endroit et nous permettent 
ainsi d'en délimiter l'aire d'existence. 



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- 8i - 

Si l'on veut se faire une idée des progrès accomplis dans ce 
sens, il suffit de confronter certains articles du Vocabulaire avec 
ce qu'ils sont devenus dans ce Supplément. Voyez, par exemple, 
l'article abwessener, le seul que nous ayons remanié de fond en 
comble ; voyez, pour la multiplicité des formes, abèrlôzer et sur- 
tout abcrtaki } qui est en même temps un type curieux pour la 
diversité des sens. Que possédait-on sur abèrè y abissé, $'abouht t 
s*abrouhener ? s'abudèyï Un signalement très vague, une définition 
laconique donnée par un seul dictionnaire ou un seul correspon- 
dant. Abonclèfye, -er de la première liste a produit quatre articles 
originaux (abâkelèâ/e, -er, abôkener, abôki) et des renseignements 
qui nous permettront d'étudier prochainement le simple bôki et 
ses multiples dérivés. Sur tous ces points et sur bien d'autres, la 
comparaison édifiera pleinement le lecteur et sera même pour lui 
une révélation. 

Quant à la forme des articles, cette première enquête 
— experienlia docet — a eu également pour résultat de nous 
suggérer certaines modifications au plan primitif du Vocabulaire. 
Nous en devons compte aux nombreux collaborateurs qui 
veulent bien nous seconder. 

D'abord nous avons eu la preuve que nous avions beaucoup 
trop concentré la matière. Les abréviations, la réduction des 
variantes dialectales à la seule syllabe ou voyelle différentielle 
(-/ pour abawij -vi pour abayi, etc.) rendaient la lecture des 
articles difficiles aux honnêtes gens qui ne couchent point avec 
des dictionnaires ; elles les ont empêchés parfois de distinguer 
dans nos articles tout ce qu'ils contenaient. Nous avons donc 
résolu d'espacer davantage la matière et d'y répandre pour ainsi 
dire plus d'air et de jour, de grossir certains caractères, de suppri- 
mer les colonnes, de ménager des interlignes, de restreindre le 
système des renvois d'un article à l'autre, du moins en ce qui 
concerne la traduction, bref de tout disposer pour que le lecteur 
nous déchiffre sans fatigue et sans erreur. 

Enfin les exemplaires spéciaux seront doublement interfoliés, 



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- 82 — 

de telle manière que, le correspondant n'écrivant que d'un seul 
côté de la page blanche, nous pourrons aisément découper les 
différentes annotations qu'elle contiendra et les coller sur les fiches 
du format adopté. Ainsi, nous n'aurons plus à les recopier, et le 
dépouillement sera moins long et moins fastidieux. 

II. — Le Vocabulaire AC- 

Quelques mots nous paraissent ici nécessaires pour compléter 
VAvi's de la page 47 : nous devons expliquer la méthode suivie, 
répondre à certaines objections et préciser ce que nou< attendons 
de nos correspondants. 

1. Lorsque nous invoquons l'autorité de lexicographes comme 
Grandgagnage, Forir, Remacle, Lobet, Dasnoy, Hubert, etc., il 
va sans dire que nous ne nous astreignons pas à reproduire leurs 
graphies aussi imparfaites que disparates. Ce que nous leur 
endossons uniquement, ce sont des prononciations, lorsque, bien 
entendu, elles nous sont connues en toute certitude. Dans le 
doute, nous représentons la graphie au lecteur, en le priant, s'il le 
peut, de nous éclairer. 

2. Le nom d'un auteur à la suite d'un mot n'est valable que 
pour témoigner de V existence de ce mot, indépendamment de ses 
acceptions diverses. 

On sait combien les articles des lexicographes wallons sont 
fragmentaires: si le nom de l'auteur devait en même temps 
couvrir tous les sens réunis par nous à la suite des formes citées, 
l'article serait impossible à faire. Il n'y aurait plus de synthèse. 
Tout se réduirait à mettre bout à bout les citations des diction- 
naires et les notes personnelles. Donc les sens énumérés à la suite 
des formes et des auteurs invoqués sont donnés par nous sous 
notre garantie personnelle, et non mis sous l'autorité des diction- 
naires cités. Certes, la prudence requiert qu'on n'assigne pas à tel 
mot d'une région une extension de sens qu'il n'a jamais eue; mais 
elle n'exige pas qu'on se borne à n'enregistrer que ce que le 
lexicographe local a par hasard recueilli. 



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— 83 -- 

Nous pouvons, ayant sous la main des moyens de comparaison 
et d'information qui leur ont manqué, avoir mieux compris, 
mieux défini que Dasnoy ou Lobet ou Remacle ou d'autres: qu'on 
nous permette d'être autorité à notre tour. C'est seulement en 
cas de doute ou de particularité visible qu'il faut citer l'auteur et 
lui laisser la parole . . . avec la responsabilité. Dans ce cas, nous 
motivons avec concision nos doutes et nous exprimons, en de 
courtes questions, nos desiderata. 

3. Que faire quand une forme dialectale non-liégeoise se pré- 
sente la première dans l'ordre alphabétique ? Il était de règle de 
réserver l'article co nplet pour la forme liégeoise. Cependant, 
comme nous désirons poser nos questions le plus tôt possible et 
être renseignés de même, nous notons à son ordre alphabétique 
toute forme dialectale dont la forme liégeoise devrait être ajournée 
à un autre numéro. Cet article contient alors au minimum : i° la 
forme dialectale en question, avec l'indication du lieu d'origine; 
— 2° la traduction, sans laquelle le mot resterait souvent une 
énigme pour nos lecteurs; — 3 le rappel de la forme liégeoise ou 
de quelque autre mot destiné à établir l'identité du terme en 
question et à suggérer au lecteur, sans phrase, des rapproche- 
ments intéressants : synonymie, comparaison de forme ou de 
sens, etc. 

4. Des puristes nous ont reproché d'avoir reproduit dans 
nos listes certains mots trop évidemment français, comme abusif 
donné par Forir. Nous répondons que le lexicographe ne peut 
pas avoir les mêmes préoccupations que l'écrivain ou même le 
grammairien : il est et ne doit être que le greffier de la langue ; il 
doit la noter exactement et complètement, avec tout ce que 
d'autres, à tort ou à raison, y ont changé ou ajouté. A l'écrivain, 
archaïsant eu néologiste, de faire un choix discret dans le riche 
et complexe trésor que nous lui soumettons ou de l'enrichir 
encore par des formations nouvelles ou des emprunts étrangers. 
Car c'est une question à étudier que celle de savoir s'il faut 
laisser le wallon s'immobiliser, l'y aider même, ou s'il ne faut pas 



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- 8 4 - 

plutôt s'efforcer de le hausser, autant que faire se peut, au niveau 
des conditions actuelles de la vie de l'esprit et lui permettre de 
suivre, au moins de loin, en lui prenant la partie assimilable de 
ses richesses, son noble et glorieux frère le français. 

En second lieu, tel mot en lui-même peut être négligeable ; mais 
plus tard, pour le philologue, il sera intéressant d'étudier dans leur 
ensemble tous ces mots d'emprunt et les procédés suivant lesquels 
ils se. sont wallonisés, de mesurer le degré d'assimilation qu'ils ont 
subie, de rechercher la date et le motif de leur adoption, etc. Tel 
mot, fortement altéré, est d'emprunt tout récent; tel autre, que 
rien dans sa forme ne différencie du français, se trouve déjà dans 
nos textes les plus anciens ; tel autre encore présente une parti- 
cularité grammaticale, syntaxique ou sémantique ; il a changé 
de genre, de voix, de place dans la phrase, il s'est vu attribuer 
des sens inconnus du mot français, etc. Rejetterez-vous assez ? 
mais le wallon dit : i rfèst nin grand assez ! — accaparer ? mais 
ce verbe est pour ainsi dire toujours réfléchi en wallon ! — abus ? 
mais ce mot, à Nivelles par exemple, a le sens de « erreur » (le 
fait de s'abuser) comme parfois au XVII e siècle en français ! — 
abcès ? mais ce mot nous a valu une communication des plus 
intéressantes ! 

Il faut donc sur ce point user d'une prudence plutôt 
excessive, ne point ostraciser à la légère des termes qui, à pre- 
mière vue, paraissent ne rien avoir de wallon et qui sont pourtant 
sur les lèvres de tout le monde. Nous devons bien ici faire taire 
nos préférences personnelles et négliger l'esthétique ou le senti- 
ment. 

5. Il nous reste à adresser, à nos futurs collaborateurs, quelques 
recommandations. Ils trouveront en regard de chaque page un 
feuillet pour y consigner leurs annotations. Ce feuillet, comme 
nous le disons plus haut, est destiné à être découpé et distribué 
article par article en fiches spéciales. C'est pourquoi nous leur 
conseillons d'écrire lisiblement à î encre , d*un seul côté de la page 
blanche, et de séparer nettement leurs réponses aux différents 
articles. 



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- $$ - 

Nous les prions de lire attentivement tout l'article avant de 
formuler leur réponse. Le premier point à noter porte évidem- 
ment sur l'existence du mot dans la région. Ainsi le correspon- 
dant qui nous apprend que a l'abri se dit chez lui a yute n'a 
donné qu'une partie de ce que nous demandons. Sans doute, son 
renseignement nous est précieux et il devait en tout cas nous 
être donné ; mais il fallait d'abord nous dire, par oui ou non 
ou par un signe conventionnel, si a Tabri existe chez lui comme 
expression wallonne avec le sens de «exposé (aux intempéries)». 
Une réponse négative peut nous intéresser autant qu'une indi- 
cation positive. 

A côté de la réponse adéquate, nous acceptons, ou plutôt 
nous sollicitons, tous les renseignements que le mot-type peut 
suggérer au lecteur, comme les composés, les dérivés, diminutifs 
ou augmentatifs ou fréquentatifs (cf. abaweter de abawer, 
abôkeler de abôkt, abofyer et raboufyi, aboufyele), les synonymes 
(cf. abaterèsse et haverèsse), les analogues, les contraires ; mais 
qu'on résiste surtout à la dangereuse tentation de nous fabriquer 
des formes locales par adaptation phonétique de la forme 
liégeoise. Nous ne demandons jamais à nos correspondants 
comment tel mot se dirait chez eux, mais bien si, oui ou non, il 
existe ou si on lui connaît un remplaçant (voir p. 46). 

Nous savons combien il est difficile, même à des savants, d'être 
exacts et concis dans leurs définitions. Aussi, pour parer à cet 
inconvénient, nous ne saurions trop réclamer des exemples. 
Souvent un exemple court, caractéristique et bien authentique 
nous en dira plus que la définition la plus laborieuse. 



Nous sommes heureux de remercier publiquement les corres- 
pondants dont les noms suivent et qui ont bien voulu nous 
renvoyer, enrichi de leurs observations, l'exemplaire spécial du 
Vocabulaire A-AB-. 



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86 



Amay , J. Tart ; — Ancienne, L. Bragard . A. Moreau- 
Therasse; — Anlhcit-lez-Hu\\ A. Charles, R. Névremont; — 
Ath, H. Deîcourt, J. Dewert, Em. Ouverleaux; 

Basse-Bodeux, L. Mathieu; — Beaufays, Ed. Monseur; — 
Berzc'n, J. Vandereuse; — Bonrlers, Em. Dony; — Bonvigncs, 
Alb. Robert; — Bray-lez-Binche, A. Minders; 

Cambron-St- Vincent, D. Duvivier ; — Chapon-Seraing, A. 
Hansoul; — Charleroi, Ad. Grignard; — Chcncc, E. Leprince, 
Jos. Remouchamps ; — Chemin, A. Servais ; — Chiny, A. 
Maury; — Coo, J. Defresne ; — Corti/, S. Balau ; — Crus- 
Avernas, A. Crate; — Crehen, L. Molitor; 

Dailly-Convin, L. Preudhomme ; — Darion, A. Beaujean ; — 
Dînant, Jos. Bay, H. Tournay; 

Rben-Kmaeî, de Froidmont; — Ecaussines, A. Carlier; 

Faymonvilie (Wall, pruss.), Jos. Bastin; — Flcron, S. Ran- 
daxhe; - Flobecq, Vanhangenhove ; — Framcries, Jos. Dufrane; 

Genappe, J. Dewert ; — Gimnée-Doische, M. Guislain ; — 
Givet, J. Waslet ; — G Ions, M. Fréson ; — Gràce-Berîeur, A. 
Lombard ; — Gros-Fays, J. Brouet ; 

Hamoir, L. Parmentier; — Harmignies-lez-Mons, M. Hugé; — 
Héron, J. Debatty; — Herstal, J. Lejeune (Lamoureux); — 
Hewc, J. Leruth; — Houffalizc, M mc Warlant ; — ////>', W. 
Gorrissen, Jos. Schoenmaekers; 

Jemeppe y Jos. Bay; — Terignc'-Licmeux, J. Colin; — Jupillc, 
E. Jacquemotte, J. Lejeune; 

Liège, Jos. Closset, A. Colson, L. Colson. O. Colson, L. De 
Koninck, I. Oory, God Halleux, Jos. Remouchamps, H. Simon ; — 
rAerneux, J. Colin; — Lincé-Sprimont , H. Simon; — Lnsiin, 
A. Maréchal ; 

Mahnedy (Wall, pruss.), O. Esser, N. Pietkin ; — Marche, 
O. Verdin ; — Marchienne-an-Pont , M. Preudhomme; — Manlles, 
P. Deltour; — Masta-Stave/ot, H. Piron; — Méry-Tilfi, Maré- 
chal ; — A feux, J. Massart ; — Monceau-snr-Sambre, Ar. Carlier ; — 
Afons, M. Carez, G. Talaupe ; — Moulin-du-Ruy, A. Dewez; — 
Mouscron, Vanhangenhove ; 



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— ,S 7 — 



Xatnur, A. de Pierpont, A. Maréchal. A. Robert, E. Sacré. 
A . Vi e r se t ; — Xandrin, G . O u i n t i n ; — Xcssoni a ux, Th . 
Heuse. E. Mairlot; — Neuf château, P. Dechesne. Gofrmet, 
J. Maréchal; — Xeuville-sous-Hny % J. Schoenmaekers; — Xeti- 
ville-Uielsam, Rinck; — Xcuvillers-Libramont % Cam. Robert; — 
Xivclles, E. Despret, Hanon de Louvet, E. Parmentier. M. Van 
de Rydt, G. Willame; — Xoiseux, L. Parmentier; 

OjfagnCj E. Bernard ; 

Renaix, D r Delghust ; — Robe rtville (XV a\L pruss. ). A . Dethier;— 
Roclenge, F. Olyff; — Ruwctte-lez-Virtot^ Rosman. 

Saint- Ge'rv , L.-J. Courtois; — Saint-Xicolas-lez-Liège, Jos. 
Closset; — Sclessin, G. Muselle; — Scrv-Abce, A. Xhignesse; — 
Seraing, A. Gillard; — Sourbrodt (Wall, pruss.), N. Pietkin ; — 
Spa, A. Body, G. Borckmans; — Stavehi, G. Chauveheid, J. 
Schuind ; — Ster-Francorchamps, J. Dohogne ; — Stoumont, 
M. Bas tin, J.-J. Beco, H. Bodeux ; — Surlemez-Coufhnin, 
M. Crèvecœur; 

Thimister, G. Dobbelstein, S. Randaxhe; — Thorembais-St- 
Trond, F. Noël-Debra ; — Thttin, H. Labenne; — Tillv, Y. 
Pommier; — Tournai, A. Wattiez; — Troisponts, H. Bodeux; — 
Trooz, A. Crahay, A. Masson; 

(ïimont, M. Nickers;' 

Vaux-Borscty Jos. Durbuy ; — Vcrviers } H. Angenot, H. 
Raxhon; — Tlelsalm, J. Hens; — Vicsville, O. Pecqueur; — 
Villers-Ste-Gertrndc, A. Grégoire et Leclercq ; — Jlrton, N. 
Outer; — F/s*? ; E. Boullienne, P. Merx; — Vottem, A. Colson, 
L. Colson ; 

Wanne, A. Michel; — Warncton, Ch. Desmedt; — Wavrc, 
E. Heynen, J. Van Cutsem ; — \Vcgncz } L. Calembert; — 
Weismes (Wall, pruss. ) ; Jos. Bastin, Jos. Marichal; — Wetlin, 
Cam. Robert. 

• • 

Ont bien voulu nous adresser une liste de mots commençant 
par AC-, dont nous avons profité pour le vocabulaire-question- 
naire AC- inséré ci -a près : 



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- 88 - 

MM. Ar. Carlier (Monceau-sur-Sambre), 
Alph. Maréchal (Namur), 
A. Moreau-Therasse (Andenne), 
S. Randaxhe (Thimister). 
Le n° 5 ou 6 contiendra la liste des mots commençant par AD-. 
Nous prions nos correspondants de récolter dès à présent ces 
mots dans leur région et de nous envoyer leurs trouvailles. 

Adresser la correspondance, demandes d'admission et commu- 
nications, etc., à M. Jean Haust, Secrétaire, J5 y me Fond- 
Pi rette, Liège. 

Pour les citations et abréviations, on est prié de se reporter à la 
page 48 et d'y ajouter : 

B. * Bulletin de la Société liégeoise de Littérature wallonne. 

tris. boig. boigelot, Dictionnaire namurois manuscrit. 

ms. de p. a. de pierpont, Dictionnaire namurois manuscrit, 

[Nous publierons prochainement une étude de M. Alph. 
Maréchal sur ces deux dictionnaires que la Société vient 
d'acquérir. \ 
ms. DEiRiXHK. Louis detrixhe. Dictionnaire stavelotain manuscrit. 
ms. manuscrit. 

t La croix placée en tête d'article - mot d'ancien wallon. 

? L'interrogant placé en tête d'article — mot douteux sur 

lequel on appelle spécialement l'attention des corres- 
pondants. 
L'astérisque placé en tête d'article - - mot qui figure dans 
le Vocabulaire précédent, pages 49-64. 

T,a Commission du Dictionnaire : 

Auguste Doutrepont, 

Jules Feller, 

Jean Haust, secrétaire. 



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PREMIER SUPPLÉMENT 

Al' 

Vocabulaire-Questionnaire AB- 



? 2. abâbyi (Àmay), v. tr., regarder par une petite ouverture pour 
surprendre, épier (?). | Composé de bambî, bâbî. * ciller, clignoter » 
gg., d'où regarder avec insistance ? 

abagadjé (Bourlers), abagadji (Cou vin), part. passé, «emménagé» : 
m au j on abagadjiye = maison où tout est en désordre, comme encom- 
brée de bagages. 

abaguemint (St-Nicolas-lez-Liège), s. m., emménagement. 

? abaheû (Liège), s. m., t. de métier (lequel f), levier de pression (?) : 
tchoûkî so l'abalieii = pousser sur le levier (?). 

abahoûler (Noiseux), v. tr., attirer en hurlant : abahoûler lès leûps 
= attirer les loups en hurlant pour les faire tomber dans un piège ; 
voy. ahoûler. | gg. I, 41 ^/ 331 cite le namurois bahoûlcr, bahûler 
(z= hurler) ; nous relevons bahoûler à Nandrin, bawoûler à Andenne. 

abaloûrder (Liège), v. intr. y dire des balourdises? \ abalourdi 
(Héron), v. tr., 1. étourdir par un coup violent : dj'a stou tôt aba- 
lourdi ; — 2. étourdir, leurrer par de belles promesses. 

1. abardachi (Gimnée), v. tr., gauler, abattre (des fruits) avec une 
gaule (en namurois bardache) : abardachi dès gaves =■ gauler des noix : 
voy. bardahî. 

2. abardachi (Rienne), v. tr., encombrer ; voy. abèrtaki. 

" abarlôzer, dégringoler vers (celui qui parle). — Pour rsndre la vihne 
idée, les par 1er s de la prov. de Lii'ge offrent des variantes curieuses : outre 



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— 00 — 

abalzôder, abarlôzer, abèrlôzer, déjà notés, on signale abirlôzer 
(Liège), abirloùcer(Verviers), abirlancer (Thimister), abirlon- 
cer (Robert ville), abarlôd8r, abèrlôder(Vaux-Rorset), abarloketl 
(Neuville- Vielsalm), abirzôder (vallée du Gecr). D'autres radicaux 
fournissent abèrôder (Stoumont), abèrôler (Scrv-Abée), abèrwèter 
(Aywaille, Wegnez, Cherain). 

abas36iior (Burdinne, L'arion), v. tr., gauler ; voy. bassener. 

aba3SOurdi(Ghapou-Sera;ng), abastoûrdi (Liège, Namur), abazourdi 
(Dailly-Gouvin, Bourlers, Nivelles), v. tr., abasourdir. 

abastoûrdihemint (Liège), s. m., abasourdissement. 

abàtchi, voy. abautchè. 

* abatèdje (Verviers), 5. m., t. tec/in., « abatage », couture simple de 

deux morceaux d'étoffe, dont les bords sont posés à plat, l'un contre 
l'autre. Gain. Fkllkr, Voc. du tailleur d'habits, B 46, 175. 1 A 
Vielsalm, on dit plutôt rabatèdje. Est-ce le point nommé surjet en 
français ? 

* abaterèsse ou abatrèsse, s. f, 2. (Liège), /. de min., sorte de 

haverèsse pour abattre le charbon ; 3. (Scrv-Abée, Dailly, Givet), 
cognée de bûcheron : - 4. (Stoumont, Robert ville), femme qui 
fauche (l'avoine) ? 

* abateû, s. m., abatteur : 1. (Liège), /. de min., ouvrier chargé de 
l'abatage; — 2. (Chiny, Otlagne, Namur, Tournai), bûcheron; — 
3. (Monceau-s.-S., Namur), celui qui abat les animaux de boucherie. 

abati (Nivelles, Jumet, Neufch.), s. m., appentis ; voy. abatou. 

? abatrê (St-Nicolas), s. m., -t. techn. = ...': Faut-il lire abat-trait ? 

abat-son, s. m., abat -son. 

abatu (Namur), s. m., morceau de viande de bœuf, qui s'appelle hèye 
à Liège et à Huy. 

abat-vwès (Nivelles, etc.), 5. m., abat-voix. 

abaubli (Gros-Fays, Ucimont, Otlagne), v. tr., éblouir: voy. abâbi et 
abïâwi. 

abaukeler, abaukl, etc., voy. abùkelcr, abôkî, etc. 



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abautchè (Neufch.), r>. tr., * embaucher *, c'est-à-dire i. commencer 
un bâtiment et, par e.vt., un travail quelconque : lès maçons ant 
abautchè la maujon ; — 2. poser la première couche de mortier : lts 
pi a bneiis ant abautchè. On dit, dans le 2 e sens seulement, èbâichî à 
Liège, abatchi ou èbâlchi à Scry-Abée. 

" abawer (Robertville), v. tr., apostropher grossièrement ; voy. rabawî. 

abâwer (Robertville), v. tr., regarder bouche bée : — voy. bâwer = 
bayer, rester bouche bée. || * abâyer (Robertville), p. intr., bayer, 
béer, j abauyl (Namur), adj., interdit, qui reste bouche tée : corne 
vos èstoz abauyî ! voy. abayi. 

abaweter (Wanne), v. intr., aboyer. 

abaweù (Chiny), abayeû (Hourlers), s. m., aboyeur. || abayau 
(Nivelles), s. m., 1. aboyeur, qui aboie souvent : 2. braillard : 

in abayau -_ un homme qui répond d'un ton grossier et bourru : — 
3. /. de tend., pinson qui sert d'appeau ; syn. répétau. -~ 

abayâdje (Monceau -su r-Sambre), s. m., aboiement (continu et désa- 
gréable) : voy. abaye 2. 

abayemint (M<înceau-s.-S..Bourlers, " "ailly-Couvin), 5. ///., aboiement. 

* abcès, s. m., abcCs. De M. l'abbé Dethikr, cette liotule intéressante : 

* Quand le phlegmon abcède, on dit : i s' for mont on -abcès. Le pus 
s'accumule et le phlegmon blanchit : i s'abossène {dérivé de bosse). 
L'abcès mûr devient mou, /lue tuant vers son point central qui forme saillie : 
i s'abôtèye {dérivé de bout), c'est-à-dire qu'il se dispose à percer ; enfin il 
s'ouvre naturellement : i trawe,^// bien on l'ouvre au bistouri : on 1' flîme. 
L'abcès ouvert, il se dégage : arrive d'abord un petit amas dur de matière 
sanguinolente : c'est Y tcherbon, 1' bourbî, 1' bouchon; ensuite s'écoule 
la collection purulente, le matére, le malon : l'abcès côrt ou djèle ; enfin il 
n'en sort plus qu'un peu de sérosité : i sûne, et bientôt ons est r'wôri. » 
(Robertville, dans la Wallonie prussienne). 

abèkemint (Nivelles), s. ;//., action d'abecquer. 

s 
abèki (Nivelles), v. tr., abecquer, nourrir en donnant la lecquée. 

* abèle (Charleroi) —- abeille: cist une forme très diuteuse. — On dit 

abèye </ Thuin, Monccau-s.-S., Hou ri ers, Berzte, Chapon-Seraing, 
Cambron-St-Vincent ; on disait ancienne/tient abèsse (?) // Nandrin. 



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— 92 — 

abène (Harmignies-lez-Mons), voy. abîme. 

abèrdacheû (Couvin), s. m., « homme qui s'occupe de beaucoup 
d'affaires sans en terminer aucune », proprement un encombreur ? 
I| abèrnaheû ? (Chapon-Seraing), syn. naheû. Exemple ? | Comparez 
ablokeû. 

abèrdachi, abèrdaki, voy. abèrtaki. 

* abèrè (Famenne, Wellin), abèrer (Gros-Fays, Ucimont), v. intr. y 

enrager : fè abèrè (Famenne), fwêre abèrer (Gros-Fays) = faire 
enrager (qqn). Il abère todi do ramassé d' pus a pus (Wellin). | abèrè 
(Wellin), part, passé pris subsfantivt, enragé, fou : t'ès-st-on-abèrè, 
lè-me tranquile ! Ç' vî abèrè la n' dôrot nin l'êwequ'i eût sèsoûs. 

abèrguélôbe et abèrguelôhe (Robert ville, Fayinonville), s. /., 
ordinairement au pluriel, superstition, simagrée, conte : emprunté de 
l'allemand aberglaure. 

abèrnakl (Frameries), part, passée pauvrement vêtu, affublé: qui est-ce 
èl diabe qui Ta abèrnalcî ainsi! Voy, gg. I 167 diburnaker: mettre les 
vêtements en désordre, et comparez abèrtaki. 

abèrtacadje (Wavre, Nivelles), s. m., accoutrement. | abèrtacâdje 
(Monceau-sur-Sambre), 1. accoutrement ; — 2. encombrement. | 
aburtacadjes (Andenne), plur., objets encombrants. 

abèrtake (I)ailly-Couvin, Bourlers), s. f. r cadre garni d'un grillage 
pour y placarder les avis officiels à l'extérieur de l'église ou de la 
maison communale: il est dins l'abertake — son nom figure aux 
publications de mariage. | bèrtèke (Ath), escalier de l'hôtel-de- 
ville: monter Y bèrtèke. C'est le français bretêche. | aburtake 
(Liègeï, accoutrement : quéle drôle d'aburtake ! 

abèrtakemintf.vis/*-/-{/? - Nous connaissons abeurtakemint (Gros- 
Fays), aburtakemint (Vonêche, Marilles) = arrangement bizarre, 
désordre, accoutrement. 

* abèrtaki. Nous avons reçu pour ce mot — fun des plus curieux de notre 

liste, bien qu'il ne soit guère connu dans la province de Liège — des ren- 
seignements copieux, que nous allons exposer brièvement et aussi clairement 



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— 93 — 

que possible ; nous espérons que nos correspondants voudront bien nous aider 
à faire la lumière complète dan%ce fouillis de formes et de significations. 
C'est ici surtout que se fait sentir le besoin d'exemples probants, de phrases 
usuelles, avec traduction exacte. 

L ancien-français breteschier signifiait : 1° garnir de bretesches 
(= brelèches, parapets crénelés pour masquer la baie des fenêtres), 
fortifier,défendre ; — 2° emprisonner, enchaîner. 

Notre mot wallon, qui aurait pour correspondant en français moderne 
« abretècher » ou « embretècher y, présente, suivant les localités, des 
significations diverses dont la série complète est à peu près la suivante : 
i. garnir, arranger (toujours grossièrement ?) ; 

2. harnacher, vêtir, surtout de façon bizarre, embarrassée; d'où 
accoutrer, fagoter ; 

3. étayer grossièrement ; 

4. encombrer, embarrasser ; 

5. ligoter, garrotter, entraver. 

// va de soi que tous ces sens ne se rencontrent nulle part simultanétnent : 
ce vieux mot s'est partout cristallisé dans une seule, rarement deux, 
de ses significations. 

Voict la liste des for nus recueillies qui commencent par ab- ; prière de 
nous dire s'il y a des erreurs et de compléter au besoin. 

abèrtakê (Bourlers, Wavre ; seulement au participe), habillé ; mau 

abèrtaké = débraillé, fagoté. 
abèrtaker (St-Géry), 1. abèrtaker on tch'fau = harnacher im cheval; 

- 2. quelquefois accoutrer. 
abèrtaki (Genappe, Viesville), garnir ; mau abertaki = débraillé. 

— ? (Nivelles), 1. étayer grossièrement ; - 2. accoutrer. 

— (Braine l'AUeud), abeurtaki (Crehen), abeurtaker (Gros-Fays, 
Hannut), abirtaker ? (Jodoigne), arranger, remettre en ordre 
(quoi? un vêtement f). 

abèrtaki (Monceau-sur-S.), 1 . garnir grossièrement, arranger sans soin ; 

— 2. accoutrer ; — 3. encombrer. 
aburtaker (Hamoir), mal arranger {quoi /) ; — (Liège) accoutrer. 

— (Namur), garnir (quoi /). 

— (Burdinne, Andenne, Namur, Thorembais-St-Trond), garnir 
grossièrement, accoutrer. 



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— 94 — 

abnrtaker on twa (Meux), ligoter un taureau au moyen de cordes allant 

des cornes au bas des pattes, entraver. 
aburtaki (Marilles), vêtir ; mau aburtaki — débraillé. 
aburtakè (Vonêche), mal arrangé ; — accoutré ? encombré ? 

— (Neufchâteau, Wellin, St-Hubert), i. mal arrangé, mis en 
désordre; — 2. encombré, surchargé de besogne. 

— et plus souvent amburtakè (Dînant), encombrer. 
abèrtakele (Givet), 1. équiper d'une façon bizarre ; — 2. poser pêle- 
mêle, encombrer. 

// existe quelques formes dont l 'origine doit être différente : ils sont 
composés de bèrdachi (sens et exemples de ce mot chez vous ?), ou ils 
ont dû tout au moins subir rinfluence de bèrdache (gaule) et peut-être 
aussi de bèrdakin, bardakin (baldaquin) : 
abardacni (Rienne), encombrer ; voy. abardachi p. 89. 
abèrdachi (Gimnée, Couvin), encombrer, poser pêle-mêle; 
..abèrdachi ? ou abèrdaki (Nivelles), accoutrer ; voy. ci-dessus abèrtaki. 
abcr daki (Bray-lez-Binche), abèrdaki (Harmignics), accoutrer. 
abèrdaki (Noiseux ?), mis en désordre ? 

Comparez enfin abèrnakî (Frameries). mal vêtu. 

abèrtale (St-Géry), abèrtèle (Tilly, Nivelles ?, Braine-l'Alleud), 
abeurtale (Crelien), aburtale (Wavre, Dînant, Namur, Meux, 
Marilles, Cortil, Andenne, Genappe), aburtèle (Genappe), s. /., 
bretelle ; voy. aburtale, page 62. 

abèrteler (Robert ville), abèrtèler (Bourlers), abeurteler (Ucimont), 
v. tr. } munir de bretelles ; d'où, ordinairement ', accoutrer ; | aburtaler 
(Cherain, Namur), aburtèler (Jevigné), aburtèll (Vielsalm), abur- 
tuler (Lierneux, Stoumont, Stavelot, etc.), aburtulè (Neufch.). || 
aburtulemint.(Coo), 5. m., accoutrement. Voy. aburiuler, page 62. 

1. abèrwèter (Liège) abèrwètè (Neufch.), t>. tr., amener dans une 
brouette; voy. 1. berwèter. 

2. abèrwèter (Aywaille, Wegncz, Cherain), v. intr., dégringoler 
vers (celui qui parle) ; voy. abarlôzer et 2. berwèter. 

* abèrziyi (Givet, Couvin), v. tr., débrailler, 5/ dit des hommes, tandis 
que aguintchi se dit des femmes. \ s'abèrziyi (Bourlers), se griser 
légèrement ; participe abèrziyè. 



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- 95 - 

? « abessi ». Ce mot, que le Dict. manuscrit de Dethikr (de Theux) 
donne sans traduction, ne pourrait-il pas désigner le cerisier qui porte les 
abësses ? Serait-ce une forme de Fadj. abissé (= mal exposé) ? 

* abètchad je (Nivelles, Thuin), s. m., action de mettre en appétit, 

d'amorcer. | abètchèdje (Fléron, Thi mister), /. de min., action 
d'entamer une galerie. 

abètcheûre (Liège), 5./., t. <farm., marque faite au poinçon à l'endroit 
de la plaque que l'on veut forer : fé 'ne abètcheûre po forer. 

* abètchl. Corrigez et ajoutez à Par tic le, p. 53: l.v. tr.... 5. (Nivelles) 

engagera ouvrir le bec, mettre en appétit, amorcer; de là attirer (une 
personne, les pigeons d'autrui) ; | s'abètchl (Liège), se prendre à 
l'hameçon; (Monceau- su r-Sambre) se mettre en appétit : i-gn-a qu' ça 
su m'n assiète ? djè n' d'ai nin co pou m'abètchî ! — 6. abètcher 
(Robert ville), donner la becquée (à un oiseau, un poussin) ; voy. abèki ; 
-- 7. abètchè (Neuvillers), abètchl (Thuin), entamer, commencer 
(une besogne) : lu fautcheû est v'nu abètchè su boukèt d'avonne, 
puis î s'è sauvé (Neuvillers) ; voy. 3. — || II. v. intr., 1. (Liège) 
poindre, approcher : H date abètchè. - 2. (Viesville) mettre le bec à, 
toucher à qqch. : as-se co abètchî a ça ? | (Monceau -s. -S.) manger du 
bout des lèvres : Vo cœur n'ap/te nin ? Vos n' fèyèz qu'abètchî ! 

abeuder (Ucimont), abeuker (Herbeumont), abeuter (Offagne), voy. 
abudè. 

* abeûketer (Troisponts, Lierneux, Spa, Bra, Stoumont), v. tr., 

regarder furtivement par une fente ou une lucarne. 

abeûreter (Liège), abureter (St-Nicolas), v. intr., t. de min., creuser 
un beûre, un trou : abeûreter d'vins dèl tèroûle = établir un petit 
puits de mine dans la houille ; voy. beûreter. 

abeus, abeusker, voy. abus, abusker. 

* abicé, ad/., voy. abissé. 

" abideler (Fléron, Thimister, Spa, Basse-Bodeux, Vielsalm, Malm.), 
v. intr., 1. accourir au trot, en parlant du bidet] — 2. arriver en 
courant, et par ext. à l'improviste, en parlant d'une personne ; voy. 
bideler (Spa = louer des voitures), abidoguer et abrideler. 



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— Q6 — 

abidoguer (Liège), v. intr. y venir en trottinant : voy. bidoguer — - 
trottiner. 

* âbièrt (Moircy-St-Hubert), s. m., vieil objet encombrant et de nulle 

valeur : çu tch'fau la n'est qu'on grand âbièrt ; voy. hâbièrt. 

abîme. Rem. Pexpr. tourner è l'abîme (Chapon-Seraing), tchêr in 
abîme (Nivelles), tchêr an anime (Monceau-s.-S.), kéyi dés l'abîme 
(Ath), kèr in abême (Tournai), kèyî in abène (Harmignies-lez- 
Mons) - - s'eHbndrer, se désagréger, se ruiner: se dit aussi à Nivelles 
d'une personne qui tombe du haut mal. | d'abîme [ou d' abême 
lob. p. 137, ou qu'abîme à Clermont-Thimister, au sens 1] = 1 . extrê- 
mement ; — 2..néolog., d'abord: — 3. néo/og., d'ailleurs, en tout cas. 

ablr (Neufch., Ofl'agnc. Prouvy), v. tr., habiller; voy. abiyî. 

* abissé, adj. % n'était connu que par FOR. qui traduit : obscur. Seuls, nos 

correspondants de Darion et de Chapon-Seraing nous ont signalé l 'existence 
de ce mot au sud de Waremme. D'après MM. A. Beaujean et 
A. Hansoul, cetadj. signifie : 1. mal exposé, obscur et humide, se dit 
d'une maison, d'un jardin, d'un chemin situés entre des murs ou des arbres 
trop élevés qui arrêtent le soleil à l'Est et au Sud ; — 2. étiolé, se dit des 
végétaux, par ex. de l herbe à longue tige grêle et décolorée, des céréales 
dont la tige est peu rigide et les grains rabougris, des pommes de terre qui 
ont des fanes longues et fluettes et peu de tubercules, des betteraves qui ont 
des feuilles élancées et des racines peu développées. \ Enfin on nous signale 
la forme abussi aux Waleftes et à Waremme: on-àbe abussi, eune 
mohone abussiye. j Ce mot est-il connu ailleurs/ [Comparez en anc. 
franc, abisse (abîme;, abismer (approfondir).] 

* ablsser, et non abîser (Masta, Stav. et Wall, pruss.), v. tr., arroser, 

irriguer au moyen de bis (biefs, canaux). || ablssèdje, s. m., arro- 
sement. 

* abistokeler (Otfogne). abistokelèy (Virton, Chiny), abistokè 
(Neufch., St- Hubert), abistoker (Spa, Bourlers, Gros-Fays, 
Tournai), abistokl (Vielsalm, Nivelles), abustokè (Dinant), v. tr., 
arranger grossièrement, accoutrer. 

abitacion (Mons, sig. p. 204), 5./., fréquentation. 



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— 97 — 

' abiter (Nivelles, Bourlers, Dailly-Couvin), v. tr., i. habiter; - 
2. atteindre, arriver a, pénétrer: vos n' sârîz abiter ç' tère la, i n'a 
pout d' t chemin (Nivelles). 

abitouwance (Chapon-Seraing, Lierneux), abituwance (Nivelles), 
abitwaace (Mons, et non abitoKzrance), *./., action de s'habituer 

ablàmàye (Liège), ad/., blâmable (?). 

ablamè (Xcufch.), v. tr., *enflamber», flamber, passer à la flamme 
(une volaille, etc.}; voy. blâmer. 

" ablàmer, v. tr., déprécier, c'est-à-dire i. dénigrer qqch. (un ouvrage, 
une marchandise); — 2. déparer: cisse finièsse ablâme tote lu façade 
(Malm.); — 3. (Beaufays) séduire (une jeune fille). | Mais blâmer 
qqn se dit blâmer. 

ablave (Givet), 5./., embarras; voy. ablaye. 

* ablavè (Givet, Neufch.), v. tr., 1. emblaver, ensemencer: —2. embar- 

rasser. | ablavè (Berzée), part, passé : cne tère qu'est ablavcye de 
dints-d'-tchin = une terre qui est remplie de chiendents; voy. ablayî. 

ablaweter (Scry-Abèe, Robertville), 7». intr,, apparaître en scintillant, 
en parlant d'une flamme, des étoiles', voy. blaweter — scintiller. 

ablayadje (Bourlers), s. m., désordre (dans un ménage): vov. ablayi. 

* ablaye (Charl., Monceau -s. -S.), asblaye (Mont-sur-Marchiennes) : 

fé dès ablayes = jeter les hauts cris; faire du bruit pour rien ; faire des 
embarras. Comp. déblaye (Mons). | ablaye (Jemappes), ablagne 
(Pâturages, Wasmes, Quaregnon, etc.), s./., bonne amie, fiancée. 

ablayeû, -eùse ( Monceau -su r-S.), s., celui, celle qui maltraite qqn en 
paroles ; voy. ablayî. 

ablayi (Monceau -su r-S.), v. tr., maltraiter qqn en paroles, agonir d'in- 
jures : avez intindu corne èle l'a ablayi ? || ablayi (Bourlers), seule- 
ment (?) dans îexpr. : èle se lave ablayi = elle se laisse encombrer, 
elle reste au milieu du désordre. C'est fane, franc, emblaer. 

ablèstèdjl (Fléron), part, passé, estropié; cf. Fane, franc, blastengier 
= outrager. 



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- 9 8 - 

* ablète, dans gruzalî ablète : groseiller à maquereau, est une graphie 

erronée ; il faut écrire gruzalî a blet es, c'est-à-dire à groseilles grosses 
et mûres, qui s'appellent dès blet es à Mari lies, Wavre, Eghezée, dès 
tonesà Tournai. 

ablèti (Monceau-sur-S.), v. intr., blettir, devenir blet : fé ablèti dès 
nèsses, dès puns; voy. blèti. 

ableû (Ath), s. m., imbécile qui fait des embarras ; proprement hâbleur. 

2. ablokener (Trooz, Wellin, Wavre), v. tr., variante de abloukener = 
boucler, boutonner, agrafer ; voy. abrokener. 

* abloker. Outre les sens déjà notés, on nous signale : 4. ( Chapon -Serai ng) 

abloker on moyou = faire, dans un moyeu de roue, les trous (ronds) 
pour y introduire les rais ; abloker on batch =faire une auge (de porcs); 
— 5. abloki (Nivelles), bloquer, serrer : abloki 'ne saquî dins in cwin ; 
| ète ablokô (Ath), être obligé de garder la chambre pour cause de 
maladie ; — 6. abloki (Nivelles, Viesville), abloki (Monceau- 
sur-S.), abloker (Berzée), v. tr., commencer, ébaucher (un travail); 
voy. 2. 

* ablokeû, s. m., 2. (Chapon-Seraing), outil pour faire des trous ronds 

dans une pièce de bois ; — 3. (Monceau-sur-S.), ouvrier qui com- 
mence toutes sortes de besognes, sans jamais les achever : ce n'est 
qu'in ablokeû. 

âblon (Darion, Chapon-Seraing, Cras-Avernas), s. m., aubier ; voy. 
âbon, p. 57. 

* ablondjé (Bourlers), part, passé, accoutré. || Nous avons recueilli : 
i° abondji (Charleroi, Monceau-sur-S.), accoutrer; mau abondji = 
débraillé; — 2 abontchl (Berzée), accoutrer? — 3 abrontchi 
(Dailly-Couvin), accoutrer : corne te v'ia abrontché ! 

?8'abloti(= se blottir) existe-t-il? \ On dit s'asbloti à Bourlers, Dailly- 
Couvin. 

abobiner ou bobiner (Monceau-sur-S.), v. tr., rouler du fil sur une 
bobine. | abobinèy ou ambobinèy (Chiny), v. tr., embobeliner. [ 
abobinè (Neufch.), dans les deux- sens. || bobiner (Bourlers), rabou- 
biner (Liège). 



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— 99 — 

S'abochè (Neufch., Wellin, Moircy-St-Hub.), v. réfl. t s'aboucher, se 
rencontrer : i s'ant abochè assonne po fé ç' mauvais côp la : voy. 
aboucher p. 58 et ci-après abouhî. 

* abodjèdje (Fléron, Vielsalm, Lierneux, Beaufays), aboudjèdje 

(Stav., Stoumont), s. ;«., lallement des céréales, des fourrages ; 
développement des jeunes plantes. || abodjenèdje (Wegnez, 
Aywaille) = développement en touffe ou bodjcye> tandis que abohe- 
nèdje (ibid.) = développement en buisson ou bouhon. 

abodjemint existe- t-il f | aboudjemint (Stoumont\ s. //*., « calfeu- 
trement * : mète on-aboudjemint a l'ouh = calfeutrer avec du 
fumier les portes des étables pour l'hiver. 

abodjener (Wegnez, Aywaille), abodjiner (Nessonveaux, Chènée), 
v. tr. t développer en touffe ou bodjêye. \ Employé surtout à la voix 
réfléchie et au participe passé t Exemples f 

* abodjer (Wanne, Jevigné), aboudji ( Basse- Bodeux, La Gleize), 

abozer iBra), v. tr. f calfeutrer les portes des étables pour l'hiver. \ 
rabodjer (Robert ville, Faymonville),raboudji(Stav.), même sens. || 
aboudjelè (Neufchâteau), r. tr., protéger un mur contre la pluie au 
moyen d'un boudjon (paillasson, toit de paille presque vertical). 

abohenèdje (Wegnez, Aywaille), abohinèdje (Chapon-Seraing), voy. 
abodjèdje. 

* abohener (Ster, Spa, Coo, Sprimont, etc.), abohiner (Darion, 

Chapon-Seraing, Scry-Abée, Malmedy), abohinl (Vielsalm), abou- 
hiner (Faymonville), abwèhener ? fBra?j, v. tr., 1. développer en 
touffe; employé surtout à la voix réfléchie = se former en bohée 
(touffe) ou en bouhon (buisson), pousser plusieurs tiges d'un seul 
plant : lu frumint s'abohènerè bin (Coo, Spa), le r'gon s'abouhine 
bén (Faymonville). | s'abohener (Robert ville) se dit des pommes de 
terre ; pour les céréales qui tallent, on emploie s'abossener. | Le 
partie, passé des verbes précédents est très usité, ainsi que abochené 
(Cherain), abohéné (Amay), abouhené (Liège) : des abouhenés 
peûrîs (Liège) = des poiriers touffus, en forme de pyramide ; voy. 
plus haut abodjener et p. 56 abv>djî. | Synonymes : stoker (Berzée), 
stokeler (Ucimont), strokeler (Bourlers), toker (Virton), etc. 



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. — IOO — 

Il 2. abouhener (Chênée, ard.), entasser des bouhètes ou brindilles, 
comme si on en formait des buissons ? 

|| 3. 8'abouhener (Stav., Wanne), se blottir, s'abriter dans ou 
contre un buisson : lu lîve s'abouhène en on bouhon = le lièvre se 
blottit dans un buisson : par ext. s'abouhener conte on meur = 
s'abriter (de la pluie, du vent) contre un mur. 

* abôkelèdje (Spa, Sclessin, Chapon-Seraing), et, avec nasalisation, 

abonkelèdje (Verv. lob., Chapon-Seraing) 5. m., 1. afïublement ; 
— 2. (Coo) quéle noûlée ! quel abôkelèdje ! — - quel nuage ! quel enve- 
loppement (du ciel) ! quel assombri ssement ! — 3. (Wegnez) voy. 
abôkeler 2. 

* abôkeler (Spa, Sclessin, Chapon-Seraing, Thi mister, Visé), et, avec 

nasalisation, abonkeler (Verviers lob., Chapon-Seraing), v. tr., 1. 
affubler; — 2. (Wegnez),/. techn., abôkeler on-ovrèdje = préparer 
et ébaucher un ouvrage, se dit du tisseur qui prépare les fils, change 
les lames , visite le travail des noueurs et tisse 4 ou 5 centimètres pour se 
rendre compte de la marche du travail : quand il n'a plus qu'à taper 
d'vins, l'ovrèdje èst-abôkelé ; cela se dit aussi du fileur qui rassoit les 
canelles et attache les fils à chaque broche, J.-E. Calemberï. Voy. 
abôkî et aboucler. 

abôkener (Comblain, Havelange), v. tr., affubler : corne vos estez 
droldumint abôkené ! voy. abôkeler et abôkî. 

abôkl, v. tr., 1. (Comblain, Havelange), emmitoufler: corne vo-ve-la 
abôkî ! abôkîz bin l'èfant ! — 2. (Amay, Héron), affubler : loukîz-me 
cila, corne il èst-abôkî ! voy. bôkî, èbôkî, rabôkî et les dérivés abôkeler, 
abôkener. 

aboler, voy. abouler. 

* abominer (Cambron-St-Vincent), v. tr., détruire (avec fureur) : 

l'orage a tout abominé su s' passage. | abominer (Spa), v. tr., agonir 
d'injures. 

* abonâdje (Monceau-s.-S.), s. m., abornement ; abonâdje de terrain= 

action d'aborner un terrain. 

* abonemiiit, s. m., 1 . (Monceau-s.-S.) abornement ; — 2. abonnement : 

abonemint d' meûbes (Monceau-s.-S. )= achat de meubles par abonne- 



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— IOI — 

ment : - 3. (Wall, pruss.) assurance contre l'incendie : payî si-abone- 
mint = payer sa prime d'assurance. 

abondji fCharl.), abontchl (Berzée), voy. ablondjé. 

* abondreùt a encore le sens de : avantage spécial, gratification (Wanne, 

Coo, Stav., Bra, Fay mon ville, Robert ville). 

aboni (Nivelles), p. tr., abonnir : èl 1ère s'abonit, est aboniye. | abôni 
(Liège, for.) : lès frizès caves abôni hèt Tbire. 

* abonpwint (Liemeux), s. m., t. du jeu de cartes , atout ? 

abontchwôr (Weismes), 5. m., t.decord., embouchoir, forme qu'on 
introduit dans la botte pour lui donner la forme voulue. 

? abôrgnl, voy. abwâr^nî ci-après. 

S'abossener (Robert ville), v. réfl., 1. 1 aller, en parlant des céréales seule- 
ment : le r'gon s'abossène, est bé abossené=le seigle se forme en bossèt 
(toufte) ; voy. abohener; — 2. abeéder, « se former en bosse », se dit 
de f abcès quand le pus s'y accumule ; voy. abcès. 

* abossl (Seraing, Vielsalm, Mal m., etc.), abossi (Andenne), abossè 

(Neufch.; aussi v. ré/l.) t abosser (Sourbrodt), aboussi (Wanne, 
Basse- Bodeux, Bra), v. intr., abeéder : l'abcès k'mince a-z-abossè 
(Neufch.). | Le v. simple est bossî (Liège), bossiyî (Bourlers), bossyî 
(Monceau s. -S.), boussi (Malm.), dérivé de bosse. I| Synonymes : 
abourser (Mons, Soignies, Renaix), raboûssener (Monceau-s.S.), 
dérivés de bourse. || abôtyer (Robertv., Faymonv.), dérivé de bout ; 
voy. abossener et abôtyer. 

H aboussi (Robervîlle), v. intr., former une bosse, être saillant : si 
sâro a boussi t. Le subst. aboussihadje (Robert ville) a de même le sens 
général de saillie : cist aboussihadje rint s' mousseure mâlognèsse. 

abossihèdje (Fléron, Seraing, etc.), abossichadje (Andenne), 
aboussihèdje (Basse-Bodeux), abossadje (Neufch.), 5. m. s abou- 
tissement de l'abcès. || aboursémint, voy. ce mot. 

' aboteler (Vottem, vallée du Geer, Houffalize, Offagne), abotelè 
(Dînant), abotell (Vielsalm), v. tr., mettre en bottes, en gerbes: 
aboteler dès stous (Glons) = botteler de la paille à tresser en bores, 
pougnêyes ou wàs. 



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- 102 — 

* aboteneû (Liège), s. m. r crochet à boutonner les bottines. || Lé moi 

donné par pirs. (- : « celui qui boutonne ») n'est qu'un dérivé ironique. 

* aboteneûre (Liège), s./., i. manière de se boutonner: quéle drôle 

d'aboteneûre ! si paletot aveut 'ne mâle aboteneûre; - 2. ensemble 
des boutons passés dans les boutonnières : ine riguibte d'aboteneûres. 

| aboteneûre (Vielsalm), abotenàre (Verviers), abotenôre (St- 
Géry), aboutenure et aboutenâdje (Monceau-sur-S.), même sens. 

Il abotenéye (Liège), s. /., ensemble des boutons et des bouton- 
nières : l'abotenêye d'ine casaque. 

? aboti (Héron), « porter un enfant sur le dos, les jambes pendant de 
chaque côté : vinoz aboti. » Lire a boti ? 

* s , abôtyer(Robertville,Faymonville-Weismes),i>. réfl., 1. former bout, 

se dit de t abcès qui se dispose à percer : l'abcès s'abôtèye; par ext. t 
abcéder, donner passage au pus; aussi v. intr. : le mahée abôtèye 
ou s'amawère = le compost mûrit : — 2. s'abôtyer foû = sortir avec 
effoit ou adresse, par ex. le poussin qui se dégage de sa coquille, l 'enfant 
de son maillot ; — 3. s'esquiver, se faufiler, se tirer adroitement d'un 
mauvais pas : abôtèye-te foû d'ia ! I-a v'ni djus de s'abôtyer, de s' bôtyer 
èvôye; syn. s'avôtyer? Voy. abouter. 

âbouchûre [à ^ a mi-nasal] (Verviers), s. f embouchure (d'une 
trompette, d'un porte-plume). 

? abonder, v. tr. t 1. (Robertville) boucler;— 2. (Nivelles) affubler, 
accoutrer : il astout abouclè corne quate sous. || Serait-ce une altération 
de abôkeler? ou une dissimilation de abloukeler ? voy. aboukener, p. 58. 

aboafl (Namur), v. tr., avaler, engloutir : quand nos avansarivé, ilavèt 
d'dja tôt aboufî ; — cf. le franc, bouffer. 

raboufl (Ni veïïes), ad/'. t enflé démesurément , au point de ne plus pouvoir 
respirer : dj'astou aboufî télemint qui dj'avou mindji ; cf. franc, bouffi. 

abougri (Nivelles), adj. t (r)abougri, difforme, mal venu. 

abouhance (Liège), s.f, idée subite, fantaisie : ine drôle d'abouhancc. 

abouhâde (Vielsalm), s.f, rencontre : ine drôle d'abouhâde. 

* abouhe, s.f, 1. (Wall, pruss., Lierneux) événement imprévu, hasard : 

one laide abouhe = un malheur. I nn'a nou ma qu'âne one ft one bone 



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— 103 

aboulie (Malm.). On côp d'abouhe (Bra-sur-Lienne) ; — 2. (Ster, 
Glons, Hervé, Thimister) accident, malheur : c'èst-one fameuse abouhe 
por lu. I-a totes lès abouhes = il a toutes les guignes. | d'abouhe, 
loc. adv. : djâser d'abouhe (Liège) = parler au hasard, sans réflexion. 
I l'a atrapé d'abouhe (Stoumont) = il l'a attrapé par hasard. 

abouhèdje (Hervé), s. m., surprise désagréable, contretemps (?). 

abouhener, voy. abohener. 

* abouhète, s./., 1. (Coo, Spa, Masta) surprise (bonne ou mauvaise ?); — 

2. (Wegnez) chance inattendue : i n' fât qu'one abouhète po qu' dji 
rèyussihe; — 3. (Fléron) surprise désagréable, contrariété. 

* abouhl (Héron, Darion, Chapon-Seraing), v. tr. y jeter vers celui qui 

parle : abouhe! (=atape mèl !). Abouhtz-meon pô coula! 

Il s'abouhl, v. rifl. t 1. (Liège) s'aviser, se mettre en tète : après 
aveûr sayî co traze mèstîs, i s'abouha de fé l'mangon. 

2. (La Gleize, Bra?) s'apercevoir, se douter de (?) Exemple? 

3. (Liège) faire attention à, s'arrêter à : Et dîre qu'i-gn-a co dès 
djins qui s'abouhèt so dès s'-faitès lwègnerèyes ! d. salme, Pichette, 
p. 73: — (Grâce-Berleur) se tourmenter. Exemple t 

4. (Neuville- Vielsalm) se tromper. Exemple} 

5. (Vielsalm) tomber ensemble, se rencontrer \par ex., de deux jeunes 
mariés : i s'abouhyint esseune et i fzint dès martchîs; voy. abouhâde. | 
(Amay) s'adresser à qqn, être mis en présence de, s'aboucher avec : 
sayiz de v's abouhi â directeur. 

abouki (Nivelles), v. tr. t livrer (la chèvre) au bouc pour la saillie : 
dj'ai abouki m' gâte. 

aboulemint, 5. /»., 1. (Villettes-Bra) éboulement; — 2. (Monceau- 
sur-S.) afflux, affluence : aboulemint d'eûwe, — d' djins = quantité 
d'eau, de gens qui arrivent. 

* abouler, I. v. intr.... 3. (Liège, Villettes-Bra) rouler en bas, s'ébouler 

vers : lès plèves ont fait abouler lès tères djus dès tèras ; | aboler 
(Andenne, Chapon-Seraing), s'abouler (Monceau-sur-S.), même 
sens. | aboler (Huy, Andenne, Darion) au sens 1 : jaillir avec abon- 
dance; voy. bouler. 



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— 104 — 

aboùler (Robert ville), v. intr. % arriver en bourdonnant : c'èst-on 
sam'roû qui aboûle ; voy, bouler (=. bourdonner, syn. zoûler, se dit des 
abeilles). 

s'aboursèler (Bourlers), v. ré/t.,se tuméfier; aboursèlé, part, passé* 
gonflé, tuméfié : voy. abourser. 

* aboursémint (Mons), aboursemint(Soignies r Harmignies), abour- 

semét (Cambron-St-Vincent), s. m., maturité de l.'abcès, imminence 
delà suppuration. | aboursèlemint (Mons), autre forme du mêvu 
mot. Voy. abossihèdje. 

aboûsseler ou aboûzeler (Verviers), aboùsser ou aboûzer (Verv., 
Malm.), v. intr., jaillir à gros bouillons, déborder, se dit du lait bouillant, 
de l*eau qui inonde une cave: \ aufig. : tote su arèdjisté rintrée aboûza 
fou (Malm., Arm. dol Sam. 1906, p. 33). Voy. boûzer(= bouillonner). 

abou&selouke ( Basse- Bodeux), s. /., hasard malheureux, gui gnon ; 
syn. poutelouke; voy. aboussouke. 

* about (Scrv-Abée), s. m., bout, terme : a l'aboutdi s'vèye. || (Lan- 

delies), /. de batell., manille, crochet de fer qui attache deux chaînes. 

aboutchl (La Gleize, Villers-Sie-Gertrude), v. tr. t boucher, par ex. 
une bouteille. 

* abouter, v. tr., lancer (une plaisanterie), débiter (un conte) : i-aboute 

coula si sérieûsemint ! (Stav., Wall, pruss.). || 8'abouter (Stav., 
Robertville, Hervé), s'aboutl (Vielsalm), v. réfl., s'amener, venir 
(ord 1 de mauvais gré) : il ont bin màlàhi d's'abouter (Stav.): s'in- 
troduire en intrus (Hervé). || aboutè (Herbeumont), v. intr., abou- 
tir; voy. abouti. 

abouteû (Huy), /. techn., aux usines d'étamerie, manœuvre qui passe 
les pièces à l'ouvrier à mesure que celui-ci en a besoin. 

* abouyète (Nam.), s. f., signifie aujourd'hui, non pas ampoule, glande 

(f. d.), mais enflure provenant d'une chute ou d'un coup: i s'a fait 
one abouyète a s' djambe è tchèyant , ms. boig. ; voy. bouye, bouyote. 

abozer (Bra), voy. abodjer ci-dessus. 

abrâdeler (Bra), v. tr., brider: dérivé de brâdeûre gg. , for., brâdelore 
(Malm. vill.) : corde, ficelle; voy. abrideler. 



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— 105 — 

abraker (Robert ville), v. tr. t braquer (ses yeux) vers: i-abrake ses us 
sor mi. 

* i . abran, s. #»., alarme : soner l'abran (Vottem) — sonner le tocsin (?) 

Il 11 est par abrans (?) (Qx>) == il est à saccades ; on dit èsse a brans, 
ovrer a brans à La Gleize, Bra, Stoumont : voy. bran. 

2. abran (Ucimont), s. m., mauvais sujet, dans : tais' tu, laid abran ! 
= tais-toi, laid personnage ! Voy. albran verm., halbran sig. 

? abranli (Wavre), s. m., celui qui fait de l'«abranle» ou des 
«abranles» c.-à-d. des embarras. 

? abraules ou abrôles (Mont-St-Guibert), s. f. piur., niaiseries? 
C'est sans doute une altération de abranle ; voy. abranlî. 

abrayelè (Neufch., Wellin, S r -Hub.) abrayeler (Monceau-sur-S.), 
*abrôyeler (Chapon-Seraing), abrôler (Bourlers), v. tt. } accoutrer: 
surtout au participe : corne vos estez mau abrayelè! il est droldimint 
abrôyelé ; voy. abrôyelé p. 61 et abrâyer ; comparez les participes 
brayelé, dibrâyelé (Liège), dubrayelé (Lierneux), dibrôyeté (Nes- 
sonvauxj. 

abrâyer ou abrayer ( Wall, pruss.), abràyl (Vielsalm), v. tr., débrailler : 
| surtout rêfl. s' — : s'étaler sans gène, les braies mal fermées : i 
n' fât nin s'abrâyi ainsi. Quand 1' pont des marones a clapa touméve 
trop bas, ons èstût droldimint abrâyî (Viels.) ; | (Wall, pruss.) v. intr. t 
bâiller, être ouvert à demi : i-gn-a s'pâtalon qui-abrâye : i Preût 
bédé l' clore. C'est Pane, franc, abraier : voy. abrôyelé p. 61 et ci-dessus 
abrayeler. 

abrèssàhe (Vottem), abrèssâhe (Glons), 5./., embrassade. 
abréyl (Liège), v. tr., abréger ; voy. abrédjî. 
abrévièdje (Liège), s. m., abréviation. 

* abri (Thuin, Berzée, Offagne), s. m., abri. 1 A Malm. s'emploie seule- 

ment dans : i n'a noul abri (= logis). 

abrideler, I. v. tr. f (Weismes) 1. brider et, par ext., harnacher (un 
cheval); — i-fig- accoutrer : t'es droldemint abridelé! voy. abràdeler, 
èbrider. 

IL v, intr. y (Liège et environs) accourir précipitamment : il abridela 
corne on lîve ; voy. brideler et abideler. 



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— io6 — 

abridjer (Ucimont), «se hâter» ; voy. abrédjî. 

abriter, v. tr., abriter. 

*abriyolè, v. tr., i. (Neufchâteau) enduire d'excréments; comparez 
d'briyôder, tnême sens, à Robertville et à Faymonville. 

z.fig. (Neuvillers-Recogne) bousiller, exécuter (qqch) avec négli- 
gence : vous n'astèz nin sogneûs : vous ôz bintôt u abriyolè c't 
ouvradje la 1 

Fabrokeler (Verviers), v. intr., syn. de abrokî = se précipiter sur: 
dj'abrokeule = dj'abroke. 

abrokener (Andenne), v. tr., accoutrer : il est mau abrokené ; 
v. réfl. s' abrokener; voy. ablokener. 

* 2. abroker (Cortil, Wavre), abroki (Genappe), v. tr., n'a pas le sens 
de s'élancer vers, fondre sur — ce qui se dit : si dorer d'ssus ; — mais 
bien de s'introduire (dans une maison) en intrus, sous un prétexte quel- 
conque : il abroke todi vêci (Cortil). Est-ce dans cette région seulement? 

?3. abroker (Herbeumont), v. tr., « mettre sur un meuble, dans un 
coin, mais de manière visible. » Exemples ? 

abroketer (Liège), v. tr., mettre en perce; voy. i. abrokî. 

abroketeû (Liège), s. m., «cheville de bois servant à mettre en perce ». 

? * abrokeû. Nous n'avons pu réussir à identifier ce mot; serait-ce F homme 
qui met en perce le tonneau t ou le robinet f ou un synonyme de brokeû = 
poinçon, ou de abroketeû ? Le mot n'est connu que par le Die t. manuscrit 
de dethier [</<* Theux]. 

? * abronde, signalé à Vielsalm/<jr BODY, Voc. des tourn., avec le sens de 
escarpolette, n'est reconnu par aucun de nos correspondants. 

abronker (Robertville, Faymonville), v. intr., i. en parlant du taureau 
ou de la vache, s'avancer tôt bronkant, c'est-à-dire à pas lents, l'air mena- 
çant : loukez a vosse sogne, ca 1' tore abronke; - z. en parlant d'une 
personne, s'approcher d'un air maussade ou méchant ; [anc. franc. 
abronchier] ; voy. bronker (= franc, broncher). 

abrontchi (Dailly-Couvin), accoutrer [anc. franc, embronchier] ; voy. 
ablondjé et bronker. 



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— 107 — 

* i. abrotchl, v. intr. t jaillir impétueusement vers; voy. 2. abroker. 
Autres formes-, abrotcher (Lierneux, Wanne, Bra-sur-L., Faymonv., 
Robertville, Laroche); abrutchl (Aywaille). 

* 2. abrotchl (Givet, Dinant, Ruwette-lez-Virton\ v. tr. f embrocher. 

| abrotchè (Neufch., Neuvillers ?) mettre en perce ; syn. mète la 
brotche ou la crâne ; voy. 1 . abroker. 

* s'abrouhener. Ce verbe ne nous était connu que par le Die t. manuscrit 

<&Detrixhe (de Stavelot), qui le traduit par su rèstrôkeler. Grâce à nos 
correspondants , nous pouvons reconstituer la série sémantique, probablement 
au complet. - GRandgaGNage-schbi.BR II 507 rattache avec raison 
brouhène à r allemand brauch (usage) ; abrouhener est donc l'équivalent 
du moyen-haut-allemand ge-brûchen mit -- lier commerce avec (qqn). 
Le wallon en a tiré: 1. (Nandrin), s'accointer: dji v' disfind di v's 
abrouhener avou ces djins la. D'une personne qui tarde à rentrer , on 
dira : i sèrè co bin sûr abrouhené avâ lès vôyes avou Piére ou Paul ; 
d'où, (Coo) se rassembler : i vont s'abrouhener duvins e' manèdje la ; 

— 2. CBeaufays) s'introduire, .s'habituer doucement dans une maison 
autre que la sienne; mot vieilli; on dit plus couramment prinde brouhène ; 

— 3. (Stavelot, rare), par ext., se cacher, se blottir. [A Wanne, 
s'acrouhener ? voy. s'abouhener.] 

? * 8'abrouti n'est signalé nulle part. 

* abrouyè (Neufch.), abrouyer (Bourlersj, abrouyi(Ghinv, Couvin), 

v. tr. t embrouiller : dj' m'ai abrouyè a f'jant ç' compte la (Neuvillers). 

'abrani (Chiny), abrouiné (Ucimont), s. m., seigle ergoté (et non : 
nielle). 

abrunkl (Bourlers), v. tr. t enduire d'excréments? 

2. absinter (Monceau-sur-S.), v. tr., mélanger (du genièvre) avec de 
l'absinthe : absinter 1' genive. 

'àbson (= cham pignon) T Cette forme n'est signalée nulle part. — En 
revanche, nous avons recueilli: aubson (Namur), aubuchon (Bour- 
lers), aubu8Son (Virton, Couvin), aubussan (Chiny), aubuisson 
(Vonèche), aublisson (Rienne, Ucimont, Gros-Fays), aubisson 



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io8 



(Xeuvillers), aubissan (gaum.). | La définition de pirs. est erronée : 
tous ces mots désignent le champignon en général, || Connaissez-vous 
laubson ou laupson ? Avec quel sens ? 

absoute, s./,, absoute. 

âbu [â = a mi-nasal] (Verviers), 5. m., t. techn., embu, opération qui 
consiste à donner plus d'étoffe que de doublure dans une couture 
pour avoir du renflement, surtout au dessus de la manche, Cam. Feller, 
Voc. du tailleur d'habits B 45, 175. J ambu ou rintrèdje ( Vielsalm). 

* a bue, loc. adv., voy. bue. 

* abudè (Givet-Neuvillers), abuder (Gros-Fays), abudèy (Chiny, 

Prouvy), abeuder (Ucimont) ; | abudenè (Neuvillers) ; | abuker 
(Andenne), abukèy (Chiny, Prouvy), abouker (Herbeumont) ; 
| abeuter (Offagne). Tous ces verbes sont transitifs et signifient 
caler, buter, appuyer contre qqch. qui arrête, étayer ; ils s'emploient 
surtout au réfléchi : s'abudè (Givet), s'étayer ; s'abeuter (Offagne), 
/. de charp. t se buter, par ex. une poutre qui vient s'appuyer contre une 
autre. || Nous désirons des exemples comme les suivants: i faut abudè 
lès brantehes du ç' pwariè la : il est trop tchèrdjè (Neuvillers, d'après 
M. Cam. Robert): v'ia in meurqui s'a va : i fàrit r abudenè (ibid., 
d'après M. Goffinst). || Synonymes : astoker (Herbeumont) ; arayè 
— enrayer une roue, une vis (Neufchâteau) : çute vis' la est arayéye. 
Dj'ai arayè m* tombereau pou n* nin culbuté. 

abudè (Neuvillers-Recogne), s. m., étai, étançon, pièce de bois 
placée pour soutenir par ex. un mur qui menace ruine : ç' moye (meule) 
la pantche, il î faut en abudê. 

âbulâce [â = a mi-nasal] (Verv., Hervé), s.f., ambulance. 

* abus (Nivelles), s. m., erreur : il a bramint d'abus dins tout ç'qué 

vos rabrons'nez. | abeus (Gros-Fays) = abus? erreur? 

abuscàde (Monceau-sur-S.), s./., embuscade : s'mète an abuscâde. 

* s'abuskè (Neuvillers-Neufch.), s'abusker (Lierneux, Ucimont, 

Gros-Fays), s'abuskèy (gaum.), s'abuskl (Monceau-sur-S., 
Bourlers), s'abeusker (Herbeumont, Offagne). v. réfl., s'embusquer. 



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— IOQ — 

abusai, adj.. voy. abtssé. 

8'abutrr \e = è] (Ath), v. réfl., se placer devant le but, viser au tir au 
berceau : abut*z-vous bien — but*z bien vos côps. || abeuter, abu- 
denè, voy. i. abudè. 

* 2. abuvrer (épouvanter, etfrayer). Signalé à Berzée, Monceau-sur- 
S. // Wavre. Exemples : abuvrer l'vilàdje avou 'ne mwéche nouvel e 
(Berzée): n'abuvrèz nin co tous lès djins ( Monceau -su r-S.) : il est 
ruv'nu sô : il a abreuvé tote si famile (Wavre). 

abwàmint (Quaregnon), s. m. t aboiement: voy. abaye, abayemint. 

* abwàrgnl (Namur, Andenne, Houff., Dinant), abwèrgni (Huy, 

Amay, Darion, Chapon-Seraing), abôrgni ? (Lodelinsart), v. tr. t 
éborgner. ' 1 m'a vindu dès chous abwârgnîs (Namur) = des 
choux de mauvaise qualité, dont le cœur a été détruit et qui produisent 
des rejets, Alph. Maréchal. 

? abwèhener (Bra ?), voy. abohener. 

abwèrgner (Amay), abwèrgnl (Liège), v. tr., lorgner à la dérobée: 
voy. abwagnî, p. 63, et bwèrgnî. 

* abwèsseilèdje, s. m., action àïabwèssener (combuger ; amorcer le 

poisson, etc.): — 2. (Trooz) ce qui sert à amorcer le poisson: voy. 
abwèsseneûre // abwèssenêye. 

'abwè&sener, v. tr., 1. assaisonner, rendre une boisson agréable à 
prendre : in-abeûre bin abwèssené (Liège): — 2. abreuver, donner a 
boire : abwèssener les ovrîs (Namur) : il est bin noûri et bin abwès- 
sené (Namur, Dinant) = il a bonne nourriture et bonne boisson: 
abwassener (Malm. vill.) = « abreuver, mettre sur le tonde boire » : 
abwassené (HoufF.) — légèrement pris de boisson; — 3. combuger 
un tonneau neuf, mouiller une pipe neuve, échauder un vase, pour leur 
ôter le tnauvais goût : par ext. étrenner, employer pour la première 
fois, mettre au point : abwassenî (Vielsalm) — commencer un travail \ 
èle èst-abwèssenêye (Thimister, Fléron) — elle a eu un enfant ; 
l'abcès s'abwèssenèye (Vottem) _= est prêt à percer ; — 4. (Liège), 
/. de pêeh., amorcer F eau en y jetant certaines substances: aussi t. de 

3 



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- 1 10 — 

tenderiet [Syn. amwècener (dérivf de amwèrcî).]. Au fig. abwèssener 
on bon handèl (Liège) = amorcer une bonne affaire. || Autres 
formes : abwassener (Stav., Spa, Malm.), abwachener ? (Malni.), 
abwèhener (Wegnez), abwèssenè (Marche, Dinant). 

abwèsseneûre (Liège, Comblain), s. /., /. de pêch., amorce jetée à 
l'eau, tout ce qui sert à abwèssener une place pour y pêcher : mète di 
l' abwèsseneûre ou dès abwèsseneûres. 

abwèssenêye, s.f., mente sign. : i bètche!... il est vréy qu'avou noste 
abwèssenêye ! a. xhignesse, ms. 



ADDENDA : 

abouloter (Monceau-s.-S., Mont-s.-Marchienne), v. tr., rouler en boule 
(dèl linne, du filet, etc. .-_- de la laine, du fil, etc.). 



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VOCABULAIRE-QUESTIONNAIRE AC 



ac', s. m. ouf. t acte, dans ses divers sens: acte de notaire, acte de 
comédie, acte de foi, etc. : action : fê d' ses ac' (Mons) = faire des 
siennes, commettre une incongruité. | On dit aussi acte, à Mons 
delm., à Namur pirs. 

aca gg. II, 495, dans ^expression on bwègne aca = un borgne ...? Où 
emploie- t-on ce tnot f et dans quel sens ? GG. citait comme référence le die t. 
wallon manuscrit du namur ois zoude. 

acabit rem 3 ., s. m., acabit. 

acâblant (liég. , verv.), acâblant (ard.), acaublant (nam.), aca- 
brant (Tourcoing), adj., accablant. j| acâblèmint (liég. for.), 
acâblèmint (Andenne, ard.), acâblumint (liég. goth. ; verv. rem 2 , 
lob.), acabèlmint verm., s. m. } accablement. || acâbler, acâbler. 
v. tr. t accabler. 

acacher (Mons delm.), v. tr., chasser vers. | Liég. atchèsst. 

acacia for., goth., acacia (rem 2 ., lob., Soiron), acazia( Andenne), 
arcacia (Gistoux), s. m., i. acacia; — 2. robinier ou faux-acacia, 
nommé aussi copia. 

acadelèdje (Vielsalm), s. m. f ironiquement \ action de se parer, 
parure, accoutrement. || acadell (Vielsalm), v. tr., ironiquement, 
parer, accoutrer ; voy. acadelèdje, agadeler. 

acadèmèye ou académie, académicien ou acadèmichin, académique, 
acadèmiquemint, mots d'emprunt admis par rem. ou for. et que 
nous citons pour mémoire. 

Pacader (manuscrit for.), v. tr., atteindre, parvenir à. 

? s'acagnarder (Andenne), v. réfl., devenir grincheux (?). Comparez 
cagnèsse. | Le dict. picard de corblet contient acagnardi : amolli par 
paresse ou par l'âge. 



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— 112 — 

acahoter for., lob., p. tr., proprement arranger à « cahote », donner 
forme de * cahote * (cornet de papier), d'où disposer grossièrement : 
acahoter in-èfant : comparez le franc, fagoter. 

acahuter (nam. gg.) ou mieux acayu ter (nain.), v. tr., disposer gros- 
sièrement, sans art, comme on fait d'une cahute, nam. cayute (hutte 
de feuillage). I ? s'acayuter existe- t-il dans le sens de se blottir (comme) 
dans une cayute ? Comparez s' racayuter (Meux), s' racayeuter (Perwezj. 

acalcloûter ou akécloûter (Malmedy vill.), v. tr., enjôler, 'i acal- 
cloûtèdje (Malm. vill.), s. m., enjôlerie. | acalcloûteûr du tâtes 
as p'titsèfants (Malm. vill.), s. m., enjôleur. 

acalmer ou akémer (liég., verv.), v. tr., empoigner par la «kême» ou 
chevelure, d'où attaquer, injurier; -- p. réfl., se prendre aux cheveux, 
se disputer. 

acajou, s. m., acajou. ; arcajou (goth., ard., Viesville). 

acalandadje, acalandèdje, s. m., achalandage. || acalander (liég., 
verv.. ard.), achalandé (Char leroi), v. tr,, achalander. | Part. passé 
acalandé, i. achalandé: — 2. (Stavelot) par ext., très bien fourni. 
i, ? acanler, qui est dans les poésies de GILLKS li muisis (Tournai), 
n'existe- t-il pas en wallon avec le sens de pourvoir de «canles», c'est-à- 
dire de chalands ? 

acali rem 7 ., for., s. m., alcali. || acalin, fém. acalène for., adj. t 
alcalin. 

acalinèdje for., goth., s. m. } accointance avec les «câlins », la canaille. 
M s'acaliner for., v. réfl., fréquenter les «câlins», s'encanailler. 

acaloûrder (Ardenne, Famenne), v. tr., tromper, attraper. | Comparez 
abaloûrder, aloûrder, amiloûrder. 

acanalyer rkm. 2 , lob., v. tr., encanailler: ! acanayl (Monceau-s.- 
S.), mettre avec de la canaille, rendre canaille : tromper, voler (?). | 
s'acanayi (gaum., Charleroi), 8'acanayè (Marche-en-Fam.), s'aca- 
nayi (Monceau-s. -S.), v. réfl., s'encanailler. 

acanedozer (Malin, soius), v. tr., * habiller, fagoter; fig. rosser. ! 
v. réfl., se rosser. » Il Le v. simple canedôzer signifie cajoler à Liège. 



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- H3 - 

acaparèdje for., lob. et acaparemint, s. m., accaparement. , aca- 
parer for., rem., lob., v. tr. t accaparer. | v. ré/!., s'emparer. 
| acapareû,./?**. acapareûse, s., accapareur, accapareuse. 

acaper (Tourcoing), v. intr., échapper. 

aoar (Tourcoing), s. m., dans fi d'acar = fil d'archal. | Liég. ftrca. 

? acarier, v. tr. Il doit y avoir un mot roue h i acarier ou akèrier, équivalent 
du liég. atchèrî ^= charrier vers. 

acaroyl ou acarohi (Nam. pirs.), v. tr,, terme d'ébénisterie, aplanir, 
dresser une pièce de bois ; voy. acôroyî. 

acasaker gg., v. tr. et réjl., « soupçonner, douter, imaginer * ? gg. cite 
comme références les dict. mss. de duvivirr et de dk jakr : il propose 
îétymologie a case qui .* il faudrait alors lire acasaker i ' Nous pensons 
plutôt à un sens primitif saisir par la casaque ; comparez acaîmer. 

acàsion, acâjon, acausion lob., acasion (Borinage), s. f, occasion. 
| acasioner, acàjoner, acausioner lob., v. tr., occasionner. 

acasser (for., renikr Spots rimes p. 49, ms. dkthier), acassè (dasn. 
Xeufch.), v. tr. et réfi., presser, serrer, tasser, affaisser, terrasser. Le 
sens premier n'est-il pas tasser dans une caisse ou < casse * : Voy. GG. 
ècasser, ccassî. | ascasser lob., tasser ; s'ascasser. s'entasser, s'en- 
caquer; | ascassé lob., adj., compact. 

acat, acater, acateû (Mons, Tourcoing, etc.), achat; acheter, acheteur. 

! achat (liég., verv.), s. m., achat, j achèt (liég. for., verv.), s. m., 

achat, acquêt ; syn. akète vux., s. f. , acheter, acheteù (ard., 

nam.), v. tr. et s. m. % acheter, acheteur ; | Mal m. acter, ad'ter: 

| liég. atcheter, verv. ètcheter. 

a-cat' (liég., verv., nam.), a-cats (ard.), interj., au chat ! 

S'acatiner (Villettes-Bra), v. réfl., s'alourdir, rester oisif au coin du 
feu. Voy. ci-après s'acoutiner. Comparez s'ècatiner et si d'eatiner. 

a-cavay (liég.), a-cabay (verv.), 1. adv. f à cheval, à califourchon : — 
2. s. m. pi., objets et mouvements encombrants. 

acàvèy (gaum. : Tintigny), akévèy (Prouvy ?), v. tr., encaver. \ Liég. 
ècâveler. 



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— ii 4 ~ 

?acaweu)B., s./. ?, accul, acculemcnt, état d'une charrette ayant les 
timons en l'air. | // n'y a probablement pas là de subst., mais la locution 
qui est dans mète li tchèrète a cawe, aler a cawe. 

acawè (Neufch. dasn.), akèwè (Givet), èkèwl (Meux), v. tr., 
accouer, c'est-à-dire lier le licou d'un cheval à la queue du cheval qui 
précède. 

acawèy (Chiny), acowèy (Tintigny), akeuwé (Viesville), part. 
passi t qui reste attaché après la copulation (en parlant des chiens) : 
lièg. ècowé || s'acower (ms. deth., sans traduction). | akéwè 
(Vonêche, Givet), v. tr. 9 accoupler, se dit seulement des chiens ? Com- 
parez inkeuyer sig. p. 160, même sens, et ècower for. (emmancher 
un balai, un brosse). 

acayeté (Neufchâteau), acayetèy (Chiny), v. tr. y \. affubler, fagoter: 
— 2. einbobeliner, enjôler ; — 3. dasn. combiner, agencer, toujours 
ironiquement. \ Composé de cayeter (tricoter des dentelles.) 

ac'bwagni (Hannut, Crehen), v. tr., lorgner vers, guigner, préempter, 
dans les jeux d'enfants ; voy. abwagnî. 

accéléré for., part, et adj., accéléré.. 

accent ou aeçant for., accint (ms. deth.), s. m., accent. || accentèdje 
ou acçantédje for., s. m., accentuation. || accenter ou aeçanter 
for., goth., dasn., p. /f., accentuer. | Connatt-on accint er, accintèdje? 

acceptant,//;;?, -ante, for., ad/., concessionnaire. [j accepta ve for., 
goth., lob., accéptàbe rem 2 ., accéptâbe (Ardenne), adj., accep- 
table. |i accéptâcion, s. /., et accèptèdje for., lob., s. m., 
acceptation. || accepter, v. tr., 1. accepter; — 2. admettre, consentir, 
accorder. |j accépteù for., s. m., t. de banque, accepteur. 

accès, 5. m. f 1. accès, abord; — 2. attaque, crise : i li prit-st-in-accès. 
|i accèssibe ad/., accessible. | accessit' for., lob., s. m., accessit. 
Il accèsswêre, adj. et s. m., accessoire. || accèsswèremint, adv. 

ac'chèwe (Thimister-Clermont), v. tr., atteindre. Part, passé : 
ac'chèwou ; voy. ac'sûre. 

accidint, s. m., 1. accident, malheur inattendu; — 2. (Nam. wérotte) 
infirmité; — 3. (Nam. F. d.) accidint d' cure = caauel d'une cure. 



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- H5 ~ 

accidiaté (Hervé, tns. demonty, Nam. pirs., Andenne, sig., Quare- 
gnon), accidenté rem., lob., part, passé, atteint de. affecté de ; syn. 
ac'sû. | Employé sans complément (Viesville), qui a un défaut physique: 
syn. aflidjî. 

accidintél, adj., accidentel. || accidintélemint, adv. 

accinse, s. /., accense ou acense ; par ext. terre qui dépend d'une auire. 

accinsèdje, accinsemint for., s. /«., action d'annexer un bien à un 
autre. 

accinser rem. 2 , acinser lobet p. 53, accinsl forir, accinsi et 
accôssl rem.', achenser verm., v. tr., joindre un bien, un objet 
d'administration à un autre ; par ext. réunir sous la même division : — 
2. prendre à cens, à bail. 

?accinseûr (//«. deth.), s. m., [celui qui donne ou prendkà cens ?] 

aociper (Stav., Faymonville-Weismes, Malin., Cherain, Sprimont, 
Charl., Monceau-s.-S., Mont-s.-M.), accipl (Vielsalm), acciper ou 
accipier verm., accipèy (gaum. : Tintigny), v. tr., dérober sournoi- 
sement ou par plaisanterie, subtiliser, filouter. 

accipeù,//m. accipeûse (Monceau-s.-S.), 5., celui ou celle qui accipe. 

accipiâ-grawià (Stav.), pseudo-latin employé adverbialement, en agrip- 
pant, par filouterie. 

accise, s./., accise. ' accisien ou accisyin, s. m., accisien, commis 
des accises. 

? acçon, à côté de lapeçon (Spa, Visé, Meetïe), s. m., laiteron, sonchus 
oleraceus. 

ac'diner (liég.), dj'ac'done, dj'ac'donrè, // ac'doner lob., r. tr. t 
accorder, permettre : li djoû l'ac'done, i s' fàt d'vèrti (ms. bailleux) : 
v. ré/!., s'adonner à. | Partie, passé ac'diné et ac'doné = adonné à, 
accoutumé a, enclin à. 

aedicion, s. /., addition. || acdicionèdje lob., s. m., action d'addi- 
tionner. Il aedicioner, v. tr., additionner. || acdicionél for., adj., 
additionnel. 



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- n6 - 

ac'djonde, v. /r., adjoindre; joindre, accoster. 

ac'dûre (liég., verv., ard.), acodûre (Andenne. nam.), acondûre 
(Mons sig.), v. tr., i. conduire vers, amener, accompagner; — 
2. accorder, admettre. 

Facenser, dans le B 10, 43 : lès maîsses sont si si règnes qu'j n' fait pus 
a lès acenser. Faut-il traduire par encenser ? par approcher ? ou y voir 
le verbe acinser dans le sens de faire un contrat de louage? ou lagtaphie 
est-elle mauvaise f 

acèrtiner, v. /recertifier, assurer qqch ; par ext. assurer qqn, protéger. 
', acertinerie (Malm. vill.), s. /., acèrtinèdje (Malm. scius), 
s. m., assurance, promesse, affirmation. 

ac'froy (Fay mon ville- Weismes), v. tr., défricher, déroder ; voy. afroyî, 

froyî = frayer. 
achandi (Neufch. dasn.), v. tr., échauffer. | Liég. èhandi. 

achÂmèdje for., 5. ///., acharnement. |j achàrnèmint for., acharnu- 
mint (verv.), achâmumint (Stavelot), achàrnèmint (Andenne), 
acharnemint (Quaregnon), s. m., acharnement. || s'acharner, 
s'acharnera s'acharner, v. rèfl., s'acharner. 

achau (Mons sig. p. 204), atchau (Nam.), s. m., hachoir, hache de 
cuisine, [j achwa (Mainvault, Inventaire de 1785), 5. ;//., hachoir (dans 
quel sens ?). 

1. ache ou mieux aje (rouchi), s. m., âge. | Liég. ad je. 

2. ache (Mons sig.), s./., ais, planche, corniche sur laquelle on étale 
les ustensiles de cuisine. | âche (Namur), 5./., terme de verrier, lieu 
o": l'on place les verresqui doivent être recuits. Voyez achèle, achelète, 
ahelète. ] ? âche (Neufch.), 5. /., âge, haie ou flèche, partie de la 
charrue. 

3. t ache (bormans-body, Gloss. rom.), s. /., échée, écheveau. Ce mot 
est-il encore usité ? Comparez èchè, èki et voy. 2. achève | Est-ce le même 
que ache, aiche GG. II, 546 ? 

âche ou mieux àje (ard., gaum., rouchi, Tourcoing), s. ;;/., aise, 
jouissance. || adj. } aise, content. | Liég. âhe. 



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- H7 — 

achèle (Mons sig., Douai verm., Tourcoing), achale(Cherain), s.f, 
étagère d'une ou plusieurs planches pour recevoir les ustensiles 
déménage. Connaissez-vous le diminutif achalète, achelète, ahelète? 

i. achelôye (Vonèche, Dinant, Namur, Profondeville, Lesve, Wavre), 
acheléye (Marche-en-F.), * adée + : pirs. II, p. 358, 5./., « fais- 
ceau de tiges de blé ou de brins de bois, que l'on n'a pas encore 
arrangé ni lié » gg. II, vu, ou plutôt ce qu'on peut en emporter sous 
l'aisselle, « aisselée », brassée (Vonèche, Profondeville, Marche), 
faisceau (pirs.) : d'où par extension : 

1 . cohue, affluence, foule, presse (gg. I, h : F. n.) ; 

2. portée de jeunes cochons : marmaille (Namur) ; 

3. mêlée, imbroglio, discussion embrouillée (Profondeville) ; 

4. paquet d'eau, averse (Dinant, Lustin): 

5. traînée, suite (Wavre) : 

6. affaire : miner l'acheléve al coiisse (Jodoigne). 

Liég. ahelêye for. Comparez, comme noms de quantité, vacheléye, 
cowêve, chorsêye. 

2. achelée (Nam.), s./., suite d'éclats de rire. || acheter (nam.), 
• v. intr., rire aux éclats. || acheleû (nam.). 5. m., celui qui rit aux 
éclats. | Liég. hahelêye, haheler, haheleû. 

achèlier (Flandre wall. vf.rm.). s. m., constructeur ou loueur de 
barques. 

achelin*( Flandre wall. verm.), s. m., planche mince, feuillet de bois, 
volet fait de ce feuillet ; roy. 2. ache et achèle. 

achellre, ahellre (ard., gg. II, 496), s.f., *lieu d'où on extrait 'de 
l'argile*. 

achemé (Nivelles), achemè (Marche-lez-Kcaussines), achenè, fém. 
achenèye(Mont-s.-M., Monceau-s.-S.),/<xr/. passé, paré: mau achemè 
— mal vêtu, bizarrement accoutré. Ne s'etnploie-f-i/ qu'au part, passé f 
cf. rachemer (Tournai), mal vêtir. Cest l'ancien wallon acemer, 
anc. franc, acesmer, achesmer. 

achénau (Neufch. dasn.), achènau (gaum.: Rossignol), s. m., chéneau. 
chenal. 



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- Ii8 — 

achepoter (Mons sk;. p. 204). achepèter (Monceau-s.-S.), r. tr., 
1. gâcher un ouvrage, sabrenauder; — 2. (Monceau-s.-S.) faire tous 
les métiers sans réussir dans aucun; — 3. Faut-il accepter le sens de 
écraser, déchiqueter que sigart donne à ce mot, peut-être en raison 
d'une fausse êtymologie ? 

achepoteù (Mons, d'après verm.), achepèteû (Monceau-s.-S.), s. m., 
ouvrier maladroit, gâcheur d'ouvrage. 

achète (Xamur, ms. dk p.. Douai verm.), s. /., assette ou aissette, 
marteau de couvreur et de plafonneur, hachette de tonnelier. 

ac'heûre, v. tr. t secouer (pour faire tomber) vers ? j s'ac'heùre 
(Malm. vill.), s'ac'hoy (Faymon ville), v. ré/!., se secouer, pour 
faire descendre les aliments, pour activer la digestion. En parlant 
du temps : lu timps s'ac'heût -.— le temps se secoue, se dégage et, 
par conséquent, s'éclaira t. 

achèvadje (Nam. f. d.) et achôvemint (liég., verv., ard., nam.), 
s-, m., achèvement. , achever (ibid.), achevé ((iivet),r. tr., achever. 

1 . achève (Hesbaye, gg., for.), 5. /., bardane, arctium lappa L. t plante 
appelée ailleurs pice-cou, ponte-è-cou, aflitche, caiwe, etc. 

? 2. achèye. Le Dict. ms. de dethibr (de Theux) indique « achaie», sans 
traduction ; B. D., Choix de chansons, p. 69, donne «achaie* dans un 
texte de 1631 : dji r'prind mi-achèye, traduit en note par : je reprends 
mon ancienne manière de vivre, ma routine, et reproduit par gg. II, 
546, qui en rapproche le nam. achelée. I Xe serait-ce pas le franc, échec, 
écheveau à filer ou à dévider ? Voy. dans GG. II, 547, la note de 

SCHELRR. 

achi (gaum., St-Hubert, Vonèche, (iivet), s. m., essieu : voy. assi. 

1. achie (bormans-body Gloss. rom. ; ug. II, 547 ; B 8, 6), s. /.. 
bécasse; anc. franc, acie. 

2. achie (Mons sig., p. 204), s. /.. faute grossière, imprudence, 
sottise. 

achiner (Nam., Lesve. Andenne, Stavelot, Malm. vill.), achinè 
(Marche), v. tr,, 1. échiner, éreinter ; — 2. (vill.) assommer. | 
v. ré/!., s'échiner, s'épuiser. 



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— 119 — 

achlr (verv., Monceau-s.-S., gaum., Chiny), achlde (Monceau-s.-S.), 
asslr (lièg., gaum., Chiny), v. tr., asseoir : v. rêfl. s'asseoir. | 
Part, passé achî ou assî (Chiny), achî, fém. achite (Wavre), assiou, 
fétn. assiowe (liég;. On dit aussi en verv. achou, achans-nos, achez-ve 
par ipaiss'ssement de sy en ch. 

achis (Tourcoing), s. m., hachis; j liég. hatchis'. 

achitotô LOB., qui donne aussi atitoté, part, passé, attifé, accoutré. 

s'achochener (Mons délai.), v. réfl., se rendre familier dans une 
maison étrangère; voy. assocener (— associer) et soçon. 

achone (Givet), adv., ensemble ; I liég. èssonne. 

achopemint for., rem 2 ., lob., s. m., achoppement. || achoper (Mons 
dklm.), v. tr., arrêter, entraver. 

achoradje (Ancienne), s. m., égorgement. , achorer (ard., nam.), 
v. tr., égorger. '| achoreû (ard., nam.), s. m., égorgeur. | Nord- 
wallon : ahorêdje, ahorer, ahoreû. 

achôrèy (gaum. : Tintigny), èchôrèy (gaum. : Prouvy, Chiny), 
èchàrer (ard.), v. tr., effrayer, disperser, mettre en déroute. 

achourdi (gaum.), v. tr., assourdir. , achou rdichant (gaum.), ad/.; 
| liég. assourdi, assoûrdihant. 

achoûter (ard., Laroche, Xamur, Givet, Monceau-s.-S.), r. tr., écouter 
vers qqn, tendre l'oreille à ce qu'il dit : venez achoûter droci 
(Monceau) ; s'emploie surtout à l'impératif pour interpeller : achoûte 
= écoute (vers moi). , acouter (Mons, Ath, Tournai, Tourcoing, 
Douai, sig., verm.), ascouter (Mons, Viesville), v. tr., écouter, 
obéir; | liég. hoûtèr, ard. choîîter. 

achover(ard.), v. tr., balayer vers : liég. ahover. 

achûr (Chiny), v. tr., abriter? | surtout v. rêfl., s' mète a chû = 
*à l'essui », s'abritercontre la pluie : 'nez -a v' achûr — venez-en vous 
mettre * à l'essui » ; | ard. houri, s' mète a houriche. 

i. aoi (Marche, Givet, gaum.), s. m., acier: voy. acîr. 



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— 120 — 

2. ad (gaum. : Tintignv, Chiny), s. m., couche de pâte noire et com- 
pacte qui se forme entre la mie et la croûte inférieure du pain mal 
levé ou mal cuit. | ED. liégeois, Compl. du lexique gaum., traduit par 
« acier ». N* est-ce pas plutôt le part, passé du v. asseoir employé sues tan - 
tivement et ne faut-il pas écrire assî? | Comment nomme- t-on chez vous 
cette couche de pâte non levée ? 

acide (i bref), s. m., acide. Le mot désigne un acide différent suivant le 
initier ; pour F armurier, cest l'acide sulfurique: pour le zingueur. 
l'acide muriatique. | Pharmacie : acide bourique = a. borique : acide 
di prîseûre = a. chlorhydrique. 

acider (Verviers), v. tr., t. technique, tremper laine ou déchets dans 
de l'acide sulfurique dilué pour « brû'er » ce qui y reste de chardon 
ou * pice-cou » . 

acin (ou assin ?), s. m., terre laissée en friche après un essartage et 
une récolte de seigle (Cherain) ; ancien bois, part de bois (Vielsalm). 

Acincion, s.f, Ascension. 

acin s (Cherain, Bodeux), i. acinser (ibid.), s. m. et v. tr., encens, 
encenser ; voy. ècins. ècinser. 

2. acinser lob. , achenser vkrm., accenser ; voy. accinser. 

acinte ( France >rchamps, Nam., Mons), acénte, acéte (Faymonville- 
Weismes), s.f, i. (Faym.) façades, murs sur lesquels repose le toit : 
il y a l'acéte de d'vant et l'acéte de d'rîr : 

— 2. (Francorch. magnée, B 6 II 92) < appentis : chambres qui se 
trouvent sous la partie la plus basse du toit » : 

— .3. [(Mons delm.) « sorte de toit en appentis: croupe » ; 

— 4. (Namur, j. borgnet et zoude, dans GG. II, x) aile d'une 
église, nef latérale : syn. li p'tite nêve ; 

— 5. (Namur, d'après GG. I, 328) petite cave. 

[L? anc . franc . aceinte a aussi les sens de enceinte ; basse nef : appentis.] 

acir (liég.), aci (gaum.). aci (Malm., Stav., ard., nam.. H uy, Vies- 
ville, Mons), ècir (Verv.), s. m, acier : èsse fait à fier et a l'ècîr 
(liég., verv.) — _: être fait solidement : èsse au fier et a l'aci (nam.) -= 
être à couteaux tirés [ Technologie : acîr londou = acier fondu ; acîr 



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— 121 — 

discût acier qui n'a pas subi la seconde trempe ; acîr infernal = 
acier sans trempe : acîr à tchèrbon d' bwès . acier de cémentation ; 
acîr a deûs, a treûs marques = acier qui a subi autant d'affinages que 
la barre de métal porte de marques : acîr al savate acier azoté. 

! Locutions : boules d'acîr, remède populaire ; flin d' acîr, outil de tanneur ; 
" hovelète d'acîr — brosse en fil d'acier ; pwinte d'aci (tôleries de Huy) 
= griffe. | Comparaisons : deûr ou trimpé corne l'acîr, corne di l'acîr =: 
dur ou trempé comme l'acier. 

aclrèdje, aclrer, s. m. et v. tr., termes de forge, etc., aciération, aciérer ; 
acéradje, acérer (Andenne). j aclrerèye for., aclrèye goth., 
s./., aciérie. \ aclreû, /?;/*. acireu.se for., lob., ad/., aciéré. 

acjèctif for., lob., s. m., adjectif. || acjèctivemint lob., adv. 

aclaboter (Tourcoing), v. fr. t éclabousser : voy. clapoter. 

aclamàcion, âcion, -acion, s./., i. acclamation ; — 2. le plus souvent 
au pluriel, exclamations. '' aclamer, v. tr., aclamer. 

aclameùre (liég.), aclameure (Robertville), aclamûre (Malm. 
sous), 5. /., exclamation, criaillerie ; le plus souvent au pluriel, 
clameurs, cris de surprise, de joie, parfois plaintes bruyantes, cris de 
désespoir, d'angoisse. I Verv. èclameûre. 

aclapadje (Andenne), s.f., accolage. 

aclapant, 5. m., gai 11 et mollugine (Namur) : gai 11 et aparine ou gratteron 
(Hermeton), nommé pice-linwe à Fosses. 

adape (Andenne), 5./., attache. 

aclaper (liég., T,OB.,nam., carolor.), aclapè (Marche. Givet), aclapl 
(Vielsalm), I. v. tr., coller a, appliquer à, adosser à, au propre et au 
figuré ; \ faire au galop (Vielsalm) : ! aclaper 'ne drôle di loukeûre 
(liég.) -— lancer un drôle de regard. | v. réfi., se coller, s'attacher, et 
spécialement vivre en concubinage (Andenne, Namur), syn. de s'aplaker : 
— s'attirer ; — s'adosser, s'acculer (mss. vill. et baiixeux). || 
II. v. intr., aclaper as mains, as deùts (Verv.) — coller aux mains, 
aux doigts. 



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— 122 — 

aclapéye (nam.), s. f., i. /. de maçon, action d'appliquer par jets du 
mortier (;;«. de P.) : — 2. corvée qu'on attrape, tribulation qu'on 
essuyé (Soin breffe, Dinant, Givet: Nam. pirs. II, 358). 

aclapeter (ms. dkth., sans traduction), v. intr., [venir en « clapetant » ?] . 

aclàrcii.OB., r>. tr., éclaircir. || aclérci(liég., verv.), aclerci( Monceau - 
s. -S., Mons), aclôrcir (Mons delm. ; Tourcoing), v. tr., éclaircir. | 
v. réfl., s'éclaircir, se dit spécialement du temps qui se rassérène, d'une 
foule qui s'écoule. || adéri (liég., verv., Stav., Comblain-la-Tour, 
Chiny), aclérir (dasn., mais dasnoy francise les formes), adèri 
(gaum. : Rossignol; Monceau-s.-S.), ahlari (Faymonville). v. tr., 
éclaircir (un liquide, un semis, une plantation), v. réfl.. se dit spécia- 
lement du temps qui se rassérène, des cheveux qui deviennent rares. 

aclasser, I. v. tr., (Faymonville) écraser, pincer (le doigt, la main) 
entre deux corps durs : syn. aclawer, àcraser, acrasser, èclaper. || 
II. p. réfl. et intr., (Stav. : Mal m. vnx.) s'apaiser, se relâcher, dimi- 
nuer : lu feu èst-aclassé (Stav.) = le feu commence à s'éteindre ; c *est 
Cane, franc, s'aclasser = s'apaiser, se reposer. Comparez nam. s'èclassî 
= s'assoupir gg. I, 186. 

aclatchl (Monceau-s.-S.), v. tr., lancer contre. 

aclawer (Wall, pruss., Neufch., Wellin, Monceau-s.-S.), v. tr., clouera, 
attacher à (Wall, pruss.): engager ou embarrasser une chose dans une 
autre (Neufch.). | v. réfl., s'engager les doigts dans qqch (Wall, 
pruss.) : syn. s'aclasser. 

acle (Nam. mss. boig. et de p.), s. m., anneau de la herse : voy. acra. 

ac'lèvèdje, s. m., /. dtagric, élevage. Dit-on ac'lèveû (éleveur) ? 

ac'lèver (liég., etc.). ac'lèvè (Marche-en-Famenne), r. tr., élever 
(une famille, des animaux), faire pousser des plantes : employé sans 
compL, être éleveur. | v. réfl., s'élever, se développer. 

aclimatâcion (liég.), s.f, dans djârdin d'aclimatâcion. || aclimate- 
mint, s. m., acclimatement. \\ aclimater rem. 2 , lob., v. tr., accli- 
mater. Le vrai terme wallon est ac'mwède. 



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- 123 — 

?aclinca (Spa Mohon, n rt 7), 5. ///., dans : i tchèdje 1' so 'ne bèrwète. 

aclinker (Tourcoing), v. tr., accrocher, attacher ? X' } est-ce pas mettre la 
clenche ? 

g'aclintchl (Fléron, Thimister), s'insinuer dans une réunion sans y être 
invité, proprement arriver en biaisant : syn. s'aflûtchî. 

ado (ou aclot ?). s. m., sobriquet des gens de Nivelles, sur lequel il 
n'existe encore que des contes étymologiques. 

aclopin, 5. m., massacre, c.-à-d. gâcheur d'ouvrage (Mons delm.), d'où 
jeune apprenti (rouchi), gamin, galopin (Charleroi). On trouve aussi, 
avec les mêmes significations , haplotin, aplotin (Mons) et haplopin. 
aplopin (Flandre wall. verm., Tournai et Liège d'après sig.). Cf. le 
franc, happelopin, galopin et clampin. 

aclôre, aclôs (gaumais), enclore, enclos. ' Liég. èclôre, èclôs. 

adotl (Monceau-sur-S.), s. m., mauvais ouvrier : voy. halcotî. 

ac'matchi (Chcrain), v. tr. } faire obtenir par son intervention (dans un 
marché ?) : dji lî a ac'matchi on bon vârlèt = je lui ai fait acquérir un 
bon domestique. 

ac'mèler (ard.), acomèlè (Vonêche), acoumèlè (Givet), v. tr., 
emmêler : syn. ki mêler (liég. j. 

acmèn'ter. Nous réunissons provisoirement sous ce titre des séries de 
formes et de sens qui remontent sans doute à deux types différents, mais 
qui se sont singulièrement enchevêtrées. 

I. Voyelle radicale è : 
agmenter, Dialogue inédit de 167s : 
acmèn'ter gg., for., Andenne : 
acmègn'ter (Ki., rem 1 , p. 18, ms. deth. 

De là acmèn'tèdje (Stoumont), acmègn'tèdje (ms. deth.). 

II. Voyelle radicale a : 

acmagn'ter lob., p. 29: d'où acmagn'tèdje, acmagn'teû ; 
acmay'ter gg. II, 497, d'après lob., p. 29. 

III. Voyelle radicale i : 
acmin'ter for., goth., p. i i ; 



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— 124 — 

acmign'ter a. colson ; avou l'acmign'tant concours di... (Mestré, 
I, 52, 4) ; aussi noté * acminglé * hub., * acminchter * goth. p. 3 ; 

acmidjeter gg. I, 18, rem 2 , p. 55; aussi noté * acmichter * j. defre- 
cheux et « acmigeter » bailleux. 

acmîyeter a. colson, acmiveter (Stav.). acmîter (Andenne), acmi- 
leter gg. M, 117. 

Significations : 

I. amasser, accumuler, amonceler, thésauriser (gg., d'où racmègn'ter, 
avec les exemples : racmègn'ter so lès vôves = ramasser sur les 

chemins, comme les chiffonniers, et racmègn'ter dès candes = 
rassembler des pratiques, grossir sa clientèle) ; acquérir petit 
à petit, empiéter (for. : F exemple qu'il donne nous fait croire que 
sa définition est beaucoup trop générale et qu'on est en présence d'un 
composé de magnî) ; acquérir, amasser, thésauriser, épargner, etc. 
(lob.); amonceler, épargner, thésauriser, accaparer (rem 2 .); accu- 
muler, amasser, amonceler (hub.): accumuler (goth. ) ; rassembler 
(Andenne); enchérir (Namur). | D'où acmagn'tèdje, 5. m., accession 
de richesse, c.-à-d. acquisition progressive: acmagn'teû, s. m., qui 
acquiert petit à petit, thésauriseur. 

II. attirer, apprivoiser, familiariser (for., ix>b. 29, gg. II 497, goth.): 
amadouer par des caresses (a. colson) ; rassembler, attirer (hub.) ; 
attirer autour de soi, rassembler petit à petit (gg., qui réunit ainsi 
acmèn'ter et acmidjeter) ; attirer, accoutumer, habituer (lièg., 
Stav.) ; v. réfl., se faire àqqch, s'habituer (liég.). ' D'où acmèn'tèdje, 
acmin'tèdje, s. m., apprivoisement. 

Prière à nos correspondants de noter les formes et les sens usités chez eux\ 
avec exemples à F appui. \ Y a-t-il des /ortnes qui n'aient fias le 
préfixe ac-, comme amidjeter, kimidjeter? 

s'ac'mèrl (Vielsalm), s'acom'hèrer (Stavelot), s'appeler (pour causer, 
pour se confier un secret, pour dire du mal d'autrui). L'actif est-il 
usité ? 

ac'minci (liég., verv.), ac , mincer(ard.), v. tr.. commencer. 

ac'miner, v. tr., promener jusqu'à, amener par des détours. 

ac'mostrer (Airdiè 39, 6, 1), v. tr., montrer, désigner, manifester : 
i s' fait ac'mostrer à deût, Alm. Lasnsèerg 1860, p. 49. 



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— 125 — 

i. ac'mwède (liég., verv., Wall, pruss., Huy). ac'mwàde (Andenne), 
atch'mwade viu.., acomwède et acomwade (nam.), ac'miède 
(Vottem), v. tr. f habituer, accoutumer, acclimater, apprivoiser ; 
v. rétL, s'habituer, s'accoutumer. |j ac'mwèrder (for. ; Condroz), 
acomwader (nam. f. ».), acomwarci (nam., mss. boicj. et dk p.), 
acoumôrdèy (gaum.), v. tr., mftne sens. \ Participe passé ac'mwért, 
ffon. ac'mwète for., ac'mwèrdou (liég.), acomwardu (nam.), 
habitué, accoutumé, acclimaté, apprivoisé. 

? 2. ac'mwède, dans eune laide ac'mwède (Condroz). s./., — un début 
désagréable, une acclimatation pénible. Ce doublet de ac'mwèsse existe- 
nt I réellement ? 

ac'mwèrti (Robcrtville),?'. tr., amortir, réduire en mortier (de l'herbe, 
de la salade, etc.). , ac'mwarti (Malm. snrs). v. tr., amortir, rendre 
moins ardent : accoutumer. Ce dernier sens provient sans doute dt une 
confusion avec ac'mwède et ac'mwèrder. 

ac'mwèsse (liég., verv.), acomwèsse, acomwasse, acomasse 
(nam.), ac'mèsse (renier Spots rimh, p. 56), s. /., action de s'accou- 
tumer dans un lieu, accommodai ion, acclimatation. Bone ac'mwèsse! 
(verv.), souhait d'heureux début dans une nouvelle installation. Mitche 
d'acomwace (I)enée), gratification donnée au porcher communal la 
première fois qu'il prend un porc dans son troupeau ; denier à Dieu 
en généra/ (SombreiVe). | /. de maçon, deux briques soudées ensemble 
par la cuisson (Xam. lambillion). bonne amie (Nam. pirs.) ; ; 
qqch dont on peut s'accommoder (Xam. lambiij.ion). 

aco (Stavelot, DOUTR. Noèh t 49), acore (Tournai, Tourcoing), adv. t 
encore. | Autres formes : èco, cor, co. 

acoche (liég., verv., Nivelles), s./., sacoche. 

acode (ard.), acude (gaum.), v. tr., 1. recueillir (les grains derrière 
les faucheurs), réunir (les jeunes filles pour les conduire au bal), 
rassembler (les porcs du village pour les conduire k la pâture), svn. de 
racoyî ; — 2. accueillir, attaquer (Erezée), syn. <fcacoyî. | Part, passé 
acoudou, fém. acodowe. 

acolàde (liég.), acolàde rem-., acolàde lob., s./., accolade, embras- 
sade ; /. d'écriture et d'impr., accolade. 

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— 126 — 

acoladje (Andenne), .*. m., collage. 

acolèber ( Hervé, Thimister), v. tr., procurer des pigeons, une «colcbe- 
rève » ; — v. réfl., se procurer une « colèberève », <f oit , par plaisan- 
terie, se marier. 

acolemint, s./., action d' * acoler ï> ; \ t. Je min., bwès d'acolemint 
= pièces de bois placées dans les parois des bures et auxquelles on 
boulonne le collier en fer qui sert à assujettir les pompes. 

1. acoler, r>. tr., accoler, embrasser, entourer ; | /. de min., assujettir les 
pompes au moyen d'un collier en fer. 

2. acoler (Staw, Andenne, Monceau-s.-S.), v. tr., coller ensemble ; — 
v. réfl., se mettre en faux ménage (Andenne) : on dit aussi si marier 
al cole. Comparez écoler. Ne dit-on fuis acoleû ? 

i. àcolète (Hég., verv.), âcolète (ard., Stav., Wall, pruss.), ancolète 
(La Reid, Polleur, Coo), acolète (Xam.), acolite (Lens-St-Remy), 
s./., ancolie (et non aconit comme disent certains lexicographes, for., 

HUB., REM., GOTH.). 

2. àcolète (ms. baill.. for., hi:b., rem 1 .), acolite (lob., Stav., 
Andenne), s. m., acolyte ; syn. sièrveû, corâl. 

acoletè (Marche-en-F.), v. tr. f prendre au collet. 

? acome. Comment dit-on enclume chez vous ? 

acoml (for., ms. deth.. verv.), acomignl et acomugnl (for., lob., 
petrixhe), acomunl (ms. baill.), acomûnl rem 2 ., acomunyl 
scius, acomunier (Hesbaye, Faym.-Weismes). I. r. tr. t admettre à 
la communion, donner la communion, se dit du prêtre. ' II. v. intr., 
recevoir la communion ; H 44, 14, se mettre en communion d'idées, 
de sentiments. 

acomièdje (ms. deth.), acomugnèdje for., s. m., action de distri- 
buer la communion, cérémonie de la communion (distribuée par le 
prêtre). 

acomôdant, adj., accommodant, conciliant. 



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— 137 — 

acomôdâve (liég.. rem-.), acomôdâve vill., acomôdauve (nam.), 
acomondàve lob., acomôdabe (Andenne), ac'môdâve, -àve 

(Malm., Thi mister), «/<//., i . accommodable ; accommodant : 2. dont 
on peut s'accommoder : on casaque acomôdâve, B 24, 163. 

acomôdèdje (liég.. verv.), acomôdadje (Nam. f. d., Andenne). 
acomondèdje i.or., ac'môdèdje sens, s. m.. accommodage( d'une 
viande, de la coi Hure). 

acomôdemint (rem 2 .. Xam., Andenne), acomodemint villers, 
acomondemint lob., acomôn'mint (for., Stav.), acou mode mat 

et acoumôdemèt (gaum.), 5. //t., accommodement. 

acomôder (liég.. verv., rkm*., Stav., Xam., Andenne), acomoder 
(Mons), ac'môder (scirs, Thimister), acomonder i.ob.. acou- 
monder (Viesville), akimonder (liég.), acoumôdèy (gaum.), 
v. tr., accommoder, arranger, assaisonner, coilïer; v. réfl., s'accommo- 
der, se coi lier : 2. s'acomoder avou = s'entendre avec (qqn). 

acompagnateûr et acompagneû,. fêm. -eùseou -erèsse, for., s., /. de 
musique, accompagnateur, -trice. || acompagnèdje for., 5. m., accom- 
pagnement, acompagnemint (for., Andenne, Quaregnon), s. m., 
accompagnement, acompagnl, acompagner, v. tr., t. Je musique, 
accompagner. ' Dans Us autres sens, on dit ac'pagnl (liég., Stav.), 
ac'pagner (liég., ard.), ac'pagneter (Stav.). 

acompli, v. tr., accomplir. ■ acomplihemint (liég.), acompliche- 
mint (nam.), s. m., accomplissement. 

acompte ou aconte. .s-, m., acompte. 

acompter™ aconter (liég., Wall, pruss.), acôter (verv.), I. v. tr., 
estimer qqn, l'aire cas de ; faire attention à qqn, avoir des attentions 
pour qqn. | II. v. intr.. tenir à qqch, compter sur. 

aconcwèster (liég., verv.), aconcwaster (Stav.), aconcwastl 
(Vielsalm) et, avec altération de la finale, aconcwè8ner (('00), v. tr., 
1. marcher à côté de qqn, escorter (liég., verv.) ; - 2. par confusion 
avec acwèster : accoster, aborder, interpeller (Rem-., Stav., Viels., La 
(îleize, Bra). j v. rêfl., marcher ensemble côte à côte, s'accompagner. 



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— 1*8 - 

acondjurédje for., rem., lob., s. ;>/., adjuration, conjuration, formule 
d'évocation, exorcisme || acondjurer (liég., verv.,ard.), aconjurer 
(Nam., Viesville, Wavre), v. tr., adjurer, conjurer, interpeller (un 
spectre), exorciser. || acondjureû for., rem., lois. f s. m., conjuratcur, 
exorciste. 

aconit', s. m., aconit napel, plante appelée vulgairement sabots, cou 
d' tchâsse, pantoufe di Marie, clokes. 

acontràve (liég., verv., bas-Geer), adj. y étrange, anormal, bizarre ; 
gênant, contrariant. 

aconvoyer (Flandre franc, vf.rm.), v. tr., escorter. | Connaissez-vous en 
wallon ac'voyî ? 

acope (Vonêche), s. /., courroie qui unit les deux parties du fléau ; 
syn. acoplèt. 

acopeter (Stav., Villettes-Bra, Sart), ?'. tr., arranger le sommet (copète) 
d'un meulon de foin, d'un tas de gerbes, d'un tas de pommes de terre. 

acoplèdje (liég., verv.), acopladje (Meux, Andenne), s. m . accou- 
plement. || acoplèmint for., acoplumint rem 2 ., acouplemint 
(Quaregnon), s. m., accouplement. 

acopler (liég., verv., ard., nam.), acoplè (Charl., Tournai), acoplê 
(Wellin, Florennes), acoupler (Viesville), v. tr. r i. accoupler pour 
la génération : -2. apparier, assortir, spécialement atteler ensemble ; | 
/. d'armur., placer deux pièces de fusil symétriquement \ \ t. de min.* 
joindre deux bouts de chaîne au moyen d'une «acopleûre » : 1 /. de chau- 
dronnerie enfer, réunir par couples des demi-carcans, des tuyaux, des 
manchons, j v. ri fi., s'accoupler, vulgairement se marier; vivre en 
concubinage (Sombre fie, Viesville). 

acoplèt, 5. ;«.. 1. lanière de cuir servant à accoupler deux chevaux ou 
deux 1 œufs (Meux) : -2. courroie qui unit les deux parties du fléau 
(Nam. ms. boh;.) : syn. acope et acoplûre. 

acopleù, s. m., t. de colombophilie, accoupleur, petite loge d'un 
pigeonnier dans laquelle on renferme deux pigeons qu'on veut 
accoupler. || acopleùse (for., lob., body), s. /., entremetteuse. 



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— 129 — 

acopleûre (liég.), acoplore(Stav., Malm.), acoplûre (Xam.), s./., 
i. accouplement (des animaux) : — 2. jointure, articulation des os; 
— 3. mauvais assortiment vill. | spécialement, t. de min., anneau 
double en fer préparé à l'avance pour en remplacer un autre à la chaîne 
ou pour joindre deux bouts de chaîne (liég.) ; courroie qui sert à 
attacher les deux parties du fléau, syn. acope et acoplèt (Xam. pirs.) : 
| anneau rattachant la « bâte » de l'ècourgée (corîhe) au manche 
(Huy et environs). 

acopléye (liég. defr.), acouplée (Neufch. dasn\), s./., file de che- 
vaux, de bœufs. 

acoradjemint (Nain.), acouradjemat ou -met (gaum.), s. ;//., encou- 
ragement, acoradjer (Flandre wall. vkrm.), acouradji (gaum.), 
v. tr. f encourager. | Liég. ècorèdjemint, ècorèdjî. 

acoremint (Malm. vill.), s. ;«., serrement de cœur, angoisse. 

acorémint (Malm. vill.), adv., avec angoisse, d'une voix sanglotante. 

aoorer (GG., vill., Wall, pruss.), v. tr., proprement arracher le cœur, 
d'où égorger : liég. ahorer. | Part, passé acoré, 1. qui a le cœur serré, 
angoissé (Malm. vill., Stav.) : — 2. avare, mesquin (Mon s sig., 
dklm.). 

acori (liég., verv., Stav., Malm.), acouri (ard.. Nivelles, Mons), 
acouru (nam.), akeuri (Tournai), v. intr., accourir. 

acornèy, ècônèy (gaum.). r. tr. , écorner, rompre une corne; liég. 
hwèrner ; ard. chwarner. !| s'aewarnè ((iivet), v. tr., « s'encorner », 
s'enchevêlrer les cornes l'une dans l'autre, tandis que scwarnè = 
écorner : lès vatches s'ont acwarnè, li nosse est sewarnéve, j. waslrt. 

acôroyl lob., v. tr., corroyer; /. de menuiserie, débruter. Doit être le 
même que acaroyî ; voy. ce mot. 

acosté (Genappe), s. ///., /. de chapellerie, partie du poil couvrant le cou 
et les côtés du lièvre et du lapin. 1 Au plur., faces (Genappe); dans 
quel sens f 

acostèdji (Malm. vill.), acoustadji (Viesville), v. tr.. causer de la 
dépense à qqn. Liég. ècostèdjî. 



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— i3o - 

acostumance (liég., Jupille, verv. i.ob., Stoumont, Thor.-St-Tn>nd, 
Xeuvillers, Xeufch., Ancienne, Meux. nam.), acostoumance (Mâli- 
gnant 11, 3 : bd. Fables, p. 110), acoustumance (Vottem, fok., ms. 
dkth., scius, Coo), acustoumance (Spa, Stav., Coo), akistou- 
mance (Glons), acoutumance (Mons i,et., sig.), s. /., accoutu- 
mance, coutume, habitude invétérée : syn. abitouwance, afaitihance. 

acostumer (liég., verv., lob., ms. pkih., Andenne, Xam.), acostumè 
(Famenne), acostoumer (Héron, Oondroz), acoustumer (for., 
ms. deth., scius, Monceau-s.-S., Viesville), acoustèmè (Givclj, 
acustoumer (Stav.), acouteumer (Tourcoing), v. tr., accoutumer, 
habituer. 

acôté (Mons), s. m., accotement. |i acotemint (for., Stav., Xam. 
ms. BOKi. et dk v.), acotemint (liég.), s. ;//., accotement. 

1. acou for., s. m., accul, endroit où l'on est acculé. 

2. acou (Tournai, Riec de Fier. p. 6 ; vkrm., lequel rcrit aqou\. parce qu il 
le fait venir de acouter), 5. ///., accueil : liég. akeûy. ! Le ms. dkth. 
(Theux)^W* *acOÏes. /. *, entre ncoyi, verbe, et acoyeû, s. m., sans 
traduction. Il faut sans doute lire acoy ; dans le sens de accueil ou de 
attaque? voy. acoyî. 

? acoudener (liég., ms. anonyme), v. tr. ? « toucher du coude, 
approcher », [donner un coup de coude comme signe d'intelligence?] 
Comparez acoutener et s'acouti. 

? s'acouder, v. réfl.. s'accouder: voy. s'acouti. 

? acoûdwer, s. m., accoudoir, existe- t-it ? 

acouhenèdje for., acuhinèdje (Stav. ms. detrixhk). s. ///., accom- 
modage (des aliments), assaisonnement. 

acouhener «g., for., rkm., hi-b.. acuhener (Stav. ms. okirixhe), 
acûhener (Malm.j. r. tr., 1. cuisiner, assaisonner, accommoder (des 
aliments); - 2. taire la cuisine de qqn : èsse ma acouhené rkm. = 
être mal nourri, nourri de mets mal préparés. u acùS8i (Faym.- 
Weismes), 7-. /r., cuisiner. 



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— 131 — 

acoûkèdje for., s. m., action d'accoucher. ; acoùkemint Hieg., 
verv.), aooûtchemint (ard., nam., Andenne, Givet), acouchemint 
(Quaregnon), s. »., i. action d'accoucher : — 2. action de s'accoucher; 
svn. payîlé. 

acoûkeù for., rem. , acoûkieû lx)b., acoûteheû (ard., .Givet) ou néol. 
acoûcheûr, s. m., accoucheur. ', acoûkeù se for., vis. i>eth.. 
acoùtcheùse (ard., nam.) ou néol. acoûcheûae, s./., accoucheuse : 
syn. sèdje-dame, gâlyète, matrone. 

acoùkèye (liég., verv.), acoûtchôye (ard.), acoùtchiye (nam.), 
5. /., accouchée; syn. payîne. 

acoùkl (liég., verv.), acoûteher (ard.), acoùtchl (Andenne, Xam.. 
Givet), v. tr.. accoucher ; ' v. intr. t enfanter: I p. réfl. y s'accoucher : 
syn. si racrèhe. 

acoulin (Ath, Anvaingi, s. m., limon [accoulins est renseigné dans !rs 
dict. franc. deBQisvv.et de bksohkreli.r] . acouliné (Ath, Anvaing), 
adj. t raviné parla pluie, limoneux. 

acourance (Tintigny), acrance (gaum.), aerwayance ou crwa- 
yance (Chiny), aewance (<;<;., rem.-, lob., nam. selon gu., 
Cherain), èewance (ou lèsewanecs? liég., verv., Spa), s./., unique- 
ment dans la locution fé ou fàre V — de = faire semblant de. 

acourché, acourcheu (où ':), s. m. y tablier: vo\. ècourchwé, couchîi, 
choîir. 

acoûrci rem.**, ms. deth., acoûrci (Andenne), v. tr., accourcir. ' 
Ordinairement racoûrci . 

acoute (Mons dei.m., Bourlers), s./., action d'écouter, attention : doncr 
acoute (Mons) - écouter avec complaisance, prêter l'oreille à... : être 
aus acoutes (Mons)= être aux écoutes: èle ad' l'acoute (Bourlers) 
=- elle a du succès auprès du sexe fort. I Liég. écoute. 

? acoutener (j. bury dans B 26. 162;. p. tr., donner le bras(?). 

s'acouti, s'acoti (Yielsalm), s'asseoir; vov. s'acout in î, mrme sign. 'i 
s'akeûti (Mons dklm.), s'askeuter (dasn. 37), s'acoyi (Chiny), 
s'accouder, s'appuyer. * 



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— 132 - 

s'acoutiner (Malm. vill., Stav.), s'acoutener (Sprimont), s'acou- 
tinl (Vielsalm), s'acwatiner (Stav. detrixhb), v. réjl., s'accroupir, 
s'appesantir, s'alourdir. Comparez acwati et acatiner. 

acoûtrèdje (Stav.), s. ;//., accoutrement. || acoûtrer (Stav., Ancienne, 
Thuin),acoûtrl (Vielsalm),*'. tr., accoutrer. || acoùtrumint (Verv.. 
Stav.), acoùtremint (Andenne, Thuin), acoutrémint (Mons), 
s. m., accoutrement. 

acouturer (Thimister), v. tr., soigner, arranger : 6 manèdje bé acou- 
turé. Probablement le mêtne que acoûtrer. 

acoutwa (Ath), 5. m., ce qui sert à écouter, l'oreille. 

acôuvetèdje for., s. m., manière de se couvrir, de s'envelopper, dose 
blottir. ! acouveter (liég., verv.. Flandre wall. vrrm.). acoveter 
(Solières, Racour, Vvle), acovetè (Vonêche), v. tr., couvrir, enve- 
lopper d'une couverture, déterre, de foin, etc. ; ensevelir sous qqch, 
syn. de rafûler : | v. réfl., se couvrir, s'envelopper, se terrer, se 
blottir, s'accroupir. Voy. acovri. 

s'acouvissi (gaum.), v. féfl., s'accroupir; voy. acropi. 

acouyoner (Nam. pirs.), v. tr., plaisanter, railler, j Liég. couyoner. 

acover (verv., Stav., Faymonville, vill.), v. tr., faire couver (une 
poule) ; obtenir (des poussins). 

acovra (ms. deth.), s. m., objet capable de couvrir, une manière de 
couvercle. 

acovri (liég., verv., Stav.), acouvri (ard.), acoviér, acoviér (liég. 
for., hannay), ascouviè (nam., Givet), acouvrir (Mons), v. tr., 
couvrir, recouvrir : voy. acouveter. 

acoyèsse (Malm. vill.), acouyèsse (Faym.-Weismes), s./., initia- 
tive ; sphère d'inHuence, d'activité. Exemples f 

acoyeû (ms. deth., sans traduction), s. m., [assaillant, premier aggres- 
seur?] ; voy. 2. acou. 

acoyl (liég., verv., Stav.), acoy (Vielsalm, Coo), acouyi(Cherain j, 
acouyer (Faym.-Weismes), r. tr., 1. recueillir, récolter; rassembler 



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— 133 — 

un troupeau épars : - 2. embrasser en un tout, de là 1. embrasser ou 
couvrir (une étendue à défricher, à labourer, à moissonner, etc.) 
(Stav., Spa, Coo, Faym.) : — 2. embrasser (une affaire) (Stav., vill., 
scirs.Vielsalm,Villettes, Chevron, Cherain, Sprimont); — 3.saisirdans 
ses bras, attaquer, assaillir (cki., for, rem-., .lob., Lincé-Sprimont, 
Thimister, Stav., Faym.-Weismes, San). 

acra (Prouvy, Chiny). acre (Tintigny), aclè (Xam., ms. boig. et de 
p.), acrin ( Mormon t- lez- Hou liai ize), s. m.. 1. chaînon, anneau 
(Prouvy), spécialement anneau de la herse (nam.) : 2. dent de 

crémaillère, chacun des petits crochets qui échelonnent les couches de 
fil sur la bobine d'un rouet (C'hiny, Tintigny, Mormont): — 3. accroc 
dans une étoile (C'hiny) ; voy. crin. 

acracher (Bourlers), acrachi 1 Viesville, Genappe, Vonèche, Wellin), 
acrachl (Charl., Monceau-s.-S., Givet), agrachè (Neufch.), agra- 
chi (Étalle, Prouvy). v. tr., 1. engraisser (un animal): — 2. graisser, 
encrasser, souiller : - 3. (Viesville, Monceau) duper, voler, j 
W existe- t-it pas des dérivés comme acracheû, etc. ? 

acramiè (Neufch.), acramlr (Virton), acrèmlr (Tintigny), acramyl 
(Givet. Gouvin), acramiyer (Bourlers), ècramiè (Marche-en-Fam.), 
ècrami (Solicres), v. tr. t emmêler, embrouiller, enchevêtrer. ! Part. 
passé acramiè (Neufch.), acraml (Prouvy), acramyi (Vonêche), 
emmêlé, enchevêtré, se dit surtout des cheveux. 

acrampener (Stav., Wall, pruss.), acramponer (Nam. f. d., Lesves), 
v. tr., attacher avec un crampon, cramponner, accrocher: v. ré//., 
se cramponner. 

S'acrampi (liég. ), /». ré//. , se baisser en pliant les genoux : voy. racrampi. 
(| acrampiè (Neufchâteau), v. tr. y agrafer. 

s'acrantchi (Sou magne, Stav., Jevigné-Lierneux), v. ré//. y s'épuiser à 
peiner, à s'imposer des privations : voy. crankî, crantchî. 

acraser (Nivelles, Viesville), acrasser (Sart-lez-Spa), v. tr.. écraser: 
voy. ac lasser. . 

acrassenèy (Prouvy), v. tr., encrasser: voy. acrachi. 

acraviche (Couillet), s.f., écrevissc. | Liég. grèvèsse. 



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— 134 - 

acravinter (Flandre wall. verm.), v. tr., fatiguer. Uég. crèvinter: 
cf. le picard acravanier dans corblet. 

acrawe (<tG. I 7 et 323, Il 547, for., defr. Faune), acràwe (Voc. 
des Pécheurs) , ancien wallon ancrawe (bormans-body Gloss. roman), 
s. (m. ou f ?), saumon arrivé au 3 e degré de sa croissance, qu'on pèche 
en rivière dans les trois derniers mois de l'année, bécard : spécialement 
femelle du saumon (mais pourquoi ce mot, qui est toujours tnasc. en anc. 
wallon, désignerait-il plutôt la femelle ?), — 2. oûs d'acrawe = œufs de 
saumon ; par métonymie, acrawes prend le sens de œufs de saumon, 
de barbeau. 

« acrawer, v. a. et n.\ acrawi v. n. * (ww. deth., sans traduction ; il 
faut sans doute lire acrâwer, acrâwî) = ...? ,| acrauwè ((iivet ), v. tr., 
attirer comme avec une c crauwe y (crosse) : acrauwe lès pomes dins 
t' hôte : comparez arâveler. || acrawyi (Malm. vili..), acràwyl 
(Malin, scius), v. intr., venir en marchant avec peine, [comme avec des 
« cràwcs * ou crosses]. 

acrèhe (lièg., verv., Wall, pruss., hesbignon, condrusien), acrèche 
(ard., nam.), I. v. tr., accroître, agrandir, augmenter : Diè t 'acrèhe 
(Faym.-Weismes), souhait adressé aux enfants. II. v. intr., s'accroître, 
s'augmenter, prospérer : spécialement, s'augmenter d'un enfant = 
accoucher B 46, 193: syn. si racrèhe. 

acrèhèdje for., lob., acrèhemint for. et acrèhince goth., accrois- 
sement. 

acrèsse GG. II, 495. s. f, dans fé l'acrèsse = faire la pie-grièche et 
corne ine acrèsse — comme une harpie. Quelle est la valeur de ces 
traductions acceptées par GG. ? 

s'acrèster (iiég. ), v. ré/l., lever la crête, la tète, élever le ton: svn. si 
rècrèster : voy. ècrèster. 

S* acre u peler (Andenne), v. ré/l., se lier d'amitié (avec un coquin), 
s'acoquiner ; s'associer dans une combinaison véreuse : proprement 
« s'acrapuler » ? Comparez s'acaliner. 

acreûre (liég., verv., Wall, pruss., ard.), aerwère (nam., Monceau-s.- 
S.), aerware (gaum. ; rouchi verm.), v. tr., 1. confier à crédit, 



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- 135 — 

prêter, vendre à crédit : — 2. acheter à crédit ; fé acreûre (liég., etc. ), 
fè acrère (Givet), faire acware (Mons) 1= faire accroire. Part. 
passé acrèyou (liég.), donné à crédit, acquis à crédit. 

acrobate (Xamur), s. m. y acrobate, blason des habitants de Roly. 

acro (IX)».. Stav.. Andenne. Monceau-s.-S.), s. m., accroc, déchirure 
faite par une chose qui accroche, accident fortuit : ' /. de tailleur, 
partie du revers d'un habit entre les coutures (Verv.) : syn. mureû. 

acrochage (Mons su;.), s. m., t. de charb., lieu o\ l'on accroche le 
eu fat. jl acroketèdje for., jjob., s. //*.. action d'accrocher, accrochage. 
Il acrotchadje (Andenne 1, ? acrotchèdje (liég.). s. ///.. accrochage. 

acroche-cϞr (Verv.), acrotche-cϞr (Andenne), 5. m., boucle 
de cheveux étalée sur le front vers l'oreille. 

acrokener (où ?), v. tr., accrocher. s'acrohener (Jevigné. Bra), 
S'acrouhener (Stav., Wanne), r. ré//., 1. (Jevigné, Bra) s'accro- 
cher, s'attacher, s'acoquiner : quu t' vous-se toudi acrohener avou 
ces djins la?: se rassembler; — 2. (Jevigné, Bra, Wanne) se ren- 
cogner, se recroqueviller, se blottir: i s'acrohène ol cou lève. 

acroketer (liég., verv., lob., vill., Stav., tns. deth.), acroheter 
(Spa, tns. deth.), v. tr., attacher à un croc, accrocher; /. de batellerie, 
accrocher avec une galle, gatler. j acrotcheter (liég., Trooz, verv.. 
Andenne, Laroche, goth.), acrocheter (Xam. pirs.. Monceau-s.-S., 
Charl., Berzée, Brav, H ou 11.), v. tr., accrcKher : — v. réjl., s'accrocher. 

acroketore (Malm. viu..), s. /., accroc. || acrotcheture (Givet), 5./., 
« accroc hure > ? 

acroki (Stavelot, ms. dktrixhk), acrotchi (liég., verv., Givet), 
acrotcher (ard.), acrotchi (Xeufc h., gaum.), acrotchè (Xeufch.), 
acrochl (Xam. pirs. ; Genappe, Monceau-s.-S.). acrochi (Otïagne. 
Rienne, Charl., Wavre), v. tr., accrocher; Jig. saisir: - v. réfl., 
s'accrocher ; d'où, spécialement, s'empoigner (gaum.). 

acrolè (Xeufch., Givet), acrolèy (gaum.), r. intr., s'enfoncer dans la 
vase: | liég..s'ècroler GG. acrolis (Vonèche), s. ;//., bourbier, maré- 
. cage, fange. 



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- 136 - 

acropèdje lob., acropihèdje for., acropihemint for.,goth., s. m., 
action d'accroupir ou de s'accroupir, accroupissement. 

s'acropeter (Sol i ères), v. r^/f.. s'accroupir. 

acropi (liég. for., verv., Stav.). acroupi (liég. for., Wall, pruss., 
ard., Cambron-lez-I.ens), acropu (Xam. F. d.), acroupir (Neufch., 
gaum.), acrouper (Mons delm.), acoupli (Monceau-s.-Sambre) ; 
ascropu (Xam. pirs.), ascropi (Charl.), asgroupi (Givet). 
as cou pli (Mont-s.-M.) : acropsi (Andcnne), acopsi (Wasseige), 
v. tr., accroupir, faire baisser, tenir baissé: — v. réfl. y s'accroupir: 
s'agenouiller (Mons delm.) ; se blottir, se tapir. ' Part, passé acropou, 
fém. -owe (liég.), acropi,./?;//. -i (Stav., Malin.), acrou pou, fém. -ove 
(ard.), acropiou, acropu, ascropu, etc. Signalez Us for vus usitées chez 
vous. 

acropimint (Malm. vill.), adv. tiré du partie, fém. acropi, = d'une 
manière accroupie: comparez abahimint, acorémint. 

acropOUWe (Sclayn), s. /., haricot nain; syn. cropète. 

acrotche for., 5. /.. /. de serrureri , crochet pour accrocher, pour 
attacher; j /. d'armurerie, tenon, petite cheville de 1er destinée à 
assujettir le canon d'une arme sur son bois; ! /. de tailleur de pierres* 
crochet pour réunir deux morceaux de pierre; | /. de couvreur, repli, 
rebord, retour en angle aigu fait à l'un des bords d'une feuille de zinc 
de manière à l'emboîter dans une autre. 

acrotère, s.f. y t. de maçon, acrotere. 

S'acroukè (Marche-en-F., Moi rcv-St- Hubert), v. ré//., s'engouer. | 
acrokèy (gaum.), v. intr. : v'alèy acrokèy, il è acrokèy. n s'astrukè 
((rivet, Wellin), s'ècroukî (liég.): syn. s'ènohî. 

acruwi (Monceau s. -S., Viesville, Mons sig.), acruir (Mons delm., 
Flandre wall. verm.), v. tr., mouiller: — v. réfL, se mouiller. 

ac'sègna (vill., ms. deth.), s. m., chose qui indique, indice, signe, 
enseigne. 

ac'sègnèdje, 5. m. % ac'sègnemint {Mestré, 48), s. m., enseignement, 
démonstration, explication. 



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— 137 — 

ac'sègneû for., 5. m., démonstrateur. 

ac'sègneùre (liég., ard.), ac'sègnàre (verv.). ac'sègnore (Wall, 
pruss.), s. f. , action de montrer du doigt, désignation, indication, 
surtout dans t expression Dié wâde l'ac'sègneûre, c est-à-dire Dieu garde 
de tout malétïce cette « indication * (avec la main ou l'index) d'une 
plaie, d'un mal, d'un membre estropié. 

ac'sègnl(licg., verv.. Stav., Viclsalm, Andenne), ac'sègnè(Famenne), 
ac'sègner (Hervé, Faym.-Weismes, ard.), ac'soguer (Roclenge), 
v. tr., i. montrer du doigt, indiquer, désigner; — 2. enseigner, 
expliquer. ! ac'sègnl à Xamur correspond au liég. assener et signifie 
seulement : 1 . donner un coup bien appliqué, asséner : — 2. tuer du 
coup : — 3. rembarrer, répondre vertement. 

acsèl (St-Hubcrt, Givet), s. /., paille hachée pour les chevaux. ]\ 
acsèleû (St-Hubert). 5. /«.. hache-paille; voy. hacsèl, hacsèleû. 

ac'seûre (liég. hg., rkm-., for. i, ac'sâre (verv. lob.), ac'sore (Wall, 
pruss.. Stav.), ac'seûre (ard., Xeufch. dasn.), ac'sure (Xam. f. d., 
Wellin, Vonèche), ac'seule (Marche-en-F.), 5. /*., atteinte, lésion, 
accroc, souillure. 

ac'si, partie, passé de ac'sîre, ac'sure employé comme ad/, et subst., 1 . adj.^ 
moucheté, tacheté {en parlant de pigeons), spécialement dont le corps est 
blanc et les ailes colorées: — - 2. s. m., pigeon moucheté, etc. : le ms. 
boig. (Xamur) donne le sens plus général de pigeon voyageur. 

acsion. s./., action. || acsionêre, s. m., actionnaire. 

acsioner, v. tr., actionner, poursuivre en justice (for., rem-., vkrm.j; 
| pousser, conseiller, suggérer (Tourco ng) : | interpeller vivement, 
interroger brutalement (Mons sic*.). 

ac'sure (liég., verv., Stav., Wall, pruss., Xam., Lesves), ac'slre (ard., 
Laroche, Marche), v. tr., 1. atteindre d'un projectile, toucher: 
— 2. rejoindre, rattraper qqn ; - 3. (Wall, pruss. vu.i„) attraper, 
tromper, duper: syn. djonde. j On dit aussi en liég. ascûre. [ Part, 
passé : ac'sît d' mâle air (Malin, vnx.) — z maléficié, atteint de maléfice. 
Voy. ac'si et ac'chèwe. 

acteur, s. m., actrice, s./. 



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- i?8 - 

actif, activemint, activité, activer, 
actuwél, actuwélemiDt forir. 

acuduc (Nam. pirs. I, 28), aquiduc (Vonèclie), aqueduc (liég., 
verv.), s. m., aqueduc : signifie aussi viaduc à Xamur. 

acujàde (Verv. B 46, 273), s. /"., empoignade, attrapade. " acujer 
(Verv.), v. tr., empoigner. C'est plutôt, comme le précèdent, un terme 
£ argot employé par les gamins et par la populace. Comparez acoyî et 
surtout akichî PIRS. 1, 28. 

acul (gaum.) dans les expressions d'acul, a l'acul _- en retard. ' aculè 
(Neufch.), aculèy (gaum.), v. tr., attarder, retarder. 

acumulateûr, s. m., accumulateur électrique. || acumulèdje lob., 
s. m., action d'accumuler, j acumuler rkm 1 ., lob., r. tr., accu- 
muler. , acumuleù lob., s. m., celui qui accumule. 

âcunemint (Mal m. vill., scïus), adv., passablement, médiocrement. 

| àkènemint (vStav. i>oi;tr. Noèls, p. 51), quelque peu, assez. C'est 

le franc, aucunement dans le sens vieilli de en quelque sorte: voy. àke. 

acurer (ms. drth., sans traduction), r>. % ...? 

acuri (Mons delm.. sk;.,letellikr), ad}., pénétré d'ordure, en parlant 
du linge. | Liég. ècuri, écuriné. I Ne dit-on pas acuradjc, etc. : 

acusâcion (for., liég., verv.), acusacion, s./., accusation. j| acusa- 
teûr, s. m., accusateur: voy. acuseù. 'I acusàve for. , <i.//.,accusable. 
Il acusé, s. m., accusé. ,j acusèdje, s. m., action d'accuser. || 
acuser, v. tr., accuser. || acuseù lob., s. m., accusateur. 

acusinèdje lob., s. m., action d' «acusiner». || acusiner (for., rem 1 ., 
lob., Thimister, Stav. ms. detrixhe), akisiner (Sougnez-Avwaille), 
v. tr., traiter de cousin, de cousine, qualifier de ces noms, cousiner : — 
v. rifl., s'appeler cousins, se cousiner : nos nos acusinans (ms. baill.). 
! acusineù, s. m., péjorativement celui qui aime à dénommer du nom 
de cousin, préférant le plus petit nom de parenté au nom propre, pour 
afficher le parent âge ou par vieille habitude campagnarde. Il y a des 
villages ou tout le monde s'acousine. 

acuvelèy (gaum.), v. tr., encuver, mettre le linge dans le cuvier; liég. 
ècoû vêler. 



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— 139 — 

ac'viner, déformation de ad'viner, v. tr., deviner. 

acwahlr (Chiny), v. tr., mettre au coi. au repos: v. ré//., s'emmail- 
loter. [\ s'acwaji, s'acwajlr (gaum.), se mettre au coi, à l'abri : 
s'accroupir. || s'acwatchi gg., for., rkm 1 ., ms. baiix., se coucher à 
plat ventre, se blottir: r'oy. acwati et acoutiner. 

acwassi ou mieux aqwassi (Mal m. viu..), aqwèssi (Wall, pruss.), 
v. tr., froisser, écraser, broyer: voy. qwassî. 

acwati (liég., verv., Stav., Xeufch.), acwatir (dasn., Mons dklm., 
sig.), acwètir (Wellin), ascwati (Xeuvi 11ers), v. tr., rendre coi, 
calmer, tranquilliser (Mons), ce qui correspond ûu liég. akeûhi : poser, 
reposer, coucher, étendre (Frameries sig.) : comparez acwahîr, acwa- 
tchi et acoutiner. | v. rêfl., s'accroupir, se mettre à plat ventre. | 
Part, passé et ad/, acwati : 1' pouye est acwatîye sul peunête (Mon- 
ceau-s.-Sambre). 

acwérd (liég.), acwérd (verv.), acward (Stav., Malin., ard., 
Vonéche, (iivet), acwàrd (Xam. dk p.), acôrd (Xam. pirs., 
Andenne, gaum., rouchi vkrm.), 5. ///., accord; | technologie, ce qui 
raccorde, spécialement acwa (Thorembais-St-Trond), grande fausse 
maille qui sert à réunir la * tchape * (bout du timon) au crochet 
d'attelage. | Au piur. lès acwérds = les accordailles. 

acwèrd ance 8 for., goth., s. /. //., accordailles. 

acwèrdâve for. , rkm 1 . , i.ob. , acwèrdâbe rem*. , acwardàve (Mal m. 
vill.), adj. y accordable, conciliable: — complaisant vill. 

acwèrdèdje for., acordadje verm., acôrdèmint (Andenne), s. m., 
action ou manière d'accorder un instrument. 

acwèrder (liég., verv.), acwarder (Stav., ard., Xam. dk p., An- 
denne), acwade( Marche-en- F.). acwardè(Givet),.aoôrder(Nam. 
pirs., Andenne), v. tr., accorder, mettre d'accord : concéder, consentir 
à : — v. réfl.. s'accorder, s'entendre : spécialement faire les accordailles. 

acwèrdeû for., goth., acôrdeû (Xam. pirs.), acôrdeûr (Andenne), 
s. m., i. accordeur, spécialement celui qui accorde les instruments de 
musique; — 2. accordoir, outil de luthier pour accorder fouir. 



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— 140 — 

? acwèrdèyemint signal? pour Verviers, adv., unaniment. de commun 
accord, existe- t-ii réellement ? 

(*) acwôreû ou mieux aqwèreû for., aquèreû for., 5. ///..celui qui 
acquiert, acquéreur. \\ acwèri ou aqwèri (liég., verv.), aquèri (An- 
denne), v. tr., acquérir, attirer, rechercher ; — chercher noise (Malm. 
seius), voy. qwèri. || acwèsse ou aqwôsse goth., s./., acquisition : 
voy. achèt et aquèt. 

acwèstâve for., goth., adi., accostable, attable. | acwastadje 
(Andenne), s. m., action d'accoster. 

acwèster (liég., verv., Cherain), aewaster (Stav., ard., Andenne), 
aewingter (Huy), v. tr. % 1. accoster, aborder: — 2. marcher côte à 
côte (Andenne); 3. /. de mm., accoter, soutenir, appuyer une 
galerie : | v . ré fi., 1 . s'aborder : — 2. marcher de concert, se concerter, 
(Huy) s'acoquiner. Voy. aconcwèster. || acoster (Thuin), acostè 
(Givet), accoster qqn. 

aewintances (liég., Andenne), s. f. pl. % accointances, liaisons, connais- 
sances. ,| s'aewintar (liég., Andenne: Flandre wall. verm.), v. réjl., 
s'accointer. 

aewire ou mieux aqwire (liég., verv., Faymonville), s,/., action de 
rechercher ou d'attirer sur soi, employé seulement dans aveûr di bone ou 
di mâle aqwîre = acquérir légitimement ou malhonnêtement, et dans 
c'èst-on ma d aqwire = c'est un mal qu'il s'est attire par sa faute. 
aewise ou aqwise (Vouera), dans djèter 'ne mâle aqwîse --- jeter 
un mauvais sort. 

acwiriteûre, acwèriteûre ou mieux aqw..., s./., désagrément qu'on 
s'attire par sa propre faute. 

acwit ou mieux acqwit rem., lob., for., aquit for., s. m., acquit, 
quittance. || aqwitemint et aquitemint (for., Andenne, yuare- 
gnon), aqwitèdje (ms. deth.), s. m., action d'acquitter, acquit- 
tement. Il aqwiter et aquiter for., acquitter. 

( [ ) Os mots et quelques-uns de ceux qui suivent seront traités avec 
plus de détail à leur vraie place, sous aqw... Nous les faisons figurer ici 
pour mémoire, afin de permettre à nos correspondants de nous signaler 
dès maintenant des formes, des sens, des exemples relatifs à ces vocables. 



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QUESTIONNAIRES 



N° 7. La Sucrerie 

On demande une description, en wallon, des diverses opéra- 
tions et machines d'une sucrerie, si toutefois le vocabulaire de 
cette industrie contient dans votre région des termes originaux. 

Cette' description comprendrait notamment : 

1. arrivage de la betterave ; — 2. le transporteur hydrau- 
lique ; — 3. les laveurs mécaniques ; — 4. passage du laveur à 
la caisse-bascule ; — 5. découpage en rouelles ; — 6. diffuseurs ; 

— 7. bassins du service des accises ; — 8. carbonateurs ; — 9. les 
filtres-presses ; — 10. second passage aux carbonateurs ; — . 
11. second passage aux filtres-presses ; — 12. troisième filtrage ; 

— 13. concentration dans des caisses de cuivre ; — 14. dernier 
filtrage ; — 15. cuisson ou mijotage en chaudière; — 16. bac 
refroidissoir ; — 17. transformation en sucre brut ; — 18. cristal- 
lisation. — 19. Travail des résidus du premier jet ; — 20. égout 
ou résidu du second jet. 

N° 8. Le Foyer 

On demande une description, en wallon ou en français, du 
foyer tel qu'il existe encore dans les anciennes maisons à feu 
ouvert. Voici quelques notes et questions pour guider nos corres- 
pondants. 

En Ardenne, la place du foyer s'appelle l'èsse do /eu, en liégeois 
ésse (franc, âtre). 

Le mur vertical du fond est protégé par une grande pièce de 
fonte rectangulaire ou carrée, couverte d'armoiries, de sujets 
variés, appelée take do feu ou simplement take. 

Au dessus s'ouvre l'immense cheminée aspiratrice de l'air, li 
tch?minèye % qui s'évase en un manteau énorme, li rabat d 1 li 
tcïïminèye. 

5 



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— 142 — 

Pour limiter le foyer, sont disposés sur le sol les deux cropècènes 
et les deux andîs. Les cropècènes occupent la place intérieure, les 
andis sont en dehors. Chaque andi sert à former avec le cropècène 
un double point d'appui pour les bûches. Ces pièces sont en 
fonte, et leur avant, surtout celui des landiers, peut être plus ou 
moins élevé, surmonté de têtes de griffons, de sphinx, de femmes, 
d'hommes, d'animaux. Le cropècène, comme l'indique le nom, est ce 
qui crope (croupit) divins les cènes (cendres). Le corps du landier 
est plus haut que celui du cropècène, pour que les bûches et autres 
bois conservent vers le centre du foyer l'inclinaison suffisante. 

Au-dessus du foyer est suspendue la crémaillère, crama (anc. 
franc, cramail), tige de fer garnie de crans à laquelle on suspend 
le chaudron, la marmite, etc. Cette tige est-elle toujours faite 
de la môme façon ? Est-elle placée horizontalement ou vertica- 
lement? Comment la fixe-t-on à hauteur variable? et comment y 
suspend-on les chaudrons et autres objets à mettre au feu? Nous 
avons vu au vieux château de Wève, dans la vallée de la Lesse, 
une immense crémaillère en fer, fixée à la muraille par un gond, 
sur lequel elle pouvait pivoter horizontalement. Cette pièce 
monumentale avait le bord supérieur crénelé. C'est dans leséchan- 
crures qu'on adaptait les chaînons ou crochets destinés à recevoir 
les chaînes verticales auxquelles on suspendait chaudrons, 
broches, pièces de gibier. 

Sur le côté, à hauteur de la main, sont placés les fiers dintourê 
(de mour, mur) garnis de crochets pour y suspendre en bel 
ordre li chofiète (soufflet), les pincètes, li cramiète, li loce, li 
choumerèsse. La cramiète est une poignée à deux crochets pour 
dépendre les chaudrons. 

Plus haut, derrière le rabat de la cheminée, un fer est cloué 
pour y suspendre li tchambrile (Laroche), tchambrire ou potîre 
(Marche-en-F.), support pour poêle à frire, poêlons, etc. Cette 
pièce est cachée, parce que, allant toujours au feu, elle est noire 
et chargée de suie. 

Dans la cheminée il y a des traverses, dès bwès d f triviès, 



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— 143 — 

garnies de crans. C'est là qu'on suspend à des cordes, pour l'hiver, 
jambons, andouilles, lard et autres salaisons à fumer. 

Le rebord extérieur du manteau de la cheminée se termine par 
un entablement, djîvà, sur lequel la ménagère étale avec orgueil 
les cuivres, argents, statuettes de la maison — renidentes lares! 
Il y a notamment un grand crucifix en cuivre, nommé en liégeois 
bon diu d' djivà. La tablette de la cheminée s'appelle aussi cimà 
For., cimaufye (Wavre), cemaufye (Perwez, St-Géry ; Wallonia 
VIII, 14). C'est le mot français cimaise ( , ). 

La tablette était souvent ornée d'un court rideau, froncé et 
godronné, de coton ou de mousseline : bràye For. (les bràyes qui 
pindit àtoû d J li tcWminêye, dit Lucien Colson, Andri Màlâhe, 
p. 13), brayire dans Rem*., I, p. 258. 

Faire du feu se dit toker. 

Anecdote cacophonique : Au pays de Stavelot un vieux curé 
rentre et trouve le foyer éteint. Il crie à sa vieille servante : 
«Ave tokij Marèyef — Ayi, monsieû P curé. — Èh bin, tokoz-co». 

Proverbe : Oèst P crama qui lome li tchaudron neûr cou. 
Donnez d'autres contes, spots, proverbes, devinettes relatifs au 
foyer. 

(*) Entendu le mot seulement dans une formulette de nourrice : 
cat a deûs mains, — nos n'avans ni pan ni ârdjint ; — n r n'avans pus qu'on 
p'tit bokèt a" levain — qu'èsleût sol cimon : — li poye fabata, li tcket 
l'assonna, — {que dira grand? tnère quand elle reviendra f) — cat cat cat' 
cat minous I ( Verviers). 



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ARCHIVES DIALECTALES 

[Sous cette rubrique nous continuerons à publier des articles du genre 
de ceux qui figurent pp. 33-37 ( r ), à savoir, comme nous disions p. 29, 
de courts articles de tout genre, où les mœurs, les croyances, les 
métiers, les outils, les matériaux, les produits, les proverbes, les chants, 
les contes, les jeux, toute la vie wallonne enfin défileront tour à tour. 
Nous prions les chercheurs de bonne volonté de nous envoyer de ces 
monographies, écrites de préférence dans leur dialecte, avec simplicité, 
clarté, précision. Nous publierons ces articles signés du nom de leurs 
auteurs, et nous formerons ainsi une anthologie dialectale qui sera pré- 
cieuse au point de vue de la phonétique et du vocabulaire.] 

2. Les' Carrières d'Écaussines 

(Suite, voir p. 36) 

Quand il s'agit d'obtenir du souyâdje, on transporte, sur un 
wagon très bas, le bloc de pierre du bufè à la souyertye. La pierre 
est placée sous V armure (châssis auquel sont attachées les scies) ; 
puis on établit les souyètes (scies) distantes l'une de l'autre de 
l'épaisseur que l'on veut donner aux trinches (tranches) ; on jette 
sur le bloc du sable et on y verse de l'eau. Quand la pierre est 
sciée, on relève l'armure, on réunit les trinches par une chaîne 
pour les empêcher de tomber et on tire le wagon. 

Pour polir la pierre, on prend de préférence de la pierre sciée. 
Cette besogne est confiée au marbiè (marbrier), qui scure la pierre 
avec des grès et du sable, puis la polit à la main avec un tampon, 
du plomb et de la cire. 

Toutes les pierres ne sont pas utilisables. Il y a du grizoû, pierre 
grise, friable, assez rare; du nwâr cayô, calcaire analogue au 

(*) Prière de numéroter: 1. La préparation du vinaigre, de la farine 
d'avoine et du lin à Vielsalm, par Joseph Hens, p. 33, et 2. Les Carrières 
d'Écaussines, par Arille Carlier p. 36. 



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— 145 ~ 

marbre noir ; la rache, pierre non formée qui se rencontre à la 
surface de certaines carrières. Ces pierres ne sont pas bonnes pour 
la taille, mais on rencontre aussi des défauts dans le sinne cayô 
(pierre de bonne qualité). Il est traversé de blancs limés (raies 
blanches); de gris limés (raies grises), de vinnes nwâres (veines 
noires) et parsemé de tatches blanches. L'acier rencontre parfois 
des parties dures, appelées clos, ou du gayèt, partie noire plus 
dure que le clô, contre lesquelles il se brise. Signalons aussi les 
dj'awôs (cassures dans la pierre), les fontinnes (fontaines, cavités 
pleines d'eau) et les nids cT bourdons (cavités sèches). 

Ces défauts suscitent de nombreuses difficultés à l'ouvrier. Par 
suite de la présence d'un limé, d'une vinne, d'un djawô, la pierre 
se brise et, de ce fait, est perdue. D'autres fois, la perte est moins 
importante. Quand on a oublié de trinchefiler ou ftamordiVcrèssê 
(amortir, rendre moins vives les arêtes de la pierre), quand il y a 
une scarbote (coquillage pétrifié), ou quand l'ouvrier n'est qu'un 
rakin (mauvais ouvrier), un scâr tombe tout-à-coup sous le ciseau. 
Il faut alors réparer le dommage, ce que l'ouvrier fera en recollant 
le morceau détaché au moyen de gôme laque. Si le sclat ou scalo 
a disparu, il faut alors avoir recours au mastic et au browèt. Le 
mastic est fait avec de la cire et de la pierre pilée ; le browèt est 
une sorte de colle. On dissout du browèt sur la partie endom- 
magée, qu'on a préalablement chauffée avec le fier a mastiki ; on 
y fait fondre ensuite un peu de mastic, qui, en se durcissant, 
acquiert pour ainsi dire la dureté du granit. 

On distingue dans un bloc taillé les parties suivantes : V assise 
(face supérieure), le champ (face latérale quelconque), \tparemint 
(face latérale antérieure), le eu (face inférieure), la fywinte (partie 
taillée, mais non ciselée, qui s'encastre dans la maçonnerie ou qui 
se place bout à bout avec une autre pierre), la rassise (partie 
horizontale que l'ouvrier laisse sur V assise d'un seuy ravalé, sur 
laquelle se pose le montant en briques ou en pierre de la fenêtre). 

Avant de ciseler les moulures proprement dites, l'ouvrier doit 
faire ce qu'on appelle une èscwéréye, c'est-à-dire ébaucher la 



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— 146 — 

moulure, en faire ressortir les parties les plus saillantes par des 
traits droits, afin qu'on puisse saisir ce que sera l'ouvrage. 

Voici quelles sont les principales molures (moulures) : le tôle 
(chanfrein), la biyète (partie non taillée d'une moulure), le creûs, 
le creûs a dint cPleup (gouttière creusée à la face inférieure de la 
pierre pour empêcher les eaux de pénétrer dans le mur), le cassi 
(creux taillé à angle droit), le quart de rond (quart de cylindre), 
la baguète (cylindre presque complet), qui est r*cizeléye ou 
scuréye, le boudin (grosse baguète), la doûcène (moulure concave 
par le bas et convexe par le haut), Vanticule, la mackèle (profil 
de la console), le tire-bouchon (moulure en forme d'escargot de 
la console), la goûte (petit triangle disposé à la base de la 
console), la mastèle (moulure ronde qui remplace parfois \n goûte), 
V astragale (astragale, baguète qui couronne le fut de la colonne), 
le bèc-dè-corbau (moulure recourbée et terminée en pointe), le 
boucha (moulure rai-cylindrique de la marche d'escalier), la 
rustike (plateau en relief entouré d'une rainure), Véve (ouverture 
pratiquée dans les parois du torion d'èclûje). 

Les pierres taillées les plus connues sont : le chapitiau, le 
choke (socle), le seuy dèfèmièsse ou de porte, le seuy ravalé a 
biriboutche, le seuy a rabat d*yau, la clé, le montant, la bordure 
a boutoniére, le lété ou sultia (linteau droit ou cintré), la 
marche, le diamant, le balcon, la corniche, le cordon, le soubasse- 
mint, la console, le balusse (balustre), la couverture, le bahut, le 
laviè (évier), le pavemint, le batch, le batch de tchi, le dé, le 
trô dïpièrot, la crêpe (crèche), la batéye (pierre qui se scellait 
autrefois dans la maçonnerie et qui est aujourd'hui remplacée 
par la battée en bois de la porte ; on y pratiquait la gâche destinée 
à recevoir le pêne de la serrure), le bossorin, le croûjî (pierres 
qu'on envoyait en Hollande), le pilo d 1 Holande ou pourcha (sorte 
de borne, pierre conique pour établir des garde-fous), la coulète 
ou couliyo (pierre dans laquelle est creusée une rigole qui conduit 
le purin de Pétable à la citerne), le frontèspice (fronton), le 
mirwâr (face inférieure du balcon, souvent ouvragée), la pilasse, 



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- H7 — 

le roûloû (rouleau pour tasser la terre), le souflèt (monument 
funéraire rectangulaire), le tambour (tambour, partie de la 
colonne), le torion d'éciûje, le bufe (pierre qui sert de base au 
torion). 

Aujourd'hui, le cubage des pierres se calcule au mètre, mais 
autrefois il s'évaluait au pid (pied) et au pouce (pouce). Voici, 
d'après un vieux tailleur de pierres, quelles étaient les différentes 
mesures employées alors : 

le pid d' France de douze pouces, plus petit que le pied de 
Hainaut (il paraît que le pouce français était plus petit que le 
pouce belge) ; le pid a" Hènau, dix pouces ; le pid d' Brussèîes 
ou d 1 Bradant, onze pouces ; le pid d'Anvers', onze pouces, plus 
grand que le précédent. 

Il y a deux moyens d'attacher les pierres les unes aux autres, 
par agrape ou par boutoniêre. Agrapyi in cayô, c'est le réunir à un 
autre au moyen d'un crochet de fer que l'on scelle avec du plomb. 
La seconde manière consiste à laisser saillir d'une des deux 
pierres un bouton, affectant la forme d'un prisme ou d'un demi- 
cylindre, qui doit entrer dans une boutoniêre, mortaise creusée 
dans la face correspondante de l'autre pierre. 

Le chargement des pierres sur wagons est effectué par les 
kèrtcheûs. On enlève les pierres à scltde sur le chantier, et on les 
transporte au boucô (rampe de chargement). On les cale sur le 
wagon avec des tortches, des latias et, quand les pierres sont de 
grandes dimensions, avec des fachènes (fascines), ceci pour éviter 
les heurts. 

Quant aux bromes, pierres trop petites pour être taillées, on 
les utilise à la confection des côssios (pavés) ou des malons 
(moellons); d'autres, les cayôs d 1 foû, servent à la fabrication de 
la chaux ou tchaus' ; enfin les plus petites, appelées gwachês, 
morchas ou cayetias, sont employées pour l'entretien des chemins. 

Erratum. Le mot crampe, donné p. 36, n'est pas employé à 
Écaussines ; il faut corriger en Pvi (levier). 

Arille Carlier 



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- 148 - 
3* La tchèsse au boa 

(Dialecte de Virton) 

Rin n' repose mieus Pèsprit de l'anoûy dès afaires qu'eune 
parti de tchèsse au bos a l'ivir. El départ aus àrs ( l ) don djou 
est d'aboûrd foû animèy. On est a eu ne douzîne de camarades 
vitis coume dès lapons, et èl fusik qui bèrloque su Y dos v 'fit 
rèssènèy a eune bande d'aroûyes. C'est pourtant tous braves et 
ounftes djans qui n' fârint pont d' mau a in p'tit djonne et qui 
n' sondjant asteûre qu'a massacrèy lûves, tchèvrûs, sanglèys 
ou mime atournûs, djâs, carbôs, faute de mieus. 

Mas, pou in tchèssou co pus que pou in aute ; èl proverbe «faute 
de grives on mîdje dès miles » est vrâ ! On arive donc au boûrd 
don bos et on r'choufèle in pauc an s' retoûnant vers lès tchamps 
qui sant couvris d' gnive. On n' vwat au Ion qu' la feumâye dès 
tchim'nâyes dès viladjes et, pus Ion, lès bos couleur viyolèt 
macheurant l'horizon ; on vwat lès rabourèys et lès ètoûles, et lès 
prèys côpés an cârèys, an triyangues pa lès hayes toutes grijes 
où -ce que lès handîs sant pâdus a sètchi. La vwas don mate 
tricayou (*) v' rapèle a l'atancion, et on s'afonce das 1' bos a la file 
l'ink de l'aute et on s' mèt-a place pou ratade èl djibî qu'est r'mins 
don matin. Tout a rawàrdant èl signal, on r'wâte lès bis hâtes, 
lès frânes, lès coûris, lès puants-bos, lès cornwalîs qui montant dès 
ronches, tout grijs de la djalàye. Tout chakin est a s' posse et, 
bintot, la coûne don garde baye èl signal de l'ataque. On ouly de 
bin Ion bàyi lès tricayous : «brr... brr... !» et 1' brut de zoqs 
triques soune conte lès keuches. 

Pan ! in côp d' fusik, et pus a v'ia deûs, wa ! On ouvît l'euy, 
on ouîy su lès feuyes sètches èl galop dès grosses bîtes. C'est dès 
sanglèys. I passant coume ène trombe das lès gaulîs, campoussis 
pa lès tchins, lès breûlemats dès tricayous et lès côps d' fusik dès 
tchèssous. On s' rassambèle bintot et on compte lès mous. Trwas, 
quate sanglèys sant ètadus. Lès tricayous arivant, et gn-an-èst 
ink qui vûde lès bites et baye zous tripes aus tchins. On r*fàt co 



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— 149 — 

quéqu' enceintes ; touci, lès tchèvrùs ant r'broussi ; toula, on è 
tué in r'nâ ; in tchèssou è vu ène bèrcolète ou ène mate ; l'aute 
n'è vu qu'in oûson ; in aute è blessi in vichon ; èl garde è trouvé 
in loup-dormant das ène bore. Tout V monde est contant; et on 
s'aprète a s'ana r'ièy a tchantant. Quand on travîche èl viladje, 
lès pèïsans soûrtant d' zous màjons et d' zous-uches, criyant 
bonswar aus tchèssous, t't a dijant : « A v'ia co quate qui n' van- 
rant pus mougni nos crombîres ! » 

Nestor Outek 

Vocabulaire 

aroùye, vaurien, arsouille. — atournû. ètourneau. — rabourèy, labouré, 
subst. — ètoùle, éteule. — /tandis, langes, linges. — tricayou, traquou, 
traqueur. — Aa/f, hêtre. — puant-bos, cornouiller sanguin. — zous, leurs. 

— gauli, buisson de gaules. - campoussi, pourchassé. — mous, morts. 

— enceinte, partie du bois qui est battue par les traqueurs, lesquels 
poussent le gibier vers la ligne des tireurs. — bèrcolète, belette. — mate, 
martre. — oûson, hérisson. — vichon, blaireau. — loup-dormant, loir. — 
bâre, excavation, cavité. (Virton.) 

(*) ou al pikète don djou. 
(*) <w traquou. 



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Notes d'Étymologie et de Sémantique (l 



Cette rubrique comprendra des articles dont le but principal est 
d'amasser et de dégrossir des matériaux qui entreront dans le Dictionnaire 
général. 

Nous pensons aussi que ces essais d'explication et de synthèse sont de 
nature à intéresser nos correspondants et à les initier peu à peu aux 
difficultés scientifiques de l'œuvre : c'est. pourquoi ces monographies 
recevront parfois plus de développement qu'il ne serait nécessaire si nous 
nous adressions uniquement à des spécialistes. 

Nous espérons enfin que nos correspondants trouveront dans ces notes 
matière à de nouvelles enquêtes, dont nous accueillerons toujours le 
résultat avec reconnaissance. 

i. djawan 

M. Jos. Marichal, de Weismes, nous a transmis ce mot djawan 
avec le sens de « l'autre jour ». Mot rare et ancien, survivant au- 
delà des Fagnes, où l'on a conservé tant de termes curieux ; nous 
ne l'avons jamais entendu en Ardenne, ni en pays gaumais, ni 
nulle part dans la province de Liège. Autant qu'on peut en juger 
sans autre forme comparative, nous y voyons une locution adver- 
biale composée de deux mots. 

Le premier serait dja, latin jam, français jà dans jadis, jamais, 
déjà. On le retrouve à Stavelot, par exemple, dans des phrases 
comme vos nHriz dja, i n } sâreût dja, où il n'est pas nécessaire de 
voir dans dja une réduction de d*dja, dèdja. 

Le second élément est plus problématique. Avant, qui s'offre 
tout d'abord à la pensée, doit être rejeté, pour deux raisons. 
Pourquoi le v de avant, en admettant même que la phonétique 
du wallon admît ce changement, se serait-il modifié en w dans 

(*) Uétymologie recherche l'origine du mot : la sémantique en explique 
la signification. 



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- I5i - 

le composé fyawant ? D'autre part, pour marquer l'antériorité 
dans le temps, le wallon n'emploie pas avant, mais divant : 
divant-z-ir (avant-hier), a-d'vant-z-ir (ard., même st'gn.), divant 
qwatre eûres. Avant signifie « profond, profondément ». 

Mais il existe en ancien français une expression adverbiale 
oan, otian } provençal ogan, du latin hoc anno = cette année, 
qui se prête parfaitement à expliquer djawan pour la forme et 
pour le sens. Peut-être ouan existe- t-il encore comme mot isolé 
dans la Wallonie prussienne ou ailleurs ; mais, quand même il ne 
se rencontrerait plus, ou serait toujours en droit de décom- 
poser djawan en dja -\- oan. Le sens primitif de « déjà cette 
année » se sera obscurci peu à peu, comme il est arrivé à 
l'allemand morgen, au gaumais èchwa, littéralement 45 hier soir », 
réduit au sens de « hier », au gaumais aneû, ardennais énê, 
anc. franc, anuit, littéralement hac nocte, réduit au sens de 
« aujourd'hui ». Dans le même ordre d'idées, signalons aussi 
l'expression duvant antan, qui à Stavelot et à Malmedy signifie 
45 l'année dernière » {Dict. malm. de Villers) et à Faymonville- 
Weismes 45 il y a deux ans » (d'après M. l'abbé J. Bastin), de 
même que l'anc. franc, avant antan, naguère. J. Feller 

2. clrou sir 

I. Voici un mot énigmatique, qui n'est renseigné dans aucun 
dictionnaire. Nous l'avons trouvé employé dans un certain 
nombre d'expressions qu'il sera bon d'énumérer. 

1 . Ci n'est qu' sir boton (ou dotons ?) so V rosi, on ne voit que 
boutons sur le rosier (Jupille). 

çu n'èsteût qu'on sir boton (Verviers). 
çu n'èsteût qu'à seùr botô (Hervé). 
ci n'est qu' str-è-botons (Henri Simon). 

2. çu n'est qu' sir galon (ou galons?), son habit est tout galonné, 
ce n'est qu'un galon (Verviers). 

3. mu stoumad ri estent qu'one sire plàye, ma poitrine n'était 



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— 152 — 

qu'une plaie (Concours du Tout- Verviers, chanson intitulée 
Soterèye). 

4. ci n'est qu'ine sire ntvaye, on ne voit que neige partout, c'est 
une plaine de neige (Liers, Verviers). 

5. ci n'est qit*ine sire fleur, ine sire peûre, on ne voit que des 
fleurs, que des poires sur l'arbre (Liège). 

6. avà V vinàve ci n'est qui sir drapeaus, dans le quartier, ce 
n'est que drapeaux partout (V. Carpentier, Toutou P macrale, 
p. 19). 

7. çu n'est qu' sir him-hames , on n'a que des embarras (Verviers, 
Henri Raxhon). 

8. èsse sirbocà, avoir des habits en lambeaux, criblés de déchi- 
rures (Ch. Gothier, Loisirs d'un Liégeois). 

9. On dit aussi a sir (boton, etc.). Le dictionnaire manuscrit de 
Dethier donne même en un seul mot acire, adv., suivi d'un 
mot malheureusement illisible . 

Peut-être y a-t-il aussi dans leDict. étym. de Gg. quelque chose 
qui se rapporte à ce mot. i° On y trouve, II, 364, un siresiavant 
du dialecte malmédien, interprété provisoirement par « si et si 
avant », et qui signifie en bloc « tout autant, aussi copieusement, 
ni plus ni moins». 2° Au t. II, p. 568, v* commines, l'auteur note 
un passage d'une charte de 1534 : « cire weaze, warance, crapes 
et commines pareilles ». Plus loin, p. 645, Scheler. dans une 
note au mot weaze, traduit ce mot par le wallon wais' , français 
guesde, guède, et propose de séparer par une virgule cire et weaze. 
Il fait donc, sans le dire explicitement, de cire le premier terme 
de l'énumération et un nom de marchandise comme les suivants. 

Tels sont les éléments recueillis sur la question. Ils sont obscurs 
ou contradictoires. On ne peut même établir d'emblée par eux 
si le mot sir est substantif, adjectif ou adverbe. 

II. Plusieurs personnes m'ont certifié que c'est le mot cir = 
ciel qu'elles voient dans cette expression. Elles ont le sentiment, 
assez vague d'ailleurs, qu'il y a comparaison de l'objet avec un 
ciel chamarré ou étoile. Mais il y a beaucoup à dire contre cette 
interprétation. 



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— 153 — 

D'abord de quelle nature serait la composition cir-boton, cir- 
galon, cîr-ntvaye ? Impossible de songer à un type roman comme 
hôtel-Dieu, puisque l'article s'accorde avec le second terme : me 
cire-nivaye. S r i\y a composition, elle doit être de type germanique. 
Mais, outre qu'on ne trouve pas himmel en allemand dans des 
expressions analogues, il nous semble que ciel-bouton, ciel-galon, 
ciel-plaie, ciel-neige (bouton, galon, plaie, neige en chamarrure, 
comme un ciel), si séduisante que l'explication paraisse, ne sont 
pas conformes aux rapports qui peuvent unir un substantif déter- 
minant à un substantif déterminé. En allemand, la comparaison 
se rencontre bien quand le déterminé est un adjectif (himmelblau, 
himmelhoch, himmelschôn), mais là-même le rapport est infini- 
ment plus simple. 

Pour tout esprit non prévenu, dans ine sire nîvaye, sir est 
adjectif. Evidemment il se pourrait que, au lieu d'être primitif, 
cet accord de l'article avec le dernier terme fût analogique. Mais 
c'est bien peu vraisemblable, et la présence de l'article féminin 
milite contre l'hypothèse de cir substantif et signifiant ciel ( 1 ). 

Enfin nous voyons qu'à Hervé sir prend la forme seùr, ce qui 
n'arrive pas à cir — ciel. 

J'en conclus que l'explication par ciel est simplement d'étymo- 
logie populaire, et c'est à cette influence de l'étymologie préten- 
due que j'attribue l'expression isolée cir-è-botons, « ciel en 
boutons » ou « ciel et boutons ». 

III. Dans tous les exemples, sir s'explique au mieux comme 
adjectif, avec le sens de « pur » pris dans sa signification quanti- 
tative de « entier, au complet, sans restriction », comme dans 
« pure bonté, pure nature, une pure sottise ». Ainsi compris, 
on sir boton est « un bouton d'un bout à l'autre»; on ne distingue 
pas plusieurs boutons de fleurs sur l'arbre, il n'y en a qu'un seul, 
immense. Ine sire nivaye signifie « neige partout » : la campagne 
est pleine de neige. Èsse sir bocà, c'est être quant à ses habits 

( l ) Il faut écarter, pour la même raison syntaxique, tout rapproche- 
ment avec l'ancien français serre = série. 



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— IS4 — 

un unique trou, avoir ses habits à claire-voie à cause du nombre 
des déchirures et des lambeaux qui pendent. L'étymologie 
populaire ne manque pas de voir le ciel au travers de ce bocà, 
mais c'est bien à condition de ne pas analyser de trop près 
l'étrange expression « être ciel-trou ». 

Dans cette hypothèse les deux expressions relevées dans Gg. 
s'expliquent aussi beaucoup mieux que par les conjectures de 
Gg. et de Scheler. Sir et si avant signifie « purement et si 
avant » : il y aurait passage du sens adjectival au sens adverbial, 
comme dans bel et bien. Cire weaze signifiera « pure guède », et 
non « cire, guède », la cire n'ayant d'ailleurs rien à faire dans 
cette énumération de plantes tinctoriales. 

IV. Quelle serait l'origine de notre adjectif ? Rien dans les 
langues romanes ne lui semble apparenté. Nous avons bien 
trouvé dans Godefroy un adjectif seri, au sens de « bien fourni, 
bien muni » ( l ) ; mais que faire d'un mot isolé, sans famille, aussi 
énigmatique que celui qui nous préoccupe? Peut-être est-il de 
même racine ; en tout cas il ne peut servir à nous éclairer. Au 
reste, le fait que notre sir ne se rencontre pas dans le sud- wallon 
et n'existe qu'à la frontière linguistique, fait supposer une étymo- 
logie germanique. 

Or 1 ° l'allemand nous offre zier f zierde, le flamand sier, orne- 
ment. De là zierpupe, mijaurée ; zieraffe, singe d'apparat, fat ; 
sierplant, plante d'ornement. Ce sens paraît un peu grêle et trop 
particulier pour expliquer le terme wallon dans tous les exemples 
précités. 

2° Il y a l'ancien adjectif allemand sêr, flamand zeer. Autrefois 
sêr signifiait douloureux, cuisant, schmerzlich. C'est ce mot qu'on 
s'est habitué à employer dans le sens quantitatif de heftig, et qui 
en allemand moderne n'a plus qu'un emploi adverbial sous la 
forme sehr. Mais le flamand zeer, qui est resté adjectif, a conservé 
toute l'étendue de sens du sêr ancien. 

(*) « Seri — de hordement et de proece, — d'umilitei et de larguece» 
(GilUs de Chin, 6, éd. Rkiffenberg). 



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- iS5 — 

C'est à ce sêr que {nous rattachons le sir wallon. Et, ce qui 
vient corroborer d'une façon inattendue notre choix, c'est de 
trouver dans Godefroy une locution adverbiale à laquelle il était 
permis de ne pas prendre garde d'abord, et qui, la comparaison 
l'éclairant, parait bien contenir aussi le sêr germanique. Ph. 
Mouskks (Chron. 24625, éd. Reihfenberg) a dit: «il desist k'il 
estoit lor sire, mais il le noioit bien et sire ». Bien et sire, ne 
sont-ce point là deux synonymes qui se renforcent ? Sire n'est-il 
pas adverbe comme bien ? Comment l'expliquer mieux que par 
notre sêr ? Nous trouvons donc en lui un témoin de l'emploi du 
mot sir qui nous préoccupe, en roman du nord voisin de la 
frontière germanique. Il ne manque plus qu'un anneau à la 
chaîne, c'est l'emploi roman de sir adjectif. J. Feller 

3. était 

Les auteurs liégeois paraissent oublier cet adjectif, qui n'est plus 
guère connu que des vieillards de nos campagnes. 

Gg. II, xxii y voit un dérivé probable du latin in t en tus ; mais 
la phonétique suffit à ruiner cette hypothèse. A l'adjectif wallon 
correspond l'anc. franc, entait (bien disposé, actif, appliqué); 
dans ses Extraits du Dictionnaire malmédien de Villers, Gg. cite 
l'exemple : « si ot d'entais et de lassés » (Ph. Mouskés, v. 31052). 

Notre mot représente exactement le latin in tact us, non 
touché, c'est-à-dire intact, frais, en bon état. 

était, fém. ètaîte, signifie donc bien disposé, allègre, et de là 
«content, aise, satisfait, ravi», comme traduisent Rem 1 ., Forir. 
Il peut aussi avoir le sens de « enthousiasmé » que lui donne 
Simonon dans Gg., /. c. f mais c'est le contexte seul qui lui donnera 
celui de « désireux », que le même lexicographe lui attribue. 

Quant à l'emploi du mot, nous ne connaissons que 1 expression : 
H cour était y avu /' cour était, et les deux exemples de Forir : 
vo-le-la bin était dé v*ni si timpe ! Le voilà bien empressé de venir 
de si bonne heure ! Mi soûr èst-ètaite dealer à bal. Ma sœur est 



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- 156 - 

toute contente d'aller au bal. Nous désirerions d'autres phrases 
d'exemple : dira-t-ona^ï so était d'aveûrsitu à Lidje ou seulement, 
(dans le sens de dji m 1 rafèyé) dji so était dealer à Lidjeï 

Les dérivés surtout paraissent tombés en désuétude; nous 
connaissons seulement par les textes les trois suivants : 

1. était! (For., Gg., Malm. Vill.), v. tr., dont le sens premier 
est « rendre bien disposé, allégrer », et que Villers traduit : 
« encourager, exciter, animer » ; Forir ajoute « ravir ». C'est 
l'anc. franc, entaitier. 

2. ètaltlse, s./., disposition à être actif et joyeux, allégresse, 
entrain ; de là, au dire de For. , « empressement, encouragement, 
excitation ». Pour le suffixe, comparez en français gourmandise f 
bêtise y etc., en wallon éfanttse (enfantillage). 

3. ètaîtisté, dans un exemple de Magnée: c'a stu pormi ine 
fêle ètaîtisté d*aprinde... B 27, 62. Ce dérivé est forgé sur le type 
des abeyisté, àhèyisté, binàhisté, nulisté, parèyisté, etc., dont 
fourmille le Dictionnaire liégeois de Forir. J. Haust 

4. abeur, abur (?) 

Dans le Vocabulaire A- AB-, p. 6i, nous avons noté : abur 
(Givet), s. «*., tout ce que comprend le ménage rural, bétail, 
récoltes, etc. « Ce mot est peu usité aujourd'hui ; on le retrouve 
dans la vieille chanson : 

Zoup-zou-zoup , Colau Robin ! 
Noste abur ni va nin bin, 
Nosse tchivau n'a pont d'awinne, 
I ^n-aurè-t-a Paute samwinne ! » 

(Communication de J. Waslït). 

Comme c'était prévu, de nombreux correspondants nous ont 
fait remarquer qu'il doit y avoir erreur d'interprétation, que l'on 
dit : vosse tambour (Gros-Fays), vosse tabur (Glons), vos se tabeur 
(Verviers, Spa, Vottem, Liège, etc.) = votre tambour. Qu'il en 



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— 157 — 

soit ainsi aujourd'hui, d'accord. Mais la question est de savoir 
quel était le texte primitif. Nous pensons qu'il a pu porter ; 
noste (ou voste) abur (ou adeur). 

Pourquoi J. Waslkt a-t-il cru devoir lire noste abur et non 
nosse tabur ? Consulté, le distingué professeur au lycée de Laon 
a bien voulu nous donner ses raisons : « En givétois, tabur n'offre 
aucun sens. On dit et on a toujours dit tambour, comme en 
français. Je tiens cette chanson de mon grand-père, mort en 1888, 
à l'âge de Q2 ans ; on distingue nettement dans la prononciation 
noste -f- abur. » 

Ce mot serait une altération de « labeur », qui aujourd'hui 
encore, à Ucimont et à Offagne, désigne toutes les terres d'une 
ferme : ces djans la ant in bè labeur, dit-on (on emploie de 
même labour à Cherain). Labeur, où l initial aurait été pris 
pour l'article, serait devenu fabcur par un phénomène commun 
qu'on peut appeler « déglutination » ; comparez /ârmire, soupi- 
rail, qui devient ârmire à Liers, àrmire à St-Georges (Hesbaye). 

Dans la suite, le peuple, ne comprenant plus voste abeur (mis 
pour vosse labeur), l'aurait transformé en vosse labeur, qui se 
prononce de façon identique et qui a pour lui l'avantage de 
présenter un sens (*). 

Notons que le Roum dou doum par où débute généralement 
cette chanson et qui imite le roulement d'un tambour a dû natu- 
rellement faciliter la substitution. 

Une dernière raison nous est suggérée par M. O. Colson qui 
nous signale dans Wallotua VTII 1900, pp. 41 et 68, un article sur 
les « Sauteuses » où il cite quatre variantes de la formulette du 
« tambourier ». Dans la première (Verviers) et dans la seconde 
(Amonines), il est vraiment question du tambour, mais dans la 
troisième (Vielsalm) et dans la quatrième (Andenne), il ne s'agit 
que de la vie rurale : le tambour, au second vers, est remplacé 

(*) C'est le phénomène bien connu sous le nom d 1 étymoiogit populaire. 

6 



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par le cheval, et dans les autres paraissent la mèskène (servante) 
et le vârlet : 

Vosse tchivâ ni va nin bin; 

Vosse vârlet nèl set miner; 

Vosse mèskène ni set ovrer. . . 

Il est probable qu'ici le cheval aura remplacé Vabeur ou abur 
dont on ne comprenait plus la signification. 

J. Haust 



AVIS 

Nous comptions terminer ce fascicule par une Chronique où 
seraient consignés tous les faits intéressant le Dictionnaire en 
préparation : liste des nouveaux correspondants, détail des 
communications reçues, appréciations de nos travaux parues dans 
la presse quotidienne et dans les Revues, comptes-rendus d'ou- 
vrages relevant de nos études lexicologiques, etc. L'abondance 
des matières nous force à remettre cette rubrique au n° 5 qui 
paraîtra au mois d'Avril. 

Nous rappelons à nos correspondants que le Bulletin du Dic- 
tionnaire leur est envoyé en échange de leurs communications. 

Quant aux membres de la Société, ils payent une cotisation 
annuelle de cinq francs et reçoivent toutes nos publications. 
Nous leur distribuerons en 1907 : 

i° le tome 47 du Bulletin contenant la Table systématique des 
publications delà Société depuis sa fondation en 1856. Cet ouvrage, 
rédigé d'après les exigences de la science bibliographique, est dû 
à M. Oscar Colson et formera le I er fascicule du Liber Mémo- 
rial i s du Cinquantenaire de la Société ; 

2° le tome 48 du Bulletin comprenant V Historique de la Société 
par son président Nicolas Lkquakkk, le compte rendu des 
fêtes du Cinquantenaire et l'édition critique de textes du 17 e et 



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— 159 — 

du i8 # siècle, notamment de la célèbre pasquèye de 1700, les fiwes 
di Tongue, dont nous venons de retrouver l'édition princeps. Ce 
volume formera le second fascicule du Liber Memorialis. 

y le tome 49 du Bulletin , comprenant les pièces couronnées 
aux concours de 1904 et les rapports des jurys ; 

4 le tome 20 de Y Annuaire, où sont réunis tous nos docu- 
ments administratifs pour 1907 ; 

5° enfin le Bulletin du Dictionnaire, environ 150 pages d'arti- 
cles inédits pour aider l'élaboration du Dictionnaire général, dont 
le premier fascicule, d'après nos prévisions, ne pourra voir le 
jour avant le début de 1908. 

Nous avons la confiance que nos associés voudront reconnaître 
les efforts et les sacrifices de la Société en faisant, chacun dans son 
cercle d'amis, une active propagande en faveur de notre œuvre. 



Le jeudi 27 Décembre 1906, la Société liégeoise de Litté- 
rature wallonne célébrera le Cinquantenaire de sa fondation. A 
cette occasion, la Commission du Dictionnaire invite avec in- 
stance ses dévoués correspondants à se réunir ce même jour 
à il heures* précises dans les locaux de la Société, quai de 
r Université, 16, à Liège. 

Dans cette réunion tout intime, elle leur soumettra les résultats 
de ses travaux en 1906 et recherchera de concert avec eux les 
meilleurs moyens d'assurer à nos études communes toute leur 
efficacité. 



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BULLETIN 



DU 



J>. J>. 



DICTIONNAIRE GENERAL 



DE LA 



LANGUE V/ALLONNE 



PUBLIÉ PAR LA 
SOCIÉTÉ LIÉGEOISE 
DE LITTÉRATURE 
WALLONNE 



2 Année. - 1907 
N I 



LIKCiK 

tmpr. H. Vaillant-Carmann«\ s. a. 

Rue St-.VIalbcrt, « 



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BULLETIN 



m: 



Dictionnaire général de la Langue wallonne 

publié par la Société liégeois* do Littérature wallonne 
2 e année. - 1907 N" 1 



POUR LÀ TOPONYMIE WALLONNE 



I 

Comment faut-il faire la toponymie d'une commune? i 1 ) 

C'est surtout en toponymie que les concurrents nous 
donnent — très savamment parfois — ce dont nous n'avons que 
faire, quittes à ne pas nous fournir ce que nous demandons. 
Comme d'autres auteurs sont déjà tombés dans ce défaut (•), 
il sera peut-être d'un intérêt assez général de préciser le but du 
concours, de tracer dans ses grandes lignes le programme des 
recherches à faire, de délimiter une bonne fois pour les concur- 
rents futurs ce qui est indispensable, ce qui est suffisant, ce qui 
est facultatif. 

( 1 ) Les pages suivantes sont détachées d'un rapport de M. Jules Feller 
lu à la séance de mai 1907, sur deux travaux de toponymie. L'assemblée 
a décidé de publier incessamment cette partie générale, qui pourrait être 
utile dès cette année aux participants du 10 e concours. — On sait que la 
Société liégeoise de Littérature wallonne inscrit au programme de ses 
concours, depuis plusieurs années, une < Etude sur la toponymie d'une 
commune wallonne. * Voyez, sur ce môme sujet, l'article suivant. 

( 2 ) Les auteurs des toponymies de Francorchamps, de Spa, de Jupille, 
de Jamoigne. 



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— 4 - 

Lorsque la Société a inscrit la toponymie parmi ses questions de 
concours, elle a été mue par les considérations suivantes. 

En soi, par son contenu, la toponymie relève plus de la linguis- 
tique que de l'histoire proprement dite. Elle prête à l'historien 
des matériaux dont il peut tirer des conséquences historiques, 
mais c'est le philologue qui doit étudier les noms de lieux. Ou 
plutôt, comme ces qualités de philologue et d'historien sont des 
abstractions et peuvent se rencontrer réunies, à des degrés divers, 
chez les savants, disons que c'est faire œuvre de philologue que 
de recueillir, définir et expliquer les noms, œuvre d'historien, 
d'en tirer des arguments et des conséquences. Une société qui a 
inscrit la philologie à son programme ne peut se désintéresser de 
la masse énorme de termes qui ont servi dans notre région à 
dénommer, depuis vingt-cinq ou trente siècles, les eaux et les 
bois, les monts et les vaux, les lieux habités, les lieux cultivés, 
tous les accidents de terrain, tous les phénomènes de colonisation 
et d'appropriation du sol. Ces termes font partie du langage; ils 
évoluent dans leur phonétique et leur signification au même titre 
que les autres. Ce qui les différencie, c'est qu'ils sont plus diffi- 
ciles à observer et à recueillir. Parfois même ils n'existent que par 
unité. Or ces termes ne sont explicables et significatifs qu'à deux 
conditions. D'abord il faut bien connaître la nature de l'objet 
dénommé, dans le présent; et, cet objet étant immeuble, on doit 
aller à lui pour le connaître ou bien avoir recours aux lumières 
des indigènes. Ensuite il faut pouvoir remonter dans le passé 
des lieux et de leurs habitants. 

Une société comme la Société de littérature wallonne, un philo- 
logue, un historien ne peuvent se transporter partout pour étudier 
à loisir les lieux et les dénominations. Ils ne peuvent que s'éver- 
tuer sur les matériaux fournis par des travailleurs locaux. Ils 
demandent donc ces matériaux aux gens instruits et de bonne 
volonté qui connaissent à fond la topographie de leur commune. 
Que faut-il donc savoir et quel travail faut-il exécuter pour être à 
même de fournir à la Société wallonne une contribution utile ? 



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- 5 - 

Nous allons essayer de le dire, de point en point, en suivant uri 
ordre presque chronologique des opérations. 



La première condition est de connaître la région à décrire par 
le menu. On ne doit pas se contenter de puiser dans sa mémoire 
ou dans quelque liste cadastrale : il faut aller visiter les lieux, 
pour se rendre compte de visu de la nature et des qualités de 
l'endroit. Quelles sont les dimensions approximatives, l'altitude, 
les limites, les lieux avoisinants, la nature du sol ? Cette visite 
doit aboutir à une description topographique précise, courte, de 
l'objet; elle pourrait se réduire à deux ou trois lignes de texte, 
souvent à moins quand il s'agit de prés, de labours, de propriétés, 
à condition qu'on ait soin de tracer de bonnes cartes. 

Les cartes sont indispensables. Celui qui entreprend de décrire 
sa commune doit s'en faire une carte étendue et complète. D'ordi- 
naire l'hôtel de ville de la commune en possède une de grande 
dimension. Mais c'est un plan cadastral se préoccupant beau- 
coup plus des limites des propriétés que des noms originaux. 
Il ne contient qu'une minime partie des noms à relever. En 
outre, il ne dit rien du relief du sol, qui joue un si grand rôle 
dans les dénominations. Le relief du sol sera donné par la Carte 
de P Institut cartographique militaire au vingt millième. A l'aide 
de ces deux cartes, le concurrent devrait fabriquer une carte 
toponymique assez grande pour être bien lisible, qui indique à la 
fois le relief du sol avec les lignes hypsométriques de cinq en cinq 
mètres, et qui retienne de la division cadastrale des terres ce qu'il 
juge utile comme argument, sans exagération de détail. La numé- 
rotation cadastrale des propriétés n'aura que rarement de l'impor- 
tance. Ce travail préparatoire achevé, l'auteur inscrira les noms 
fidèlement, soigneusement et, si j'ose dire, calligraphiquement, 
avec la pensée que sa carte devra être gravée et reproduite par 
l'impression. Qu'il soit bien pénétré de cette idée que la recherche 
des noms est sa besogne fondamentale, et que l'inscription pré- 
cise de ces noms en bonne place sur la carte équivaut à un 



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— 6 — 

procès- verbal d'identité entre le nom et le lieu. Tout le reste est 
commentaire, éclaircissement; démonstration. 

Jusqu'ici le travail n'est guère une œuvre de philologue ou 
d'historien ; c'est plutôt une œuvre de géographe, avec cette 
différence capitale toutefois que le géographe ne donne le nom 
que comme un moyen facile de reconnaître le lieu, tandis que le 
toponymiste donne les indications topographiques pour définir et 
expliquer le nom. 

Tous les renseignements ainsi rassemblés contiendront déjà la 
solution de maintes questions de linguistique et d'histoire. Il est 
cependant des termes, et ce sont les plus anciens et les plus inté- 
ressants, qui ne se laisseront expliquer qu'en remontant dans le 
passé. Ici le procédé d'exploration est tout autre, et moins à la 
portée de tous les concurrents. Il consiste à chercher dans les 
archives manuscrites des traces de l'ancienne toponymie commu- 
nale, à consulter les anciens plans terriers, les vieilles listes 
cadastrales, les registres aux tailles, aux contributions foncières, 
les recueils aux œuvres et procès relatifs à la propriété, les procès- 
verbaux de Visitation et cirquemanage , à noter (avec la date de 
l'acte et les indications de registres pour rendre toute vérification 
facile) les faits intéressants relatifs aux lieux et surtout les 
anciennes formes de ces noms curieux dont il s'agit de déchiffrer 
l'origine et de suivre l'évolution. 

Cette partie historique ne peut se résumer par une carte. C'est 
pourquoi tout nom qui ne s'explique pas de soi-même en raison 
de sa modernité doit avoir son article, plus ou moins touffu sui- 
vant la qualité du nom lui-même, suivant l'abondance ou la 
pénurie des documents. On ne demande pas aux auteurs de 
bourrer leurs articles de conjectures sans preuves et d'exercices 
de haute voltige étymologique : on leur demande plutôt des 
faits, et on les laisse libres d'abandonner aux philologues de pro- 
fession le soin de tirer de ces faits des conjectures et des conclu- 
sions scientifiques. 

Dans cette recherche à travers le passé toponymique d'une 
région, il se présentera bien des noms tombés en désuétude. 



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— 7 — 

qui ne pourront trouver leur place sur la carte, et faute d'iden- 
tification précise, et parce qu'il n'est pas bon, sur une carte, de 
confondre le passé avec le présent : ces noms devront aussi avoir 
leur article, qui sera d'autant plus intéressant et plus précieux. 
La toponymie d'une commune ne doit pas se limiter volontaire- 
ment à retracer l'état présent; elle doit essayer d'atteindre le 
passé. Ainsi la reproduction des cartes anciennes, d'anciens plans 
serait une bonne aubaine, qui enrichirait singulièrement un 
travail. 

Si un concurrent se trouve avoir les connaissances nécessaires 
pour faire la description topographique de sa commune, sans 
avoir le goût ou les aptitudes nécessaires pour consulter les cartu- 
laires et les archives, rien ne l'empêche de s'associer à un colla- 
borateur à qui le travail opposé serait plus accessible. Il y a dans 
nos dépôts d'archives assez de jeunes savants formés aux bonnes 
méthodes qui savent à quelles conditions un travail local peut 
contribuer à un ensemble ; il y a dans nos écoles des maîtres 
d'histoire que la lecture de poudreux manuscrits ne rebuterait 
pas : les uns et les autres ne demanderaient pas mieux que de 
contribuer pour leur part à un travail de ce genre. Je souhaiterais 
que toute œuvre de toponymie communale fût le produit de la 
coopération d'un habitant de la commune, instituteur, secrétaire 
communal, desservant, arpenteur, garde-forestier, etc., et d'un 
spécialiste archiviste (*). 

(') Tout archiviste ou employé d'archives, désireux de servir la 
science, devrait d'ailleurs prendre la bonne habitude de noter au passage, 
dans ses lectures de documents, les noms de lieux qu'il rencontre. Ces 
indications rapidement jetées sur fiches et centralisées peu a peu forme- 
raient des répertoires inestimables. On objectera que les documents sont 
utiles à bien des points de vue, et que, si on devait s'astreindre, au cours 
d'une recherche, à noter tout ce qui se rencontre d'intéressant, l'acces- 
soire étoufferait souvent le principal. Je le sais, et pourtant j'insiste. 
Toute notation, même générale, signalant simplement la richesse topo- 
nyinique de tel registre, sera une indication utile aux chercheurs futurs. 



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— 8 — 

Être aussi complet et aussi précis que possible dans les rensei- 
gnements, consulter tour à tour le sol et les vieux écrits, c'est 
tout ce qu'il faut pour produire un travail utile à la science. Que 
les concurrents cessent de s'imaginer que nous leur demandons, à 
la place ou à côté de ces renseignements, des tours de force 
étymologiques. Ils font fausse route s'ils considèrent ce sport 
dangereux comme le tout ou le principal de leur œuvre. S'ils ne 
savent rien du celtique, qu'ils laissent dormir le celtique, qui n'est 
pas d'ailleurs du ressort de la toponymie locale. Il y avait dans 
l'ancien libellé du concours une clause qui recommandait la 
comparaison des noms découverts avec les noms présumés iden- 
tiques d'autres endroits : cette clause a été rapportée; elle ne 
figure plus depuis plusieurs années dans le libellé. Non pas que 
la méthode comparative soit prohibée, mais elle exige plus que de 
la bonne volonté. L'un va chercher ses analogies dans l'Hérault 
ou le Tarn au lieu de regarder autour de lui ; l'autre étale du 
celtique parce que, au premier nom de cours d'eau, il peut copier 
d'Arbois de Jubainville ou, plus simplement, la partie parue de la 
Toponymie namuroise de Roland ; mais, arrivé à la partie romane, 
il divague si follement qu'on s'aperçoit bien alors que toute cette 
science celtique était du plaquage, de l'emprunt plus ou moins 
adroit, et que les principes les plus élémentaires de la phonétique 
lui font défaut. Laissant donc aux linguistes et aux historiens de 
profession l'examen de ces problèmes, nous ne demandons réel- 
ment au toponymiste local que la précision, l'exactitude, l'abon- 
dance des matériaux. Nous le laissons libre de faire de l'étymologie, 
mais nous ne lui en faisons pas une obligation ni ne lui en don- 
nons même le conseil ; et que, au lieu de faire graviter tout le 
monde celtique ou roman autour de son village, il veuille bien 
se rappeler qu'on lui demande un deux-mille-six-cent-vingtième 
du dictionnaire toponymique de la Belgique. 

Qu'importe, pourrait-on dire, tout ce fatras étymologique, si 
on vous le donne par surcroit, si le reste est bon ? D'abord, 
celui qui use son temps à fournir ce superflu fournit rarement le 



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— 9 — 

nécessaire ; nous le savons par expérience. Ensuite le mauvais 
jette le discrédit sur le bon. Autant une conjecture discrète, 
une explication ressortant de la topographie bien observée de 
l'endroit sont légitimes, autant les suppositions en l'air, les 
vagues analogies sans base sérieuse encombreut et enlaidissent de 
leurs verrues énormes un travail consciencieux. 

Il reste à dire aussi un mot relativement a la quantité des 
indications requises ou demandées. 

La toponymie d'une commune ne se compose pas seulement 
des noms que contiennent les cartes ou les dictionnaires géogra- 
phiques. A côté des noms de lieux habités, utiles au service des 
postes, il y a des centaines de noms de champs, prés, bois, haies, 
sources, fontaines, arbres, rochers, ravins, qu'il importe de ren- 
seigner. Un grand nombre de ces désignations ne contiendront 
peut-être qu'un banal nom de personne : c'est possible; mais 
alors, cités sans commentaire, ils ne tiendront pas dans le travail 
plus de place qu'ils ne méritent. L:i toponymie locale doit souvent 
se résigner à donner trop pour donner assez. Philologues et his- 
toriens chercheront leur butin dans cette mine copieuse, mais il 
serait dangereux, pensons-nous, de laisser au toponymiste local 
le soin de faire lui-même l'élimination des non-valeurs. 

II 

Sur le plan général de l'ouvrage et la constitution de chaque 
article, il y a aussi des recommandations à faire. 

La disposition alphabétique ne paraît désirable qu'en sous 
ordre, i° dans le détail, pour classer des désignations de même 
valeur, 2° pour récapituler, en un index nécessaire, le contenu du 
travail. Dans le corps de l'œuvre, il faut établir une classification 
logique basée sur la qualité des lieux. Cet ordre n'a rien 
d'immuable encore. Cependant on est à peu près d'accord pour 
observer le principe de classification suivant : traiter des 
objets et accidents naturels, cours d'eaux, collines, forêts, etc., 
avant de traiter des objets et accidents qui proviennent de 



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— IO — 

l'industrie humaine, hameaux, chemins, fermes, châteaux, 
moulins, prés et terres. L'index alphabétique corrigera du reste 
ce qu'il pourrait y avoir de différence sous ce rapport entre un 
auteur et un autre auteur. Il faut éviter en tout cas de placer 
dans le même chapitre des choses disparates. Un chapitre Lieux 
dits, bois et chemins est absolument factice : lieux dits est un 
terme générique ; il n'y a pas de rapport entre bois et chemins. 
Le chapitre consacré à l'hydronymie doit contenir tout ce qui est 
cours d'eau, étangs, fontaines, viviers, mais non tel nom de 
village sous prétexte que son étymologie rappelle le nom de la 
rivière. Le caractère hybride de certains lieux peut seul faire 
hésiter : faut-il classer les fagnes parmi les prés ou parmi les 
bois ou à part? C'est à celui qui étudie les terrains à prendre parti. 

Chaque article devrait être construit de façon invariable. Ce 
que nous avons dit plus haut des recherches à faire nous permet- 
tra ici d'être bref. Un article de toponymie doit fournir : 

i° le nom indigène et le nom officiel. Lequel devra servir de 
tète d'article, de l'orthographe officielle ou de la prononciation 
locale ? Pour les neuf dixièmes des cas, la solution est tout 
indiquée : il n'y a pas de forme officielle, parce que le nom n'est 
connu que des habitants de la commune. Pour les autres, il est 
préférable de partir encore de la forme wallonne, qui est la seule 
vraie et authentique ; la forme francisée figurera d'ailleurs dans 
l'index alphabétique avec renvoi à l'article. Quant aux noms 
anciens sans équivalents modernes, il est évident qu'ils ne 
peuvent figurer que sous la forme ancienne. S'il y a plusieurs 
variantes anciennes, il faudra choisir comme tète d'article, non 
la première en date, mais la graphie la plus rationnelle. 

2° les indications relatives à l'emplacement ; les autres notions 
topographiques, s'il y a lieu d'en donner. 

3° les formes découvertes dans les chartes, et la date de cha- 
cune; des formules abrégées, aussi peu encombrantes que possible, 
pour désigner les volumes et registres d'archives où on les a 
trouvées. Ici encore le choix est nécessaire. Accumuler des pages 



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— II — 

de variantes trop peu distinctes ne ferait pas avancer le problème 
philologique. 

4° S'il y a lieu, la discussion des formes recueillies, la mention 
d'autres formes analogues à titre de comparaison, le tout présenté 
en vue d'éclairer la signification du nom. D'autres arguments de 
nature historique pourront aussi être invoqués, cela va sans dire; 
des citations et des renvois précis aux travaux toponymiques les 
plus récents seront parfois désirables ou nécessaires, mais il 
importe que l'auteur voie bien que, dans un pareil travail, tout 
converge vers l'explication intégrale du mot. Quand même il 
ne conclurait pas lui-même et ne ferait qu'exposer les pièces du 
procès, la même disposition s'impose. 

Ajoutons enfin qu'il ne faut pas se battre les flancs pour créer 
de longs articles sur des désignations toutes modernes que tout le 
monde comprend. Souvent même une simple mention suffira. 

III 

Post-scriptum 

Les considérations et le programme qui précèdent ont pour 
but de guider les futurs concurrents et d'endiguer en quelque 
sorte un zèle trop susceptible de s'égarer. Nos recommandations 
relatives à l'étymologie, nous en avons bien conscience, sont plus 
prudentes que généreuses. Qu'on nous pardonne ces défiances en 
raison du résultat d'ensemble qu'il s'agit d'obtenir. Le Diction- 
naire de la Langue wallonne ne peut laisser de côté les noms 
communs toponymiques, et même nous caressons le projet 
de publier plus tard un Glossaire toponymique général de la 
Wallonie. Un de nous, M. Haust, en a même fait dernièrement 
à la Société la proposition formelle ( l ). C'est donc le sentiment 
profond du but à atteindre qui nous donne la hardiesse de tracer 
des règles, afin d'éviter autant que possible les déperditions de 
forces. 

(*) Voyez l'article suivant. 



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— 12 — 

Les recherches étymologiques exercent une puissante attrac- 
tion. Parmi nos correspondants, plusieurs ne se croiront payés de 
leurs peines que s'ils ont découvert eux-mêmes le sens des noms 
de lieux qu'ils enregistrent. A ceux-là nous conseillons de ne 
point se livrer au jeu séduisant des conjectures sans avoir médité 
i° pour leur éducation phonétique, le Traité de la formation de la 
langue française qui accompagne le Dictionnaire général de 
Hatzfeld-Darmes te ter-Thomas ; 2° pour leur orientation en 
science toponymique, la Frontière linguistique de M. Kurth ( ] ). 
Ces livres leur procureront pour plusieurs années ample matière 
à méditation. Le dernier leur fournira une bibliographie 
excellente qui les guidera dans leurs investigations ultérieures, 
qui les mettra en garde par quelques jugements sommaires 
contre les ouvrages surannés. Il serait injuste de ne pas 
citer ici la Topographie namttroise de M. le chanoine Roland, 
mais le premier volume, le seul qui a paru jusqu'ici, traitant 
uniquement des noms les plus anciens, sera moins utile que les 
volumes suivants pour l'étude des lieux dits : il peut servir au 
même titre que la Frontière linguistique à l'éducation générale 
des concurrents en toponymie. Les quelques travaux de topony- 
mie communale exécutés avant ceux que nous publions dans nos 
Bulletins, sont également renseignés dans l'ouvrage de M. Kurth. 
Nous pourrions compléter ces indications par quelques exemples 
d'articles, mais nous pensons que la Toponymie de jfupiUc (-), 
éditée par M. Haust, fournira en nombre suffisant des modèles 
variés. 

Jules Feller. 



(') Kurth, La Frontière linguistique en Belgique et dans le Nord de la 
France, dans les Mémoires couronnés de l'Académie Royale de Belgique, 
collection in-8°, tome XL VIII ; vol. I, 1895 ; vol. II, 1898. 

(*) Elle paraîtra dans le tome 49 du Bulletin, qui sera prochainement 
distribué aux membres de la Société. 



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II 

Un projet de 
Glossaire général de la Toponymie wallonne (') 

Le relevé de tous les noms de lieux dits d'une région, anciens 
et modernes, peut fournir des renseignements très précieux sur 
les origines, l'histoire et la langue de ses habitants. Ils forment 
comme un « mystérieux réservoir de souvenirs dont beaucoup 
sont contemporains des premiers âges d'un peuple, et qui, tous, 
ont quelque chose à nous raconter sur les hommes et sur les 
choses du passé » (*). 

Philologues, historiens, archéologues sont unanimes sur ce 
point, et on n'a plus le droit de méconnaître aujourd'hui les titres 
de cette science nouvelle, la toponymie. 

I 

Qu'a-t-on fait jusqu'à présent, en Wallonie, pour recueillir et 
pour expliquer les noms de lieux ? 

Charles Grandgagnage a, dans cette voie encore, fait œuvre de 
précurseur, en publiant, de 1853 à 185g, une Etude sur quelques 
anciens noms de lieux situés en Belgique, un Mémoire académique 
sur le même sujet et un remarquable Vocabulaire des anciens 
noms de lieux de la Belgique orientale. 

Depuis lors, quelques études excellentes, trop rares malheu- 
reusement, ont vu le jour. Il n'est que juste de rappeler ici les 

(*) Lecture faite, en séance du 8 juillet 1907, à la Société liégeoise de 
Littérature wallonne. L'assemblée, approuvant a l'unanimité cet exposé 
de vues, en a décide l'impression. 

( 2 ) KURTH, Frontière linguistique, I, 3, 



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- 14 — 

articles du D r Esser sur la Wallonie prussienne, la Frontière 
linguistique de M. Kurth, les Rues de Liège de M. Gobert, les 
Noms de lieux en -ster de M. Feller, la Toponymie namnroise de 
M. le chanoine Roland et l'étude toponymique de quelques rares 
communes, notamment celle de Braine-le-Comte par MM. C. 
Dujardin et J.-B.-J. Croquet. 

Néanmoins on peut dire que, dans l'ensemble et dans le détail, 
le domaine est à peine entamé. Ce qu'il y faudrait pour le mettre 
en valeur, pour amener au jour et classer les matériaux topony- 
miques, c'est une armée de pionniers retournant chacun son 
petit coin de terre et apportant à la masse commune le produit 
de ses fouilles : labeur modeste, mais nécessaire et fécond. 



Depuis longtemps déjà, des voix autorisées ont fait appel aux 
bonnes volontés. 

En 1885, sur la proposition de M. Kurth, le Congrès archéolo- 
gique d'Anvers émet le vœu « de voir les sociétés historiques 
recueillir les noms de lieu, d'une manière systématique et complète 
sous forme de glossaires raisonnes». L'année suivante, le Congrès 
de Namur renouvelle ce vœu, et l'éminent historien donne 
d'excellents conseils * sur la méthode à employer dans la confec- 
tion des glossaires toponymiques ». Joignant même l'exemple 
aux préceptes, M. Kurth publie en 1887 le Glossaire toponymique 
de la commune de Saint- Léger. 

D'autre part, dans le programme des concours triennaux 
ouverts depuis 1886 par la Société d'art et d'histoire du diocèse 
de Liège pour des monographies de paroisses. M. Kurth a fait 
inscrire un paragraphe recommandant spécialement l'étude de 
la toponymie locale. 

Ce prosélytisme ardent n'a pas porté ses fruits : l'apôtre de la 
toponymie en Belgique reconnaît lui-même que « les résultats 
obtenus n'ont pas correspondu aux efforts » ( 1 ). 

(*) Kurth, Front. Unguist. 1, p. 8 et 9. 



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— i; — 



De son côté, la Société liégeoise de Littérature wallonne, que 
rien de ce qui est wallon ne pouvait laisser indifférente, s'est, de 
tout temps, peut-on dire, préoccupée des questions de topony- 
mie et a tenté d'en faire avancer la solution. A peine fondée, en 
1861, elle inscrit au programme de ses concours annuels « une 
étude sur les rues d'un quartier de Liège » (') et, en 1865, elle 
couronne un mémoire de M. S. Bormans sur les rues de la 
paroisse Saint- André ( 2 ). 

En 1880, elle demande « une étude sur un certain nombre de 
noms de lieux propres au pays de Liège : origine, classification, 
situation et comparaison, autant que possible, avec les noms 
similaires des pays voisins » ( 3 ). Ce libellé touffu se reproduit 
fidèlement jusqu'en 1902, sans rien produire d'ailleurs, sauf 
quelques rapports intéressants où se précisent les questions que le 
toponymiste doit envisager. 

A partir de cette date, la Société, mieux inspirée, demande 
simplement * l'étude toponymique d'une commune » et, cette 
fois, l'élan paraît être donné. Chaque année, la Société a reçu et 
couronné un ou deux mémoires ( 4 ) et, actuellement, stimulés par 
elle, des travailleurs préparent le glossaire d'une douzaine de 
communes. 

• • 
On remarquera que le mouvement que nous venons de signa- 
ler à la Société wallonne a marché de pair avec la mise en 
train des travaux préparatoires du Dictionnaire. Et il convient 
d'y voir autre chose qu'une coïncidence fortuite. Le Diction- 
naire serait incomplet s'il n'enregistrait une foule de termes qui 
souvent ont disparu du langage courant, qui peut-être n'y furent 
jamais admis et qui vivent pourtant, d'une vie partielle et 

( l ) Bulletin 4, II, 108. (*) Bulletin 9. — ( a ) Annuaire 8, 210. — 
( 4 ) Glossaires de Jalhay, Spa, Francordiamps, Jupille, Forges-lez- 
Chimay. 



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— 16 — 

restreinte, cristallisés dans tel ou tel nom de Heu. La Commission 
du Dictionnaire, dans le Projet publié en 1 904, a montré nette- 
ment quelle était son intention à cet égard : les articles ins, 
ins-è } fay , fayit , hièrdâve y représentent l'élément toponymique. 
On comprend dès lors que la Société, si elle veut assurer le 
succès de sa vaste entreprise, a le plus grand intérêt à voir 
s'élaborer le plus grand nombre possible de monographies détail- 
lées. Sans doute, elle ne doit pas négliger le point de vue 
historique ; mais elle désire avant tout des listes de termes scru- 
puleusement notés et définis. C'est le document philologique qui 
lui importe ; mais qui ne voit ce que l'histoire et l'archéologie 
pourront puiser de renseignements précieux dans cette niasse 
de documents solidement établis ? Publier un texte ancien, en 
étudier la langue, en fixer la date et le lieu d'origine, toutes 
ces besognes sont du ressort spécial de la philologie ; à l'historien 
d'utiliser les faits que ces textes renferment, de les discuter et 
de les faire entrer, s'il y a lieu, dans ses «résurrections du passé». 
Au fond, il n'en va pas autrement dans la question qui nous 
occupe, puisqu'aussi bien établir un glossaire toponymique, c'est, 
d'une part, publier des fragments d'archives, d'autre part, notre 
de auditu une section particulière du vocabulaire actuel. 

II 

Tel est, d'une esquisse rapide, l'état de la question en ce qui 
concerne la Belgique wallonne. Pour résoudre pratiquement cette 
question en allant droit au but, il importe qu'un organisme 
puissant, doué de l'autorité et des moyens d'action nécessaires, 
inscrive à son programme l'élaboration méthodique du Glossaire 
général de la Toponymie wallonne et de son complément naturel, 
la Carte toponymique de la Wallonie. L'œuvre est considérable : il 
faudra, pour l'exécuter, peut-être un demi-siècle d'activité et de 
dévoîiment. Mais l'entreprise est utile et non sans gloire. Elle 
accusera d'ailleurs fortement la vitalité du groupe qui en assumera 
la réalisation. 



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- 17 — 

Pour peu que les pouvoirs publics et les corps savants l'encou- 
ragent dans cette voie, la Société liégeoise de Littérature 
wallonne se déclare disposée à prendre cette initiative (*). La 
fécondité d'un labeur ininterrompu depuis sa fondation en 1856, 
la prospérité croissante dont elle jouit, l'autorité qu'on reconnaît 
en Belgique et à l'étranger à notre « Académie wallonne », sont 
autant de sûrs garants qu'il ne s'agit pas, en l'espèce, d'une 
promesse risquée, mais d'un engagement mûrement réfléchi et 
d'une intention ferme de le tenir. 

Il va de soi qu'en prenant cette initiative, la Société n'entend 
nullement se réserver le monopole de la toponymie wallonne. 
Pareille prétention serait absurde et en contradiction d'ailleurs 
avec ses intentions les plus chères. Au contraire, elle applaudirait 
à la publication de nombreux glossaires partiels ou régionaux, 
que voudraient entreprendre les diverses sociétés archéologiques 
ou des chercheurs isolés. Mais elle se propose de centraliser les 
résultats de ces enquêtes, que leurs auteurs* les livrent d'eux- 
mêmes à la publicité, sous la forme qu'ils préféreront, ou qu'ils 
les lui adressent directement en manuscrit. 



En outre, la Société établira un programme d'action qu'elle 
tâchera de réaliser progressivement. 

Au nombre des mesures dont l'application parait souhaitable 
dans le plus bref délai, peuvent figurer les suivantes : 

1. Rassembler tous les travaux relatifs à la toponymie qui ont 
paru en Belgique et, autant que possible, les travaux analogues 
publiés à l'étranger. 

2. Dépouiller et mettre sur fiches les publications de toponymie 
wallonne, les manuscrits que la Société possède et lescommu- 

(') MM. Kurth et Pirenne ont déjà, sans réserves, encouragé la 
Société à marcher dans cette direction. Elle leur témoigne ici sa vive 
reconnaissance pour la sympathie qu'ils ont bien voulu lui montrer. 
Elle remercie particulièrement M. Kurth, qui lui a offert le manuscrit 
d'une Toponymie de Durbuy, dont il est l'auteur. 



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— 18 — 

nications qui lui seront adressées ; commencer la collection 
alphabétique et la tenir au courant. 

3. Obtenir du Gouvernement que, dans chaque commune de la 
Wallonie, un fonctionnaire communal soit chargé de dresser, 
avec une réduction de la carte cadastrale, la liste des lieux dits 
qui figurent au cadastre de sa commune : ces documents, qui 
pourraient être établis assez rapidement, seraient remis à la 
Société. 

4. Tirer en nombre l'article de M. Feller : Comment il faut faire 
la Toponymie ePune commune et le présent exposé de vues ; 
en adresser un exemplaire à l'administration de toutes les 
communes wallonnes et au curé de chaque paroisse. 

5. Stimuler le zèle des chercheurs; inviter tous ses membres à 
porter leur attention sur cette enquête ; tâcher de trouver 
dans chaque commune deux ou trois hommes éclairés et 
dévoués qui consentiraient à étudier la toponymie locale ; les 
guider, au besoin, et leur ouvrir sa collection de documents. 

6. Publier des glossaires qui pourront servir de types aux futures 
contributions. 

• • 
La Société est convaincue que, de la sorte, elle travaillera, 
comme elle s'est toujours efforcée de le faire, dans l'intérêt de la 
Wallonie. Elle espère que cette entreprise nouvelle rencontrera 
la sympathie de tous les Wallons et, en particulier, des hommes 
d'étude. 

Le Secrétaire j 
Jean Haust 
Liège, 8 juillet 1907 



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ARCHIVES DIALECTALES 

4. Les Haies 

[Dialecte de Clermont-Thimister (arr. de Verviers)] 

On distingue trois sortes de haies : i° hàye al cizète, 2° hâye a 
ruminer et 3 hàye al plante, 

i° La hâye al cizète ne se trouve généralement qu'aux routes 
et aux jardins; on doit de temps à autre la cizeler avec une cizète 
duhâyes. Les cizelèfyes sont réunis en un tas dont on fait un fmvà. 

2° La hàye a ruminer réclame un travail plus compliqué, mais 
moins répété, et laisse des déchets utilisables. On commence par 
tôde ( l ) lu hâye ou couper les grandes branches du dessus, lu tièsse, 
au moyen de la hèpe tôderèsse, la cougnêye ou grosse hache étant 
réservée pour les tiges et les arbres. Parfois on tôt avec le fièrmint 
(serpe à manche court) ou avec le hèrpà, sorte de ciseau à long 
manche, sur lequel on frappe de bas en haut avec un mayèt. 

Puis il s'agit d'enlever les bois morts et ceux qui ne conviennent 
pas : c'est vûdi /' hàye. 

Il faut alors ruminer (remener) ou fèssi, c'est-à-dire tresser, 
entre les stoc's ou tiges, les minants (branches flexibles venant 
du pied de la haie) et les boutenâres (petites branches flexibles 
naissant le long des stoc's) : féô bê rminèfye. 

Le mot stoc' ne désigne pas seulement l'épine ; il signifie aussi 
un tronc que l'on recoupe pour le maintenir à hauteur de la haie : 
ù stoc' du fieûhij ô stoc' du tchàrnê. Mais stoc employé seul désigne 
habituellement l'épine : one hàye du stoc's — une haie d'épines. 

(*) Liég. tonde. La dénasalisation est le caractère le plus prononcé 
du dialecte hervien. 



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— 20 — 

Os (= on) a fini dèl ruminer, ô va mète lès fesses. La fesse est 
une grande branche flexible, dégarnie de ses b ranch iol es, que 
l'on tresse entre les parties supérieures des stoks pour former le 
dessus de la haie : fé 6 bô fèssèfye. Parfois fèssèdje s'emploie aussi 
comme synonyme de ruminèS^e. 

Il ne reste plus que le spinèfye. Spiner, c'est planter de petites 
branches d'épines entre les fesses pour garantir les jeunes pousses. 

3° Haye al plante. Ici le travail est différent : après avoir tôdou 
V hàye et enlevé les bois inutiles, on fait des plantes, qui sont de 
grandes branches en éventail, obtenues par section des branchioles 
de deux côtés opposés, et dont le gros bout est taillé en pointe. 

La plante qui va contribuer à former la haie, est donc un 
élément mort que l'on enfonce en terre, soit directement, soit 
dans un trou fait avec la haminte. 

Lorsqu'il y a assez de pla?ites } on applique de chaque côté de 
la haie une picc } et les deux pîces sont réunies par des ligatures : 
loyi les hàyes ('). Pour bien serrer la haie, on rapproche autant 
que possible les pîces au moyen d'un crama (crampon muni d'un 
levier) ; on applique alors les hàrts ou ligatures, formées de 
branches de chêne ou de saule (les petites branches de saule sont 
les wèzis). Actuellement la majeure partie des ligatures se fait 
en fi d'arca. D'habitude on met un second rang de pîces pour 

consolider la haie. 

* 
* * 

Il arrive que, par ci par là, on enfonce en terre dans l'épaisseur 
de la haie un pieu de saule, destiné à prendre racine : c'est un 
plançô (franc, plançon ; à Jupille on planton d' sa). 

Lorsqu'il se présente un espace sans sujet vivant, on se décide 
parfois à n'y mettre que du bois mort : on y enfonce des plantes, 
on les renforce avec des branchettes bien fournies ; le tout, serré 
par 4 perches, 2 de chaque côté, forme une tramaye : fé one 
tramaye (cf. Gggg. II 442). 

(*) Gggg. Il 257 appelle prime une * perche ou longue pièce de bois 
qu'on place horizontalement dans les haies pour les soutenir *. Ce mot 
est encore employé à Flêron et à Jupille. 



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— 21 — 

Une pousse verticale partant du sol et que l'on respecte, 
s'appelle un matant (montant), par opposition aux minants. 

Dans l'intervalle entre deux réparations, on doit chaque 
année groyî ( l ) la haie, c'est-à-dire couper les petites branches du 
bas (de cou dèl hàye) pour permettre à l'herbe de grandir. Ce 
travail se fait au moyen de la grôyerèsse, sorte de serpe à long 
manche. Les débris de la haie et les petites branches coupées sont 
les grûyehôs. 

Une jeune haie doit être soutenue au moyen de pas et de laies 
et protégée de chaque côté par un bayelèfye composé de pas et 
de bayes ou grosses perches, qui sont fixées sur les pas au moyen 
de spatés (lamelles de fer flexibles). 

Le sillon fait pour la plantation de la haie s'appelle so/ie. Une 
sohe est aussi une rigole qui permet l'écoulement des eaux d'un 
terrain humide (sohi one wede). Ce travail est aujourd'hui 
supplanté par le drainage, drênèS^e. 

Entre le 15 décembre et te 15 mars, et en tout cas duvant 
qn' lès hàyes nu boutèhe, se place le temps où l'on raccommode les 
haies: lu cloyàve. Le cloyeû va clore, muni de son tablier en cuir 
(pé d 1 cloyeû) et de ses gants (mofes du cloyeû). Il a sa sàrpète 
suspendue par derrière au croc de sa ceinture. Le travail des 
haies et la façon de l'exécuter se disent cloyèfye. — Les branches, 
grandes et petites, destinées à entrer dans ta haie, s'appellent lès 
clôyemints : Nos n 1 sâris pus clore ; nos n'avanspus dès clôyemints. 

Ruclôre } c'est réparer un trou dans une haie (one traivêyè) : 
ruclôre one trawêye. — Bocà est synonyme de trawêye. — Une 
moussète est un trou au niveau du sol par où l'on peut passer à 
plat ventre (*). 

( 1 ) A Fléron et à Jupille htvî\ les débris s'appellent hèvfons. — A 
Jupille, grôyerèsse est inconnu ; on dit fièrmint a bûzc. 

( 2 ) A Jupille, passàhe : li passàhe est plinte di poyèfyes di lire 
(Jean Lbjeunr). — A Fléron, une potchâde est un point où Ton peut 
escalader la haie : à Jupille potchàhe. — A Jupille, unefrohàhe est l'endroit 
dans une haie où les bêtes ont brossé (frohî). — A Jupille, hèpeter 
signifie recouper une haie pour la rajeunir. Tous ces tonnes sont 
inconnus à Clermont-Thimister. 



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— 22 — 

Rèclôre, c'est renfermer, boucher les issues. 

• • 

Dans chaque haie séparant des prairies de fermiers voisins, on* 
ménage un oda: un mètre environ de haie est remplacé par 2 ou 
3 perches ou fils de fer placés horizontalement et qui servent de 
barricade tout en permettant aux vaches de troupeaux différents 
de soder (se flairer). Cela leur enlève, paraît-il, l'envie de froht 
(bros.ser, traverser la haie en la brisant). 

Lorsque les haies rencontrent lespazês oupfd-pazcs, elles sont 
interrompues, soit par un fourni kèt 9 soit par un tnôteû, composé 
de plusieurs hiweùs ou grosses pierres dressées le plus souvent 
en triangle. On appelle encore hiwciï la pierre qui empêche les 
véhicules d'approcher de l'angle d'un mur ou d'un pilier ('). 

La haie peut encore être interrompue par une bàrire à deux 
battants, ou par une hàhe (claire-voie), qui est tout aussi large, 
mais n'a qu'un battant. Le hàhe est une hàhe plus étroite et plus 
légère. 

La hàhe est suspendue, au moyen d'une 1 chape ou mahofe, à un 

h4 







V 



1. poste: 2. pas 1 le t; 3. botô\ 4. tchape ou mahote \ 5. s tri \ 6. pire du petite : 
7. boutant: 8. grêle \ 9. nyes; 10. bâte. 

( l ) Cf. Bodv Voc. des Charrons, etc., v" saut eu et Gggg. v° treûhi. 



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— 23 — 

poste (gros pieu solide) et va se fermer contre une bâte (pieu plus 
mince et moins résistant). Le bois du dessus est la grêle, reliée par 
le doutant au posUèt. Le posUèt est le pivot ; il est arrondi à sa 
partie supérieure pour tourner dans l'anneau de la tchape ou 
mahote; la partie arrondie est le botô (bouton). La partie infé- 
rieure du posHèt est munie d'un stri, ferraille en forme d'étrier 
armé d'une pointe qui tourne dans l'excavation d'une pire du 
pèlete [pélète - bassinet]. La hàhe est complétée par des rêyes. — 
Aujourd'hui, le fer remplace de plus en plus le bois dans la 
construction des bârtres et des hâhes. 

La hàhe a cou (qui tend à disparaître) est une hàhe à contre- 
poids. Son nom lui vient de ce que \* grêle en est généralement 
formée d'une tige d'arbre dont le pied, souvent énorme 
(cou = cul), forme le contrepoids. Ce contrepoids est parfois 
renforcé d'une grosse pierre. La grêle pivote sur un pu (pal, 
pieu). 




i.pâ; 2. grêle : 3. rêyes \ 4. 



bâte. 



Les haies artificielles sont dites bayelèd}es\ hàyes artificiéles, 
hâyes du fier ou hàyes du fi d'arca a spènes. 

Un pàfis' est une cloison fixe, formée de pieux rapprochés, 
reliés entre eux par des branches tressées. 

D r S. Randaxhe, 
à Thimister 



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— 2 4 — 

5. Fènà-meûs(') 

[Dialecte de Lincé-Sprimont] 

Avri, coine dit li spot, a-st-apwèrté 1' mi tan dès foyes a May ; 
May a fait 'ne fwèce, et vola tôt qu'a stu vert, mins d'on si tinre 
vert et si télemint fris' qu'on dîreùt qu'on v'nahe dèl sètchî foù 
d'ine lasse. 

Li solo a-st-èhandi 1' tére, lès àbes ont flori tôt blancs et 1' foùre 
a crchou, plin d' fleurs et d' bièsses di totes lès sors. 

Vochal Djun : c'est 1' fènà-meùs. 

Li foùre est bè. 

# 

Lès prés, lès wèdes ridohèt d'yèbe disqu'a d'zeù lès hâyes ; 
pidjote a midjote lès dièrinnès mèlèyes ont d'flouwi â vint, et 
1' foùre a flori : asteùre i vout s'mincî, i s'apèsantih et flahe di 
co traze costés. Vola 1' tirrips d' mète li fâs d'vins. 

Li soyeû, li stridje et 1' cohî pindous a s' cingue, aprèstêye ses 
batemints et s' mârtê po r'bate si-ustèye, qu'a dwèrmou tôt l'iviér 
pindowe èl heure. 

Li foùre est bon. 

# 

* # 

Et l'orne s'a-st-èpuré et s' s'a-t-i mètou a l'ovrèdje. 

Il ataque li prumire bâte, pàhûle et sins s' presser. A chaque 

(') Les articles de nos correspondants seront toujours parfaits à nos 
yeux s'ils unissent la simplicité à la clarté et la précision du style. 
Lorsqu'à ces qualités essentielles s'ajoutent le pittoresque et l'harmonie, 
nous nous en félicitons doublement. C'est le cas pour cette jolie page 
dont l'auteur, le poète Henri Simon, a bien voulu réserver la primeur à 
ce modeste Bulletin. 

— L'article suivant traitera le même sujet au point de vue purement 
technique. Enfin d'autres communications, dues notamment à MM. H. 
Piron, de Masta-Stavelot, et S. Randaxhe, de Thimister, nous ont 
permis d'élaborer sur la fenaison un questionnaire général, que Ton 
trouvera ci-après. 



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— 25 — 

côp d' fâs, ine saqwè brùtincye, corne ine plainte, et 1* bè foùre si 
lèt djus sol tére qui l'a-st-ac'lèvé. 

Li bâte finèye, li soyeû r'sowe si tèyant è tansè di s' main, èl 
rissinme et rataque ine aute rote. 

Et la, è plin solo, lès bâtes sùvèt lès bâtes sins làker. L'eùrève 
vinowe, Tome dihint s' ta te al hape : il a hâsse de vèy li dièrinne 
fènèsse djus. 

Li foûre est soyî. 

• * 
I n'a pus rin so pîd. 

Lès pâwions, èwarés, ni r'trovèt pus lès fleurs, qui finihèt de 
mori, stindowes al tére... 

Que samerou èl pîd-sinte !... Li bocâ s' tape à làdje : c'est lès 
fèneûs, li fotche et F rustê so li spale. 

Corne on frumehî en alèdje, vo-lès-chal avâ 1' wède. Lès clérs 
cotres dès fènerèsses et leûs blancs baradas baletèt-st-â vint. A 
côps d' fotche, i k'sèmèt lès bâtes et, dismitan, ç' n'est qu' hahe- 
làdes et côps d' lawe ; mins Povrèdje rote tôt Y minme ; ca vola 
tôt stàré. 

C'èst-â tour de solo de d'ner s' côp d' main a l'orne. 

Li foùre est d'zârné. 

Et 1' pauve foûre a stu r'toûrné tote li djoùrnêye ; ossu n'est-ce 
pus rin d' lu ni dès fleurs qu'èstît co îr si bêles. Lès pâwions s'ont 
r'sètchî foù dèl wêde, qu'est mwète por zèls. Et l'ome oûveûre a 
plins brès', ca 1' solo bahe : i s 1 fât d'hombrer. 

Et vola tôt d'on côp lès hougnètes qui s' drèssèt d' tos costés : 
vos dirîz 'ne trope di bèrbis qu 1 vint d'abrotchî foù d' tére. Ine 
fwète odeur d'yèbe côpêye monte è cîr. Diè vôye qu'i n' ploûse 
nin dèl nut' î 

Li foùre est hougneté. 

• • 

I n'a nin ploù. Li solo, qui blâme di s' pus fwért, a d'dja r'souwé 
lès crouweûres dèl nut' qu'est passêye. Vo-re-chal lès fèneûs qui 
rataquèt. 



igitizecl-by 



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— 26 — 

Lès hougnètes sont disfaîtes, et Y foùre ripasse si màrtire. 

Eco 'ne tchoke, i sèrè bon ; on Tôt hileter a chaque côp 
d' rustê : «Quéle coleùr ! dist-on ; quéle odeur ! Lès bièsses àront 
bon cist iviér ». 

C'est F moumint d' roler F foûre, ca dèl tchèrâ amonte on brut 
d'atèlèye... 

Cèst F tchàr !... Corèdje !... Et lès longues rôles si stindèt sol 
pindèye de pré. 

Li foûre est fcné. 



Et la, è fond dèl wêde, li pîce est d'dja drèsscye. Lès fotches 
rimplihèt et vûdièt lès tchârs. Li foûre s'ètèsse, li môye s'arondih 
et monte so F cîr qui F solo met' è feù tôt s' coûkant. 

Li foûre est r'mètou. 

Henri Simon 

Li 23 de p'tit meus d' Fan 1907 

b. Li Fènàhe 

[Dialecte de Retinne] 

Vos savez turtos çou qu* c'est de foûre : c'est d' Fyèbe soyèye 
et fènêye qu'on done a magnî as bièsses qwand 'le sont so stâ. 

Nosse mot vralon foûre ni ravise nin djustumint F francès foin : 
ci-cial vint de latin fœnum. C'est d' la qu' nos avans tiré fèner tôt 
parèy qui F francès faner ; tôt fant qu' foûre provint d'on mot de 
bas latin fodrum } fodernm ou fodrium, qu'on resconteûre dèdja 
d'vins lès ac's vès 796 et qu' n'est qui F mot tîhon Fntter, qui 
vout dire li pateûre ou Famagnî dès dj'vàs ( l ). 

(*) A signaler que le radical de l'allemand fad-en signifie remplir 
dans le double sens de doubler (un vêtemeni) et nourrir, comme le w. 
forer. 



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— 27 — 

Po k'mincî, on louma fodrum tôt çou qu'i faléve po d'fraiti 
bièsses et djins d'vins 'ne ârmêye. A don ç' n'a pus stu qu' l'amagnî 
dès bièsses : tchivàs, bcûf s, vatches, moutons et gades ; et, corne 
li mèyeû et 1' pus gros d' cist amagnî-la èsteût l'yèbe fènêye, on Ta 
loumé de foûre. 

C'est lès plèves dèl leune d'avri qui d'nèt dèpid à foûre, c'èst-à- 
dire qui l'aspèhihèt, et c'est Y solo d' may quel fait crèhe, qui li 
done dèl hauteur. Ossu ; qwand c'est qu'i-atome de v'ni trop' di 
timps a bîhe so ces deûs meus la, on n' ramasse wêre di foûre : 
i n'est ni haut ni spès. 

I-n-a co dès pièces, è payîs de Rwè ( l ), par eximpe, wice qui lès 
vatches magnèt 1' prumî djèt dès wêdes qu'on vout soyî. L'yèbe 
ricrèh so 1' côp, mins 1' fènâhe est rèstàrdjèye d'ine qwinzinne di 
djoûs. I-èst-a supôser qu'on fève tôt costé parèy de timps'passé, 
pusqui 1' fènâhe èsteût d'ine treûzinne di saminnes pus tâdrowe 
qu'oûy. Et 1' prouve, c'est qui, d'vins li R'keûy des ôrdonances 
de Payîs d 1 Lîdje (Prumî volume, pâdje 220 so li d'zos), l'ac' dèl 
Pây di Vottem finih come çouci : « Donneit l'an de grasce 
MIITXXXI le X e jour de mois de jullet que on dist fenal moys ». 

Oûy on fène d'ordinaire divant lès plovinètes dèl Saint Pire. 
Li foûre est bon a soyî tôt dreût après s' florihâhe. S'on ratint 
trop', l'ameûr de fistou 'nnè va po noûri li s'mince. À réze, on 
foûre qu'a stu fèné è bon moumint est d'on clér vert et si-ode-t-i 
fwèrt bon, tôt fant qui 1' ci qu'a k'mincî a souwer so pîd si fène 
djènàte et s' n'a-t-i nin 1' fène odeur di l'aute. 

Po-z-avu fleur di foûre, i fàt-st-ècrâhî lès wèdes ; divins lès 
fondrèyes, qwand ons èst-a main dèl fé, on pout miner lès corantès 
êwes so lès pindêyes dès prés, mins 1' foûre qu'ons î racôye si r'sint 
todi d'èsse ine gote êwis' : c'est çou qu'on lome de seûr foûre. 

I fât treûs sors d'ustèyes po fèner : lès fàs, lès fotches et lès 
ristês ou rustês. On n' coûke mây noie ustèye al têre divins lès 

f 1 ) De costé d' Hêve, li payîs d* Lîdje aléve disqu'è Djosé. Pus Ion, 
c'èsteût Y payîs d' Limbourg, qu'a stu bin dès annêyes d'à Rwè d'Es- 
pagne : c'est coula qu' lès Lîdjwès 1' loumît payîs Je Rwè. 



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— 28 — 

vvèdes ou d'vins tes prés : ons àreut trop' di ruses di lès r'trover. 
C'est coula qu' lès mantehes dès fâs et dès ristês sont raw'his al 
bètchète po lès poleûr planter è têre. De vî timps, qwand on 
s* sièrvéve di fotches di bwès. faites â pus sovint foù d'ine dreûte 
cohe di neùhî qui crèhéve forrehowe so li d'zeûr, on l's aw'hîve 
ossu al bètchète de mantche po lès planter. Oûy lès Américains 
nos ont fait dès fotches d'acîr a deûs, treûs et qwate dints, qu'on 
fait on rude ovrèdje avou et qu' sont bêcôp pus lèdjîres qui nos 
fotches di lier a deûs dints d'à passé 'ne quarantinne d'annèyes. 

Wice qui Y tèyant dèl fâs èst-èmantchî, on adjustèye, di sqwére 
avou Y fâs, ine aloyante hàrt qu'on lome ine rapwètroide et qui 
sièv a racoyi 1' foùre soyî po fé Yandain ou àdain ou and' H. 

On lome andain Y guilite di foûre abatou a chaque côp d' fâs ou 
a tchaque pas qui Y soyeû fait en avant. 

Di m' djonne timps, c'èsteût 1' cinsî lu minme ou Y bovî, avou 
ses vârlèts, qwand 'nn' aveût, qui soyîve. I n' va pus oûy ainsi : 
on a dès djins d' mèstî qui fèt l'ovrèdje pus rade et bêcôp mis. 
« Bêcôp mis » vout dire qu'i rèsèt 1' wason disqu'a têre et qu^i fèt 
pus d' foùre. C'est dès ornes qui nos v'nèt de costé d' Dinant et 
d' Flip'vèye. I soyèt tote l'annèye : d'octôbe a may, i soyèt lès 
pires di marbe et lès pires di tèye divins lès p^rîs d' leû payîs. 
È meus d' djun, i v'nèt soyî Y foûre avâ ci et, tôt dreût qui 
l' fènàhe est fou, i-ataquèt a côper lès deûrs grains et lès mârsèdjes 
disqu'è meus d' sèp'timbe. 

Po Y foûre, i soyèt a martchî. I-a passé on timps, i fît coula a 
treûs qwàrts di franc 1' vèdje [436 mètes ramoûrnés (*)] ; adon c'a 
stu a on franc, et oûy c'èst-on franc et d'mèy. 

Dj'a k'nohou on soyeû qu'on louméve Andrî — si sorno m'èst- 
oûy foû dèl tièsse — in-ome qu'aveût l'air tôt hink, qui soyîve 
disqu'a onze vèdjes di foûre li djoù : i k'mincîve a treûs eûres â 
matin, fève ine prandjtre d'âtoû d' deûs eûres so 1' wazon qwand 
Y solo èsteùt è s' plinte fwèce, adon i rataquéve disqu'â bron dèl 
nut r . 

(*) Mètres carrés. 



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— 29 — 

So F côp qui F foûre est djus, si F timps sièv, ons ataque a 
(Tzannener (ou disàtietier), çou qui vout dire qu'on disfait lès 
andains al fotche, tôt k'sèmant Y foûre a Favîre, po F raète à solo 
et co mis â vint, qui fait po F mons ot'tant et d'ossi bon ovrèdje 
qui F solo. 

Qwand F foûre kimince a souwer, on Y ritoùne al fotche so 
pièce. Adon, qwand F solo d'hint, on ramasse li foûre a royons 
(ou a p'titès rôyes) avou dès ristês d' bwès. 

Li lèd'dimain qwand F solo a hapé Y rosèye in te lès royons 
— et s'i n' lût nin F solo, i n' ârè nin dèl rosêye — on r'toûne 
cès-cial â ristê tôt lès assètchant wice qu'i fait sètçh, et on 
rik'mince li djeû treûs qwate fèys s'i fàt. On n* sâreût mày trop' 
kitoûrner F foûre : s'i lût F solo, coula Fèspètche di s' honder et, 
s'i n* lût nin, on r'mèt' todi a fwèce â vint li d'zeûr dès royons. 

Sol fin d' Faprès-F-dîner, s'i-a aparance di plêve po dèl nut', on 
rassonle à ristê dès pèçots d* royons a p'titès hougnètes. S'ons 
èsteût k'tchèssî dès nûlêyes, on f'reût al vole, èl pièce di hou- 
gnètes, dès tôt p'tits hopês qu'on lome des gossèts. 

Qui F timps siève si bin qui c' seûye, i fàt todi treûs fèys vint- 
qwatre eûres po fé de bon foûre. 

Qwand F foûre est fait, s'on n'est nin prêt' a F rintrer, on 
F ramasse a grosses hougnètes di deûs mètes haut so 'ne sipèheûr 
a Fad'vinant, et on pégne tôt li d'foù â ristê, po mis fé d'goter 
Fèwe s'i v'néve a ploûre. — E France, de costé d' Compiègne; 
dj'a vèyou dès tchapes di strin so lès hougnètes di foûre po lès 
warandi dèl frèheûr. 

S'ons a Fs atèlèyes prêtes po rintrer F foûre, on F tchèdje (al 
fotche tchèfyerèsse, ine fotche a long mantche) so tchàr, cârmane 
ou tôhèrète a hâles et on ramasse al hape â ristê F foûre qui 
d'meûre kisèmé wice qui lès hougnètes èstît. Po n' rin piède avà 
lès vôyes, on pégne â ristê lès deûs costés dèl tchèdje et, so li 
d'zeûr, on sére tote li masse avou 'ne pîce qui lès Hèsbignons, si 
dj' tin bin, loumèt on habà. 

Ons ètèsse li foûre so F cina et, fait' a fait' qui F hopê monte, ons 



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— - 3° — 

a dès gamins quel vinèt tri peler po leù plaisir, tôt s' fant souwer 
a co cint mèyes go tes. 

Treùs qwate saminnes après qui Y foûre est so 1' cina, li crouwin 
Y fait r'hoûsser : c'est po coula qui, quasi d'vins totes lès cinses, 
on veut lès pègnons findous d' la-haut lâvà, ou de mons dèl 
crèsse de teùt disqu'à d'zos de cina. 

E nosse payîs — a Fléron et as alintoùrs — on n' fait quasi 
mây dès môyes di foûre corne on 'nnè veut, par èximpe, de long 
d' l'èwe d'Oùte. I fât qu'on 7 nnè racôye a r'dohe po qu* lès cinas 
sèyèsse trop p'tits. A réze, po môyeler, i fât 'n-ome di mèstî et 
s' fàt-i co dès covreûs po-z-adjuster on teûtê di strin al copète dèl 
môye. Tôt coula cosse et, àd'dizeûr, li foûre d'à-d'foû èst-ossi bon 
qu r pièrdou : i n' li d'meûre pus noie ameûr. 

On vint Y foûre à fas. De vî timps, li fas pèséve qwate-cints 
lives di Lidje ou tôt près d' cint' et ûtante-sèt' kilos. Oùy ons a- 
st-arondi 1' pwès et 1* fas d* foûre peûse djusse deûs cints kilos. 

N. Lequarké s 



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QUESTIONNAIRES 



N° 9. Les Foins 

I. L'objet. Comment appelle- t-on dans votre région : l'herbe? 
yèbe,j'èbe f ineyèbe, onejèbe, dès-y èbes f dès jèbes, hièrbêye } fèrbéye. 
A Coo, une herbe se dit wêde. 

le gazon ? wazon, gaum. wazan. 
le foin ? foûre, gaum. /on. 
foins et moissons ? lès dinrêyes a tîS^es. 
le regain ? wayin. 

II. Le lieu* a. Comment appelle-t-on dans votre région : 
la prairie ? pré } prêye, proyc, praircye, wêde. N'y a-t-il pas des 
noms à sens particulier, comme assise ? Distinguez la prairie à 
faucher, soyèS^e, la prairie à pâturer, wêdièfye, pasteûre, pasfore, 
pateûre, patore. 

b. Dites en wallon tes qualités d'une bonne, d'une mauvaise 
prairie ; sa situation et orientation, elle èst-à levant ; son sol : 
elle est sètche, frèhe, marasseûse, àèst-on frèhis' ; on frèchê. 

c. Accidents de la prairie : touffes d'herbe laissées par les 
vaches, wastène, tampè ; touffes provenant du fumier de vache 
étendu, parties laissées en graine, etc. 

D. Quelles sont les plantes qui constituent le fond d'une bonne 
prairie ? 

Quelles sont les plantes nuisibles, vénéneuses ou rendant le 
foin maigre? surales dièfvà, tc/ièrdons, trôyes (centaurée jacée ? 
Condroz), panâhes (branc-ursine), pourales (?, grosse racine, 
Condroz), pés d* vatche (?, fait crever les vaches), hèmèrales (?, 
fleurs jaunes), tchècawes (prêles), hiyètes (campanules, rendent le 
foin maigre), fènaches (ivraie, lolium rubrum ; Mons), fènasses 
(luzules ; Robechies). 



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— 32 — 

e. Quels sont les soins à donner à la prairie ? a) Donnez les 
expressions relatives à la fumure : ansène, ansitie ; fin, fyin, fi ; 
femî ; — ansiner, stârer lès fiâtes, aler stârer as fiâtes, 

b) à l'irrigation et au drainage. 

c) comment dit-on passer le rouleau sur la prairie? nom du 
rouleau ? 

d) comment dit-on i) détruire les taupinières? démutièrner 
(Hainaut). 

2) la taupe? foyon, fouyan, fougnon. 

3) la taupinière ? boute di fouyon y bouteure ; frimouhe, frou- 
mouhe, froumouche ; mutèrne, mutièrne ; mofioule, mou/aie, 
moufawe. 

4) la herse à détruire les taupinières? grifou, grifon, muter- 
nwa % démutièrnwa, dossou, hièrche a mutièrne s, 

5) l'industrie du chasseur de taupes a-t-elle existé dans 
votre région ? son vocabulaire ? 

III. Les espèces et qualités du foin à faucher. 

a) Diverses espèces : foûre di èfvâ, foûre di vatche. 

b) Diverses parties ou étages du foin : li ptd de foûre, lès tifyes, 
fènèsses ou fi stous. 

c) Qualités et défauts du foin au moment de la fauchaison. 
Comment dit-on : les foins sont mûrs, verts, fleuris, secs, trop 
secs, sûrs, aqueux {êwis), souillés de terre au pied (èssonkés), 
touffus, maigres, courts ; ils ont de la sève (ameûf) ? 

IV. La saison. Quelle est chez vous l'époque de la floraison 
(foûrè/ton)? Comment appelle-t-on le mois de la fenaison ? fènà- 
meûs,fènau-mivès ; al fènâ-meûs. 

l'époque des regains ? wayin-timps. 

V. L'action de faucher et faner en général. 

a) faucher? soyî, soyer, soy â foûre, fâtcher,fâtchi,faukier,côper. 

b) fauchaison, action de faucher les foins ? soyàhe, soyàye, 
soyùve, faucâfye. 

c) faner, étendre le foin, travailler le foin, recueillir, sécher le 
foin, etc.? fèner, ovrer F foûre, tourner, rit oûrner, kitoûrner T foûre. 



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— 33 — 

d) la fenaison ou travail des faneurs ? fènàhe, fenêtre, fènâve, 
f l nau, fènèfye, fcnafye. Faire la fenaison : fâre la f naît (gaum.). 

VI. Le personnel : a) faucheur? soyett, soyeûr ; fâtc/reû, 
faukieu, faukeû. 

o) faneurs, faneuses ? fèneûs, fèneresses. 

c) De quelle région viennent les faucheurs et faneurs de votre 
canton ? 

d) Donnez en wallon les détails relatifs à la journée des 
faucheurs et faneurs, aux repas, à la sieste, au paiement. Com- 
parez avec ce qui se pratiquait autrefois d'après les souvenirs des 
vieillards. 

VII. Particularités relatives à la fauchai son. Chaque 
coup de faux est une coute/éye (Monceau-s.-S.) ; faucher à larges 
tranches se dit coute/ày (Prouvy). 

On fauche de façon à obtenir des andains en ligne droite : aux 
endroits où les herbes ont été couchées, on la fauche en petits 
cercles ou rôsèies. 

VIII. Les instruments pour faucher : ustèyes de soyeû, 
os fis du faukeû. 

a) Mentionnons la faucheuse mécanique, soyeuse (Condroz). 

b) la faux, fâs, f as, farts, fauch. 

Disinguer les diverses espèces de faux, i° suivant l'origine : 
cineresse, faus d 1 Ciney; 

2° suivant la forme et la destination : basse fis, haute fâs, 
tiré- f as, clawc-fâs ; bètch ou fâs di stiermint , fâs di sticrneûre, fâs 
d'fyunièsse, fâs d\foûre ; piquet et fâs d } flamind (pour la moisson); 
fâceye, fauciyc ; cèye, ciye, ci le, skèye. 

Les parties de la faux : i° le manche : fàmagn, fâmin, feïmin, 
famé, faumen, fauman' ; faucâr, faucâ, fauco, faucô, fattkè ; 
mantche ; hacacrô (manche plus court ; Prouvy-Jamoigne). 

2° les poignées ; nommées ensemble : pougnâyes, pougnetes ; 
nommées séparément, l'inférieure : pougnèt, manote, mènote, 
manike, crâne ; la supérieure : cwèrbâ ; crasse, créasse, pongneye 



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- 34 - 

tournante ; fàmagn a creùsse (manche à poignée-manivelle ; 
Weismes). 

3° la lame, en fer battu (lame, foye), où Ton distingue, dans le 
sens de la longueur, le rebord : vèfyc, hoâr, la partie mince : foye, 
— la partie écrasée par le marteau, qui prend une couleur parti- 
culière : bâte y — le fil de la lame : tayant, tèyant ; — dans le sens 
de la largeur, la partie qui est vers le manche : ta/on, — l'autre 
extrémité : bètchète ; — enfin, dans le sens de l'épaisseur, il y a la 
partie qui touche terre en fauchant : dos dèl lame, — et la partie 
intérieure : plat dèl lame, 

4° les pièces servant à rattacher la lame au manche ; précisez à 
l'aide de dessins les divers modes d'attache. Le rebord de la lame 
se prolonge en une pièce de fer coudée : gofyc, agrape, cawe dèl 
faus, croc, crotchèt ; cette pièce peut être clouée sur une rallonge : 
sôdèn de la clawé-fâs (Weismes) ; elle peut être terminée par une 
pointe qui pénètre dans le manche : spène, spinèie ; le trou ménagé 
pour recevoir cette pointe est la spineûre (Condroz), Vaneûche 
(gaumais) ; le crochet de la lame peut être assujetti au manche 
par un anneau : vèroàle, viroûle, bagne; enfin un petit coin en 
fer, cougnèt, serre les trois pièces. 

5° les pièces accessoires qui s'adaptent à la faux pour rabattre 
ou coucher symétriquement les andains. Ces armatures sont-elles 
les mêmes pour les fourrages, la luzerne, le trèfle, les avoines, les 
blés ? Faites, si possible, des dessins, accompagnés des noms 
wallons de chaque partie. Ces garnitures, sans que nous soyons 
toujours en mesure de préciser, s'appellent : rapwètroûle, rapwa- 
troûle ; vanrlèt, èrbi, yèrbi ; cr (— arc) ; plôyeron, plôyète ; forcète; 
arna, èrna, harnè ; croc'mint ; marlô ; tchèt, pitit tchèt. — On cite 
comme parties du harnè ou du tchèt : li tièsse, li cèke, lès dints, li 
bâre, Vaguèce, les deux vèrfyales ou vèrfyèles. 

La pièce accessoire qui, dans certains cas, double la lame pour 
la rendre plus résistante. 

Comment dit-on emmancher la faux : monter V fâs, èmantchi 
/' fâs, amantchi eune faus. 



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35 — 

Inconvénients provenant de ce qu'une faux est mal emman- 
chée : H fâs t'vint trop' ou trop pfi, li fâs va troppô ou trop fwcrt a 
tchomp, li fâs yèrbcye trop fwcrt, bctche trop fwcrt y poûhe trop fwcrt. 

Aiguiser la faux et battre la faux sont deux opérations très 
différentes. Aiguiser la faux pour la première fois se dit à Chênée 
difoncerV fâs. Aiguiser en général = sinmt V fàs, sèmî ; rissinmi, 
rissèmij rissèmer, rissètnier ; rùfyi s 1 fans (Bourlers). 

Outils pour aiguiser la faux. i° La pierre à aiguiser : pire dt fâs, 
pire a s in mi V fâs ; keù (lat. cos, -tis) / vcrsia, vèrsiau. 

2° Cette pierre baigne dans de Peau vinaigrée que contient un 
étui ou coffin : cozi, conzi, cuzû (de keû cité plus haut), cohi, gohi, 
gouhiy couyi ; cwèmce, cornet ; bouletc ; bnwa ; cofigneau ; bilot ; 
posson. 

3° Le coffin est suspendu à la ceinture du faucheur : cingue, 
cinteûre. A cet effet il est muni d'un crochet : croc', crotchèt, 
nez, et la ceinture, d'un anneau : oné. 

4° Pour adoucir le taillant, on se sert d'une racloire en bois de 
chêne recouverte de sable et imbibée de vinaigre : stritche, 
èstritche. Passer la racloire — stritchi, ristritchi, èscurer. La 
stritche est attachée à la ceinture par un anneau, ou le long du 
manche de la faux, entre le cwèrbau et l'extrémité supérieure. 

Battre la faux -= bâte si fâs, bâte si lame, rimète li levant, 
ribate. — Cette opération, plus longue et plus délicate que 
l'aiguisage, se fait quand la lame est ébréchée : hârdcye, 
duhârdée, scardée, qu'elle présente une brèche : hàrd, hârd, scârd; 
elle est alors hors d'état : hors d'agtïfe (Jamoigne). 11 faut faire 
disparaître la brèche par le battage : rissètchi Vhàrd, stinde li hârd. 
Un bon bateû d* fâs est un ouvrier apprécié. 

Accidents qui affectent une faux mal battue : le taillant trop 
battu gondole, il est distendu : dutinké ; c'est bâte trop tène ou 
bâte a mwârt tèyant. 

Outils pour battre la faux. i° L'ensemble des deux outils prin- 
cipaux se nomme: lès batemints, batemats (gaum.), èglrtmias, 
aglemias. C'est une enclume et un marteau à battre reliés 

3 



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— 36 — 

par une corde ou courroie : ciirc. La tête du marteau et celle de 
l'enclume sont introduites dans le ciirc par des œillets : oûyèls. 

2° L'enclume seule se nomme baiemint, ccome, corné, coumaye, 
gonmê } sto d' ccome, cglumia, inglumia, inglimcte aglemia. 

Cette enclume est munie à mi-corps, pour l'empêcher de 
s'enfoncer trop profondément en terre, de 4 crochets : e'iètes, 
coyons, croies. 

La partie supérieure est li f/èsse. 

3 Le marteau seul mârtê, màrté, maurtia, tnarhau. 

4 Les anciens faucheurs du Condroz attachaient à Xèglwmia un 
petit bac d'eau, bafch, dans lequel ils trempaient le marteau à 
battre. 

On bat la faux tantôt avec la tête du marteau, tantôt avec la 
pointe, pêne. La zone de battage, qui se marque très bien sur la 
lame, s'appelle bâte. 

IX. Les instruments pour faner. 1. La grande culture 
utilise la fcncùse, machine de 12 râteaux à 4 dents qui retourne 
le foin, et le ristc-fcneùse y machine de 30 à 40 dents, conduite 
par un cheval, pour ramasser le foin séché. Mais les instruments 
ordinaires restent le râteau et la fourche. 

i° Le râteau en général se nomme r/stè, rrtstc, ràslia, rétiau. — 
râteler = risseler, rèsseler, russeler, ràstcler, râteler. — râtelée 
-= risselcyc, risselo/i. -- ràtelage : rcsselètye, risseligne (Saint- 
Georges). 

Décrivez les diverses espèces de râteau en usage dans votre 
région. A Landenne, il y a i° un rcstia à dents d'un seul côté, à 
manche droit d'une seule pièce, kcwe ; le support des dints 
s'appelle ticsse ; 2° un râteau à manche fourchu, appelé fotche ; 
3° un râteau à manche droit, kèwe, et èiplôyerou, arc en bois dont 
les extrémités entrent dans la tête du râteau, à dents des deux 
côtés de la tête ; à Scry-Abée cet arc s'appelle fotche ; ailleurs on 
distingue mantche a fotche et dreùt mantche d } on risté. 

2° Distinguez la fourche servant à la fenaison des instruments 
similaires employés en agriculture. 

Fotche di bwcs y fotche di fier, fotche d'acir. — fwcne Dasn. , 



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— 37 - 

fonnc (Saint-Hubert) ; fotche a dcùs dints, pour étendre le fumier 
ou éparpiller le foin \fotche d'awons', à manche long et fin, à deux 
dents assez courtes et assez droites pour que la fourche se retire 
facilement de la gerbe ; fotchc a treùs dints, pour faire la fenaison ; 
fourtche a j dints, pour le fumier ; fotche a V amène ou trèyin, à 
trois dents et à manche court, pour le fumier \ fotche à foûre ou 
a ichèrfyi P foûre, ou tchèfyerèsse, à manche long, plus gros, à 
dents plus longues et plus larges que la fotche à?awous\ 
fourtche a skeûre, fotche heûrèsse, sert à secouer le foin. 

fotche a qwate dints, pour charger le fumier (Condroz). 

fotche ou trèyin a qwate, cinq dints (Visé-Warsage), fotche a si 
dints, garnies de boules ou mac/otes aux extrémités pour charger 
les betteraves et les pulpes. 

Le manche en bois de la fourche est enchâssé dans la partie 
creuse de l'instrument en fer, laquelle se nomme bûse, bûseleûre 
dèl fotche. 

Une fourchée = fortchèye, fortchie, fourtchée, fortche. 

Enfourcher = èfortchi, infourtchi. 

X. Détail des opérations du fanage. 

Comment appelle-t-on l'étendue de foin que le faucheur abat 
d'un coup de faux ? andain } àdain, andène, andine, andaine, 
andeli. On dit aussi bâte, tnaneye, manée, rôle. Indiquez si ces 
mots se disent à la fois du foin et des céréales. Li soyeû print dès 
làSjes ou dès streûts andains. 

Comment nomme-t-on la suite d'andains formant une largeur 
d'un bout à l'autre du pré ? bâte f Ex. : avou dès làfyes andènes on 
fait dès grosses bâtes (Visé-Warsage). 

Lorsque l'herbe est fauchée, il faut la laisser sur le pré 
jusqu'au jour suivant. Alors, quand le dessus est sec, on retourne 
l'herbe de l'autre côté avec des fourches en l'élevant et l'épar- 
pillant en l'air. Cela s'appelle s tarer I 1 foûre, staurer f kissèmer, 
dispaude, répare (re + épandre), disfé, mais surtout disannener 
(pour disandener, défaire les andains), mot souvent déformé : 
disâne/er, disône/er, disâmeler, disâmer. 

En général, le reste du travail consiste à retourner, éparpiller, 



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- 3» - 

aérer le foin, le réunir en tas de plus en plus gros : rahoper, 
duhoper, hèrer V foûre assortie. Les procédés ne sont pas absolu- 
ment les mêmes partout, ni le vocabulaire. Ce qui vient compli- 
quer les descriptions, c'est que les mêmes opérations se font, à 
peu de chose près, plusieurs fois. Nous insistons donc auprès de 
nos correspondants pour qu'ils précisent le plus possible. 

A la fin de la première journée, on met le foin en lignes, qu'on 
rassemble en veillotes : on V met' à rayes po-z-aveùr pus âhî a 
arinfyi lès persis (Weismes), on en fait dès petits le'fs. Syn. roler 
l 1 foûre, taper a revins (Condroz). Les lignes se nomment rôles, 
royes, raves, ruyons, ràyins, roules, russèles ; mares ( — môles, 
môyes). De ces lignes ou petits léts on fait des petites hougnètes, 
hougnetês, mulkins, fa?iètes, houpirons, berbizons. 

Le lendemain, après Févaporation de la rosée, on étale de 
nouveau. Le soir de ce second jour, on accumule le foin en tas 
plus gros ou meulons : grosses lwugnètes f hognètes. mulias, 
muyas, muyots, mcyons, moyetes, machots, persis. 
Mettre le foin en menions -= hougneter. 

On peigne les liougnctes au râteau en prévision de la pluie. Les 
brins, devenant verticaux, laisseront mieux écouler les eaux. Ce 
qui tombe de foin sous l'action du râteau sert à rakopeter 
V hougnète, à tchcrfyi /' hongnete, c. à d. à recharger le meulon. 

Le 3 e jour, on défait à nouveau les meulons et on refane pour 
que, le soir, le foin soit à peu près sec. Alors on le rassemble 
(ranoper, rahougni) en tas plus gros nommés hopimês, hopurnês, 
gros cossèts, houpirons , hutiôs, mulias, môyes, mwcycs. Mettre le 
foin en meules ■- môyeler y rcmuler V foûre. 

Quelles sont les opérations supplémentaires en prévision de la 
pluie ou quand le foin a été mouillé ? Ainsi, dans certains cas 
(à préciser), on relève légèrement l'herbe en rouleaux creux, à 
l'aide du râteau, pour que l'air circule à l'intérieur ; c'est faire des 
rôles, roules y roui êtes, cossèts, gossèts, rukètes, cous d 1 tc/iin, 
maki net es. — On défait les mulias pour refaire sécher le foin 
{taper fou), etc. — Se sert-on de tchapes di shin pour garantir 
contre la pluie les hougnètes ? 



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TSTOTIE 



SUR LE 



Dictionnaire malmèdien 

de Hubkrt SCIUS (1803) 



Depuis que la Société de Littérature wallonne s'est attachée 
résolument à l'œuvre grandiose du Dictionnaire général de la 
Langue wallonne, l'attention s'est portée sur les glossaires 
dialectaux déjà existants, et l'on a vu se produire, sur différents 
points de la Wallonie, des dictionnaires manuscrits restés 
jusqu'ici dans l'obscurité. 

Il ressort de cette mise au jour que peu de dialectes ont été 
soumis à autant d'inventaires que celui de Malmedy, à l'extrême 
frontière de l'Est- wallon. Le D r Esser montrait naguère la valeur 
lexicologique du Dictionnaire manuscrit, déjà plus que séculaire 
(1793), du conseiller Villeks ( 1 ). Environ 50 ans après la compo- 
sition de ce glossaire, M ,le Libert, la gloire la plus pure de Mal- 
raedy au XIX e siècle, en prenait une copie, qu'elle enrichissait 
de termes botaniques, de locutions courantes et de mots rares ( 2 ). 
Et voici que, juste un siècle après Villers (1893), M. Hubert 
Scius recueille à son tour tous les termes du wallon malmèdien, 
tel qu'il est parlé maintenant, et les dépose dans un glossaire 
intitulé Nouveau Dictionnaire wallon-français. C'est ce dernier 
recueil, resté manuscrit comme les deux autres, que je voudrais 

( l ) Bulletin de la Soc. liég. de Litt. wall., 45, p. 347-352. 
(*) Ibid. p. 349. 



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— 4 o — 

faire connaître aujourd'hui aux curieux de lexicographie 
wallonne. 



L'auteur, Hubert Scius, né à Malmedy le iq avril 1846, y est 
décédé prématurément le 20 mars 1896. Fils de Hubert Scius, 
qui fonda en 1848, avec Arsène de Noue, le journal hebdomadaire 
T. a Semaine, il devint gérant de cette feuille après la mprt de son 
père (1869) et la dirigea jusqu'à la fin de sa vie. En 1874, il créa 
une feuille allemande : Anzeiger der Kreise Malmedy, Montjoie 
urid Schleiden, destinée à disparaître quatre ans après, faute 
d'abonnés. A partir de 1882, il publia régulièrement un Armonac 
wallon , réservé aux abonnés de La Semaine. 

Cet Armonac } dont les destinées se confondent avec celles de La 
Semaine, publie chaque année des pages d'histoire locale, des 
contes wallons en patois malmédien, des poésies du cru. Notre 
lexicographe lui-même faisait de temps à autre deux doigts de 
cour à la Muse, et il mérite une place dans la galerie des poètes 
wallons de Malmedy. 

Le Nouveau Dictionnaire devait comprendre, dans la pensée de 
nos auteur, deux volumes grand in-4 , d'environ 450 pages 
chacun. Mais H. Scius n'a pu mettre au net que la première 
moitié de son œuvre (A-L). La seconde partie est restée à l'état 
de brouillon. Heureusement le manuscrit est en bonne tenue : les 
mots y sont classés et traduits, et il faut espérer qu'une main 
filiale parachèvera le travail . 



Malgré son titre général, le dictionnaire de H. Scrus est un 
glossaire local exclusivement malmédien. L'auteur n'y a pas 
même admis les termes particuliers à la banlieue, si ce n'est à 
titre tout à fait exceptionnel ( l ). Il lui arrive de citer des termes 

(*) Exemple : « cada, bille à jouer. Au village, bitchot ». 



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— 4 i — 

agricoles, mais il les donne dans l'acception souvent fautive de la 
ville ( l ). 

Malmédien par sa nomenclature, le Nouveau Dictionnaire l'est 
tout autant par la place qu'il assigne aux choses malmédiennes, 
malmundaria. Et c'est là ce qui donne un cachet spécial, une 
valeur particulière à cet ouvrage. Il est à la fois, mais à un point de 
vue local, un recueil lexicologique et un répertoire de géographie, 
d'histoire, de folklore, etc. Anecdotes, proverbes, jeux de mots 
même, l'auteur a fait entrer dans son dictionnaire tout ce qui 
a cours dans sa ville natale. Ces indications, à part ce qui concerne 
les localités voisines, wallonnes ou allemandes, dont les dénomi- 
nations wallonnes se trouvent à leur place alphabétique (-), sont 
fournies occasionnellement, à la suite d'un vocable qui les suggère. 
Ainsi le mot « papirirèye, papeterie » sera suivi d'une page sur 
l'histoire de la fabrication du papier à Malmedy. Les termes 
botanisse et Jiore amènent quelques lignes sur M 1Ie Libekt et sa 
célèbre collection de phanérogames et de cryptogames. Nous 
apprendrons au mot mai la coutume malmédien ne de planter un 
arbuste à sa dulcinée dans la nuit du i or mai et la signification 
des différentes essences employées. 

Il est peu d'institutions du Malmedy ancien ou moderne, peu 
d'organismes vivants ou morts, qui n'aient leur notice dans le 
Nouveau Dictionnaire. Celui-ci constitue donc à ce titre une 
petite encyclopédie malmédienne du plus haut intérêt pour les 
habitants de la capitale de la Wallonie allemande (*). 



Quelle est maintenant la valeur du lexique lui-même, indé- 
pendamment de ces données extra-linguistiques ? Elle se 

( ! ) Exemples : « asmète, donner du lait avant la parturition. — àèt, 
deuxième lait de la vache après la parturition. — tcliape, dizeau, gerbier *. 

( 2 ) Exemples : « Nièrhin, Nidrum. — Rubivèye, Robert ville *. 

( 3 ) C'est le motif qui m'engagea publier cette partie de l'ouvrage de 
H. Seius, après l'avoir revue et complétée, dans le prochain Armonac 
wallon (1908), où elle a sa place tout indiquée. 



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~ 42 — 

d. gagera, je pense, du rapprochement de Scius et de Villkks, 
c'est-à-dire de la comparaison des deux dictionnaires malmédiens 
écrits à un siècle de distance. 

Scius a connu l'œuvre de Villeks ; il en a même fait prendre 
copie ( ! ) et il l'a mise largement à contribution pour l'établis- 
sement de son inventaire. Ses définitions sont très souvent 
empruntées à son devancier, dont il lui arrive même de repro- 
duire les erreurs (-). En revanche, maintes traductions fautives 
ou incomplètes, maintes graphies douteuses du premier diction- 
naire peuvent être corrigées, complétées, interprétées grâce 
au second ( 3 ). 

Eii confrontant les deux lexiques, on se rend très bien compte 
de l'évolution subie par le dialecte de Malmedy dans le courant 
d'un siècle. Je me suis livré à ce travail pour la lettre A et je 
consigne ici le résultat de ma confrontation. 

Sciuscontient à peu près deux fois au tant de mots que Villers, 
mais cette richesse est due à l'admission d'un nombre très consi- 
dérable de mots français wallonisés. Or, les termes qui nous 
intéressent surtout dans les deux dictionnaires, ce sont les mots 
de bonne frappe wallonne, que leur origine soit latine ou 
germanique. Et, sous ce rapport, le parler du XVIII e siècle nous 
semble plus riche, plus original que celui du XIX e . 

(') Cette copie est malheureusement défectueuse en certains endroits: 
on y voudrait plus de clarté, plus d'exactitude. — La copie de Scius est 
probablement la troisième transcription du célèbre manuscrit de Villers, 
La i re a été prise par M ,,e Libert, et la 2 e a été faite sous la surveillance 
d'Arsène de Noue pour l'usage de Ch. Grandgagxagb (Voy. Gggg. 
Extraits de Villers, p. 3, note). J'en prépare un quatrième exemplaire 
r augmenté de notes personnelles et de mots nouveaux tirés du Diction- 
naire de Scius), que je destine aux collections de la Société de Littérature 
wallonne, 

( 2 ) Cf. as * ne te, bct. 

( :i ) Cf. cwayou, panneau Villers ; cwayoû, clavonnage de paroi, 
panneau Scius. Voir la note de Gggg. Extraits de Villers, p. 18. — 
hwace-vè, vent du Sud-Ouest Villers ; vent du Nord-Est Scius. Voir la 
note du D r Esser, op. cit., p. 351. Gggg., op. cit., p. 42. 



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43 



Tout d'abord Sous a marqué d'un astérisque les mots de 
Villkrs qui ne lui « sont nullement connus » et qui paraissent 
avoir disparu de la circulation pendant le dernier siècle. J'en note 
onze pour la lettre A ( 1 ). 

abastri, aigrefin [Stavelot : ârbastri, arbalétrier.] 

âdiosse, f. f accueil, belle réception. [Stav. andios', m. pi.] 

acaic/oûter, enjôler. [Stav. it.] 

alaki, mettre à l'attache. 

amohiné (*), affaissé, abattu. [Stav. amokiné .} 

ampile, épée. [Stav. it.] 

apâyler, jauger. [Stav. it.] 

aspanèSje, hyperbole. 

asfxmyi (s 1 — ), s'appuyer, s'accouder. 

aspouyire, dossier d'un siège. 

as 1 , m., filet non blanchi. 

La plupart de ces mots ont été insérés par Granogagnagk 
dans ses Extraits de Villers et relevés également par M. Haust 
dans son Vocabulaire de Stavelot. Coïncidence frappante : 
acaicloûter, amokiné, ampile et apâyler paraissent être tombés en 
désuétude également dans la ville-sœur ( 3 ). Je doute cependant 
que certains mots, marqués de l'astérisque à la lettre A ou plus 
loin, soient absolument hors cours à Malmedy. 

Si aspouytre est inusité, je trouve aspoy } appui de fenêtre, dans 
une nouvelle de Paul Villers, Odile tfùdinvâ (Arm. wallon 
1906, p. 34). 

Des mots tels que consîre, cumamborner, hâdibièr* gloton, encore 

(*) L'orthographe est celle de la Société wallonne. La comparaison des 
parlers de Malmedy et de Stavelot ayant beaucoup d'importance, je ren- 
voie, par les mentions entre crochets, au Vocabulaire du dialecte de 
Stavelot par J. Haust, Bull. 44, p. 493-550. 

( f ) Scius a lu à tort amohiné pour amokiné. Voir plus loin amoùkiner. 

( 3 ) Haust, op. cit.. p. 532. 



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— 44 — 

pleins de vie dans nos villages, ont été portes trop tôt par 
l'astérisque au nécrologe du parler malmédien. 



Au reste, l'auteur n'a pas toujours suivi ce système prudent de 
noter même ce qui lui paraissait tombé en désuétude. 

Il n'a enregistré à aucun titre, fût-ce pour signaler leur 
extinction, une quantité de termes remarquables du glossaire de 
Villeks. En voici toute une liste commençant par la première 
lettre de l'alphabet : 



abèni seàt, béni soit. 

abourinâ, pressé par la foule. [Stav. 

Mot inconnu à Detrixhe.] 
abroki, fondre (sur). 
ac'mœade, habituer. 
atyinfyofe, lutin, grivois. 
adoter (s* — ), se douter (de). 
aêrper, herser. 
a/lut hune, espiègle. 
afoncener, s'embourber. 
afoncer, creuser. 
afondrer, s'embourber. 
afroyi, frayer. 

agrasser, saisir avec les doigts. 
agrifter, tirer avec les doigts. 
ahaspèter, accourir en clopinant. 
ahulâde, giboulée. [Stav.] 
ahurter (s' — ), s'opiniâtrer. 



airyeùs, haut, altier. 

alaci, lacer. 

alfair, enseigne, officier ('). 

amète, inculper. 

amwarfèrou, maté, rendu, décou- 
ragé (*)• 

andwinê* possesseur d'un héritage 
depuis plus d'un an. 

anstèle, allure, encolure. 

apasser (s* — ), se désister. 

aperi, empirer. 

arder, ardre, brûler. 

arifler, accourir [Stav.] 

araisoner, accoster. 

àr'hon, ladre, avare. [Stav. Mot 
inconnu à Detrixhe]. 

asèfait, t. de jeu, cligne-musette ( 3 )- 

assirfyi, assiéger. 



(') En français a/Jier, de l'esp. alferez. Ce mot date de l'occupation 
espagnole. 

( 2 ) Proprement a mwartfèrou = frappé à mort. 

( 3 ) Probablement a : « c'est fait ! », cri pour avertir que la recherche 
peut commencer. 



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-*• 45 - 

aspoye ! t. de jeu : garder le roi auhi mjgnoni bien fait ( i). 

accompagne . avozer, parler à quelqu'un sans le 

atanter, attaquer. tutover. 

atra/ter, accourir. auray . f ^n, con venable. 
atrouwander, rendre fainéant. 

On comprend l'absence de certains verbes : abèni, adoter, aerper, 
aîaclj apasser. Ils ont été évincés par la forme simple. D'autres 
sont insérés ailleurs avec un préfixe analogue : abouriné Villkrs 
= cubouriné Scius. Mais la liste ci-dessus contient plusieurs 
termes rares, signalés déjà par Grandgagnage, sur lesquels nous 
regrettons de ne pas connaître l'opinion de Scius : afyinfyolc, 
aflufhiène, âr*hon, auhi', elle contient des vocables plus communs 
qu'on s'étonne de ne pas voir enregistrés dans le Nouveau 
Dictionnaire : amète ( 2 ), arijler, avozer. 

• • 

Un point intéressant dans la comparaison de nos deux auteurs, 
c'est la transformation qu'ont subie dans l'intervalle différents 
vocables. Souvent la forme ancienne, plus wallonne, a été rem- 
placée par une forme plus française, ou influencée dans un de ses 
éléments par le mot français correspondant : abwarder V. > 
aborder S. ; aiguire > aiguière ; alifyi (soulager) > alèfyi ; 
amoncener > amonceler ; aplawdihmint > apîaudihmint ; assor- 
tihmint > assortimint. 

Parfois il s'agit de doublets, de mots dont la forme n'est pas 
bien arrêtée : Scius préfère une autre forme que Villers. 
Ainsi acomôdâve, a<?ter (acheter), afyincener, ad*vinant f ahierni 
(harnacher), ahurlou (braie), amokiné (assoupi), aspane (empan), 
aspaner, astè/e, astoumance, s'awatchij que donne Villkrs, 
deviennent chez Scius : ac'môdâve, adHer, afyancener, ad\>unant } 
ahèrnij ahir/ou, amoàkinc, aspagtie, aspagtiî, as taie, atoumance < 
s y avatchi. 

( 1 ) Aux/ri figure dans Villers après le mot awtoritt. Dans le brouillon 
de Villers (cf. D r Esser, op. cit., p. 349), on voit un» superposé 
bien franchement à Vu. 11 faut donc lire aw'ùi (proprement * aiguisé »). 

( 2 ) Admète dans Paul Villers, op. cit., Arm. wallon 1906, p. 47. 



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- 4 <> - 

Aux quatre formes en -sté qu'on- trouve dans Villers, litt. A : 
abcycsté (promptitude), afrontihsté (effronterie), àhsté (allégresse), 
amer s té (amertume) correspondent dans le manuscrit de Scius : 
abèysuté, afrontisté, dhsnté, amérsuté. Il paraît certain que 
Villers prononçait abàys lt té, afrontihsHé, âhs u té, amérs u té, mais 
qu'il négligeait d'écrire cet // atone, sans lequel la prononciation 
des trois derniers mots est impossible pour une bouche 
wallonne (*). 

Quelques mots présentent un suffixe différent : 

Villers agali : Scius agayon (madré ; pour a-galion ?) 
agneu agnc (mouton d'un an) 

avinturi avintureûs 

aiistiner aiïstèyi (outiller). 

Deux dérivés ont remplacé le simple : 

Villkrs afahore : Scius afahenore (accoutrement) 
apîakant aplaketant . 

Beaucoup de formes actuelles ont dû être en concurrence avec 
les formes anciennes dès le XVIII e siècle. Voici, par exemple, le 
suffixe -ic (Villers : apoHkair i rie } arfyèritrie) devenu générale- 
ment -cye dans Scius (apotikairrèye, arfyènHrèyc). Les deux 
formes existent parfois conjointement dans Villers, où l'on trouve 
bolfyrie ou -êye, bwaJric ou -èye. Et même, chose curieuse, le 
brouillon de Villers présente l'unique terminaison -èye. 

Signalons enfin, sans y voir une évolution de sens, la définition 
différente donnée au même mot par les deux glossaires : 

amakl, effrayer Villkrs = s'amaki, s'éprendre Scius. 

astrapâde, réprimande Vill.; — accident, mésaventure Scius. 



Il me reste à examiner quelle aide et quels témoignages Scius 
peut apporter aux auteurs du Dictionnaire général. Les termes 

(') Il résulterait de ceci qu'une légère erreur s'est glissée dans le 
Vocabulaire général inséré dans ce Bulletin, i re année (1906), p. 54 : il 
faut effacer la forme abèyèsté que nous avons attribuée à Malmedy 
d'après Villers. (N. D. L. R.). 



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— 47 ~ 

français wallonisés qu'il enregistre avec une régularité presque 
fastidieuse, ne peuvent entrer en ligne de compte. Ces mots 
n'intéressent que lorsqu'ils présentent une corruption curieuse de 
forme ou de sens ('). J'omets également les vocables vraiment 
wallons que Scius a pu emprunter aux dictionnaires existants 
(Grandgagnage, Hubert, etc.) (-). Le bon grain pour nous, ce 
sont les termes inédits du parler malmédien. Voici ceux que j'ai 
glanés dans les 58 pages que compte la lettre A : 

abotyi, présenter, tendre. 
acanedôzer, habiller, fagoter: fig. rosser. 
aclamùre, exclamation. 

afahener, habiller, fagoter; afahenore, accoutrement. 
a hâve ter, rapetisser, rétrécir ( :< ). 
aheûyi, éveillé, gai ( 4 ). 
air eus, aéré, qui a de l'air. 

a/ouwâr (a P ). se dit au jeu de cache-cache pour avertir que celui 
qui doit fermer les yeux regarde en cachette. Syn. a fa/ùtc/te. 
anaUiy m., nuit tombante. 
apriver, apprivoiser. 

apurtintrye, tout l'ensemble, tout le pataclan. 
art f né, m., rime, vers. 

asmôsiasse ( a sm.), espèce de jeu de cartes. Kn H. smousjas. 
assâhené, mûri par la chaleur. 
asseye, f., essai, épreuve. 
astapUr, empiler, entasser. 
avise (<f — ), à dessein, exprès. 
awa/a, m., gosier. 
awarfeter* chiffonner, souiller. (Vill. èwalfiter). 

(*) Cf. artchinie, arsenic : aritchmttique, arithmétique. 

( 2 ) Cf. ârgotê, aguhneter, etc. 

( 3 ) Dans Gggg. ahafter — accrocher. A Faymonville, hafta> m. — 
accident, accroc. 

( 4 ) Je trouve le mot * ahuï, attifé, ajusté, adonisé * dans le brouillon 
de Viu.KRS. Ce mot, omis dans la transcription au net, serait-il le même 
que aheùyi : 



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_ 4 « - 

Voilà, ce me semble, une i>oignée de bous épis. Si le rende- 
ment des autres lettres de l'alphabet corresjKmd à celui-ci, 
H. Soins aura fourni des matériaux nombreux à la Société 
liégeoise de Littérature wallonne. Et cependant ce rendement, 
je l'aurais voulu plus considérable. Malmedy a compté dans les 
vingt-cinq dernières années toute une pléiade d'auteurs wallons (*), 
dont les œuvres ont paru soit dans les feuilles locales, soit dans 
VArmonac wallon, soit même dans le Bulletin de la Société 
liégeoise. Il est regrettable que Scius n'ait pas songé à fouiller 
ces ouvrages, quelque modestes qu'ils fussent : son glossaire se 
serait enrichi de maints vocables précieux. Voici, par exemple, 
Odile d?ÔdinVâ de Paul Villers (-J- i8qo), un conte d'une cin- 
quantaine de pages, dans lequel on aime à retrouver, à côté de 
locutions néologiques, les vieux termes du conseiller Villers. 
Or j'y relève quantité de mots inédits dont on chercherait inu- 
tilement la traduction dansScius : aboûzer, jaillir à gros bouillons; 
brcneler, chipoter; grincer dès spales, hausser les épaules, etc. 



Au reste, ce ne sont pas des critiques que nous formulons ici ; 
nous essayons simplement de délimiter ce qu'on trouve et ce 
qu'on ne trouve pas dans ce glossaire. Hubert Scius a bien servi 
la philologie wallonne en composant son recueil, et l'exécution 
de ce recueil lui fait honneur. On voit par son manuscrit même 
combien il était scrupuleux. Il n'apposait une traduction à côté 
d'un mot wallon que quand il avait trouvé un équivalent qui le 
satisfît parfaitement ( 2 ). S'il n'avait pas été surpris par la mort et 
s'il avait pu amener son œuvre à maturité pour la publication, il 
eût balancé Forir. Tout en recopiant son premier volume, il 
avait commencé un Supplément, dans lequel il portait au jour le 
jour les mots nouveaux cueillis sur les lèvres de ses interlocuteurs. 

( J ) Paul Villers, Florent Lebierre, Guillaume Bodet, Martin 
Santkin, abbé Nicolas Pietkin, Clément Miller, Henri Bragard.cic. 
( 2 ) Cf. cwahi, cusnée, hàrer s etc., restés sans traduction. 



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— 49 — 

La Société liégeoise, qui reçoit avec gratitude le moindre ren- 
seignement pouvant servir à sa grande" entreprise, a le devoir de 
sauver de l'oubli les modestes travailleurs qui, dans le passé, en 
composant des glossaires locaux même imparfaits, ont amené tant 
de matériaux à pied d'oeuvre. En somme, Hubert Scius a bien 
mérité de la cause wallonne et en particulier du futur Diction- 
naire général. Il fait honneur à sa patrie, la bonne ville de 
Malmedy. 

Abbé Joseph Bastin 

Stavelot, juillet 1907 



AVIS 

Le Bulletin du Dictionnaire — publication nouvelle (1906) de la Société 
liégeoise de Littérature wallonne — doit servir à étendre le cercle de 
notre propagande en faveur de l'œuvre future et à faciliter nos moyens 
d'information. 

Il est distribué de droit aux membres de la Société. Te plus, nous 
l'envoyons aux personnes étrangères à la Société qui veulent bien 
répondre à nos questionnaires ; ces correspondants reçoivent notre 
périodique en échange de leurs communications. 

On peut enfin, sans faire partie de la Société et sans collaborer à notre 
œuvre, s'abonner au Bulletin du Dictionnaire en adressant un mandat de 
deux francs au trésorier. M. Oscar Pecoueur, rue des Anglais, 16, Liège. 

Nous accueillons avec empressement toute communication relative 
au Dictionnaire. Nous prions instamment tous les wallonisants de venir 
à nous, de répondre à nos questionnaires, de nous envoyer des listes de 
mots curieux et des textes inédits, de s'inscrire enfin au nombre de nos 
correspondants ou de nos membres effectifs. 

Tout membre de la Société a droit aux publications de l'année. Pour 
faire partie de la Société , il suffit d'en adresser la demande au Secrétaire, 
qui se chargera de la présentation d'usage, et de payer une cotisation 
annuelle de cinq francs pour la Belgique, de six francs pour l'étranger. 

Cette année, nous distribuons à nos membres : i° le tome 20 de 
r Annuaire , qui a paru ; — 2 les tomes 47 et 49 du Bulletin, qui paraî- 
tront au mois d'Octobre ; — 3 le Bulletin du Dictionnaire, 2 e année. 
(Le tome 48 du Bulletin ne pourra voir le jour qu'au début de 1908.) 



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à 



«;o — 



Nous avons la confiance que nos associés voudront reconnaître les 
ellbrts et les sacrifices de la Société en faisant, chacun dans son cercle 
d'amis, une active propagande en faveur de notre œuvre. 



Cent dix-sept correspondants nous ont renvoyé le second Vocabulaire- 
ci uestionnaire (Supplément AB- et Vocabulaire AC-), que nous leur avions 
adressé au début de cette année. Nous remercions ces fidèles collabora- 
teurs, dont nous publierons prochainement les noms avec le résumé de 
leurs annotations, comme nous l'avons fait pour le premier Vocabulaire 
A 13- . Nous prions les retardataires de se dépêcher ; tout au moins, si 
leurs trop rares loisirs ne leur permettaient pas de nous seconder, pour- 
raient-ils témoigner à notre œuvre un intérêt efficace, en se cherchant 
dans leur entourage un suppléant de bonne volonté. 

Les numéros suivants contiendront notamment : le Vocabulaire AD- 
AE-, un supplément aux Vocabulaires AB- et AC-, des notes d'étymo- 
logie et de sémantique, la liste des communications reçues, etc. 

Le n° 2 paraîtra probablement au début d'octobre; les n * 3 et 4 à la 
fin de Tannée. 

o 
o o 

La première année (1906) du Bulletin du Dictionnaire, forme une 
brochure de 160 pages. Les quelques exemplaires qui nous restent, sont 
en vente au prix de trois francs. En voici le sommaire : 

Titre, 1-2. Au lecteur* 3-5. Instructions à nos Correspondants, par Jules 
Fellkr , 6-13. Première réunion des correspondants du Dictionnaire 
wallon. Compte rendu, 14-28. De f utilité d'un nouveau Dictionnaire wallon, 
par J. Feller, 15. Rapport sur les travaux accomplis, par Jean Haust, 2 1 . 
Nos modèles et questionnaires, 29-32. - - Archives dialectales : 1. La prépa- 
ration du vinaigre, de la farine d'avoine et du lin à Vielsalm, par Joseph 
Hens, 33-35; 2. Les Carrières ctÊcaussines, par Arille Carxier, 36-37 
et 144-147: 3. La tchèsse au bos, par Nestor Outre, 148-149. — Qu*s- 
tionnaires : les Vents, 38; 2. Salutations, Souhaits, Imprécations, 39: 
3. I Abeille et la Ruche, 40 : 4. le Jeu de quilles, 41 ; 5. les Outils du 
Jaucheur, 42-43; 6. // Rouet, 44; 7. la Sucrerie, 140; 8. le Foyer, 140- 
143. — Vocabulaire- Questionnaire de la Langue wallonne, par A. Doutre- 
pont, J. Feller et J. Haust : A-AB-, 46-64 et 89-1 10 : A C-, 1 1 1-140. — 
Liste des correspondants-collaborateurs du Dictionnaire, 65-72. Communi- 
cations reçues, 73-76. A nos collaborateurs, 77-88. — Notes <T étymologie et 
de sema n tique, 155-159. 



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BULLETIN 



DU 



Dictionnaire général de la Langue wallonne 

publié par la Soolaté llégaolsa da Litté ratura wallonne 



2 e année. — 1907 N» 2 



Notes d'Étymologie et de Sémantique 



?. fr. estaminet 

fl. stammenee — w. staminé — w. stamon, stamonlre, 

staminée 

L'origine du mot français estaminet est obscure. On y dis- 
tingue bien une racine stam- ; mais stam- existe à la fois dans les 
langues classiques et dans les langues germaniques : pour lequel 
se décider? ( l ) D'autre part, estaminet n'est pas très ancien dans la 
langue française : quels sont ses antécédents ? On le voit, il faut 
invoquer ici d'autres raisons qu'une vague ressemblance phoné- 
tique pour résoudre cette question d'origine et de filiation. 

(•) Le grec nous offre jt«(jl»'<; ou jiajiiv, gén. arajxivGç, poutre verticale 
formant la membrure du vaisseau : tzt^x'x^ fil de chaîne (la chaîne était 
verticale), filament, étamine ; tttJjjlwv, la chaîne. — Le latin a s t amen, 
chaîne, fil, tissu. — L'allemand a stam m, tronc, tige, fût. Tous ces mots 
ont la même racine, qu'on retrouve dans \rz^[u, stare, sistere, stehen. — 
Le français en a tiré, notamment, étaim, estaim ou estante, estanut, esta- 
mette, étamine, du latin stamen ; — estaminois, itamoi, êtains, itambot* 
étiimbraie, de la racine germanique stamm. 

4 



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— s* — 

On se doute bien que les savants ont hasardé des conjectures 
ingénieuses. Voici quel est l'état de la question. Diez n'a point 
rencontré le mot dans ses recherches, mais son fidèle éditeur et 
son émule Scheler a recueilli diverses conjectures dans les trois 
éditions de son Dictionnaire d^étymologie française. Voici les plus 
sérieuses, qu'il a laissé subsister dans la dernière édition : i° celle 
de Bescherelle, qui fait venir estaminet « du flamand stamenay, 
dérivé de stamm, souche ou famille », en ajoutant une longue 
explication fantaisiste; 2° celle de Littré, qui en fait un dérivé 
d'étamine et suppose que les tables étaient couvertes d'étamine; 
3° celle que nous retrouvons aussi dans Kôrting, à savoir que les 
estamentos ou assemblées des Cortès espagnoles auraient servi à 
désigner plaisamment les assemblées de buveurs flamands. — 
Grandgagnage n'a point rencontré le mot wallon correspondant 
staminé, ou bien il l'a négligé volontairement, le jugeant sans 
doute identique au français et peu intéressant. — Le Dictionnaire 
général de Hatzfeld et Darmesteter affirme en sa précision obli- 
gatoire que le mot français est emprunté du wallon staminet, 
d'origine inconnue. — Enfin M. J. Vercoullie, professeur à l'Uni- 
versité de Gand, dans son Dictionnaire étymologique de la langue 
néerlandaise (2 e éd. 1898) considère la forme néerlandaise, qui 
est aussi estaminet, comme un emprunt au français parlé en 
Belgique. A son tour le terme belge estaminet proviendrait d'un 
dérivé flamand de stam, avec la même signification qu'en alle- 
mand stammgast, stammtisch. Il aurait été formé sous la domi- 
nation espagnole par l'influence de l'espagnol estamfijento, 
assemblée. — M. Vercoullie est revenu sur cette question dans 
un article récent, paru dans le Supplément de la Flandre libérale 
du jeudi 6 décembre 1 906. Il ne parle plus d'influence espagnole. 
Le mot français, qui devrait être estaminai, lui paraît répondre à 
un type bas-latin, de suffixe -etum, et dérivé du germanique 
stamm. L'auteur semble vouloir attribuer 1'// de estaminet à l'état 
ancien de la racine, stamn ; du moins il écrit plusieurs fois 
estamfijnet. Enfin il conjecture que le mot bas-latin a vécu dans 



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— 53 — 

le latin des étudiants allemands et aurait été importé en Belgique 
flamande par des troupes suisses ou alsaciennes. 

Tel est l'état de la question. L'article de M. Vercoullie, qui, 
bien que publié dans un journal, n'a point passé inaperçu (*), 
nous a excité à pousser les recherches du côté wallon. Il nous a 
semblé qu'on était faiblement documenté sous ce rapport. A tort 
ou à raison, ces recherches nous ont éloigné des conjectures de 
nos devanciers. 

Pour nous orienter dans cette étude, il faudrait d'abord déter- 
miner Taire d'emploi du mot, ensuite distinguer la forme origi- 
nale des formes empruntées; alors seulement on pourra songer à 
rechercher l'étymologie. 

Le mot est connu, sous des formes variées, dans les dialectes de 
la Belgique wallonne et flamande, dans ceux des départements 
français limitrophes de la Belgique. Sans affirmer qu'il soit popu- 
laire en Hollande, il existe dans le dictionnaire néerlandais de 
Kramers. Au midi il s'est introduit dans le dictionnaire de l'Aca- 
démie française, ce qui lui assure un emploi assez général. 

Pour ce qui concerne les dialectes, il faut entrer davantage dans 
le détail. En pays de langue flamande nous trouvons les formes 

( l ) Au moment de livrer notre article à l'impression, nous recevons un 
troisième état, en flamand, de l'article estaminet du même auteur. (Extrait 
des Bull, de rAcad. royale de Belgique, classe des Lettres, 1907, n° 6, 
pp. 425-435. Cf. p. 432). L'auteur ajoute à l'article du journal : i° une 
citation curieuse contenant la forme française estaminette : 2 la citation 
de Hécart contenant l'expression être de staminet ; 3 un post scriptum 
dans lequel il rapporte : a) une suggestion venant de M. H. Pirenne 
(estaminet, rapproché de estamine, fil de chaîne, serait un terme de l'in- 
dustrie drapière avec le sens originaire de sclieringschool) ; — cette éty- 
mologie sourit tant à l'auteur qu'il la déclare meilleure que la sienne, 
notamment parce qu'elle explique la présence de i entre m et n : — b) un 
renseignement de M. Hoffmann, à savoir que l'expression correspondant 
à op stamtnence gaan signifie, aux environs d'Echternach (Grand-Duché 
de Luxembourg), aller à la veillée, la veillée désignant une réunion 
d'hommes et de femmes, chez un particulier et non dans un cabaret, pour 
causer et réveillonner. 



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— 54 — 

estaminet, stammeriee, que donne M. Vercoullie ; stamenay, <juè 
donne Bescherelle, on ne sait sur quelle autorité; staminée dans 
un vocabulaire du Hagelànd ('). t— En Hainaut et dans la région 
française voisine, le mot existe, et il y est populaire, car nous le 
trouvons dans des journaux et des chansons en patois : « d'dins 
V fond du staminet», dit le journal leRopiêuràz Mons (XII; h° 26, 
p. 2, col. 3) ; Maubeùge prononce estaminet (voyez Ps esta- 
minets, d } s estaminets dans G. Du but, Maubeùge en chansons, 
1899, pp. 24, 40, 87). — Dans les provinces wallonnes proprement 
dites, le mot n'est plus d'un usage courant; il n'apparaît guère 
sur les enseignes des cabarets; cependant il n'est pas aussi inconnu 
que le croit M. Vercoullie. Les vieillards l'emploient, mais leurs 
fils, dans la bourgeoisie, préfèrent le mot café, dans le peuple 
cabaret Une preuve de la vogue de ce mot au temps jadis, c'est 
qu'il existe dans presque tous les dictionnaires wallons ( f ), et, 
comme lès dictionnaires peuvent se copier j voici une seconde 
preuve beaucoup meilleure : nous trouvons le mot dans un noël 
très populaire qui doit remonter au moins au XVIII e siècle : 

Tint-on cial on s t ami n ai, 

Qu*ons t tchante et çu'ons t brait ? 
Nous la trouvons encore dans une pasquèye de 17 14 (Annuaire 
de la Soc.,, III, p. 104) : 

Pinses-tu quH vonse â staminay 

Magnl dèî tripe, ine qwâte di btre ? 
.. ., (Penses-tu qu'ils aillent au cabaret manger du boudin, (boire) 
une quarte de bière ?) 

" ( l ) D. ClaEs, Bijvoegsêl aan de Bijdrage tôt een Hagelandsch idiotie on 
van J. F, Tuerlincltx, Gand, 1904. — Le Hagelànd est la région du 
Brabant belge située entre Lou vain, Tirlemont, Léau, Diest et Aerschot. 
( 8 ) Sous la forme staminet dans les deux édit, de Remaclk, ce qui est 
contraire aux citations de M. Vercoullie, mais Rem. 2 a en plus un article 
estaminai, auquel les citations de M. Vercoullie se rapportent; si ta min ai 
dans Forir, avec les exemples : i n'est mày foû de staminaiet tint s ta- 
minai ; staminai dans Lobet et dans Hubert. 



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— 55 — 

Au sud de la Semois le mot a conservé sa vogue, et même on le 
lit fréquemment sur les enseignes des cabaretiers. 

Voilà les formes concurrentes en présence. Laquelle est née la 
première et a servi de type aux autres? L'histoire nous montre 
que le français estaminet est d'introduction récente. On ne le 
rencontre sous aucune forme dans les vastes répertoires de 
Du Cange, de Lacurne et de Godefroy. Il y a bien dans une 
addition des Bénédictins au Glossaire de Du Cange un estamineta, 
diminutif évident de estamitia, étamine, ayant d'ailleurs le même 
sens, et qui doit être une latinisation de étaminette (comparez 
satin, satinette et moire, moirette). Estaminet pourrait être une 
forme masculine de ce mot, désignant i° la table de cabaret 
tendue d'étamine; 2° la salle même, par une métaphore identique 
à celle de bureau. Telle est, rendue aussi vraisemblable que pos- 
sible, l'opinion de Littré. Mais cette opinion, comme toutes 
celles qui rapprochent estaminet de étamine, se heurte à des diffi- 
cultés : i° estaminet ne pouvant être formé de étamine, mais de 
est aminé, doit de ce chef remonter au moins au XII e siècle. Or 
les lexiques ne citent aucun texte antérieur au XVII e siècle; — 
2° si le mot est contemporain de estamine, on ne voit pas pour- 
quoi il n'aurait pas évolué de conserve. Une forme en est-, mi- 
savante et exceptionnelle comme celles de esprit, estampe, ne 
serait guère vraisemblable quand il s'agit d'une chose populaire 
comme le cabaret, et, d'autre part, le primitif étamine subsistait 
toujours pour lui imprimer une similitude de forme. Dira-t-on que 
c'est une illusion de croire ce terme si populaire, qu'il est plutôt 
bourgeois, formé par des étudiants ou des basochiens pour qui le 
latin n'était pas langue morte et qui pouvaient se plaire à créer 
un mot estaminet d'après un type latin stamina ou stamineta, par 
un archaïsme semblable à celui qui, de nos jours, a donné nais- 
sance au mot estudiantin! Cette explication ingénieuse viendrait 
toujours se heurter au silence des textes; — 3 on n'a point 
prouvé, ce qui devait être le point de départ, que les tables de 
cabaret aient étç tendues d'étamine, Le luxe a imaginé des tables 



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- 56 - 

recouvertes de toile cirée facile à essuyer, des tables de marbre; 
l'étamitie est bien ce qui convenait le moins dans un lieu de 
beuverie sous les verres et les brocs. 

En réalité, donc, c'est dans un texte du XVII e siècle que 
Delboulle Ta trouvé mentionné pour la première fois ('). Hécart 
le cite dans un texte de 1702 (*). Le dictionnaire de Trévoux 
l'inscrit en 1752, en insinuant une origine flamande. Le mot fait 
son entrée dans la 4 e édition du dictionnaire de l'Académie en 
1762, et on lui assigne aussi une origine flamande. On avait donc 
la sensation que le mot venait du nord, et on assignait sans doute 
aussi la même origine à la mode des estaminets ou tabagies qui 
était implantée à Paris dès cette époque. 

Mais quelle région du nord a créé le mot? En picard comme en 
français, il est sans famille et sans histoire. S'il avait existé depuis 
des siècles en pays picard, on l'aurait retrouvé dans les chartes, 
d'où il aurait passé dans les recueils des lexicologues. Enfin, en 
Picardie aussi, le st- initial se serait transformé en et- en même 
temps que dans une foule d'autres mots. Donc, là aussi, sa forme 
insolite, son isolement, le silence des textes le dénoncent comme 
récent et introduit. 

Faut-il donner la priorité au néerlandais, qui insère dans ses 
dictionnaires un mot estaminet (Kramers, Vercoullie) ? Mais la 
présence de e initial devant st, phénomène tout roman, et la 

f 1 ) Hatzkei.d-Darmksteter, Dict. gén. t v° estaminet. 

( 2 ) * .... se plaint que le jour d'hier vers les six heures et demie de 
relevée, étant de staminé t chez le nommé Ghislain, cabaretier demeurant 
sur le marché au poisson... ». 

Citons ici, d'après le dernier article de M. Vercoullie, la forme curieuse 
estaminette, tirée des Mémoires du graveur J.-G. Wilte, mort en 1740 : 
« Les artistes se rassemblaient ordinairement au Panier fîeuti, rue de la 
Huchette, chez un marchand de vin célèbre, pour y souper dans une 
chambre qui leur était constamment réservée et qu'on nommait l'esta- 
minet te ». (A. Franklin, Dict. /lis t. des arts, métiers et professions, 1906, 
v° estaminets). On peut tirer argument de cette forme féminine dans 
divers sens; nous voulons seulement ici en noter la date. 



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- 57 — 

finale -et suffisent pour dénoncer l'emprunt. Quant au flamand, 
on chercherait en vain à donner une origine indigène à ses mots 
en -ce. Stamenee ou staminée sont empruntés, comme cadee =^ 
cadet, pree = prêt (argent de poche qu'on donne à un enfant) ('), 
comme bjee = biais, rabbee = rabais, portemonee — porte- 
monnaie, zjuzj de pee = juge de paix (*). Ces mots ont l'accent 
sur -ee\ ils sont visiblement fabriqués de façon à imiter les finales 
romanes en ê (-aïs, -ai, -ait, -et), quelquefois en -et bref, comme 
le prouve le mot cadee cité plus haut (*). 

Ainsi, par élimination, c'est au wallon que revient la priorité, 
c'est à la forme staminé. Nous aurons à voir si l'observation directe 
favorise cette conclusion. Mais, en attendant, le fait que c'est le 
flamand qui a emprunté le mot aux provinces du sud suffit pour 
ruiner cette idée que les gouvernants espagnols seraient pour 
quelque chose dans la création du mot ( 4 ). L'action espagnole en 
Belgique s'est exercée, dans le langage comme dans l'architec- 
ture, sur la population flamande ; on citerait difficilement un 
mot wallon qui nous vienne directement de leur influence ( 5 ). 

( l ) Mots usités dans le Hageland : cf. Claks, ouvr. cité. 
(*) Cités par M. Vercoullie. 

( 3 ) L'exception n'est pourtant qu'apparente : cadee a dû être emprunté 
aux bouches wallonnes de l'Ouest, qui allongent la finale -et des mots 
français. 

( 4 ) Voy. Scheler, Kôrting, Vercoullie. Kôrting suggère à l'article 
s t amen tu m de son dict. du latin vulgaire que * le mot français estaminet 
usité en Belgique pourrait bien venir de là ». Ce stamentum, qui vient de 
s tare, a donné à l'espagnol cstat/ientos, les Etats, assemblée des chambres 
réunies, et le doublet estamiento, état de quelque chose. Les Espagnols en 
Belgique auraient comparé les assemblées de buveurs et fumeurs à leur 
assemblée des Etats. C'est trop spirituel pour ne pas induire en défiance. 
De plus on ne nous explique point comment estamento produit staminée ou 
estaminet. C'est estament ou, comme diminutif, estamentet qu'on devrait 
avoir. 

( i ) Pas même le mot toùbac '. Adios semble bien espagnol, mais il 
serait hasardeux d'imaginer dans quelles circonstances cette locution fut 
empruntée, 



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— 58 — 

C'est que la Principauté de Liège, qui s'étendait tout le long de 
la Meuse, leur échappait. 

Si c'est le wallon staminé qui a rayonné, déjà il y a présomp- 
tion que la racine est le stamm germanique. Mais quel est le 
rapport logique entre stamm, tronc, et staminé, cabaret ? Que 
signifie le suffixe -ê ? D'où provient -in- de staminé ? 

M. Vercoullie pose comme forme germanique non stam ou 
stamm, mais stamn. On peut lui objecter que c'est partir d'une 
forme trop ancienne et qu'il y a en wallon des mots issus de la 
même racine, plus anciens assurément que celui-ci, comme dési- 
gnant des choses plus nécessaires et plus anciennes, qui n'ont pas 
trace de «. Staminé n'est donc pas un stamnè avec voyelle interca- 
laire; c'est stamin- qu'il faut expliquer. 

Le premier de ces mots plus anciens est statnon, que ne donnent 
point les dictionnaires wallons, mais que nous avons relevé à 
Trois-Ponts ( 1 ), à Solwaster ( 2 ), à Faymbnville ( 3 ), c'est-à-dire à la 
frontière linguistique. Stamon désigne le montant en bois qui se 
dresse à côté de l'auge. Chaque crèche ou auge est donc en ire 
deux poteaux; une vache est séparée de sa voisine par le stamon. 
La finale -on n'est pas un suffixe : c'est la finale de l'accusatif ger- 
manique à la déclinaison faible comme dans bacon, k\fenon (gon- 
fanon), fyiron, héron, sporon, wazon. 

La crèche elle-même, un bac-mangeoire assez bas pour les 
vaches, porte un nom dérivé de stamon, dont voici les formes 
dialectales : 

stamoûnire à Faymonville (Prusse wallonne). 
stamonîre dans Body, Voc. des agric. (Bu//. 20, 185) ; dans le 

dict. ms. de Bailleux. 
stàminire, recueilli à Jupille; à amené par contamination de stà, 

é table. 
stàminire, Gggg., II, 393. 

(!) Au confluent de l'Amblève et de la Salm. (-) Au N.-E. de Spa. 
( 3 ) A l'E. de Malmedy. 



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- 59 - 

stamini, recueilli à Grand-Rechain ; id. à Verviers (Lobet); id. 

dans Gggg. ; mais sfijtâmint dans Forik ; sous l'influence de 

stâ, étable. Les auteurs ne disent pas si le mot est masc. ou 

fénu En verviétois il est fém., -i étant une réduction de -trc, 

comme dans /owi, broutvt. 
staminéye à Cherain, à Lavacherie-sur-Ourthe, à Neufchàteau 

(Dasnoy), à Trois-Ponts. 
staminée } fém. avec amuïssement de e final, à Solwaster, Francor- 

champs, et dans Body, Voc. des charrons (Bu//, 8, 125). 
stamïnèye, à Villettes-Bra, et ailleurs en Ardenne dans le nord 

du Luxembourg, si j'en crois ces deux vers d'une vieille 

chanson entendue dans mon enfance : 
Sfa deùs vatches è m } sitaminèye > 
ci sèrèpofé dès /ivrèyes (des habits, des livrées). 

Staminée est formé avec le suffixe -a ta; il signifie d'abord l'auge 
avec ses poteaux, puis toute la charpente, enfin, comme dans les 
deux vers cités, l'é table des vaches. Stamonîre est formé avec le 
suffixe wallon -ire, fr. -ière, signifiant : ce qui est adapté à, ce qui 
est corré/atif de } comme menton : mentonnière , bouton : bouton- 
nière, etc. 

On ne sera pas étonné du changement de en i à l'atone dans 
staminire, staminée , ni par conséquent dans staminé. Les exemples 
analogues ne manquent pas. Citons mohon : mohinète } bordon : 
bordiner, fyaàdone : ac'diner, forgon : forguiner f mangon v man- 
guinerèsse. D'ordinaire cependant, Vo s'affaiblit en e et cet e ne 
forme plus syllabe : abandon : abàndener, bwèsson : abwèssener, 
boton : abotener, botenîre } etc. Des formes comme matoni, èpwè- 
soner sont récentes : elles sont refaites sur des formes françaises 
ou sur les mots simples wallons. 

Nous proposons donc stamitiè comme un dérivé de stamon, 
comme un mot de l'Est-wallon issu d'une racine germanique. Il 
reste à contrôler cette hypothèse : le suffixe s'explique- t-il? l'objet 
s'accorde-t-il avec pareille origine ? le rayonnement du mot vers 
les autres régions ne se heurte-t-il pas à des impossibilités? 



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— 6o — 

Si on recherche d'abord le sens du suffixe -ê, il faut choisir 
entre-ellum et -etum. Le premier est un diminutif qui ferait de 
staminé un petit pilier, puis un pilier, par la perte du sens dimi- 
nutif, puis au besoin une salle soutenue par un pilier. Le second 
est un collectif qui nous donnerait le sens de colonnade, salle à 
colonnes. Au point du vue phonétique, il y a présomption en 
faveur de -el 1 u m . Ce suffixe devient toujours -ê en wallon de l'Est ; 
-etum y donne ordinairement -à, mais il y devient aussi -ê, comme 
nous espérons le montrer dans une prochaine étude. La topo- 
nymie milite aussi en faveur de -ellum, s'il faut avoir égard à la 
forme staminea de l'an 1373, lieu dit à Petit Hallet ( J ). Si on se 
place au point de vue de la transmission du mot d'une région à 
l'autre, pour répondre à une forme en -ellum le namurois devrait 
avoir staminia, le rouchi stamineau. Pour résoudre cette diffi- 
culté, il faut admettre que le mot a passé sans changement de 
l'Est-wallon à l'Ouest, parce que, dans l'Ouest, staminé étant 
isolé de sa famille, è n'y était pas senti comme un suffixe. Le 
rouchi, lui, a pu transcrire le mot avec une finale -et, parce que, 
ayant l'habitude bien connue de prononcer -ê ce que le français 
écrit -et, il a réciproquement écrit -et ce qu'il entendait pro- 
noncer -ê. Enfin cette graphie du rouchi explique bien que le 
français n'ait pas cstaminai : il a emprunté la transcription au 
rouchi ou au picard et il prononce -et bref par analogie. Aucune 
difficulté par rapport au flamand, que le mot lui vienne du 
Hainaut ou du Brabant wallon ou de la province de Liège. 

Il nous faudrait maintenant le secours de l'archéologie, per- 
mettant de confronter le mot avec l'objet. Mais les archéologues 
et les folkloristes ont négligé de nous renseigner sur la forme des 
vieilles salles enfumées des cabarets. Peut-être pourrait-on se 
documenter dans les anciens tableaux de genre, mais les Brau- 
wers et lesTeniers n'ont guère fleuri dans la région wallonne, où 

(*) Commune de la prov. de Liège, arrondissement de Waremme. La 
graphie ~ea provient de -ellum et aboutit à -ê. L'exemple est tiré d'une 
liste de Kurth, Frontière linguistique, I, p. 189. 



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— 6i — 

précisément il faudrait voir la forme de l'ancien staminé. Faute 
de ce secours, nous hasarderons une observation sur le point 
capital. On dit de celui qui fréquente trop ou trop longtemps le 
cabaret qu'il est un pilier d'estaminet. Pourquoi cette dénomi- 
nation si l'estaminet n'avait pas de piliers ? Cette expression 
serait-elle formée par analogie sur une autre? Remarquez cepen- 
dant que, si on dit de quelqu'un qu'il est un pilier d'église, un 
pilier d'antichambre, c'est bien parce que l'église, parce que 
l'antichambre ont des piliers. 11 y a comparaison, certes, mais 
non comparaison avec quelque chose d'inexistant. On ne s'avise 
pas de dire un pilier de salon ni un pilier de cuisine. Nous croyons 
donc que l'expression c'est un pilier d'estaminet correspondait à 
quelque chose de réel, signifiait primitivement : il ne bouge de 
l'estaminet pas plus qu'un de ses piliers, il est un des supports ou 
des soutiens de V estaminet. Nous présumons donc que le staminé 
était une salle à un ou plusieurs stamons, peut-être en bois à 
l'origine comme dans l'étable. Cette pièce n'était pas la première 
salle, où se trouve le comptoir, encombrée de rouliers et de pas- 
sants qui boivent debout. Elle est une annexe, un agrandissement 
du débit primitif ajouté plus tard à la maison en faveur d'une 
clientèle spéciale. Si on consulte les dictionnaires, l'estaminet est, 
dans un cabaret, une salle particulière réservée aux fumeurs. On 
appuyé avant tout sur l'idée de tabagie, et l'encyclopédie 
Larousse contient même un article historique intéressant sur les 
premiers estaminets parisiens, qui montre bien qu'il s'agit de 
salle réservée aux fumeurs. Ce sens ne doit pas être primitif. Nos 
cabarets de village n'avaient pas de consommateurs si vite gênés 
de la fumée, ni des salles en si grand nombre. Il faut plutôt 
s'attacher à l'idée de salle réservée, salle d'habitués ou de sociétés: 
ons i tenante et ons i brait. 11 n'était certes pas défendu de fumer 
dans la pièce commune, mais les clients n'y étaient pas à l'aise 
pour siroter leur verre, fumer, jouer aux cartes, chanter, causer, 
tenir leur séance de société artistique ou littéraire, passer la 

soirée bruyamment dans l'intimité. 

Jules Fellhr 



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— 62 — 

6. fr. orin, — w. neûrin (eûrin, leùrin) 

Le franc. orin, terme de marine (cordage qui attache une 
ancre à une bouée), est « d'origine inconnue » pour Littré et 
pour les auteurs du Dictionnaire général. Le wallon aidera, 
croyons-nous, à éclaircir ce petit problème d'étymologie. 

Godefroy, t. X, v° orin, ne cite que trois exemples anciens ('), 
dont chacun écrit différemment notre mot : orin, horyn, 
hoyrin. Si nous recherchons laquelle de ces variantes graphiques 
représente la forme primitive, nous ne nous arrêterons guère à la 
troisième, qui est postérieure d'un siècle aux deux autres et dont 
l'orthographe nous paraît fantaisiste ou analogique. On pourrait en 
rapprocher des formations visiblement dues à l'analogie, comme 
le franc, poireau à côté de porreau (sous l'influence de poire) 
et le franc, poisson pour poçon. Nous n'osons invoquer des 
formes wallonnes, telles que le w. soi ri n (lire swèrin) où Behrens 
a récemment reconnu l'ail, sorring (*), l'anc. w. boireau 
à côté de borreau ( 3 ), bwèrê à côté de bore, Swèron (Soiron, 
village près de Vervîers), anciennement Soron, dans une charte 
de 1005 ( 4 ), — pour la raison que, malgré l'identité de graphie, 
la diphtongue oi(wa, ive) peut être d'origine différente en wallon. 

Restent en présence or in et horyn. Or ces formes se lisent 
dans le même ouvrage. On sait de plus que h et y au XV e siècle 

( 1 ) « Un orin ou bouée » (XV e siècle). Garcik, Grand routier, 69. — 
« Horyns et bonneaux » laid., sign. T 2 r° ; éd. 1 580. — « Ses ancres et 
cables ne doivent estre perdus a ladite nef, s'il y avoit hoyrin ou bon- 
neaux » (XVI e siècle). Rooles d'O/éron, 45. — L'éditeur du premier 
texte avait lu et imprimé drin. Ce pauvre orin, qui décidément n'a 
pas de chance, a donné naissance à un autre monstre, boirin; voy. 
Die t. gén., v° orin. 

( 2 ) Zeitschriftfiirfr. Sprache und Litt. t 1906, XXX, 360. 

( 3 ) Ggkjg., Die/. Il, 559. — On pourrait encore citer porfi, Poirfi y 
ibid.y II, 241 et ramorener, ramoirener, II, 276; mais ici est entravé 
et la diphtongaison est de règle. 

(*) Gggg., Voç. de$ anciens noms de lieux, p. 61, 



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- 63 - 

jouaient fréquemment le rôle de lettres ornementales ( 1 ). Nous 
sommes donc fondé à croire que le mot actuel orin représente, 
mieux que horyn, la forme originelle. 

Mais orin possède un dérivé, le verbe oringuer (soulever 
une ancre au moyen de l'orin, Littré), qui prouve que notre 
mot devait primitivement se terminer par une gutturale. L'espa- 
gnol-portugais orinque (=- orin) confirme cette hypothèse. Cela 
nous reporte à une forme oring. 

Nos bateliers mosans ( 2 ) connaissent le mot w. neûrin (avec les 
variantes eûrin, leûfin), que nous n'hésitons pas à rapprocher du 
terme français dont il est question. 

Au dire de ceux que nous avons interrogés, le neûrin, c'est « la 
chaîne pour suspendre l'ancre sur le beaupré », ou encore « le 
cordage attaché à l'anneau de l'ancre pour retenir la bouée », ou, 
plus vaguement, c'est çou qui chèv (sert) a relever Vanke. D'après 
l'un d'eux, M. Joseph Gilman, .vieux maître batelier à qui nous 
devons la première de ces définitions, îi neûrin se dit, par abré- 
viation, au lieu de l'expression complète îi tchinne de neûrin (la 
chaîne du neûrin). 

Mais, si cela est vrai, qu'est-ce, à proprement parler, que le 
neûrin ? 

Les bateliers flamands, auprès de qui nous avons poursuivi 
notre enquête ( s ), appellent ce cordage de neuring-ketting 

(*) Dès le XIII e siècle, d'après Brunot, Hist. de la langue française, 
I, 498. Exemples : habandonner, habondance, heur, huis, hostage; 
oyseaulx, doyvent, etc. 

( 2 ) Sur la Sambre, où les bateliers ne se servent pas de l'ancre, le 
mot est inconnu. 

( 3 ) Notamment M. Gérard Maessen. — Les deux tiers du. vocabulaire 
wallon de la batellerie sont des emprunts de la langue flamande ou 
néerlandaise. [Il en est de même, pensons-nous, du vocabulaire français 
de ce métier. Le Dici.gén., qui rattache beaupré à l'anglais bowsprit, 
devrait donner la préférence au flamand boegspriet, devenu en w. 
bousfirét'.] C'est pourquoi l'explication des termes wallons de batellerie 
doit être demandée au dialecte des bateliers flamands en aval de Visé. 



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-64- 

ou simplement, par abréviation, de n eu ring. Quant à la signi- 
fication propre ou originelle de ce dernier terme, aucun d'eux n'a 
pu nous fournir de renseignement. Les dictionnaires flamands 
sont également muets à cet égard. Néanmoins, réduit à inter 
prêter nous-même l'expression flamande neuring-ketting et 
l'expression wallonne tchinne de neùrht, nous ne voyons qu'un 
sens possible : neuring est la boucle ou anneau (ring) qui ter- 
mine la tige de l'ancre du côté des deux bras ( 1 ). C'est en effet à 
cet anneau que s'attache la chaîne (ketting) qui sert, suivant le 
cas, à relever l'ancre ou à retenir une bouée. 

Pour connaître la valeur possible de neu- dans le flam. neu- 
ring, nous avons interrogé un germaniste distingué, M. P. Tack, 
professeur à l'athénée royal d'Ixelles ; la réponse suivante qu'il a 
bien voulu nous donner, confirme pleinement, semble-t-il, cette 
conjecture : « Neuring, nous écrit M. Tack, peut être i° une 
altération du flamand neutring; neut est une forme dialec- 
tale de noot et désigne la partie de la verge de l'ancre où est 
l'œillet (flam. oog); cf.WiTSEN, Scheepsbomv, 502 a : Het gat in 
de ankerschaft, anders de neut ; — 2 une altération de oog ring 
(den oo(g)ring devenant, par agglutination ou prothèse de 
//, de-nooring, puis de neuring); cf. Winschooten, Seem. f 
173 : Te scheep wordt het oog genomen voor het gai in de anker 
sc/iagf, daar de ring in draaid. » (*) 

(') Ce sens propre de neuring et du w. neûrin est perdu. M. Gilman 
appelle cet anneau rorinSje di Panfa, d'autres simplement font. On dit 
de même lès orinfyes de mastc pour désigner les œillets en fer fixés sur le 
plat-bord et servant à passer les cordes du mât ou haubans. Nous expli- 
quons orinfyc par le flamand oorringje (petite boucle d'oreille), syno- 
nyme de onê (anneau). 

( 2 ) On remarquera que M. Tack n'est pas très affirmât if dans son 
explication du flam. neuring. La question reste donc ouverte de ce 
côté. Il nous suffit pour le moment d'avoir indiqué que l'origine de or in 
doit être cherchée dans le flamand. Aux germanistes de nous dire s'il 
représente neut -ring ou oog-ring ou même tout simplement 00 r- 
ring. (Cette dernière hypothèse ne peut être proposée pour le wallon, 
ainsi que le prouve orinfye dont parle la note précédente). 



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— 65 - 

Il s'agit maintenant d'expliquer, — suivant que l'on adopte 
Tune ou l'autre de ces hypothèses, — les transformations phoné- 
tiques qui se sont produites : 

I. Le flamand dialectal (limbourgeois?) n eu ring (=neutring) 
est devenu neûrhi dans la bouche des Wallons. On dit ordinaire- 
ment îi neùrin\ mais, on neùrin sonnant à peu près comme t>n- 
eûrin, il en résulte qu'on a pu dire, par déglutination, Veùrin y 
lequel, à son tour, par agglutination de l'article, a produit Ii leùrin, 
on Jeûrin. Comparer, en français, le lendemain, le lierre, etc. 

Le flamand nooring (= nootring), forme usitée sans doute 
à l'Ouest, aura donné en français « un nôrin », d'où « un ôrin », 
« un orin », Yn s'étant confondue, comme ci-dessus, avec la finale 
de l'article indéfini. 

Quant au changement de voyelle, notons la même transfor- 
mation du flam. oo en franc, o, wall. eu dans les synonymes : 

flam. hoofdband = franc, hoband (auj. hauban), 

flam. hoofdtouw = wall. heûtù. 

IL Dans la seconde hypothèse, le franc, orin s'explique encore 
plus aisément par le flam. oo(g)ring. — Pour le wallon neùrin, 
voir ci-dessus la note de M. Tack. 

III. Une troisième hypothèse encore possible, c'est l'existence 
simultanée de oo(g)ring à l'Ouest et de neu(t)ring à l'Est. 
Le premier aurait donné naissance au franc, orin; le w. neûrin 
serait directement emprunté du second. 

Dans tous les cas, nous pouvons, de ce qui précède, tirer les 
conclusions suivantes : 

1. Le franc, orin, le w. neùrin, le flam. neuring sont iden : 
tiques, du moins pour la finale ; la première syllabe des mots 
français et wallon pourrait bien être d'origine différente, tout en 
représentant deux synonymes : oog, neut. 

2. Ces termes désignent proprement l'anneau inférieur ( l ) de 

(*) Nous employons ce terme pour distinguer cet anneau de 
l'organeau, qui se trouve à la partie supérieure de la tige de l'ancre, 
en flam. kabelring, ankerring. 



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- 66 — 

l'ancre, puis, par extension, le cordage qui part de cet anneavt. 

On a dit d'abord «le cordage de l'orin », puis orin a été considéré 

comme le nom même du cordage ( l ). 

Jean Haust 

7. hàbiêr 

Ce mot, l'un des plus curieux du vieux fonds wallon, est aussi 
l'un des moins connus. Nous avons essayé, dans cette étude, de 
jeter quelque lumière sur son origine et de classer logiquement 
ses multiples significations. 

• * 

A notre connaissance, Grandgagnage seul a tenté de l'ex- 
pliquer. « C'est peut-être, dit-il I, 260, un substantif dérivé de 
l'allemand haben ou du latin habere, dans le sens verbal 
avoir. » Essai timide et qui ne soutient pas l'examen, car il 
n'explique ni la finale, ni la longue à du wallon, ni les diverses 
formes que nous avons recueillies. 

Si nous considérons Taire d'emploi de notre mot, -— il n'est 
usité que dans la Wallonie prussienue, dans la province de Liège 
(surtout à l'Est), au nord et au centre de la province de Luxem- 
bourg, — nous présumerons tout d'abord qu'il faut lui chercher 
une origine germanique. 

A première vue, on serait disposé à rapprocher hàbiêr de l'alle- 
mand dialectal hauberg, que M. K. J. Ley a étudié récemment 
dans la Zeitschrift des Vereins fur rheinische nnd ivestfâîische 
Volkskunde, III (1906), p. 101. Voici le résumé de cet article : 
hauberg date du XV e siècle et n'existe que dans le Siegerland 

(*) Nous ne pensons pas que le franc, orin ait jamais été synonyme 
de bouée, comme le suppose Schuchardt {Zeitschrift fur rom. phil^ 
XXV, 345), en s'appuyant sur le premier texte ancien que nous avons 
cité ; « ung orin ou bouée » pourrait en effet s'expliquer par : « un orin 
ou (une) bouée», la conjonction étant nettement disjonctive. Il faudrait 
naturellement, pour trancher la question, autre chose qu'un fragment 
de phrase. 



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- 6 7 - 

(extrémité sud cie la Westphalie), avec les significations sui- 
vantes : i . l'ensemble des bois qui couvrent le pied des montagnes 
dans la région entière; 2. la partie de ces bois qui appartient à 
chaque commune et qu'elle met de 16 à 20 ans à exploiter com- 
plètement; 3. la partie que chaque commune exploite dans le 
cours d'un été. Il se rattache aux termes qui figurent dans les 
dictionnaires : hau, taillis, coupe de bois; hauholz, bois taillis; 
hauland, endroit défriché. M. Ley nous apprend aussi que 
hauberg existe dans le Schleswig-Holstein, avec le sens de 
« bâtiment couvert d'un haut toit de roseaux ou de joncs, qui 
sert à la fois d'habitation, d'é table et de grange » ; mais, ajoute- 
t-il, ce sens est postérieur et doit s'être appliqué d'abord à une 
heuschuppen (baraque pour remiser le foin en hiver). 

En faveur de cette étymologie, on pourrait faire valoir des 
arguments séduisants. i° Au point de vue sémantique, ce pri- 
mitif s'accorderait assez avec le sens de « exploitation rurale », 
que nous reconnaissons à la base des significations du mot wallon. — 
2° Au point de vue de la forme, hawbiêr, hâbiêr, hâbièr, hâhiè se 
rattacheraient sans difficulté à l'ail, hauberg. En effet le w. 
hawe (houe, pioche), hawer (houer, piocher), c'est l'ail, haue, 
hauen; et -berg (montagne) se retrouve en wallon dans des 
noms de lieu sous la forme -biê, anciennement -bièr (*). 

Cependant nous ne croyons pas que cet étymon donne la clef 
du mot que nous étudions. D'abord, hauberg est signalé comme 
n'existant que sur deux points de l'Allemagne très éloignés de 
la Wallonie ; il est inconnu dans l'Eifel, et son passage dans notre 
vocabulaire resterait, de ce chef, à l'état d'énigme. D'après 
M. Ley, on le rencontre pour la premiers fois en 149 S ; or notre 
mot wallon est certainement antérieur au XV e siècle. De plus, 

(*) Ainsi Siinbiè, proprement Steinberg, auj. Stembert, village près 
de Verviers; en face s'élève le mamelon appelé Hôbiè (— - Hochberg?), 
franc. Hombiet. - Cette finale diffère évidemment de -bert (primiti- 
vement -beraht), qui sert à former plusieurs noms d'homme : Abièrt, 
Aubert, Adalbert ; Lambiè, Iloubiè, Lîbiè, etc. 

5 



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— 63 — 

hauberg est impuissant à rendre compte des formes hâribièr, 
hâdibièr, que nous relevons précisément à la frontière linguistique 
de l'Est, dans le cercle de Malmedy. 

A notre sens, hàbièr, sous ses multiples formes, — de même 
que l'anc.-franç. herberc (masc), — dérive de l'anc. -haut-ail. 
heriberga (fém.), anc.-nordique herbergi (neutre) ( l ). Il est 
donc le frère du franc, auberge, anciennement herberge, 
héberge, qui a donné le v. héberger. On peut dater sa 
naissance de la fin du XIII e siècle, car c'est alors que se manifeste 
et se généralise la diphtongaison en iè de e entravé ( 2 ). 

Nous essayerons de justifier cette opinion en passant en revue 
les formes et les sens de notre mot. 



Gggo., I, 603, cite quatre formes anciennes qu'il a recueillies 

dans les chartes liégeoises : 

halbier (1440), qu'il faut sans doute lire hâlbiêret qui rappelle 

l'anc.-franç. helberc {Alexis, 65); 

habier, habiert (1568), qu'il faut lire hàbiêr\ 

hawier (1593), que nous lisons hâwiêr ou hàwhvièr et qui 

résulte sans doute, par assimilation, d'une forme hâwbiêr. 

Parmi les formes modernes, nous distinguons deux groupes : 
à) celles de la Wallonie prussienne ( 3 ), qui sont trissyllabiques 

(*) Diez v° albergo et Kôrting 4488 énumèrent la série touffue des 
représentants de ce mot dans les langues romanes. — Le sens propre de 
heriberga est * campement militaire », de heri, armée, et bergan, 
protéger. L'anc.-franç. herberge en a tiré les significations de « campe- 
ment, tente; logement, habitation; hôtellerie, auberge». 

(*) Wilmotte, Études de diaî. wa//., dans Rom., XVII, 557. — Dans 
le dialecte allemand d'Eupen, le mot actuel est harrbereg (auberge), 
que les Wallons de Malmedy ont emprunté sous la forme de hèrberige 
(Armonac dol Saméne, 1907, p. 40); de même Kalterherberg, 1. d. près 
de Montjoie, se prononce en Wallonie prussienne Kahèlbrige. Mais ce sont 
là des emprunts récents. 

( 3 ) Gggg., I, 357, note, d'après Simonon, un hâdibiè qui ne nous paraît 
pas liégeois et qui a probablement été recueilli en Ardenne. Voir cepen- 
dant à la fin àlibiè et gâdibiè. 



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— b 9 — 

et qui représentent évidemment un stade plus ancien et mieux 
conservé : 

hâribièr (Steinbach-lez-Weismes, Robertville) ; 

hâdibièr (Faymonville-Weismes ; Malmedy Villers et Scius ; 
Ardenne Body Vbc. des agric. et Foc. des poissardes) ; 

handibièr (Ovifat). 

La forme de Steinbach rappelle très nettement herbe rg : la 
chute de Vr primitive a été empêchée par la voyelle de liaison i, 
qui s'intercale assez fréquemment, en malmédien, entre r et une 
consonne suivante ( 1 ). — Dans les autres, le passage de r à d peut 
s'expliquer si l'on suppose une forme intermédiaire hâlibièr, qui 
existe peut-être dans un coin de la Prusse wallonne et qui, en 
tout cas, est justifiée par l'ancien halbier (v. ci-dessus) et par 
àlibiè } dont nous parlerons à la fin. — Dans la forme d'Ovifat, la 
nasale est une modification sans importance de la longue â. 

b) Les formes dissyllabiques, dans les provinces de Liège et de 
Luxembourg : 

hàwbiêr (Verviers, Bu//. 44, 421); 

/tâbi'ér (Liège) ; «hàbiair» (ib., For.) ; « haubiair» (Verv., Lob.); 

hâbièr (Stavelot, Bu//. 44, 509; Condroz, Ggog., I, 356); 

hâbiè (Hesbaye, Gggg., I, 260) ; 

âbièr (centre de la province de Luxembourg). 

La forme verviétoise hàwbiêr rappelle et explique l'ancien 
hawier que nous venons de voir. — Les autres formes hâbicr, 
hàbiêr = hâribièr, hâdibièr, avec chute de la protonique, phéno- 
mène fréquent qui réduit d'anciens trissyllabes en dissyllabes, 
surtout dans le liégeois (*). Elles se rapprochent du franc, 
auberge, emprunté, au XVI e siècle, du provençal aubergo, 

(') Ainsi, à Malmedy, kirimusse — kermesse: sairimint =_= serment, 
anc. -franc, sairement (Armonac dol Samêne 1906, p. 38 et 59). 

( 2 ) Comparer ail. Lebcrwurst ^ verv. /èf'go n anc.-wall. cortisea > 
cot'hè, mal m. mzvargunê > liêg. mwè/inê, *tchafornê > tcluifnè (l.d. 
de Jupille), sans compter le; mots plus connus: boffyi, cveèp'hU tchèptî, 
voFti, cofttti, lès' ni, nianci, baChi. cor 1 ci, monpli, etc. 



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— 70 — 

anciennement alberga. Au reste, si nous comparons serpil- 
lière : sàptre, serpelette : sàp'Iète, nous admettrons sans peine 
le passage deherbercà hàbiêr. — Quant à âbiêr, la disparition 
de l'aspirée est régulière au centre du Luxembourg. 



Du sens propre de Pane. -haut-ail. heriberga, « campement 
militaire », dérivent les significations que lier berge a prises 
dans la suite en moyen -haut-ail. et en anc.-français : i. campe- 
ment, tente (= installation qu'on établit à l'étape); 2. hôtellerie, 
auberge (= installation qu'on trouve toute prête à l'étape) ; 
3. logement, habitation (= installation en général). 

Or hàbiêr se présente chez nous avec le sens de « exploitation 
rurale, ferme (surtout considérable) ». 

On comprend facilement cette dérivation de sens si on se 
reporte au temps où le mot a dû passer de l'Est et du Nord dans 
nos dialectes. Au moyen-âge, la grande préoccupation des 
rouliers et des voyageurs était la herberge, le gîte pour la nuit. 
En pleine campagne, loin des villes, cette auberge devait pouvoir 
se suffire à elle-même, à la façon des villas gallo-romaines ou méro- 
vingiennes. C'était, par V aspect extérieur } un grand établissement 
rural, capable de loger nombre de personnes et de chevaux. 
C'est par V aspect extérieur ; en laissant de côté la destination de 
l'établissement, que hàbiêr en e*t venu à signifier une exploi- 
tation rurale. 

Ce point de départ admis, abordons l'étude des significations 
assez éloignées que notre hàbiêr a prises au cours des temps. 
Pour cela, il convient de considérer à part les formes anciennes 
conservées dans les chartes liégeoises et les formes modernes ou 
orales. 

à) Gggg., II, 603, définit les premières : « droit que les offi- 
ciers des métiers nouvellement élus payaient pour leur entrée » 
et il présume, — avec sagacité, selon nous, — que ce mot pour- 
rait bien être connexe avec le hesbignon hàbiè. 



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- 71 — 

C'est en 1440, dans la Charte du bon métier des Febvres, que 
se trouve la première mention du halbier : 

Item avons ordonné... que quelconques serat esleu Officier de 
nos t redit Mestier aile Sainct Jacques soient tenus de payer pour leur 
halbier, assavoir Gouverneurs et Jureis chascun d'eaulx deux grif- 
fons et ceux qui aroient les grosses Offices trois griffons, et avec ce 
voilons et nous plaist qu'il soit à celluy jour payeit et déboursent par 
nostredit Rentier aux frais dudit Mestier huit griffons et demy teils 
que dits sont pour iceulx avec les dits halbiers donneir et partir 
aux vinaves chascun à son marmontant pour les compagnons d'iceulx 
aller boire ensemble à leurs bons plaisirs sens fraude ('). 

Il faut croire que ces largesses avaient lieu aussi dans les autres 
corps de métier; car, en 1398, la Charte du bon métier des 
Charliers stipule ce qui suit : 

Et comme d'anchiennetc sont été usez à l'élection des gros offices 
payer quelque habiert lequel se despendoit inutilement aux 
tavernes et autre parte, pour pourvoir à tel abus, est ordonné que 
doresnavant tels habibrs soy payeront sur notre Chambre et seront 
convertis en meubles et autre chose, à la plus grande utilité et profit 
dudit bon Mestier ( 2 ). 

Le fond de ces deux textes est assez clair. Mais que signifie 
proprement le mot halbier ? Et comment rattacher la définition 
de Grandgagnage à celle du wallon moderne ? 

Le second texte cité nous parait donner une indication pré- 
cieuse à cet égard. Nous y voyons que ces gratifications ne doivent 
plus se dépenser à la taverne, mais qu'elles doivent servir à 

(') Recueil des Chartes et Privilèges des XXXII bons métiers de la Cité de 
Liège, I, 37. 

( 2 ) Ibid., p. 85, art. 41. — Il est question des « hawiers » en 1593, 
dans un troisième endroit qui ne nous apprend rien d'intéressant (ibid., 
p. 145, art. 5 de la Charte du bon métier des Houilleurs). — Cf. S. Bor- 
mans, Le bon métier des Tanneurs, p. 91 (Bull. 5, 215) : c'est, croyons- 
nous, le seul historien liégeois qui ait souligné cette particularité curieuse. 
Gobsrt, Rues de Liège, III, 560, ne fait que résumer les données de 
Bormans, Poncelet n'en dit mot dans ses Bons métiers de la Cité de Liège, 



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- 72 - 

Vachat d'objets utiles au Métier, Or, à nos yeux, on ne faisait là 
que revenir à l'usage primitif. 

En effet, le halbier du Métier, c'était premièrement l'avoir de 
la corporation, immeubles et matériel. Cela admis, il est assez 
naturel de supposer que le nouvel élu devait payer une certaine 
somme pour augmenter cet avoir : toutes proportions gardées, 
c'était à peu près comme si, de nos jours, un nouveau député 
versait de l'argent à la caisse de son parti. L'expression « payer 
pour le (son) halbier » s'abrégea en « payer le (son) halbier » et 
l'on put dire même « payer quelque habier ». Dans cette formule 
courante, qui sonnait comme « payer la (sa) bienvenue », le sens 
premier du mot s'obscurcit, d'autant plus que, par la suite, le 
Métier étant sans doute assez prospère, cette somme fut détournée 
de sa destination primitive et dépensée en réjouissances publiques. 

Bien que notre démonstration ne repose guère que sur une 
série de conjectures, nous croyons pouvoir affirmer l'identité de 
l'ancien w. halbier et du w. moderne hàbiêr et, à la définition de 
Grandgagnage, nous substituerons la suivante : « somme que 
les oTiciers d'un Métier nouvellement élus payaient pour le 
halbier du Métier, c'est-à-dire pour l'exploitation en commun, 
pour la corporation et son matériel » ( l ). 

b) i. Hàbiêr a. pris tout d'abord chez nous le sens général de 
« établissement, installation, exploitation, comprenant tout 
l'attirail et le personnel nécessaires ». Dans ce sens, notre mot 
est surtout employé à la campagne, précédé de l'adjectif grand. 
C'est à l'expression on grand hâbièr que s'appliquent la définition 
de Body, Voc. des agric. : « grand attirail de labour, mobilier de 

( l ) Notons en passant que l'ail, herberge peut signifier : lieu de 
réunion des gens de métier, maison de la corporation ; le herbergs- 
vater, c'est le père des compagnons, l'aubergiste d'un corps de métier. 
-- Comme il est possible que /tâfiiér aii, dans les premiers temps, conservé 
le sens originel de auberge, nous pourrions expliquer plus simplement 
l'expression « payer le halbier » par « payer l'auberge, c.-à-d. le régal à 
■J 'au berge ». 



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— 73 — 

ferme, exploitation rurale qui compte beaucoup de bétail et de 
serviteurs » ('), et — pour la ville — celle de Forir : « grande 
boutique, commerce étendu ». Exemples : Ine cinse ivice qiii-a 
on grand hàbiè (Hesbaye) ou hâbiêr (Condroz, d'après Gggg., I, 
260, 356). Gn-a on fîr hâbiêr è cisse cinse la (Forir, v° hàbiair). 
Dfinme mis d'èsse tnaîsse d'ine pitite botique qui de d*pinde d'on 
grand hâbiêr (ibid.). 

Un exemple curieux nous est fourni par le poète verviétois 
Martin Lejeune, qui parle, dans une de ses satires, dès hcyimes 
(haines) et dès colères qti'ons a mùzé duvins V hàwbièr (Bull. 44, 
421). L'auteur entend par là l'usine, la fabrique. On ne peut 
cependant traduire aussi simplement, car la nuance de dénigre- 
ment que ce vieux mot revêt ici, est trop prononcée ; c'est à peu 
près comme si on disait : «dans le bazar» ou «dans la baraque». 

Au sens général de « exploitation (surtout rurale) », se rat- 
tachent étroitement les emplois que Gggg., I, 260, donne en 
premier lieu pour hàbiè en Hesbaye : « 1 . district que, d'après 
convention, chaque berger se réserve exclusivement sur le terri- 
toire d'une commune ; 2. aîer à hàbiè : aller travailler dans les 
champs ». Cette dernière expression concorde avec le renseigne- 
ment que nous trouvons dans le Dictionnaire manuscrit de 
Bailleux : « hàbiè (Hesbaye), hâbiêr (Beaufays), dépendances 
d'une ferme, culture ». Même sens à Polleur. — Quant à Lobet, 
qui définit haubiair : « appendice d'une ferme, d'une maison, ce 
qui y tient, ce qu'on y a ajouté », il nous paraît avoir confondu 
« appendice » avec « dépendance » (-). 

2. Ailleurs la signification s'est restreinte de plus en plus ; le 

(*)' Aujourd'hui ce sens tend à disparaître dans les Ardennes : on dit 
à Stavelot hasswè, à Burnenville-lez-Malmedy hatchwè, à Faymonville- 
Weismes rahoûr, en pays gaumais hasswa, etc. 

( s ) Ce mot était sans doute inconnu à Verviers : Remacle ne le signale 
pas, non plus du reste que les liégeois Cambresier et Hubert. Toutefois 
ces trois auteurs sont précisément si incomplets que l'argument a siiendo 
n'a pas ici grande portée. 



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— 74 - 

mot a désigné telle ou telle partie spéciale de l'exploitation. 

a) A Jalhay, à Ster-Francorchamps, à Esneux, hâbièr est syno- 
nyme de atèlèye et ne se dit que du bétail de la ferme : On mâva 
hàbièr = dès bièsses qui n y sont ni bêles ni crasses. Po^nepiiite 
cinse, il ont on bê habiêr = bêcôp d 1 bisteû, one bêle atèlèye. — 

b) A Vielsalm, tôt V hâbièr cTine cinse, c'est tôt V meûbe, tout le 
mobilier de la ferme. 

3. Enfin, à mesure que les conditions économiques se trans- 
formaient, ce mot — rappelant un état de choses ancien, une 
forme désuète d'exploitation, un ensemble d'instruments dont on 
avait perdu l'utilisation, qui étaient devenus encombrants et que 
l'on mettait au rancart — a pris tout naturellement un sens 
dépréciatif, qui est le plus généralement répandu aujourd'hui 
dans nos campagnes. 

a) Précédé ordinairement de l'adjectif vi (vieil), il signifie : 
« vieillerie encombrante et de nulle valeur ». Sens relevé à 
Cherain, Bodeux, Chevron, Villettes-Bra, Stavelot, Scry-Abée, 
etc. Exemples: I rtont qu 1 tos vis hâbièrs (Cher ain). Nos nos 
avav s fait qwites du tos ces vis hâbièrs (Stavelot). Tôt coula, 
ç 1 n } èst qu 1 dès hâbièrs (Nessonvaux). Ci manèfye la tïèst qu J on 
hàbièr (ibid.). On vi âbièr di batimint ou one vive mâjon (La va- 
cherie). Vi hâdibièr ! (Body, Voc. des poissardes), t. d'insulte 
adressé à une vieille femme. Cf. hadibiez dans Gggg., I, 261. 

b) Précédé ordinairement de l'adjectif grand, il signifie : 
« objet d'une grandeur démesurée et encombrante » : hâribièr 
(Steinbach-lez- Weismes, Robert ville), « quelque chose de grand, 
de désordonné, de disproportionné, qui n'a ni cou ni tièsse : que 
grand hâribièr ! dit-on d'un bâtiment de forme et de proportions 
extraordinaires » ( l ) ; grand hâdibièr ! (Faymonville), grand esco- 

(') Note de M. l'abbé J. Bastin.- Comparer hangar qui se dit à Mons, 
par mépris, d'un meuble embarrassant par sa grandeur (dklm.) ; hbnbô 
qui désigne, à Huy, un bâtiment à moitié abandonné : Syi n' mi sâreù 
plaire è ç' mohone /a, c'est-on trop grand hèri bô (Main, aanbouw, construc- 
tion; cf. (jGGG., v° ambau). 



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— 75 - 

griffe ! Grand hâbièr qui v*s estez ! (Trooz). Çu tcïïfau la n'est 
qu'on grand àbièr (Moircy-St-Hubert). Que grand hâbièr d } ârmâ 
avez-ve situ atciïter la f (Nandrin). 

c) A Malmedy hâdibièr (vill.), à Vielsalm et à Stavelot hâbièr 
(Bull. A4, 509) désignent « un engin, une machine quelconque », 
avec un sens dénigrant qui apparaît dans les exemples suivants : 
Qu'est-ce po on hâdibièr? Body, Voc, des agric t — I-gn-a todi on 
hâbièr ou Faute ol vôye (Stav.). — Catietia, hèrna, hâbièr et vahu- 
îeminty onk vât Vaute (ibid.). 

# • 

Il nous reste à examiner, dans un appendice sommaire, deux 
termes, àlibiè et gàdibiè, qui ressemblent à hâbièr. Nous les croyons 
différents d'origine, mais ils ont probablement été influencés par 
celui que nous avons essayé de définir, et cette influence a pu 
être réciproque. 

àlibiè, s. m. 1. Personne ou chose grotesque, ridicule; — 
2. (précédé de l'adj. vi) vieillerie : mètez al vindicion ci vi âlibiè 
la (Forik). 

gàdibiè, s. m. 1. Homme facétieux, enjoué, jovial : on vi 
gàdibiè, un vieux réjoui, égrillard (Forik) ; — 2. vieillerie, chose 
hors d'usage (Forik, Rkm. 2 , Gggg., I, 227) ('). 

Chose remarquable, la protonique n'est pas syncopée dans ces 
mots liégeois, comme elle devrait l'être, semble-t-il, à en juger 

(■) Nous croyons que ce gàdibiè se distingue de gàdibiè, s. m., canti- 
bai : pièces de bois pleines de fentes et qui ne valent guère (Dk jardin, dans 
Gggg., I, 227). | pièce de bois mal équarrie, qui a de l'aubier et qui sert 
de wère ou chevron dans les toits construits en tuiles (Body, Voc. des 
couvreurs). \ bois de rebut : « palissades et gadibiès » 1666 (Bormans, 
Voc.deshouilUurs). | madrier à flache, soliveau et chevron ayant flache ou 
faux bois (Mathkï.oi\ Voc. du maçon). — Ce dernier est le seul qui 
écrive gàdibiè et nous ne savons encore s'il faut prononcer a bref, â ou 
à. - D'après Gggg., i" ce gadibiè pourrait être le même mot que le franc, 
cantibai auquel il répond assez exactement : 2 gàdibiè (vieillerie, brimbo- 
rion) ne diffère probablement pas du précédent ; 3 hàdibiè (vieillerie) 
est une forme de gàdibiè (I, 227). Nous admettons sans peine qu'il y a eu, 
ici encore, influence réciproque; mais^vX- > hà- est inadmissible. 



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- 76 - 

du moins d'après hàbicr et les nombreux cas semblables cités 
p. 69, n. 2. On attendrait plutôt âbiè,gâbié, ou mieux âbiér, gabier. 

Nous ne voyons pas moyen de ramener ces formes à kâbiêr. 
Nous croyons plutôt que àîibiè représente Alabert, Alubert, 
Aliperht, et gâdibiê, Waldobert ('). Les anciens noms d'homme 
et de femme ont pris parfois un sens satirique, comme il est 
arrivé notamment pour boubiè (Bodebert ?), nigaud ; waltrou 
(Waltrude), virago ; zabè (Isabeau), gourgandine ; hclegàde (Hel- 
legonde ? Aldegonde ? Cf. Gggg. II, 535), escogriffe; wahou 
( Wachhold ?), niais ; tviyèm (Wilhelm), benêt, cœur patient, se 
dit surtout d'un mari trompé ; etc. ( 2 ). 

Le sens 1 s'expliquerait de la sorte. Pour gâdibiè, on pourrait 
admettre de plus l'influence de gàdisseù, galant, si gaudi ', 
gaweder, gawedieûs. 

Quant au sens 2, il proviendrait d'une confusion avec hâribièr, 
hâdibièr } étudiés plus haut. 

Jean Haust 

P. S. Nous avons soumis notre article à M. le D r Esser, de 
Malmedy, qui se consacre depuis de longues années à l'étude 
des parlers de la Wallonie prussienne et de l'Eifel. Le savant 
philologue a bien voulu nous faire savoir qu'il n'admet pas notre 
étymologie de hâbiêr, parce que h er berge s'éloigne trop du 
sens « engin, machine quelconque », que Villers attribue à 
hâdibièr. Partant de cette définition, M. Esser chercherait plutôt 

(*) Cf. Fôrstemann, Pcrsonennatnen . — Disons, à ce propos, qu'un 
nom propre Hdbiè, représentant Hariberaht, Harbert ou Herbert, a pu 
coexister et se confondre avec hâbiêr, provenant de herberc. — Body, 
Voc. des poissardes, pense que àîibiè est peut-être une forme de hâdibièr : 
c'est possible après tout, mais on ne s'expliquerait pas la perte de l'aspi- 
ration. 

( 2 ) De même, pour expliquer le franc, grigou (< origine inconnue », 
d'après le Dict. gén.), on pourrait le rapprocher du w. Grigô, Grégoire. 
— Il serait intéressant de dresser la liste de tous ces noms propres 
dont on a fait des appellations sarcastiques. 



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— 77 — 

l'origine du mot wallon dans le m. -h. -a. hantwerc, variante du 
du m. -h. -a. antwerc, qui signifie « machine pour détruire 
( en twûrken), employée surtout dans les sièges », d'où « ma- 
chine en général »; antwerc s'est souvent confondu avec 
handwerk. A ses yeux, la forme d'Ovifat handibièr se rappro- 
cherait le plus de l'origine, et la filiation des sens serait l'inverse 
de celle que nous avons tâché d'établir. M. Esser allègue la forme 
alémanique hamberch (Gkimm IV b, 423) et la définition que 
Ducange donne du m.-lat. man opéra (traduction de l'ail, 
handwerk) : 1. servitium manuale, quo tenentur coloni et 
inquilini domino vilhe ; 2. instrumenta rustica, quorum usus in 
operis et agriculturis. 

Nous remercions M. le D r Esser de son intéressante commu- 
nication, que nous sommes heureux d'avoir provoquée, et nous 
laissons aux philologues compétents le soin de trancher la 
question : notre essai de < construction » étymologique et 
sémantique n'a d'autre but que de les éclairer en groupant 
systématiquement les pièces du procès. 

J. H. 



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VOCABULAIRE-QUESTIONNAIRE AD-, AE- 



Ce vocabulaire, comme les précédents AB- et AC- (voir la 
l re année de ce Bulletin), est avant tout un questionnaire. Nos 
correspondants en reçoivent un exemplaire interfolié (3 mc cahier), 
avec prière de nous le renvoyer aussitôt qu'ils auront terminé 
leurs enquêtes, dans un mois si possible, et, au plus tard \ pour le 
I e * janvier içoS. 

Nous les prions.de ne pas perdre de vue les instructions 
. données précédemment. A l'adresse des nouveaux correspondants, 
nous résumons ci-dessous nos recommandations principales : 

i. Lisez attentivement ce vocabulaire, article par article, en 
commençant par le début et en vous attachant surtout à ce qui 
concerne votre dialecte. 

2. Consignez vos annotations sur le feuillet blanc en regard de 
l'article. Écrivez lisiblement à l'encre, sur un seul côté du feuillet 
blanc. Séparez nettement les réponses aux différents articles. 

3. Si le mot est employé chez vous, notez sous quelle forme, 
dans quel sens. S'il est inconnu, quel synonyme emploie-t-on ? 
Donnez tous les renseignements que l'article vous suggère, et 
surtout des exemples courts, caractéristiques, bien authentiques: 
proverbes, dictons, usages locaux, etc. 

4. Attachez-vous à élucider les points douteux relatifs à votre 
dialecte. Signalez les erreurs et les omissions que vous relèveriez. 

Adresser les envois au Secrétaire, rue Fond-Piretie, 75, à 
Liège. 



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?adabler exi&U-t-ilt sigart donne en tnontois radabler, v. a., réparer, 
rajuster. 

adaborer dasn., adôborè (S l -Hubert), adôbourèy (gaum.), adô- 
bouzè (Monceau-s.-Sambre), aloborer (Villers-S^-Gertrude), v. a,, 
barbouiller, enduire de choses malpropres; voy. dàborer, dilâborer, 
dôbouzè. 

adaguelé gggg., part.-adj.* accoutré ; voy, agadelé. 

adagueler (Monceau- s. -S.), adaguelè(Vonéche), adoguelè (Givet), 
adaguenèy (Prouvy), i. v. tr. t enduire de « daguèt » (goudron) ou 
d'une matière visqueuse (Monceau, Vonêche, Givet) ; — 2. v. înir., 
coller à, adhérer à (Prouvy): voy. sig., radaguener : réparer, etc. 

adain, âdain, andain, s. m., ondinne (Genappe), s./. t andain. 

Adam' (ms. bailleux), Adam' (Prénoms liég.), Adam for., Adam 
for., rem., lob., n. pr. <?A. t Adam. 

adamadjl (Monceau-s.-Sambre, Mont-s. -Mardi., Forchics-la-M.), ado- 
madji (Nam.), adoumadji (gaum.), èdamadjer (ard.), èdamadjl 
for., èdomadjl hub., rem., v. tr. y endommager. 

adamer (rouchi, Viesville), adâmer (Lodelinsart, Marchienne-au-P.), 
adanmer (Monceau-s.-S.), adamèy et antamèy (Chiny), adeumèy 
(Tintigny), adômè (S l -Hubert, Givet), adoumer (Bastogne), 
èdamer (liég. , verv.), èdâmer (Laroche), èdômer (Namur), 
èdoumer (Cherain, Houffalize), èdouml (Vielsalm), indamer 
(Mons sig.), v. tr. f entamer. || adeum'mint (Neufchâteau dasn.), 
adèm'mèt, adam'mat (gaum.), s. m. t entame, entamure. Liég. cda- 
meûre. 

adan (Hannut, Tourcoing), adon (Mons sig., liég., verv.), anon 
(vallée du Geer), adv., alors, en ce temps-là; — ensuite, déplus, 
d'ailleurs; — ainsi, en ce cas-là, dans ces conditions. | adon-pwis, 
puis, ensuite. 



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_ 80 — 

adandiner (Nam.), v. tr., habituer. 

adanner (Viesville), adàner (Ouest-wall.), v. intr., précédé du v. fé = 
(faire) damner, (faire) endiabler; voy. danner. 

adanser, v. intr., précédé du v. fé = propt (faire) danser vers : diriger 
vivement vers. 

âdant (Tintigny), édant (Chiny), s. m., aide, adjoint. Liég. aide, 
aidant (monnaie) || âde (Tintigny), éde (Chiny), 5./., aide, secours. 
Liég. aide. 

adirer (liég., verv.), adârer (Huy, Namur, Spa, Stavelot, Faym.- 
Weismes, Houflfalize, Laroche), adarer (Dinant), adaurer (nam., 
Beauraing), 1. v. tr. t pousser vivement vers, fourrer; — 2. v. intr., 
arriver précipitamment et à l'improviste, s'élancer sur ; syn. abrokî. 

? adasné, ajusté, indiqué comme étant liég. par sic*., v° radabler. 

adawi (Stav.), v. tr., aiguiser; voy. liég. aw'hî. 

adawer, adawl (liég., verv.), adawyi (Coo), adawyer (Laroche), 
v. tr., attirer, allécher, aguicher, affrioler; syn. adoûlcr, etc. || ada- 
want, adawyant (liég., verv.), anawant (Forrières), part.-adj., 
attirant, séduisant, etc. [| adawyeûs, -eûse (liég., verv.), ada- 
wiheûs, -eûse (Stav. ms. dktr.), adj., enjôleur, -euse. I| adawyon 
(liég.), 5. ;//., vol, fourberie. 

adayer (Mons dklm., Ath), adayl (Nam., Charl., Monceau-s.-S., 
Perwez, Wavre), 1. v. tr., mettre entrain, au courant, exercer qqn; — 
2. v. réfl. } sQ mettre à qqch. | adayl (nam.), v. intr., accourir à toutes 
jambes; voy. adayeter. 

adayeter (Spa, Coo, Stav., Sprimont), adayetl (Vielsalm), azayeter 
(Jupille), adrayeter (ms. baill., rem., lob. ; Coo), ad raye ter for., 
v. intr., accourir à toutes jambes ; syn. abid'ler, adârer, atrafter, etc. 

addé (Marche-en-F., Houflfalize, S e -Hubert, Bastogne, Nam.), adlé 
(liég., verv., Spa, Cherain, Prouvy, Nam., Huy, Mont-s.-M., Wavre), 
adlèy (gaum.-), adré (Cherain, Stav., Jalhay, Wall, pruss.), adri 
(Vielsalm), /oc. adv. et prèp., auprès, auprès de; en comparaison, à 
l'égard de. 



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-8i - 

addicion, addichon, s. f. t addition. || addicioner, addichoner, 
v. tr. t additionner. || addicionél for., adj. } additionnel; voy. acdi- 
cion, etc. 

âd'difoû existai-tir || â-d'foû (liég., verv.), â-d'foû (Stav.), /oc. adv. 
et pré/., au dehors, à l'extérieur; — s. m., le dehors, l'extérieur. 

addiner existe-t-il à côté de ac'diner ? Ne dit-on pas plutôt ad'ner (et 
an'ner ?), v. tr. y accorder, concéder? rem. 2 présente s'adoner à côté 
<fcaddoner(«atdoner »), v. ir. t adonner; on dit s'adoner à Monceau - 
s.-Sambre. | ad'né (Mal m. vill.), part.-adj., adonné, enclin à. 

âd'dirl for., i. /oc. adv., en arrière; — 2. s. m., reste, reliquat. || 
â-drl (liég., verv.), â-drl (Malm. scius; Stav. detr.), /oc. adv. et 
prép. t derrière; au bout de. j â-drl, â-drl (ibid.), a-drl (ard.), s. m. t 
• derrière, partie postérieure d'une maison ; porte de devant ? (Ro- 
clenge); porche, vestibule, corridor (liég., hesb., Visé); arriéré. 

àd'divant (liég.), aud'dhront (Viesville), /oc. adv. et prép. t 1. au- 
devant, vis-à-vis ; — 2. auparavant. || â-d'vant (liég., verv-.), â-d'vant 
(Malm.), /oc. adv. et prép., au-devant, à la rencontre; sur le devant, à 
l'entrée. — Voy. ad'vant. 

âd'divins exisfe-t-i/ï \\ â-d'vins (liég., verv.), â-d'vins (Stav.), /oc. 
adv. et prép., au-dedans; — s. m., le dedans, l'intérieur. 

âd'dizeûr (liég.), aud'dizeur (Viesville), aud'dezeûr (S l -Géry), 
1. /oc. adv. et prép. f au dessus, par dessus le marché; — 2. 5. ;//. p/., 
surplus, surcroît, excédent. || â-d'zeûr (liég., verv.), au-d'zeur 
(Viesville), 1. /oc. adv. et prép., au-dessus;— 2. ad/*, surérogatoire; — 
3. s. m., supplément, subrogation (rem. 2 ). 

âd'dizos, 1. /oc. adv. et prép., au-dessous; — 2. s. m., déficit, dette: 
rez-de-chaussée d'une maison. || â-d'zos, /oc. adv. et prép., au dessous. 

addjèctif ou adjectif, addjèctlvemint ou adjèctlvemint, à côté de 
acdjèctif ou acjèctif, -îvemint 1= adjectif, -ivement. 

addjonde for., mieux adjonde (liég., verv., nam., Berzée, Thuillies), 
v. tr., adjoindre, joindre, réunir; joindre, toucher, atteindre d'un coup 
oudHin projectile; voy. ac'djonde. || addjondèdjeFOR.,adjondèdje 
LOB., s. ;;/., adjonction. 



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-82 _ 

addjoùrner for., adjoûrner baill., lob., adjournèy (gaum.), 
v. tr., ajourner, assigner en justice ou remettre (une affaire) à un 
jour déterminé. On dit plus souvent raddjoûrner. || addjoûrnèdje, 
addjournèmint for., adjournèdje lob., adjournumint vill., 
s. pi. ajournement. || adjoûne (Verv.), s. f. (ou ///.?), adjoûr (Thi- 
mister), s pi., réunion convoquée, rendez- vous, festin ; voy. radjoû. 

addjouter, adjouter, adjouter, ajouter, v. tr., ajouter. || — èdje, 
s. ;// , ajoutage. |[ addjoute, ad joute, adjoute, ajoute, s./., ajou- 
tage, annexe, adjonction : — /. de tour n., applique, tout ce qui s'assemble 
par charnières, coulisses : alèze, petite planche ajoutée pour élargir ou 
compléter la largeur d'un ouvrage; voy. radjoute, alondje. 

addjudant for., lob., aussi adjudant et adjudant, 5. ;//., adjudant. 

addjudjl (for., lob., Ouest-wall.), adjudjl rem., aussi adjuger, 
v. tr., adjuger. 

addjunt (V r ottem, Offagne), addjwint (for.?, Andcnne), aussi et plus 
souvent adjwint (Stav., Berzée, Thuin, Givet), ajwint (Jupille), 
adj. et s. pi., adjoint. | adjout (gaum. Tintignv), adjôt (gaum. 
Prouvy), adjoint au porcher. 

addjurer. v. tr., adjurer; voy. acondjurer. 

âde (liég.), aude (nam.), v. intr., ardre, brûler, flamber; voy. ârder. 

adé, adv., ainsi, ainsi donc; comment, comment donc; enfin. 

adègnl (liég., verv., nam.), 1. v. tr., bonneter, honorer, agréer, favo- 
riser, — amadouer (rem.); — 2. v. intr., daigner. "\ adègnant, purt.- 
adj., favorable. || adègnèdje, s. pi., égards, respect. 

Adèle, n.pr.f., Adèle. |j Adelin, -ine, n.pr., Adelin, -ine. || 
Ad'layide, n. pr.f., Adélaïde; voy. Aili. 

adéle (Nam. f.d.), s./., araignée faucheux. 

adércer (Mons sig., Faym.-Weismes), ad èr cher, adrècher (rouchi 
verm., hec.), adresser (Mons delm., sig.), adércl (Malm. vill., 
sc.irs; Stav. pis. detr.), adièrcl ou adjèrcl (liég., verv., Nam., 
Givet), adièrcè (Marche-en-Famenne), adlrci (Spa), 1. v. tr.. 1. faire 



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- 8 3 - 

qqch * d'adreût », réussir qqch; — 2. viser juste, toucher, atteindre 
(un but); — 3. attraper, duper qqn. — II. v. intr., réussir, venir 
à bien ; viser juste, agir adroitement. — Hubert donne aussi les sens de 
adresser, se présenter chez, faire un envoi. || adércihèdje (Malm. 
scius), adièrcèdje for., rem., lob., s. m., réussite. || adièrcihe- 
mint, s. m. t façon d'« adièrcî », de donner le coup. || adièsse (liég., 
verv.), adjète (Cherain), ahierse (Mons delm.), s. /., adresse, 
dextérité, subtilité. || adièt', adjèt' (liég., verv., Cherain, Malm., 
Faym.-Weismes), 1. adj., adroit pour atteindre le but ou dans les 
exercices du corps, d'où agile, habile, expéditif ; — 2. interj., allons! 
vivement ! || adjètlhe (Malm. vill.), adjètlsté (liég.), adjèyisté 
(Verv. m. lejeune), adjèhlsté l. colson, s. /., adresse, agilité, 
légèreté. || adiètemint, adjètemint rem., adv., adroitement et les- 
tement, subtilement. — Voy. adrèssî, adresse, adrèt', etc. 

Adére (li tour d' — ), doutr. Noêls, 47 = ? 

adère (gaum.), 1. adiré (liég., verv., nam. ; dasn., vkrm.; Monceau- 
s.-S., Tournai), v. tr., si lèyî adîre : se laisser fléchir ou séduire, 
consentira. || 2. adiré, s. m. (ou /. ?) : i-gn-a d' l'adîre : il y a bien 
de la différence, il s'en faut de beaucoup; i-gn-a wère d'adîre (vill.), 
peu s'en faut. 

adèrè (Givet), adeurèy (gaum.), adurer (liég., verv., aussi èdurer, 
au sens 1), v. tr., 1. endurer, supporter; — 2. daigner, condes- 
cendre à. 

adériter (Mons delm. et sift.), v. tr., t. de coutume, saisir, investir: 
mettre en possession légale d'un héritage. || adéritance (Mons delm. 
et sig.), s./., saisine, investiture. 

adètè (Vonêche), v. tr., endetter. | Liég. èdèter. 

a-deûr, s. m. {ouf. T), peine, douleur : li djône cope s'aveût raprèpi 
po s'confiyî Y — qu'avît di s'qwiter, v. carpentier, Revue wall., II, 
94 : cf. ibid. : dj'a-st-a-deûre di v' confiyî qui... || ? adeur (à, Faym.- 
Weismes), adj., dur, pénible : i lî sèrè-t-adeur de mouri si djône. 
[Ilfautprob* écrire ici a deur = à dur.] 

adeurci (gaum.), adurci (Monceau-s.-S.), adurchir verm. ; || adeurè 
(Prouvy), adeuri (gaum., Chiny, nam., liég.), adeûri (liég.), 

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- 8 4 - 

adori (verv. lob., RKM.,Thimister, Chiny), adàri (Hervé), aduri 
(liég., verv. rkm., Monceau-s.-Sambre), i. v. tr., rendre dur, durcir, 
endurcir, racornir; — 2. v. réfl., s'endurcir, s'accoutumer au froid, au 
travail, à la fatigue. [Ne pas confondre avec adurer.] I 1 adeurihèdje et 
adurihèdje, adeurihemint et adurihemint for., s. m. endurcis- 
sement. 

tLd'hinde, p/us souvent en verv. ad'hyinde, v. tr. ou intr., descendre vers 
(celui qui parle). 

adi (Tourcoing), adl (Marche-en-F.), adiè (liég., verv., nam., Malm.), 
adiu (for. : verv., Malm., Stav.), adius' (Malm. sous), adjus' 
(Faym.-Weismes), adieu (Tournai), i. interj. adieu, au revoir: — 
2. s. m., adieu. Dîre adiè : dire adieu, prendre congé; dire adiè a : 
renoncer à; fé ses adius : faire ses adieux, prendre congé. 

âdi (gaum.), âdl (Tintigny), édl (Chiny), aidl (liég., verv.), v. tr. 
aider. 

adigneter, adin'gueter ( Bull. 40, 309, en parlant du $on d'une cloche) , 
v. intr., arriver en faisant « ding, ding ». 

? adigni, v. tr., faire du mal, causer du dommage. 

adiâme (Malm., vill.), adv., beaucoup, en quantité. || adiàmedumint 
(ibid.), adv., extrêmement, supérieurement : propr* (a)diablement. 

adiji (gaum.), v. tr., viser avec une canne (?). 

Adlle, n.pr.f., Odile. 

à-dîner, s. ;//., le midi. Comparez Tâ-matin, l'al-nut'. 

adint, s. m., adent, mortaise ou entaille en forme de dent; travail fait 
de pièces adentées. || adinter, v. tr., adenter, tailler ou assembler en 
adents. 

àdios' (liég., verv.), ôdiôs' (Jupille), auwdias' ix>b., âdios (Huy, 
Faym.-Weismes), agios' (Mons delm.), an'dios' (ix>b., Spa, Stav., 
Sprimont), an'dôyes (tns. baillei'x), 5. m. pi., dans fé dès— : faire 
des façons gênantes, des politesses excessives, des cérémonies, des 
simagrées, des exclamations, se récrier ; faire des mamours, des 



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8* 



démonstrations d'amitié. | àdios' (Malm. vill.), 5./., accueil, belle 
réception, caresse, fête que l'on fait à qqn. 

adjàche, èdjàche, adjâsse (ard.), adjâhe, èdjâhe (Condroz, Hes- 
baye), agà (liég.), agô (Spa), agauche (Nam.), agaise (gaum.), 
s. m., schiste houiller sur la tête des bancs, argile schisteuse. 

ad j aie (Bastogne, Beau rai n g, Givet, Charleville), adjalèy (gaum.), 
adjèler (Monceau-s.-S., Montigny-le-T.), èdjaler (liég.. verv., 
Nam.), i. v. tr., geler, congeler; — 2. v. intr., être pris par la gelée, 
avoir froid. || adjaleûre (gaum.), èdjaleûre (liég. ),èdjalâre( verv.), 
èdjalore (Star.), s./., surtout au p/ur., engelure. 

a-djambe, adj., ingambe. || adjamblè,-éye (Monceau-s.-S.), èdjam- 
blé,-éye for., adj. y enjambé, pourvu de jambes. || adjambè (Vo- 
nêche), adjamber (Tourcoing), adjambè y (gaum.), adjamblèy 
(Prouvy), adjambler (Jupille, Monceau-s.-S.), agamber (Mons 
delm.) v. tr., enjamber. | asgombyi (Viesville), v. intr., marcher à 
grandes enjambées. || adjambàye,-èye (gaum.), adjamblèye 
(Prouvy), adjamblée (Charleroi, Godarville, Wavre, Braine-l'Al- 
leud), adjamblèye (Monceau-s.-S.), asdjamblêye (Mont-s-M.), 
asgombyéye (Viesville), agambée(MonssiG.), s./., enjambée \syn. 
ascohî, -êye. 

adjancener (liég. , verv., malm. scius), adjâcener (Stav.), èdjan- 
cener(Nam. pirs.), adjècener (Màlignant II, 6), adjincener (for. 
lob., malm. vill., Spa, Jupille), adjincenl (Vielsalm), èdjincenè 
(Marche-en-F.), adjincer (Havelange), v. tr. t agencer, arranger, 
ajuster. [| adjancenèdje, adjincenèdje, adjincemint, s. m., 
agencement. 

adjâser (Stav., Robertville, Faymonville), v. tr., adresser la parole à, 
interpeller, aborder; syn. apârler, arainî. 

adjauber (Berzée), v. tr., engerber, mettre en gerbes. | Liég. èdjâbler, 
-èdje for. 

adjaveler (Monceau-s.-S.), adjèvelèy (gaum.), adjèvelè (Neufch. 
dasn.), v. tr., enjaveler, mettre en javelles. | Liég. èdjaveler, -èdje 
-eu FOR. 



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— 86 — 

a-djaw, <fo»5 mètez-ve bina-djaw (verv., Bull. 2, 256), mettez- vous bien 
à même, en train, en mouvement, en action (rem., v° geaw; gggg. 
v° jawe). Le liég. a-djow doit aussi exister dans ce sens ; du moins £ après 
sig., qui écrit adjau, p. 75. | Connaît on un v. adjower eu adjow'ter? 
Comparez le dérivé adjow'tumint, ci-après. 

adjaw'trumint, adjow'tumint, adjow'tèmint, voy. adjontumint. 

adje (liég., verv., Wavre), âdje (gaum., Givet, Tournai), s. /., âge; 
voy. acné 1 ; — (gaum.) laps de temps : i-gn-è d' bêle âdje qu'il est mort. 

adjèni(liég., malm.), adjunl, adjuner (Verv.), adjègner (Faym.- 
Weismes), agnoler (Laroche), agnoli (Vonêche), aglôgni (nam. 
gggg.), agligner (Mons sig.), aglignl (Wavre, Gosselies, Viesville), 
asglignè (Dinant), asglignl (Monceau-s.-S., Mont-s.-M., Ham.- 
s.-H.), v. tr. t agenouiller. || adjènèdje for., adjènièdje, adju- 
nièdje lob., s. m., agenouillement, génuflexion. 

s'adjére (gggg., rkm., lob.), s'adjlre (gggg. ; malin, vill.), se poser: 
se percher, prendre son gîte ; — se tasser ; — s'affaisser, s'aliter (vill., 
qui donne aussi adjlre, v. intr. f dans ce sens) ; syn. s'adjîstrer. || adjéhou 
lob., part., tassé, affaissé, foulé. || adjéhèdje lob., s. m., tassement, 
affaissement . 

adjèrri (Bourlers), v. intr. t arriver à. 

adjès (liég. for.; nam. d'après gggg; Monceau-s.-S., Viesville), âgés 
(Mons delm., let.), agès (MonssiG.), s. m. pi., êtres, disposition 
intérieure d'une maison. 

adjèter, v. tr., jeter vers (celui qui parle). 

adjeû (gaum.), âdjeû (Laroche), àdjeû (Chiny), èdjeû (liég., etc.), 
5. m., enjeu. 

adjèyant (liég., verv.), ? adjowant (gggg. « ajoan »), adj. et s. »/., 
géant, y aurdjouwant (Nam. gggg.), s. m. t géant d'osier qu'on 
promenait jadis à Namur lors de la fête. || argayon (Nivelles), 
géant d'osier qu'on promène encore à Nivelles. 

adji hiib., adjlr for, v. intr., agir, se comporter. || adjihant, agissant. 



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- 87 - 

adjiblé (Villettcs-Bra), parl.~adj., habillé drôlement, avec mauvais 
goût ; syn. agadelé, atitoté. || adjiblèyo (Villettes-Bra), s. /., troupe 
de personnes réunies par hasard ou pour se rendre au même endroit. 

adjiboter (Cherain, Robertville), adjimboter (Stav., Sprimont), 
adjimbotl (Vielsalm), v. intr. t accourir en sautant, vivement, dégrin- 
goler vers (celui qui parle) ; voy. adjambe. 

?adjinauve (Nam., et après gggg. II, 496 : « aginauv »), adj. t actif, 
énergique. [Lite adjihauve ? ou aguinauve ? cf. ib. II, vin « akinâf ». ] 

adjindjole (malm. vill.), s. /., diabloteau, lutin, grivois; syn. aflut'- 
hiène. 

a-djias (liég., verv., Wall, pruss.), a-gins (Mons sig.), foc. adv., 
1. en rangs, à la file ; — 2. en abondance; — 3. en bon ordre, 
convenablement, comme il faut. || tôt d'a-djins (Spa), /oc. adv., tout 
de suite. 

8'adjlstrer, prendre gîte, se loger, s'établir; — s'aliter (malm. vill., 
qui donne aussi adjlstrer, v. intr., dans ce sens) ; syn. s ' ad j ère. || 
adjlstrèmint, s. m., établissement, installation. 

adjiter, v. tr., agiter. || adjitàcion hub., s. /., agitation, trouble de 
l'âme, y adjitèdje lob., s. m., agitation douloureuse pendant le 
sommeil. 

adjlvè (Vonèche), par t. -a df'., couvert dégivre. 

a-djoke (Givet), foc. adv., perché, juché. || adjoker (Couvin, Bas 
togne, Houffalize), adjokèy (Chiny), adjôkèy (gaum.), 1. v. rèfl., 
se percher, se jucher ; — 2. (Mons dblm., Tourcoing, Chiny), v. tr. 
ou intr. t retarder, arrêter; s'arrêter; voy. djoker, djoukî. || adjoke 
(Mons dblm.), 5./., retard. 

adjono, s. ;//., ajonc. 

adjontumint Voc du maçon, adjow'tumint body, adjontrumint et 
adjaw'trumint lob., adjow'tèmint defr.-kinable, s. m., t. de 
charp., chevêtre, linçoir, étrésillon ; pièces de bois qui forment dans 
le plancher l'encadrement d'une cheminée. — Voy. adjaw */adjonturer. 

adjonturer, v. tr., jointurer. || adjonturèdje, s. m., jointurage. 



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— ss — 

adjouhl, -ôye (Jupille), part.-adj., laisse en jachère, en friche. 

àdjoûrdou for., adjourdou (St-Georges), àdjoûrdû (Huy, Ben- 
Ahin, Ciney, Stav., Coo), âdjoûrdu (Laroche), adjôrdû (Malm. 
scius), âdjôrdû (Faym.-Weismes), audjoûrdu ( Marche-en- F. , 
Monceau-s.-S., Wavre, Givet), aujordwi(Toumay), adv., aujourd'hui . 

adjuster, v» tr. t ajuster, adapter, arranger, accommoder, viser juste ; 
— Ai* (Stav.) donner une correction ; — v. rêfl., s'ajuster, s'apprêter, 
se préparer; — fig. (Stav.) s'arranger, tomber d'accord. || adjustàdje 
(Monceau-s.-S.), adjustèdje (liég., verv.), s. m. } ajustage. || adjus- 
tèmint (Monceau-s.-S.), adjustumint (liég., verv.), s. m., ajuste- 
ment, arrangement. || adjustore (Malm.), s. /., ajusture, courbure 
qu'on donne à un fer achevai, pour l'ajuster. || adjusteû, s. m., ajus- 
teur, ouvrier qui ajuste un ouvrage. 

â-d'la, loc. adv. et prép., au-delà; — s. m., l'au-delà, l'idéal. || â-dèla 
(verv.), adv. y au-delà. 

admète (rem., lob.), v. tr., admettre; — (Malm.) accuser; dans ce 
dernier sens, on dit amète à Liège, Verv., Laroche. || admet ou (rem., 
lob.), admis. || admission, admichon, s./., admission. 

a-d'mèy (liég.), a-d'mé (verv.), a-d'méy (Nam. pirs.), /oc. adv., à 
demi, à moitié, passablement ; devenu adj. dans wangnî ine a-d'mèye 
djoûrnêye : gagner une journée moyenne, passable. 

admicer (Spa ?), admînel ou -cer?(j. bury, Bull. 26, 162), v. tr., 
accepter, prendre (de la main à la main ?). 

administrer, v. tr., administrer (les sacrements, une correction), 
diriger une entreprise. || administracion, -àcion, -àcion, -ôcion, 
-achon, etc., s. /., administration. | for. n 1 admet que les formes où 
adm- s*est changé en an m- : an'ministrâcion, -trateûr ou -treû, -tratif, 
-trer, -trèdje. 

admirer, rarement admurer, v. tr., admirer. || admiràbe, adj., admi- 
rable. Il admiracion, -àcion, -àcion, -ôcion, -achon, etc., s./., 
1. admiration: — 2. auplur., cris d'admiration, grandes exclamations. 
Il admirèdje lob., 5. m., manie de tout admirer. |{ admireû lob., 



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* — 8q _ 

qui a la manie de tout admirer, contemplateur. | for. n'admet que les 
formes oh adm- s'est changé en an m- : an'mirâbe. -ràbemint, -râcion. 
-rateûr ou -reù, -rer. 

admodurè (Ciney, Parab., p. 90), dans estant admodurc— étant rentré 
en lui-même; proprement modéré, assagi, devenu plus réfléchi. 

àd'neù8, -eûse (liég., verv.), plus souvent àn'neûs, aussi àn'leûs, âgn'- 
. neûs, àgneûs, s. et adj. t ardennais, -aise ; par confusion ânier. 

adnoter (Wall, pruss.), v. tr., annoter, j Liég. annoter, -èdje for. 

adnuler (Wall, pruss.), v. tr., annuler. | Liég. an'nuler for. 

adobé (gggg. ; Nam.), adôbé for., part., qui a reçu un bon coup, 
atteint, frappé. 

adoblé (rouv. dans gggg. Il, 495), part. t couvert de boue ou de qqch. 
de malpropre. 

adocher, andocher (Mons sig.), adoker (rouchi hécart), v. tr., 
toucher, heurter, cogner. || andoche (Mons sig. et let.), s. /,. 
coup, blessure légère. 

Adofe (Monceau-s.-S.), Adol (liég.. verv., Marche-lez-Écaussines), 
Ado (verv.), n. pr. m., Adolphe; comparez Radou. 

adôlèy (Prouvy), part.-adf, dolent, triste, soutirant. 

adolminèy (gaum. Rossignol), adolmiter (Nam. gggg., Monceau- 
s.-S., Mont-s.-March., Forchies-1 a-Marche), adormiter (Marche-lez- 
Ecaussines), v. tr.. dorloter; séduire, enjôler. 

Adoniye (Monceau-s.-S.), n.pr.f, = ? 

adopter rem., adôopter lob., adopter (Monceau-s. -S. ).v. tr., adopter. 

adorer (liég., verv., nam.), adoré (Vonèche), adorer (Monceau-s.-S., 
Mont-s.-M., Wavre), v. tr., adorer. || adôrâcion (liég.), adôrâciôn 
(Stav.), adoràcion rem., s. /., adoration. || adorateur, adôreû 
for., s. m., adorateur. || adôrâve for., adj., adorable. 

adormi (gaum.), adôrmi (Monceau-s.-S,), adwarmu (Beauraing), 



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— 9o — 

v. tr., endormir; engourdir, tromper. | Liég. édwèrmi ; nanv èdwarmu; 
ard. èdwarmi. 

ado 8 (Genappe), s. m., berge. 

s'adossi (Monceau-s.-S.), s'adosser. 

s'adoter (Malm. vill.; auj. inus.), se douter deqqch : dju m'ènn'a- 
dotéve. 

adoube (Nam. F. d.), s.f.t, daube, assaisonnement. 

i. adouci, v. tr., adoucir, rendre plus doux, plus moelleux au goût ou 
au toucher; soulager, calmer. | /. <fibin., de serr., rendre uni par le 
frottement, polir; syn. agali. | /. de meta//., recuire le métal pour le 
rendre moins cassant, moins dur. | /. de meunerie, rapprocher les 
meules pour rendre la farine douce à la main, etc., affleurer. | /. de 
peint., ajouter de la couleur claire à un ton trop foncé. \\v. rifl., 
devenir plus doux. || 2. adouci, s. m., 1. /. de chaudronnier en fer, 
rayon, arête rabattue en forme de léger rayon ; — 2. t. de mouleur en 
fer, lissoir; outil en zinc, rond ou carré, qui sert à réparer les congés. || 
adoûcihant (liég., etc.), adoûcichant (ard., gaum.), part.-adj., 
adoucissant. Il adoûcihèdje, s. m., adoucissage; polissage, etc. |j 
adoûcihemint, s. m., adoucissement, soulagement. 

adoûcinè (Ouest-Wall.), v. tr,, séduire, apprivoiser, entraîner. || adoû- 
cineû, -eûse (Monceau-s.-S.), adj. et s., flatteur, mielleux, trompeur. 

adoûler (gggg., for., Jupille, rem., lob., Stav., Sprimont), andoûler 
(Spa, Ensival, Hervé), agnoûler gggg., andoûd'ler (Sprimont, Stav.), 
andoûd'lî (Vielsalm), âtoût'ler, antoût'ler (verv.), adourdèler 
(Bourlers), amadoûler gggg., amidoûler (Spa, Stav.), amidoulî 
(Vielsalm), amidoûd'ler (Stav.), amiloûrder (Stav., Sprimont), v. tr,, 
aduler, flatter, cajoler ; amadouer, séduire, enjôler, entortiller. || 
adoûleû, etc., s. m., flatteur, cajoleur, enjôleur. 

adoumi (Thimister), adoumistrer (Fléron), adoumièsti (Stavelot), 
v. tr., domestiquer, apprivoiser; voy. doumièsse. 

adouvri (Faym.-Weismes), adouviè(Givet), adrovi (Malm., Stav.), 
adrouvi (Charleroi, Monceau-s.-S.), v. tr., entr' ouvrir, ouvrir. 



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— 91 — 

adoûyl (Nam., Bouvignes), v. tr.. i. mesurer de l'œil ; — 2. observer 
qqn, le suivre des yeux. || adoûyl (Nam.), aoûyî (Sprimont), 
awoûyé (Érezée), part, passé, dont l'œil s'est adapté (à un certain 
degré de lumière), se dit dune personne qui passe d'un milieu éclairé 
dans un milieu obscur ou vice-versa, et dont la rétine a besoin de 
s* accommoder . 

adragoner (Spa, Stav. ; Malm. vill ; Thimister, Sprimont, Laroche), 
adragonl (Vielsalm), v. tr. f apostropher, interpeller vivement et 
brusquement. 

ad rainer (Spa), arainî (liég., verv.), arèner (Nam.), arinner (Laroche), 
v. tr., adresser la parole à qqn; — (Spa) entrer en rapport avec qqn. 

adram(liég., verv.; malm. vill.), ad rè m (rem., Mons sig.), adv.. en 
ordre, à point, d'une manière appropriée à la circonstance; vini ou 
ariver adram = venir ou arriver juste à point, venir à bout d'une 
chose, réussir; si mète adram = se mettre à la besogne ; mète adram= 
mettre en ordre, à exécution. A Marche en Famenne, esse andram = 
être en action, en activité. || etnpl. adjectiv* èsse adrèm = être habile. 
|| d'adram, loc. adv., comme il faut ; — (Trooz) d'accord. || adrameter 
gggg,, for., p. tr., ajuster, agencer les pièces d'un objet. 

adràsseler (Troisponts), v. tr. t tomber dru, se dit de la pluie. Comparez 
d'rûsseler, rûsseler à Stavelot. 

adresse, s. /., adresse, dans les sens du français; voy. adièsse. I a 
l'adresse (Faym.-Weismes), loc. adv. t tout droit, en ligne droite. | 
d'adresse (Marche-en-F.), loc. adv. y convenablement. || adrèssl, &./'., 
adresser, dans Us sens du français; — (ms. detr. et deth.) montrer, 
enseigner, éduquer, dresser; voy. adèrcer. || adrèt' (liég., verv., 
nam.), auj. aussi adrwèt ; adwèt (Monceau -s. -S.), adreot (Tour- 
nai), adj., adroit, habile; voy. adièt'. || adrètisté, s. /., adresse, 
habileté; voy. adiètisté. || adrètemint (liég., verv., nam., Marche 
en-F.), adrwètemint (liég., verv.), adrwatemèt (gaum.), adwè- 
temint (Monceau-s.-S.), adrotemint verm., adv. t adroitement, 
habilement ; voy. adiètemint. 

adreût (liég., verv.), asdreût (Stav.), asdrût (Vielsalm), ad/., con- 
venable, comme il faut. || d'adreût, 1. loc. adv. t delà bonne ma- 



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— Q2 — 

nière; — 2. loc. adj. t convenable, honnête, d'honneur, honorable. || 
adreûti, v. tr., rendre droit, dresser, redresser. — Voy. adrutriner. 

adrigler (Faym.-Weismes), arigler (Coo), v. intr., tomber par quantités, 
en masse : lès pomes adriglèt djus d' l'âbe : syn. aploûre. | (Jupille) 
accourir; syn. abrideler. 

adroci (Vireux, Gedinne), loc. adv., par ici. 

1. adrwèt, voy. adret. 

2. adrwèt (Wellin, St-Hubert), adroit dasn., s. m., endroit, côté 
droit. | Liég., ard. èdreût. 

Adriyin ou Andriyin (liég.), Adyin (Marche-lez-Écaussines), n. pr. f 
Adrien. 

adroncené (Vottem), part.-adj., ajusté, accoutré, attifté. 

adroumeter (Stav.), v. intr., arriver sans être vu. 

s'adrutiner (Ampsin), devenir capable de faire une besogne. | u est-il 
long ? Connaissez-vous un verbe adreûti ner ? 

ad'ter (Malm. scius), v. tr., acheter; voy. acater. || ad'teur, -erèsse 
(ibid.), acheteur. 

s'adûjl (Couvin), s'engouffrer. || adûjwè, s. m., chantoir, crevasse 
verticale où s'engouffrent les eaux d'un ruisselet (Bourlers) ; lieu dit 
où l'Eau-Noire « s'adûje » dans la terre (Couvin). Comparez aiguigeois. 

adul (verv.), s. m. adulte, seulement dans scale d'aduls : école d'adultes. 

s'adûre (Neufch. dasn.), s'accorder, s'entendre. 

aduser (liég., verv., malm., luxemb.), adusè (St-Hubert), adùji 
(gaum.), v. tr.y frôler, effleurer, toucher légèrement, au propre et au 
figuré \comp. adocher, adîji] : tinre ou vite adusé = vite blessé, suscep- 
tible, chatouilleux. || aduseûre (liég.), adusâre (verv.), attouche- 
ment léger, frôlement; froissure ou excoriation légère, marque, 
empreinte superficielle; petit mal qui se communique par le contact: 
comp. ac'seûre, ac'sègneûre. || adusèdje (liég., verv.), s. ///., attou- 
chement léger, frôlement. ]| aduseû lob., s. m., toucheur. || adusâve 
kor., adj., tactile, tangible. 



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— 03 — 

ad'vant-lr (Nam., Perwez, Wavre), ad'vant-z-ir (liég.), ad'vant-rsè 

(Vonéche), loc. adv., avant- hier. , ad^ant-nône (Vielsalm), loc. 
adv., avant-midi. — Voy. àd 'divan t. 

adverbe for., s. m., adverbe. • 

ad'vôrs (Stav. ms. detr.: Faym.-Weismes), ad*viès ( Ouest -wall.), 
loc.prép., i. vers: — 2. à côté de, en comparaison de. 

adversaire lob., adj., adversaire. || adversité lob., s./., adversité. 

adverti (liég., verv., Faym.-Weismes, gaum., Monceau-s.-S.) t r. tr. t 
avertir. || advôrtance (liég., verv., Monceau -s. -S., vkrm.), advèr- 
tince (Braine-l'Alleud), s./., et advértihemint for., advèrtiche- 
mint (Jodoigne), s. //*., avertissement, avis. 

advigiler (liég. , verv.). v. tr., surveiller, administrer, gouverner. || 
ad vigilant, adj., vigilant, j' ad vigilèdje, 5. m., administration. 
Il advigileû lob., s. m., surveillant, administrateur, directeur. 

ad'viner (liég., verv., Wall, pruss., ard., Nam., Mons, Viesville, 
Monceau-s.-S.), ad'vinèy (gaum. : aussi davinèy, à Chiny duvinèy), 
ad' vigner (Tourcoing), v. tr., deviner. \\ a Pad'vine (Nam.), loc. 
adv., au hasard ; syn. a l'astchèyance. || ad'vina (liég., verv., Stav.), 
ad'vinia ou ad'vigna (Nam., Viesville, Monceau-s.-S.), s. m. : 
ad'vine (Ovifat, Tintigny), 5. /. : ad'vinète (Stav., Monceau-s.-S., 
Mons), s./. ; ad'vitiwère (Monceau-s.-S.), s./., devinette, énigme, 
charade, rébus. '; ad'vinèdje for., lob., s. m. % action de deviner. |j 
ad'vinerèye for., s. /., manière de deviner. || ad'vineû, -erèsse 
(liég., verv., Nam., Centre), ad'vineûr, -eûse(Stav.), s., devineur, 
devineuse. J ad'vinàve for., adj., énigmatique. || ad'vinàvemint 
for., adv., énigmatiquement. 

ad vin i (liég., Chiny), adveni (Faym.-Weismes), advuni (Stav., 
Mal m. scius), ad vin u (Nam.), advunu (gaum.), advèni (Mon- 
ceau-s.-S., Viesville), v. intr., advenir, arriver, résulter. || advinant 
(Mal m. vill.), advunant (ib. scius), part, prés., le casfarrivant, 
dans l'événement ? Exemple f | a Padvinant (liég., verv., Stav. ; 
malm. vill. : nam. ; Huy), a l'advunant (malm. scius), a 
Padvenant (Faym.-Weismes), a Padvenant (Monceau-s.-S.) , 



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— 94 — 

a l'av'nant (nam. f.t>. ; Tournai), toc. adv. et prèp., à l'avenant, en 
comparaison, en proportion. | a l'av'nant de fé coula (Vottem), au 
lieu de faire cela. 

advintur'rèsse (magnée, Bull. 27, 56), s./., aventurière. 

ad'vise, 5./., propos, action de deviser. 

adviser for., rem., v. tr., aviser (qqn) ; aviser (à qqch). || advisé 
rbm. 2 ,/<w/.-0<#., avisé, prévoyant; spirituel. || advision rem. 2 , s./., 
avenissement. 

ad vitam étèrnam rem., lob., toc. adv., sans fin, éternel, durable. 

advouwer, v. tr., avouer. 

adwasèy (gaum.), v . intr., faire attention (Prouvy-Jamoigne) ; — v. réfl. 
s'employer à (S ,e -Marie-sur-Semois). || adwase, awase(gaum.),s./., 
attention, réflexion. 

? aôrer (Nam.), v. tr., pousser vers (celui qui parle). | Liég. ahêrer. 

aèri, v. tr., aérer; voy. aairi. | Le sens de avoir l'air de, ressembler à 
n' existe- t-il pas f 

? aèssi (Nam.) ou ayèssl (ib. pirs.), v. tr., servir qqn, lui fournir ce 
qui est nécessaire. | Liég. ahèssî. || ? aèsse (Nam.) ou ayèsse (ib. 
pirs.), s. f., 1. objets utiles, commodités, facilités; — 2. femme 
galante, catin. | Liég. ahèsse. 

aeûrer (liég., verv. ; Nam. f. d. : Huy, Mons sig.), aeûri (Hervé, 
Stav., Faym.-Weismes, Vielsalm, Sprimont), aeûryer(BraJevignè), 
v. tr., donnera manger à certaines heures fixes et régulières; s'emploie 
surtout au participe : èsse bin ou ma aeûré : être bien réglé dans ses 
repas ou dans son travail. 

aérper (Malin, vill.), érper(ib. scius), v. tr., recouvrir les semences 
dans un jardin en ratissant. | érper (Faym.-Weismes), herser. 



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CHRONIQUE 



i . L'entreprise du Dictionnaire a, suscité dans la presse des apprécia- 
tions diverses, que nous n'avons pas encore eu l'occas on de signaler, bien 
qu'elles soient déjà anciennes. Dans les Bulletins de r Académie royale de 
Belgique, classe des Lettres, n° de novembre 1905, M. Wilmotte a publié 
un rapport intitulé : Un double projet de Dictionnaire des patois romands et 
wallons. Beaucoup de conseils excellents.... dont nous n'avions pas ou 
plus besoin ; une tendance peu généreuse à vouloir nous écraser par un 
parallèle avec l'œuvre de la Société des patois de la Suisse romande qui 
a pu, grâce à des subventions officielles dont le total annuel atteint plus 
de 17000 francs, pousser plus efficacement ses enquêtes; aucune critique 
cependant formulée contre les travaux parus. On trouvera le correctif 
nécessaire à cet article dans les deux comptes-rendus suivants : i° Oscar 
Grojean : Le Dictionnaire général de la langue wallonne, extrait de la 
Belgique artistique et littéraire, mars 1906: 2° Oscar Colson: Philologie 
wallonne, dans Wallonia, n° d'août-septembre 1906. Mais on le trouvera 
surtout dans les revues étrangères de philologie romane, qui ne dédaignent 
pas d'analyser par le menu nos modestes essais. 

Notre Bulletin a été favorablement signalé et apprécié par M. le D r 
Behrens, professeur à l'Université de Giessen et un des maîtres de 
l'étymologie wallonne (Zeitschrift fur franzôsische Sprache und Litteratur, 
1907, p. 35-7). La môme bienveillance anime un long article du Bulletin 
du Cercle verviétois de Bruxelles, analysant V Œuvre de la Société liégeoise 
de Littérature wallonne (février et mars 1907). 

Quant à notre Projet de Dictionnaire, depuis longtemps il a été l'objet 
d'appréciations les plus flatteuses de la part de MM. Antoine Thomas, 
professeur en Sorbonne, dans Romania (janvier 1905), Albert Counson, 
docteur en philologie romane, dans le Zeitschrift fur franzôsische Sprache 
und Litteratur (XXV111, 2), Georges Tout repont, professeur à l'Univer- 
sité de Louvain, dans le Bulletin du Musée Belge (15 octobre 1904;, 
Edward Coremans, chef de division au ministère de l'intérieur, dans la 



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— q6 — 

Revue Bibliographique Belge (31 décembre 1904), Oscar Oolson, dans 
Wallonia (avril 1905: août -septembre 1906). Des plumes compétentes 
ont signalé aux lecteurs de plusieurs de nos grands journaux l'intérêt à 
la fois patriotique et scientifique de notre entreprise (Le Soir de 
Bruxelles 14 août 1904; à Liège, la Meuse du 2 août 1904, la Gazette 
de Liège du 14 août 1904, Y Express du 7 mars 1906). 

2. M. Lucien Colson, qui rédige une Chronique liégeoise dans le journal 
hebdomadaire la Vallée du Geer (directeur J. Stas, à Roclenge), a publié 
des articles sur la question du Dictionnaire wallon dans les n°* 9 à 14 de 
1906. Il y expose notamment nos procédés d'enquête. Il y fait appel aussi 
aux connaissances et à la bonne volonté des habitants de cette région, 
qui, étant située a la frontière linguistique, possède un vocabulaire 
d'autant plus intéressant. 

3. Kn janvier-février 1906, un débat sur F orthographe du wallon a eu 
lieu entre le Crèquion, gazette wallonne de Charleroi, et le Drapeau, 
journal français de la même localité. Un correspondant de Marchiennes, 
ayant eu la curiosité de demander au rédacteur du Crèquion pourquoi il 
n'adoptait pas les règles de la Société liégeoise, reçut une réponse incohé- 
rente d'où il ressort i° qu'à la rédaction du Crèquion on cherche à unifier 
l'orthographe wallonne, mais dans le sens purement grammatical (?) : 
2° qu'en l'absence de dictionnaire et de grammaire du wallon, il faut 
suivre les règles de la grammaire française; 3 que la Société liégeoise 
préconise des graphies difficiles, qui s'éloignent de l'orthographe fran- 
çaise.... (v. le Crèquion du 6 janvier 1906). 

A cette réponse, le lecteur de Marchiennes répondit en signalant au 
rédacteur les travaux lexicologiques de la Société liégeoise et en ajoutant 
par rapport à la question orthographique ce défi : « Dites-moi quelles 
sont, dans le livre de M. F., les règles qui vous semblent illogiques ou 
compliquées, et donnez-moi vos raisons : je me charge de répondre à vos 
objections... ». Le rédacteur déclina l'invitation en prétextant « le voca- 
bulaire plus étendu » et « la phonétique plus sonore » du dialecte 
liégeois....! A ses yeux, faire un dictionnaire wallon, une grammaire 
wallonne, une syntaxe wallonne, c'est faire tomber le wallon sous le 
ridicule ».... « L'orthographe analogique est seule possible ».... « La 
prononciation n'a, dans aucune langue, une influence sur la façon d'ortho- 
graphier les mots ».... etc. (v. le Crèquion du 20 janvier 1906). 

Après cesénormités, le Drapeau eut beau jeu de montrer au dit rédac- 



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07 - 



teur, sur des exemples empruntés au Crrquion, qu'il n'appliquait même 
pas sa fameuse règle unique de l'analogie, qu'il écrivait en réalité au 
hasard, se mettant en désaccord perpétuel avec son principe. Cette réfu- 
tation, cruelle par sa précision, sa logique serrée, la compétence linguis- 
tique de son auteur, n'a pas guéri, hâtons-nous de le dire, le fantaisiste 
analogiste du Crèquian (y. le Drapeau du 1 1 février 1906). 

Dans le même ordre d'idées, il faut signaler dans X Annuaire de la 
Société (1905. t. 18, p. 51-78; un article de M.Jules Feller A propos de 
{orthographe vallonné, qui est une réponse de la Commission de l'ortho- 
graphe aux critiques du Caveau liégeois et une défense du système arrêté 
par la Société contre certaines réclamations, étrangères à la science et 
d'un caractère plutôt financier. 

4. Un article du Journal de Liège (20 septembre 1907) reproche — 
ou plutôt fait semblant de reprocher — à M. Feller de ne pas organiser la 
réclame pour répandre plus rapidement parmi le public son système 
d'orthographe wallonne, dont il loue la logique et la simplicité. Hélas! 
il y a des répugnances invincible . î L'ensemble de qualités sérieuses 
qu'exige la composition d'une œuvre se retourne contre son auteur quand 
il s'agit d'en assurer la vente ou la diffusion. Nous croyons d'ailleurs 
avoir rallié autour de ce système toute la partie du public qu'une bonne 
instruction première a mis au courant des questions grammaticales. Pour 
les autres, tous les systèmes sont trop difficiles. Au reste, M. G. I. nous 
a, par son article aimable et bien intentionné, fait une réclame inattendue. 
Et, pour obéir (dans la mesure de nos forces) à sa suggestion, rappelons 
aux intéressés que l 'Essai sur l'orthographe wallonne constitue le I er fasci- 
cule du tome XLI du Bulletin delà Société et que les Règles d'orthographe, 
qui en sont le résumé pratique, forment une élégante brochure de propa- 
gande, en vente au prix de 0,50 centimes. 

5. La littérature namuroise s'est enrichie d'une œuvre qui intéresse à 
la fois les amateurs de vieux langage et la philologie wallonne. Il s'agit 
d'un recueil de contes wallons intitulé Autou a" raistréye, par L. J. L. 
Lambill ion (Namur, Delvaux, 1906). Rien de plus savoureux et de plus 
charmant, par les sentiments et par l'expression, que ces récits du foyer 
lentement dévidés par un conteur qui sait conter. Aucun effort pour 
briller, aucune beauté frelatée de littérature prétentieuse. C'est la pure 
et saine naïveté au sens ancien du mot. Mais, si les récits de M. Lam billion 
captivent par cet art qui s'ignore, peut-être plairaient-ils moins sans 



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- 9 * - 

l'orthographe impeccable dont leur éditeur a su les rehausser. C'est là 
surtout le point qu'il est de notre devoir de noter ici. Grâce à la science 
de ce maître modeste et scrupuleux, notre collègue M. Alphonse 
Maréchal, voici le premier texte namurois qu'il soit permis à un étranger 
de lire sans courir le risque de s'égarer. Ainsi, à des titres différents, 
MM. Lambillion et Maréchal ont rendu service aux lettres wallonnes. 

6. Nous avons eu le regret de perdre, il y a un an déjà, l'un de nos 
meilleurs collaborateurs du Dictionnaire, le P. Adelin Grignard, S. J., qui 
est parti pour les Missions belges du Bengale. Pendant son séjour en 
Belgique, le P. Grignard a rendu des services signalés à la cause wallonne 
et à notre Société. 11 est l'auteur d 'une Phonétique et Morphologie de f Ouest- 
wallon, qui a obtenu la médaille d'or à nos Concours de 1905 et qui paraî- 
tra dans le tome 50 (1908) du Bulletin. 11 a lancé à Charleroi un organe 
hebdomadaire, le Coq <£awous où, dès le i er n° (30 déc. 1905), il se faisait 
le défenseur de notre système orthographique et s'employait à recueillir 
les « vieux mots qu'on oublie ». Avant de quitter, sans esprit de retour, 
cette Wallonie qu'il aimait tant, le P. Grignard a bien voulu faire don à la 
Société de tous ses manuscrits ; il nous a remis notamment une Phoné- 
tique du patois borain (que nous publierons également dans le tome 50), 
un essai sur les causes de l'altération du patois carolorégien (malheureuse- 
ment inachevé), une grande carte phonétique de l'Ouest-wallon, et enfin 
une somme considérable de précieux documents dialectologiques sur 
le Hainaut, la province de Namur et le Brabant wallon, où l'auteur, avec 
beaucoup de méthode, avait ouvert toute une série d'enquêtes. Nous 
sommes heureux de pouvoir ici rendre un public hommage à son actif 
dévoûment et le remercier pour le don généreux dont il a enrichi nos 
archives. 

7. Nos travaux et notre propagande ont suscité un peu partout en 
Wallonie un nouvel intérêt pour les recherches lexicologiques. Le Die- 
tionnaire général de la Langue wallonne commence à prendre place dans 
les préoccupations de tous nos patoisants, et chacun désire y apporter sa 
part de collaboration. Nous donnerons à la fin de cette année la liste 
copieuse des communications manuscrites que nous avons reçues ; pour 
le moment, nous voulons seulement faire le relevé des recherches lexico- 
logiques qui ont paru dans les divers périodiques wallons et que nous 
nous sommes empressés de mettre sur fiches. 

Le Courrier de POrneau (éditeur L. Berce, à Gembloux), dans son n° 



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— 99 — 

du 23 décembre 1906, a commencé à notre intention un Vocabulaire du 
Coutelier, qui malheureusement n'a pas été continué. 

Dans la Revue Tournaisienne (décembre 1906, janvier et février 1907), 
M. Adolphe Wattiez a réuni de nombreux proverbes et dictons qui 
émaillent le savoureux dialecte de Tournai. Ce travail forme la suite des 
trois cents Provierpes et Dicteons tournisiens publiés de 1884 à 1888 dans 
les Ètrennes tournaisiennes. Nous souhaitons vivement que l'auteur pour- 
suive ses utiles recherches. 

Nos amis de Mons, les joyeux rédacteurs du Ropieur, et notamment 
'M. Gaston Talaupe, se sont employés avec zèle à nous fournir des docu- 
ments nouveaux sur leur dialecte. Depuis le 6 janvier 1905, le Ropieur 
publie en feuilleton le Glossaire montois (18 12) de Philibert Delmotte 
(1745-1824); la lettre K paraît en ce moment. Cette œuvre considé- 
rable, que l'on exhume à juste titre, complétera les renseignements que 
le lexicologue trouve déjà dans les recueils de Sigart et de Letellier. — 
De plus, le Ropieur a mis au concours un vocabulaire des noms de fleurs 
et de fruits à Mons. Le Vocabulaire des noms de fleurs a paru dans les n 0B 
du 27 avril au 25 mai 1906; le second verra sans doute prochainement le 
jour. 

A Charleroi, le Coq d'awous — ainsi que nous le rappelions tantôt — 
offrait dès son apparition une prime al pus longue ricliye divis mots qu'on 
comince a roubliyi (27 janvier 1906); il a reçu et publié des listes de 
vocables curieux dans ses n 08 des 3 et 24 février, 14 avril et 21 juillet 
1906. — Dans le n° du 29 décembre 1906 et les trois suivants, il a 
commencé la publication d'un dictionnaire de l'Ouest-wallon, qui est un 
extrait de notre Vocabulaire-questionnaire, auquel il ajoute des exemples 
et çà et là un terme inédit. Cet essai de glossaire, qui s'arrête au moi ablayi, 
est dû au rédacteur en chef, M. Cambier. — M. Arille Carlier a continué, 
le 28 septembre 1907, cette publication en l'améliorant : le début qui 
vient de paraître dans les n' 8 des 26 octobre, 2 et 9 novembre 1 907, prouve 
que l'auteur est suffisamment préparé pour doter enfin le Centre du 
glossaire régional que l'on attendait depuis longtemps et qui arrêtera dans 
une certaine mesure l'altération croissante du carolorégien. 

C'est dans l'avant-dernier n° du Crèquion de Charleroi (22 décembre 
1906) que M. A. Carlier a lancé la première idée de ce glossaire. Après 
avoir montré par des exemples typiques que le dialecte du Pays Noir est 
tout aussi riche que ses voisins, il concluait : « Ce qui a préservé les 

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autres dialectes de la décadence, c'est l'existence de dictionnaires ou de 
vocabulaires précieux... Charleroi ne peut citer aucun nom... Aussi 
voudrions-nous combler cette lacune. Nous voudrions sauver de l'oubli 
toutes ces vieilles expressions de nos aïeules, tous ces vocables pitto- 
resques qui s'en vont un à un comme des feuilles mortes au vent d'au- 
tomne ». Par malheur, le vaillant Crèguion, après trois ans d'existence, 
expirait le 19 janvier 1907. — Il nous sera permis de regretter ici le décès 
prématuré de cet organe wallon qui, sans doute, — on l'a vu plus haut à 
propos de la question orthographique — ne fut pas toujours des mieux 
inspirés, mais qui, en mainte occasion, mit sa publicité au service de 
notre œuvre. 

Dans le Couarneu de Namur (24 mars 1 907), M. A. Carlier a reconstitué 
d'une manière très satisfaisante le texte d'une vieille chanson du XVIII e 
siècle, mi-française mi-wallonne, En revenant de la guerre. L'édition avec 
notes et variantes qu'il en donne, est le résultat d'une consultation que 
M. C. avait organisée dans cette même feuille. Le succès de sa tentative 
devrait encourager les autres organes wallons à sauver de l'oubli ces 
cantilènes « faites de simplicité et de poésie, et qui incarnent l'âme tour 
à tour rieuse et rêveuse de notre race ». 

M. A. Carlier — àqui décide ment, dans cette rapide revue, nousdevons 
décerner la palme de l'activité lexicologique, — vient de commencer, 
dans une feuille wallonne de LaLouvière ( Wallonnia dou Cenle, 26 octobre 
l 9°l)t I e Vocabulaire spécial employé aux carrières a" Ecaussines t où il 
complète ses articles que nous avons insérés dans le tome i er de ce 
Bulletin, 

A Liège, l'«altération du wallon * a fait l'objet de curieuses notations 
de M. Nicolas Lequarré et de M. Julien Délai le dans la Revue wallonne 
de janvier, février et mai 1907. — Le petit journal Lige qui reye est à 
son tour entré en lice avec On pau a" wallon (article de M. Jean Bury, 
15 janvier 1907). Sous la rubrique Nos lettes, ce dernier publie aussi 
depuis quelque temps des notes de lexicologie que lui envoient des 
correspondants. 

Grâce à ces concours divers, volontaires ou non, nos fiches se multi- 
plient et s'enrichissent. Nous estimons à 20.000 le nombre de celles qui 
se sont accumulées depuis un an dans nos dossiers et, si elles sont loin 
d'être toutes originales, il en est rarement une qui soit entièrement 
dépourvue d'intérêt. 



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— 101 — 

8. L'étymologie a également préoccupé certains amateurs de wallon, 
qui ont le grand tort d'aborder cette science périlleuse avec des idées 
préconçues et une préparation insuffisante. Ainsi, Y Ami de l'Ordre de 
Namur a publié, dans son supplément du 20 juillet 1895, un article inti- 
tulé La langue wallone, dialecte natuurois, et qui est un chef-d'œuvre de 
fantaisie réjouissante dans le genre grave. Oyez plutôt. Quelques obser- 
vations concernant l'orthographe et la prononciation nous apprennent 
que, « pour déterminer une orthographe raisonnée, c'est l'étymologie qui 
servira de guide ». Soit ! mais immédiatement après, l'auteur remarque 
qu'*il convient de supprimer, à la fin des mots, la plupart (?) des 
consonnes muettes et d'écrire, par exemple, fr umin, au lieu defrumint» ! 
Voilà certes de belle logique ! On nous dit aussi que « le wallon ou langue 
d'oïl est issue du celte, témoin ses nombreuses affinités avec l'anglais », 
et Ton présente au lecteur un petit glossaire étymologique, où nous 
recueillons au hasard ces perles : « bâcha, cercueil ; en italien bara. — 
balau, civière; en italien ôarella. — bou, bœuf; du grec bous, vocatif bou. 
— copiche, fourmi ; du lat. copia, abondance, foule. — tnespe, nèfle ; en 
flam. tni&pel. — neuge, noisette; du lat. nugae, bagatelle. — pètè voie, 
va-t'en ! du lat. pete viavi, gagne le chemin ! — spéces, épices ; en flam. 
specerij. — strain, paille; en angl. straw. — strègnc, rigide ; du lat. stre- 
nuus, actif, énergique; en angl. strength, force, énergie. — taufe, table; 
en ail. tafel. — vèckau, putois; en angl. fitchet ou fitchew) » etc. Décidé- 
ment, nous ne trouvons rien à glaner dans ces notes, dont on appréciera 
la haute fantaisie et, si nous nous sommes un peu longuement attardés à 
cet article, c'est parce que trop souvent, au cours de nos enquêtes, nous 
avons l'occasion d'entendre des propos aussi totalement dénués de cri- 
tique, quand nous nous adressons à des gens qui ont étudié les langues 
anciennes ou qui connaissent une langue moderne. L'important, nous ne 
cessons de le répéter, c'est de recueillir et de noter exactement les formes 
du langage parlé. Cela, — nos demi-savants finiront peut-être par le com- 
prendre — c'est faire œuvre scientifique. Recueillez ces formes dans les 
divers dialectes, il vous suffira bien souvent de les juxtaposer et de les 
comparer avec prudence, pour qu'aussitôt l'étymologie apparaisse lumi- 
neuse. Cette méthode comparative est la seule rationnelle. La rejeter 
pour remonter directement à tel mot grec, latin, flamand, allemand ou 
anglais qui évoque quelque ressemblance de forme et de sens, c'est se 
condamner le plus souvent à des erreurs grotesques. 



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— 102 — 

Signalons enfin, à titre de curiosité, cinq articles parus dans le Courrier 
de Huy (i er janvier, 25 février, 4, 8 et 22 mars 1906) sous le titre 
Flamand-wailon. Un amateur s'était naïvement étonné de trouver quantité 
de mots flamands dans les dialectes wallons ; il avait cité un certuin 
nombre de ces « emprunts faits par le wallon au flamand *, — où par 
exemple nous relevons rès/ire, râtelier, « emprunté du flam. graslier * ! 
Un autre correspondant, plus sérieux, s'est donné la peine de lui dé- 
montrer que la plupart de ces mots communs aux deux langues ont leur 
racine dans d'autres langues plus anciennes. — Un troisième s'est évertué 
à démontrer que « le wallon est plus ancien que le flamand » ! 

9. La Société a acquis deux manuscrits de grande valeur : le 
Dictionnaire namurois de M. Albert de Pierpont et celui de M. Boigelot, 
qui complètent tous deux le Dictionnaire de Pirsoul. Nous publierons 
prochainement sur ces ouvrages une étude de M. Alphonse Maréchal, 
professeur à l'Athénée royal de Namur. — De son côté, M. Feller 
analysera un Vocabulaire stavelotain manuscrit du XVIII e siècle, que nous 
devons à la générosité de M. Armand Weber, le bibliographe verviétois 
bien connu. 

10. Les n°* 3 et 4 de ce Bulletin (2 e année) paraîtront ensemble au 
début de 1908. On y trouvera la liste de nos correspondants et le 
relevé des communications reçues depuis janvier 1906. Nous ne 
voulons pas cependant remettre à plus tard le soin de remercier 
publiquement M. l'abbé Jos. Bastin, qui nous a donné les lettres C et D 
de sa précieuse «Copie du Dictionnaire malmidien de Vi 11ers (1793), 
augmentée de notes personnelles et de mots inédits tirés du Dictionnaire 
malmédien (1893) de Hubert Scius ». La copie des quatre premières 
lettres que nous devons à M. Bastin, est enrichie de 316 mots nouveaux 
extraits du Dictionnaire de Scius et de 121 mots nouveaux appartenant 
au vocabulaire de Faymonville-Weismes. On peut ainsi se faire une idée 
delà valeur que représentera la copie de l'œuvre complète. Aussi, nous 
ne pourrions assez rendre hommage au zèle intelligent de notre infati- 
gable collaborateur. 

11. La 2 e réunion des Correspondants du Dictionnaire a eu lieu au 
local de la Société, le samedi 29 décembre 1906. L'abondance des 
matières nous force à en remettre le compte rendu au prochain numéro. 



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BULLETIN 

nr 

Dictionnaire générai de la Langue wallonne 

publié par la Société liégeoise de Littérature wallonne 



2 e année. — 1907 N°> 3 et 4 



ARCHIVES DIALECTALES 

7. Le Lait 

[Dialecte de Clermont-Thimister (pays de Hervé)] 

On réunit les vaches dans un petit enclos spécial appelé moû- 
drêye et situé d'ordinaire dans la prairie la plus proche de la ferme, 
assise ou wcdc al mâhn ('). Cela s'appelle tchèssî lès vatches èl 
moûdrêve. 

.. Le tnoûdeù ou la moûdrèsse place son petit escabeau, kame, du 
côté droit de la vache, de dreût costé. Il commence par atrcre la 
vache, c'est-à-dire faire venir les premiers jets de lait : one vatche 
màlàhcye a-z-atrâre. 

Vous le verrez alors moûde creûht, c'est-à-dire prendre d'une 
main le trayon {tète) antérieur droit et de l'autre main le posté- 
rieur gauche, puis inversement. 

Il ira vite pour obtenir de la mousse, moûde reâd po fé samer 
r lèssê. S'il n'obtient pas de mousse, on dira du trayeur qu'il 
moût de lèssê d 1 tchèt } ou encore qu'il moût corne 6 moût lès gades, 
parce que le lait de chèvre ne mousse guère pendant la traite. — 

(*) Liég. mohone, maison. — Nous rappelons que la dénasal isat ion de 
-on et parfois de -/« est le caractère le plus prononcé du dialecte hervien. 
Ainsi ô moût— on trait : dès f es rindôs se dirait en liég. dis fins r indons, etc. 

8 



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- î04 - 

L'expression corne 6 moût lès gades, employée au figuré, signifie 
aussi faire quelque chose à rebours, parce que, pour traire les 
chèvres, on se place du côté gauche. 

Ploketer se dit d'un apprenti trayeur : i ploketêyc ! ou bien 
lorsque les vaches donnent peu : ô //' fait pus quu d } ploketer ( 1 ). 

Observez l'importance du jet de lait ou rindô [à Jupille : trait 
d' lèssê] ; s'il y a dès làfyes r indus (de gros jets), la vache est facile 
à traire, elle est b\en forêye (forée, percée); si vous n'obtenez que 
dès fés rindôs (des jets minces ou fins), la traite est plus labo- 
rieuse. 

Le moûdeû a le plus grand soin de bien vider le pis (pés) : ifât 
bé rapioketer V fyèrin lèssê ; àèst lès fyèrins rindôs lès mèyeûs : 
il faut bien recueillir goutte à goutte le dernier lait ; ce sont les 
derniers jets les meilleurs. 

Autrefois, dit-on, on ne vidait pas complètement le pis. C'était 
seulement après avoir trait toutes les vaches qu'on faisait le 
raploketèfye , c'est-à-dire qu'on achevait la traite de chaque 
vache ( 2 ). Ce lait recueilli en dernier lieu servait à la fabrication 
des fromages très connus appelés r mondons 

Le lait est reçu dans un seau (sèyé) f soit en blèh (fer battu 
étamé; ail. blech), soit en pête (fer blanc étamé), soit en bois. 

La moûdêye est ce qu'une vache donne en une fois. Le lait que 
toutes les vaches d'une ferme donnent en une fois est dénommé 
Veûrêye (« heurée »). C'est so Veùrêye d'à dîner qu'ivét lès pris bèlès 
crinmes : c'est sur le lait trait à midi que vient la plus belle crème. 

(*) Ce mot — dont le correspondant français serait * pelucheter » — 
est intraduisible. Il signifie «tirer ou recueillir par petites quantités*. Il se 
dit de l'action d'égrapper, d'éplucher une grappe de raisin ou de houblon, 
d'enlever les brins de chardon attachés à la laine, etc.. d'où au fig. bec- 
queter, manger à petits morceaux ; prendre du bout des doigts. Le 
tendeur qui ne prend qu'un oiseau de temps en temps hors d'un vol 
nombreux, dira aussi : on ploketèye ! Cf. Gggg. v° ploki, et ci-après 
rapioketer. 

( s ) Remaclk - traduit rapioketer par « traire une seconde fois ». Cf. 
( !<;<*(*. II, 237. 



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— io5 — 

On vous dira que c'est un bon mottdèfye (façon ou procédé de 
traire) de monde trois fois par jour, du fi treûs eûrêyes. — Moû- 
dèfye signifie aussi action de traire : /// moùdèfye dès proumioûles 
(primipares) est sovint màlàhi. 

Su rèsbate = donner plus de lait que d'habitude. Mes vatches 
su rèsbatèt è tvayé (regain). 

Rutrêre = donner moins de lait : les vatches rutrêyèt\ ile sût 
r'trêses. [A Fléron : .... ritirèt \ . . . . Stirèyes. A Jupille, si ras- 
sètchi : mes vatches sont rassètchêyes di di pintes , donnent dix 
pintes de moins par jour.] 

Une prairie dont l'herbe fournit aux vaches beaucoup de 
]ait ; fèst-one wêde qu'est îêtiante. On dit d'un bien dont les 
prairies ont cette qualité : àèsM bé fwêrtïêtiant] et d'une vache 
qui donne beaucoup de lait : c'èst-one dôrèsse, one fameuse 
dôrèsse. 

On présume qu'une vache sera bonne laitière quand elle pré- 
sente bien larges et bien développés le trô d 1 lèssê, la vône à lèssê 
et le mureû ( — l'écusson). — Le trô d } lèssê est anatomiquement 
le point où la veine mammaire antérieure {vône à lèssê) cesse 
d'être sous-cutanée. — Five du lèssê = fièvre vitulaire. 

Les sèyês d } lèssê sont rapportés à la ferme au moyen d'un 
hàrkê (*) ou pwèterè (« portereau »). 

Le lait rentré à la ferme, on le refroidit aussitôt en plongeant 
les seaux dans un batch du pire (auge de pierre) ou dans un côpé 
(demi-tonneau) d 1 frisse êtve. 

Quand il a pris sensiblement la température de l'eau, on le cole 
(coule), c'est-à-dire qu'on le passe à travers un coleû (couloire, 

(}) En franc, gorge : pièce de bois qui s'applique sur la nuque et sur 
les deux épaules, tandis que la palanche, en \v. coûbe, ne se pose que sur 
l'épaule droite. — A Thimister, on appelle encore puètciê tout bois qui 
sert à porter, et spécialement pwèterês deux petites perches, pointues d'un 
côté : on les glisse sous de petits tas de foin que deux personnes trans- 
portent comme sur un brancard. — Sur hàrkê, voir ci-après les Notes 
cCêtymotogie. 



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— io6 — 

tamis) ( l ), d'où il s'écoule dans une tène (cuvier), que l'on va porter 
dans la dispinse (dépense ; pièce dont, ordinairement, la moitié 
inférieure se trouve en dessous et la moitié supérieure au dessus 
du niveau du sol); s'il fait trop chaud, on la porte èl cave, dans 
la cave. 

La Une ne sert qu'au transport, car directement le lait va passer 
dans les crameûs (terrines, pla tôles) : 6 V met sir (seoir, reposer) 
divins les crameûs, que l'on place sur les botiques (sorte de rayons 
d'étagère). [A Fléron, ans assit V lèssê.~] ( 2 ) 

Le lendemain, /// crimne est môtêye, la crème est montée. On 
•crame (écréme), soit avec le doigt, soit avec une cratnioûIe ? 
petite planchette flexihle qui retient la crinmc dans le crameû et 
laisse passer sous elle le cramé lèssê. Cela s'appelle parfois fé 
V cramèdfe, faire l'écrémage ( 3 ). 

Si on laisse sir le lait trop longtemps, il devient sûr, i-asorih, 
et se caille, i print ou ; toûne : c'est de pris lusse, du lait caillé. 

Du crameû, la crème passe dans le tnoûdeû et, pour ne rien 
laisser se perdre, on rose (racle); on peut roser [Fléron : rèser] 
avec le doigt ou mieux avec une rosàte. La rosète, que l'on pro- 
mène à l'intérieur du crameû pour faire avancer la crème, consiste 
en un morceau de caoutchouc gris tenu dans une armature métal- 
lique. 

Le moûdeû, que l'on appelle aussi moûssi, est un grand pot dont 

(*) Comparaison : ; beùt corne on coleù. — Devinette : qui est-ce qu'est 
P pus sot de tnanèfye? Le coleù, qui laisse passer le lait et garde les 
impuretés. 

('*) Com parai son \ dès lèpes corne dès fa'èrds du crameû ~ de grosses 
lèvres. 

( 3 ) A Fléron on dit aussi cramé lèssê et parfois cramàre ou crameure : 
dinez-me dcl cramâre. — Nous ne croyons pas devoir parler ici de récré- 
meuse dite centrifuge, dont l'introduction est relativement récente. — 
Certains disent : lu lèssê crame, pour indiquer la montée de la crème; de 
même lu 6ire. crame, la bière mousse. Toutefois, cette acception du v. 
cramer est formellement contestée par d'autres. -- Cramé, au figuré, 
signifie avare. 



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— • 107 — 

la contenance varie d'après le nombre de fleurs imprimées sur sa 
panse : moùdeû a one fleur } a de lis ou a treus fleurs ('). 

Moûdeû a donc deux significations : i. récipient ou son 
contenu : ô moûdeû cP crinme ; 2. celui qui trait. — De même 
crameù signifie : i. récipient ou son contenu : 6 crameù d 1 lèssê \ 
2. -celui qui écréme. Dans le second sens, on dira par exemple : 
one abèye moûdrèsse } 6 rude crameù. 

Lêtrêye (laiterie) a plusieurs significations : i. tout le travail 
du lait : /// lêtrêye, ccst d } Vovrèfye\ — 2. les produits de ce 
travail (beurre, fromage) : fé dèl boue lètrèye; — 3. le bâtiment 
où se fait en grand le travail du lait ou celui où on le débite : 
miner s* lèssê al lêtrêye (*). 

Tout instrument qui a servi à une opération de laiterie doit 
être rnhùdéy c'est-à-dire passé à l'eau- bouillante, et à cet effet 
chaque ferme possède une tchùdi (chaudière) a r^hôder. 

D r S. Randaxhk 

K. Lès djusses â lèssê 

[Dialecte liégeois] 

[D'une étude documentée sur les poids et les mesures du vieux Pays 
de Liège, due au Président de notre Société, nous extrayons les lignes 
suivantes, qui complètent certains détails de la notice précédente. 
L'étude complète paraîtra dans l' Annuaire de 1908.] 

De vi timps, ine djusse à lèssê ou al bire tinéve ùt qvvàtes ; 
lès djusses a l'ôle tinit quatwaze qwâtes et 'ne sopène, et lès 
pus grandes, qu' on louméve dès stîs, tinit vint'-qwate qwâtes. 
[Ordonance de 5 di djanvir 1689, p. 135]. 

(*) Voir l'article suivant. — Devinette : qui est-ce qu'a iès dints à cou / 
Lu moûdeâ, parce qu'.* le bord inférieur est dentelé. 

( a ) Croyance populaire : qwand vos cfnez dèi /êtrèye, fez-v' lodi d'ncr ô 
f>.h'eminf, si p'tit qu'i seûye t po qu'à «' vus fyewe non mâva tour. Voy. une 
autre croyance dans Boni', Voc. desagric, v° /essai (Htttl. 20, 109). 



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— io8 — 

Lès djusses èstit faites di keùve et pus tard di stainné fier. 
Èle èstît a pô près 1' mwètèye pus streûtes â fond ou so li d'zos 
qu'èl panse. Dizeû Y panse, èle si rastreùtihît po fé 'ne espèce di 
bûse di cinq' si pôces di haut so 'ne qwatrinne di lâdje. C'èst-è 
cisse bûse-la qu'on mètéve li covièke a fwèrt longs bwèrds, afin qu'i 
n' sipritchasse rin foù dèl djusse tôt l' pwèrtant, min me qwand f le 
èsteût plinte. L'orèye po l' pwèrter aléve dèl panse disqu'al 
copète. Oûy on fait co dès djusses ; totes lès martchandes di lèssê 
ènn* ont, mins on n' lès wèsereût pus fé qu' èle tinèsse otetant 
d' pintes ou d' lites. 

Lès prumis sèyês èstit d' bwès et cèclés d' bwès : c'èsteùt lès 
tonelis qui lès fit ; on sèyê d'adreût t'néve dî qwâtes. C'èst-avou 
dès s'-faits sèyês, bin r'hurés â d'vins et â d'foû, qu'ons aléve 
moûde lès vatches : c'est coula qu'on lès louma moûdeùs. Pus tard, 
on lès ceci a d' keûve, adon-pwis èl pièce di sèyês d' bwès, ons eût 
po moùde dès cis d' keûve a bûse et dès cis di stainné fier, 
qu'on louma dès êivis. 

Divins lès grandes cinses qu' avit dès dîh-ùt', dès vint' et dès 
vint'-cinq' vatches, i n'èsteût nin possibe di rapwèrter l' lèssè al 
mohone avou deûs sèyês et on hârkê : i-âreût falou trop' di 
moûdrèsses, et d'ordinaire i-ènn' a qu'deùs, râremint treùs. Voci 
çou qu'on fit : ons eûrit corne vos dîriz 'ne gtande djusse di 
keûve a deûs manotes sôdêyes àd'dizeûr dèl panse. C'èsteùt 
1' coîeû qu' li sièrvéve di covièke. Fait' a fait' qu'on moùdéve, on 
coléve H lèssè tôt l' tapant èl grande djusse. Adon lès deûs moû- 
drèsses èl rapwèrtît inte leùs deûs avou leù vu séyê è Faute main. 
C'est cisse grande djusse la qu'on louma on moùdeû, et V no passa 
minme â moûssi ou pot â boûre, qui l'a wàrdé. 

Ces pots-la, qu'ont lès dints â cou, corne dit l'ad'vina, vinît et 
v'nèt co de costé d' Francfort so V Main : i sont faits d' tère, 
breune à-d'foû, grise â-d'vins. I-ènn' a d' treûs grandeurs : 
lès p'tits ou lès cis a 'ne fleur, qui t'nèt trinte lîves di boûre ; lès 
èmétrins ou a deûs fleurs, qu' ènnè t'nèt quarante, et lès grands 
ou a treûs fleurs, qu' ènnè t'nèt cinquante. 

N. Leçjuakkk 



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— ÎOQ — 

9. Li Manôye à vî Payis d'Lidje 

[Dialecte liégeois] 

Sins V gros lîve qui P baron Jules de Tchèstrèt d' Hanèfe a 
scris, Pan 1890, sol manôye à vî Payis d 1 Lidje( 1 ), i n' f reût 
nin a s' ritrover d'vins lès manôyes d'avâ cial de timps passé. 
Et minme, avou ci savant live la, ons a co dèl ruse de tirer 
l'afaire â clér, pace qui, so on pô pus d' noûf cints ans, nos avans 
oyou co pus d' cinquante princes-èvèques qui bâtît manôye ; 
qu'on 'nnè fôrdjîve divins tôt plein dès pièces, corne a Lîdje, a 
Curindje tôt près d' Hasse et pus tard a Hasse, a Dinant, a Fosse, 
a Hu, a Mâsék, a Mâstrék, a Saint-Trond, a Tongue, a Twin. 
et a Visé ; et qu'on î fève dès pèces di tote sôr di cognes, avou 
Ps armes di Lîdje, dèl Hèsbaye, di Duras', di Moha, dèl Cam- 
pène, di Horn, del Condroz, di Bouyon, wice qu'on frawtinéve 
voPti, pace qui ç' n* èsteùt nin tère d'Ampire— et de payis d'inte 
li Sambe et P Moùse. 

Come vos P vèyez, c'èst-a s'î piède. 

Ci n' sèreùt co rin s'i n'aveût oyou è payis qui P manôye dèl 
Principauté, mins i nos d'meûre co traze et traze ôrdonances 
dès princes-èvèques et dès Cris d' Pèron qui marquèt a k'bin 
qu'ons èsteùt oblidjî di r'çùr difèrinnès pèces d'ôr et d'ârdjint dèl 
Bavîre, dèl Bourgogne, di Cologne, di Djuliér, di l'Espagne, dèl 
Flande, di France, dèl Guèle, de Hinnaut, d'Inglitère, de 
Luxembourg, di Nameùr, di P Au triche, de Portugal, d'Utrèk, 
et dès autes et dès autes. 

C'èst-on fou grand ovrèdje di r'qwèri tôt coula et i mèl fàrè bin 
lèyî po pus tard et n 1 diviser oûy qui dèl manôye di Lîdje de 
timps d* nos treùs ou qwate dièrins princes-èvèques. 

Mins i-a co 'n-aute hame èl vôye : c'est qui P no d' quéquès 
pèces a candji d' valeur avou lès annèyes. 

( l ) Numismatique de la Principauté de Liège et de ses dépendances 
(Bouillon, Looz), Bruxelles, 1890, in-4 u . 



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— I 10 — 

Lès viles djins savèt co bin çou qu' c'èsteùt in-aidant et on 
patâr vola passé cint ans. À réz', po l'ci qu' l'âreût roùvî, i-a 'ne 
tchanson di tos bwègnès rapwètroùles qu 1 ènnè wàde li sov'nance : 

Qwate aidants c'èst-on patâr ; 
L'ârdjint est fait po rôler ; 
L' ci qu' va-t-a dj'và so 'ne èk'nèye 
S' fait pus nâhî qu'à roter. 

In te nos autes seùye-t-i dit, li ci qu'a scris ces rôyes-la ni s* do- 
téve wère qui 1' deûsinme mitan de dih-noùvinme siéke vièreût 
dès ciclisses a cavaye so 'ne monteûre qui n' ravise nin co si ma 
ine èk'nèye, po li spèheûr de mons. 

Disqu'a Tan saze cints on n' diviséve nin d' patàrs è payis 
d' Lîdje. Çou qu'ons a loumé dispôy on patâr, d'avance on Y lou- 
méve in-aidant, corne on s'ènnè pout âhèyemint assurer d'vins 
'ne cinquantinne di Cris dès Manôyes â Pèron d" Lîdje dispôy 
l'an 1477 disqu'â ùt' di djun 1600 et qu'in-imprimeûr, Guiyame- 
Hinri Streel, « imprimeur de son Altesse sérénissime », a ras- 
sonlé d'vins on live di l'an 1675 ('). Ces aks-la réglèt po k'bin 
d' florins et d'aidants d' Lîdje i faléve prinde télés et télés pèces 
d'or et d'ârdjint dès autes payis. 

Li Cri d' Pèron de ùt' d'octôbe di l'an 1600 fait treùs fèys li 
rapwètroûle in te li manôye di Lîdje et Y cisse dèl Braibant. 
Vo-nnè-ci eune dès treûs : « Le Florin d'or forgé sur le pied 
« du St-Enipire a onze flor. liég. et huit aid. et cinquante-sept 
« patars monnoye de Brabant ». 

57 patârs ou 2 florins et 17 patàrs dèl Braibant valît don 11 
florins et 8 aidants ou 228 aidants d' Lîdje. Come 57 est tôt djusse 
li qwârt di 228, on florin dèl Braibant valéve qwate florins 
d' Lîdje et on patâr braibançon qwate aidants lîdjwès. 

Oèst-âhêy a comprinde, come nosse planquèt Hinri Simon fait 
dire a Kinâve divins « Brique et Mwèrtî ». 

(*) Èdits et Publications des Monnayes, etc. Liège. 1675, petit in-4 . 



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— III — 



Mins, çou qui n' lot nin d'imbarasser fwèrt, c'est qui, sins noie 
èsplicâcion de monde, lès Cris d' Pèron d' Lidje qui sùvèt, a 
parti de 20 di fèvrir di Pan 1601, ni marquèt pus 1' valeur dès 
manôyes d'â-d'foù avou dès florins et dès aidants d* Lîdje, mins 
avdu dès florins et dès patârs dèl Biaibant. 

Coula s 1 passéve de timps d'Ernest di Bavire. Pusqui nos 
copinans, vos r'marquerez qui dj' nèl dilome nin prince-èvèque 
di Lidje. Voci poqwè. 

C'èsteùt V saison qu : l'église di Lidje, corne lès cisses di tos lès 
diyocéses de wèsinèdje, aveùt a t'ni lès protestants a gogne. Tote 
li sogne dès catoliquçs èsteùt qu'in-èvèque ni tapahe li cote sol 
hàye — corne li cas s'aveût dèdja présinté è l'Alemagne — qu'i 
n 1 si mariahe et qu'i n' fihe dès bins d' si-èglîse ine propriété 
laïque qui passereùt a ses èfants. Tôt 1' monde sét qu' c'èst-ainsi 
qui V Prusse a k'minci vola tôt asteùr qwate cints ans. C'est po 
coula qui, tôt wice qu'ons aveùt a r'crainde ine afaire parèye, lès 
tchènônes tchùsihit po lès posses d'archèvèque ou d'èvèque dès 
fis, dès frés ou dès nèveùs d' grands signeùrs qui passit po dès 
ornes sûrs, pace qui leù famile èsteùt rik'nohowe tôt costé corne 
fleur di catolique. Mins dès s'-faitès familes, ènn' aveùt nin a 
r'dohe et, po prév'ni 1' dandji, on n' si djinna wère d'aler conte 
lès pus anciènès lwès d' l'Eglise, tôt lèyant d'mani laïques lès 
grands signeùrs qu'ons aveùt tchûsi corne èvèques et, çou qu'èst- 
ossi pés, tôt l'zî pèrmètant d'avu d'vinslès mains deûs' treûs qwate 
diyocéses d'on côp et téle-fèy co pus. Portant tos lès cis qui k'no- 
hèt on pô I' roudrouhe, savèt bin qui, lot parèy qu'in-ome ni 
pout avu d'on côp deùs feumes d'adreût, in-èvèque ni pout èsse 
al tièsse di deùs diyocéses, pusqu'il est marié a si-église, come si 
rond d'ôr èl mosteûre. Et c'est si bin ainsi qu'èl Rûssèye, wice 
qui lès popes ou lès curés d'avàr-la divèt èsse mariés po-z-avu 
'ne keùre et 1' wârder, in-èvèque, lu, marié a si-église, èst-oblidji 
d'èsse et di d'mani djonne-ome : c'est d'vins lès covints qu'on lès 
r'crute. 

Po 'nnè riv'ni a Lidje, Ernest di Bavire èsteùt archevêque di 



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— 112 — 

Cologne, èvèque di Lidje (1581-1612), di Frèsingue (ou Frei- 
singen, èl Bavire, so l'Isâr, a sèt' bonès eûres di Mùnik), di 
Hildeshem (ou Hildesheim, oùy èl Prusse, a cinq ou sih eûres di 
Hanôve), di Meùstèr (ou Munster él Wèsfalèye) et abé dl Stàve- 
leû. Si nèveù quel rirnplaça a Lîdje di 161 2 a 1650, fourit ossu 
archevêque di Cologne, èvèque di Lîdje, di Hildeshem, di 
Meùstèr et d 1 Paderborn, sins èsse priyèsse nin pus qui s* mon- 
nonke. Mins l' treûsinme duc di Bavîre, Miyin-Hinri, nèveû da 
Fèrdinand,qui fourit ossu archevêque di Cologne, èvèque di Lidje, 
di Hildeshem et d'Meûster disqu'â 3 d'djun 1688, si fit consacrer 
èvèque in-an et 'ne qwinzinne di djoûs après avu rimplacé 
s' monnonke, mins i n'è vala nin bècôp mis pol case. C'est lu, 
avou s'fameûs réglumint d' 1684, qui r'hapa tos leûs dreûts as 
trinte-deûs mèstîs. 

Vo-nos-Ia bin Ion èri d'Ernest di Bavîre et de mandemint qu'i 
fit l'an 1606 po fé k'nohe qu'i-aveût fait fôrdji 'ne noûve manôye 
di keûve qu'èsteùt on vrèy patâr, mins qu'i louméve todi 
'n-aidant, màgré Y candjemint d' 1601. Voci çou qu'i d'héve : 

« Savoir faisons, come pour la commodité de nos subjets, avons 
» fait forger par nostre monnoyeur de Liège certains deniers de 
» cuivre d'un aidan liégeois et autres de douze sols liégeois avec 
» notre effigie d'un costé et nos armoiries de l'autre, ordonnons 
» partant a tous et chacun manans et surceans de cestui nos- 
» tredit payi de Liège a tel prix les recepvoir et laisser avoir 
» cours sur peine de trois florins d'amende a appliquer comme 
» de coustume, a quel eftet ordonnons et commandons a nostre 
» souverain mayeur et son lieutenant de faire publier ces te, 
» mettre en garde de loi ( [ ) et la faire estroitement et inviola- 
» blement garder, car nostre plaisir est tel et sérieuse volonté. » 

Ine vintinne d'annêyes divant, on prince-èvèque n'àreût wèsou 
bâte manôye sins prinde l'avis dès tchènônes et dire qu' i l'aveùt 

( l ) Li mandemint est de 16 d' avri ; li cour des êchèvins l'me-ta 
al wâde li 18. 



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- H3 — 

pris, et i n'àreùt wèsou dire as Lîdjwès : vos f'rez tel et télemint, 
pace qu'i m' plait. 

C'est mutwèt pace qui lès princes di Bavîre qui lès tchèaônes 
di Saint-Lambiè nos avit d'né corne maîsses, fit si bin a leû 
manire qui nos n' trovans d'vins lès vis écrits nou poyèdje di 
mandemint qu'âreùt candjî lès aidants d'Lidje a patàrs. À réz' 
l'afaire si fit di p'tit a p'tit in te 1600 et 1650. À k'mincemint, on 
meta « florins et patàrs dèl Braibant », et al longue de timps 
« patàrs di Braibant, manôye di Lîdje », po fini avou 1' drôle di 
no « patàrs di Braibant- Lîdje ». 

Qwand 1' manôye di Lîdje fourit assiowe vès 1720 pon' pus 
wère bodji disqu'al Rèvolucion francèse, voci k'mint qu'on 
comptéve et qu'on payîve avâ cial. 

L'unité d' manôye a Lîdje èsteût 1' florin, on no qui vint d'Ion 
et d'haut, pusqui lès. pmmîs, qu' èstît dès pèces d'ôr, ont stu 
fôrdjîs a Florance, en Etalèye, l'an 1252. On 'nnè fit bin vite 
quâsî d'yins tos lès payis. Ci fout li rwè d' France saint Louwis 
qui k'minça, lès au tes sùvît, et, bin de timps à Ion, on louma 
totes lès pèces d'ôr dès florins. Oûy èco li 110 d' florin d'ôr a 
d'manou as djènès fleurs di sâvadje cécorêye qui crèhèt d'vins 
nos wèdes. Corne lès pèces d'ôr d'à saint Louwis avît on feu d' lis 
de costé d' pèye, i-a dès cis qu'ont pinsé qu' c'est po coula qu'on 
l's a loumé florins. Eco fâreût-i savu s'on 'nn' a batou d'vant 
1252. Totefwès Florance n'est po rin d'vins 1' no dès florins. 

Après lès florins d'ôr, on fôrdja dès cis d'ârdjint : c'èst-011 s'-fait 
qui fourit l'unité pol manôye a Lîdje. Qwand c'est qui l' Rèvo- 
lucion nos eût apwèrté 1' franc et lès çantimes, on taxa Y valeur 
d'on florin d' Lîdje a on franc vint-on çantimes et cinquante-si 
cin tînmes di çantimes. 

On florin d' Lîdje si louméve à pus sovint on càrlus'. Dji n'a 
polou trové disqu'asteùr si 1' 110 vint dès Carolus qui li rwè 
d' France Tchàle VIII a fait fôrdjî et qu'on louméve on blanc, ou 
bin d'aute pâ. 

Li cârlus' di Lîdje valéve vint patàrs et, d'vant l'an 1600, corne 



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— ii 4 — 

nos l'avans dit, vint aidants. C'est dèl Braibant, n' l'avans vèyou, 
qui T no d' patàr a v'nou a Lîdje. I-ènn' a qui volet qui 1' mot 
patâr sèreùt Y no tihon Peter ou Pire, on pô mèsbrudjî, et 
qu'ons âreût d'né a 'ne manôye qu'aveùt d'on costé lès deùsclés 
d' saint Pire è creùs. Mins i fâreût prover qui 1* mot patâr est 
flamind, et d* vins Y timps lès tihons dèl Braibant dihît stuyver po 
ou patâr. Scheler è Dictionaire da Grandgagnage dit : « Patâr 
est une déformation de fi a tac, qui est le primitif de patacon ». 
Mins dj' nèl pou creùre, tant l'difèrint est grand inte on patâr 
et on patacon, corne nos Y vièrans tôt asteùr. 

Divant ï6oo, on patâr dèl Braibant valéve qwate aidants 
d* Lîdje, qu'ons aléve bin vite loumer dès patârs tôt l'zi faut 
piède lès treùs qwàrts di leû valeur. Mins Y patâr, raminé 
ainsi a on vin tin me de florin ou de cârlus' di Lîdje, vala todi 
qwate aidants, qui n'èstît naturélemint pus qui Y qvvàrt di çou 
qu'avît stu. 

Avou Y tarif di vès 1800, l'ancyin aidant d' Lîdje ou patàr valéve 
siçantimesètsèptante-ùt mèyinmes di çantime [6 e 078], et l'aidant, 
qu' ènn' èsteùt l' qwârt, on pô pus d'on çantime et d'mèy 
ou I e 5195. 

Divins l' timps, i-aveût faiou vint'-qwate sôs po fé 'n-aidant 
d' Lîdje et mutwèt fôrdjîve-t-on adon dès pèces di keûve d'on sô, 
màgré qu' dj' ènn' âye oyou a parler noie pâ. Mins, s' èle èstît 
p'tites, èle ârit co stu apougnâves assez, pusqu'avou 1' tarif di 
1800, tchaskeune âreut valou on pô pus d'on qwârt di çantime 
ou o c 2533. 

Mins, qvvand c'est qu' l'aidant d' Lîdje fout d'toumé â qwârt 
d'on patâr di Lîdje, on n' poléve pus sondjî a fé dès pèces d'on 
sô, et on s'eontinta d' bâte dès cisses d'on d'mèy aidant, qu'on 
louméve dès doze-sôs. 

È francès, qwand on voléve dire être sans argent, on d'héve : 
t? avoir pas un /fard ou n'avoir pas un rouge liard, et oùy n'avoir 
pas un centime. Divins l' timps, on Lîdjwès âreùt dit parèy : 
fyi n'a nin on doze-sôs sor mi ou, po-z-ablâmer 'ne saqwè : tyi n'è 
iionretï nin on doze-sôs. 



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— il; — 

Ainsi, po racotcheter tote l'afaire, de timps d'nos dièrins 
princes-èvèques, on cârlus' valéve vint patârs; on patâr, qwate 
aidants, et in-aidant, vint'-qwate doze-sôs. 

Mins quélès pèces aveùt-on ? Tôt k'minçant po li d'zos, on 
'nn' aveùt d' treûs sors : dès cisses di keùve, dès cisses d'ârdjint 
et dès cisses d'ôr. 

Lès pèces di keùve èstît : li doze-sôs, l'aidant, li pèce di deûs 
aidants et 1' patâr. A Lîdje, on louméve li pèce di deûs aidants ine 
boithe, d'après V tîhon busch, qu'èsteût 'ne pèce a pô près parèye 
d'Ah ou Aix-la-chapelle. El Braibant, li bouhe estent on fyigot. 
On s f a sièrvou quéque timps d' ci mot-la a Lîdje, et, si dj' tin 
bin, c'est co oûy a Nivèle on çantime. 

Lès pèces d'ârdjint èstît l' blanmùse, li skèlin, li dobe sikèlin 
ou cârlus', ètrpatacon. 

Ine blanmùse valéve cinq' patârs ou Y mitan d'on skèlin. 
El manôye d'oûy, ci sèreût on pô pus d'trinte çantimes ou 
30 çantimes et 39 cintinmes. Grandgagnage fait v'ni l 1 mot dèl 
Wèsfalèye, wice qu' aveùt 'ne pèce d'in-ùtinme di dâlèr — 
qu'âreùt valou cial ine blanmùse et d'mèye — et qui tiréve si no 
di s T coleûr : blaumuescr, bleùve manôye, pace qu'èle èsteùt faite 
d'ârdjint et d'êk (ink, zinc) fondous èssonle ou d' composicion. 
On scrèy li no d' treûs ma n ires : blanmùse, blamùse et blâmùse. 
Corne lès blanmùses èstît fwèrt tènes di tèye, on lès louméve 
quéquefèy dès plaquètes. 

Li skèlin valéve dî patârs ou. è nosse manôye d'oûy, swèssante 
çantimes et sèptante-ùt cintinmes, ainsi quasi swèssante-onk. 
C'est co on mot tîhon : schelling f qui vout dire ine saqwè qui 
hil'tèye, de verbe scheilen, hil'ter, soner. Lès Inglès 1' dinèt co 
oûy a eune di leùs pèces d'ârdjint, qui vât on franc et on qwârt, 
corne li mark d'Alemagne : c'est Y shilling ou chèlin. 

Li dobe sikèlin, c'èsteût Y florin ou 1' cârlus', qui vâreût oûy on 
franc vint-on çantimes et cinquante-si cintinmes. Dj'a corne ine 
dimèye îdêye qui lès Lîdjwès ont d'né 1' no d' cârlus' â florin 
d' Braibant qwand c'est qu'a v'nou è leû payîs, po 1' distinguer 



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— n6 — 

dès florins d' Lidje, çou qui lèreùt co bin supôser qui P no pro- 
vinreùt d* Pimpèreùr Charlè-Ouint, et, qwand les deùs florins 
ont stu parèys, li no d' càrlus' a d'manou à florin d' Lidje. 

Çou qui m' fait pinser ainsi, c'est qui 1' minme afaire a-st-arivé 
de timps dès Holandès. Leûs pèces d'or di dî gulden ou florins 
ont d'manou è nosse payis bin dès annèyes après P Révolution 
d' Tan Trinte. Dj'ènn'a vèyou coitraze et traze è bureau d'à 
m' père et on n' lès louméve mây qui dès pèces di di cârlus'. On lès 
loukîve todi avou 'ne grande atincion, pace qu'èle valît on franc 
et saze çantimes di pus qu' lès napolèyons, qu'avît pris P pièce dès 
louwis d'ôr. 

Ad'dizeûr de cârlus', li pus grosse pèce d'ârdjint de payis èsteût 
P patacoH, qui valéve qwate cârlus'. Li patacon èst-ine manôye 
qu'a v'nou d' l'Espagne divins lès Payis-Bas et èl Franche-Comté, 
c'èst-ine saqwè d'sûr. Cèsteût 'ne piasse espagnole. Dj'a léhou 
— dji v's èl rind po çou qu'i m' cosse — qui P no espagnol 
patacon sèreût on mot arabe : bâ tdca, mètou po abou tâca, qui 
vout dire paire dèl finièsse, pace qui lès Arabes ârît pris po lès 
deûs montants d'ine finièsse lès colones d'Ercule qu'èstît r'pré- 
sintêyes so cèrtinnès manôyes d'Espagne. 

A Lidje, lès p'titès djins et minme lès bordjeûs ni k'toûrnît 
wère lès pèces d'or. Lès cisses d'ârdjint èstît pus apougnâves et 
fit pus d'haut. C'est sùremint po coula qu'on d'héve d'in-ome, 
qwand on P loukîve po ritche : Cï/a, z'-a dès patacons. 

Lès corones di France ou écus de six livres passit à pus sovint 
a Lidje po cinq cârlus' tôt ronds qwand n' 'nn' aveût qu'eune. 
Mins, d'après Pcri d' Pèron, avou P piète d'on payis a l'aute, èle 
ni valit djusse cial qui qwate cârlus' et dih'-nouf patârs, et on 
n' mâquéve nin d' discompter Ppatâr qwand c'est qui Ppâyemint 
'nnè valéve lès ponnes. Lès d'mèyès corones ou écus de trois 
livres passit a l'advinant. 

Po lès corones di Braibant ou corones dèl Rovène — dji 
m' mâdjènequi cisseRoyène la èsteût Marèye-Tèrése d'Autriche — 
on lès prindéve a Lîdje po qwate patàrs di mons qu' lès corones 
di France. Cèsses-cial èstît lès pus comeunes et on lès louméve 



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— Ii7 — 

simplumint corones, corne on dit oûy «riqwèri 'ne corotie a Patine 
po-z-aler tirer dèl milice ou dèl rèquisicion » (voy. note, p. ico). 

Po lès pèces d'or, s' on 'nnè veut qu'arabe so lès cris d' Pèron, 
on n' 'nn' a mây bêcôp batou a Lidje, pace qui 1' payis estent 
trop p'tit et qu'on s' sièrvéve àhêyemint dès cisses dès au tes 
nations, pusqu'on lès prindéve quâsî tôt costé, sins wè-d' tchwè 
piède dissus. So li d'dièrin, i-aveût deûs sors di pèces d'ôr è 
payis : li florin d'ôr et 1' ducat. 

Li florin (Vùr èsteût d'abîme ancyin, ca d'vins tos lès vis réglu- 
mints, al campagne corne èl vèye, c'est todi a fwèce d'amindes 
di treûs florins d'ôr ou de dobe qu'on pâreule, di qwè rwiner on 
pauve maswîr. A dîh-ùtinme siéke, li florin d'ôr valéve cinq' 
cârlus' ou on pô pus d' sî francs. C'èsteût 'ne pèce a pô près dèl 
grandeur di nos pèces d'ôr di dî francs, mins bêcôp pus tène. 
On 'nnè vèyéve wère et tote li sogne de ci qui r'çùvéve ine si-faite 
manô} r e, c'èsteût dèl piède; ossu l'èwalpéve-t-i d'vins on bokèt 
d' papi po lî fé t'ni pus d' pièce è s' bouse. 

Li ducat \ qu'aveu t stu fabriqué po 1' prumi côp èl Sicile divant 
l'an 1200, qui t'néve si no d'ine divise è latin qu'èsteût d'ssus : 

Sit tihiy Christe, datus quem tu régis iste ducatus 
et qu'aveu t passé dèl Sicile è l'Alemagne et a Lidje, valéve vocial 
ût cârlus', di patârs, deûs aidants et on doze-sôs. Vos trouverez 
mutwèt drôle qu'on n'eûhe nin qwèrou a d'ner à ducat, corne a 
nos pèces d'ôr d'oûy, li valeur d'on nombe tôt rond d' cârlus'. 
Mins 1' prince qui lès fève fé, ôrdonéve d'ènnè tèyî ot'tant â marc 
ou a li d'mèye Hve d'ôr et i valit çou qu'i valît : tant pés vàt po 
lès cis qu'avît dès comptes a fé. A réz', i èstît acustoumés, ca 
d'vins 1' trintinne di pèces d'ôr d'â-d'foû qu' lès cris d' Pèron 
accèptît, c'èsteût d' tchance d'ènnè rèscontrer eune qui s' valeur 
toumahe djusse a dès cârlus' sins patârs et sins aidants. 

Lès djins d'oûy trovèt qu' lès manôyes, corne lès mèseûres di 
timps passé, c'èsteût 'ne saqwè d' fameûs'dimint èbrouhiné et, 
Diu m' pardone, i n' s'è mâque wère qui n' traitèhe di bièsses lès 
djins d'adon. D'abord tchaskeun' n'aveût a k'nohe qui lés 



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— i iS — 

manôyes di s* prôpe payis et, s'i-aveût min me a Lidje dès banquîs 
et dès candjeûs qui k'toûrnît d' totes sors di pèces, il avît lès Cris 
d' Pérou po s* guider. 

Di m' djonne timps, qwand dj'a stu è scole, i nos faléve 
aprinde tôt coula : è l'arismètique on lès louméve lès pàrtèyes 
aliquotes, qui nosse brave vî maisse nos fève prononcer aîiqwotcs 
pace qui, d'héve-t-i, c'èsteûton mot latin; lès toursiveûs d'inte 
nos autes lès loumît pàrtèyes as clicotes. C'èsteùt bin pus mâlàhèy 
po nos autes qui po lès vîlès djins qu'avit 1' manôye a l'advinant, 
tôt fant qu' nos autes i nos è faléve fé dès francs et dès çantimes. 
Et s* vos m'dimandez poqwè qu'on n's aprindéve coula, dji v'dîrè 
— mâgré qu' nos n'è savîs rin adon — qu' c'èsteùt djustumint po- 
z-ac'mwède è payis lès manôyes et lès mèseûres dèl Rèvolucion 
francèse. C'èst-ine a faire qu'a pris pus d' cinquante ans, di k'tchèssî 
lès vîlès mèseûres et lès viles manôyes, pace qui lès djins î èstît 
trop-z-acustoumés. Eximpe lès Inglès, qui passèt portant po 
fwèrt sûtis, et qu* n'ont co polou disqu'asteûr ac'mwède lès 
novèlès mèseûres è leû payis, et portant i rik'nohèt qu'èle sont 
mèyeûs qu 1 lès leurs. 

Vers cial, i-a 'ne cintinne d'annêyes, tos le; comptes dès 
mairerèyes, dègovièrnumint, dèl douwane, dès r'civeûs d' con- 
tribucions, etc., èstît faits a francs et a çantimes, mins quasi totès 
lès djins, avou dès pèces d'onk, di deûs, di cinq' et d' dî çantimes, 
comptît todi a patârs. 

Divan t d'aler pus Ion, i n' si met' nin ma qu' dji v' dèye cial 
qu'i-a co 'ne cwèrnète dèl province di Lîdje wice qu'on compte 
todi a patârs et a-z-aidants. C'èst-è payis de Rwè ou l'aneyin 
duché d' Limbourg, as martchîs 4' Hève, d'às Batices et n'a-wère 
â ci d'Âbe. On i vint 1' boûre al live — qu'èst-oùy on d'mèy kilo — 
et a ot'tant d' patârs et d'aidants. Eximpe : â marchi dèl saminne 
passêye, on v' dire qui Y boûre a stu a vint'-qwate patârs in-aidant 
mons. Si vos loukîz Y gazète, vos veûrez qu'on a vindou li 
d'mèy kilo d' boûre a i franc 45 çantimes, pace qui Y gazetî, lu, 
ni wèsereût d'viser d' Hves, di patârs ni d'aidants. Volez-ve savu 
poqwè qu'on vint 1* boûre ainsi ? Dji v's èl va dire. Lès vatchelîs 



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— 119 — 

de payis de Rwè sont turtos on pô — ou min me bècôp — pice- 
crosses : c'est Y mestî quel vout. Corne on n' sàreût ramourner 
Y manôye de vî payis d' Lîdje avou 1* cisse d'oûy tôt tournant 
djusse et qui Y fracsion profite todi à ci qui lîve l'ârdjint, li 
vatcheli r'çût, po tchaque lîve di boùre, ine tote pitite saqwè 
d* trop' qui n' lî vât qui vint'-cinq' ou cinquante çantimes po tote 
si batêye, mins c'est todi ot'tant. 

Qwand Napolèyon, Tan qwinze, fout r'vièrsé po tôt, lès Belges 
avît todi èl tièsse leûs vèyès inèseùres et leûs vèyès rnanôyes et 
s'ènn 1 aveût-i d'vins zèls qui comptit bin qu* tôt coula aléve 
raviker. 

C'a stu Y govièrnumint holandès qu' s'i a Y mis pris po-z- 
aminer Y candjemint di p'tit a p'tit, tôt d'nant lès vis nos as 
novèlès mèseûres, corne ine èl ou ine ône po on mète; on kop 
(une coupe) po on lite; ine tnudde (un muid) po on stî, etc. 

Pol manôye, ci fout co quàsî parèy. I prit 1' vî no d' florin ou 
gulden, qu'on louma cârlus' a Lîdje, mâgré qu'eûhe quâsî 1* dobe 
di valeur di l'ancyin cârlus', pusqu'i passéve po 2 francs 1 1 çan- 
times 6402, mins i-èl pârta, corne li franc l'aveût stu, è cint 
p'titès pèces di keûve, qu'on louma on çant, èl pièce di 
honderdste, pace qui 1' mot roman çant, qui n'a qu'ine sillabe, 
rôle bêcôp mis qui 1' mot tîhon, qu'est mâlâhèy a dire, minme 
po lès Holandès. I fôrdja dès pèces di keùve d'on d'mèy çant et 
d'on çant; dès cisses di composicion d' vint'-cinq' çans avou on 
grand doblu (W), qu'on louma bin de timps à long vers cial dès 
pèces di nouf ' patârs, pace qui c'èsteût quasi djusse coula ; dès 
pèces di cinquante çants ou d'on d'mèy cârlus', dès cisses d'on 
cârlus', etc. 

A ç' sudjèt-la — et ç' sèrè po fini — dj'a J ne ri marque a fé qui 
trouve si pièce vocial . 

È francès, li ci n tin me pàrtèye d'on gulden corne li cisse d'on 
dâlèr d'Amérique, si scrèy cent, corne li nombe cint' et s' pro- 
nonce san, todi come li nombe. 

Lès Holandès ont fait a leû mot cent on pluriel tîhon cent en et 
on roman cents avou 'ne s al cowe. 9 



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\2à 



Divins lès campagnes tôt âtoû d' Lîdje, disqui d'vins lès diè- 
rinnès annèyes, on a dit on çant et dès çants (pron. san), mins a 
Lîdje minme, sùremint pace qui Y mot riv'néve pus sovint â 
pluriel qu'à singulier, on a dit çans' tôt fant sinti Vs et minme, 
en on bastârdé francès, cens'. 

Ci n'est nin co tôt. Li Lîdjwès a fait de mot çant, qu'èsteût 
masculin, on mot féminin « ine çans' » tôt lî clapant 'ne 5 â singu- 
lier. Nos scolîs ont brokî d'ssus po dire è leû francès une cens' et 
minme une cèri , et disqu'a nos scriyeûs d* comèdèye, qu'èlzî 
sonle qu'i djâsèt mis 1* walon, tôt mètant sol cov'teûre di leù 
pièce qu'on 1' vint trinte-cinq' çans 1 tel et télemint. Sinsl'savu 
et sins 1' voleur, i djâsèt bel et bin tihon, ca 1' mot nos vint dès 
Holandès et i n'a oûy dès çants corne manôye qu'èï Holande et 
as États-Unis. 

Qwand ci n' sèreùt qu' po sàcler foû de francès d' Lidje dès 
vîl'meûsès ièbes corne une cens' et une cèri, dès cens' et dès 
cèri, qu'i marquèhe qu'on vint leù comèdèye septante çan- 
times, pusqu'ossi bin ci sèrè 70 çantimes qu'i m' fârè payî. 

N. Lequakré 



Note sur la 2* ligne, p. ny. - Une corone a fanSje est une couronne 
de 1792 qui porie d'un côté l'effigie du roi avec, en exergue : Louis XVI, 
Roi dr Franck, et de l'autre : Rècînk de la Loi avec un génie ailé 
(c'est VanSjje), qui écrit Constitution sur une plaque. Au bas : L'an IV 
de la liberté. Ces couronnes sont rares ; on n'en a frappé que pendant les 
deux ou trois mois où Louis XVI s'est accommodé du régime constitu- 
tionnel. La croyance populaiie veut qu'un milicien, à qui on a cousu, à 
son insu, la dite couronne dans ses vêtements pour le tirage au sort, est 
certain d'amener un bon numéro. 



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Notes d'Étymologie et de Sémantique (1) 



8. w. vièrna 

Grandgagnage voit dans ce mot wallon l'abrégé du fr. gou^r- 
nail. Pareille suppression de la syllabe initiale serait bien éton- 
nante et bien exceptionnelle (cf. goviène, gouverne); il faudrait 
en tout cas des exemples analogues pour la justifier ( 2 ). Régulière- 
ment, c'est la syllabe protonique immédiate qui devrait tomber 
ou du moins s'altérer : de même que, d'après Gggg. lui-même 
(I, 236), goveneû ou gofeneû provient de govèrneû (gouverneur), 
gubernaculum eût donné govena ou gofena en wallon. 

Vièrna est dérivé du w. vièrtur, gouverner, conduire un 
bateau; c'est proprement le mécanisme pour le diriger ( 3 ). Quant 
à vièrner^ il correspond à l'anc.-fr. verner, qui a le même sens. 
Tous deux se rattachent au fr. dialectal verne ou vergne, qui 
signifie 1. aune, espèce d'arbre, et auquel on attribue une origine 
celtique. 

Pour passer du sens de verne (arbre) à celui de verner 
(diriger un navire), il faut que'verne ait encore signifié : 2. une 
poutre en général; 3. une barre servant à diriger. 

Le sens 2 est encore visible dans l'anc.-fr. vernal, que Gode- 
froy définit : « gaîne formée de madriers fixés verticalement, dans 
laquelle s'emboîte le mât du bateau ». 11 apparaît également dans 
le w. viène^ solive, poutrelle. 

(*) Cf. Bull, du Dict. wallon, I, 150; II, 51. 

( 2 ) On ne peut lui comparer le type vantrin (= divantrin). 

( 3 ) Sur le suffixe -à, cf. Projet de Dict. wallon , p. 7. 



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— 125 — 

Nous retrouvons le sens 3 dans l'anc.-fr. verne (gouvernail 
fait avec le verne, God.), ainsi que dans le montois verne (timon), 
dont nous parlons à l'article suivant. 

Il est donc probable que viène a désigné chez nous — de même 
que Verne en anc;-fr. — la barre, la pièce qui fait mouvoir le 
gouvernail; ce sens est aujourd'hui perdu. De là s'est formé 
vièrner (anc.-fr. verner), sur le type du franc, barrer. Enfin 
vièrna, qui devrait s'entendre de tout le mécanisme servant à 
gouverner, ne désigne plus en w. que la partie extérieure qui 
peut s'immerger et avoir prise sur l'eau. D'ordinaire ce vièrna 
(gouvernail de rivière) est assez développé. 

Quant à vièrnê, que Lobét et Forir enregistrent avec le sens 
de « boutade, caprice » et que Scheler ramène à un type lat. 
vertiginellus (Gggg. II, 467), je serais fort tenté d'y voirie 
diminutif de viène, sans pouvoir toutefois découvrir le lien séman- 
tique qui unirait ces deux mots. 

Jean Haust 

9. montois juverne (?), verne • 

Le Glossaire montois de Ph. Delmotte (18 12), que publie 
actuellement le Ropïeur de Mons, contient l'article suivant : 
« Juverne; kevau de juverne. Dans un attelage de chariot, 
où les chevaux sont deux à deux, c'est celui qui est à la droite du 
cheval que monte le conducteur, et que les Wallons nomment ' 
kevau de peniau » ( l ). Je ne crois pas à l'existence d'un mot 
invertie] cette forme est due à une erreur d'analyse. Il faut 
décomposer et écrire jus vente, c'est-à-dire « en bas de la verne 
ou du timon ». On appelle de même à Perwez tch[fau de d'zos 
vèfye le cheval de droite, qui se trouve au-delà (= au-dessous) du 
timon par rapport au conducteur, qui s'assied toujours sur le 
tch\fau d' pagna ou cheval de gauche. Le montois ///«correspond 

(') Sur peniau s cf. GGGG. II, 190, v° panta. 



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— 123.— 

au liégeois fyu s. Pour le sens de vente dans cette expression, 
voyez ci-dessus vièrna. 

Jean Haust 

io. w. vèssou, vèssêye 

Dans un article paru récemment et intitulé Zur ty-Frage im 
franzOsisc/ien (*), A. Horning étudie notamment les dérivés 
français du lat. vitium, vitia (vice, défaut). Il cite le provençal 
vesso, gros chien qui n'est bon à rien ; carogne, femme de mau- 
vaise vie; le poitevin vesse, fille publique; le saintongeais vesse, 
chienne de peu de prix, femme perdue; le poitevin vesson, adj., ê 
souffrant, mal à l'aise, qui se dit surtout de petits enfants ; d'autres 
formes encore où ty est devenu spirante sonore, comme le picard 
ve'zoule, femme malpropre, le normand vêzon } femme dissolue, 
etc. Nul doute qu'il ne faille rattacher à ce thème vitium les 
mots wallons : 

i. vèssou, pâle, blême; nam. vèssu ; 

2. où vèssu (nam.), œuf dépourvu d'écaillé ; 

3. vèssêye (verv.), fille publique. 

Gggg. cite les deux premiers, II, 465. Quant au troisième, 
nous ne l'avons vu consigné nulle part ; il est cependant en usage 
à Verviers. On serait terité, à première vue, d'y voir une accep- 
tion spéciale de vèssêye (vessie), au sens particulier que Juvénal 
attribue à vesica, Sat. I, 39, VI, 64. Mais il est plus naturel de 
le rattacher à Tanc.-fr. vesse (femme de mauvaise vie, Bonnakd 
et Salmon, Lexique de l'ancien français), représentant le latin 
vitia. Notre mot w. ne dérive sans doute pas directement de 
vitia ta, qui aurait, semble-t-il, donné vèhèye, comme pretiare 
a donné préhi, *bassiare, baht, etc ; mais d'un anc.-w. vèsse, 

qui a disparu. 

Jean Haust 

11. w. hoye, houyl, houyot 
Dans sa curieuse Lettre à Charles Grandgagnagc, datée du 

( l ) Zcitschrift deGRôBEu, XXXI, p. 205. 



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— 124 — 

13 juin 1856 ( J ), J. H. Bormans reproche à son illustre confrère 
d'avoir oublié le liég. hÔye dans son Dictionnaire étymologique. 
Lui-même rapporte ce mot au thiois schol, scholle (défini par 
Kiliaen : crusta soli vel terrae) et compare cette dérivation 
à celle de hàyc, ardoise, qu'il fait venir de schael : « schol et 
schael sont en effet des dérivés du v. schillen ou schellen, 
peler, écaler, s'écailler, etc., et signifient écaille, éclat, motte de 
terre, schiste, ardoise, etc. » — Tel est aussi l'avis d'Atzler(cité par 
Diez), qui rattache houille à l'ail, scholle, anc.-h.-all. skolla.— 
Sans se prononcer ouvertement, Diez laisse entendre que cette 
opinion lui paraît fondée ( 2 ). — Enfin Scheler propose timide- 
ment l'ail, kohle, charbon, tout en reconnaissant de son côté 
que « scholle expliquerait l'expression charbon de terre en houille 
dans un texte de 1664 ; ce serait du charbon en blocs ». Il cite 
encore, à l'appui de l'opinion de Bormans, la forme ancienne 
s école dans Palsgrave, p. 260. 

Bormans rejette délibérément l'explication par le thiois kool, 
ail. kohle, pour une raison de phonétique : « le changement du 
k initial d'un mot tudesque est peut-être sans exemple ». Et, de 
fait, j'ai passé en revue la série des mots wallons commençant par 
k et par h y et je n'ai recueilli qu'un exemple sans grande valeur : 
hikhose y coqueluche (Cler mon t-Thi mis ter, Gggg. II, 536), du flam. 
kinkhoest, ail. keichhusten ( 3 ). Quatre termes, qu'on pour- 
rait, à première vue, invoquer, à savoir cougnot-hougnot } coulot- 
houlotj corote-horote f cotchèt-hotchèt, ne doivent pas être mis en 
cause'. Les trois premiers sont d'origine romane. Hougnot (quignon 

(') Bull. Inst. Arch. tiêg., II, 556. 

( 2 ) Etym* Wôrt., p. 617. — Pour être complet, ajoutons, d'après Diez, 
que Frisch reconnaît dans notre mot le bas-saxon hùllen, qui est 
une forme de l'ail, h eh 1 en, cacher. 

( 3 ) La forme w. peut s'expliquer par l'influence de hiïuter (hoqueter), 
par dissimulation ou par influence assimilante du second h. 



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— 125 — 

de pain) est une altération de cougnot (*), sous l'influence de 
hougne ou de houyot (voir ci-après). — Coulot = « culot », tandis 
que le verv. houlot — « éculot ». — Le verv. horote est un dérivé 
de hore (canal), tandis que corote dérive de cori (courir) ou pro- 
vient du croisement de horote avec cori. — Quant à cotchèt-hotchèt, 
rien ne démontre que ces deux mots soient des variétés d'un 
même primitif : cotchètse rattache probablement à l'angl. coke; 
hotchèt pourrait. être un dérivé de hotchi (casser, Gggg. I, 300); 
comp. le franc, hochet que le Nouveau Larousse illustré définit 
« charbon menu, auquel on donne le nom d'aggloméré. ;; Moule 
qui, dans les fabriques d'agglomérés, sert à fabriquer les briquettes 
employées dans le chauffage ». Le sens de « moule » pourrait 
y faire voir un diminutif du w. hotche, gousse. Enfin, en admet- 
tant même l'unité de racine, si cotchèt répond à un type franc. 
« cochet », hotchèt pourrait représenter « écochet ». — On ne 
peut donc s'appuyer sur ces mots, et la formule « germ. k = // à 
l'initiale » reste encore à démontrer pour le wallon (*). 

Toutefois, dans une étude récente ( 3 ), M. Feller, abordant inci- 
demment la question qui nous occupe, apporte en faveur de kohl 
— houille un argument historique, qu'il convient d'examiner de 
près. 

M. Feller s'appuie sur certains documents toponymiques édités 
par M. Kurth dans sa Frontière linguistique \ I, 195-7, et qu'il 
présente comme suit : « i° Colonstraite, Collostrate, in 1. d. in 
Collo (1350, commune d'Attenhoven) ; — 2 Colestraet (17 13) ; 
chemin des charbons, alias Holestraete (xvm e s.), 1. d. de la 

(') Cette forme hougnot n'est signalée que par Simonon, dans Gggg. 
Il* 537» ave c la traduction « quignon ». 

( 2 ) Gobert, Rues de Liège, II, 62, défend, avec une conviction absolue, 
la thèse kool = houille. Il est vrai que, pour établir le passage de k à //, 
l'auteur se contente d'alléguer cortex = hwèsse, ce qui n'est vraiment 
pas heureux. 

( 3 ) Les noms de lieux en -s/er, dans le Bulletin de la Société verviétoise 
' <f Archéologie et <£ Histoire, t. V: Verviers, 1904; v° Colonster. 



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— 126 — 

commune de Houtain-rÉvèque ». Et M. Feller ajoute : « Il faut 
donc poser kohle = kole -^ houille, et Colonstraite signifierait 
voie des charbons ». 

Je crois, pour ma part, qu'une étude plus circonstanciée des 
documents recueillis par M. Kurth, doit conduire aune conclusion 
moins absolue. 

Parmi les noms flamands les plus anciens (1548) de la com- 
mune de Houtain-rÉvèque, M. Kurth énumère, p. 195, une 
Holestraete, puis une Coelstraete. Rien ici n'indique qu'il s'agisse 
du même chemin ; si l'on n'avait que ce texte, personne ne son- 
gerait à identiôerles deux dénominations; on croirait à l'existence 
d'un chemin creux (hol) et d'un chemin des charbons (coel). Le 
texte sur lequel s'appuie M. Feller, à savoir « chemin des char- 
bons, alias Holestraete », n'est qu'une traduction postérieure, 
faite à Liège au xvni e siècle. Cette traduction est-elle exacte ? On 
pourrait en douter : i* elle rend également Coelstraete par 
« chemin des charbons », sans faire attention à la différence des 
deux formes; — 2° le traducteur semble avoir été embarrassé, 
car — ce qu'il ne fait pour aucun autre nom de lieu — il ajoute 
le nom flamand. 

Je me hâte de dire qu'à mon sens, ce libellé n'est pas aussi 
énigma tique qu'il le paraît, et je comprends : « chemin des char- 
bons, qu'on appelle aussi (alias) ou plutôt qu'on appelait précé- 
demment chemin creux ». Le traducteur a voulu nous faire 
entendre que, de son temps, Holestraete ', nom usité au xvr siècle, 
avait disparu et qu'on ne disait plus que Coelstraete. 

En effet, dans tous les autres documents cités par M. Kurth 
pour la même commune, on ne trouve plus la moindre trace 
de ce holestraete ; seules apparaissent des formes commençant par 
la gutturale et dont voici la série chronologique : Coelstraet 1603 
(p. 1Q6); op dye Coelbaen xvm* s. (p. iQb); op die Colestraet 
1713 (p. 10b); Colenstraet 1747 (p. 127); au Colestraet, chemin 
nommé Colestraet, de Bertrée à Wamont xix c s. tp. 107) ( ! ). — 

(') Citons encore Coelminne 1350, 1. d. de Racourt (p. 194), et Cole- 
minne 1321, 1. d. de Horpmael (p. 183). 



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-— 127 — 

D'autre part, dans, la liste des lieux dits de .la commune de 
Wamont.(p. 190), nous relevons « la voie des Huiles » en 1350 et 
« Coehvech » en 1363. Ici, assurément, il s'agit d'un seul et 
même chemin, désigné sous le nom wallon ou français et sous le 
nom flamand; mais ce texte ne nous apprend qu'une chose, c'est 
qu'au fl. coel correspond le w. huile , ce que nous savons depuis 
toujours. 

En somme, il ne paraît guère permis de conclure à l'identité 
étymologique de kohle ou coel et de hole, si Ton ne peut alléguer 
d'autre preuve qu'un seul texte, susceptible d'une autre interpré- 
tation pour le moins aussi vraisemblable que celle de M. Feller. 

Cet argument historique disparaissant, comme d'autre part les 
difficultés phonétiques restent debout, je ne crois pas qu'il soit 
possible d'admettre la transformation de kohle en htive. Il est vrai 
que les partisans de cet étymon tourneraient la difficulté en sup- 
posant que houyiy «extraire du charbon de terre», représente une 
forme * ex-kôl-yare, et que htiye est le substantif verbal dégagé par 
la suite de houyi. Mais ce serait fantaisie pure ; nous verrons tantôt 
que le sens premier de htye n'a pu être « charbon ». 

Au point de vue phonétique, le passage de l'anc.-h.-all. skolla 
au w. hàye s'explique beaucoup plus aisément, tin moins pour le 
liégeois. Le se initial, latin ou germanique, -|- voyelle devient 
régulièrement h dans les mots populaires de ce dialecte. L'anc.-w. 
présente la forme houle 13 14 (7b/. de Jupille^ dans le Bull. 46, 
284), qui concorde avec le moyen-lat. huila. Pour le mouille- 
nient de / et pour la réduction régulière de ly àv, il suffira de 
comparer le traitement du lat. pull a, qui donne liég. pitiye, mon- 
lois pouye, fr. poule; de même gola 1g. gueûye, montois et 
fr. gueule; ala ^- malm. èye, lg. èle % fr. aile; tela ^ ard. 
teùye, lg. teùle, fr. toile. On voit que, pour expliquer ly dans 
houille, il n'est pas nécessaire, comme fait Diez, de supposer 
(si la forme française est de provenance wallonne) une forme 
anc.-h.-all. *skolya. 

De ce côté donc, nulle difficulté. Mais, si l'on se place au point 



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— 128 -— 

de vue des formes différentes que doit revêtir un mot passant 
d'un dialecte à l'autre, une objection assez grave se présente. Ce 
n'est que dans la région de Liège et du N.-E. que se devient h. 
A l'Ouest, et notamment en namurois, il devient eh : chamc, 
chaule, chète, chache, chupe, chover, choùter, chume, churer, chi- 
lète, chou, etc. En montois, il reste se : skète, scar, skite, scou, 
skièle, scoupe, etc. En français, il donne éch f éc : échasse, 
échelle, éconpe, écume, écouter, etc. Cette gamme dialectale s'ob- 
serve par exemple au complet à propos du liég. hâve, ardoise : 
ard. chaye, nam. (par exception) et mont, scaye, rouchi et franc. 
écale, écaille. Or, partout en Wallonie, dans son rayonnement au 
Sud et à l'Ouest, le germ. skolla aurait produit la forme unique 
htye, à peine nuancée en honye (à Mons). Comment expliquer 
cette anomalie ? 

D'abord, il ne faut pas perdre de vue l'important facteur chro- 
nologique. La loi qui a présidé aux divers changements phoné- 
tiques dont nous venons de parler, a exercé son action à une 
é/>oçue reculée et a donné naissance aux différents phonèmes 
simultanément et indépendamment % Dans les temps postérieurs, en 
tout cas au xn e siècle, cette loi avait cessé d'agir, de sorte qu'un 
mot a pu et même dû passer dès lors sans altération d'un dialecte 
dans les dialectes voisins. C'est, croyons-nous, ce qui aurait eu 
lieu pour notre mot. Alors que haye — chaye — scaye — escaille 
étaient nés de bonne heure et en même temps sur différents 
points du Nord-roman, htye, vers Tan 1200, aurait passé sans 
changement de l'Est-wallon à l'Ouest; la forme liégeoise se serait 
imposée aux autres dialectes et, par suite, au français ( I ). Diez 
aurait donc raison de définir houille : liïtticher Steinkohlc... 
çewiss ein uraltes locales Wort. 

Les données historiques que nous possédons sur la découverte 
de la houille justifient-t-elles cette manière de voir? Assurément, 

(*) M. Feller émet h même conjecture à propos de estaminet; voy. ci- 
de$sus, p. 60, 



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— 129 — 

puisque le premier texte qui en fasse mention de façon péremp- 
toire, date de 1195 (•) et que Liège a toujours été considéré 
comme le berceau de l'industrie houillère sur le continent. « On 
ne trouve pas, dit M. Gobert, une seule charte antérieure au 
xiii* siècle dans laquelle le charbon de terre serait mentionné. 
Après une étude complète de tous les diplômes et chartes impri- 
més connus, concernant notre pays, Térudit archiviste de la ville 
de Bruxelles, M. Alphonse Wauters, est arrivé aux mêmes con- 
clusions que nous » . 

Ainsi donc, — pour reprendre l'expression de Diez — hfjye est 
un «très ancien mot liégeois». Et voici comme j'expliquerais son 
évolution sémantique. Bien avant la découverte de la houille, ce 
terme existait dans cette pointe extrême de la Wallonie, avec le 
sens général de « fragment, éclat, motte ». On disait en liégeois 
destôyes déglace, de pierre, de neige, de terre, de beurre, etc., 
avant de dire v des kdyes de charbon. Lorsque le charbon de terre 
fut découvert, ce dernier emploi, devenu le plus important, fit 
oublier tous les autres : de là, des hôyes (sans complément) ne 
désigna plus que « la houille en morceaux » ( 2 ). C'est sous cette 

(') Hoc a?ino terra nigra ad focum faciendum optima per Hasbaniam 
in multis îocis est inventa (Annales Sancti Jacobi Leodiensis, publiées par 
M. J. Alexandre, pour la Société des Bibliophiles, p. 52). Ce texte fameux 
est de Reinier, moine de St-Jacques, à Liège. Plus loin, en 1213, il parle 
encore de la découverte de cette terra nigra carbonum simillima quae 
f abris et fabrilibus et pauperibus ad ignem faciendum est utilissima. Il est à 
noter que l'annaliste désigne par deux fois la houille au moyen d'une 
périphrase. - - Nous empruntons ces textes aux Rues de Liège de 
M. Gobert, II, 63, qui a fait de la question un exposé très intéressant. 

(*) Encore aujourd'hui, l'idée de pluralité subsiste dans l'esprit du 
peuple. Le w. dira : broùler tôt plein dès hoyes ; i va vinde dès hoyes so lès 
viyèdjes. Les marchands ambulants crient dans nos rues : as houyesl C'est 
le seul cas où l'on rencontre cette prononciation houye en liégeois. I.c 
verviétois présente ici une particularité, que j'ai oublié de noter dans 
Les par 1er s du Nord et du Sud- Est de la province de Liège (en collaboration 
avec Georges Dout repont ; Mélanges wallons , Liège, 1892; p. 22): on 
prononce ktye à Verviers comme à Liège, alors qu'au liég. /#>*, poye J ctfye 
correspond le vçrv.faye, paye, caye. 



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— 130 — 

forme et avec ce sens restreint que le mot sortit, vers l'an 1200, 
du canton où il aurait vécu jusqu'alors, pour voyager — avec la 
chose — vers l'Ouest et le Sud et faire la fortune que Ton sait (*). 

A l'appui de cette thèse, je crois que l'étude des dérivés — 
où le sens générique que j'indique plus haut s'est nettement 
conservé — fournira un argument de sérieuse valeur et, en tout 
cas, inédit. 

1. Parmi ces dérivés, je range [tout d'abord houyot (Liège, 
Verviers ; altéré en hongnot à Jupille et Milmort) et houyô 
(Spa), qui signifient « pelote (de neige), motte (de beurre, 
d'argile, etc.) ». Grandgagnage, I, 308, déclare tout à fait in- 
connue l'étymologie de houyot et du v. houyt, jeter des pelotes 
de neige ; il suggère seulement la comparaison avec le holl. 
gooien, jeter, lancer. — Il faut y voir le diminutif (-0/, -c) de 
hàye, au sens originel indiqué ci-dessus : on houyot d nivaye, c'est 
une pelote de neige, pressée entre les mains (') ; on houyot 
d' boùre, c'est une motte de beurre. Gggg. cite aussi la jolie 
expression beùre a houyots, boire à tire-larigo, à grandes lampées, 
comme qui dirait « par blocs » ( 3 ). 

(') En français, la plus ancienne forme que cite Godefrov dans son 
Supplément, est aille en 1510; à remarquer l'expression aille Je cluirban, 
en 1511. On trouve ouille en 1665 : la suppression de la forte aspiration 
wallonne n'a rien que de régulier. Enfin l'Académie admit houille 
en 1718. 

("-') Dans ce sens, le plus fréquemment usité, on dit aussi houyot, sans 
déterminât if : lès èfants s' tapèt dès houyots. - Nos correspondants nous 
rendraient service en nous disant comment on traduit chez eux : « pelote 
déneige*. Nous connaissons seulement bole ou bolèl <fnrve (Namur), 
liotchèt d"n>iïr (Malmedy), stôrê (Stavelot), stop* (S 1 - Hubert, Laroche); 
ces deux derniers sont des diminutifs de stô, éteuf ; c r . Gggg. II, 405. 

( :< ) En namurois houyot a le sens de « bardane » (Skmertikr, Voc % de 
tapoth., 29, 156). — Pirsouj, ne le note pas dans son Dict. nam. — 
A Viesville, on dit dans ce sens dès yuyots. — Gggg. l'écrit « hoûjo, 
huîo > et ajoute : « Il semble probable que ce mot est lé même que le 
liéç. houyot, soit à cause que les capsules contenant les semences de la 



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— ijl — 

2. houyî. I. v. tr. et réfl. Assaillir en lançant des pelotes de 
neige : honyi ine saqui ; lès gamins fyouwèt a s' houyi. [Altéré 
en hougnt, à Milmort et à Jupille.] — Pour la forme et le sens, 
comparer le fr. mot ter (un berger qui motte ses brebis) ; 
lapider, mitrailler, etc. — Dans cette acception, notre verbe 
possède un composé, formé au moyen du préfixe intensif et pré- 
joratif ca- : cahouyl a côps d 1 pires (Solières), cahouyi <T pires 
(Bull. 25, 295) =■ lapider. A Crehen, cahouyi employé absolu- 
ment -^ assaillir à coups de pierres. 

II. v. tr. « Herser avec la herse renversée et quelquefois garnie 
d'épines. On houye également avec une traîne d'épines, sans 
herse. Houyi lès prés po lès r^nèti; houyi lès deurs grains (Theux). 
C'est au printemps qu'on houye les gazons et les céréales d'hiver » 
(Bonv, Voc. des agric). — On voit que ce mot correspond exac- 
tement au fr. émotter ('). 

III. v. tr. (?) « Exploiter des mines de houille ». Borm. ; Voc. 
des houilL |j v. intr. Travailler dans une mine de charbon de 
terre > si mète a houyi , Forir. || v. réfl., en parlant de la houille. 
Se détacher en blocs sans donner trop de menu charbon : ine 
vône qui s 1 hoye bin y Borm. — Il existe un composé dihouyî, 
« déhouiller », exploiter (une veine de houille). M. N. Lequarré 
l'a employé au figuré : vola '?ie vùne sins parère a d 1 houyi 
(Ann. 18, 23). 

Conclusions : 

1 . Les dérivés houyot, houye et houyi (au sens I et II) prouvent, à 

bardane ressemblent a une pelote, ou à cause qu'elles se laissent aisé- 
ment réunir en boule ; cp. l'anc.-fl. k lisse, holl. kliss., qui a aussi les deux 
acceptions pelote et bardane ». 

( l ) (îodefroy enregistre, sans pouvoir le définir, le mot hutte dans ce 
texte : 

Car le vilains ne c'est udie 
Fors qu'an charrue et an hulie. 
(Renart, Richel. 1630, f° 152I'). Serait-il aventureux d'y voir un syno- 
nyme de herse, émottoir ? 



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— 132 — 

mes yeux, que htye avait primitivement l'acceptton'de «fragment, 
éclat, morceau, motte » et confirment l'étymologie par l'anc- 
haut-all. skolla, ail. scholle, flam. schol. Le sens III de houyî 
est postérieur et dérive de hbye employé avec la signification 
restreinte de « charbon fossile ». 

2. Si cette proposition se justifiait, l'origine du franc, houille 
— mot du dialecte wallon — ne serait pas aussi inconnue que le 
dit prudemment le Dictionnaire générale 

Jean Haust 

12. w. porsome 

Voici un vieux mot que nous n'avons trouvé que dans la région 
de Stoumont-Malmédy et dont la forme elle-même est devenue 
très douteuse. Nous avons entendu à Stoumont : nu mèioz nin 
vosse vdre sol porsome dul tâve, ne mettez pas votre verre « sur 
le bord » de la table. A Trois-Ponts, à Mont-de-Fosse, on dit 
porsome ou forsome, A Stavelot, èsse so V forson signifie être sur 
le bord, être dans une position douteuse ou hasardeuse. Nous 
croyons avoir retrouvé le mot dans la Chronique de Philippe 
Mouskes : 

vers 877 : Toutes mes gens et tôt mi orne 
M'ont relenqui à la parsoutne. 

Reiffenberg, en note, traduit par : à la fin. 

vers 2511 : A la persome de.... Traduction : afin de. 

vers 6429 : Jusqu'à sum.... Traduction : jusqu'au bout ( 1 ). 

Mouskes nous donne ainsi le mot simple, sum f qui est le latin 
summum au sens de extrémité (*) ; et persome, parsoutne sera 
donc, sous une forme féminine, la toute dernière extrémité. On 
disait a la parsoume comme à la parfin. 11 ne semble pas téméraire 
de conclure à un masculin wallon porson, dont forson serait une 
forme corrompue, et à un féminin wallon porsome, dont forsome 

(') Et adjectivement : en som le tertre, par som l'aube (G. Bourg. 281). 
( 2 ) Meyer-Lùbke I, 119; III, 137. — Godefroy, stm et parsome. 



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— 1^3 — 

serait une forme corrompue. A moins qu'on ne songe à des 
doublets, l'un composé avec per, l'autre avec for tel qu'on le 
trouve dans forpougni, formagni, fordiner et cent autres. 

Jules Felt.ek 

13. w. hàrkê 
gaumais harke, haroot ; w. coûbe 

Hârkê est un mot qui a toujours intrigué les Wallons. Ils n'en 
savent pas l'origine et ils sont embarrassés pour le traduire en 
français. Us hésitent entre palanche , joug à porteur, poite-seaux, 
courge, cerceau y gorge (*), etc., faute de connaître la valeur 
exacte de ces mots français. Il faudra donc commencer par des 
définitions. 

L'instrument appelé en liégeois-verviétois hârkê, en ardennais 
hàrkê, est une pièce en bois, élargie et évidée au centre de façon 
à s'emboîter autour de la nuque, reposant de part et d'autre sur 
les épaules et les dépassant en longueur de quinze à vingt centi- 
mètres. Aux extrémités sont attachées des cordes ou des chaî- 
nettes terminées à hauteur des genoux du porteur par un crochet. 
On suspend à ces crochets, à droite et à gauche, les fardeaux à 
porter, deux fardeaux bien équilibrés, ordinairement deux seaux 
ou deux paniers. Le meilleur hârkê est celui qui s'adapte le mieux 
aux épaules sans les blesser, comme une bonne selle doit s'adapter 
parfaitement au corps du cheval. Il n'a pas seulement la qualité 
de diviser la charge et d'en faire supporter le poids au centre du 
corps; il tient encore à distance des hanches et des cuisses les 
fardeaux gênants, par exemple deux seaux remplis d'eau. Pour 
le rendre moins encombrant à transporter quand il n'est pas sur 
les épaules, il est parfois partagé en deux parties égales qu'on 
peut replier l'une sur l'autre à l'aide d'une charnière en fer. 
Division et charnière tombent donc au milieu de la nuque. 

(}) Gorge ne serait-il pas une altération par étymologie populaire de 
corge (Du Cange 14 16) devenu courgcl En effet, l'instrument s'applique 
sur la nuque (derrière) et non sur la gorge (devant). 



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— 134 — 

Cette description correspond au mot français (dialectal) gorge, 
qu'on trouve dans le Dictionnaire analogique de Boissière. Dans 
la région française au sud du Hainaut, on appelle souvent cet 
instrument un porte-seaux. 

Le français palanche a un autre sens. Il désigne une pièce de 
bois qui se place sur une épaule et perpendiculairement à Taxe 
des épaules. Ici donc plus d'échancrure pour le cou ; il y a seule- 
ment une entaille à chaque extrémité. Le but est bien aussi dé 
porter des seaux et des paniers, mais l'avantage de cet instrument 
est de permettre au porteur de cheminer avec son double fardeau 
dans des sentiers étroits, souvent montueux, au milieu des buis- 
sons. Aussi les Ardennais en font-ils bon usage. Ils l'appellent 
coùbe (fém.), du latin classique cttrra devenu en latin populaire 
curba. En effet, la pièce est infléchie en arc, soit à dessein, soit 
sous l'action des fardeaux. J'ai recueilli ces renseignements et 
examiné l'objet à la gare de Gendron-Celle, ligne de la Lesse. 
Au reste, le français emploie aussi le mot courge, qui a la même 
origine (curbia. Voy. le Dict. gén.)( % ). 

Ce qu'on appelle en français cerceau est un cercle de bois dans 
lequel entre le porteur et qui est maintenu à la hauteur des 
cuisses par des courroies attachées aux épaules. Il est destiné à 
tenir écartés des jambes les seaux remplis que le porteur trans- 
porte. 

Le sens et la synonymie étant élucidés, quelle est maintenant 
l'origine du mot hàrkâl II ne faut pas se laisser entraîner aux 
propositions de Grandgagnage, qu'il déclare lui-même peu pro- 
bables au point de vue de la phonétique. Pour restreindre l'aire 
de nos recherches, constatons d'abord que la finale ê doit être le 
suffixe -ellunt. Cela nous permet de restituer un primitif wallon 
qui a dû être hark en forme masculine et harke en forme fémi- 
nine. De fait, harke, f., existe en gaumais avec le sens de 

(*) Le mot coùbe a été retrouvé depuis dans Gggg., I, 342, sous la 
forme coupe, et, avec un autre sens (manivelle coudée), dans Bormans 
Voc. des noui Heurs liégeois. 



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- 135 - 

démêloir, et harcot y désigne un râteau à dents de fer; mais la 
différence de sens ne nous permet pas d'affirmer de prime abord 
l'identité des mots. De ce que le h de hàrkê subsiste en pays 
ardennais, il est prouvé qu'il ne provient pas de se- comme dans 
hame : chante, du latin scamnttm ; il est bien le h aspiré d'orig : ne 
germanique. 

Harke y f., en allemand du nord signifie râteau. Ce sens paraît 
très éloigné de celui que nojs nous attendrions à trouver. Mais, 
si on se rappelle qu'en Hesbaye une sorte de' râteau se nomme 
fotche (furca), on en conclura que ce qui a été dénommé à l'ori- 
gine dans ledit instrument, ce n'est pas du tout la partie pourvue 
de dents. Le râteau à retourner le foin n'est souvent qu'un bois 
fourchu. Or le premier sens de hàrkê paraît si bien être « fourche, 
bois fourchu » que Gggg. a proposé ranc.-h.-all. hacco (croc, 
fourche)et le lat. furca comme étymons.En latin aussi, furca dé- 
signe un bois à deux manches pour porter des fardeaux sur le cou, 
comme il appert d'un dessin de la Colonne Trajane; le porteur est 
un furcifer. Le horcado espagnol (lat. furcatum) a la forme d'une 
fourche ou d'un râteau. Enfin Gggg. a lui-même noté un dérivé 
hàrkèye, qu'il écrit horke/e, signifiant * fourche pour appuyer la 
carabine ». En raison de ces ana'ogies, il n'est donc pas étonnant 
que le même mot wallon signifie i° joug qu'on met au cou d'un 
animal (vache, porc) pour l'empêcher de traverser une haie, 
(synonyme lame, billot); 2° gorge ou porte-seaux ('). Il est pro- 
bable que la forme actuelle du hàrkê est le résultat d'un perfec- 
tionnement : à l'origine, ce pouvait être simplement un bois 
fourchu, disposé sur les épaules de façon que la partie simple fût 
derrière, les deux bras enserrant le cou et se dirigeant plus ou 
moins obliquement de manière à pouvoir être soutenus par les 
mains. Quoiqu'il en soit des détails de cette filiation, nous ne 

{}) M. Pecqueur nous dit qu'à Viesvillc (Hainaut) gor'm signifie de 
même i° collier du cheval, liég. gor? ; 2° gorge ou porte-seaux, liég. 
hàrkê. De même à Namur, d'après M. A. Maréchal. 

10 



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- 136 - 

doutons pas que hàrkc soit un diminutif de la racine hark ger- 
manique. 

Jules Fhller 

14. w. bricelèt 

Nous avons trouvé le mot bricelèt d'abord dans une vieille 
chanson verviétoise : « ....avou on bon brislet — po mète èvosse 
café », puis dans les Amusettes de Michel Pire, l'excellent chan- 
sonnier verviétois : « Fàte du brislet po s* forer V boke, — fycl 
régale du pHitès tchansons ». 

Ce mot n'est plus connu que des vieux Wallons. Il se retrouve 
cependant, sous une forme légèrement différente, dans Remacle 
et dans Lobet, deux lexicographes verviétois. Rem. 2 , I, 259, 
définit breslet : i° bracelet, 2° « pâtisserie qui a la forme d'un 
bracelet et dont les Wallons doivent conserver le nom, à cause de 
la ressemblance ». Lobet, de son côté, outre le sens de bracelet, 
lui donne aussi celui de : « gimblette, petite pâtisserie dure et 
sèche en anneau séparé ». Forir, qui a soigneusement utilisé les 
œuvres de ses devanciers, néglige le second sens, évidemment 
parce qu'il est inconnu à Liège. Grandgagnage l'a aussi négligé, 
parce que l'étymologie lui en semblait si évidente qu'elle deve- 
nait sans intérêt. 

Nous ne doutons pas que ledit breslet, au sens du français 
bracelet, ne soit identique à ce mot français, et qu'il ne faille 
l'orthographier brècelet ; mais il nous reste des doutes sur l'ori- 
gine de bricelèt ou brècelet = pâtisserie. 

Quant au sens, le bricelèt est un craquelin en forme de 8, 
c'est-à-dire en deux anneaux soudés par un point de leur circon- 
férence, ou plutôt en deux S de pâte entrecroisées. 

C'est ce que Lobet appelle, avec un singulier malheur d'expres- 
sion : en anneau séparé; c'est ce que Remacle dit avoir la forme 
d y tm bracelet. Or il n'est pas encore évident que ce 8 veuille 
simuler deux bracelets ; par conséquent, l'étymologie suggérée 
pourrait être plus apparente que solide. 

En feuilletant, par amour du folklore, un petit livre de distri- 



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— *3? — 

bution de prix (*), nous avons trouvé la note suivante : breizelle 
(à Stuttgart) est un « petit gâteau sec en forme de huit évasé par 
le haut ». Ne cherchons pas comment l'auteur, dans un gâteau 
de cette forme, distingue le haut et le bas, mais constatons que 
l'identité d'objet avec notre bricelet est incontestable. Partant de 
là, nous avons découvert le même terme allemand dans Mozin, 
Rottek, Sanders, Sachs-Villate. Rottek l'écrit bràzel, Mozin 
brâtsel, bretsel, brèzel, Sanders brèzel. Nous avons comparé les 
définitions. Mozin dit : « dûnnes hartes Backwerck, in Gestalt 
zweier ineinander verschlungener Ringe, craquelin ». Sanders, 
I, 214, est plus explicite encore : « Gebâck aus weissem Mehl, 
in Gestalt zweier in einander geschlungner Arme, oder eines in 
einem doppelten Ring zusammengelegten Stricks », (deux bras 
entrelacés, ou une corde disposée en double anneau). Sanders 
note encore que, à la plupart des devantures de boulanger, se 
trouve une brèzel peinte, soutenue par deux lions; que, dans la 
forme de cette pâtisserie, on voit une allusion aux liens du Christ. 
Enfin, plus près de nous, à Eupen, d'après l'excellent petit 
Wôrlerbuch der Eupener Sprache, de Tonnar et Evers (Eupen, 
1899), il existe une forme bretzel (é intermédiaire entre é et /'), 
féminine, qui a le même sens, et un verbe hrétzele, qui est tra- 
duit par SchnÔrkel machen (décrire des crochets, des lacets). 

Les lexicographes allemands donnent comme étymologie de 
brèzel l'italien bracello. On peut tout aussi bien songer au latin 
bracellus, qui est dans Du Cange avec le double sens de bracelet 
et de gâteau et qui a l'avantage de ne pas déterminer avant 
examen le lieu de l'emprunt. Cette enquête semble donc nous 
ramener au point de départ. Cependant elle permet de constater 
que le problème n'est pas aussi simple qu'on aurait pu le croire. 
D'où vient le mot verviétois, que nous n'avons rencontré que 
dans une région proche de l'Allemagne? De quelle région vient 

(*) La Grotte merveilleuse, suivie de Le premier voyage de Cordula, 
deux nouvelles traduites de l'allemand d'Oltilie Wildermuth, par Em. 
Tandel; Bruxelles, Lebègue, s. d. (Collection nationale). Cf. p. 76. 



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- 138 - 

le mot allemand lui-même V II faut encore jeter dans le débat le 
français brassin, bressitij qui signifie une corde à nœuds, le wallon 
brassadële, etc. 

Nous attendons de nos correspondants des faits nouveaux. 

Jules Feller 

15. Le préfixe be- 

Le préfixe latin bis- (deux fois) a passé en roman sous les 
formes bes-, ber-, bar-. Actuellement il est représenté en français 
par bes~j ber- y bre-, be~, b % ; par bis- dans des mots de création 
savante ou en vertu d'une réaction étymologique. Presque toutes 
ces formes se retrouvent en wallon, par exemple dans bablou, 
bafyowe, balanci et birlanci, birlance, bar/afe, barloque et birloque, 
barloquer ; bàrô/er, bèroter, bertauder, benvcte, ber/anguer, bèsèce, 
biségue, birouler, birlùzer, birouche. Aussi ce n'est pas sur la 
question phonétique, cette fois, que nous voudrions attirer 
l'attention, c'est sur la façon dont l'évolution de sens a été 
présentée. 

Grandgagnage, à la suite de Diez ('), pose à la base la signifi- 
cation de travers, en biais. Darmesteter, dans le Traité qui 
accompagne le Dict. gén. ( 2 ), s'exprime ainsi : « L'idée de dua- 
lité amenant à celle de séparation, de déchirement et, par suite, 
à celle de peine et de mal, bis- a une valeur péjorative dans...». 
L'évolution de sens, en cas d'aboutissement à une valeur péjo- 
rative, serait donc : i° dualité, 2° séparation et déchirement, 
3" peine et mal, 4 mauvais état. 

Nous ne croyons ni à l'idée première d'ob'.iquité de Diez, ni à 
l'idée de séparation et de peine de Darmesteter. 

Le sens péjoratif, à notre avis, est amené beaucoup plus facile- 
ment. Il provient de mots comme ^tw, berlue, b a Hong. Ce qui 

( l ) Dikz, Gra/um., II, p. 403 et Dict. iUym. t v bis.- G(îGG. Dict. étym., 
v ' barlafc, barlohcr. 

(-') P. 82, ou § 19O, n<> 5. 



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— 13 e ) — 

est double, quand il doit être simple, est mauvais. Ainsi la pre- 
mière qualité d'une bonne vue est l'unité de vision : celui qui 
voit deux tableaux, deux images dont les traits ne se superposent 
pas à cause de l'asymétrie de ses yeux, celui-là est affligé d'une 
espèce particulière de mauvaise vue, qu'on ne pouvait mieux 
dénommer que bes-vue, ber-lue. Un manteau qui est de deux 
longueurs différentes, plus long d'un côté que de l'autre, n'est 
guère conforme à l'esthétique du vêtement, et c'est ainsi que le 
français bar-long devient attributif péjoratif quand il s'agit d'un 
manteau. 

Le sens péjoratif ne se produit que dans les cas oit la dualité 
signifiée par le préfixe est mauvaise. Dans les autres cas, be et ses 
variantes peuvent avoir un sens fréquentatif : bàrô/er, beroter, 
birouler (bis-rotul are) ; ou marquer un mouvement de droite à 
gauche et de gauche à droite : balance, balancer, balanci, bir- 
. lance, birlancer. Mais, si ce qui balance ne doit pas balancer, ou 
le fait sottement et avec ostentation, de nouveau l'idée péjora- 
tive apparaît, birloçne, berloque, barljçuer, bien qu'elle ne soit 

pas inhérente au sens du suffixe. 

Jules Fellrr 

16. w. ac'mwède ; ao'mwèsse 

I. Le verbe wallon ac'mwède signifie acclimater une personne, un 
animal, l'habituer à un milieu, à une maison, à un métier, à un 
patron nouveaux. On trouvera dans le Vocabulaire-questionnaire 
AC- ( l ) un groupe assez complet de variantes dialectales; mais 
toutes n'ont pas la même valeur : on peut en résumer l'essentiel 
en constatant que le sud-wallon prononce -mwade, lorsque le 
nord dit -mxvède, et aco- au lieu de ac-. Cette alternance aco- : 
ac~ nous révèle la présence de deux préfixes, ad — cum\ ensuite 
l'alternance ivc : wa nous décèle un ancien tf entravé comme dans 
ahvède : stwade (anc.-fr. estordre). Que la consonne disparue est 

(') Au premier volume de ce Bulletin, 1906, p. 125. 



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— 14° ~ 

r et que -mivède répond au français -mordre, c'est finalement 
démontré par l'existence d'un infinitif aâmivèrder, refait sur la 
première conjugaison, qui est signalé en Condroz, et par le 
participe liégeois ac'mwèrdou, namurois acomtvardu. 

Le participe passé aâmwèrs, ac'mwèsse, est issu directement de 
morsus, morsa. La forme féminine n'a été rencontrée jusqu'ici 
que comme substantif, au sens de accommodation, acclimata- 
tion, mais on la retrouvera sans doute quelque part avec sa 
valeur participiale. En attendant, tablant sur une forme du par- 
ticipe féminin aàmwcde, qui nous apparaît maintenant refaite 
sur l'infinitif, nous avons à tort, dans le Vocabulaire précité, 
imprimé ac'mwért au lieu de aâmwérs, comme s'il s'agissait d'un 
composé de tnwért (mort). 

Ce qui empêchait d'y reconnaître d'emblée un parent du fr. 
mordre, c'est d'abord que le composant mordre n'existe pas en 
pays wallon, où l'on emploie le verbe hagni ( ] ) ; c'est ensuite la 
grande différence de signification. 

Que vient faire dans ac'mzvède et ac'mwàsse l'idée de mordre ? 
Elle y joue le même rôle que dans le français amorce. L'amorce 
est d'abord, non l'appât qui fait mordre, comme dit le Dict. gén., 
mais l'appât mordu, je dirais volontiers admordu ; puis, la distinc- 
tion temporelle se perdant, elle est l'appât à mordre. L'idée de 
mordre peut devenir métaphorique comme dans « mordre au 
latin». Si « mordre au latin » se comprend aisément, on eût 

(*) En liég. hagni, verv. hcgni, ard. hagner, nam. agner. L'origine de 
ce mot est encore à découvrir; nous le signalons à la perspicacité des 
chercheurs allemands, mieux outillés que nous en dialectologie germa- 
nique. 11 est hors de doute que sa provenance est germanique : l'existence 
en w. du nord et de l'est d'un h initial qui disparaît en namurois et en 
rouchi, le démontre assez. Mais Gggg. n'a rien trouvé de décisif. 
L'étymologie proposée jadis en passant par M. Wilmotte dans la Revue 
des patois gallo-romans, II, 40, (° cxcaniare) , ne convient ni pour le sens, 
ni pour la foi me. Ce mot ne pourrait signifier que « ôter les chiens »; 
ensuite un primitif en exe- ou se- exigerait dans nos dialectes du sud un 
ch- ou se- initial, que hagner, agner ne fournissent nullement. 



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— I4i - 

compris de mèm^ en français « a mordre au latin », et comordre 
et acomordre, et enfin s'acomordre, où le pronom 56' s'explique- 
rait comme dans « se saisir ». Or telle est, identiquement; la 
composition de l'expression wallonne $\w ) mwède a s* novê mèsti. 

II. Si cette explication est juste, il sera difficile de maintenir 
l'étymologie proposée par M. A. Thomas pour le mot êquemôdre, 
qu'il a trouvé dans Contejean, Glossaire du patois de Montbë- 
liard, p. 106 ( 1 ). Cet cquemôdre nous apparaît absolument iden- 
tique à notre ac'ntwède et il devrait être écrit èc* rnôdre. Constatons 
d'abord la similitude de sens. L'auteur du glossaire le définit : 
« habituer un animal qui va aux champs pour la première fois à 
suivre le troupeau ». Nous dirions de même ac % mwède ine bièsse. 

Cependant le savant philologue a vu dans cquemôdre « une 
forme refaite du verbe médiéval escomovoir», et il faut bien véri- 
fier cette hypothèse. Deux objections déblayeront le terrain. Kn 
premier lieu, il a fallu supposer un type latin vulgaire "excommo- 
vtre y qui peut avoir existé en provençal et en italien sans jamais 
avoir pénétré jusqu'au pied des Vosges. En second lieu, il est 
impossible d'accepter que ce *movëtv ait pu produire -rnôdre. 
Pour justifier l'ingérence du d dans des proparoxytons en -vtvc } 
il faut une consonne devant le v du latin : pulvtrem > poldre 
(poudre), solvtre > soldre (-soudre); mais vivïre devient vivre et 
non vidre, bibtre devient boire. On ne peut non plus assimiler le 
cas de moi>2re à celui de exmo/ëre devenant esmo/dre, esmoudre et 
esmeudre (émoudre). Y a-t-il dans -rnôdre un cas exceptionnel qui 
m'échappe ? Je crois plutôt que l'auteur a été trompé par une 
graphie mauvaise et par le manque de formes comparatives. S'il 
avait eu en main notre mot wallon et connu son sens exact, ni 
le faux air de cet e initial de cquemôdre^ ni la suggestion des 
formes méridionales ne l'auraient emporté. C'est en quoi nos 
modestes études, même défectueuses, pourront rendre service 
aux linguistes français : elles apporteront un indispensable contre- 
poids. 

Jules Fkllkk 

( l ) A.Thomas, Nouveaux essais Je philologie française. Paris, 1905. 



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— I 4 2 - 

17. w. (ri) tchî vêler 

Les mots tchiveler y ritchlveler, sont usités comme termes du 
jeu de bouchon à Trooz-Prayon-Forèt. M. Antoine Masson, 
qui nousles a communiqués, les définit comme suit: «tchtv'ëter, ou 
mieux ritchivehr, c'est remettre soi-même et obliger les autres à 
remettre une pièce de monnaie sur le bouchon, qu'on redresse. 
Ce droit n'appartient qu'au joueur dont c'est le tour de jouer 
immédiatement après que le bouchon a été abattu. Ce droit 
s'exerce d'ordinaire i° lorsque l'enjeu est fort entamé; — 2° 
lorsque, l'enjeu étant intact, le palet d'un adversaire est dans 
une position trop favorable près de l'argent tombé du bouchon. 
Le ritchiveleù joue naturellement le premier ». 

Il est probable que ces mots dérivent de tc/tif, anc.-fr. chief, 
fr. chef, lat. *capum. Mais quel sens donner ici à tchifî Serait-ce 
« tète »? « commencement »? ou encore « cheptel, capital »? Le 
second sens parait le plus plausible ; cf. l'anc.-fr. revenir à chief 
(recommencer), de rechief (de nouveau). 

Nos correspondants connaissent-ils l'usage susdit ? 

Jean Haust 
18. w. (ru)cà vêler 

C'est à tort que Gggg. II, 301, rattache à ce même radical 
*capumle verv. r'câvc/c r(abuter de nouveau, jeter de nouveau 
à la ligne pour savoir qui jouera le premier), malm. r'câvclcr 
(« faire da capo, ajouter, réitérer » Villb:ks)( 1 ). Gggg. dérive ce 
mot du prov. rechap, fr. rechef, ce qui est inadmissible. 

Lobet est le seul à signaler (p. 271) le simple càveler, qu'il 
définit : « 1. abuter, jeter au but pour jouer le premier; 2. cn- 

( l ) « Aujourd'hui, à Faymonville-Weismes (Wallonie prussienne), 
r'câvclcr signifie uniquement : faire une seconde séance dans une 
autre maison, après les stzcs (soirée, veillée), au lieu de rentrer 
chez soi : c'est des raive/eûrs, et co sovint dès trème/c/trs, qui fyowèt grà's 
fyeû. On ri douvère nên Puh azès r'câvcfcnrs; qrii-alche dwèrmil-* (Com- 
munication de M. l'abbé Joseph Bastin). 



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— 143 — 

caver, encuver, enchanteler » ( 1 ). — - A première vue, on pensera 
que le sens i dérive de càve } qui pourrait être synonyme dépote, 
fossette, trou en terre. Cependant, si l'on remarque que (ru)cà- 
veler, terme de jeu, n'existe qu'à Verviers et en Wallonie prus- 
sienne (/càveler), on soupçonnera qu'il est d'origine germanique. 
Et, de fait, c'est le même mot que le flam. kavelen, partager en 
tirant au sort (*), ail. kabeln, àEupen kabbele = tirer au sort, 
se disputer la prééminence ( 3 ). Lobet traduit donc exactement 
càveler, mais il a le tort de réunir dans un même article deux 
mots d'origine différente ; quant à rucàveler, il signifie proprement 
« procéder à un nouveau tirage au sort (pour fixer l'ordre des 
joueurs) », d'où « faire une nouvelle partie»; c'est dès r'câveleûrs 
se dira de ces joueurs passionnas qui sont toujours prêts à faire 
parties sur parties. — D'après nos renseignements actuels, le mot 
rticàveler n'est plus vivant aujourd'hui qu'au Sud de la Wallonie 
prussienne, dans le sens indiqué à la note i de la page précé- 
dente. Le simple càveler z dû s'y perdre de bonne heure; Villers 
lui-même l'ignorait en 1793. Il n'est donc pas étonnant que le 
sens premier se soit obscurci dans le composé. « Faire da capo, 
réitérer » est une traduction incolore, qui ne traduit en somme 
que le préfixe (rit-, re-). 

Ainsi s'expliquerait le dérivé « rucâvelèfye( x ), s. m., l'iterum, la 

(') M. Feller signale, à Laroche, un troisième verbe : càveler # bîire , 
faire un creux (trop profond au gré de la ménagère) dans la moite de 
b.urre, pour beurrer sa tartine. — A Ondenval, hâveler % boùre (J . Bastin). 

(*) De kavel, sort; anc. -nordique kafli, bâton couvert de runes pour 
tirer au sort, d'après Vrrcoujxib, Etym. Woord. 11 va de soi que ce mot 
n'a pas de rapport avec k a b e 1 , câble. 

( 3 ) On ne peut songer à dériver le w. càveler au fr. caver, v. intr., 
qui signifie : « à certains jeux (bouillotte, etc.) mettre devant soi une 
certaine somme » [voy. Dict.gén., caver 2, cave 3 et décavé]. Le mot 
français est d'origine italienne et n'a rien de populaire. La limitation de 
l'aire d'emploi du terme w. est une autre objection tout aussi sérieuse. 

( 4 ) Et non rcâvelêie, comme Gggg. le dit dans ses Extraits, p. 61, et 
dans son Die t. étytn., II, 301. L'original porte « rcâvlèje ». Je dois cette 
rectification à l'obligeance de M. l'abbé Bastin. 



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- 144 — 

table de multiplication », que Villers seul enregistre et qui est 
aujourd'hui complètement inconnu. C'est Faction de ittcâvcler, 
au sens général de« réitérer »; cf. l'ail, das Einmaleins. 

Jean Haust 



CHRONIQUE 

i ! . La 2° réunion des correspondants du Dictionnaire a eu lieu au local 
de la Société, le samedi 29 décembre 1906,3 11 h. du matin. Étaient 
présents MM. Albin Body, Èm. Ferage, M. Van de Rydt, A. Xhignessc, 
J. Dewez, E. Dony, L. Bragard, S. Randaxhe, abbé L.-J. Courtois, abbé 
J. Bastin, A. Masson, A. Tilkin, O. Pecqueur, O. Gilbart, Ch. Semertier, 
O. Grojean, J. Hens, P. d'Andrimont, etc. M.Lequarré, président de la 
Société, a souhaité la bienvenue aux correspondants, dont plusieurs 
étaient venus de loin, et les a remerciés de leur collaboration dévouée. 

La Commission du Dictionnaire a exposé quels éiaient les progrès 
accomplis depuis la première réunion et comment les correspondants 
pouvaient rendre leur concours aussi efficace que possible. Elle leur a 
montré comment tous les renseignements qu'ils veulent bien lui adresser, 
viennent se ranger par ordre alphabétique dans les deux cent cinquante 
boîles in-4 gorgées de fiches, où se concentrent tous les éléments du 
fu t u r Diction nairc. 

On a visité ensuite la riche bibliothèque de la Société, où s'accumulent 
notamment toutes les œuvres littéraires écrites dans les divers dialectes 
de la Wallonie. M. O. Colson a exposé la façon dont il conçoit le cata- 
logue méthodique qui, aujourd'hui, est à peu près terminé. Puis on a bu 
au succès de l'œuvre gigantesque entreprise par la Société, et l'on s'est 
sépiré pour se retrouver à 2 h. au Conservatoire, où se célébraient les 
fêtes du Cinquantenaire de la Société de Littérature wallonne. 

12. En 1904 s'est tenu à Mons un Congrès archéologique et historique. 
A l'assemblée générale du dimanche 31 juillet, M. Maurice Wilmotte a 
fait une conférence où il a traité « de l'Utilité scientifique d'un Diction- 
naire du dialecte wallon et de la Méthode qui doit présider à sa confec- 
tion ». Le texte de cette conférence vient enfin de paraître dans les 
Annales de la Fédération archéologique et historique de Belgique , tome 



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— 145 — 

XVIII, pp. 49-53. Le conférencier, qui venait de recevoir notre Projetât 
Dictionnaire générai \ en a parlé, comme aussi de ses auteurs, avec une 
bienveillance et même une sympathie qui semblent l'avoir abandonné 
depuis (voy. Un double projet de Dictionnaire des patois romands et wallons, 
dans le Bulletin de f Académie royale de Belgique, classe des Lettres, 
novembre 1905 ; voy. aussi le n° 1 de cette Chronique, p. 95). M. Wilmotte 
nous prodigue ses sages conseils : recourir aux travaux critiques des roma- 
nistes nationaux et étrangers, s'adresser au patois même, et à tous les 
patois, s'assurer des concours nombreux et sérieux, reproduire la physio- 
nomie exacte du parler populaire, tenir compte de son immutabilité (?), 
éclairer le sens des vieux mots patois à l'aide de l'ancienne langue fran- 
çaise, ne pas négliger l'onomastique. Or (notre Projet de Dictionnaire 
n'en est-il pas une première démonstration?) c'est précisément ce que 
nous avions fait avant 1904, et ce que nous n'avons cessé de faire depuis : 
l'apparition de notre Bulletin du Dictionnaire, nos questionnaires variés, 
la liste toujours croissante de nos correspondants, les lexiques et jus- 
qu'aux petits travaux wallons qu'ils nous envoient, nos vocabulaires- 
questionnaires AB-, AC-, AD-, plus complets et plus rigoureusement 
établis que tous les dictionnaires wallons réunis, les glossaires topony- 
miques que nous avons suscités, couronnés et publiés, la mise sur chantier 
d'un Glossaire général des noms de lieux de la Belgique romane, tout cela 
n'atteste-t-il pas notre désir et notre volonté de faire œuvre méthodique 
et complète? Et nous n'avons pas épuisé toute la série de nos projets. 

Les conseils des maîtres compétents nous sont précieux, surtout quand 
ils se recommandent par leur nouveauté ou leur opportunité. Mais 
M. Wilmotte reconnaît de bonne grâce que les siens ne sont ni originaux, 
ni les meilleurs, ni les seuls qu'on pourrait donner en l'occurrence. Nous 
le pensons comme lui. 

13. Dans la Gazette de Liège du 1-2 décembre 1907, L.-H. Légius nous 
fait l'honneur de consacrer son hebdomadaire Chronique liégeoise à nos 
publications et à nos travaux. Il en fait ressortir le caractère désintéressé, 
à la fois scientifique et patriotique, l'opportunité, l'urgence même; il 
adresse un chaleureux appel à tous ceux qui, si nombreux, pourraient et 
devraient, explorant chacun leur petit domaine wallon, nous en faire 
connaître les particularités lexicologiques et la toponymie. Il leur signale 
les procédés d'investigation à mettre en œuvre, l'intérêt que nous atta- 
chons aux plus modestes communications, l'accueil empressé que nous 



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— 146 — 

réservons à toutes les bonnes volontés qui s'offrent à nous. Bref, Lègius 
(et nous l'en remercions de tout cœur) parle de notre œuvre avec sa 
compétence bien connue en la matière et surtout avec une sympathie et 
une impartialité auxquelles les autres Wallons qui s'en préoccupent ne 
nous ont pas tous et toujours habitués. 

14. Voici une bonne nouvelle qui réjouira tous ceux qui s'intéressent 
à nos efforts et au succès de notre œuvre. 

M. le baron Descamps-David, Ministre des Sciences et des Arts, par 
dépêche du 5 décembre 1907, nous annonce que son départemen* 
« allouera un subside de mille francs à la Société liégeoise de Littérature 
waïîonnc. en vue de l'aider à couvrir les frais de publication du I er fasci- 
cule du Dictionnaire gênerai de la langue wallonne ». Le gouvernement 
encourage ainsi directement l'entreprise du Dictionnaire wallon, dont il 
reconnaît l'importance au point de vue scientifique, littéraire et patrio- 
tique. Il nous reste à justifier la confiance dont on nous honore, et nous 
ne faillirons pas à la tâche. Mai- tout d'abord nous tenons à remercier 
bien sincèrement M. le baron Descamps de ce haut témoignage de bien- 
veillance. 

Nous pouvons espérer dès à présent que les Conseils provinciaux et les 
grandes villes de la Wallonie apporteront éga'ement leur appui à notre 
travail, et nous permettront d'en commencer bientôt la publication. 

15. Sous le titre de Société internationale de dialectologie romane, il vient 
de se créer une nouvelle association internationale qui, sur nos instances, 
a choisi Bruxelles pour siège social et lieu d'édition. Cette associa- 
tion se propose d'assurer aux patois et aux parlers provinciaux la place 
importante qu'ils doivent occuper dans les recherches de linguistique 
romane. Elle aura pour organes une Revue de dialectologie romane et un 
Bulletin de dialectologie romane, publierions auxquelles seront sollicités 
de collaborer les rédacteurs du Dictionnaire wallon et tous nos compa- 
triotes qui s'intéressent à l'étude de nos si curieux parlers locaux. 

Le Comité de rédaction eU composé de quinze personnes : on a réparti 
l'ensemble du domaine roman en onze divisions et accordé quatre rédac- 
teurs aux piys non-romans qui s'adonnent à l'étude des dialectes romans. 
Chaque rédacteur dirigera et centralisera le travail dialectologique dans 
sa région. Ont été désignés : MM. Salvioni (Italie), Gauchat (Suisse), 
Gil'iéron (France), Menendez Pidal (Espagne), Rivard (Canada), Den- 
susianu (Roumanie), Meyer-Lûbke (Autriche), etc. 



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- 147 - 

Le secrétariat a clé fixé à Hal!c-sur-Saale et confié à M. B. Schàdel, 
privat-docent à l'Université de cette ville. 

La Belgique sera représentée par M. Auguste Doutrepont, professeur 
de philologie romane à l'Université de Liège et membre du Comité de 
rédaction de notre Dictionnaire. Lès maintenant, il s'est assuré le con- 
cours de MM. Jules Feller, qui étudiera plus spécialement les parlersdu 
Luxembourg (ardennais et gaumais), Jean H.ust, qui s'occupera (en 
collaboration avec M. Doutrepont) des dialectes de la province de Liège 
(verviétois, liégeois, hesbignon), de M. l'abbé Joseph Bastin, recteur h 
Ondenval, auteur d'un Glossaire et d'une Morphologie de Faymonville- 
Weismes, qui aura pour domaine particulier la Wallonie prussienne. La 
région namuroise a é.é attribuée à M. Alphonse Maréchal, professeur à 
l'Athénée royal de Namur, l'auteur de l'excellente Carte dialectale de 
f arrondissement de Namur. I\L Alphonse Kayot, professeur de philologie 
romane à l'Université deLouvain, a bien voulu se charger provisoirement 
du vaste domaine hennuyer. 

Xous adressons un chaleureux appel à tous ceux qui voudraient s'asso- 
cier à nos efforts et collaborer à notre entreprise de faire connaître et 
apprécier à l'étranger, sous leurs divers aspects, nos intéressants dialectes 
romans. 

16. Dans sa Chronique liégeoise du journal La Vallée du Geer, 
5 décembre 1907, M. Lucien Colson annonce la distribution à nos cor- 
respondants du troisième vocabulaire-questionnaire; il loue l'excellence 
du système d'informations, approuve la sage lenteur et la prudente 
circonspection que requiert l'élaboration de l'œuvre. 

17. Le nouvel organe du mouvement wallon, L'Action wallonne, 
dans son n° du 21 décembre 1907, nous fait l'honneur de consacrer au 
Dictionnaire général un sympathique artic'e dû à la plume compétente 
de M. Arille Carlier, de Monceau-sur-Sambre, auteur d'un Lexique caro- 
lorégien en co-rs de publication dans le Coq tfawous'. Après avoir insisté 
sur le caractère patriotique et scientifique de l'entreprise, sur les 
services qu'elle peut rendre à notre vieux langage trop dédaigné et même 
à la puissante langue française, sur la place prépondérante occupée par 
le wallon dans la dialectologie romane, sur la légitimité et la nécessité 
d'une œuvre d'ensemble destinée à réunir et à compléter les nombreuses 
tentatives antérieures, toutes fragmentaires et insuffisantes, M. Carlier 
rappelle les longs préparatifs accomplis par la Société de Littérature 



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— 148 — 

wallonne, la publication de notre Projet , les travaux d'approche auxquels 
s'est livré le Comité de rédaction et la façon dont il a organisé, dans 
toute la Belgique romane, son travail d'enquête. 

18. Un romaniste distingué, M. L. Zeliq :on, professeur au lycée de 
Metz, dont on connaît les études sur les parlers de Malmedy et de la 
Lorraine allemande, nous annonce qu'il prépare un Glossaite lorrain. Il 
nous écrit à ce sujet : « J'adopterai, sauf quelques modifications peu 
importantes, votre orthographe officielle, car, de toutes celles que j'ai 
étudiées, elle me paraît être la plus conforme aux vœux exprimés par la 
Société d'histoire et d'archéologie lorraine, sous les auspices de laquelle 
le lexique sera publié ». C'est là, pour l'auteur du système, M. Jules 
Feller, et pour la Société de Littérature rationne, un suaxs flatteur qu'il 
nous est agréable d'acter ; venant d'un philologue de» la valeur de 
M. Zeliqzon, ce témoignage spontané nous console de certaines résistances 
que le système orthographique de la Société wallonne a rencontrées à ses 
débuts. 

19. Les Noêls wallons, ces chansons naïves autrefois si répandues, sur- 
tout à l'Est de la province de Liège, forment une branche de la lyrique 
populaire dont l'étude est intéressante au point de vue littéraire, folklo- 
rique, philologique, rythmique, etc. 11 est grand temps de rendre aux 
textes connus leur intégrité et leur forme authentique, de rechercher 
ceux dont quelques fragments seuls surnagent encore dans la mémoire 
du peuple. M. Aug. I)outrepont,qui travaille a cette œuvre de restitution 
intégrale en vue d'une édition complète des Noêls wallons, a fait, dans la 
Gazette de Liège des 25-26 décembre 1907, appel à la collaboration de 
tous ceux qu'intéressent ces précieux témoins de notre passé. Une étude- 
questionnaire analogue paraîtra prochainement dans ce Bulletin. Dès à 
présent, nous prions nos lecteurs d'envoyer a M. Doutrepont, rue 
Fusch, 50, Liège, les textes qu'ils connaissent encore ou les copies 
anciennes qu'ils pourraient en posséder. 

20. VArmonac wallon do f« Sawênctpo fan bisac 1908 (Malmedy) con- 
tient, sous le titre de Petite Encyclopédie malmédienne t le répertoire 
alphabétique des institutions du Malmedy ancien et moderne, des notes 
d'histoire, de géographie, de toponymie, de folklore, etc., où nous trou- 
vons à glaner maint détail curieux au point de vue du vocabulaire. 
M. l'abbé Bastin — d.mt on a pu lire (v. ce Bull., Il, 39-49) la Note sur 
le Dictionnaire malmcdien de Hubert Scius {1893) — a tiré de ce Diction- 



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— H9 — 

nairc manuscrit la plupart des éléments de cette * encyclopédie » locale ; 
mais, noa content de trier et d'agencer les données de l'original, il les a 
heureusement complétées en poussant jusqu'en 1907 l'histoire des insti- 
tutions vivantes, en ajoutant quantité d'articles et en faisant la part 
beaucoup plus large aux dénominations toponymiques de la ville et des 
environs de Malmedy. — La seconde moitié d-j ce travail paraîtra dans 
l'almanach de 1909. 

21. De M. l'abbé Bastin, notre dévoue correspondant, nous signalons 
encore une étude toponymique sur Le préfixe c/ihi f conférence donnée à 
Liège à la Société d'Art et d'Histoire, le 17 avril 1907 (extrait de 
Leodium, Liège, Cormaux, 1907, in-8", n p.). 

L'auteur, cherchant l'origine du premier composant qui apparaît dans 
les noms de lieux tcàin-rou, tchin-strèc, ichin-mây, tchin-hé, soutient 
l'étymologie proposée dès 1883, par le D* Esscr, le distingué topony- 
miste de Malmedy. Ce serait l'équivalent de Kimm, nom qui désigne les 
chaussées romaines dans la partie S.-O. de la province rhénane et sur- 
tout dans le Grand-Duché de Luxembourg. M. Esser dérivait Kimm du 
lat. caminus (accentué sur l'antépénultième) et M. Bastin s'attache à 
corroborer cette proposition. Si l'on ne peut pas dire que l'auteur ait 
épuisé le sujet (il aurait dû, pour cela, faire la liste de tous les endroits 
où apparaît ce «préfixe» tekin et rechercher les formes diplomatiques 
les plus anciennes), les arguments qu'il apporte en faveur de sa thèse 
sont assez probants et suffisent à donner de la valeur à son étude topo- 
nymique. 

22. Notre Société, on le sait (v. ce Bulletin II, p. 16), a inscrit à sen 
programme l'élaboration méthodique du Glossaire général de la Toponymie 
wallonne et de son complément naturel, la Carte toponymique wallonne. 
Elle ne s'est pas contentée d'émettre un vœu platonique; elle a agi. Et, 
pour commencer, elle a réalisé le quatrième article du programme 
d'action qui figure ci-dessus, p. 17. Elle a fait tirer quatre mille exem- 
ple ires des 18 premières pages de ce Bulletin, intitulées Pour la Topo- 
nymie wallonne et en a fait l'envoi à MM. les Bourgmestres et Curés des 
1444 communes de la Wallonie. Cette « circulaire toponymique * était 
accompagnée d'une lettre, dont nous reproduisons le texte ci-après. La 
dépense totale s'est élevée de ce chef à 343 fr. 25. Jusqu'à présent, nous 
avons reçu une douzaine de réponses, applaudissant à notre idée el nous 
offrant un concours dont nous sommes très reconnaissants. Nous espérons 



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- t ?0 - 

en recevoir d'autres; mais, dût noire appel ne pas trouver d'autre écho 
pour le moment, nous nous féliciterions encore d'avoir fait cet effort 
nécessaire. Nous savions d'avance que le résultat immédiat ne serait pas 
brillant. Nous avons semé: il faut attendre que la moisson lève. Dans 
quelques années on jugera de la récolte. Au surplus, l'échec de cette ten- 
tative démontrerait — ce dont nous sommes d'avance convaincus - que 
l'intervention gouvernementale peut seule être efficace dans ce domaine. 
Nous nous employerons prochainement à l'obtenir. 

23. Dans sa séance de juillet 1907, la Société liégeoise de Littérature 
wallonne avait délégué M. Fcller au XX e Congrès Archéologique, qui 
devait se tenir à Gand du 2 au 7 août. Les Annales de ce Congres 
viennent de paraître. Elles contiennent (t. I, p. 276) la communication 
que M. Feller a faite le 3 août 1907 à la Section d'Histoire et que nous 
reproduisons à titre documentaire : « M. J. Feller profite de ce moment 
où la toponymie est à l'orcre du jour, pour agiter la question des publi- 
cations de glossaires toponymiques de communes. 11 rappelle les efforts faits, 
sans grand succès, depuis 1884 par M. G. Kurth, dans divers congrès et 
revues. M. Feller est heureux d'annoncer sur cette question un fait 
nouveau : la Société liégeoise de Littérature wallonne qui, depuis près de 
50 ans, avait rangé la toponymie au nombre de ses préoccupations, vient 
de décider en principe la publicat on d'un Dictionnaire généra' de topo- 
nymie des communes wallonnes et de provoquer par ses concours l'éclosion 
du plus grand nombre possible de toponyiiues locales. Il espère que 
dite initiative — qui ne prétend entraver en rien celle des Sociétés 
archéologiques — sera bien reçue de l'assemblée, et que l'une ou l'autre 
des Sociétés savantes de Flandre assumera la même tâche pour les com- 
munes flamandes, de telle sorte que, dans un certain nombre d'années, 
soit dans 25 ou 50 ans, la science possède pour ses travaux le dictionnaire 
complet de la toponymie des communes belges *. 

24.. On trouvera ci contre la lettre qui accompagnait la « circulaire 
toponvmique * dont il est question au n° 22 de cette Chronique. 



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SOCIÉTÉ LIÉGEOISE DE 
LITTÉRATURE WALLONNE 



(Voy. ci -dessus p. 149, n*22.) 



A Messieurs les Bourgmestres et Curés 
de la Wallonie. 



Secrétariat . 

Rue Fond-Pirettf, 75 

LIÈQE 



Monsieur le Bourgmestre, 
Monsieur le Curé, 



La Société liégeoise de Littérature wallonne entreprend, 
dans toute la Wallonie, une enquête en vue d'établir le 
Glossaire général de la Toponymie wallonne. Elle vou- 
drait recueillir, étudier et classer les noms de lieux qui 
foisonnent dans nos communes et qui sont si précieux 
pour l'histoire locale. 

Nous avons V ambition de vous intéresser et même de 
vous associer a cette grande œuvre de science et de patrio- 
tisme. Nous nous chargeons de concentrer et de combiner 
les matériaux abondants que peuvent nous fournir des 
chercheurs «sur place»; mais il nous faudrait dans chaque 
commune un ou deux collaborateurs de bonne volonté qui, 
travaillant d'après la méthode exposée dans les pages sui- 
vantes, consent iraient à nous envoyer la description topony- 
mique de leur localité : travail relativement facile, agréable 
en tout cas dans ses procédés d'investigation, et qui contri- 
buerait ù la glorification de nos communes, dont chacune 

11 



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— 1?2 — - 

possède, dans ses noms de lieux, des phénomènes propres 
et distinct ifs. 

Nous serions doublement heureux et fiers si vous pou- 
viez être pour nous ces collaborateurs que nous cherchons 
chez vous. Dans le cas où vos trop rares loisirs ne vous le 
permettraient pas, laissez-nous espérer que, grâce a i inté- 
rêt que notre œuvre ne peut manquer de vous inspirer, 
vous userez de votre prestige et de votre connaissance 
parfaite des choses de votre commune ou de votre paroisse, 
pour nous signaler et nous assurer, parmi vos admi- 
nistrés, un travailleur qui serait désireux d'unir ses 
efforts aux nôtres. Nous ferions tout ce qui dépendrait de 
nous pour le seconder et le diriger dans ses recherches. 

Espérant recevoir bientôt une réponse favorable, nous 
vous prions, Monsieur, d'agréer l'expression de nos senti- 
ments les plus distingués. 

Le Secrétaire, Le Président, 

Jean HAIT S T. X. LEQUARRÉ. 

P. S. La Société se permet d'attirer aussi votre attention 
sur une autre œuvre considérable qu'elle a entreprise 
depuis un demi-siècle et pour laquelle elle sollicite l'appui 
de collaborateurs dévoués dans tout le pays wallon : le 
Dictionnaire général de la Langue -wallonne ou Glossaire 
des parlers romans de la Belgique. Pour l'élaboration 
de ce Dictionnaire , nous publions un Bulletin et des 
Questionnaires, qui doivent certainement vous intéresser 
ù plus d'un titre et qui vous seraient envoyés, si vous 
nous en exprimiez le désir. Prière de sadresser au 
Secrétariat, rue Fond-Pirette, 75, Liège. 



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LISTE 
DES CORRESPONDANTS-COLLABORATEURS 



DU 

dictionnaire: 



Dans cette liste, nous rangeons par ordre alphabétique les provinces, 
les arrondissements judiciaires et les localités. 

L'astérisque indique que le correspondant est en même temps membre 
de la Société liégeoise de Littérature wallonne. Nous rappelons à ce propos 
qu'il est toujours possible aux autres correspondants de devenir socié- 
taires et de recevoir ainsi toutes nos publications. 

La première liste de ce genre (77 noms) a paru dans le 18 e Annuaire 
(1905): la seconde (144 noms) a paru dans le Bulletin du Diction- 
naire I, p. 65 (janvier 1906). Celle que nous publions ci-après comprend 
162 noms et diffère notablement des précédentes. Nous avons lieu de 
croire que ces collaborateurs éprouvés nous resteront tous fidèles jusqu'au 
bout. 

o 

o o 

Nous ne pourrions donner à notre œuvre l'ampleur que nous rêvons 
pour elle, si nous ne comptions sur le zèle de nos correspondants, zèle 
intelligent et où l'initiative individuelle peut certes se développer, 
mais que nous avons aussi mission de diriger, pour le plus grand bien 
du travail commun. Les hommes dévoués qui veulent bien nous aider, 
nous permettront donc de leur dire un mot de ce qu'on pourrait appeler 
leurs « devoirs », — en donnant à ce terme le sens d'obligation morale, 
consentie librement et dans une pensée toute désintéressée. 

1. Ils doivent d'abord répondre aux cahiers du Questionnaire ■- Voca- 
bulaire que nous leur envoyons périodiquement. Nous avons déjà fait 
trois expériences de ce genre, et nous sommes heureux de déclarer que 



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*- 154 — 

beaucoup de ces réponses — pour ne pas dire la plupart — constituent 
des documents remarquables, qui nous apportent maint renseignement 
inédit ( l ). Par malheur, tout le monde ne met pas même empressement 
et même attention à nous répondre. Si l'on veut pourtant nous per- 
mettre d'avancer, on doit nous renvoyer le cahier un mois environ après 
l'avoir reçu ou, tout au moins, nous prévenir du retard éventuel. — On 
est prié i° d'inscrire dans ce cahier toutes les notes qu on juge propres à 
nous servir et de leur donner le développement nécessaire ; 2° de noter 
exactement la prononciation en prenant comme guide nos Règles ^or- 
thographe ( 2 ). 

II. Nous prions également nos correspondants de répondre, quand ils 
le peuvent, aux questionnaires variés qui paraissent dans ce Bulletin, 
de nous envoyer des descriptions en patois des divers aspects de la vie 
wallonne : mœurs, croyances, métiers, travaux de la ferme, jeux, chants, 
proverbes, etc. Les textes que nous avons publiés jusqu'ici dans nos 
Archives dialectales peuvent servir de modèles et suggérer d'autres com- 
munications du même genre. 

III. Ils voudront bien aussi récolter les termes curieux qu'ils con- 
naissent ou entendent autour d'eux et nous envoyer ces listes pour 
enrichir nos collections. Spécialement, ils nous adresseront en temps 
utile la liste des mots sur lesquels doivent porter les questionnaires 
futurs (AF- t AG-, etc.). 

IV. Ils nous rendront un grand service en faisant connaître notre 
œuvre dans le cercle de leurs amis et surtout en nous recrutant de nou- 
veaux collaborateurs dans les régions écartées qui n'auraient pas encore 

de représentants. 

o 
o o 

Après ces recommandations — que nous craignons vraiment de mul- 
tiplier, tout en les jugeant nécessaires au succès de l'œuvre commune, — 

( 1 ) On a vu dans ce Bulletin, I, 77-110, tout ce que la première con- 
sultation a fourni pour le Supplément AB-\ on verra dans les prochains 
n ,,M le résumé des trouvailles faites pour les mots commençant par AC- 
et AD-. - - Les correspondants nouveaux qui n'auraient pas reçu les 
deux premiers cahiers et qui désireraient y répondre, peuvent nous les 
demander. 

( 2 ) Nous en adressons un exemplaire à ceux qui nous en font la 
demande. 



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— iSS — 

il nous reste un devoir plus doux à remplir : celui d'exprimer noire vive 
gratitude aux aimables correspondants dont les noms suivent. Qu'il 
nous soit permis de signaler ici en première ligne trois étrangers : M. le 
D r Esser, de Malmedy, MM. Ch. Lamy, de Cambrai, et Jules Waslet, 
de Givet, qui veulent bien nous accorder leur aide précieuse. Tous les 
autres sont des fils de la Wallonie belge, élite d'esprits curieux et de 
cœurs désintéressés, qui s'astreignent à une tâche modeste, avec le seul 
souci de collaborer à une œuvre de science et de piété filiale. 



Province de Brabant 

Arrondissement de Nivelles 

Chastre- Villeroiix. — A. Jadin, professeur à l'Athénée d'Ostende. 

Cortil. — Abbé S. Balau, curé de Pepinster. 

Court- Saint- Etienne. — ° A. Mortier, vice-président de Nameur po tôt, 

Bruxelles. 
G c nappe. — J. Dewbrt, professeur à l'Athénée d'Ath. 
Marilles. — ° P. Deltour, professeur à l'Athénée de Liège. 
Nivelle*. — ° A. H\non de Lguvet, échevin de Nivelles. 

» ° Ed. Parmentier, avocat à Nivelles. 

♦ ° M. Van de Rydt, professeur à l'Athénée de Liège. 

y> ° G. Willame, directeur au Ministère des Sciences et des 

Arts. 
Noduwez-Linsmeau. — ° Abbé Dacosse, curé de Gentinnes. 
Ptrwez. — ° Abbé L.-J. Courtois, curé de Saint -Gcry (Gentinnes). 
TJwreinbais-St-Trond . — Noël-Dkbra, bourgmestre et cultivateur. 
Tilly. — Y. Pommier, étudiant en médecine. 
Wavre. — E. Heynen, auteur wallon. 
» J. Van Cutsem, employé. 

Flandre wallonne et française 

Cambrai (France). — Ch. Lamy, littérateur. 
Renaix. — Delghust, docteur en médecine. 



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-- i 5 6 - 

Province de Hainaut 

Arrondissement de Char ferai 

Binche. — L. Avaert, employé. 

Bour/ers-Chimay. — ° E. Dony, professeur à l 'Athénée de Mons. 

Chapelle-lez-Hcrlaimont. — ° Alph. Bayot, professeur à l'Université de 

Louvain. 
Gosselies. — ° J. Wyns, représentant de c immerce, à Jumet. 
Jumet. — F. Warnon, auteur wallon. 
Mur chienne-au- Pont '. — R. Névraumont, étudiant. 
Monceau-sur- Sambre. — ° A. Carlier, étudiant. 
Viesville. ■— ° O. Pecqueur, professeur à l'Athénée de Liège. 

Arrondissement de Mons 

Bray. — ° A. Minders, pharmacien, à Schaerbeek. 

Framerics. — L. Dufraxe, avocat. 

Harmignies. — M. Hugé, étudiant. 

La Louvicre. — F. Hurez, rédacteur de Wallotinia dou Centc. 

Mons. - ° M. Garez, docteur en médecine. 

— ° G. Talaupk, auteur wallon. 
/Conquières. — E. Landercy, docteur en philosophie et lettres. 
Soignies. — ° A. Demeuldre, président du Cercle archéologique. 

Arrondissement de Tournai 

A th. ~ ° H. Delcourt, capitaine-commandant retraité. 
* ° E. Ouverleaux, conservateur honoraire des manuscrits de la 

Bibliothèque Royale. 
Bclœil. - - G. Jeuniaux, instituteur. 
Flobecq. — Van Langenhove, juge de paix, à Mouscron. 
Lessincs. — Th. Lesnkugq-Jouret, secrétaire et archiviste communal. 
Pecq. — ° Ch. Fraîchefond, professeur à l'Ecole moyenne de Huy. 
Stambruges. — ° A. Gosselin, bourgmestre. 
Tournai. — ° A. Wattiez, auteur wallon. 
Wiers. — J. Renard, bourgmestre. 



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— 157 - 

Province de Liège 

Arrondissement de Huy 

Ben-Ahin. — M lle L. Simon, institutrice. 
Chapon-Seraing. — A. Hansoul. 
Cras-Avernas. — A. CraTE, receveur communal. 
Crehen. — E. Hallet, instituteur. 

> °L. Molitor, professeur à l'Athénée de Liège. 

Ferrières. — E. Mortehan, instituteur. 
Héron. — J. Debatty, huissier. 
Huy. — W. Gorrisskn, publiciste. 

Neuville-en-Condroz. — ° Em. Régnier, surveillant à l'Athénée dcLiège. 
Neuville-sous- Huy . — ° Abbé J. Schoenmaekers, curé. 
Scry-Abée. — ° A. Xhignesse, auteur wallon. 
Terxagne. — E. Balthazar, étudiant. 

Arrondissement de Liège 

Beaufays. ° Ed. Mo.nskur, auteur wallon. 

Bergilers (Orcye). — M. Kkppknne, secrétaire communal. 

Darion (Hoilogne-sur-Geer). — A. Beaujkan, instituteur. 

Fsneux. — ° A. Lallemand, professeur honoraire d'Athénée. 

Fontin-Esneux. - Fr. Renard, négociant. 

Glons. — M. Fréson, instituteur. 

Grâce- Berleur. — A. Lombard, pharmacien. 

Herstal. — ° A. Colson, instituteur. 

» °L. Colson, instituteur. 

» c J. Lejeune (dit Lamoureux), auteur wallon. 

Ivoz-Ramet. — ° Ad. Degive. 
Jupille. — ° E. Jacquemotte, pharmacien. 

» ° J. Lejelne, auteur wallon. 

Liège. - ° L. Comnet, sculpteur. 

» ° O. Colson, directeur de Wallonia. 

» ° L. De Koninck, professeur à l'Université. 

» ° Is. Dory, professeur honoraire de l'Athénée. 

* c God. Halleux, auteur wallon. 

» ° F. Mélotte, ingénieur. 

» G. Paulus, auteur wallon. 



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- 15» - 

Liège. — ° Jos. Remouchamps, avocat. 

* ° Alph. Tilkin, auteur wallon. 
Lincé-Sprhnont. — ° H. Simon, auteur wallon. 
Méry-Tilff. — Maréchal, instituteur. 
Nandrin. — G. Quintin, auteur wallon. 

Retinne. — °N. Lrquarré, professeur entérite de l'Université. 
Sclessin. — G. Muselle, comptable. 
Seraing. — ° Alph. Gillard, auteur wallon. 
Trooz. — ° A. Crahay, employé. 

* ° A. Masson. professeur à l'Athénée de Liège. 
Visé. -- E. Boullienne, directeur honoraire d'école. 

» ° P. Mercx, industriel. 

Arrondissement de Verviers 

Basse- Bodeux. — L. Mathieu, secrétaire communal. 

Pouny-Romséc. — J. Trillet, auteur wallon. 

Bra-Stavelot. — Edm. Paquay, instituteur. 

Chevron-Bra- Villettes . — Léop . Paquay, i nst i t ut eu r . 

Coo-Troisponts. — °J. Defresne, instituteur. 

Flêro i Thimister. — ° S. Randaxhe, docteur en médecine. 

Francorchamps. — ° A. Counson, professeur à l'Université de Gand. 

lierre. — ° J. Leruth, auteur wallon. 

Jevigné-Lierneax . — ° Abbé N. Bissot, professeur à Stavelot. 

La Minerie. -- ° Abbé G. Dobbelstein. curé de St-I)enis ; Liège. 

Masta- Stavelot. — ° H. Piron, instituteur. 

Moulin-du-Ruy. — ° Alph. Dewez, cultivateur. 

Nessonvaux. — Jos. Cospin. 

* °Th. Heuse, architecte. 

Spa. — ° A. Body, archiviste de la ville de Spa. 

» ° G. Borkmans, auteur wallon. 
Stavelot. — °G. Chauveheid, typographe. 

° H. et ° J. Schuind, auteurs wallons. 
Ster-Francorcluimps. — J. Dohogne, instituteur. 
Stoumont. -- J.-J. Beco, bourgmestre, et Bastin, instituteur. 
Troisponts. — H. Bodeux, instituteur. 
Verviers. — H. Angenot, bibliothécaire communal. 

» ° H. Raxhon, auteur wallon. 

Wanne. — L. Michel, étudiant. 



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- 159 - 

Limbourg wallon 

Rben-EmaeL — DE Froidmont, instituteur. 
Roclenge-sur-Geer. — Fr. Olyff, publiciste. 

Province de Luxembourg 

Arrondissement d'Arlon 

Chiny. — A. Maury, instituteur, à Verviers. 

Mussy-la- Ville. — M. Laurent, professeur à l'Université de Liège. 

Prouvy-Jamoigne. — L. Roger, instituteur. 

Sainte- Marie-sur- Semois. — C. Simon, cultivateur. 

Virton. — ° N. Outer, artiste-peintre. 

Arrondissement de Marche 

Bovigny. — ° Lomry, docteur en médecine. 
Cherain. — A. Servais, instituteur. 
Houffalize. — L. Martiny, receveur communal, à Olne. 
Marche. — ° O. Verdin, auteur wallon. 
Neuville- Vielsalm. — Rinck, instituteur. 
Ortho. — Abbé J. Lenoir. curé à Ortho. 
Vielsalm. — ° J. Hens, auteur wallon. 

Villers-Ste-Gertrude. — ° A. Grégoire et Leclère, professeurs à T Athé- 
née de Huy. 

Arrondissement de Neuf château 

Lavacherie. — ° Denis, chef-garde du Roi. 

Neufchdteau. — °G. Goffinet, receveur des contributions, à Liège. 
Nenvillers-Libramont. — C. Robert, instituteur honoraire. 
Offagne. — ° K. Bernard, professeur à l'Athénée de Liège. 

* Picard, instituteur. 

Ucimont. — Xickers, instituteur. 

Province de Namur 

Arrondissement de Dînant 

Rerzée. — ° J. Vandereuse, auteur wallon. 
Bouvignes. — ° Alb. Robert, chimiste. 



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— 160 — 

Ciney. — L. Simon-Henin, industriel. 
Couvin . — M . Prud'homme , étud i an t . 

Dailly-Couvin. — ° L. Preud'hommb, professeur à l'Athénée et à l'Uni- 
versité de Gand. 
Dînant. — ° Em. Ferage, pharmacien. 

» ° A. Lemaire, ingénieur. 

» H. Tournay, auteur wallon. 

Gimnce-Doische. — M. Guislain instituteur, à Rienne (Gedinne). 
Givct (France). — ° J. Waslet, professeur au Lycée de Laon. 
Gros-Fays. — ° J. Brouet, professeur à l'Athénée de Chimay. 
Natoye. — Abbé X. Chasseur, curé. 

Noiseux. - ° L. Parmentier, professeur à l'Université de Liège. 
WavreWe. — Abbé J. Van Schingen, curé. 

Arrondissement de Namur 

Andcnne. — ° L. Bragard, professeur à l'Athénée de Bruges. 

Fosses. — ° Lurquin, percepteur des postes, à Verviers. 

Lesve. — Chanoine Roland. 

Mazy (Gembloux). — ° J. dk Jaiffe, bourgmestre. 

Mcux. — ° J. Massart-Attout, négociant. 

Namur. — A. DE PlERPONT. 

* ° L. Loiseau, auteur wallon. 

* ° Alph. Maréchal, professeur à l'Athénée de Namur. 

* Edg. Sacré, avocat. 

» ° Aug. Vierset, publiciste. 

Wallonie prussienne 

Faymonville. — ° Abbé J. Bastin, recteur d'Ondenval. 
Malmedy. - ° D r Q. Esser, Schulrath. 
Ovifat. — ° Abbé Toussaint, professeur à Dolhain. 
Roberville. — ° Abbé A. Dethier, curé de Troisponts. 
Sourbrodt. — ° Abbé N. Pietkin, curé de Sourbrodt. 



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COMMUNICATIONS REÇUES 

(2« LISTE) 

Le Bulletin accuse périodiquement réception des communications de 
quelque importance que veulent bien nous faire nos correspondants ou 
des personnes qui, sans prétendre à ce titre, ont l'obligeance d'augmenter 
la somme de nos matériaux. 

La liste suivante ne tient compte que des communications tnanus- 
critts, faites en dehors des réponses aux * Cahiers-questionnaires du Dic- 
tionnaire ». Quant aux communications imprimées, nous les avons 
énumérées dans le n° 2 de ce Bulletin, p. 98 (Chronique, n° 7). 

Le secrétaire accuse immédiatement réception de tout envoi qui lui 
parvient. On est prié de lui signaler les omissions et les erreurs qu'on 
relèverait dans nos listes. 

H. Angenot. Mots verviétois. 

J. BASTiNet J.-J. Beco. Notice sur l'industrie du panier à Stoumont. 

Jos. Bastin. 1. Note sur le Dictionnaire malmédien manuscrit de 
Scius. [Insérée dans ce Bulletin II, 39-49]. — 2. Copie du Dictionnaire 
malmédien de Villers (1793), augmentée de notes personnelles et de 
mots inédits tirés du Dictionnaire tnalmédien (1893) de Hubert Scius; 
lettres C et D. [Voir ce Bulletin II, 102.) — 3. Idem, lettres E-J: 
cahiers 5 et 6, contenant 108 mots nouveaux extraits de Scius, 4 mots 
nouveaux tirés du Brouillonne ViLLERset 86 mots, inédits pour la plupart, 
du parler de Faymonville- Weismes. 

Jos. Bay. Quelques mots de Dinant, etc. 

H. Bodeux. Mots de Stoumont et de Troisponts. 

A. Body. 1. Matériaux d'un Glossaire wallon (1865), avec la compa- 
raison de mots d'ancien français recueillis dans le Dictionnaire de Trévoux 
et dans des auteurs du xvi e siècle. — 2. Réponse aux questionnaires sur 
les vents (n° 1) et sur les salutations (n° 2). — 3. Notes très nombreuses 
sur Spa et les environs. 

G. Borkmans. Réponse aux questionnaires sur les vents (n° 1), sur les 
salutations (n° 2), sur l'agriculture (n° 3), sur le jeu de quilles (n° 4), à Spa. 

E. Boullienne. 1. Le vannier ou fieû a" ftanis à Jalhay. — 2. Les jeux 
de crame et de caye. 



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— l62 — 

L. Bragard. i. Le jeu de billes. - - 2. Vocabulaire du jeu de balle à 
Andenne. — 3. Réponse aux questionnaires sur les vents (n° 1) et sur 
les salutations (n° 2). 

J.-B. Brouet. Réponse au questionnaire sur le foyer (n° 8), à Gros- 
Fa y s. 

A. Carlier. 1. Vocabulaire du batelier de la Sarabre (133 fiches). — 
2. Vocabulaire deCharleroi (300 fiches AC-AZ-). 

L. Colineï. 1 . Additions et corrections au vocabulaire de l'armurier 
liégeois. — 2. Vocabulaire du brossier. — 3. Notes diverses. 

A. Colson. Notes sur Vottem, Herstal, Jeneffe, etc. 

L. Colson. 1. Notes sur Vottem et les Tailles. — 2. Réponse aux 
questionnaires. 

J. Debatty. 1. Réponse aux questionnaires. — 2. Les carrières de 
Seilles. 

P. Dechesne. 1. Réponse aux questionnaires. — 2. Notes diverses 
sur Solwaster. 

M. Defraigne. Mots de Roclenge. 

Jos. DEFRECHEUxet Ch. Semertier. Matériaux considérables recueil- 
lis en vue d'un vocabulaire de la flore wallonne. — Jos. Defrecheux. 
Nombreuses fiches sur le blason populaire. 

de Froidmont. La fabrication du sirop à Rben-Emael. 

H. Delcourt. Mots aihois. 

A. de Pierpont. 50 fiches sur le dialecte namurois. 

E. Despret. Réponse aux questionnaires. 

Alph. Dethier. 1. Notes sur Roberville. — 2. Po nos fftits ouhrs ! 
pitit rime è walon dol Rèbivèye. [Paraîtra dans ce Bulletin en 1908.] 

J. Dewert. t. Quelques fiches sur Athet Gcnappe. 2. Mots du 
xvin e siècle, extraits d'inventaires faits à Mainvault-lez-Ath : 58 mots 
d'inventaires de 1 758- 1 785, avec traductions et conjectures. 

G. Dobbelstein. i. Réponse aux questionnaires. — 2. Notes sur 
abeùr. sir, était. 

E. Dony. 1. Réponse aux questionnaires. — 2. Notes sur Bourlers- 
Chimay. 

Ch. Douïrepont. Notes de dialectologie tournaisienne. (Manuscrit 
de l'article paru sous ce titre dans le Zeitschrift fur franzbsiscfu Sprache 
und Litteratur, XXII 1 , pp. 66-136). 

D. Duvivier. La vie rurale à Lens-sur-Dendre. 



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- i6 3 - 

H. Gaillard, i. Le métier de sabotier (prov.de Luxembourg). — 
2. Le foyer (ibid.). — 3. Mots divers (Huy, Condroz, prov. de Luxem- 
bourg, environ 160 fiches). 

A. Gillard. 1. Mots de Serai ng. — 2. Additions au Vocabulaire du 
houilleur. ^ 

G. Goffinbt. 1. Réponse aux questionnaires. — 2. Mots chestrolais 
(70 fiches). 

W. Gorrissen. 1. Réponse aux questionnaires (vents, foyer). — 
2. Note sur le mot anlèrmagique à Huy. 

A. Gosselin. 1. Réponse au questionnaire sur les vents (n° 1). — 
2. Liste des outils du menuisier. — 3. U tirage petotes* à Stambruges. — 
4. Vocabulaire de Stambruges (lettre A). 

A. Grignard. 1. Phonétique du patois borain. — 2. Carte dialectale 
de l'Ouest- wallon. — 3. Essai sur les causes de l'altération du patois 
carolorégien (inachevé). — 4. Nombreux et précieux documents dialec- 
tologiques sur le Hainaut, la province de Namur et le Brabant wallon. 
[Voir ce Bulletin, II, 98.] 

A. Hantzkn. L'apiculture à Nessonvaux. 

Ch. Havet. Le lorguic/ie, vocabulaire de l'argot liégeois. 

J. Hens. Vocabulaire du fabricant de pierres à rasoir, à Vielsalm. 

Th. Heuse. Mots divers. 

E. Heynen. Vocabulaire de Wavre. 

H. Labenne. Vocables thudiniens. 

Landercv. Les foins à Ronquières (réponse au questionnaire n° 9). 

C. Laurent. Lettre sur la délimitation du pays gaumais. 

M. Laurent. La fenaison à Mussy-la- Ville (id.). 

J. Lejeunk (de Jupille). 1. Réponse aux questionnaires. — 2. Mots 
divers. 

N. Lrquarré. 1. Lifènàhe. [Inséré dans ce Bulletin II, 26-30].-- 2. Li 
manôye à vipayis <T Lifye, [Voir ibid. t 109- 1 20). — 3. /ne copine sa lès pûtes 
et Us mèseûres. [Voir ièid., 107.] 

J. Leruth. La fabrication du beurre, du fromage et de la maktye au 
pays de Hervé. 

Lesneucq-Jouret. 500 mots de Lessines. 

C. Lixox. Quelques notes sur des mots wallons. 

P. -A. Lognoul. Les anciens f ornes à Forrières. 



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— 164 — 

Lurquin. Traduction de la Parabole de l'Enfant prodigue en wallon 
de Fosses. 

Alph. Maréchal, i. Réponses aux questionnaires. — 2. La faux et 
ses parties, à Landen ne-sur-Meuse. — 3. Les noms d'arbres à Sorée 
(Condroz). * 

Jos. Maréchal. Les noms d'arbres à Herbeumont et à Neufchâteau. 

Jos. Marichal. 1. Réponses aux questionnaires. — 2. Une journée 
d'automne : description en wallon de Gueuzaine-Malmedy. [Paraîtra dans 
ce Bulletin en 1908.] 

J. Massart. 1. Réponses aux questionnaires. — 2. Les travaux rus- 
tiques à Meux. 

A. Masson. Mots divers de Trooz-Prayon-Forêt . 

Maury. 1. Le jeu de quilles à Chiny. — 2. Vocabulaire du patois de 
Chiny. — 3. Réponses aux questionnaires. 

A. Mixdkrs. Les travaux de la ferme à Obaix. 

L. Molitor. Vocabulaire de Crehen (Hannut). 

Ed. Monseur. 1. Réponses aux questionnaires. — 2. Li fyèferèye. 

R. Névraumont. Termes du jeu de balle et mots divers de Mar- 
chienne-au-Pont. 

Noël-Debra. Réponses aux questionnaires. 

N. Ouïer. 1. La tchèsseau bos. [Insérée dans ce Bulletin I, 148-9.]. — 
2. Les pois, anecdote en gaumais. 

Em.OuvERLEAUX. Notes sur quelques mots wallons et sur le fr. orin. 

O. Pecqueur. 1. La fabrication des sabots à Lavacherie. — 2. Liste 
de lieux dits ardennais. — 3. Liste de lieux dits de Viesville. 

R. Pignolet. Vocabulaire des ardoisières de Warmifontaine. 

H. Piron. 1. Le jeu de quilles à Stavelot. — 2. La/èndye (fenaison) 
à Masta-Stavelot. — 3. Vocabulaires du passementier et du cordonnier 
à Genappe. 

L. Pirsoul. Notes sur le sens de 34 mots namurois : réponses reçues 
[de MM. E. Leurkin et L. Rosar, de Dinant; E. Heynen, de Wavre; 
J. Liétard, de Profonde ville; J. Beguon, P. Pirsoul, L. Bodart et 
J. Mandos, de Namur] à la suite d'un article du Couarneu et de corres- 
pondances particulières. 

H. Poetgens. Vocabulaire du charriage à Verviers. 

G. Quinïin. Réponses aux questionnaires. 



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- 165 - 

S. Randaxhe. i. Le travail de la ferme à Thimister. [Deux extraits 
de cette communication-modèle ont paru dans ce Bulletin II, 19-23 : Les 
haies ; iôid., 103-7 : Le lait.] — 2. Chez le boulanger. — 3. Chez le char- 
pentier. - 4. Spots de Thimister. — 5. Les vents. — 6. Enfantines et 
jeux d'enfants. — 7. Différences de phonétique et de lexicologie entre 
Thimister et Flèron. - 8. Nombreuses fiches sur le wallon du pays de 
Hervé. 

Jos. Rkmouchamps. Réponses aux questionnaires. 

C. Robert. 1. L'èrére (charrue) à Neuvillers. — 2. Notes sur le 
wallon chestrolais (56 fiches). 

J. Roger. Note sur le foyer. 

L. Roger, i. Réponses aux questionnaires. — 2. Vocabulaire de l'ar- 
doisier à IJerbeumont. — 3. Une page en patois de Herbeumont. 

J. S.... Renseignements sur les carrières d'Écaussines. 

P. Scharff. Notes sur sir, take, etc., dans le dialecte allemand du 
Grand-Duché. 

J. Schoenmaekers. i. Les tanneries du Hoyoux. — 2. Vocabulaire 
des bateliers de Huy. — 3. Voc. des vignerons et des caviers. - 4. Voca- 
bulaire des tourneurs en fer et des étameries de Huy. - 5. Vocabulaire 
de la poudrerie d'Ombret. — 6. Les sucreries de Wanze. — 7. Nom- 
breuses expressions de Huy, de Rosoux, de Wasseiges, de Thuin, etc. — 
8. Réponses aux questionnaires. 

Ch. Semertier. i. Voy. ci -dessus : J. Defrech^ux. — 2. La fabri- 
cation du papier à Huy. — 3. Notes diverses. 

H. Simon, i. L'apiculture à Lincé-Sprimont. — 2. Fènà-meùs. [Inséré 
dans ce Bulletin , II, 24-6.] 

C. Simon, i. Mots de S le -Marie-sur-Semois. — 2. La fenaison et la 
moisson en pays gaumais. 

J. Trillet. Mots de Bouny-Romsée. 

K. Van Langenhove. Réponses aux questionnaires. 

O. Verdin. i. Vocabulaire de Marche-en- Famenne (4 e cahier). — 
2. Communication d'une copie d'un opéra-comique de 1806, Li marièfye 
manqué, en dialecte de Marche-en-Famenne ; texte et musique. 

Ad. Wattiez. Vocabulaire du cordier tournaisien. 

A. Weber. Vocabulaire stavelotain (manuscrit du xvm e siècle). 

A. Xhignesse. i. Réponses aux questionnaires. 2. Mots de Scrv- 
Abée, etc. - 3. Lieux-dits de Nandrin, etc. 



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Comité de rédaction 



Auguste Doutrepont, Jules Feller, Jean Haust. 

Ont collaboré aux tomes I et II : 

MM. Joseph Bastin, MM. Nestor Outer, 

Arille Car lier, Sébastien Randaxhe, 

Joseph Hkns, Henri Simon. 

Nicolas Lbquarriê, 



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TABLE DETAILLEE DE LA CHRONIQUE 



Les chiffres arabes renvoient aux pages du tome II 



Action wallonne, 147. 

Ami de tordre, 10 1 . 

Annales de la Fédération archéolo- 
gique de Belgique, 144, 150. 

Armonac do f Saméne (1908), 1 48. 

Uastin. Joseph, 102, 147. — Petite 
Encyclopédie malmédienne, 148. — 
Le préfixe CHIN, 149. 

Bayot, Alph., 147. 

Bkhrkks, 95. 

Belgique artistique et littéraire, 95. 

BoiGKLOT. Dictionnaire namurois, 

102. 

Bulletin de P Académie royale de 

Belgique, 95. 
Bulletin du Cercle verviêtois de 

Bruxelles, 95. 
Bury, Jean, 100. 
Camrier, 99. 

Carlier, A., 99, 100, 147. 
Colson, L., 96, 147. 
Colson, O., 95, 96, 144. 
Coq <fawous, 98, 99, 147. 

CORFMANS, Ed\\\, 95. 

Couarneu, 100. 
Counson, A., 95. 



Courrier de Huy, 102. 
Courrier de l'Orneau, 98. 
Crèquion, 96, 99, 100. 
Delaite, J. L'altération du wallon, 

100. 
Dklmotik, Ph. Glossaire montais, 

99- 

de Pierpont, A. Dictionnaire na- 
murois , 102. 

Descamps- David (baron), 146. 

DOUTREPONT, Aug., 1 47. — Nof'ls 

wallons, 148. 

DOUTREPONT, G., 95. 

Drapeau, 96. 

Express, 96. 

Esser, Q., 149. 

Feller, J., 97, 102, 147, 150. 

Gazette de Liège, 96. 

Grignard, Ad., S. J., 98. 

Grojean, O. Le Dictionnaire géné- 
ral de la Langue wallonne, 95. 

Haust, J., 147. 

journal de Liège, 97. 

Kurth, G., 150. 

Lambillion, L. J.-L. Autoù 
<f faistréye, 97. 

12 



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i68 



Legius, L.-H., 145. 

Leodium, 149. 

Lrquarre, N. L'altération du wal- 
lon, 100. 

Lige qui rèye, 100. 

Maréchal, Alph., 98, 102. 147. 

Meuse, 96. 

Musée belge, 95. 

Noèls wallons, 148. 

Orthographe wallonne, 96, 97, 98, 
148. 

Pirsoul. Dictionnaire namurois, 
102. 

Rez'ue bibliographique belge, 96. 

Revue tournai sienne, 99. 

Revue wallonne, 100. 

Romania, 95. 

Ropîeur^ 99. 

Scius, Hubert, 102, 148. 

Société internationale de Dialecto- 
logie romane, 146. 



Soir, 96. 

Subside du Gouvernement, 146. 

Tai.au pk, G., 99. 

Thomas, A.. 95. 

Toponymie wallonne, 145, 149, 
150. 

Vallée du Geer, 96, 147. 

Villrrs, Aug., 102. 

Wallonia, 95, 96. 

Wallon nia dou Cente, 100. 

Watiiez, Ad. Proverbes et dictons 
de Tournai, 99. 

Wkbkr, A., 102. 

Wilmottb, M. Un double projet de 
Dictionnaire des patois romands et 
wallons, 95. — De P utilité scien- 
tifique dtun Dictionnaire wallon, 
144. 

Zeitschrift fur franzôsische Spraclte 
und Litleratur, 95. 

Zei.iqzox, L. 148. 



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INDEX LEXICOLOGIQUE 



Liste des mots expliqués et des principaux mots explicatifs cités dans les 
tomes I et. II, notamment dans les Notes d 'Hymologie et de sémantique 



Latin 



al a II, 127. 

curva, * curbia II, 134. 

* excaniare (!) II, 140. 

* ex-k^l-yare (!) II, 127. 

* excommowre II, 141. 
gola II, 127. 

hac nocte I, 151. 
hoc anno I, 151. 



intactus I, 155. 
intentus I, 155. 
manopera II, 77. 
pulla II, 127. 
stamentum II, 131. 
tela II, 127. 
vesica II, 123. 
vitium II, 123. 



Français, 

ancien français et dialectes de la France 



abronchier I, 106. 
aceinte I, 120. 
anuit I, 151. 
auberge II, 68. 
bardane II, 130. 
be- (préfixe) II, 138. 
beaupré II, 63. 
blastcngier I, 97. 
bretêche I, 93. 
breteschier I, 94. 
caver II, 143. 
cerceau II, 134. 
chef, chief II, 142. 
courge II, 134. 
emblaer I, 97. 



embronchier I, 106. 
entait I, 155. 
êquemôdre II, 141. 
estaminet II, 51. 
éteuf II, 130. 
gorge II, 133, 134. 
grigou II, 76. 
herberc II, 68. 
hochet II, 125. 
horyn, hoyrin II, 62. 
houille II, 123. 
hulie II, 131. 
mordre II, 140. 
motter, émotter II, 131. 
oan, ouan I, 151. 



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170 



oille II, 130. 
orin II, 62, 
orvet I, 20. 
palanche II, 134. 
parsoume, persome II, 132. 

Germanique 

aberglaube I, 93. 

aanbouw II, 74. 

antwerc II, 77. 

-berg, -bert II, 67. 

boegspriet II, 63. 

brâtsel II, 137. 

colestraet, coelstraete II, 125. 

gebrîichen I, 107. 

hamberch, handwerk, hantwerc 

"• 77. 
hauberg II, 66, 
Hariberaht II, 76. 
herbergi II, 68. 
holestraete II, 125. 
hullen II, 124. 



rechap, rechef II, 142. 
sire (adv.) I, 155. 
som, sum II, 132. 
verne, -er, -al II, 
121-2. 

kabeln,kavelenll, 143. 
kimm II, 149. 
kohle II, 124, 126. 
leberwurst II, 69, 
neuring-kettingll, 63. 
neut, noot II, 64. 
00g II, 64. 
oorringje II, 64. 
overgang I, 61. 
ring II, 64. 
schol, scholle II, 124. 
sehr II, 154. 
sorring II, 62. 
stamm II, 51, 58. 
stammenee II, 51. 



'Wallon et autres dialectes romans de Belgique 



abeur, abur (?) I, 156. 

ac'mwède, ac'mwèsse II, 139. 

âdios' II, 57. 

aidant II, 110. 114. 

àlibiè II, 75. 

aneû I, 151. 

antan I, 151. 

àrmîre I, 157. 

Baligand, Bazin I, 19. 

-biè II, 67. 

blanc II, 1 13. 

blanmûse II, 115. 

boubièll, 76. 

bouhe II, 115. 



bricelet II, 136. 
cahouyî II, 131. 
çans' II, 119. 
cârlus' II, 113. 
cà vêler II, 142. 
cîr I, 151. 

corone II, 116, 117, 120. 
corotell, 125. 
cotchèt II, 125. 
cotehê II, 69. 
coiïbe II, 105, 134. 
cougnot II, 125. 
coulot II, 125. 
crompîre I, 19. 



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- i7i 



dihouyî II, 131. 

djawan I, 150. 

ducat II, 1 17. 

-ê II, 60. 

èchwa I, 151. 

/le, êye II, 127. 

ènê I, 151. 

ètaît, -î. -îse, -istc I, 155. 

eûrin II, 62. 

florin II, 113. 

forsome, forson II, 132. 

foîire II, 26. 

gâdibiè II, 75. 

goria II, 135. 

goveneû II, 121. 

GrigôII, 76. 

guetïye II, 127. 

hâbiêr, hâdibièr, hàribièrll, 66. 

hagnî II, 140. 

halbier(anc.-w.) II, 68. 

hangar II, 74. 

harcot, harke II, 133. 

hârkèll, 105, 133. 

hârkêyell, 135. 

hâveler II, 143. 

haye II, 124. 

hélegôde II, 76. 

hèn'bô II, 74. 

hèrberigell, 68. 

heûtô II, 65. 

hikhose II, 124. 

horote II, 125. 

hotchèt II, 125. 

hougnot II, 124, 125, 130. 

houlot II, 125. 

houyê, -î, -ot II, 123, 130. 

noyé I, 19; II, 123. 



juverne (?) II, 122. 
labeur I, 157. 
lèPgo II, 69. 
leûrin II, 62. 
lourvége I, 20. 
neûrin II, 62. 
orindje II, 64. 
pania II, 122. 
patacon II, 116. 
patâr II, 114. 
ploketer II, 104. 
porsome II, 132. 
poyell, 127. 
pwèterc II, 105. 
ritchîvelerlï, 142. 
rucâveler II, 142. 
seur I, 1 53- 
sîr I, 151. 
skèlin II, 115. 
spindjî I, 34. 
staminé, -ée II, 51. 
stamon, -îre II, 51. - 
stôrè, stoyê II, 130. 
swèrin II, 62. 
tchîveler II, 142. 
tchin-strée, etc. II, 

149. 
teûle, teûyell, 127. 
toûbac II, 57. 
uyot, yuyot II, 130. 
vèssou, -êye II, 123. 
viène II, 121. 
vièrna, -er, -ê II, 121. 
wahou II, 76. 
waltrou II, 76. 
wiyêm II, 76. 
zabê II, 76. 



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TABLE DES MATIÈRES 

contenues dans les tomes I (1906) et II (1907) 



Ces deux tomes, réunis, forment un volume de (i(io~\ i;4) = 33 j. pages 



A. Avis, instructions, rapports, 
chronique et documents administratifs 

Au lecteur. I. 3, 158; II, 49. 

Fkli.rr, Jules. Instructions à nos Correspondants. I, 6. 

Première réunion des Correspondants du Dictionnaire wallon (9 sep- 
tembre ^05). Compte rendu. 1,14. — Deuxième réunion (29 décembre 
1906). Compte rendu. II, 144. 

Fkm.br, Jules. De l'utilité d'un nouveau Dictionnaire wallon. I, 15. 

Haust, Jean. Rapport sur les travaux accomplis (1 905-1 906). I, 21. 

Nos modèles et questionnaires. I, 29. 

Liste des Correspondants-Collaborateurs du Dictionnaire (2 liste). 
1« 65. —(3 e liste). II, 153. 

A nos Collaborateurs. 1, 77 ; II, 153. 

Liste des Communications reçues. I, 73 ; II, 161. 

Pour la toponymie wallonne. A. Feller, Jules. Comment faut-il faire 
la toponymie d'une commune? — B. Haust, Jean. Un projet de 
Glossaire général de la toponymie wallonne. II, 3, 13. — Circulaire 
adressée à MM. les Bourgmestres et Curés des communes wallonnes. 
Il, 149-152. 

Un subside du Gouvernement. II, 146. 

Société internationale de dialectologie romane. II, 146. 

Chronique (n * 1- 11). 11,95- — (n 0,< ri-25). IL 144. — Voir ci-dessus, 
p. 167, la table détaillée. 



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— 173 - 

//. Description de manuscrits anciens 

Bastin, Joseph. Note sur le Dictionnaire malmédien de Huberi Scius 

(1893). Il, 39- 
Chronique. II, 102. 

C. Archives dialectales 

1. Hkns, Joseph. La prépiration du vinaigre, de la farine d'avoine et 

du- lin à Vielsalm. I, 33. 

2. Carj.ier, Arille. Les Carrières d'ICcaussines. I, 36, 144. 

3. Outkr, Nestor. La tchèsse au bos (dialecte de Virton). I, [48. 

4. Randaxhe, Sébastien. Les haies à Tliimister. II, 19. 

5. Simon, Henri. Fènà-meùs ; (dialecte de Lincé-Sprimont). II, 24. 

6. Lkouarre, Nicolas. Lifènàhe (dialecte de Re(inne). II, 26. 

7. Raxdaxhk, Sébastien. Le laft à Thimister. II, 103. 

8. Lequarré, Nicolas. Lès fyusses à Itesè (dial. liégeois). Il, 107. 

9. » * Li manôye à vi payis »/' Lityc (id.). II, 109." 

1). Questionnaires 

1. Les Vents. I, 38. 

2. Salutations, souhaits, imprécations. I, 39. 

3. L'abeille et la ruche. I, 40. 

4. Le jeu de quilles. I, 41. 

5. Les outils du faucheur. I, 42. 

6. Le rouet. I, 44. 

7. La sucrerie. I, 141. 

8. Le foyer. I, 141. 

9. Les foins. II, 31 . 

E. Vocabulaire-Questionnaire 

Mots commençant par AA-, AB-. I, 45. — Premier Supplément. I, 89. 
» * * AC-. I, ni. 

» » AD-, AK-. II, 78. 



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- 174 - 
F. Notes d'étymologie et de sémantique 

Fbller, Jules. — w. éfrawan. I, 150. — w. cir ou $:r. I, 151. — fr. esta- 
minet \ flam. stammenee\ w. staminé ; w. s ta mon, statnonîre, staminée. 
II, 51. — w. porsotni. II, 132. — w. Jiârkê, gaum. harke, harcot ; 
w. coùbe. II, 133. — vr.brice/et. II, 136. — Le préfixe be-, II, 138. — 
w. ac'mwède, ac'mwèsse. II, 139. 

Haust, Jean. — w. était. I, 155. — w. abeur, abur(ï). 1, 156. — 
fr. orin ; w. neftrin, eurin, leùrin. II, 62. — w. habièr : â/ibii ; gàdibiè. 
II, 66. — w. vièrna. II, 121. — monlois juverne(J)> verne. II, 122. — 
w. vèssou, vèssêye. 11, 123. — w. A#y*, houyî, houyot : fr. houille. II, 
123. — w. tchive/er, ritchiveler. II, 142. — w. câve/er, rucàveler. II, 142. 

Index lexicologique 

Liste des mots expliqués et des principaux mots explicatifs cités dans 
les tomes 1 et II. II, 169. 



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BULLETIN 



DU 



DICTIONNAIRE GÉNÉRAL 



DE LA 



LANGUE VALLONNE 



PUBLIÉ PAR LA 
SOCIÉTÉ LIÉGEOISE 
DE LITTÉRATURE 
WALLONNE 



3 Année. — 1908 
N I et 2 



LIKCiE 

Impr. II. Vaillant-Carnianne, a. a. 

Rue St-Adalbert, 8 



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BULLETIN 

DU 

Dictionnaire général de la Langue wallonne 

publié par la Sooiété liégeoise de Littérature wallonne 



3 e année — 1908 N" 1 et 2 



Notre Orthographe 



Elle est exposée en détail dans une brochure de propagande 
due à la plume de M. Jules Feller : Règles d } orthographe wallonne 
adoptées par la Société liégeoise de Littérature wallonne (2 e édi- 
tion, 1905 ; prix : 0,50 centimes). Cette brochure est adressée 
gratis à tous nos correspondants qui en font la demande. 

Notre système s'efforce de combiner dans de sages proportions 
les principes opposés du phonétisme et de l'étymologie ou de 
l'analogie française. Nous croyons qu'il faut noter exactement les* 
sons parlés, mais qu'on doit en même temps, et dans la mesure 
du possible, tenir compte de l'origine des mots, de la grammaire 
et de l'histoire de la langue. 

Le romaniste étranger sera d'abord tenté de regretter l'absence 
du système phonétique pur ; mais nous sommes persuadés qu'avec 
un peu d'attention et d'exercice, il saura lire, tels qu'ils doivent 
être prononcés, les textes que nous publions, d'autant plus que 
nous mettons le plus grand soin à la notation exacte des varia- 
tions dialectales d'une certaine importance. 

Voici le tableau des graphies que nous employons : 



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_ 4 — 
Voyelles pures 

a = â bref : vèrdjale; famé (verviétois; = femme). 

â a long : âme (ardennais). 

â intermédiaire entre a et à : âme; cf. l'angl. hall. 

é ê bref : osté. 

é ê long : forn^ (Robert ville). 

è $ bref : îvièr (Stavelot-Malmedy) ; norèt, tchafète. 

ê è long : fornê. 

e ne se prononce pas : prandjeler ou prandj'ler ; blâmée 
(Stav.-Malm.), prononcez blamt\ blamèye (Hég.), pro- 
noncez blàmèy (flambée). 

e ; e I à bref : meseure (Robertville ; = mesure) ; am^ (Perwez ; = 

eu l ami); leune (liég. ; = lune); feume (liég. ; = femme). 

à à long : m&r (verv. ; = mur). 

à à bref: rèztfc (Robertville; = rasoir). 

eu à long : rèzeû. 

i ï bref : ribote, ami, ivtér. 

i ï long : îvièr (Stav.-Malm.) ; dj'îrè. 

o Ô bref : ribote, norèt, èco, rowc. 

ô 6 long : ôle, cô. 

u û bref : lu, i prusse, luskèt. 

û n long : rafùler. 

ou a bref : tchènou, bouter. 

où « long : boûre, cour. 

Voyelles nasales 

an = 3 : prandjeler; banne (prononcez bân). 

in l : pinde; rinne(pron. rhi)\ quelquefois -ain } -ein comme 

dans les mots français identiques : main, plein, 
en é fermé nasal (Hainaut et Wall, pruss.) : bén, cwén. 
on Ô : ploumion ; èssonne (prononcez èsôn). 
un Ct : djun. 



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— 5 — 
Semi-voyelles 

y toujours après une voyelle : hâye (haie), vèy (voir), oùy 

(œil, aujourd'hui), payis (pays), poyon (poussin); — y 
ou i après une consonne : diàle ou dyàle, tièr ou tyèr, 
popioûle ou popyoûle ; miète ou myète ; pasyince, 
consyince. 

w qwèri, awireûs, vwèzin, fwèrt, quatwaze, cwène, âwe. 

Nous n'employons jamais oi, qui est équivoque. 

Consonnes 

b, p ; d, t ; f, v ; 1, r ; m, n ont la même valeur qu'en français, 
j, ch ont aussi la même valeur qu'en français : chai (ici); grujale 

(verviétois; = groseille), 
dj prandjeler, dj'a, visèdje; qui vou-djdju dire ? 

tch tchèt, bètch, vatche. 
h marque une forte aspiration : cohe, haper, oûhê, heure 

(grange), home (écume) ; — mais : orne (homme), eûre 

(heure), abit, iviêr. 
Il h fortement aspirée et légèrement mouillée (seulement à 

l'Est : Vielsalm, Robertville) : ^àrdé (ébréché). 
s,, ss, ç, c, z s'emploient suivant l'analogie du français : pinser 

(penser), picî (pincer), sot, sope (soupe) ; raviser ou 

ravizer, rèseù ou rèzeû, masindje ou mazindje ; tùzer; 

alans-î, ons ôt ; pasyince (patience ; nous n'employons 

jamais le /sifflant du français), leçon, lim'çon, èmôcion, 

acsion, ocâsion ou ocâzion ; èssonne, rissemèler. 
gn // (n mouillée) : magnî; lès gngnos (les genoux), 
ly 1 mouillée : talyeùr (tailleur), gâlyoter (à distinguer de 

gâyloter). 

Remarques. — i. Sauf ss, la consonne n'est doublée que dans 
les rares cas où elle se prononce double : elle ènn' ala, dji coùrrè, 
i moûrreùt. 



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6 — 



2. Nous marquons de la minute (') toute consonne finale qui 
se prononce alors que, dans le correspondant français, elle reste 
muette : prêt' (prêt), fris' (frais), nut' (nuit), i met' (il met), 
toûbac' (tabac), gos' (goût), ares' (arrêt) ; èstîn' (étaient). 

3. La consonne douce finale se prononce forte à la fin de 
l'expression ou devant une consonne initiale forte : il est pauve 
(= pàf) ; i veut dobe (= dtp) ; on pauve timps; on grand ma- 
nèdje (= -ttch). Elle reste douce devant une initiale vocalique 
(on pauve èfant) ou devant une consonne initiale douce (ine 
pauve djint). 

4. L'apostrophe s'emploie pour remplacer une voyelle élidée : 
i n' dit rin; dj'ènnè vou; qui 'nnè vout?; èco 'ne fèy; prandj'ler 
ou prandjeler; doùç'mint ou doûcemint. 

5. Nous écrivons : il èst-èvôye ou è-st-èvôye (pron. tsft) ; il 
est pris (pron. îprï) ; mi-âme (pron. myàm)\ ti-£ye (pron. tyèy\ 
ard. = ton aile). 

A ceux qui seraient tentés de trouver notre système trop com- 
pliqué, comme à ceux qui regretteraient de ne pas nous voir 
employer un système exclusivement phonétique, nous montre- 
rons par un exemple que nous avons voulu concilier deux choses 
très opposées. Voici, transcrit phonétiquement, le début du texte 
qu'on trouvera ci- après : 

Lt tytr t It ht>tè } ràfnlt t lé grà ntrt d ïvytr, râvïzl trtpê 
d bûrbn stldû pt> prâfy'lè. Ctm 5 /lardé rlzâ, l vl dfân vt ktây II 
tchtn è v dtbïh It Itp. Lt nés t lt byàl Ityt pld là tchtnû cU 
tchtrfyt d rai. I fyàl â pîr fëd. . . d rsîn rt k dï tfizt. 

Par la comparaison de ces lignes avec la transcription courante 
insérée plus loin (p. 8), on verra que nous suivons de près l'ana- 
logie du français dans ce qu'elle a de légitime et de facilement 
intelligible , c'est-à-dire dans tous les cas où l'équivoque n'est pas 
possible. Ainsi nous écrivons en wallon les finales muettes 
(consonnes ou voyelles) qui existent dans les mots français corres- 
pondants; cela nous permet de noter les désinences du pluriel et 



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— 7 - 

du féminin, les multiples formes de la conjugaison, et de rappeler 
en somme le passé de la langue, tout en montrant les liens de 
parenté qui unissent le wallon au français. Au reste, nous recou- 
rons au système phonétique toutes les fois qu'il est nécessaire. 

Un mot pour finir à ceux de nos correspondants — du Hainaut 
notamment — qui trouvent désagréables la suppression de Yh 
muette et la graphie wa au lieu de oi. Nous comprenons sans 
peine ces répugnances du premier abord et ces résistances d'ordre 
plutôt sentimental; mais nous sommes d'avis que, lorsqu'il y a 
lutte entre la nécessité de distinguer nettement la prononciation 
et la préoccupation de rappeler l'étymologie ou la forme française 
parallèle, il n'est point d'hésitation possible : le phonétisme, 
c'est-à-dire la notation exacte, précise, non-équivoque, doit l'em- 
porter. Le liégeois doit distinguer heure (grange), home (écume), 
de eàrc (heure), orne (homme). La graphie oi présenterait le grave 
inconvénient de se prononcer, suivant les régions, wa, wè, wè, 
wè, wè et même tvo ! 

Dans ce domaine comme dans tous les autres, nous remercions 
nos correspondants qui nous ont transmis d'utiles indications, et 
nous les prions de nous signaler les cas, particuliers à leur dialecte, 
qui ne se trouveraient pas enregistrés dans le tableau précédent. 



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ARCHIVES DIALECTALES 

10. Po nos p'tits ouhlâ 
P'tit rim# è walon dol Rèbîvèye 
I. One ribote ê-mé V vèrfyale 

Lès tiers et lès hot<?s, rafûlés è leû grand norèt d'îvièr, ravi se t 
on trop£ d' burbus stindu po prandjeler. Come on âzràé rbz& 7 
V vint d* fagne vès k T taye lès tchènes et v* dèbîhe lès lèpes. Lès 
hisses et lès biôles lèyèt pin de leùs tchènoues cohes tchèrdjées 
5 d* râle. I djale a pire finde. . . Tchouk tchouk ! ... on r'ssine ré qu* d'i 
tùzer ! 

Awirés ci qui pout, lès pîds so l's andîs, haper one blâmée tôt 
loukant tôrniker lès flotchètes d'îvièr, lèdjîres come dès plou- 
mions !... Lès p'tits ouh#s ; zèls, fruzinèt d* fnfcd et 1' cour lèzi 
10 pièrt de faim. 

Bièt'mé, l 1 sacri tindeùr d'à vwèzé, n* sareùt vèy ou oy ces 
nozés poyons sins l'zi qwèri misère et say dèls acsiper... D^ouvri 



Pour nos petits oiseaux 

Petit récit en wallon de (la) Robertville (Prusse rhénane) 
I. Une ribote emmi la glu 

Les tertres et les mamelons, enveloppés dans leur grand mouchoir de 
neige, ressemblent [à] un troupeau de brebis étendu pour faire la sieste. 
Comme un rasoir ébréché, le vent de fagne vous taillade les joues et 
vous débise (gerce) les lèvres. Les hêtres et les bouleaux laissent pendre 
leurs branches chenues chargées de givre. Il gèle à pierre fendre... 
Tchouk tchouk!... on frémit rien que d'y penser! 

Heureux celui qui peut, les pieds sur les landiers, saisir une flambée 
tout [en] regardant tournoyer les flocons de neige, légers comme des 
plumettes (du duvet)!... Les petits oiseaux, eux, frissonnent de froid 
et le cœur leur perd (défaille) de faim. 

Barthélémy, le sacré (exécré) tendeur d'au (de chez le) voisin, ne 
saurait voir ou ouïr ces gentils poussins (oisillons) sans leur chercher 
misère et essayer de les attraper... Découvrir le parc (cour) deux trois 



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— 9 — 

l 1 p£r deùs' treûs pids làdje, stièrni qu^ques mt*hes pos d'avône, 

ralintis o sàvadje pèkèt, qut'quès fribotes de tchàr, dès miyètes 
1 5 de neûr pan, dol makèye, lès crus do d'djuner et, tôt àtô d* coula, 

dès baguètes sop'tées ol gléri^ante vèrdjale... s'one hapée, c'è-st- 

aponti. 

So V bou/*on d' sawe, qutfques crouftitfcs ouhtfs tchu>2tènèt inte 

zèls tôt s i pûyetant et s' fèzantgâys : 
20 « Tin I c'est p'one saquî, coula ? 

— Oh ! lès bravés djins ! lès bons cours ! 

— - Si n's alis vèy et goster on pôk ?.. . le cour mè tire si fvvèrt ! . . . 
et ti, bourté ? 

— Mi avou, djV l 1 cour flàwe... et pusqu'on nos houke al 
25 dicàce, ma frique, alans-i, soûrète ! 

— Pie, pie, tchirlipe!... fais-se banne avou, valet? 

— Ay, ay, fètèr ! vo-me-la ! dèspôy îr lès boy^s m' rand'lèt ! 

— Hay abèye ! mèt-te so t* quètwaze et d'^ombère-tè ! » 
Frou! pie!... c'èst-on mo/£on. Froufrou, tchirlipe!... on-aute 

30 mo/?on avou 011e mazindje !... Froufroufrou, on froufrou tot-èn- 



pieds large, éparpiller quelques maigres grains d'avoine, macérés dans le 
mauvais genièvre, quelques bribes de chair (viande), des miettes de pain 
noir, de la caillebote, les restes du déjeuner et, tout autour de cela, des 
baguettes trempées dans [de] la glu visqueuse... sur une happée (en un 
instant), c'est apprêté. 

Sur le buisson de sureau, quelques oiseaux frileusement-ramassés-en- 
boule chuchotent entre eux, en s'épouillant et en se faisant beaux (en 
se lissant les plumes) : 

« Tiens ! c'est pour quelqu'un (nous), cela ? 

— Oh ! les braves gens ! les bons cœurs ! 

— Si nous allions voir et goûter un peu ?... le cœur me tire si fort !... 
et toi, baratte (boursouflé) ? 

— Moi auisi, j'ai le cœur faible... et puisqu'on nous appelle à la dédi- 
cace (kermesse), ma foi, allons-y, sœurette! 

— Pie, pie, tchirlipe!... fais*tu bande avec [nous], garçon? 

-- Oui, oui, cousin! me voilà! depuis hier les boyaux me gargouillent! 

— Allons vite ! mets-toi sur ton quatorze (fais-toi beau) et décotnàre-toi 
(dépêche-toi) ! » 

Frou! pie !... c'est un moineau. Froufrou, tchirlipe!... un autre 
moineau avec une mésange!... Froufroufrou, un froufrou tout en un 



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— 10 — 

onk !... Et come dès lon^s ci* linne foû d'on bansté qu'on dès- 
pàdreût, mo/Zons, lign'roûs, djoulis, rodjes-cawes, ciz^s, hosse- 
cous , rodjes-faces , tos lès ouh^s d* Findrèt arouflèt en on 
sam'roû, aspitant d' totes lès cwènes foû dès bou/2'nadjes, dès 

35 rampioùles, dès pàquîs, dès fournis, dès fouyîres, dès tchèris, dès 
tchabotes, wice qu'i-èstîn' racrouftiés a l'aw^te, Coûtant et r'wàr- 
dant T bone bouhète. 

« Tin!... qués r'glati^ants et plakants brèstons ! louke a ti et 
r'trosse tes lamkènes, djouli, ca tè t' vas fé raâssîr!... one saquî, 

40 ç' n'est ré; mais ti, Y fé ploukèt!... 

— Tin, tin!... on nos aw^te, la po Y witchèt !... si c'èsteût one 
atrape?... 

— T&'-tè , pow'nfcs roté, et stè^ on pô kdfc ! poqwè nos 
èsbarer? n* veûs-se né qu'ons a bon d' nos vèy al fièsse ? » 

45 Et tortos de s* haper et s* rèhaper 1' bètchée, et d' pa^ner, et 

d' cotier, et d'èglouti so fwèce. 

« Dj^ m'sô, mi ! » sofla, tôt s' frotant Y bètch, one rodje-face, 
ronde come one éboule. « Dj'aveû dja d'djuné la-djondant. 
Mais, qu' dj'i tûze, i-gn-a né la d* cisse plakante rinme !... et 



(continu)!... Et comme des pelotes de laine hors d'un panier qu'on 
répandrait, moineaux, linots, pinsons, rouges-queues, tarins, hoche-culs 
(hochequeues), rouges-gorges, tous les oiseaux de l'endroit se préci- 
pitent en un [brouhaha d'] essaim, jaillissant de tous les coins hors des 
broussailles, des lierres rampants, des buis, des fournils, des cheminées, 
des chartils, des creux d'arbres, où ils étaient blottis aux aguets, écoutant 
et regardant (attendant) la bonne aubaine. 

«Tiens!... quelles brindilles brillantes et collantes! gare à toi et 
retrousse tes pans, pinson! car tu te vas salir!... quelqu'un (nous), ce 
n'est rien ; mais toi, le fin morceau !... 

— Tiens ! tiens ! ... on nous guette, là par le guichet ! ... si c'était un piège ? 

— Tais-toi, peureux roitelet, et tiens-toi un peu coi ! pourquoi nous 
effrayer ? ne vois-tu pas qu'on a bon (a du plaisir) de nous voir à la fête? » 

Et tous de se prendre et de se reprendre la béquée, et de picorer, et de 
courir de ci de là, et d'engloutir sur force (en toute hâte). 

« J'ai mon soûl, moi! » souffla, tout [en] se frottant le bec, un rouge- 
gorge rond comme une boule. « J'avais déjà déjeuné là-joignant (ici près, 
chez" le voisin). Mais, que j'y pense, il n'y a pas là de ces brindilles 



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— II — 

- c Y nozée Nanète, 1' coul'troû dol niyée, est si binamée !... sovint, 
qwand qu'ile m'afoute one grafée (Taverne, dj'aploke so s* manùhe 
et dj' bètch'ton è s' pâme, so l 1 timps qu'ile mè fièstit !... Dj' m'è 
r'va : i fait pus tchaud d'vins-oûves; à r'vèy, tortos!... ». Et frou ! 
vo-le-la rèvôye ! . . . 

55 — « On s'-fét d'djuner v 1 ravigote tôt ! Si n' dansis one ronde 

asteûre, po nos r'/îandi ? 

— Cisse w^troûle la, dri s'cwâré, ne m' rèvét gotel... », Sprint 
T frètiant rôt<?; «i rit por si saquinemint... Por rai, djè m' fou 
T camp !... ». Et frou ! Y roté est dja Ions'. 

60 « Mais louke don a t' blouse, mohon : vo-te-la tôt d'glèté et 

onk de ces màssîs brèstons s'aplake a ti-^ye !... 

— Dianme ! ons ôt do brut, vos autes!... » 

Et tortos d' sorlèver 1' tièsse et d' tchip'ter tôt lûtehant è cwène. 

— « TYs'-tè, tè sondjes et t' nos fés sogne !... 
65 — As-se bon, vî stok? coula t' sawère ? 

— Oh ! dit P rodje-cawe, on s 7 f reût glèter 1' minton !... Mais 
di don ! i fârè /luûer t' rèspleû !... Tin, que h^tches-tè la a t } pîd ? 
r'wâte, que dj 7 tè Y wèsse ! 



gluantes ! et la gracieuse Nanette, la dernière de la nichée, est si bien- 
aimée (gentille) !... souvent, quand elle me jette une poignée d'avoine, je 
fonds sur son poignet et je béquète dans sa paume, sur le temps qu'elle 
me fête (caresse). Je m'en rivais ! il fait plus chaud à l'intérieur ; au revoir, 
tous!... » Et frou! le voilà retourné!... 

— « Un si-fait (pareil) déjeuner vous ravigote tout ! si nous dansions 
une ronde à cette heure, pour nous réchauffer ? 

- — Ce guetteur-là, derrière son carreau, ne me revient goutte!...», 
reprend le frétillant roitelet ; « il rit surtout si singulièrement... Pour 
moi, je me f... le camp!... ». Et frou! le roitelet est déjà loin. 

— « Mais regarde donc à ta blouse, moineau : te voilà tout taché de 
bave et une de ces sales brindilles se colle à ton aile !... 

— Diantre! on entend du bruit, vous autres!... » 

Et tous de soulever la tête et de pépier en lorgnant en coin (de travers). 

— « Tais-toi, tu songes (rêves) et tu nous fais soin (peur)!... 

— As-tu bon, vieille souche (mon vieux)? cela te savoure (plaît) ? 

— Oh! dit le rouge-queue, on.se ferait baver le tnentonl... Mais dis 
donc! il faudra siffler ton refrain !... Tiens, que traînes-tu là à ton pied? 
attends, que je te l'ôte ! 



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— 12 — 

— Hay ! abèye one maclote! fait Phosse-cou; mi, dj' bat l'me- 
seure ! Dène le ton, djouli ! et ti, ciz^, tarlate one ariète ! 
Quéque rôt£ Prè Y filète vwès avou 1' mazindje, — et mi, V basse 
7° avou nos djins », r'print 1' rao^on. 

Et tortos de sproûs'ler et d' ^a^'ler tôt d'hant : « Ah ! lès bràvès 
djins, lès bons cours de djins !... F'zans ribote, mardiène, fzans 
ri paye, mè tans-nos one so l'orèye !... one fî ç' n'est né tofèr !... 
Adon, tot-rade nos l'zi djow'rans noste ombàde ! . . . ca l 1 rèk'no- 
75 ^ance va d' tôt costé ! Hay don, lès copes !... mètez-ve a rond !... 
èvôye, mazindje, avou t y bourté!... et ti, ciz£, assène tè tch£- 
pète!... apougne tè binamée, djouli !... » 

On s' fait dès andiyos', on s' hape pol pâte, pol tièsse, po 
Yêye... on s' couyone : « Hé! djàserinne, t* n'as né Y pas, sote 
8o madjène ! — Ouch ! djouli, tè m* guètèyes, sorlèvé ! — Ay ! mohon, 
t' t'as fait one boudiné ! » 

Et tôt ci p'tit dèspièrté peûpe de tchip'ter, d 1 djàser, d' bar- 
boter, d' //ûyer, d' tchirliper sins ares', tôt trip'tant o briyak, tôt 
hos'tant, hop'tant, potch'tant, tôt frètiant, djibotant et tôr- 
85 nikant, lès fyes è cnfcs... Tè dîreûs on hop£ d* vikants et moflas' 



— Allons! habile (vite) une matelote! fait le hoche-cul (hochequeue); 
moi, je bats la mesure ! Donne le ton, pinson ! et toi, tarin, fredonne une 
ariette! Quelque roitelet fera la voix grêle (le ténor) avec la mésange, et 
moi, la basse avec nos gens (les miens) », reprend le moineau. 

Et tous de pouffer et de rire à gorge déployée tout [en] disant : « Ah ! 
les braves gens, les bons cœurs de gens !... Faisons ribote, mordienne, 
faisons ripaille, mettons-nous une [plume] sur r oreille (grisons- nous) ! Une 
fois ce n'est pas toujours !... Alors tout de suite nous leur jouerons notre 
aubade ! . . . car la reconnaissance va de tout côté ! Allons donc, les couples ! . . 
rangez-vous! en route, mésange, avec ta baratte (ton petit gros) !... et toi, 
tarin, appelle ta chétive (maigrichonne) !... empoigne ta bien-aimée, 
pinson !... » 

On se fait des salamalecs, on se happe par la patte, par la tête, par 
l'aile... on se couillonne (plaisante) : « Hé! bruant, tu n'as pas le pas, 
sotte Marie-Jeanne ! — Ouch, pinson, tu me chatouilles, écervelé ! — Aïe, 
moineau, tu Y as (es) fait une bedaine ! » 

Et tout ce petit peuple éveillé de pépier, de jaser, de babiller, de 
siffler, de gazouiller sans arrêt, tout [en] piétinant dans la boue, tout [en] 
hochetant (se dandinant), bondissant, sautillant, tout [en] frétillant, cul- 
butant et tournant, les ailes en croix... Tu dirais un tas de torchettes de 



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— 13 - 

twèrtchons d' linne de totes coleûrs qu'on f reût potch'ter s'one 
cleûzète è-mé d* ces gléritfants ram'hions. 

II. On fyà qui flère 

90 Ons ôt co ram'hier et brak'ner drî V witchèt; — mais nouk ne 

s'ènn'abat.... Avou on fàs ris'lèt, pàhûl'mint, l'ouh'li r'boute 
le haminde, sordouvère Pu//, s'astipe conte le soû... prêt' a-z- 
abroker. . . 

« Coula n' m'ahàye w^re » ; rèk'mince le rôt^, rasploy s'one 
Q 5 cotfedol hàye. « V vièroz, tôt asteûre le d)â ftér'rè !... dj' wèdje 
qu'i f zèt T fièsse devant l 1 dicàce ! » 

Mais vo-lès-la èhinés, èzoùlés po d } bon !... i djoupitfèt, s* kc- 
bètchèt, s' kèrôlèt, s 1 kèhèrèt, s' kètchipotèt, s'atrochèt pol 
tièsse, s' kètrôsselèt tôt s' ravôtiant en on brôdion d T pîoumes, 
100 d* rinme et d' vèrdjale. 

Crac !... d'on côp Pu// se tape à làdje !... corne on côp d'alou- 
mire l'ouh'li aspite sol trûlée !... « Ay ay ! sàve qui pout !... » 
Mais i-a dja atroché on djouli, one mazindje, deûs'... treûs'... dî 
mo^ons ! 



laine de toutes couleurs, rivantes et moelleuses, qu'on ferait sautiller sur 
une claiette emmi (de) ces brindilles gluantes. 

II. Un jeu qui sent mauvais (tourne mal) 

On ouït encore remuer légèrement et farfouiller derrière le guichet, — 
mais nul n'y fait attention... Avec un faux sourire, silencieusement, 
Yoiséiier repousse la barre, entr'ouvre l'huis, s'appuie [le pied] contre 
le seuil... prêt à s'élancer. 

* Cela ne m'agrée guère », recommence le roitelet, appuyé (perché) 
sur une branche de la haie. « Vous verrez, tout à cette heure le jeu sentira 
mauvais (tournera mal) !... je gage qu'ils font la fête avant la dédicace 
(kermesse) *. 

Mais les voilà lancés, grisés pour de bon !... ils criaillent , se béquètent, 
se roulent, se bousculent, se chamaillent, s'empoignent par la tête, se 
tiraillent tout [en] se pelotonnant en un fouillis de plumes, de ramille 
et de glu. 

Crac!... d'un coupl'huissejetteau large!... comme un (coup d') éclair, 
l'oiseleur jaillit sur la mêlée !... « Aïe aïe ! sauve qui peut !... » Mais il a 
déjà empoigné un pinson, une mésange, deux... trois... dix moineaux! 



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- I 4 - 

105 Quéques-onks, raflûtchés al pus rade sol sawe, de s' lârmènter 
et d' tchîp'ter al pus fwèrt, tôt r'houkant ces qu'i-ont lèy 
podrî. . . 

« Ah ! T moudr^r ! . .. qwand djè v's èl dèh^ve ! » tchouf ta V roté, 

tôt hos'tant dol cawe ; « Coûtez ! on l's ôt, lès prîh'nîs, c'est 

110 zèls !... et P sâvadje vwès qui brédit, c'est cisse fasse brigosse ! » 

On d'iofré mohon raponse tot-z-èglouti/îant s' dièrine bètchée, 

P pansî !... et k'hàrtchant a s 1 drî on brèston, onk de ces mâdis 

brèstons!... * Oh ! c'èst-abôminàbe ! » dist-i, èsbaré et trônant 

d' sogne ; « dj V oy qu'on d'hâve : « Ah ! lès capons ! v's alez passer 

115 lès mosses !... Ti, valet, ol guiyôle !... ti... èco ti... et vos autes, 

totes lès k'm^res..., c'est pol tchàfète ! . . . » Lès pauves petits, 

onl'zi djowerè hàsse on bé vî côp!... on Ps acan'dôzerè!... Oyez- 

ve ? on îét dja tchirlipe sol p^le ! » 

On s' téha ; lès bètchs clakîn' de sogne ; lès ploumions 
120 drèssîn' sol tièsse. «Iv' fàt bé dire », r'print on-aute, « que n' nos 
avans lèy acsiper, bièssemint acsiper!... Et ces noulus qui s' pàmèt 
co drî leû cwàré, lès foutus tchènis' ! » 

L' djouli, tôt d'ssàvé, P houpe sorlèvée, timpèsta, man'ça, cra- 



Quelques-uns, réfugiés au plus vite sur le sureau, de se lamenter et de 
piailler au plus fort, tout [en] rappelant ceux qu'ils ont laissés par derrière. 

« Ah ! h; meurtrier!... Quand je vous le disais! » sanglota le roitelet, 
tout [en] hochetant de la queue. « Ecoutez ! on les ouït, les prisonniers, 
c'est eux !... et la voix sauvage qui braille, c'est ce faux vaurien !... » 

Un moineau barbouillé raccourt tout [en] engloutissant sa dernière 
béquée, le goinfre!... et traînant à son derrière un brin, un de ces mau- 
dits brins !... « Oh I c'est abominable ! » dit-il, effaré et tremblant de soin 
(peur); «j'ai ouï qu'on disait : « Ah! les coquins ! vous allez passer les 
montres (la revue = passer par les baguettes) ! Toi, garçon, dans la cage ! . . . 
toi... encore toi... et vous autres, toutes les commères, c'est pour la chauf- 
fette (la poêle)!» Les pauvres petits! on leur jouera hà te (on les serrera de 
près) un beau vieux (fameux) coup! on les arrangera mal !... Oyez- vous? 
on fait déjà tchirlipe sur la poêle ! » 

On se tut ; les becs claquaient de soin (peur) ; les plumettes [se] dres- 
saient sur la tête. « Il vous faut bien dire », reprit un autre, « que nous 
nous avons (sommes) laissé attraper, bêtement attraper! Et ces vauriens 
qui se pâment encore derrière leur carreau, les foutues canailles! » 

Le pinson, tout éperdu, la huppe dressée, tempêta, menaça, faisant 



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— 15 ~ 

kant V nokète tôt ou te : « Ons è djâserè al Protectrice !... on 

125 s' vindjerè !... One saquî, on n f freût twèrt a nouk ! .. èco jamais 
on n' lès k'djàse, on n' lès d'tédjine ; on n' lèzi keûreût né co do 
ma po 'ne make d'atatche ! . . . on d'aire se vèye a-z-aqwèri po 
s 7 tchèvi et po-z-ac'lèver s' djônèsse !... on dèstrût leû vermine!... 
nos rèspleûs r'dondèt èzès boudons!... on vike por zèls !... Qu'on 

130 bôzé mo^on aduse calfî one cèlîhe po say s'ile sont mawes, ou 
louke si lès ptfes sont tchàssés fwèrt è tère, — bêle mèsûse 
a nos r'prover, qwand d'vins zèls i-gn-a tant dès tchènis' ! » 

L* lign'roû s' ^ourbéve lès ûs : « M' vî mon-onke fout ramassé 
en on hèrna; on 1' fit aveûle po qu'i tchantahe mis ; i mora d'anôy 

135 è s* guiyôle ! — D'vantân dj' vèya one tchipète barloker d'zos 
on las' ! Mais poqwè tchôker s' tièsse è ces /?los, pusqu'on s^t 
qu' c'est po nos aclasser l 1 djibe ? » 

L' hosse-cou s' catcha I' tièsse d'zos si-^ye : « On m'aveût por- 
tant toudi dit qu' c'èsteût dès gabèrlotes, tôt coula qu' lès vis nos 

140 contîn' èzès longues sîzes ! Lès djins n' sont né si bons qu'i f zèt lès 
qwâses ; on s' dèmèfiye trop pôk ! » 

L' mazindje abouta, tôt patinant, on xèmè d'adjû : « I-èstîn' 



éclater le juron complet : « On en jasera à la [Société] Protectrice [des 
animaux]!... on se vengera!... Quelqu'un (nous), on ne ferait tort à per- 
sonne! encore jamais on ne les décause, on ne les insulte ! on ne leur 
souhaiterait pas encore du mal pour une tête d'épingle ; on déchire (use) 
sa vie à acquérir pour se chevir (s'entretenir) et pour élever sa jeunesse 
(ses petits); on détruit leur vermine; nos refrains retentissent dans les 
buissons ; on vit pour eux ! Qu'un moineau bouffi touche quelquefois une 
cerise pour essayer si elles sont mûres, ou regarde si les pois sont chaussés 
(enfoncés) fort en terre, — belle indélicatesse à nous reprocher, quand 
chez eux il y a tant des canailles ! » 

Le linot s'essuyait les yeux : « Mon vieux mon-onc\e fut ramassé dans 
un filet ; on le fit aveugle pour qu'il chantât mieux ; il mourut d'ennui en 
sa cage ! — Devant- an tan (avant l'année passée, il y a deux ans), je vis 
une grive balancer dessous un lacs! Mais pourquoi pousser sa tête en ces 
nœuds coulants, puisqu'on sait que c'est pour nous écraser le col ? » 

Le hoche-cul (hochequeue) se cacha la tête dessous son aile : « On 
m'avait pourtant toujours dit que c'était des fables, tout cela que les vieux 
nous contaient dans les longues veillées ! Les gens ne sont pas si bons 
qu'ils [en] font la mine ; on se déméfie trop peu ! * 

La mésange proféra, tout [en] pantelant, un discours d'adieu : « Ils 



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— 16 — 

tortos si binâmes !... Diè àhe Pâme de toszèls!... » On mar- 
mouya dès priyires ; on d'ha èssone on « de profundis », so 

145 T timps qu*al porsome do clokî le spràwe stronl^ve se vwès po 
grusser l 1 transe. 

A don, al pus abèye, on s* cawia èvôye : onk radayeta vès 
s* tchinà, vès s' fouyîre, vès s' tchèri ; l'aute rèmoussa è s* ram- 
pioûle, è s'pâquî; on-aute se ratrôk'na è s* rnoss^, è s* bôr£, 

150 è s' tchabote... 

On pwèrta Y doû dès m#s â long, amon Vs ouh^s... L 1 cour 
lèzi sonna bé do timps !... Saqwantès niyées fouront d'm^r'lées. . . 
L* mazindje, qui-ènn'aveût fait po se k'pagnie, s 1 kètira one 
houbonde... Tôt 1' vèyant s* kèh^rtcher avà lès cohes, émanée, 

1 5 5 d'iouhie, lès vwèzines se soflîn' a l'orèye que po sûr i-aveût s 1 daye. 
Al fleurie Pàque, vès Y vèsprée, on l 1 trova freûde-mwète d'zos 
s 1 boh'tée sokète. On Fètèra èzès vîzènes è-mé lès ronhes ; tôt 
minant Y doû, 1* pèneûse favète chnouftéve è si-afûleure; deùs 
fistous creûh'lés èssègnont 1' pièce, et Y bètche-pà scriya ol pelote 

j6o d'one h^sse : 

«Mwète polfàstrie dèsdjins, d'zos cissecreùhèterèpwèseè pày ! » 



étaient tous si bien-aintis (aimables) !... Dieu ait l'âme d'eux tous! » On 
marmotta des prières; on dit ensemble un « de profundis », sur le temps 
(pendant) qu'au faîte du clocher l'étourneau étranglait sa voix pour 
grincer le glas. 

Alors, au plus habile (vite), on s'esquiva en-voie : l'un raccourut vers 
son chenal (gouttière), vers sa cheminée, vers son chartil ; l'autre rentra 
dans son lierre rampant, dans son buis; un autre se rencogna dans sa 
mousse, dans sa botte de paille, dans son creux d'arbre... 

On porta le deuil des mois au long (durant), chez les oiseaux. Le cœur 
leur saigna bien du temps... [Je ne] sais combien de nichées furent privées 
de la mère. La mésange, qui en avait fait pour sa compagnie (compagne), 
languit quelque temps... Tout [en] la voyant se traîner parmi les 
branches, gauche, abattue, les voisines se soufflaient à l'oreille que pour 
sûr elle avait son coup. A la fleurie Pâque, vers la vêprée, on la 
trouva froide-morte dessous sa souchette évidée. On l'enterra dans les 
vieilles herbes emmi les ronces ; tout [en] menant le deuil, la triste 
fauvette reniflait (sanglotait) dans sa faille ; deux fétus croisés ensei- 
gnèrent (indiquèrent) la place, et le pivert écrivit sur l'écorce d'un arbre : 

« Morte par la fausseté des gens, dessous cette croisette repose en 
paix ! » 



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- 17 - 

III. fCmint qrfon s 1 vind^e } one saqui 

Come après one longue làwe, Y djône ome tape la ses coveteûs 
et r'cotèye bé ^iyetant, Y solèt la-d'zeûr s'abôtèye foû dès spèssès 

I0 5 broheûres et s' pourmine a lâdjes crankions. 

L'alôyète, portant, n* va né priyer avou lès andjes po qu'ons 
àhe dès Ws d'vèrs ; l'arôde ne crankèye né d'zeû lès maras' ; 
Y hosse-cou n' twèrtchon né àtô dès hèdes ; l* coucou n' cope 
né al bètchète dès biôles, po qu' lès ^dants rand'lèhe ol tahe ; 

170 sovint Y clà-Yu/l r^t èzès courtis, po que Y lavasse se d'iahe ; 
nou rèspleû n 1 rèdonde èzès claw'sons ; lès m^res n'ont né ponu 
leûs djoulies pièles èzès lasses de wate et d' mossi; dès tchocants- 
ûkèts n'aw^tèt né foû d' leûs tchaudès banses : — le tère est sûr 
màdie ! 

175 Al Saint-Tchan, lès halines avîn' rondjé, djusqu'al cawe, 1* diè- 
rine foye dol blanke-sèpène ; lès p£s fouront ^îfiés et rays foû 
d' tère; so 1' cièr'cî lès mohons n' lèyont né Y make d'one cèlihe; 
nou grxxzé n* vé\ a maw'ràye ; dès cabus on n* wàrda qu' lès 
crèsses et lès strouks; mây come cisse campagne la, 1' soyeûr à 



III. — Comment qu'0» se venge, quelqu'un (nous) 

Comme après une longue langueur, le jeune homme jette là ses cou- 
vertures et remarche çà et là bien guilleret, le soleil là-haut se glisse hors 
des brumes épaisses et se promène à larges circuits (évolutions). 

L'alouette, pourtant, ne va pas prier avec les anges pour qu'on ait des 
belles récoltes; l'hirondelle n'évolue pas dessus les marais; le hoche-cul 
(hochequeue) ne voltige pas autour des herdes (troupeaux) ; le coucou 
n'appelle pas à la cime des bouleaux, pour que les aidants (sous) son- 
naillent dans la poche; souvent, le cios-Phuis crie dans les courtils, pour 
que la lavasse se débonde; nul refrain ne reientit dans les lilas; les 
mères n'ont pas pondu leurs perles bigarrées dans les boîtes de ouate et 
de mousse ; de petits yeux pétillants ne guettent pas hors de leurs chauds 
berceaux : — la terre est sûr maudite ! 

A la Saint- Jean, les chenilles avaient rongé, jusqu'à la queue, la der- 
nière feuille de blanche-épine (aubépine) ; les pois furent écossés et 
arrachés hors de terre ; sur le cerisier les moineaux ne laissèrent pas la 
tête d'une cerise ; nulle groseille ne vint à maturité ; des [choux] cabus 
on ne garda que les crêtes (arêtes) et les moignons ; jamais comme cette 



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_ i8 — 

180 foûre n'a stu acouyi dès mo^ètes ; lès tassas et lès sôdàrs rèdjèr- 
mont so pièce ; lès lim'çons rèzont a rés d ? tère lès sârts lès mis 
abossenés. 

L'èmacralée agace càk'sta tote one nâ sol grande hàye... 
C'est qu' l'ouh'lî s'apontit a fé V grande baye. — A Vér do djôr, 
185 lès clokes sonhY ses pwèzées... Vo-le-la rastrin po tofèr ! 

 r'vèy, vèrdjalî, r'pwèse è pày !... â r'vèy !... nés t* ravans! 

Abbé Alphonse Dethier 



campagne (époque)-là, le scieur-au-foin (faucheur) n'a été accueilli 
(assailli) des mouchettes ; les dizeaux [de seigle] et les meulons 
[d'avoine] regermèrent sur place; les limaçons rasèrent à ras de terre 
les essarts les mieux touffus. 

L'agace ensorcelée jacassa toute une nuit sur la grande haie... C'est 
que l'oiseh>r s'apprête à faire la grande bâille (bâillement). — A Y air 
du jour (à l'aurore), les cloches sonnaient son glas... Le voilà resserré 
(renfermé) pour toujours ! 

Au revoir, tendeur de gluaux, repose en paix!... au revoir!... nous te 
ravons (tenons à notre tour) I y 



COMMENTAIRE 

Nous sommes heureux d'offrir à nos lecteurs ce joli conte, frétillant 
comme les gentils oiselets dont il nous dit l'aventure et la vengeance. 
En l'écrivant sans prétention littéraire, avec le seul désir d'ajouter un 
spécimen à notre galerie de textes, l'auteur a composé un petit chef- 
d'œuvre de narration sobre, alerte, naïve, un drame attachant et, par 
endroits, émouvant. Et quelle langue drue, savoureuse, colorée, à côté 
de laquelle le liégeois lui-même risque fort de paraître maigre et pâle! 

À ce point de vue, cette page se a pour beaucoup une révélation : de 
génération en génération, nos patois s'appauvrissent un peu partout, mais 
surtout à l'Ouest. C'est à l'Est, à deux pas de la frontière linguistique, 
que la langue populaire a le mieux conservé, dans leur franche et fraîche 
verdeur, ses richesses primitives ; c'est là qu'on a la joie de retrouver en 
pleine vie une foule de vocables curieux, fleurant bon l'archaïsme. Et, 



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— 19 — 

qui sait? dans un avenir plus ou moins lointain ce sera peut-être en un 
coin de la Prusse rhénane que le chercheur entendra sonner les derniers 
restes de nos dialectes romans... En face de la culture française, le 
wallon est impuissant à défendre sa personnalité et son intégrité : rapi- 
dement, et chaque jour d'un mouvement plus accéléré, il se laisse 
envahir et absorber. En revanche, devant le germanisme — en dépit ou 
plutôt en raison de mesures vexatoires — il est assuré, semble-t-il, d'une 
plus longue durée, parce qu'il garde mieux la conscience de son indivi- 
dualité et qu'il réagit sans cesse et plus fortement contre une invasion 
plus étrangère que celle de son grand frère parvenu, le français. 

La traduction qui précède a été faite sous les yeux de l'auteur, qui s'est 
prêté de la meilleure grâce à nos enquêtes. Nous devons aussi des remer- 
cîments à notre dévoué collaborateur, M. l'abbé Joseph Bastin : son 
Vocabulaire de Faymonville (Faym.), qui paraîtra bientôt dans le tome.50 
du Bulletin de la Société, et les annotations de sa précieuse copie des 
Dictionnaires malmédiens de Vil lers et de Scius sont des mines où nous 
n'avons eu qu'à puiser pour trouver en grande partie les éléments de 
notre commentaire. M. Bastin a de plus contribué à établir le texte, à 
fixer l'orthographe et la définition d'un grand nombre de mots. 

Les chiffres renvoient aux lignes du texte. En général, nous ne nous 

arrêtons qu'aux particularités du dialecte de Robert ville (Rob.) ou de la 

Prusse wallonne, dont nous signalons les différences avec le dialecte 

liégeois (lg.)- 

Jean Haust 

1. Un tièr, (lg. tièr, tièr) y c'est une côte escarpée, l'escarpe- 
ment d'une colline élevée. Un hotè } c'est un monticule, un 
mamelon; a. -franc, hôtel, diminutif de hot (tas). Le mot hotê est 
inconnu en lg., mais on y connaît le primitif hôt, tas : fé hôt 
avou Vs autes. — Le lat. -ellum > lg. ~è } Rob.-Weismes -è\ à 
remarquer toutefois que cet è représente plutôt un son mi- 
fermé. De même dans kèsse, pèr (cour), wètroûle , édants, 
k'hèrtchant, etc. | ivièr « hiver », (lg. iviêr, iviér), signifie aussi 
« neige » (lg. nivaye) à Hervé, Stavelot, Malmedy, etc. 

2. tropè, lg. troupe et plus souvent hiède (herde). | burbus, lg. 
bèrbis; de même surus, lg. sorts, souris; fyunus, lg. fyinih, 



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— 20 — 

génisse ; frumus, \g. frumïA, fourmi. | stindu, étendu; de même 
ponu, pondu, crèflu, crû, grandi ; fém. -ne, qui se prononce 
comme le masculin ; lg. -ou, fém. -owe. \pranfyeler, faire la sieste 
aux champs, se reposer à midi, se dit surtout des moutons. La 
pranfyelâye, c'est le moment de la sieste pour les moutons ; la 
pranfyire, c'est la sieste en général ; le lg. ne connaît que ce 
dernier terme. | âârdé. Le dial. de Rob. (Faymonville, Vielsalm, 
etc. ) connaît une forte aspiration légèrement mouillée, qui cor- 
respond à se latin ou germanique : d'fiombrer, floâter, ftûyer, 
/fourbi, d } âouvri, d'/iirer, etc. Cependant on hésite pour cer- 
tains mots entre h et fi : motion, bouhon ou molion, bouâon. En 
ard. et nam., ce /l devient la chuintante eh ; le lg. ne connaît que 
la prononciation h, \ rèzâ, rasoir ; Sfrâ, jeu ; pas, pois ; nâ, nuit. 
Cet eu fermé bref est encore un des caractères phonétiques du 
dial. de Rob. -Weismes; le lg. dit rèzeû, fyeû, peûs, mit. 

3. vès, lg. vis, vous (atone). La voyelle atone i en liég., u en 
verv. et malm., est è à Sourbrodt, â à Faymonville. A Rob. 
l'atone (que, faute d'un caractère spécial, nous notons par è) 
« n'est pas le son è bien chair, mais un son intermédiaire entre â 
et è. Dans certain cas â est plus sensible, ma père, ta soûr, on 
vêre dâ blre, d'hombère-tâ] dans d'autres c'est le son è qui l'em- 
porte : kètayer, rèk'mincer, dèstrùre* Rob., qui forme la partie 
N. de la commune de Weismes, marque la transition entre le 
son â du ban de Weismes et le son è du pays de Sourbrodt. La 
prononciation des nasales à la fin des mots en est une autre 
preuve. À Sourbrodt on prononce tché (chien), pa (pain), boufifi 
(buisson), fyac'tà (j'achète), i fourt (ils furent). À Weismes, 
tchén, pan, etc. À Rob. la dénasalisation est complète pour é 
final; dans èfacHon, i fouront, Yn est à peine perceptible; il est 
plus sensible dans pan, èfant% (Jos. Bastin). | tchène, s. f., joue, 
se rattache à l'ail, kinn (menton), lat. gêna (joue). Cf. Kluge, 
Etym. Wôrt. der deutschen Sprache, v° Kinn. 

4. hêsse, s. f., ici « hêtre »; plus loin, 1. 160, hêsse est em- 
ployé dans son sens premier : « arbrisseau en général ». | biôle, 



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— 21 — 

lg. bèyole; comparez miôle, lg. mèyole, moelle ; guiyôle, lg. gayoùle, 
cage. | tchènoues, tchcrfyées, d'iouhie. Ces finales se prononcent 
-ou, -é, -i, comme en fr. joue, aimée, amie. Le lg. prononce et 
écrit tchènowe, tchèrfyêye, d'ioûhèye. 

5. rèssiner, àFaym. rèssiner (dér. d'un primitif *rèssi? étym.? 
cf. Gggg. trèsi), frémir, tressaillir d'effroi ; frissonner de fièvre, 
rarement de froid. Le sy n. fruziner ( frtzener kStav. et Faym.), 
frissonner, dérive de fruzi. Autre syn. : hobeler, éprouver des 
soubresauts, des secousses, de l'agitation, sous l'action du froid 
ou de la fièvre; anc. fr.hobeler (être secoué, ballotté). | ré, rien, 
lg. rin ; même dénasalisation qu'en verv. et hervien ; cf. wèsé, 
voisin, 21 et voy. note 3. | i (bref), adv., y, lg. /; de même lèzi, 
lg. lèzi, leur, pron. 3 e pers. plur. au datif. 

7. awirâs, dér. de awir, (bon)heur; en lg. awoureûs, aweûr. | 
ci qui, celui qui; ces qui, ceux qui; lg. li ci qui, lès cis qui, avec 
l'article. | andi, anc. fr. andier, d'où, avec l'article agglutiné, le 
fr. 1 andier (chenet). 

8. tômiker, lg. toûrniker, dérivé de tourner ; de même fyôr, 
lg. fyoû, jour ; tôr, lg. tour, tour ; âtô, lg. àtoà, autour. 

9. ouhè, oiseau, lg. oûhê\ rem. la protonique brève, comme 
dans (1. 11) sareût, lg. sâreût, saurait. 

10. pièrt, perd, lg. pièt', du v. piède. À rem. l'emploi intr. de 
ce v., dans le sens de « défaillir ». 

11. sacri, pour sacré, ne s'emploie que dans les formules d'im- 
précation. | vèy, voir. Cette forme d'infinitif "existe aussi en lg. à 
côté de vèyi ; mais by, ouïr, Bfè by, j'ai ouï = lg. are, fy'a oyou. 
Le même recul de l'accent (probablement sous l'influence de 
l'allemand) se constate dans les infin. (et part, passés) pây, payer, 
sây, essayer, rây, arracher, wây, guéer, Ify, laisser, /by, fouir, 
hbv, nier, noyer, plby, plier, sby, scier, etc., qui correspondent 
au lg. payi, sayt, ràyi, wâyt, lèyi, foyt, noyt, ployi, soyî, etc. Com- 
parez sawe, sureau, lg. sawou ; mawe, mûr, lg. tnaweûr, et le lg. 
même paive et pawou, peur. 

12. acsiper ou ac'ciper, attraper sournoisement, n'est pas lg. | 
dè/louvri, découvrir ; lg. dihovri ou dihovièr. 



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— 22 — 

13. pèr, s. m., cour; c'est le fr. « parc ». | mèhe, maigre, 1g. 
mêgue. 

14. ralintî, « macérer », en parlant de grains qui ont séjourné 
dans un liquide. De même, dp foin séché qui est resté au dehors 
par un temps brumeux, on dit qu'il est ralinti, amolli par l'hu- 
midité; syn. ramati, rendu moite (Rob.-Faym.); cf. Gggg. 
ralenti. L'auteur prononce aussi rarinti. | 8, « en le », lg. è ; 
#/, « en la », lg. tl\ èzès } « en les », lg. è lès. \ do sâvafyc 
pèkèt, du genièvre (fort et mauvais) fabriqué par les particuliers 
au moyen des baies du genévrier. | sâvafye, tchâr = lg. sâvafye, 
tchàr\ a entravé devant /, bl } r, st, ssy = à en lg., â au S.-E. 
de Liège. 

15. âtô } suivi d'un autre mot, mais àtôr à la fin de l'expres- 
sion ; lg. àtoû, dans tous les cas. Comp. notes 8 et 39. 

16. sopeter, tremper comme la soupe. On connaît à Rob.- 
Faym. deux autres v. sopeter : 1 . sommeiller ; 2. couper la pointe 
des branches. | glèrifiant, glaireux, visqueux ; lg. glairîant, du v. 
glaire, glairer, poisser. | s'one = so otie, sur une (lg. so 'tie = so 
ine)\ s'ow, sur un ; de même, 1. 20, p'one, pour une. Comparez : 
Vèfant brèt f aveùr one tâte, p' èsse fièsti (Faym.), lg. po-z-aveûr, 
po-z-èsse. 

18. crouftiâs, « frileux », sens dérivé du sens propre « ra- 
massé en boule, recroquevillé comme si on avait une croufe ou 
bosse sur le dos » ; vient de *crou/èie (diminutif inusité), de 
même que racrouf'tié, l. 36. On emploie plus souvent crotifiâs, 
racroufié. Le lg. croufieûs signifie « bossu » ; mais, en Hesbaye, il 
a pris le sens dérivé « avare ». | tchufitèner^ chuchoter; à Faym. 
tchufitener. 

19. pâyeter, lg. pouyî, pouyeter, épouiller; dér. de pu, lg. piou, 
Laroche pèw, pou. On dit aussi à Faym. pûtyer et pûtch' ter, au 
sens général de farfouiller, chercher : qtià pûtèyes-te la ? I pùyeton 
lès créions avâ /' plat a" crompîres. À Sprimont, « s'épouiller » 
se dit s 1 pèwtj ce qui explique le pèwt de Gggg. II, 219. \fèzant } 
faisant, Ig./ant. 



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— 23 — 

20. one saqul, « quelqu'un », s'emploie souvent en w. pour 
éviter la i re pers. ; comparez le fr. on. 

22. tire } lg. têre, tire. L'emploi intr. de ce v. tirer, « appéter, 
désirer (des aliments) », est bien connu en w. 

23. bourtê, Malm. boârtê, pot où l'on battait anc* le beurre; 
auj. baratte; boûrter, baratter. Onp'tit gros bourtê, se dit d'un 
individu gros et trapu; one bourtale, one grosse bourtale se dit 
d'une grosse femme (Malm., Dict. de Villers). 

24. #t, j'ai; lg. %'a. 

25. dicdce, i . fête de la dédicace de l'église, kermesse ; 
2. régal, festin : fé r dicâce, syn. fél 1 gas'. Proverbe : i tï fât 
néfé V fièsse devant V dicâce. 

27. ay, oui, verv. ây, âyi, lg. awè. \fètèr, emprunté de l'ail. 
Vetter (cousin), s'emploie dans le sens de «camarade» ; cf. cousse, 
cousis', dans le Hainaut. | randeler, v. intr., faire du bruit; se dit 
par ex., comme ici, des intestins qui gargouillent ; d'un enfant 
qui court en faisant du vacarme : ifât toudi quH randèle ; de 
l'argent qui sonnaille dans la poche, 1. 169. C'est un dérivé de 
randi) cf. le franc, randonner. 

28. hay ! interj., « en avant ! » ; i h 1 poul hay, il ne peut 
avancer. | quètwaze, lg. quatwaze, quatorze. Quelle est l'origine 
des expressions curieuses : « se mettre sur son quatorze, sur son 
trente-et-un, èsse tiré so ses qwinze (Malm. Scius), qui signifient 
« se faire beau, faire grande toilette » ? | dèâombrer, v. tr., 
décombrer, nettoyer : dèâombrer on pré, on courti ; se ctfiombrer, 
se dépêcher. Comparez, pour la filiation des sens, « dépê- 
cher » et « se dépêcher » ; duwérpi (Stavelot), herser un terrain 
en jachère, litt. jeter (werpen) dehors, et « déguerpir », nam. 
diwèrpi (Gggg.). — U fiotnbère-tè — lg. d hombeûre-tu ; voy. 
notes 38 et 65. 

30. tot-èn-onk, % tout en un », c.-à-d. d'une façon continue, 
ininterrompue : i v'nèt tot-èn-onk, il ne cesse de venir de nou- 
veaux arrivants ; fyurer tot-èn-onk, né cesser de jurer. 

32. ligrirou, linot, lg. UgnWou ; de même samWoû, couPtroû. \ 



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— 24 - 

Le fyjuli, « joli », ou Bpuli-mohon, « joli-moineau », c'est le 
pinson. La rofye-cawe, « rouge-queue », c'est le rossignol des 
murailles. 

33. indrèi, s. m., endroit. Le lg. andrwèt est emprunté du 
français. | aroujler, se précipiter en groupe vers ; aroutiler, 
dégringoler vers. 

34. samWoû, lg. -ou, quantité de mouches qui voltigent, brou- 
haha d'essaim : on — d } mohes ; samer, essaimer ; on fyônc saint 
(Rob.), un jeune essaim. | bou/Vnafycs, ensemble de bon fions 
(buissons) : èzèsf agîtes i-gn-a qu 1 quèques petits bouffnafye$\ lg. 
bouh'nèfyes. 

35. fourni } lg. forni, fournil. Même développement à l'atone 
dans toudi } boudiné, courti, fiourbi } d! fiouvri, ploukèt, pourminer 
= lg. todi, bodène, corti, horbi, d'/iovri, plokèt, porminer ; et dans 

fouyire, = verv./çw/, note 148. 

36. i-cstiri , ils étaient, lg. il èstit, forme plus moderne que 
celle de Rob. | s' racrouftier, voy. 18. Tous les verbes de la 
i re conj. où le lg. fait -i ont l'infinitif tantôt en -er, tantôt en -ier 
(-yer) : louker, trosser, apougner ; ram'hier, ravôtier. 

37. bouhète, diminutif de bouhe (cf. Gggg. I, 67), fétu de 
paille ; tourner al bouhète (Gggg.), tomber à la courte-paille, tirer 
le mauvais lot. 

38. brèston (syn. ram'hion, 89), s. m., brindille, menu morceau 
de bois; à Faym. brèston, à Malm. brustion, d'après le Dict. de 
Scius. Diminutifs (-on, -ion) de breûsse, brosse, emprunté du 
germ. * burstja, chose hérissée, dérivé de borste, poil de 
cochon. | ti, toi, forme tonique de même que 115 ; mais tè = 
1. sujet tu : tè t' vas fé massir, 39 ; que hètches-tèf 67 ; 2. compl. 
direct toi : dfiombère-tè, 28 ; tés'-tè, 43 ; 3. compl. dir. etind. te : 
fy tè V wèsse, 68. [A Faym. 1 et 3. tâ\ 2. te ou /&.] 

39. massir, f. -ire, à la fin de l'expression, comme ici ; mâssi, 
f. -ie, devant consonne : on mâssi brèston, 61 ; one mâsste fème. 
En lg. -/, f. -êye ou -ite, dans tous les cas. Comp. note 15. 

40. ploukèt, proprement « bourron de laine émondée, prête à 



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— 25 — 

être filée» : qwand qitub l } lene est me tue è ploukcts, on pont ataquer 
a fiyer (Faym.); onfc ploukèt, c'est un paquet de laine fine; de 
là, au fig., un muscadin, un jeune homme fringant; onc fine 
ploukète, une jeune fille qui soigne sa toilette. Cf. Gggg. plokct, 
plokù 

43. pow'râs, peureux, lg. pawoureûs. \ rôtè } roitelet ; lg. 
rùyetc. | stèfi, forme d'impératif devant voyelle : stè/l on pô kà!\ 
sinon on dit : sla kâf. L'infin. est stère ; ce v. ne se conjugue à 
toutes les pers. que suivi de l'adj. kà, coi : tè n' pous stère — /; 
fyè n ' sareû stère — ; S^è (tè, i) sta — ; nos stèfians {vos stèPiez, 
i stè/ièt) — . Si tè stèfièvcs — /; s'i stè/iiri — /; tè n 1 stèreùs né on 
momint — /.Sans l'adj. k&^ ce v. paraît ne s'employer qu'à la 
3 e pers. sing. : ci bokèt la lèzi sta be' f cette parcelle-là est bien 
située pour eux. 

48. éboule , employé seulement dans rond (ou sô) corne one 
éboule. | S^a, de même que 59 et 103, où le lg. dirait d y fya, 
(-^ dèS^a, déjà). 

49. dol rinme, « de la ramille », touj. au sing., brindilles de 
bouleau dont on fait des ramons ou balais; cf. Gggg. 2 raine et, 
ci-après, notes 8g, 90. 

50. cour trou, dernier né, lg. coulot ou houlot. | do, dol, du, de 
la; à Stavelot do, du V ; lg., verv., de, dèL 

51. afouter, jeter vers; composé de fouter. \grafee, poignée; 
dérivé de grafer, v. intr., prendre une poignée : grafer d'vins 
Pavône. \ aploker ou aploke ter, fondre, s'élancer vers; ploketer y 
sautiller; v. qu'il ne faut pas confondre avec plouketer y cueillir. | 
manûhe, s. f., poignet, articulation qui réunit la main au bras 
(Malm., Bra, Chevron; inconnu à Liège). 

52. (S?) bètch'ton, lg. (#') bètctitcyc, aux 3 pers. sing. du prés, 
de l'indic. Cette finale -on (Rob., Faym.), -ô (Sourbrodt), -6 
(Weismes), -où (Thirimont) existe seulement à la i re conjugaison, 
dans les v. où -er, -yer est précédé de deux consonnes : ad ter, 
fyatfton ; ram'hier, fy ram'hion. \ ile (elle, elles) s'emploie devant 
consonne : ile mèfièstit, iles sont mawes, 130; i devant voyelle : 



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— 26 — 

i-a, il ou elle a; i-ont, ils ou elles ont, voy. 1. 155. | fièstit, lg. 
fièstih. 

57. wétroûle, s. f., n'a, à Rob. ; que le sens inédit de «guetteur, 
personne qui épie ». Gggg. II, 477, définit : « waiteroûle, 1. petit 
trou ou fente pour épier ; 2. œillère ». 

58. i rit, lg. i rèy. \ ptr, adv., pourrait se rendre aussi par 
« vraiment » : il rit d'une façon vraiment si singulière ; lg. par, 
verv t par, Faym. par; voy. Gggg. par. \ saquinemint, adv. de 
saqué, fém. -ine, litt. « (je ne) sais quel », drôle, singulier. 

59. Ions', loin, lg.-verv. Ion. Us caractérise de même un cer- 
tain nombre d ! adv. en anc. fr. : onques, sempres, avueques, et 
encore en franc, mod. : certes, volontiers, etc. 

61. èye, aile; lg. èle\ /s'est mouillée également dans teûye, lg. 
teûle, toile, comme dans le lg. paye, poule, gueûye, gueule. 

62. dianme ! à Mal m. diâme / diable, diantre ; d'où le dérivé 
malm. adiânûdumint, diablement. 

63. sorlèver, anc. fr. sou rie ver = soulever; pour sor = sous, 
cf. Projet de Dict. wallon, v° sorfa. Plus loin, 1. 81, sorlèvé, « sou- 
levé », prend le sens de « étourdi, écervelé ». | lûtcher, lorgner; 
inconnu en liégeois. 

65. sawère, du v. sawWer, lg. saweûre, du v. sawourer, au sens 
in transitif « avoir de la saveur » 

67. fiufler, « siffloter ». Le syn. fiûyer signifie « siffler, donner 
un coup de sifflet ». Toutefois, cette distinction est souvent 
négligée. 

63. df bat V meseure (mtkzàr), lg. S? bat li mèseûre. 

69. dène, lg. done, du v. dèner, lg. diner, donner. 

70. filet, fém. filète, représente l'ail, schlecht (au sens ancien 
de plat, uni, conservé dans l'ail, schlicht) : on filet bwès, un mor- 
ceau de bois uni, lisse ; one filète fiène, une bûche bien lisse, one bêle 
filète vwès, une belle voix bien claire, fine et cristalline ; i va mis, 
dit-on d'un convalescent, i-a V vives bé filète. Ici l'auteur emploie 
l'expr. /*' P filète vwès, au sens de « faire le ténor ». Cf. Gggg. 
II, xxxiii, hlcû, forme qui paraît altérée; dans VAnn. 21, p. 150, 
M. Lequarré parle de on hlè tchêne ou sins nouk. 



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— 27 — 

72. sproùsseler, v. intr., pouffer, éclater de rire; souffler, 
s'ébrouer, en parlant du cheval ; cf. Gggg. sprogni. 

74. i-a one so Porèye « il est éméché, il a un plumet, litt. 
« il a une [plume] sur l'oreille ». | //, fois, Ig.fèy ; cal/i, quel- 
quefois, lg. quéquefèy, télfèy. 

76. ifi4fc # ro»*/, mettre convenablement, ranger. Mètez coula 
a rond } mettez cela en ordre ; mètez-ve a rond y mettez-vous en 
rang, ou prenez une pose convenable. L'auteur propose d'y voir 
une altération du mot « rang » et d'écrire ron ; mais cette altéra- 
tion serait sans exemple. À noter que « se mettre en rond, former 
un cercle » se dit à Rob. s' mète è rond, è ronde ou fé on rond, on 
ronde. 

77. asséner, ici « appeler à soi par signe », sens inédit ; à 
Hervé et à Verviers = « faire signe à qqn ». | tchèpèi, fém. -ète } 
malingre, maigriot; lg. tchêpiou, -owe. 

78. apougnc, lg. apogne, empoigne. 

79. andiyos', lg. âdios', salamalecs. 

81. guètyer } verv. guèti, lg. cati, chatouiller. 

85. hosseter f fréq. de hossi, hocher. | fyiboter, culbuter, bas- 
culer : rèfant va fyiboter. A Chevron, « marcher vite et à petits 
pas ». 

89. ranfhion, s. m., branchette ; ord* au pi. brindilles, extré- 
mités des branches (syn. brèston, 1. 38); répond à un type lat. 
# ramiscilionem, dimin. de ramus; cf. notes 49 et 90. 

90. ram y hier, remuer légèrement, faire un bruit léger : ons ôt 
on-ouhè qui ramhion èzès cokes, one surus qui ranChion è Vâr- 
mâre. Malm. ram'hyi, lg ranûhi, nam. ranCchi, d'après Gggg. 
II, 274. Ce v. se rattache à ram'Jtion, branchette, la filiation des 
sens étant la même que pour rantcne, sarment, nam. ranche, et 
ranchi (nam.), « fé on brut corne lès ranches » d'après Gggg. II, 
277, «fureter, chercher, remuer» d'après Pirsoul ; le corres- 
pondant français de ranChier serait à peu près « ramiller », faire 
un bruit de ramilles froissées, bruit qui, dans un bois, révèle 
l'approche d'une personne ou d'un animal qui furette ; d'où 



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— 28 — 

« fureter ». | brakcner, « braconner », a ici le sens de « fouiller, 
farfouiller » : c'èst-on brakeneûr è Pârmâre. Le sens propre est 
perdu en Wall, pruss. ; on dit dans ce cas braconer, on braconi. 

91. s y abate d'one saqwè, « s'abattre («= s'apercevoir) de qqch. », 
expression curieuse propre à la région Malm.-Stavelot. 

92. haminde, « barre de bois ou de fer (attachée au mur) qui 
s'enfonce dans une gaîne de bois pour barricader la porte » (Rob., 
Faym.). Le sens du lg. hante de « levier » en dérive ; cf. Gggg. I, 
270; II, 311 et 604. C'est, d'après Scheler, l'anc. fia m. hameyde, 
anc. fr. hamede. | sordotwri/ en tr'ouvrir; syn. trèdouvri. Le lg. 
ne connaît ni l'un ni l'autre ; Forik donne seulement tnte-dovièr. 

94. raspfôyj inf. et part. (voy. note 11), appuyer, appliquer 
(contre qqch) : rasplby le Piâle conte le mour, appuyer l'échelle 
contre le mur ; se rasplby } s'appuyer, s'accouder ; malm. 57/ ras- 
ployij propr* « se replier », auquel correspond en lg. s'aspoyt = 
s'appuyer. Le sens de notre passage n'est donc pas « les ailes 
repliées », mais « appuyé », c.-à-d. « perché ». 

95. viêroz, lg. vièrez ou veùrez. | fy wèfye, lg. wafye 

97. èhinèy propr. « enlancé », composé de hiner, lancer. Le lg. 
emploie le simple hiné, lancé, un peu gris. | èzoûlé, prop. « em- 
bourdonné », comp. de zoûler, bourdonner (comme fait un 
essaim). Le mot est pittoresque : il semble que l'homme ivre ait 
comme un essaim qui lui bourdonne dans la tête. Inconnu en lg. 

98. Le préfixe kè- } lg. ki- } verv.-malm. ku-, lat. con-, sert à 
former une foule de verbes. | atrocher, « empoigner ». Ce n'est 
pas un dérivé de « trousser », qui se dit trosser, ratrosser et dont 
le composé s' kètrôsseler, se tirailler, se lit 1. 09. C'est l'anc. fr. 
atrocher (réunir, rassembler), formé de troche (faisceau, assem- 
blage d'objets de même nature), w. troke (grappe) ; le sens propre 
est donc « réunir en un faisceau » ; cf. 1. 103. 

105. rajlûtchcr, revenir rapidement et à la dérobée ; jlûtcher 
èvdye, s'esquiver; de l'ail, flûchten. 

108. moudrér, meurtrier, lg. moudreû. \ dèhcve, disait, lg. 
dihéve. | tchoufeter, ici «sangloter» ; syn. chnoufe ter ou snou fêter. 



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— 29 — 

1. 158. À Malm., comme en lg., tchoufeter signifie « baisoter, 
embrasser avec bruit ». 

110. brigosse, s. f., canaille, vaurien; cf. Fane. fr. bricosement, 
bricon. 

111. raponserj raccourir en hâte; aponser, accourir comme la 
neige fine que le vent chasse. Le v. unipers. / ponse, à Faym. 
i passe, à Trois- Ponts i poussèle = le vent chasse une neige froide 
et fine, dol ponsîre d'ivièr (lg. poûssire, poussière). Dérive de 
Fane. fr. pous, lat.*pulvus. Le dial. de Rob. nasalise parfois 6. 
| dièré, f. -ine, dernier, -ère, lg. dicrin, inné, 

112. pansi, goinfre, lg. pansa. 

113. trôner, trembler ; de même trône, subst., le tremble, 
èssone, ensemble; lg. tronner, trontie, èssonne. 

115. mosse, fr. montre, anc. fr. monstre, au sens de « inspec- 
tion, revue ». Passer lès mosses correspond au lg. passer lès rouf es 
(cf. Gggg. II, 328) et au fr. passer par les baguettes. I-a manqué 
d* passer lès mosses (Rob.), il a failli mourir. 

116. tchâfète, rôtissoire, poêle spéciale, assez profonde, em- 
ployée sur les feux ouverts. 

117. fyower hâsse a-n-onk, «; jouer hâte à qqn », le serrer de 
près; Gggg. I, 285; syn. dèner one daye (Rob.). | acartdôzer, 
donner (à qqn) son compte, mal arranger, sens dérivé de : 
«habiller, fagoter»; fig. «rosser» (Malm., Scius). Le simple 
caridôzer = cajoler, à Liège. 

118. on fèt tchirlipe sol pèle, on fait chanter la poêle, en y 
passant une tranche de lard. 

121. noulu, précédé d'un déterminatif, signifie « personne sans 
valeur, vaurien »; cf. Gggg. II, 169. 

122. tchèiris 1 , s. m., canaille; lg. tchinis* . Dér. de tchin, chien. 

123. d'ssâvé, « dessauvé », éperdu, comme qqn qui s'est sauvé 
d'un danger. 

124. nokète (dimin. de nouk, nœud), petite masse : one — de 
boûre, de iroufe, de houye, gros comme une noisette de beurre, de 
tourbe, de houille; sign. aussi enflure à Rob. : i-a one — cô 



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— 30 — 

(dans le cou). Les expr. craker one — , jurer, blasphémer ; i sèt 
craker s 1 — , il sait jurer ; craker P — tôt oute, faire éclater le 
juron complet, sans atténuation, sont expressives : craker signifie 
« casser (une noisette, une noix) avec les dents; lg. crohi, verv. 
crahi. L'éclat de vbix qui accompagne le juron est comparé au 
bruit d'une noix croquée dans la bouche. 

126. dèlèfyiner (à Faym. delèfyiner ou kelèfyiner, à Ligneu- 
ville dulinfyiner) , v. tr., maltraiter en paroles : / m } a d'ièfyiné 
corne on tchén; i V delèfyina d* tos lès nos (Faym.). Dérivé de 
l'anc. fr. delaidengier (injurier). 

127. atatche, lg. atètche\ cf. bon&nafye, 34. | on d'Aire, on 
déchire, verv. on d'hère, lg. on a^hèye. 

129. rèdonder, rebondir, retentir ; cf. Gggg. II, 304. 

130. bôzéj bouffi, lg. boûzé. | cèlihe, cerise; mais cièr'cî, cerisier. 

131. tchâsser, 1. chausser (lg. tchâssi) ; 2. enfoncer : tchâsser 
on pâ è tère, on coûté vinte, P dât Pu (œil). | mèsûse, indélica- 
tesse, abus. Inconnu en lg. 

132. rèprover, reprocher. Forir ne connaît pas ce sens de 
riprover, que donne cependant Gggg. II, 313. 

135. dvantan, contraction de d'vant-antan (le / de dPvant est 
toujours muet). Villers, Dict. maint., donne la forme devant- 
antan, qui est encore conservée par les vieux ; antan signifie, 
comme en anc. fr., Tannée dernière ; d'vant-antan, avant Tannée 
dernière, il y a deux ans. | La tchipète ou tchampinne = la grive 
musicienne, turdus musicus L. On connaît à Rob. deux autres 
espèces de grives : la francèse ou vignôbe, grive mauvis, turdus 
iliacus L., et la tchak 'tresse ou grise, grive litorne, turdus pila- 
ris L. 

136. las 1 , lacet; lg. lès'. \ Mo, nœud coulant ; à Chevron hlà 
ou clé. C'est probablement Pall. schlupf, à Eupen schlopp (lacet, 
nœud coulant). 

137. aclasser, écraser; inc. en lg. | fyïbe, s. f., cou : haperonk 
pol fyibe, saisir qqn par le cou. 



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- 3i — 

139. gabèrlote, s. f., conte, fable ; cf. Gggg. II, 527 : gaburlote. 
Dimin. de Pane. fr. gab (moquerie); cf. Kôrting, gabb. 

140. qwdses, lg. qwanses. | dèmèfie, 1g. dimèsfèye. \pôk, lg./d. 

142. aboiiter n'a pas en Ig. ce sens de « présenter (un mot, 
une remarque) ». | pâti, Ig. panti, panteler. | rétnè, « kyrielle, 
litanie ». Le lg. rimé signifie propr 1 « vers, dialogue rimé ». 
\ad^û } lg. tfdfrV. | i-èstiri, lg. 1/ *s#/. 

143. tortos, lg. turtos. | *M*, lg. 4y*> ait. | marmouyer n'est ni 
dans Gggg. ni dans Forir. 

145. porsome, s. f., bord extrême; voy. ce Bull. 2 e année 
(1907), p. 132. | sprâwe, lg. sprèwe. 

146. grusser, « grincer », répond au lg. grnzî, « grignoter, 
ronger » et au fr. gruger. Du néerl. gruizen. En lg. grtizion, 
verv. grujon, Rob. grussion, Weismes grussa = cartilage. À 
Faym. grussan = trognon de chou. 

147. s' cawyer èvôye, s'esquiver, disparaître à la sourdine ; 
dérive de c#w*, queue. | radayeter, cf. ce /?////. 2 e année (1907), 
p. 80. 

148. fouyîre, verv. /ow/, lat. * focaria (cheminée du toit); 
voy. note 35 et comparez brèyire (Wall, pruss.), lg. bromvire, 
bruyère. 

149. ratrôk'ner (Rob.), ratrôkiner (Fay mon ville) , rèstrôkiner 
(Malm.), lg. rètrôk'ler; voy. note 11 1.. 

152. fouront (furent), ouront (eurent), forme remarquable de 
la 3 e pers. plur. du passé défini Xg.fourît, ourit. La forme du 
pays de Weismes est due prob. à l'influence analogique de sont, 
ont, vont. Voy. note 159. | cFmèrlé, cf. Gggg. I, 174 : dimièrné. 

153. s' kètirer, 1. végéter, languir, se traîner (comme ici); 2. 
se tirer (d'un mauvais pas). 

154. houbonde (Stavelot, Wall, pruss.), laps de temps. | èmèné 
sign. à Rob. « paralysé, qui ne sait pas avancer ». Le lg. èminné 
a conservé le sens propre : « privé de l'usage de ses mains, gêné 
dans ses mouvements, maladroit ». 

155. vwèzé-, fém. vwèzine ; lg. wèzin, -ène. \ i-aveût, voy. 
note 52. 



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— 32 — 

157. bohHéy troué, évidé. À Malm. «boheter, v. n., se peler, 
s'écailler ». (Dict. de Villërs). | vizènes, vieilles herbes fanées 
sur pied. 

158. chnotifUer, i. renifler; 2. sangloter, pleurnicher; voy. 
note 108. 

159. èssègnont, enseignèrent, et plus loin, lèyont, laissèrent, 
rèfyèrmont, regermèrent, rèzont, rasèrent. Cette désinence -ont 
(= 1g. -ît) existe dans tous les verbes : i finifiont (finirent), 
vnont (vinrent), vôvront (voulurent), pôvront (purent), rindont 
(rendirent), vèyont (virent), soupiront (surent), etc.; voy. 
note 152. 

163. làwe, langueur. Forir ne donne pas le 1g. ianwe. 

164. so/èt, soleil ; lg. solo. \ s'abôtier foû, sortir avec effort ; cf. 
ce Bu//. 2 e année (1907), p. 102. 

165. broheûre, brume; lg. brotiheûre, brouhène (fr. bruine). 
Dérivés d'un v. broker qui, à Rob.-Faym., signifie enfumer (les 
abeilles). 

166. a/ôyète, alouette; lg. a/ôye. 

167. d } vâr, s. m., récolte sur pied; d'vàrer, récolter; comp. vâr, 
toison : on vâr de /inné (Rob.-Faym., J. Bastin). Cf. Gggg. I, 177. 

168. Iwèrtcher, v. intr., rôder; voy. note 36. | hède, herde; lg. 
hiède\ à Faym.^Àjfe. | coper, t. de jeu, appeler en étant caché. 
Nos a/ans coper, nous allons jouer à cache-cache. Oèst /ri qui 
cope, c'est lui qui « en est ». Ici le terme, par extension, est 
appliqué au coucou, parce que cet oiseau se cache pour lancer 
son cri. 

169. Allusion à une croyance populaire : quand on entend 
pour la première fois le cri du coucou, si on a de l'argent sur soi, 
c'est un signe qu'on en aura toute l'année. 

170. c/ô-Vti/i, bécasse, oiseau des fagnes qui, à l'époque des 
pluies, se rapproche des habitations en lançant un cri lugubre. On 
l'appelle pour cette raison « clos l'huis ». | ////, lg. ouh. \ rère, à 
Stav. raire } jeter des cris ; fr. raire. | lavasse, lg. /avasse. 

172. tchocanty adj., pétillant, se dit de l'œil, du regard : qwand 



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— 33 - 

qu'ons est éhe, ons a co sovint lès ûs tchocants, quand on est aise, 
on a encore souvent les yeux pétillants ; aussi adverbe : i louke si 
tchocant ou si ichocanmint, il a le regard si pétillant. Villers, 
Dict. ma/m, , définit : « tchocants-ûSj des yeux gros et saillants ». 
À Faym. tchacani. | û, lg. oây, œil; le diminutif ûkèt est formé 
comme bokèt, bonikèt. 

175. Tchan (Wall, prussienne, Stavelot), Jean; lg. Dfhan, \ 
haline, chenille, anc. fr. honine ; lg. halène ; pour la finale, cf. 
176. | cawe, queue; lg. cowe. 

176. blanke-sèpène, aubépine; ailleurs en Wall, pruss. âbès- 
pène; lg. àrdispène. Le traitement du lat. -in a paraît variable à 
Rob. : cf. haline, vwèzine à côté de vtzènes, spène. \ fit fier, écosser, 

l g. dihûfî, dihàgneter. Dès /lifions d 1 pas, des cosses de pois ; en 
lg. dès hàgnes di peûs (hûfion sign. petit verre de liqueur); dès 
diè/es d'où, des écailles d'œuf (Rob. ), dès hifes d'où (Trois- Ponts); 
lg. dès hàgnes d'où (mais hife d'à : gousse d'ail). 

178. grtizè, m., groseille ; lg. gmzale, f. | vèv, vint ; du lat. 
* venuit, * venvit, qui, en verviétois, a donné veûri, vûri. Ces 
formes fortes ont disparu du liég., où Ton dit v'na. \ maw } râye, 
maturité. Le suff. -âye (Stav.-Malm.) = lg. -àhe ; il désigne 
l'époque où s'accomplit une action et correspond au fr. -aison ; 
fenaison, fènàhe,fènâye. 

179. campagne, temps où s'accomplit un travail, p. ex. la 
fenaison : ons a passé one laide campagne ; sèhon, saison, époque 
de l'année; awout, août, époque de la moisson. 

180. soy âfoâre, faucher le foin. On dit à Rob. soy âfoûre, â 
stièrmint (litière), comme soy as plantches ; mais abate a Vavône, 
â r'gon (seigle), as grains (céréales en général). | soyeûr, scieur, 
faucheur ; lg. soyeû. \ acouyi 011k, empoigner, assaillir qqn ; i-a 
stufwèrt acouyi, il a été fort accablé (lg. acoyî, cf. note 12). 
| tassé (dimin. de tas), dizeau de seigle, gros tas de vingt gerbes; 
on gros tassé désigne une meule. Sôdâr, « soudard, soldat », = 
quatre gerbes d'avoine réunies. 

181. rèzer (Malm., Verviers) ; lg., fr. raser. \ a rés d 1 tère, lg. 

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— 34 — 

a ras* ou a rés' di têre. | sârt, I . essart, terrain écobué ; sârter ou 
fornèler, enlever et brûler le gazon ; 2. on sârt, expr. abrégée 
pour on r'gon d* sârt, seigle qui a été semé sur un essart ou tèrain 
cP /orné. C'est ici le second sens, particulier à Rob. (?). 

182. abossené, touffu ; bossèt, touffe. Dérivés de bosse. 

183. one macrale, one fyint èmacraîée sont synonymes à Rob.; 
c'èst-one èmacraîée, c'est une méchante, une sournoise. L 1 èma- 
craîée agace = la pie sinistre, de mauvais augure. Quand une 
personne est à l'agonie, on entend la pie qui câ&ston (jacasse) la 
nuit : croyance populaire qui s'explique par ce fait que la lumière 
attire la pie. | nâ, nuit, lg. nui '. | le grande hâye. Une grande 
haie formée d'arbres élevés, serrés les uns contre les autres, pro- 
tège la maison des fagnes contre le vent et la neige. 

184. s'apontit, lg. s'apontêyc. \ a V ir do fyôr [lg. a Pair (ou as 
airs) de fyoû] = â momint que r fyôr èrit (apparaît). On veut tri 
r fyôr. Ces exemples montrent que l'explication de Gggg. I, 16, 
v° air, n'est pas exacte. 

185. soner lès pwèzées, sonner le glas, deux coups pour une 
femme, trois coups pour un homme ; — soner V transe ou soner 
amwèrt, sonner à coups répétés pour annoncer l'agonie. Pwèzée, 
lat. * pausata, anc. fr. pausée, = pause, reposée. | rastrin, 
part, des 2 genres. Cisse fème la est rastrin peut signifier que 
cette femme est incarcérée, ou colloquée comme folle, ou 
enterrée (Rob.). 

186. vèrfyali, mot forgé plaisamment par l'auteur. Dér. de 
vèrfyale (« vergelle », dimin. de vèfye, verge, baguette), glu 



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NOTICE 

sur un glossaire -wallon manuscrit de la région 
Stavelot-Malmedy. 

Il y a quelques mois, M. Armand Weber, le bibliophile et 
antiquaire verviétois bien connu, avec cette amabilité dont il a 
déjà donné tant de preuves à la cause wallonne, me communi- 
quait un petit recueil où je pourrais trouver, disait-il, quelques 
mots pour notre dictionnaire. C'était un calepin de format 16 x 10, 
à vieille reliure en cuir, contenant, sauf erreur, 75 feuillets non 
paginés dont beaucoup sont restés en blanc. 

Il est intitulé : Recueil des plus difficiles mots wallons par 
rapport à leur signification française, c'est-à-dire des mots wallons 
les plus difficiles à traduire, avec une traduction française ou une 
périphrase équivalente. Ce que l'auteur voulait apprendre, c'était 
donc le mot français précis correspondant à tel mot wallon qui lui 
était familier. Le wallon n'était pas son but, et ce fait n'a rien 
d'étonnant, car, avant Grandgagnage et Forir, personne ne s'est 
avisé de faire un dictionnaire wallon pour renseigner sur le 
wallon : tous voulaient renseigner sur le français. C'est nous qui 
avons détourné Cambresier, Remacle, Lobet, Dasnoy de leur 
destination primitive. Détournons de même à notre profit cet 
humble glossaire. Voyons quel service il peut nous rendre au 
point de vue unique de la connaissance du wallon. 

Le premier coup d'œil nous avertit que ce recueil n'enrichira 
pas de mots inconnus notre vocabulaire. Préoccupé de la pro- 
priété des termes en français, l'auteur collectionne des expressions 
techniques françaises. On peut même déterminer de quel diction- 
naire français il s'est servi. Beaucoup de ses définitions sont em- 
pruntées à Gattel, Dictionnaire universel de la langue française , 
dont la i re édition est de 1797, la 3 e de 181 q, à Lyon. Souvent 



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- 36- 

même il lui arrive de substituer au mot wallon, dans la colonne 
de droite, la définition de Gattel, preuve encore que le wallon 
est tout simplement pour lui une définition abrégée, une expli- 
cation par équivalence. 

L'intérêt du recueil, à mes yeux, est surtout dialectal. Il est 
visiblement d'un autre dialecte que le liégeois. Or on sait com- 
bien il reste peu de chose, en dehors de Liège, qui remonte à un 
siècle. Il fallait donc, pour Putiliser à ce point de vue, dater 
approximativement le glossaire et localiser le dialecte. 

Mais pas une date, pas un nom propre ! Si, le seul nom de 
Voltaire dissimulé dans une interligne, à la lettre H. On lit : 
« houe } f., ou hoyau, m., comme dit M. de Voltaire ». Cette 
citation ne trahit pas l'incognito ; tout au plus elle nous oriente 
vers un temps où M. de Voltaire n'était pas encore Voltaire pour 
tout le monde. 

Le filigrane du papier figure un chevalier à casque empanaché, 
dentelles aux bras, perruque en tête, tenant une lance en arrêt 
au bout de laquelle est suspendu un bonnet, le bonnet de 
Marianne ! Devant lui, un lion brandit un cimeterre. Dessous, 
une longue banderolle grossièrement godronnée. Lettres : H. R. 
Pro Patria.. 

Par les habitudes graphiques de l'auteur dans la partie réservée 
aux traductions, il est encore du XVIII» siècle. Il écrit françois, 
oyseaux, abymer, moyen, netoier, fenestre, chaircuter, 
meurissent. Mais on sait combien notre pays retardait sur la 
France dans son orthographe comme dans son style. 

Je crois d'autre part y reconnaître le travail de deux mains 
différentes. L'une, plus amie de la régularité, avait divisé la 
page en deux colonnes, mot français à gauche, mot wallon à 
droite. Le système consistait à réserver un certain nombre de 
pages pour chaque lettre du glossaire, à commencer donc le 
travail en vingt endroits différents. De là les blancs nombreux. 
La seconde main a continué sans se préoccuper de la division en 
colonnes, serrant le texte, substituant souvent au mot wallon des 



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— 37 — 

définitions et des exemples français. Au reste, cette seconde main 
pourrait être la première reprenant le travail à quelque temps 
d'intervalle, et plus négligemment, comme il arrive à mesure que 
la nouveauté d'un projet se défraîchit. En tout cas, la deuxième 
main suit l'ordre alphabétique du Dictionnaire français de Gattel, 
tout comme la première. 

Nous ne croyons pas trop nous aventurer en concluant de ces 
données diverses que le recueil est de la fin du XVIII e siècle ou 
des premières années du XIX e . • 

Le lieu d'origine est facile à déterminer par les particularités 
de prononciation que révèle une orthographe même imparfaite. 
One et non ine } cutirer, rucoper, du /ruts (de fruits), rutirer su 
nez suffisent pour désigner la région à Test de Liège. Mais l'au- 
teur prononçait dra (drap) et non drè; lasse et non lèssê comme 
à Verviers, tassale et non tèssaîe ; cowé, avalé, hasplé, non cowêye } 
avalêye, hàspiêye ; awî, non awyêye ; bètchî, non bètchêye : cela 
suffit pour désigner la région sud-est de Verviers. Blamahe, 
ha/ver, mohe dawion et les graphies contradictoires chouarner, 
moche nous orientent par leur hésitation même vers un endroit 
où le se n'est ni franchement h sèche comme à Liège ou Verviers, 
ni ch comme dans le Luxembourg, une h mouillée telle qu'on 
l'entend de Sourbrodt à Rencheux-Vielsalm. Enfin le suffixe -tira 
devenant -ore dans bâhore, crèvore, blèssore, rnolore, runârdore } 
greïore, ducrêvore, durifiore f hagnore, rutèyore, vôssore, désigne 
la région de Stavelot-Malmedy. Il est difficile de pousser la pré- 
cision plus loin et de décider entre Stavelot et Malmedy. Les 
signe des longues et des brèves, les semi-consonnes w et y étant 
absents, il faut se rabattre sur quelques mots caractéristiques. Le 
manuscrit écrit franbaihe : on prononce actuellement à Malmedy 
frambêhey à Stavelot frambâhe. Le ms. écrit suri (soricem), 
Stavelot dit sori et Malmedy suru. Notre ms., d'accord en cela 
avec Villers de Malmedy, écrit râ drou (rayons de roue) ; or 
Stavelot dit rê ou rè. Le ms. a peu (pou), seuve (suie) ; Stavelot 
dit pu } slfe. Il y a plus de condordances avec Malmedy qu'avec 
Stavelot. 



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- 3« - 

La plus curieuse particularité phonétique que nous ayons 
remarquée, c'est la terminaison -ir de verbes qui se prononcent 
maintenant en -i : baguir (déménager), stièn'vir (éternuer), 
moqttir (moquer). A la vérité cette graphie pourrait être pure- 
ment analogique; mais la forme soïre (scier, faucher, soyi à 
Verviers, Liège) avec son e final suffit pour démontrer que r 
notait pas muet. Ce phénomène nous reporte à une prononcia- 
tion qui n'existe plus dans la Wallonie proprement dite que pour 
le verbe tchtr et le malmédien crir (crier ; contracté de criyir, à 
Stavelot criyï). La seconde main écrit quelquefois -i : apairi, 
s > accropi ) mais plus souvent -ir; la première, toujours -/r, même 
quand le mot n'a pas de correspondant français capable de sug- 
gérer -ir par analogie de -ier. 

L'auteur est assez instruit pour citer du latin : cardo, -inis, ou : 
Latine junix, -icis,f. ; ou pour écrire rads à cause de radios 
(rayons de roue). 

Tel qu'il est, ce manuscrit est intéressant au point de vue de 

la phonétique, et même, subsidiairement, des significations et de 

diverses particularités. Aussi nous nous sommes donné la peine 

de le mettre sur fiches en entier, en ajoutant les observations que 

les circonstances nous suggéraient. Comme l'ordre alphabétique 

est celui des mots français, il fallait bien le copier et le distribuer 

autrement pour le rendre utilisable. J'en ai tiré quatre à cinq 

cents fiches. Au reste, j'ai le plaisir d'ajouter que M. Weber m'a 

offert spontanément l'original pour la bibliothèque de la Société. 

Puisse son exemple être suivi par de généreux donateurs. 

Puissent-ils comprendre surtout que l'un ou l'autre manuscrit, 

sans importance pour eux et sans valeur marchande, peut devenir 

d'une grande utilité scientifique quand il est réuni à d'autres. La 

Société, en essayant de rassembler les documents anciens du 

wallon, épars et exposés à périr, ne poursuit pas une idée de lucre, 

mais de conservation. C'est pourquoi je ne suis pas honteux de 

mendier, pour elle et pour le Dictionnaire wallon, les épaves 

d'antan. 

Jules Feller 



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Notes d'Ëtymologie et de Sémantique 



19. tot-fér (tôfér) (*) 

Cette expression adverbiale qui signifie continuellement, sans 
cesse, toujours, est répandue dans toute la Wallonie : on la ren- 
contre à l'Est jusqu'à Stavelot et Malmedy, à l'Ouest sous la 
forme tout-fèr jusqu'à Braine-FAlleud et Charleroi ; mais elle ne 
paraît pas dépasser ces bornes ; elle n'est mentionnée; que je 
sache^ ni dans nos patois lorrains, ni à Mons et Tournai. 

Le plus ancien témoignage connu de cette curieuse locution 
est un passage de Jacques de Hemridourt (éd. Salbray, p. 354) : 
« se priât al dit Monss. Lambert qu'il demorast tôt fer deleis ly 
juxes a la dite journée ». 

L'origine de tot-fér a plus d'une fois suscité les recherches des 
linguistes. M. Dory ; le premier ( 2 ), s'en est occupé sérieusement 
dans un mémoire en réponse aux concours de 1876 : il combat par 
de bonnes raisons l'étymon tota feria, proposé par Simonon ( 3 ); 
il préfère tôt -f- l'adverbe latin fere signifiant «d'ordinaire, 
presque toujours » ; ce qui, par parenthèse, ne satisfaisait pas le 
président Grandgagnage chargé de faire rapport sur la ques- 
tion ( 4 ) ; il y voyait une difficulté phonétique très réelle, et même 

(*) C'est la prononciation liégeoise ; à Verviers et presque partout on 
dit tot-fêr avec è ouvert long. 

(*) Bull. 16, p. 255. 

( 3 ) Ch. Simonon. Poésies en patois de Liège avec glossaire (Oudart 
1845), P- 177. 

(<) BulL 16, p. 250. 



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— 4 o — 

— scrupule excessif — le sens ne lui paraissait pas convenir. 
Peu d'années après fut éditée par les soins d'Aug. Scheler la 

fin du tome II du Dict. Etym. de la Langue wallonne. On y 
lisait v° tôt un article ainsi conçu : 

Tot-fair i. (continuellement, sans cesse), Nam. it. Deferire, frapper, 
cp. toz-côpz m. sign. ; ou de totis feriis (cp. toz-diz), le latin feriae 
s' étant pris au moyen-âge pour tous les jours de la semaine. — 2. t. de 
tailleurs de pierre (halte ! arrêtez !). 

M. Georges Doutrepont dans sa remarquable Etude linguis- 
tique sur J. de Hemricourt et son époque, rappelle (p. 82) les 
hypothèses de Gggg. à propos de lofer, sans toutefois se pro- 
noncer 0). 

Or, en y regardant de près, elles ne sont guère admissibles. 
Quel serait ce nom verbal supposé issu de f£r fre? Ce ne pourrait 
être que//r, avec i = anc.-fr. ié comme dans les formes fortes 
du verbe. D'autre part tottis feriis, ou plutôt tottas ferias, 

— car c'est l'accusatif qu'on voit dans les expressions analogues 
anc.-fr. toz jors, toz dis ( 2 ) — aurait produit en liégeois une 
expression féminine comme totes fores, en nam. totesfivêres. 

En somme, la question n'est pas encore élucidée. 

Essayons de résoudre le problème en reprenant le point de 
départ de M. Dory, c'est-à-dire en considérant iot-fér comme un 
composé de tôt plus un adverbe ou un adjectif pris adverbiale- 
ment. La comparaison dé tôt rade, tôt doûs, tôt dreût, tôt tchaud, 
tôt reûd, et de locutions françaises telles que « rire tout bas, 
rêver tout haut, parler tout franc » nous amène à croire que 
totfér s'interpréterait littéralement par « tout ferme >. 

« Ferme » était en ancien français ferm % puis/^r, au masculin. 
De même, ffrmum en wallon avait dû donner fér: Vï bref, 

(*) Tome XLVI des Mim. couronnés par fAcad. roy. de Belg.. 1891. 

(*) L'ablatif n'est conservé que dans de rares expressions déjà figées en 
lat. vulgaire et contractées en un mot : hodie, fr. nui, w. oûy, û; 
hocanno, fr. oan, w. aman. Voy. J. Feller, BulL du Die t. 1906, p. 150. 



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-41 — 

devenu é fermé en latin populaire, aboutit chez nous à é ou c, 
quand il est tonique et entravé, tandis que Va ouvert placé dans 
les mêmes conditions se diphtongue. Exemples : vfr'dem, vert; 
v?rga, vèfye\ mais fièsse de f£sta, fier de f£rrum, iviér de 
hib£rnum, nier de n£rvum, viér de v^rmem. De plus, dans 
ces trois derniers mots on remarque la chute d'une consonne 
finale après r (cp. êjjoû de diurnum, fôr de furnum). Une 
forme fér en ancien wallon est donc de tous points légitime. 

Voyons enfin si le sens s'accommode de l'étymologie proposée. 
Frrmum, devenu fér, exprime d'abord fixité, stabilité, ce qui 
justifie l'emploi du mot fait par les tailleurs de pierre : cette 
acception est antérieure à toute autre. De là à marquer la conti- 
nuité, la non-interruption, il n'y a qu'un pas; et par une transi- 
tion insensible, on arrive à l'idée de fréquence. C'est ainsi que 
dans le latin classique ferme, simple doublet de firme d'après 
M. Bréal (Dict. étym. de la langue latine), avait pris le sens de 
♦ ordinairement, presque toujours ». 

Les trois nuances sémantiques rendues par tôt fér (sans bouger 
— sans cesser — à maintes reprises) ressortiront mieux d'une 
poignée d'exemples : 

II est tot-fér divins ses fleurs, dit Em. Gérard en parlant de 
l'amateur de fleurs ( Œuvres wall. 3 e série, p. 214) : il vit parmi ses 
fleurs. 77 est tôt- fer au culot (Namur), il est rivé au coin du feu. 
Pou s' consoler i stait tout-fèr au cabaret (M. Renard, VAr- 
gayon 85). 

Si fy'so tot-fér bin pwèrtant... (D. Salme, Ton. et El. 102),... 
constamment en bonne santé. 77 a ploû tot-fér (For. Die t.)... 
sans discontinuer. Tot-fèr ovrer, dWèner, sofri (M. Lejeune, 
Bull. 44, 431), travailler sans trêve... 

In-aute qui tot-fèr si k'pagnetêye... (For. Blouw. lify. 10), qui 
ne fait que se griser. Bwère et minfyi tout-fèr (Bernus, Fauves 
89),... à toute heure. Tot-fèr fyi passe et fyi râpasse (Wérotte 
3 e éd. 128), très souvent je passe et repasse. 

Cet article était achevé lorsqu'on me signala dans une joviale 



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- 42 — 

chanson en patois de Viesville, insérée Ann. 20, p. 77, un pré- 
cieux fén-fèr, synonyme de tot-fèr, qui confirme mes conclusions 
relativement à la nature du mot fèr. Fén en effet, dans la région 
de TOuest- Wallon, s'emploie pour renforcer un adjectif ou un 
adverbe, absolument comme tôt. A Namur on dit de même fin 
(fin Iwagne), à Liège// (fi sô,/{ minme)\ on peut aussi réunir 
les deux particules : tôt fi seâ, liég., tôt fin bèlemint, nam. 

Alphonse Maréchal 

20. consire 

Dans le Projet du Dictionnaire général de la langue wallonne 
il y a un article consacré à un mot rare, consire, d'origine incon- 
nue, qui est défini provisoirement « place où le vent amoncelle la 
neige ». On y hasardait comme étymologie une forme * con si- 
da ria. M. Antoine Thomas, le maître français, auteur des Essais 
et des Nouveaux essais de Philologie française, dans le compte- 
rendu qu'il fit du Projet de Dict. ( l ), proposa * congeria pour 
congeries. Sans être partisan de *considaria, qui ne s'appuie 
pas sur un substantif antérieur, il me semblait d'autre part que 
* congeria ne couvrait pas les formes précisément les plus impor- 
tantes du mot wallon. Il fallait donc maintenir ce terme en 
observation. 

La difficulté de fixer l'étymologie de consire provient de deux 
causes : absence de formes comparatives extra-wallonnes, igno- 
rance du sens exact. Quant au sens, les exemples recueillis font 
hésiter entre « amas de neige » et « fondrière remplie de neige ». 
Cependant, puisque le mot consire a besoin d'un complément qui 
signifie « de neige », c'est un signe que l'idée de neige n'est pas 
inhérente à ce mot; mais rien ne nous dit s'il implique l'idée du 
contenu, l'amoncellement, l'amas, soit en hauteur, soil en pro- 
fondeur, ou l'idée du contenant, la fondrière. Le sens exact ne 

(*) Romania, janvier 1905. 



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- 43 — 

sera donc déterminé que par l'étymologie, et c'est la question 
phonétique qu'il faut examiner d'abord. 

Dans la mémoire des hommes, les traits d'un mot peu employé 
risquent de s'atténuer et d'être infidèlement reproduits. Il faut 
donc déterminer la forme la mieux conservée. L'article du Projet 
nous enseigne que consire est généralement usité dans la province 
de Liège, la Prusse wallonne, l'Ardenne. Si l'on trouve côssi à 
Dison-lez-Verviers, c'est par dénasalisation de on et par réduction 
de -ire à -i comme dans fowt, fondrt, broutai, gott (foyèr-e, fon- 
drière, bruyère, gouttière). Les formes en -ière qu'on trouve dans 
la zone voisine du patois gaumais achèvent de montrer à l'évi- 
dence que le suffixe de notre mot est le latin -aria, fr. -ière. — 
A la place des consonnes fortes c et s, on trouve parfois les douces 
g et z } ensemble ou séparément. C'est une déformation à écarter, 
car la régression de la faible à la forte est rare : fèrou, qu'on ren- 
contre çà et là pour vèrou, est influencé par fier (fer). — an de 
gancière à Neufchâteau est une transformation de on fréquente en 
gaumais et en chestrolais, où mancé = monceau, fanténe = 
fontaine, Ranpancé = Romponcel (rond-ponceau), commune de 
Jamoigne. — Au sud-est, à Porcheresse, Malvoisin, Gedinne (*), 
c'est sconsire qui est employé : ène suconsire, dès sconsires du 
nive. Cette s initiale fait partie de la racine ou provient d'un pré- 
fixe. Or^ dans les deux essais d'étymologie prérappelés, on est 
parti de la forme consire. Mais si, par hasard, cette forme est le 
résultat d'une apocope de s, c'est en vain qu'on cherchera une 
famille à consire. Il est donc plus sûr, dans nos recherches, de 
partir de sconsire, dont Y s ne peut être une superfétation. 

Si nous sommes bien orientés, le problème revient à chercher 
dans l'ancien français ou dans d'autres dialectes voisins des traces 
d'un mot sconsière ou plutôt esconsière. Or nous trouvons tout 
de suite esconser, se cacher, dont le participe présent est usité 
dans l'expression soleil esconssant ; puis esconserie, action de celer 

(*) Localités des provinces de Namur et de Luxembourg, au N. de la 
Semois, à l'E. de Fumay. 



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— 44 — 

qqch. ; esconsail, abri où l'on peut se cacher ; esconse, dans le 
sens spécial de lanterne sourde. C'est évidemment le participe 
* escons, t. esconse, du latin absconsus (caché), qui a donné le 
jour à ces divers mots. Au reste, esconser n'est pas mort : encore 
aujourd'hui, dans la Bresse, « soleil couchant » se dit selo 
y constant ou yconsant ( 1 ), et le verbe yconsier ou yconser signifie 
disparaître, se cacher, en parlant des astres (*). Notre sconsire 
apparaît si bien dans sa famille au milieu de tous ces mots que 
nous croirons en avoir trouvé l'origine si tout peut s'arranger au 
point de vue de la phonétique et de la signification. 

La difficulté n'est pas de rattacher sconsire au latin absconsus, 
c'est de faire accepter que sconsire-constre existe avec ces étranges 
initiales dans une région où l'on prononce choûter-hoûter (ascol- 
tare). Il n'y a, pour se-, heureusement, qu'à mieux examiner les 
faits. Oui, il est vrai, l'ardennais et le namurois disent chame, 
chaper, chârder ou chaurder, chète, cheâre, chùpier ou chàpi, 
choâter, chover, chutne ou choume, mais a-t-on dressé en regard la 
liste des mots en se-? Il y a moins de se- dans l'ardennais, mais 
beaucoup dans le namurois, qui, en cela, tend la main au rouchi 
et dont on peut dire qu'il connaît à dose égale les deux traite- 
ments. Les exemples suivants le montreront à suffisance : 

Namurois Ardennais 

scadia (bassin à beurre) — 

scafia (cosse, gousse) châfe (écale) 

scafi (écosser) scajier (écosser, dépenser) 

scafiote (gousse) chafiote, scafiote et cafiote 

se ami a (à Meux, escabeau) chante 

scaye (ardoise) et ses composés chaye 

scayon et chayon (échelon) chayon 

( 1 ) Nous figurons par un y grec la consonne qui correspond au ch 
allemand de ich. 

( 2 ) J. Hingre. Voc. du patois de la Bresse (Vosges), dans Bulletin delà 
Soc, philoma tique vosgienne, XXXII e année, 1907, p. 86. 



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— 45 — 

scaufion (gousse) — 

scaugne (écale) — 

scauyl (se fendre outre mesure) châyer 

sclauchi (claquer) chJaquer 

skète et chète (éclat de bois) chète 
sclide (traîneau) ' scliyon 

scot (écot) scot 

scochi (ébrancher) scocher 

scwèle (écuelle) chèle 

scwarner (écorner) chwarner 

scoriye (écourgée) scorèye 

scorion (lanière) scorion 

scotia (gousse) — 

scramer (écrémer) cramer 

scrabtye (escarbille) — 

scrèper (racler) — 

scrôles (copeaux) croies 

scroter (ex-crotter) scroter 

scru-fiêr crou-fiêr 

scûre (ex-cuire) — 

sqwére (équerre) — 

La chute de Vs initiale est un accident dont on a des exemples 
dans la région qui nous intéresse ici. Le gaumais dit keume (aha. 
scnm), kieûle (scutella), cotchreuy (écorcheur), coûtèy (écouter), 
couchû (anc. -franc, escourçuel, tablier), cuvian et cuvir (écou- 
villon, écouvillonner) ; le messin a cwéle (écuelle), côrchous (écor- 
cheur), couchons (écosses) ; bien que d'ordinaire ils convertissent 
se- en ch- (*). Dans le nord- wallon c'est h qui correspond au ch 
de l'ardennais et du gaumais. Une forme en c est la forme simple, 

( ! ) On pourra trouver d'autres exemples dans notre Phonétique du 
gaunut et du wallon comparés, § 82 (dans le Bull, de la Soc. lieg. de Litt. 
wall.. t. 37). Il faut supprimer de ce paragraphe l'exemple messin a coué, 
qui doit être ad *çuetum, sans rapport avec le gaumais a chuay, à l'essui, 
de exsugan. 



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- 4 6- 

une forme corrélative en h est composée : clore signifie clore, 
mais hlôre éclore; crou signifie cru, mais hrou écru; crouler 
signifie tamiser, mais hroûler faire sortir en tamisant. Un examen 
approfondi ne fait que diminuer le nombre des cas supposés 
d'abord exceptionnels. Ainsi corihe, que nous croyions être 
a priori une déformation de scorihe, en face du namurois scorfye, 
de l'ardennais scorèye et du français écourgée correspond plutôt 
en réalité à Pane. -franc, corgée et n'a probablement pas le pré- 
fixe. D'une liste provisoire d'exceptions dressée pour montrer 5 
disparue laissant à nu le c, il nous reste trois ou quatre 
mots : 

1 . carcèle Rem., fr. escarcelle, de l'adj. eschars. Le mot est tout 
a fait d'emprunt et la déformation purement individuelle. Car- 
cèle ne peut pas compter comme mot wallon. 

2. cramer, fr. écrémer; crânien, fr. écrémeur. Cramé lèssê ne 
signifie pas « lait crémé, couvert de crème », mais « lait écrémé ». 
Le simple a-t-il remplacé un bramé qui a disparu comme trop 
difficile à prononcer ? 

3. calbote, karbote, nam. scarbote, compartiment. 

4. clintch, gauche, qui nous paraît un simple doublet de 
hlintch, anc. -franc, esclenc, de l'ancien francique s///*£, ail. link. 
Comparez sclinbwagne à Marche (qui lorgne de travers) et clitche- 
pâte à Laroche (gaucher). 

Si on a répugnance à joindre consire à cette liste comme ayant 
perdu Vs, il reste encore une ressource. On trouve dans Du Cange 
le doublet cotisa à côté de sconsa et esconsa (lanterne sourde). On 
pourrait donc s'autoriser de consa pour imaginer un participe 
bas-latin * consus sans préfixe abs-, et un verbe anc. -franc. * cotiser 
ou * consier. Notre consire serait alors un mot simple régulière- 
ment formé à côté du composé sconsire. Pourtant, si j'ai le droit 
d'exprimer une appréciation, au risque qu'elle soit entachée de 
subjectivisme, je dirai que consa et consire réapparaissent comme 
des formes isolées qui ont perdu l'.v initiale. 

Il est temps d'arriver au sens. Du Cange ne cite pour esconse 



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— 47 — 

qu'un sens tout spécial, lanterne sourde ; mais il est évident que 
absconsa : esconse a dû signifier, en général, comme participe 
passé : caché, comme substantif : chose cachée, dérobée 
aux yeux, puisque c'est de là que provient le verbe esconser 
qui a, lui, une signification générale. Notre sconsire a un suffixe 
-ire désignant l'endroit ou l'objet contenant ; il signifie donc : le 
lieu aux absconsa. Mais le mot absconsa, choses cachées, peut 
être pris dans deux sens qu'il importe de démêler ici. Le soleil 
descendu sous l'horizon est un 'absconsum, une chose cachée, 
dérobée aux yeux ; mais le fond où il semble être descendu est 
aussi un absconsum. Ce fond est l'invisible, l'abîme, l'inacces- 
sible. Plus vulgairement on peut donner le même nom à une 
fosse, à un trou que la mousse ou la bruyère dissimulent dans la 
fagne, à toute cavité que la neige comble en hiver. Bref, 
sconsire est-il l'endroit aux neiges dissimulées ou l'endroit aux 
trous dissimulés par la neige ? Forcé de choisir, il nous semble 
que ce sont les cavités ou la hauteur des neiges qui sont dissi- 
mulées, non la neige elle-même; sconsire est à nos yeux le 
réceptacle aux cavités dissimulées et traîtresses. Le meilleur 
synonyme serait fondrière, mais fondrière connote l'idée d'affais- 
sements, sconsire l'idée de fonds que la neige remplit et partant 
dissimule. Lorsque le vent nivelle la neige (wt/er), celle-ci comble 
les fosses, et le marcheur, incapable de distinguer les inégalités 
du fond sous cette belle surface unie, va s'enliser dans quelque 
mauvais trou. 

On peut donc maintenant préciser le sens du mot. i° Il ne 
s'agit pas d'amas de neige en hauteur, mais en profondeur. 2° 
Notre mot ne désigne pas proprement le contenu : la neige 
entassée, mais le contenant. 3 Le contenant ne peut être un 
talus, un rebord (hotirlê), mais un creux, soit ravin ou fondrière, 
soit simple fossé le long de la route. Les autres significations, 
que nous ne songeons pas à nier, sont obtenues par extension. 

Jules Feller 



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-4«- 
2i. w. forandra (-= forant- drap), ourdouh 

Jadis, lorsque le charroi avait une bien plus grande importance 
qu'aujourd'hui et que, souvent, avec leur attelage, les charretiers 
restaient éloignés de chez eux à voyager des semaines et des mois 
sur de mauvaises routes, ils avaient sous le chariot une pièce de 
forte toile à voiles suspendue par les quatre coins en forme de 
hamac et dans laquelle ils mettaient non seulement les provisions 
(foin et pain) pour les chevaux, mais encore d'autres menues 
choses nécessaires pour le voyage. Cette toile s'appelait en wallon 
«forendret* d'après Body, Voc. des charrons (dans le Bull. 8, 73), 
dans le Dict. malm. de Villers « forandrat », sans traduction. 

La première partie de ce mot composé est le part, présent du 
v. forer (donner la ration aux bestiaux, gorger), dérivé de fore 
(pitance d'un animal), emprunté de l'anc.-h.-all. fuora (pas tu s); 
ail. dial. fuhren ou furen (nâhren, speisen, fûttern). 

Au composé forandra correspondent, au point de vue de la for- 
mation, corant-lès' (nœud coulant), wagnant-corti (petit jardin de 
paysans, Vill.), runant-tcWmin (grand chemin, Gggg.), tour- 
nante-rotche (nom d'un rocher demi-circulaire à proximité de 
Malmedy). L'allemand possède aussi un grand nombre de ces 
formations participiales, surtout dans les noms de lieux, par ex. 
anc 1 : ze dem blechendem Stein (ad lapidem prominentem), 
devenu Bleckenstein ; anc 1 : ze clingenden burne (ad aquam 
sonantem), devenu Klingenborn ou Klingelborn, cf. Alemania 
Zeitschrift fur Sprachc, Litteratur und Volkskunde des E/sasses, 
etc., 13, 7. 

Le nom allemand correspondant à forandra est Rosstuch 
(drap de cheval), qui ne se trouve pas dans la langue littéraire, 
mais que connaissent, encore aujourd'hui, différents dialectes : 
Rausdoch à Aix-la-Chapelle, Raussdouk à Eupen, Ress- 
doch dans le dialecte moyen-rhénan, Rossdook, «vierkant zeil 
(Segeltuch) ondereen vrachtkar», dans le dialecte limbourgeois. 
Dans ce rosstuch on déposait les provisions pour le cheval (ail. 



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— 49 — 

dial. ros et ors). Le wallon a emprunté le mot rosdouk, ors- 
douk et l'a transformé en rouhdouh (Hervé), roudouh, roudou et 
ourdouh (cf. Gggg. et Fokir). Le premier ou du mot wallon (au 
lieu de o) est dû à l'influence assimilante du second. 

La supposition de Gggg. : flam. onderdoeck (II 178, 328) = toile 
de dessous, ne repose sur rien de sérieux ; E. Ulrix Pa cependant 
admise dans ses Germaansche Elementen in de Romaansche talen 
(Gand, 1907), n° 1507. Nous écartons aussi l'opinion de Mônch, 
Grammatik der ripuarisch-frânkischen Mundart, p. 103 : ressdoc/i 
(Rasttuch, « drap de repos »), reprise par les auteurs du Wôrter- 
biich der Eupener Sprache (Ëupen, 1899), qui tirent rausdouk 
du verbe râusste (rasten, se reposer) ( 1 ). 

D r Quirin Esser (Malmedy) 

22. w. tèroûle, tirelote 

Tèroûle (charbon mélangé de terre pour avoir été pris sur les affleure- 
ments de la houille) ; dans le ms Orb. tharoutte, Mal m. tiroule, Nam. 
ter houle, tèroûle, Rouchi tiroule. Malgré l'apparence, ce mot ne peut 
être composé de terre -\ houille, qui se dit k&ye en liég. ; ce doit être un 
diminutif de ter ou tar = tendre (voy. tenr), peut-être une variété de 
tinrûle, têrûle. Gggg. II, 425. 

On prononce tèroûle à Liège, Verviers, Stavelot, Namur et en 
Hesbaye. Cependant le Dict. des rimes liégeoises (manuscrit 
attribué au curé Du Vivier) écrit « teroul », rimant avec boule , 
moule. À Fosses-lez-Namur et à Viesville-lez-Gosselies : tèroûle. 
A Mons 4k terre-houille », dans Sigart : Vh étant muette en mon- 
tois, il faut prononcer tèrouye (*). 

(*) Signalons ici l'énigmatique « roudrouh (êtres d'une maison) », 
enregistré, sans autre explication, par Gggg. II, 328. Serait-ce une 
acception figurée et étendue du précédent ? 

( 2 ) Comparaison montoise : luisant corne in boulet <T tèrouye dins 'ne 
lanterne, citée par Jules Declèvk, Le wallon montois, p. 147, qui écrit 
« terr ouille ». 

4 



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— 50 - 

La définition de Gggg. concorde avec celle de Bormans, Voc. 
des houilleurs : « charbon de mauvaise qualité qu'on trouve aux 
sopes des veines » ( ! ). On mélange cette terre avec de l'argile 
pour en faire des briquettes ovales {dûtes à Verviers, hotchèts à 
Liège, otchèts à Namur, bougnèts à Fosses et à Charleroi, boulets 
à Mons). — Sigart, Dict. montais, p. 354, définit de même : 
« tête de veine imparfaitement minéralisée ou altérée par Faction 
de l'air et le mélange de substances étrangères ». Les diction- 
naires de Du Vivier, Forir, Willem définissent simplement 
par « terre-houille » et considèrent sans doute ce terme comme 
l'équivalent littéral de tèroûle. Le mot wallon a passé dans quel- 
ques dictionnaires français, entre autres dans le Larousse illustré, 
où nous lisons : « teroulle : terre légère et noire, indice de la 
proximité de la houille ». — À Fosses-lez-Namur, tèroule signifie 
«charbon fin», c.-à-d. menu; à Viesville-lez-Gosselies, « espèce 
de terre-tourbe ». Enfin à Crehen (Hesbaye), pour désigner la 
houille en général, on ne connaît que tèroûle, 

Gggg. a raison de repousser l'étymologie terre -\- houille ; tout 
au plus cette combinaison a-t-elle pu influer sur la forme montoise 
et altérer tèroûle en tèrouye. Son essai d'explication par tinrûle 
n'est pas moins inacceptable ; ce serait le seul exemple de -oûle 
représentant une variété du suffixe -ûle. 

Il faut voir dans notre mot un dérivé de tère (terre), formé au 
moyen du suff. diminutif -oûle. De la tèroûle, c'est proprement 
de la petite terre, de la terre fine, légère et friable : cisse têre la 
troûle corne dèl tèroûle, dit-on souvent à Jupille d'une terre qui 
s'émiette (si d* hayetêyè) aisément. 

(*) Les sofvs sont les parties des rwèsses ou dressants (couches à peu 
près verticales) qui a voisinent la surface. — Un manuscrit du XVJI 1 ' 
siècle, apparenté sans doute au ms Orban dont parle Gggg., fait les 
distinctions suivantes : « Dans les sopes t Ton ne rencontre d'ordinaire que 
delà tharoule, qui est la moindre de toutes les denrées; puis du faux 
charbon, après cela du charbon, et enfin de la houille » (communication de 
M. l'avocat Victor Robert). 



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- 5i — 

La forme première étant tèroûle, il s'agit d'expliquer les altéra- 
tions de la protonique initiale. i° La forme ancienne taroûle 
rappelle peut-être une prononciation de è très ouvert, voisin de 
è mi-nasal ou de a ouvert; encore aujourd'hui le verviétois pron. 
têre à peu près comme tinre . La présence de r n'est sans doute pas 
aussi sans influence sur la couleur de la voyelle précédente. On 
sait que le français du XVI e siècle a de même hésité entre a et è 
dans tarière ou tèrière, charette ou ckairette, darrière ou derrière, 
etc. ( } ). — 2° La forme tirante, qui se rencontre à l'extrême Est et 
Ouest (Malm., rouchi), a vraisemblablement subi l'influence du 
verbe tirer. Au reste, l'alternance / — è à la protonique initiale 
se retrouve dans tirebale (Lob.) et tèrebale (Rem. 4 ) ; vèroûle et 
viroûle (i. virole; 2. pivot, Gggg. II, 464 et 470) ; tirtot, turtot, 
tortot, nam. tèrtot (tout) ; vèloûte et viloûte (espèce de fagot). 

Il est probable que tèroûle est d'origine liégeoise, ainsi que 
nous avons tenté de l'établir pour htye, houille (voy. ce BulL 
2 e année, 1907, p. 130). 

Ajoutons enfin que terrola est dans Du Cange et que le w. 
possède un autre dérivé de « terre » : tèris 1 , synonyme de trigus. 
Malgré les apparences, le mot suivant, qu'on trouve dans Gggg. 
II, 432, pourrait bien faire partie de la même famille : 

Tirlott (anthracite, mauvais charbon) Lobet. [Note de Schelbr : Dans 
Bormans, Vocab. des houilleurs liégeois , on trouve : « Tirelote, fosse où 
Ton n'extrait que de mauvais charbon ». Mais il ne donne aucune 
explication sur la valeur de loteJ\ 

Ce tirelote parait provenir d'un primitif *tèrelote, composé de 
têre et du suff. -el-ote, dont la valeur est diminutive (cf. babelote, 
bourelote, fafelote, fièrelote, makelote, masselote, papelote, tchou- 
felotè). Ce suffixe diffère de -oâle en ce qu'il peut avoir — comme 
ici et dans le fr. camelote — le sens péjoratif. De la tirelote, ce 
serait proprement « de la terre (charbon) de mauvaise qualité » ; 

(*) Cf. Brunot, Hist. de la langue française, II, 249. 



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— Sa- 
le sens donné par Bormans serait dérivé : le v. tirer aurait agi à la 
fois sur la forme et sur la signification. A noter que Lobet en fait 
aussi le synonyme de tèroùle et qu'en verviétois l'expression: c'est 
dèî tireîote (Bull. 8, 269) s'emploie proverbialement dans le sens 
du fr. familier : « c'est de la camelote ». 

Jean Hausï 



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CHRONIQUE 



25. I^es pouvoirs publics commencent à s'intéresser sérieusement à 
notre œuvre et à nous aider de leurs subventions. 

Nous avons annoncé dans ce Bulletin (1907, p. 1 46) que M. le Ministre 
des Sciences et des Arts avait accordé à la Société de Littérature wallonne 
une souscription de mille francs pour l'aider à établir le premier fascicule 
du Dictionnaire. 

La ville de Liège qui, elle aussi, n'est jamais en retard de générosité 
quand il s'agit des intérêts de la Wallonie, a voulu montrer qu'elle 
reconnaît l'importance de notre entreprise au point de vue scientifique, 
littéraire et patriotique. Dans sa séance du 13 avril, le Conseil communal 
a décidé de nous accorder une subvention de deux mille francs, afin de 
nous aider à couvrir les dépenses faites jusqu'à présent en vue de la 
publication du Dictionnaire général. Le Conseil a décidé, en outre, que 
la ville de Liège interviendrait à concurrence d'une somme de cinq cents 
francs dans les frais de publication de chacun des fascicules. 

Tous nos amis accueilleront cette nouvelle avec la plus vive satisfaction 
et s'uniront à nous pour remercier la ville de Liège, qui justifie si bien 
son titre de capitale de la Wallonie. M. le bourgmestre Kleyer, qui s'in- 
téresse particulièrement au succès de l'œuvre, a mérité, en cette occasion, 
la reconnaissance spéciale de notre Société et de tous les Wallons. 

26. Un certain nombre de personnalités wallonnes, éminentes à des 
titres divers, ont bien voulu manifester leurs sympathies pour nos travaux 
en s'inscrivant sur une première liste de « Membres Protecteurs de 
l'œuvre du Dictionnaire». Nous adressons donc nos vifs remercîments 
à MM. 

Emile Dupont, sénateur et ministre d'État, 

Gustave Kleyer, bourgmestre de la ville de Liège, 

Gustave Francotte, ancien ministre du Travail et de l'Industrie, 

Louis Fraigneux, échevin de la ville de Liège, 



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— 54 — 

Louis Rutten, conseiller communal de Liège, 
Emile DiCxNBFFE, conseiller communal de Liège, 
Nicolas Lequarré, professeur émérite de l'Université de Liège, 
Victor Chauvin, professeur à l'Université de Liège, 
Herman Hubert, professeur à l'Université de Liège, 
Ernest Discailles, professeur émérite de l'Université de Gand, 
baron François Béthune, professeur à l'Université de Louvain, 
Paul Schmidt, avocat à Liège, 

abbé Joseph Bastin, recteur à Ondinval (Malmedy). 
Leurs encouragements nous sont précieux au même titre que ceux des 
pouvoirs publics, et nous avons l'espoir que leur exemple sera suivi par 
tous ceux qui veulent procurer à la Société l'appui moral et financier 
indispensable à la réalisation intégrale de ses projets. 

27. M. le baron Descamps, ministre des Sciences et des Arts, vient 
de prier MM. les Bourgmestre et Échevins des 1444 communes de 
la Wallonie « de vouloir bien prendre et, le cas échéant, prescrire les 
mesures nécessaires en vue de donner aux rédacteurs du Dictionnaire 
toutes les facilités désirables dans leurs enquêtes et recherches sur les 
dialectes et sur la toponymie du pays wallon ». M. le Ministre nous 
donne là une nouvelle preuve de sa sollicitude ; nous sommes heureux 
de pouvoir le remercier publiquement. 

28. Nous saluons avec la plus vive sympathie et les plus larges espoirs 
le Cercle d'Études wallonnes qui vient de se fonder au sein de l'Université 
de Louvain. Le promoteur et le président en est notre savant correspon- 
dant-collaborateur pour Chapelle-lez-Herlaimont, M. Alphonse Bayot, 
qui s'est assuré le concours de ses deux collègues-romanistes de l'Univer- 
sité, M. Georges Doutrepont, auteur du mémoire couronné sur La 
conjugaison dans le wallon liégeois, et M. le baron François Béthune, 
membre protecteur de l'œuvre du Dictionnaire, Placé sousce haut patronage 
scientifique et ouvert largement à tous les étudiants, le jeune Cercle se 
propose « de grouper ceux qu'intéressent les manifestations variées de 
l'intellectualité wallonne et qui ont le désir de les étudier soit à la 
lumière de la science, soit dans leurs rapports avec l'esthétique ». On 
s'y occupera donc de l'art et du folklore, de la littérature et des dialectes 
de toute la Wallonie. Le programme des premières communications, que 



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- 55 - 

publie V Avant- Gard de Louvain du ! 3 février 1908, est, dans sa variété 
et son éclectisme, plein des plus belles promesses : nous suivrons avec 
un intérêt spécial les enquêtes de géographie linguistique annoncées sur 
les noms wallons de l'abeille, du lierre, du cordonnier, etc. ; elles ne 
peuvent manquer d'enrichir nos dossiers de contributions nombreuses et 
variées. Il nous est permis d'espérer également que le jeune Cercle 
formera pour l'avenir une pépinière de correspondants avertis et dévoués 
à l'œuvre du Dictionnaire. 

29. Dans la Revue de V Instruction publique en Belgique (1908, pp. 22- 
27), M. Emile Dony, professeur d'histoire à l'athénée de Mons et dont 
la Société liégeoise de Littérature wallonne a couronné le Glossaire de 
la toponymie de Forges (Chirnay), apprécie avec une incontestable compé- 
tence et dans les termes les plus favorables le Glossaire toponytnique 
de la Commune de pupille, de MM. Edm. Jacquemotte et Jean Lejeune. 
A côté de remarques judicieuses sur l'intérêt de ce travail et sur le 
mode nouveau de publication adopté (ordre alphabétique préféré à la 
classification logique), M. Dony formule des appréciations plus générales 
sur lesquelles il revient plus longuement dans un autre article intitulé : 
Pour la Toponymie {Revue des Humanités en Belgique, 1908, pp. 25-33). 
Il y trace une esquisse historique de la science et des recherches topo- 
nymiques, depuis Charles Grandgagnage jusqu'au récent manifeste de 
la Société de littérature wallonne, en insistant sur l'initiative, les appels 
et les exemples de M. Godefroid Kurth ; il fait ressortir, et pour les 
historiens, et pour les archéologues, et pour les philologues, l'utilité 
primordiale de ces recherches trop dédaignées; il signale les trop rares 
travaux qu'elles ont provoqués jusqu'à ce jour et insiste particulièrement 
sur les efforts persévérants et déjà fructueux tentés depuis longtemps par 
notre Société; il insiste en particulier sur notre projet de commencer à 
réunir les matériaux d'un Glossaire général de la toponymie wallonne et 
sur la façon dont nous nous proposons d'organiser ce vaste travail. 
M. Dony fonde les meilleurs espoirs sur le succès de l'entreprise. 

30. La Société a fait l'acquisition de deux manuscrits qui intéressent 
l'œuvre du Dictionnaire et sur lesquels nous publierons prochainement 
une notice détaillée. L'un est un Vocabulaire liégeois du XVIII e siècle, 
d'auteur inconnu; l'autre, beaucoup plus important, est le Dictionnaire 



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- S 6 - 

au dialecte de Virton, daté de 1850, très beau manuscrit de 5 19 pages in-4 , 
dont environ 250 sont utilisées. L'auteur est M. Charles Maus, dont une 
traduction de la Parabole de C Enfant prodigue en patois de Virton a paru 
en 1870 dans le Bulletin de la Société, t. VII, p. 221. Ce recueil, qui 
nous apporte nombre de mots inédits, complète utilement nos renseigne- 
ments sur le dialecte gaumais. 

31. La Revue tournaisienne, dans son n°du 25 février 1908, publie un 
article sur * Le Dictionnaire général de la Langue wallonne ». Ces pages, 
qui respirent un enthousiasme juvénile, sont signées de M. Walther 
Ravez, le dévoué secrétaire de la « Ligue wallonne du Tournaisis ». 

32. L'article sur hàrkê, paru dans le dernier n° de ce Bulletin, a 
donné lieu à diverses propositions étymologiques dans la Meuse rose des 
17, 19, 25 février et 6 mars, ainsi que dans Y Annonce (de Stavelot) du 
23 février 1908. Ces articles, dont nous remercions les auteurs, montrent 
que la presse quotidienne commence à s'intéresser aux origines de nos 
vieux vocables. Nous ne pouvons que nous en réjouir. 

Signalons encore, dans le même journal V Annonce (Stavelot) du 10 mai 
1908, deux articles signés N. L. et A. S. sur le verbe wallon côrer. Un 
double bravo à l'avisé journal de M. Jos. Lamberty. 

33. Dans la Meuse du 25 mars 1908, un article de M. Maurice des 
Ombiaux, sur les Variations du langage, élégamment écrit d'ailleurs et 
émaillé de fines observations, défend cette singulière thèse : « Une langue 
n'évolue suivant. aucune règle logique; c'est le caprice seul qui la dirige, 
le hasard ». Inutile de dire que la démonstration de l'auteur ne justifie 
pas du tout ce paradoxe; elle prouve simplement que le hasard joue un 
certain rôle dans la destinée d'une langue, comme dans notre propre 
destinée. Mais voici le point particulier où nous voulons en venir. À la 
fin de son article, après avoir rappelé le" caprice des Incroyables, qui 
affectaient de ne pas prononcer les r , l'auteur conclut qu'il serait * dan- 
» gereux de soumettre l'orthographe à Y euphonie » [c'est-à-dire à la pho- 
nétique]. « Bientôt on ne s'y reconnaîtrait plus. Cette orthographe, qui 
» a été adoptée par des écrivains Avalions, rend les ouvrages de ceux-ci 
» fort difficiles à lire. On a même commis l'erreur d'inventer des signes 
» spéciaux.... ». Disons, pour rassurer M. des Ombiaux, que l'ortho- 



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— 57 - 

graphe phonétique et les signes spéciaux ne sont usités que dans des 
livres techniques et pour les savants étrangers. Il n'y a point d'hicro 
glyphes, en wallon du moins, dans les livres de littérature. L'auteur 
ajoute encore : * Il y a des patois qui ne diffèrent d'autres patois que par 
» un accent plus nasillard. Je trouve qu'il est tout à fait superflu d'in- 
» venter un signe spécial pour nous révéler la grâce ethnique de ce 
» nasillement. Je ne verrais pas davantage la nécessité de créer une ortho- 
* graphe pour bec-de-lièvre ou pour bègue ». C'est confondre dans la 
même réprobation un défaut individuel avec un défaut ethnique. Quoi- 
que les romanciers s'exercent souvent dans leurs récits à exprimer par 
l'écriture les défauts de prononciation de leurs personnages, l'ortho- 
graphe, il est vrai, ne doit pas tenir compte des imperfections indivi- 
duelles, et, de fait, elle n'en tient pas compte. Mais, quant aux habitudes 
de prononciation particulières à toute une région, à une province, à un 
peuple, qu'elles apparaissent vicieuses ou non vicieuses à l'ouïe des 
esthètes, il faut bien que l'écriture, humble servante, s'en préoccupe et 
les représente. M. des Ombiaux lui-même n'hésite pas à se servir du ch t 
du y, du gn, du *//, qui représentent, ô horreur, des sons, peut-être laids, 
inconnus autrefois. 

34. 11 vient de paraître, dans les publications de l'Académie royale fla- 
mande, un livre que tous les romanistes accueilleront avec plaisir; nous 
voulons parler du dictionnaire germanique-roman intitulé/}* Germaansche 
Elément en in de Romaansche ta/en, Proeve van een Gertnansch-Romaansch 
Woordenboek (Gand, A. Siffer, 1907). Il a pour auteur M. Eugène 
Ulrix, de Tongres, docteur en philologie romane sorti de l'Univer- 
sité de Liège- et actuellement professeur à l'Athénée royal de Bruges. 
C'est un recueil précieux, qui nous vient à son heure et qui sera pour 
nous un répertoire utile à côté des dictionnaires étymologiques de Diez 
et de Kôrting. L'auteur a patiemment dépouillé les livres et les revues 
de philologie qui, depuis un demi-siècle surtout, ont fouillé le vaste 
domaine des langues romanes et germaniques ; il a condensé le résultat 
de ses recherches consciencieuses dans 2520 articles qui occupent 152 
pages in-8°. Il convient de féliciter M. Ulrix d'avoir entrepris pareille 
œuvre et d'avoir su la mener à bonne fin. Son livre sera maintes fois 
consulté avec fruit. La documentation en est copieuse et le maniement 
commode, grâce à un index de 56 pages qui reprend à la fin tous les mots 
romans cités dans les articles. 



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- s» - 

Rst-ce à dire que l'œuvre est parfaite? L'auteur lui-même est loin de 
le penser; il la considère comme un essai et se propose certainement de 
la remanier, de la compléter et de publier, dans un avenir que nous sou- 
haitons très prochain, une nouvelle édition française. En vue de l'y aider, 
après les éloges, nous ne lui marchanderons pas nos critiques, — au point 
de vue wallon surtout. 

Personne ne s'étonnera de voir le wallon cité à chaque page et presque 
à chaque article. Les éléments germaniques qu'il s'est assimilés forment 
un contingent des plus considérables. La situation géographique de nos 
contrées — coin avancé qui s'enfonce à l'extrême N.-E. dans le domaine 
germanique — , les relations multi-séculaires entre peuples voisins, mille 
causes historiques enfin ont favorisé sur nos frontières l'immigration des 
éléments linguistiques. Grandgagnage, le premier, fut frappé du grand 
nombre de termes wallons qui s'expliquent par une origine tudesque; on 
l'a taxé de germanophilie, et certaines erreurs qu'il a commises dans l'in- 
terprétation et dans la méthode ont paru justifier ce reproche. Cependant, 
à mesure qu'on avance dans l'analyse scientifique de nos dialectes, on est 
forcé de reconnaître que les éléments germains y sont plus nombreux 
qu'on ne s'y attendait a priori. Cela, bien ente.idu. n'empêchera jamais 
le wallon d'être et de rester un dialecte roman ; il n'est pas mauvais 
d'insister sur ce point, pour les profanes... et pour les malveillants. 

La source principale à laquelle M. Ulrix a puisé ses renseignements 
pour le wallon, est naturellement le Dictionnaire étymologique de Grand- 
gagnage. Il ne cite que très rarement les Bulletins de notre Société, qu'il 
n'a pas suffisamment consultés. C'est ainsi qu'il ignore la plupart des 
études étymologiques qui jadis y furent insérées (cf. Table générale des 
Publications de la Société, p. 63). Il ignore de même le travail actuel de la 
Société de Littérature wallonne : Projet (1904) et Bulletin du Diction- 
naire (1906-7) lui sont inconnus; il y aurait pourtant trouvé matière à 
des additions intéressantes (cf. le dernier n°, p. 170). Citons encore, au 
hasard de la cueillette, dans le Bulletin, t. 44 (1904) : bran p. 533, 
hôvrèyes p. 538, routndoum p. 540; dans le t. 45 (1905) : blaki p. 325 ; 
straper p. 334; witloof p. 335 ; dans le t. 46 (1906) : blaré p. 155, 
yane p. 160; etc. Mais Gggg. lui-même aurait pu être exploité de plus 
près; on se demande, par exemple, pourquoi l'auteur omet hé (ail. 
heide), haminde ou hamède (fl. hameyde II, 604). On voit que le nombre 
des articles* de ce Woordenboek pourrait aisément, rien que pour le wallon, 



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- 59 - 

et sans hasarder d'interprétations personnelles, s'augmenter dans des 
proportions notables. 

Les articles déjà établis pourraient également s'enrichir. Nous n'avons 
encore examiné de près que les vingt premières pages, et nous ne trou- 
vons pas mention de beû au n° 1 13 ; de bitchèt à 122 ; de blaré à 184 ; de 
blinker et blaker à 204 ; de ba/wér à 230 ; de botkène à 234 ; de bot à 244 ; 
de brèyon à 257; de britsèl h 287; de bronker à 307. — L'auteur adopte 
sans défiance des graphies imparfaites de Gggg. : naque pour nâke ; hèse, 
hèsi, pour hèsse, hessi, etc. — La sobriété de la rédaction lui fait donner 
comme certaines des étymologies que Gggg. présente comme des hypo- 
thèses, par exemple onderdoek (cf. ci -dessus l'article du L r Esser sur 
forandra et ourdouh). — Il ne distingue pas toujours l'ancien wallon du 
wallon moderne, par exemple buivre, n° 1 15. D'où prend-il barde n° 102, et 
biloque n° 163 ? 

Un examen approfondi de cet ouvrage nous permettra de découvrir une 
foule de critiques de détail, que nous nous ferons un devoir de commu- 
niquer à l'auteur. Depuis la publication de son Woordenboek> M. Ulrix 
est entré en relations avec notre groupe, qui s'est mis à son entière dis- 
position pour l'avenir. De son côté, il a témoigné la plus vive sympathie 
pour nos travaux ; il nous a remis deux exemplaires de ses Gennaansche 
elemcnten pour notre collection de fiches et nous a promis de collaborer à 
ce Bulletin. 

Souhaitons, à ce propos, que son exemple trouve des imitateurs parmi 
nos frères Flamands. 

Nous croyons savoir qu'ils se préoccupent dès maintenant de soumettre 
les parlers dialectaux du nord de la Belgique aux mêmes recherches que 
nous avons entreprises sur les dialectes wallons. Or l'isolement serait, 
pour eux comme pour nous, un grand obstacle et une source de diflî" 
cultes. Nous sommes persuadés qu'un contact permanent entre les cher- 
cheurs des deux régions, un échange perpétuel de renseignements — 
notamment sur des questions dont la solution ne peut se trouver dans les 
livres — , serait hautement profitable à leur œuvre ainsi qu'à la nôtre. 
C'est un domaine où l'entente est facile et désirable et où les hommes de 
bonne volonté peuvent et doivent se tendre une main fraternelle. 

35. M. Eugène Ulrix vient aussi de publier, en collaboration avec 
M. l'abbé Jean Paquay, auteur d'un excellent travail sur les^antiques 



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_ 60 — 

processions des croix banales à Tongres {Bulletin de la Société scientifique 
et littéraire du Limbourg, t. XXI ; Tongres, Collée, 1903), un autre 
ouvrage qui intéresse également nos études : le Glossaire toponymique de 
la ville de Tongres, brochure de 121 pages avec un plan (extrait du 
même Bulletin, tomes XXV et XXVI, 1908). Une Introduction expose 
la campagne entreprise par M. Kurth en faveur des recherches 
toponymiques, énumère les ouvrages qui ont paru en Belgique sur la 
matière (nous sommes étonnés de ne pas voir citer les Noms de lieux en 
-ster de M. Jules Fellkr), résume les indications de M. Kurth sur le 
plan à suivre dans la rédaction d'un glossaire toponymique, insiste avec 
raison sur l'utilité de la toponymie, science auxiliaire de l'histoire et de 
l'archéologie. Après avoir indiqué les sources manuscrites auxquelles ils 
ont puisé, les auteurs abordent le Glossaire proprement dit ; ils étudient 
le nom de la ville, puis successivement 1 . les hameaux ; 2. les quartiers ; 
3. les places, rues et ruelles ; 4. les chemins et sentiers ; 5. les cours 
d'eau; 6. les moulins ; 7. les champs et prés, monts et vallées, bois et 
bruyères; 8. les ruines et vestiges de remparis. Une seconde partie com- 
prend les « noms disparus », classés d'après le même système. — Nous 
voudrions, pour notre part, plus de rigueur dans la classification ; il 
vaudrait mieux considérer deux groupes importants de noms : ceux qui 
s'appliquent aux eaux, aux accidents naturels, à tout ce qui est du ressort 
de la topographie physique ; puis ceux qui s'appliquent aux demeures de 
l'homme, aux lieux considérés comme le siège de son activité et modifiés 
par lui. Dans chacun de ces deux groupes, on pourrait créer les subdi- 
visions nécessaires. Il n'y a pas lieu, à notre avis, de reléguer à part les 
noms disparus. 

Cette brochure comprend seulement la i ro section du travail ; dans les 
2 e , 3 e et 4 e sections, les auteurs étudieront les dix communes qui com- 
posaient la franchise de Tongres. 

Quelques notes et additions : pp. 38-39, o/> de loeren, expliqué d'abord 
dans le texte par « sur les tanneurs », est ensuite expliqué en note par 
laer, mha. leer. P. 48, à propos de chinstrêe, etc., voy. J. Bastin, Le 
préfixe chin^ dans Leodium, 1907. L'ancien nom Scherwir, cité p. 63, 
n'est pas repris aux noms disparus, ni Ham cité p. 37 note, ni Gots- 
senstorn cité pp. 45, 46, 105. Les nt>ms des ruines, portes, tours et 
vestiges de remparts devraient être consignés aux noms disparus. P. 87, 
v° Pliniusbron, on renvoie aux * Cours d'eau », où nous cherchons en vain 



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— 6i — 

l'explication et même la mention de la fameuse fontaine. P. 87, « Geebroek 
ne peut être qu'une contraction de Gansenbetenbroek ». Il est permis d'en 
douter. — À signaler les chapitres sur les noms de YAduatica Tungrorum, 
des Tungri, du hameau de Fi loir 9 de la rivière le Geer, etc. En somme, 
ce Glossaire est une bonne contribution aux études toponymiques. Espé- 
rons que la suite paraîtra prochainement et que les auteurs termineront 
leur ouvrage par un Index alphabétique, 0*1 ils pourront remanier et 
compléter leurs explications. 

36. M. Léon Jbunbhommb, instituteur, vient de publier un joli 
volume in-8° de 178 pages sous le titre de Mon village, Flêmalle- Haute t 
glanures historiques (Bruxelles, lmpr. Nouvelle, 1908) ; un Glossaire 
toponymique, à la fin, y occupe cinq pages de petit texte, accompagnées 
d'une carte microscopique. Elles contiennent des renseignements inté- 
ressants qui auraient pu orienter les recherches de l'auteur sur l'histoire 
de sa commune (par exemple : al some-lèvèye, « qui est peut-être une 
altération de some-lt-vèye * ; une villa a-t-elle existé jadis en cet 
endroit ?). M, Jeune-homme promet de reprendre cette partie de son 
travail. Nous l'y engageons vivement : qu'il la traite avec plus d'ampleur 
et qu'il la transforme en une étude sérieuse et vraiment utilisable. 

37. En fait de toponymie, signalons encore : i° un très fin et très 
suggestif article de notre collaborateur le D r Esser, de Malmedy, dans 
YAachener allgemeine Zeitung du 2 mai 1908, sur le nom du Salvatorberg 
d'Aix-la-Chapelle, que le peuple appelle Zellesterberg (= Silvesterb.); — 
2° dans la Zeitschrift des Aachener Geschichtsvereins, t. XXIX (1907), 
pp. 277-316, une étude historique et étymologique sur les noms de lieux 
en -weiler (notre villers ou viller^ latin villare) dans le cercle d'Aix-la- 
Chapelle, par M. Franz Cramer; — 3 dans le Journal de Mons{ 1907-8), 
les articles de M. G. Decamps sur les Communes de F arrondissement 
(FAth, particularités onotnastiques et étytnologiquss; nous y reviendrons. 

38. Pour donner à nos lecteurs une idée de l'augmentation rapide et 
considérable de nos matériaux, nous leur apprendrons que, dans le cours 
des seuls mois d'avril et de mai, 4. 03 3 fiches sont venues grossir nos dos- 
siers. Sans doute, elles sont d'inégale valeur, mais elles sont rarement 
dépourvues de tout intérêt. Remarquons encore que nombre de ces fiches 
sont doubles, triples, quadruples, etc., c.-à-d. qu'elles définissent 2, 3, 
4 mots et parfois davantage. 



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COMMUNICATIONS REÇUES 

(3 e LISTE) 

Le Bulletin accuse périodiquement réception des communications de 
quelque importance que veulent bien nous faire nos correspondants ou 
des personnes qui, sans prétendre à ce titre, ont l'obligeance d'augmenter 
la somme de nos matériaux. 

La liste suivante ne tient compte que des communications manuscrites, 
faites en dehors des réponses aux « Cahiers-questionnaires du Diction- 
naire ». 

Le secrétaire accuse immédiatement réception de tout envoi qui lui 
parvient. On est prié de lui signaler les omissions et les erreurs qu'on 
relèverait dans nos listes. 

* * 

Bastin, Joseph. — i. Recueil de mots, la plupart inédits, de la Wal- 
lonie prussienne, Bra, Chevron, etc. (213 fiches). — 2. Copie du Dic- 
tionnaire malmédien de Villers (1793), augmentée de notes personnelles 
et de mots inédits tirés du Dictionnaire malmédien de Hubert Scius 
(1893)1 lettres K-Z; cahiers 6 à 10, comprenant les pages 593 à 1165. 
Cette seconde et dernière partie contient, outre le Dictionnaire de 
Villrrs, 224 mots nouveaux extraits de Scius, 5 mots nouveaux tirés 
du Brouillon de Villers et 240 mots, inédits pour la plupart, du parler 
de Faymonville-Weismes. 

Bernard, Emile. — Mots d'Offagne (20 fiches). 

Bouhon, Antoine. — Vocabulaire du batelier (84 fiches et 18 dessins). 

Colson, Arthur. — Mots de Hesbaye (30 fiches). 

Colson, Arthur, et Dans, Florent. — La fabrication du sucre de bette- 
rave en Hesbaye. 

Dumortiek, Floribert. — Les haies et la fenaison à Monstreux-lez- 
Nivelles. [Envoi de M. Emmanuel Despret.] 

du Soleil, Georges. — Mots flamands et anglais comparés au wallon 
(10 fiches). 



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- 63 - 

Esser, Quirin. — Note sur l'étymologie deforandra, ourdou h. [Insérée 
ci-dessus, p. 48.] 

Gaillard, Henri. — 1. Mots de Melreux et de Huy (15 fiches). — 
2. Vocabulaire du bûcheron. 

Gosselin, Antoine. — 1. La Parabole de l'enfant prodigue traduite 
en dialecte de Stambruges. — 2. Notes sur le mot Campinaire. 

Lejeune, Jean. — Mots dé Jupille (30 fiches). 

Maréchal, Alphonse. — Note sur l'étymologie de tofêr. [Insérée 
ci-dessus, p. 40.] 

Molitor, Lucien. — Vocabulaire de Crehen (738 fiches). 

Parmentier, Edouard. — 1. Vocabulaire nivellois, lettre A (150 
fiches). — 2. L toubac a no payis, description de la plantation et de la 
préparation du tabac à Nivelles. — 3. Vocabulaire du planteur de tabac 
au pays de Nivelles (90 fiches). 

Randaxhb, Sébastien. — 1. Mots du pays de Hervé (22 fiches). — 
2. Vocabulaire du médecin au pays de Hervé (160 fiches). 

Robert, Victor. — Communication d'un manuscrit : Étude historique 
sur F industrie houillère à Liège^ suivie d'un Vocabulaire de houillerie. 

Scharff, Paul. — Notes sur brezel, hoye, etc. 

Schoenmaekers, Joseph. — i. Mots de Huy, Fexhe-Slins, de la Hes- 
baye et du Condroz (246 fiches). — 2. Termes de houillerie à Charleroi 
(30 fiches). — 3. Autres communications diverses (783 fiches). 

Somville, G. — Le lait à Mellery-lez-Genappe (20 fiches). 

Toussaint, François. — Vocabulaire de l'industrie du lin à Ovifat 
(Wallonie prussienne). 

Weber, Armand. — Divers mots verviétois. 

Wilmart, Gustave. — Vocabulaire du fondeur en zinc à Trooz. 

À ces communications diverses qui sont parvenues directemeni à la 
Commission du Dictionnaiie, il importe d'ajouter les mémoires suivants 
que la Socièlé de Littérature wallonne a reçus aux derniers concours 
(décembre 1907) et qu'elle vient de couronner : 

Colinet, Laurent. — 1. Recueil de mots nouveaux. — 2. Vocabu- 
laire du tapissier-garnisseur. — 3. Vocabulaire du brossier. 

Franck, Jean. — 1. Recueil de mots nouveaux. — 2. Vocabulaire de 
l'imprimeur. 



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- 6 4 - 

Jacquemotte Edmond, Lejeune Jean, et Monseur Edouard. — 
Glossaire toponymique de Beaufays. 

Lurquin, Auguste. — Glossaire de Fosses (Namur). 
Minders, Alexis. — Glossaire de Dour et de Sirault (Hainaut). 
Monseur, Edouard. — Vocabulaire de l'apiculteur. 

* * 

Nous prions nos correspondants de nous envoyer des descriptions en 
patois des divers aspects de la vie wallonne : mœurs, croyances, métiers, 
travaux de la ferme, jeux, chants, proverbes, etc. Les textes que nous 
avons publiés jusqu'ici dans nos Archives dialectales peuvent servir de 
modèles et suggérer d'autres communications du même genre. 

Qu'ils veuillent bien aussi récolter les termes curieux qu'ils con- 
naissent ou entendent autour d'eux et nous envoyer ces listes pour 
enrichir nos collections. Spécialement, nous les prions de nous adresser 
en temps utile la liste des mots sur lesquels doivent porter les question- 
naires futurs (AF-, AG-, etc.). 

Il va de soi que, si l'un de nos correspondants désire qu'une enquête 
soit faite sur un terme, un usage, etc., il est grandement invité à nous 
faire part de son désir. Nous le renseignerons sur la chose qui l'intrigue 
ou nous établirons une consultation générale par l'intermédiaire de ce 
Bullletin. 

Enfin, ils nous rendront un grand service en faisant connaître l'œuvre 
du Dictionnaire wallon dans le cercle de leurs amis et surtout en recrutant 
de nouveaux collaborateurs dans les régions écartées qui n'auraient pas 
encore de représentants. 

Les moindres communications sont reçues avec empressement et 
reconnaissance. 

Juin 1908. 



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BULLETIN 

DU 

Dictionnaire général de la Langue wallonne 

publié par la Sooiété liégeoise de Littérature wallonne 



3 e année — 1908 N" 3 et 4 



ARCHIVES DIALECTALES 

n. Wice va Pêwe? 

[Dialecte de Sprimont (Liège)] 

Vola dèdja 'ne hapèye qu'i n'âye ploû ; li solo blâme, li cîr est 
bleu et, d'vins lès prés tôt rostis, lès pauvès bièsses brèyèt d* seû. 
Lès fleurs di tos nos cortis sont flouwèyes et s' n-a-t-i disqu'âs 
âbes qui lanwihèt. Mins tôt d'on côp — sét-on poqwè ? — li vint 
toûne è lovay, li timps s' kimahe, li solo s 1 catche drî lès brou- 
heûres, i gote tôt doûcemint. On dîreût qui 1' plêve a sogne de 
tourner. Anfin, vochal lès noûlêyes, i plout-st-a lavasse. 

Wice va l'êwe ? Di mandez-le al têre. 



Où va Peau ? 

Voilà déjà une happée 1 qu'il n'ait plu ; le soleil flambe, le ciel est bleu 
et, dans les prés tout rôtis, les pauvres bêtes braient de soif. Les fleurs 
de tous nos courtils sont fanées et si y a-t-il jusqu'aux arbres qui lan- 
guissent. Mais tout d'un coup — sait-on pourquoi ? — le vent tourne à 
l'Ouest, le temps s'emtnêfe, le soleil se cache derrière les bruines, il 
goutte tout doucement. On dirait que la pluie a peur 2 de tomber. Enfin, 
voici les nuées, il pleut à lavasse. 

Où va l'eau ? Demandez-le à la terre. 



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— 66 — 



Et l' têre fruzih di djôye et s' tape â lâdje po r'çûre li plêve et 
beûre Pêwe a plins gourdjons. lne douce sinteûr monte è l'aîr, 
lès-yèbes rivèrdihèt, lès fleurs si r'drèssèt, lès âbes rilèvèt leûs 
foyes, lès bièsses djouglèt tôt s 1 hoyant, so V trèvint qui V plêve 
mousse è têre, va djonde lès pus parfondès rècinètes et, pidjote a 
midjote, dihint todi pus bas. 

Wice va Pêwe ? Dimandez-le â sûr. 



Et li p'tit sûr qui djômih^ve chai èl fondrèye, apotche foû di 
s' djise, tôt djoyeûs, et rataque si tchanson qui zûne inte lès crèyes 
dèl rotche. Lès oûhès qui s' pèwyèt tôt buvant-st-âs foyes dès 
tchârnales, rèpètèt-st-èssonne si p'tit rèspleù et lu, come tôt 
honteûs d'èsse case di tant d* brut, s' winne po s J catchi d'zos lès 
fètchîres. 

Wice va l'êwe ? Dimandez-le à ri. 

• 

Et 1* ri qui mostr^ve ses cay wês â solo r'print corèdje a s' tour, 
abroke foû de bwès, mousse divins lès prés, rèsconteûre in-aute 



Et la terre frissonne de joie et se jette au large * pour recevoir la pluie 
et boire l'eau à pleines gorgées. Une douce senteur monte en l'air, les 
herbes reverdissent, les fleurs se redressent, les arbres relèvent leurs 
feuilles, les bêtes bondissent tout [en] se secouant, cependant que la 
pluie pénètre en terre, va joindre les plus profondes racine t tes et, bribe 
à bribe , descend toujours plus bas. 

Où va l'eau ? Demandez-le à la source. 

Et la petite source qui germait ici dans la fondrille saute hors de son 
gîte, toute joyeuse, et rattaque sa chanson qui zûne 4 entre les fissures 
de la roche. Les oiseaux qui s'épouillent tout [en] buvant aux feuilles 
des charnielles 5 , répètent ensemble son petit refrain et lui, comme 
tout honteux d'être cause de tant de bruit, s'insinue pour se cacher 
dessous les fougères. 

Où va l'eau ? Demandez-le au ruisseau. 

Et le ruisseau qui montrait ses cailloux au soleil reprend courage à son 
tour, se précipite hors du bois, pénètre dans les prés, rencontre un autre 



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- 67 - 

ri et, come deûs vis camarades qui n' s'ont pus aconcwèsté dispôy 
longtimps, i s* dinèt V main et n* si qwitèt pus. Li molin s J rimèt' 
a moùre et V treûte qu'èsteût stokêye dizos lès rècinèyes dès ônês 
rik'mince a mohî. 

Wice va l'êwe ? Dimandez-le a POûte. 



Et l'Oûte qui s'èssop'téve doûcemint inte ses rivadjes, nàhêye 
de murer 1* bleu de cir, si trou bêle, hoûze et Sprint s J couse inte 
lès tiers. On l'ôt hûzer d'à Ion tôt tournant djus dès vènes et lès 
bètchètes rimplèyes di pires, come ine volêye d'oûhês qui s'è- 
naîre, qwitèt 1* bwêrd tôt fant crîner leû vièrna. 

Wice va l'êwe ? Dimandez-le al Moûse. 

• 

Et 1* Moûse nawêre ossi pâhûle qu'on flot la qui V bisteû vint 
beûre l'al-nut' tôt musant, li bêle Moûse monte et èm^ne lès gros 
pontons qu* èstît d'manous a resta so lès had rênes. Lès mastês 
s 1 rilèvèt, lès fèrés s' mètèt en oûve et dès longues convoyés di 
batês r'passèt d'zos lès ponts. 

Wice va l'êwe ? Dimandez-le al m^r. 



ruisseau et, comme deux vieux camarades qui ne s'ont plus accostés 
depuis longtemps, ils se donnent la main et ne se quittent plus. Le 
moulin se remet à moudre et la truite qui était calée dessous les 
racinées* des auntaux recommence à moucher 7 . 
Où va l'eau ? Demandez-le à l'Ourthe. 

Et l'Ourthe qui s'assoupissait doucement entre ses rivages, fatiguée 
de mirer le bleu du ciel, se trouble, gonfle et reprend sa course entre les 
tertres. On l'ouït bruire d'au loin tout [en] tombant bas des vannes et les 
pointes 8 remplies de pierres, comme une volée d'oiseaux qui s'enaire 9 
quittent le bord tout [en] faisant grincer leur gouvernail. 

Où va l'eau ? Demandez-le à la Meuse. 

Et la Meuse naguère aussi paisible qu'un ^/ 10 là que le bétail vient 
boire à la nuit n tout [en] meuglant, la belle Meuse monte et emmène 
les gros pontons qui étaient demeurés en panne sur les hauts-fonds. 
Les mâts se relèvent, les gaffes se mettent en œuvre et des longs 
convois de bateaux repassent dessous les ponts. 

Où va l'eau ? Demandez-le à la mer. 



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68 — 



Et Y m<*r, lèy, n'a nin bodjî et la, bin Ion, foû de payîs walon, 
qwand c'est qui 1' Moùse a-st-arouflé tôt en ine same, èle Ta bu 
d'ine alêne, sins bambi. Èle n'a nin awou on flot d' pus et s'a-t- 
èle monté et d'hindou a ses eûres ni pus Ion ni pus près. 

Wice va l'êwe ? Dimandez-le â solo. 



Et Y solo, corne po mostrer qu' c'est bin lu qu' est Y maîsse, a 
r'houmé al m^r tôt çou qui 1' Moûse lî aveût-st-apwèrté et 'nn' a 
r'fait dès noûlèyes qui 1' vint a-st-atchèssi de costé dèl têre. 

Wice va l'èwe ? Dimandez-le â bon Diu. 

Henri Simon 

(Extrait de la Revue wallonne, III, p. 82.) 



Et la mer, elle, n'a pas bougé et là, bien loin, hors du pays wallon, 
quand c'est que la Meuse s'y est précipitée tout en une écume, elle l'a 
bue d'une haleine sans hésiter. Elle n'a pas eu un flot de plus et si 
a-t-elle monté et descendu à ses heures ni plus loin ni plus près. 

Où va l'eau ? Demandez-le au soleil. 

Et le soleil, comme pour montrer que c'est bien lui qui est le maître, 
a rehumé à la mer tout ce que la Meuse lui avait apporté et en a refait 
des nuées que le vent a chassées vers nous du côté de la terre. 

Où va l'eau ? Demandez-le au bon Dieu. 



NOTES 



1 Un petit temps. — - Proprement « soin ». — 3 S'ouvre largement. — 
4 Onomatopée : susurre, bruit, bourdonne. — r> Charmes. — 6 Touffes de 
racines. — " Chasser aux mouches. — 8 Barques de l'Ourthe, dont les 
extrémités sont en forme de bec. — •' S'essore. — l0 Une mare. — 
11 Le soir. 



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- 6 9 - 
12. La fnau et la mèchan 

[Dialecte gaumais de S^-Marie-sur-Semois] 

I 

An coumance la fnau tchû nous aùtoû du vint' du juin, quand 
lès ^rbes sant bounes a fautchi. Tout tchèkè» coumance au ra^mc 
moumant. Ans ataque aus prés sous la vile et an parc toûdjoû 
dès lès premîs, pace quu IVrbe î est co toûdjoû pu avancîye qu'aute 
5 part. Aus prés sons la vile c'est du fon forci : an lave ça avû 
toutes lès owes du viladje. C'est ç f qui fât qu' l'orbe î flache lès 
trwas quarts du tè. I-ny-an-è si tèl'mant qu'on n' sét où la mète 
quand elle est fautchiye. Ça s' dit tout seul quu c'est du ion gras, 
malâjî a fènèy. Quand i fàt bin tchaud, ça va co, c'est Tafaire du 

io trwas ou quate djoiïs; mais, quand i fàt du tè coume dj'an-ans co 
yeû èçte ènàye-ci, c'est gare ! ny-an-è tout p\é qui est peûri. An 
parc c'est du fon malâjî a fènèy aussi, c'est du gros fo«, du fon 
d' tchivau ; mais i n'èst-me si gras tout 1' m^me qu'aus prés sous 
la vile f pace quu i n'èst-me lavèy. On 1' fène su deûs djoûs quand 

15 i f ât bin tchaud. Quand c'est fini tout-la, ans ataque pus lo«, 



La fenaison et la moisson 

I 

On commence la fenaison chez nous autour du 20 (de) juin, quanJ les 
herbes sont bonnes à faucher. (Tout) chacun commence au même moment. 
On attaque aux « prés sous la ville » et au « parc » toujours dans les pre- 
miers, parce que l'herbe y est encore toujours plus avancée qu'autre pari. 
Aux « prés sous la ville » c'est du foin forcé : on lave (irrigue) ça avec 
toutes les eaux du village. C'est ce qui fait que l'herbe y verse les trois 
quarts du temps. Il y en a (si) tellement qu'on ne sait où la mettre quand 
elle est fauchée. Ça se dit tout seul que c'est du foin gras, malaisé à faner. 
Quand il fait bien chaud, ça va encore, c'est l'affaire de trois ou quatre 
jours; mais, quand il fait du temps comme j'en avons encore eu cette 
année-ci, c'est gare ! il y en a tout plein qui est pourri. Au « parc » c'est 
du foin malaisé à faner aussi, c'est du gros foin, du foin de cheval ; mais 
il n'est mie si gras tout le même qu'aux « prés sous la ville », parce qu'il 
n'est mie lavé. On le fane sur deux jours quand il fait bien chaud. Quand 
c'est fini (tout-) là, on attaque plus loin, tant que c'est fini ; c'est l'affaire 



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— 70 — 

tant qu' c'est fini ; c'est l'afaire du quinze djoûs quand i fàt bon ; 
mais, èçte ènàye-ci, ça è deûrèy in mwas, pace quu ans è eu ène 
môvaise quinz^ne a coumançant. 

Il faut quu dju v' dijiche coume ça s' pratique pourtant ; vous 

20 n' vwayêz-me tout ça, vous autes, a Lièche. L' djoù du d'vant 
qu'an n' vache fautchi, ans aprète sa faus. In bon fautchèr è 
toûdjoû lasougne d'avwar ène faus bin montâye. Quand c'è(st) ène 
nieùve faus, an la porte tchû 1' mar'chau, pou qu'i l'adjustiche 
su l 1 faumène, qu'èle nu vache mi tro an-^rbe et qu'èle î vache 

25 assèy, qu'èle nu sout-me trop close ni trop douvrîye. In mar'chau 
in pô adrwat sét bin coume i faut la mète. Bin souvèt, quand 
c'è(st) ène nieùve faus, an la fât dèfanci pan mar'chau, pace quu èl 
tayant est tro épais. I la passe su la mule et i la bat' lu-m^me. 
Pou ète bon fautchèr, i faut savwar bâte sa faus et la bin ragùji : 

30 i n'y-è-me moyin d' bin fautchi s' la faus n' côpe mi. 

Pou bâte sa faus, i faut in ancleûmé et in marté (i faut savwar 
qu'i-ny-è dès a«cleûm£s a téte et dès awcteûm^s a pane). An 
s'assît a t^re su 'ne pougnîye d' fo» ou d' paye ; an tchèsse su- 
n-a«cleum^ dès la t£re a côps d' marté ; an tint sa faus pa la 



de quinze jours quand il fait bon : mais, cette année-ci, ça a duré un 
mois, parce qu'on a eu une mauvaise quinzaine en commençant. 

11 faut que je vous dise comme ça se pratique pourtant ; vous ne voyez 
mie tout ça, vous autres, à Liège. Le jour de devant qu'on n'aille faucher, 
on apprête sa faux. Un bon faucheur a toujours le soin d'avoir une faux 
bien montée. Quand c'est une neuve faux, on la porte chez le maréchal, 
pour qu'il l'ajuste sur le manche-de-faux, qu'elle n'aille mie trop en 
herbe et qu'elle y aille assez, qu'elle ne soit mie trop fermée ni trop 
ouverte. Un maréchal un peu adroit sait bien comme il faut la mettre. 
Bien souvent, quand c'est une neuve faux, on la fait défoncer par le 
maréchal, parce que le taillant est trop épais. Il la passe sur la meule et 
il la bat lui-même. Pour être bon faucheur, il faut savoir battre sa faux 
et la bien raiguiser : il n'y a mie moyen de bien faucher si la faux ne 
coupe mie. 

Pour battre sa faux, il faut un enclumeau et un marteau (il faut savoir 
qu'il y a des enclumeaux à tête et des enclumeaux à panne). On s'assied 
à terre sur une poignée de foin ou de paille; on chasse son enclumeau 
dans la terre à coups de marteau ; on tient sa faux par la verge pour lui 



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- 71 - • 

3^ vârjtye pou M maintenu l 1 tayant su l'a«cleûm^ ; an toutchc avu 
la pane du mart£ su l'awcleûm^ è(st) a tite et avu la tite du 
raart/ su l'awcleûmi è(st) a pane. Ans anfile ainsi dupeù l' talan 
d' la faus djusqu'a la pwinte. Pou bin bâte ène faus, i faut 
ène boune demîye eùre. 

4 Q Via dan la faus batûe; an la radjusse su l'faumène avu in en* 
et en cugnèt,èt v'-la-la prête pou V land'm^ au matin. Lès fautchèrs 
partant ordinair'mant a deùs eûres ou deùs eûres et n'mîye pou 
ète au prèy a trwas eûres, èl bu w a pèdu a la cinture padrî, 
èl marté et Vancletïmê su i'èpale. In fautchèr qui prant dès 

4c; bounes cout'làyes put fautchi in fyou d' prèy (-- trante trwas ares) 
a sa matinàye. L'jrbe quu lès fautchèrs lâchant drî zous forme 
lès and^s. 

El premî dèdjunèy arive pa d'vès cè«q eûres et lès fèneûses 
aportant 1' deùzième a sèt eûres et n'mîye ou wit eûres. 

50 Lès fèneùses, èl grand tchèp* ou la halète su la téte, ètèdant lès 
and^s an-arivant, avu ène fôtie quand i-ny-è d* l'orbe tout plé, ou 
in rûté quand i n f y-an-è-me b^côp. Ele rutournant in côp d'vant 
midi et in côp après 1' dîuèy. Après V marèdèy èle hatchant a 



maintenir le taillant sur Fenclumeau ; on touche (frappe) avec la panne 
du marteau si l'enclumeau est à tête et avec la tête du marteau si l'en- 
clumeau est à panne. On enfile ainsi depuis le talon de la faux jusqu'à la 
pointe. Pour bien battre une faux, il faut une bonne demi-heure. 

Voilà donc la faux battue; on la rajuste sur le manche-de-faux avec un 
anneau et un petit coin, et la voilà prête pour le lendemain au matin. Les 
faucheurs partent ordinairement à deux heures ou deux heures et demie 
pour être au pré à trois heures, le coffin pendu à la ceinture parderri re, 
le marteau et l'enclumeau sur l'épaule. Un faucheur qui prend de 
bonnes coutelées peut faucher un journal de pré (—33 ares) en sa 
matinée. L'herbe que les faucheurs laissent derrière eux forme les 
andains. 

Le premier déjeuner arrive par devers cinq heures, et les faneuses 
apportent le deuxième à 7 1 / 2 h. ou 8 heures. 

Les faneuses, le grand chapeau ou la hâlette sur la tête, étendent les 
andains en arrivant, avec une fouine quand il y a de l'herbe tout plein, 
ou un râteau quand il n'y en a pas beaucoup. Elles retournent (le foin) 
un coup devant midi et un coup après le dîner. Après le goûter, elles 



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- 72 — 

rues pou avwar pu àjî d' mète a houp'rés. Il est toudjou bon du 

55 mète a houp'r&, pace quu èl fon n' ramasse mi la rousàye et il 
est pu àji a fènèy et land'ml. An l 1 rètèd' lu land'm<* et l' sur- 
land'm^, swivant qu'il est malâjî a fènèy, et an 1' tcharîye quand il 
est sètch. L' djou qu'an tcharîye, an fàt dès gros mutés pou qu' lès 
rût'leûses n'avinche mi tant d'ouvradje. 

60 El tchar'tî leûve èl fo« an ceû qu'est d'ssus 1' tché avu 'ne 
grande fône, la fône fèn'rèsse, coume an dit ; an va ainsi d' muté 
a muté tant qu' c'est fini, a chu w ant dès goûtes coume dès pwachs. 
An p^gne la tchèrâye avu in rut£ pou n'a pont p£rde avau lès 
tch'mins ; peu an p^rtche et an sàre coume i faut avu èl creùma 

05 ou 1' djàbe pou qu' la tchèrâye sout bin solide. I-ny-è dès côps — 

l'acsidant m'è djè arivèy — quu la tchèrâye ruv<?che ; ç'an-èst, 

la, du mau, ç'côp la, pou ta r'ieùvèy ! an chue ène bêle tchimîje! 

Arivé d'vant la raâjan, on dètch^rdje lu fon su V guèrni, an 

l'arandje par lîts et an 1' sàre coume i faut pou-z-a mète èl pus 

70 possibe. Quand èl fon n'èst-me du première qualitèy, i-ny-è dès 

dja# s qui semant in pô d' sèy dussus. Lès b£tes tu ntédjant pus v'iètî. 

C'est 'ne grande afaire quand i fàt du bon tè pou fènèy. An 



tirent [le foin] en lignes pour avoir plus aisé de [le] mettre en veillotes. 
Il est toujours bon de [le] mettre en veillotes, parce que le foin ne 
ramasse mie la rosée et il est plus aisé à faner le lendemain. On le rétend 
le lendemain et le surlendemain, suivant qu'il est malaisé à faner, et 
on le charrie quand il est sec. Le jour qu'on charrie, on fait des gros 
meulons pour que les râteleuses n'aient mie tant d'ouvrage. 

Le charretier lève le foin au celui qui est dessus le char avec une 
grande fouine, la fouine fanerèsse, comme on dit; on va ainsi de meulon 
à meulon tant que c'est fini, en suant des gouttes comme des pois. On 
peigne la charrée avec un râteau pour n'en point perdre parmi les che- 
mins; puis on perche et on serre comme il faut aveclecramail ou le diable 
pour que la charrée soit bien solide. Il y a des coups — l'accident m'a 
déjà arrivé — que la charrée renverse; c'en est, là, du mal, ce coup-là, 
pour la relever! on sue une belle chemise ! 

Arrivé devant la maison, on décharge le foin sur le grenier, on l'ar- 
range par lits et on le serre comme il faut pour en mettre le plus possible. 
Quand le foin n'est mie de première qualité, il y a des gens qui sèment 
un peu de sel dessus. Les bêtes le mangent plus volontiers. 

C'est une grande affaire quand il fait du bon temps pour faner. On n'a 



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8o 



- 73 - 

n'è-rae bin mau tant d' mau ! ça fène tout seul ; et V fou est mu*eûr. 
C'est coume an dit, la ! c'est bin l' tè qui fât l'ouvradje. Ans è 
bel a r'mu w er LVrbe quand Y s'io n' lût- me. 

Ça n'aptftche qu'ans est bin contant quand la Pnau est fàte. 
C'è(st) ène deûre quiuzine a passèy, surtout pou lès tchar'tis ; 
quand ans est d'ssus ses pîds du d'peù trwas eùres au matin 
djusqu'a dîj ou onze eûres a la neùt, an n'a d'mande mi davan- 
tadje. 

II 

« E-bin ! qwa, Bâtisse? an n' fautche mi co aus grés ? 

— Bin nan, va, Jesèf ; i n' sant-me co trop meurs, i n' v'iant-me 
meùfî ç'te ènàye-ci, dju n' se ç' quu ça vut dère. Il est vrâ qu'i n' 
fàt-me dès tchateûrs couine pa dès côps. Via bintot 1' moumant 

S; pourtant; c'è(st) aneû èl dij d'ajout. 

— E-bin ; mi, valet, dju m' va aprèter ma faus pou-z-î alèy 
après-midi. Dj'à in swale su 1' haut-du-tchârme qu'est meûr 
assèy. La paye est co su 1' vart, su t' vus; mais, pou avwar du bo« 
gré, i n' faut jamais ratède qu'i sout trop meur pou 1' fautchi. El 

90 gré s' fàt bèti a tèchtfs. 



mie bien mal (guère) tant de mal ! ça fane tout seul : et le foin est 
meilleur. C'est comme on dit, làî c'est bien le temps qui fait l'ouvrage. 
On a beau remuer l'herbe quand le soleil ne luit mie. 

Ça n'empêche qu'on est bien content quand la fenaison est faite. C'est 
une dure quinzaine à passer, surtout pour les charretiers : quand on est 
dessus ses pieds ^-depuis trois heures au matin jusqu'à dix ou onze heures 
à la nuit, on n'en demande mie davantage. 

II 

«« Eh bien ! quoi, Baptiste ? on ne fauche mie encore aux grains? 

— Bien non, va, Joseph, ils ne sont mie encore trop mûrs, ils ne 
veulent mie mûrir cetie année-ci, je ne sais ce que ça veut dire. Il est vrai 
qu'il ne fait mie des chaleurs comme par des coups (parfois). Voilà bientôt 
le moment pourtant ; c'est aujourd'hui le dix d'août. 

— Eh bien, moi, garçon, je me vais apprêter ma faux pour y aller 
après-midi. J'ai un seigle sur le haut-du-charme qui est mûr assez. La 
paille est encore sur le vert, si tu veux: mais, pour avoir du bon grain, il 
ne faut jamais rattendre qu'il soit trop mûr pour le faucher. Le grain se 
fait bien en tasseaux. 



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_ 74 — 

— T'es râjan ; dju m' va vwar coume èl miène est, dj'î vèrou 
co bèn aneû ou d'mé aussi. » 

Via la convèrsâcion qu'ans ôt souvèt duvant d' coumanci in 
ouvradje ou l'aute. I n' faut quu d'à vwar passèy èwk avu 'ne 
95 faus pou qu' lès autes su mètinche an route aussi. V oyèy in 
martocadje duvant tous lès uchs, i bâtant la faus tourtous, et 
v'-lès-la voûye coume inné armèye après lès tchamps avu èl harna 
ou la bèqulye su 1' dos. 

Ça s* dit tout seul qu'an n' dwat-me su dèseùrèy a la mèchan 
ioo coume a la fnau. An n'a va-me b^côp d'vant wit eûres : i faut 
qu' la rousâye sout an bas; an lôye ordinair'mant èl gré a fàt 
qu'an F rûcûde. Et peu, la r'cûdeûse su mètrout coume ène 
bu w àye: an ratèd' toudjou quu ça sout bin sètch. Quand ans è(st) 
a trwas drî 'ne faus, an met' a tèch^s a fàt. 
105 Quand la ctotche soune midi, an r'pârt' tourtous pou v'nu 
r'dfnèy, et an s'a r'va a inné eûre djusqu'a sèt' eûres ou sèt' eùres 
et n'mîye. 

In bon fautchèr aus grés put fautchi in fyou a sa djournàye, 
quand il è du monde dré lu pou loyi et fàre lès tèchtfs. 



— Tu as raison ; je me vais voir comme la mienne est, j'y irais encore 
bien aujourd'hui ou demain aussi. » 

Voilà la conversation qu'on ouït souvent devant de commencer un 
ouvrage ou l'autre. Il ne faut que d'en voir passer un avec une faux pour 
que les autres se mettent en route aussi. Vous oyez un martelage devant 
tous les huis, ils battent la faux tous, et les voilà en voie (partis) 
commeune année après les champs avec le harnais ou la béquille sur 
le dos. 

Ça se dit tout seul qu'on ne doit mie se désheurer à la maison comme à 
la fenaison. On ne [s'] en va mie beaucoup devant huit heures : il faut 
que la rosée soit en bas (tombée = évaporée) ; on lie ordinairement le 
grain à fait (à mesure) qu'on le recueille. Et puis, la recueilleuse se 
mettrait (= serait trempée) comme une buée (lessive) : on rattend tou- 
jours que ça soit bien sec. Quand on est à trois derrière une faux (un 
faucheur), on met en tasseaux à fait (à mesure). 

Quand la cloche sonne midi, on repart tous pour venir redîner (revenir 
dîner), et on s'en rêva à une heure jusqu'à 7 h. ou 7 V2 n. 

Un bon faucheur aux grains peut faucher un journal en sa journée, 
quand il a du monde tout -contre lui pour lier et faire les tasseaux. 



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- 75 — 

no Quand c'è(st) in fort gré, an n'è-nV a s'amûsèy a trwas pou 
cheûre dr^ in fautchèr. I faut ète a deûs pou r'cûde, fàre lès 
rowètes et poser lès djèv^s d'ssus; Faute lôye èt-fàt lès tèch*s. 

Quand lès swales saut côpèys, ans ataque lès mètians et lès 
froumèts tout d* swîte. 

115 Eçte ènâye-ci, i-ny-avout dès bin niches grés a-tchû nous : i-ny-è 
bin la mwatî dès tchamps qu'atint ramplis du djardrîye. C'è(st) 
àque du bin malâjî a fautchi et a r'cùde. An n'èst-me foutu d* dé- 
mêler ça : ça est si tèl'mant acreûmi quu tout Y tchamp hosse 
quand an hatche après, et peu, c'est qu'i n'y-è ni gré ni paye, 

120 Ça n' vaurout caus'mèt quu pou brûtèy. 

Pourtant, tchû nous, lès grés, i v'nant bè« quand i n' s'î tape 
mi d' la nich'tèy coume ça. Ça n'èst-me rare du vwar d' la paye 

# d'in mète quatre-vint d' haut, mais aussi ça n' gu^rne co jamais 
d' trop. An n'è-me souvèt d* pus du chîj ou sèt bitchèts du ça«t. 

I2 ç Dès lès bons tchamps bin agrachis, ans è ordinair'mànt chij a 
sèt' çants dj^rbes su l 1 fyou. 

El fautchadje dès grés deùre du wit' a dî djous, quand i fât bo». 
An lès lay ène quinz^ne ou trwas s'm^nes a tas d'vant d* tcharîr; 



Quand c'est un fort grain, on n'a mie à s'amuser à trois pour suivre 
tout-contre un faucheur. Il faut être à deux pour recueillir, faire les liens 
et poser \esjaveaux (javelles) dessus; l'autre lie et fait les tasseaux. 

Quand les seigles sont coupés, on attaque les méteils et les froments 
tout de suite. 

Cette année-ci, il y avait des bien sales grains vers chez nous : il y a 
bien la moitiédes champs qui étaient remplis de fyardriye (vesce?). C'est 
quelque chose de bien malaisé à faucher et à recueillir. On n'est mie fichu 
de démêler ça : ça est si tellement enchevêtré que tout le champ hoche 
(se secoue) quand on tire après, et puis, c'est qu'il n'y a ni grain ni 
paille, ça ne vaudrait quasiment que pour brûler. 

Pourtant, chez nous, les grains, ils viennent bien quand il ne s'y jette 
mie de la saleté comme ça. Ça n'est pas rare de voir de la paille d'un 
mètre 80 de haut, mais aussi ça ne grène encore jamais de trop. On n'a 
mie souvent de plus de six ou sept bichets de cent (= avec cent gerbes). 
Dans les bons champs bien engraissés, on a ordinairement six à sept cents 
gerbes sur le journal. 

Le fauchage des grains dure de huit à dix jours, quand il fait bon. On 
les laisse une quinzaine ou trois semaines en tas devant de charrier; il 



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- 76 - 

i faut lèzî bayi 1' tè d' canrèy. Quand i sant bin sètchs, an tcha- 
1 30 riye bon train, se arèter toute la djournâye. C'est l'afaire du trwas 
ou quate djous quand i fàt bon. Ça n' va-me si vite èçte ènâye-ci ; 
dj'ans d' la plôve a tout mouma«t; nous v'ia au premî d' sèp'- 
tambe et i n' sant-me co tous rètrèys. Et lès avônes qui n' sant-me 
co bin mau toutes fautchîyes! Su ça deûre, an s'rè bin tàrzi pou 
13 ç t't-a-fàt. 

11 est vrâ quu ça va pus vite pou lès avônes quu pou lès gras. 
Quand èle sant fautchîyes, c'est l'afaire du cinq ou chî djous pou 
lès canrèy, mais ces' qu'i-ny-è d'ambètant, c'est qu'èle n'atant-me 
co meûrtes. A la fin, an n' s'rè-me dèhalèy pou la dicàce. 
140 Lès avônes, an n' lès lôye rai a lès fautchawt. An lès met' a 
hobètes tchû nous; an va lès loyi quand èle sant sètches. Après ça, 
ans apougne lès cronbires. Ç' n'est jamais fini î Ans arive ainsi a 
la fin d' t'ènàye, t't a mist*rant pou r'coumanci èl m^me trimàrd 
Tènàye d'après. Que drôle du vîye tout 1' m*me! 



14 c Dju seù in pô an r'tàrd, la, pou v' avouyi ma p'tite racante 



faut leur bailler le temps de sécher (achever de mûrir). Quand ils sont 
bien secs, on charrie bon train, sans arrêter toute la journée. C'est l'affaire 
de trois ou quatre jours quand il fait bon. Ça ne va mie si vite cette 
année-ci, j'avons de la pluie à tout moment; nous voilà au premier de 
septembre et ils ne sont mie encore tous rentrés. Et les avoines qui ne 
sont mie encore bien mal (guère) toutes fauchées ! si ça dure, on sera bien 
tardif pour tout-à-fait (-- tout). 

Il est vrai que ça va plus vite pour les avoines que pour les grains. 
Quand elles sont fauchées, c'est* l'affaire de cinq ou six jours pour les 
sécher, mais ce qu'il y a d'embêtant, c'est qu'elles ne sont mie encore 
mûres. À la fin, on ne sera mie débarrassé pour la dédicace (kermesse). 

Les avoines, on ne les lie mie en les fauchant. On les met en hobettes 
chez nous; on va les lier quand elles sont sèches. Après ça, on empoigne 
les pommes de terre. Ce n'est jamais fini ! On arrive ainsi à la fin de 
l'année, tout en misérant pour recommencer le même trimard l'année 
d'après. Quelle drôle de vie tout le même ! 

* 
» * 

Je suis un peu en retard, là, pour vous envoyer ma petite raconte des- 



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— 77 — 

d'ssus la mècha« : dju n'â-me eu 1' tè dîmètche passèy, et, dès la 
s'm^ne, i n' faut-me î sondji. V' arèy put-ète cru quu dj'avou 
oubli? Nônè. savez- ve, dju n' p'iou mau. 

Voula quatre eûres et n'miye. Coume c'è(st) aneût dîmètche, 

1 >0 dju m' va fâre ène pitite partiye aus guîyes pou m' dissipèy ène 

miète; dju n' tr^nerâ-me trop tard aneût, pace quu i faut co 

s* leûvèy du boune eûre dumé au matin. Bondjou, tourtous, 

et a r'vwar ! Portêz-ve bèn ! 

Constant Simon, 

Cultivateur à S*-Marie-sur-Semois. 

Du premî sèp'tambe 1907. 



sus la moisson : je n'ai mie eu le temps dimanche passé, et, dans la 
semaine, il ne faut mie y songer. Vous aurez peut-être cru que j'avais 
oublié ? Non, savez-vous, je ne pouvais mal (= je n'avais garde). 

Voilà quatre heures et demie. Comme c'est aujourd'hui dimanche, je 
me vais faire une petite partie aux quilles pour me dissiper une miette ; 
je ne traînerai mie trop tard aujourd'hui, parce qu'il faut encore se lever 
de bonne heure demain au matin. Bonjour, tous, et à revoir. Portez- 
vous bien ! 



COMMENTAIRE 



N. B. Les chiffres renvoient aux lignes du texte. — Pour ce qui 
concerne la fenaison, nous renvoyons aux deux descriptions déjà publiées 
Bull. Dict. 1907, p. 24-30, et à nos questionnaires ibid. 1906, p. 42; 
1907, P- 3i 38. 

2. Faute d'un caractère spécial, nous notons par n (italique) le 
son ng qui se rencontre par ex. dans l'allemand lang. Cette 
nasale gutturale apparaît devant une gutturale ou une voyelle 
ou à la fin de l'expression. 

3 et 87. Lieux dits de S te -Marie-sur-Semois ; vile : c'est le 
signe de l'existence d'une ancienne villa. 

21. La prononciation hésite entre fautchèr* et fautchièr* 
(faucheur). 



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- 78 - 

24. Si le tranchant était trop incliné vers la terre, le faucheur, 
pour ne pas ramasser ta mousse (ce qui salirait le foin), devrait se 
tenir trop droit. Si le tranchant était trop relevé, il forcerait le 
faucheur à se pencher outre mesure. 

27. dèfanci, défoncer, c'est-à-dire diminuer, amincir. 

35. la vàrSje, la « verge » ou le rebord, côté de ta faux opposé 
au tranchant. La partie de la faux amincie à coups de marteau et 
qui forme le tranchant s'appelle la bâte. 

37. anfilèy, enfiler, dans le sens de « faire (une chose) d'un 
bout à l'autre », ici « battre la faux tout du long, en suivant le 
fil ou ta bâte ». Ne pas confondre avec afilèy, effiler, rendre 
pointu (un piquet, par ex.). 

40. ènè, anneau (de fer); cugnèt, petit coin (de bois). 

41. v* -la-la, la voilà; cf. 98 v' -lès-la, les voilà; 133 nous v'ia; 
et 159 voula, voilà. 

43. bu™ a. Cet étui de bois ou coffin contient à peu près un 
demi-litre d'eau vinaigrée dans laquelle trempe la pierre à 
aiguiser. 

45. cout'lâye (à Monceau-sur-Sambre cout'léye), « quantité 
d'herbe abattue à chaque coup de faux ». Nous traduisons par 
« coutelée », le Dict. gén. donnant déjà à « fauchée » deux sens 
différents : 1. Ce qu'un faucheur peut couper d'herbe par jour. 
2. Ce qu'un faucheur peut couper d'herbe sans affiler sa faux. — 
Faucher à larges tranches se dit couflèy à Prouvy. 

46. De 3 à il h. du matin. À propos de fyou (journal, 33 ares 
ou un tiers d'hectare), cf. 108, 126. 

50. halète, coiffure de femme en étoffe légère, destinée à 
garantir la figure et la nuque de l'ardeur du soleil. C'est le 
barada ardennais. 

51. fane, fouine ou fouinette (voy. Dict. gén. s. v.), fourche 
en fer pour faner le foin; plus bas, 1. 61, il est question de la 
grande f une ou fône fènWèsse :, grande fourche en fer pour soulever 
les paquets de foin, les gerbes, etc. 



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- 79 - 

53. hatchi, correspond au liég. sètchi, tirer. — hatchi a rues ou 
fâre dès rues (ailleurs, à Weismes par ex., mète è rayes), mettre 
le foin en lignes, avant de le ramasser en veillotes, houfris. — 
Le gaum. rue correspond litt% non pas au liég. raye (raie ; ce qui 
se dit roûye en gaum.), mais au liég. rowe (roue). 

64. pértchi, « percher », assujettir fortement la charge (de 
foin) sur un chariot au moyen çj'une perche serrée au moyen 
d'un crama (cramait, crémaillère) ou d'un fyàbe (diable, espèce 
de manivelle qui se trouve derrière la charrette). 

73. bln mau, guère; cf. 1. 135. | muweûr ou miyeûr, meilleur. 

81. lès grès, les grains, terme général pour désigner le seigle 
(swale), le méteil (mètiati) et le froment (froumèf). 

90. tèchè, « tasseau », tas de 15-16 ou 20 gerbes liées, sur- 
monté d'une cossète (chape) ou gerbe retournée sur le tas pour 
le garantir de la pluie. 

98. harna ou bèqutye (termes synonymes), appareil à trois ou 
quatre dents qui s'adapte au-dessus de la faux pour assurer 
la chute parallèle des chaumes dans l'andain. 

109 et 111. drê, prép., tout contre, de raso ; drè quu, dès 
que. Le gaum. connaît aussi a* lé, ad' Je, auprès de, et dri, derrière. 

112. rowète (à Cherain rawète), lien de paille pour lier les 
gerbes de céréales. 

115. L'auteur fait une différence entre tchû nous et a-tchû 
nous : tous deux signifient « chez nous », mais le second avec le 
sens plus général: « dans la région de chez nous, vers chez 
nous». 

116. la fyardrîye. L'auteur conjecture que c'est l'ivraie, mais 
sa description prouve le contraire : « Cela ressemble beaucoup, 
dit-il, à la vesce velue, mais la tige et la feuille sont plus fines. 
C'est une plante grimpante qui a vite envahi tout un champ de 
méteil ou de froment. Elle se rencontre plus rarement dans un 
champ de seigle ». Diverses variétés du genre vicia infestent en 
effet les moissons. 



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— 8o - 

125. Cent gerbes ne donnent pas souvent plus de six ou sept 
bitchcts de grain. Le bitchèt correspond au double-décalitre; 
cf. Dict. gén. v° bichet. 

188. ces', pronom démonstratif ; anc. -franc, cest. | aiant 
(sont) ; forme synonyme de sant, 134. 

14! . hobètes, javelles dressées, liées par les épis. 



13. Les noms propres de vaches au pays de Hervé 

Dans la région herbagère de Hervé — comme ailleurs aussi 
probablement — chaque vache a son nom propre. 11 m'a paru 
intéressant de dresser la liste de ces appellations individuelles, 
liste plus copieuse qu'on ne le croirait au premier abord. A cet 
effet, j'ai dépouillé les registres des sociétés locales d'assurance du 
bétail, où l'on trouve parfois les noms de plusieurs milliers d'ani- 
maux, ainsi que les résultatsdes concours publiés dans les journaux 
spéciaux. Outre le Vocabulaire des agricuffeurs (ardenmis) d'Albin 
Body, j'ai mis à profit de nombreux renseignements particuliers. 
Les mêmes noms se répétant et se confirmant, il ne me restait 
qu'à les classer et à donner çà et là un mot d'explication. 

1. D'après la couleur : a) de la robe : 

blanke, blanche; blankètc, blanchette; bèrbis, brebis; 

blondinète, blondinette ; 

canarij nâni, jaune ; 

bleûve, bleûse, bîeûwète ou blnwète, bleue, de couleur ardoise; 

rossète, roussette ; 

spirou, écureuil, de couleur fauve; 

roSje, rouge; rofyètc, rougette; 

pirou ( ! ), rouge grenat; broû/éye, brûlée = rouge feu; 

(*) C'est P pirou (f Fatèléye, dit-on de la meilleure vache du troupeau. 



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— 8r — 

breune, brans, brune; brunète, brunette; brttnô, burnô, brunaud; 

fâîe (Clermont), gris pâle (ail. fahl); 

grise, grise ; grisète, grisette ; sorts, souris ; 

neûre, noire ; neûrète, noirette ; morète (cf. en franc, un cheval 
raoreau); màvi, merle; crakà et cwèrbâ, corbeau; 

aguèsse, pie; hémote (axà. : Body), blanche et noire; 

fyolèye ( l ), bigarrée \florèye, fleurie; tchamossèye, moisie; tcha- 
marêye, chamarrée ; picotêye, piquetée ; mayeièye et tabarêye, 
tachetée ; 

bâréye, barrée, qui a des barres, des lignes ; 

tigreye, tigrée. 

b) d'une partie du corps : 

blanc-pid ou blancs-pids, blancs-pieds ; 
blanke-tièsse, blanche-tête ; 
neûre-gueûye, noire-gueule ; 
pids-d'ôr, pieds-d'or ; 

creûkète, « croisette », qui a une petite croix; 
steùlète, « étoilette », qui a une étoile blanche au front ; 
hàmèye, « heaumée », qui a une hàmeûre, c'e»t-à-dire, une large 
ligne dans le chanfrein ; 

mûsète ou brida, à tête blanche avec brides ; 

bridone (ard. : Body), qui a une balzane ; 

blèse (Clermont), à front blanc (ail. bleich; flam. bleek?); 

stripe (Clermont), à échine blanche (ail. streif; flam. streep). 

II. D'après un siffne ou un défaut particulier : 

fyône, fyonne, jeune; vile, vèye, vieille; 
grande, grande ; pitite, petite ; 
peûkèt, nain ; tnarmote, marmotte ; 

(!) Proverbe très répandu dans le pays : on n' /orne jamais ont vatche 
fyolèye s'ile n'a ont titche, si on appelle une vache « jolie, c.-à-d. tachetée », 
c'est qu'elle a au moins une tache; = pas de fumée sans feu. 

6 



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— 82 — 

boulet, bodèl, nokète, « petite masse, petit nœud », petite vache 
courte et bien formée; 

mastoke, trapue, ramassée sur elle-même ; 

àmaye, «, aumaille », t. de signification variable, ord 1 = génisse ; 

proumioûle, primipare; 

sucèie, qui tette les autres ; 

tr eus- tètes y qui n'a que trois trayons; 

luskète, louche; muskète, à cornes retournées vers les yeux; 

crolêye, frisée; toupète, à toupet entre les cornes; ca/xml, à 
toupet retombant entre les cornes ; 

grosse-cwène, à grosses cornes ; 

làfye-tièsse, « large-tête », à grandes cornes ; 

hwèrnêye f écornée, qui a perdu une corne. 

III. jy après Voilure ou le caractère : 

charmante ; plêhante, « plaisante », gentille; 

bêle } bèlo, sibèle, belle, fière; 

bijou, finète, mouche, joli-cœur ; 

mari zèle \ barone, marquise, princesse ou prècèsse\ 

mouton f moutone ; bichète ; robète, « lapin » ; 

poyète, poulette ; cocote, poupoule ; coke, petit coq ; 

miloûde, doucereuse : friyande, friande, gourmande ; 

malene, maligne; minète, minette, chatte; mazète, mazette; 

hoûzdr, hussard ; hoùzète ; dragone ; makète, têtue ; 

èwèraht, farouche ; savatye, sauvage ; calène, coquine, méchante ; 

cùrêye, « cuirée », charogne. 

IV. iy après certains prénoms de femmes : 

loulou, diminutif de Louise; 

margot, » Marguerite ; 

pèrète, pire te, Pierrette, Perrette ; 

rose, rôsète, Rose, Rosette; 

flore, floriye, florine, fleur et e, florinète, Flore, etc. ; voy. V. 



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- 8 3 - 

V. D'après V origine : 

Nom de la race : Brètone, Bretonne ; Hêvurlène, Hervienne; etc, 

Nom, prénom, titre, surnom, profession de l'ancien proprié- 
taire : borguimésse, bourgmestre ; cantonier; ruçuveû, receveur; 
barone f baronne; wèsène. voisine \flaminde, flamande, etc. 

Nom de la commune ou du hameau d'où elle vient ; 

Époque de la naissance : avriyète (ard., Body), née en avril ; 

Nom de la mère : mazàr, mazôr, fille de mazète ^cadinêye, fille 
de cadet \ rôsète, fille de rose ; fleûrète, fille de flore ou de floriye ; 
florinète, fille deflorine. 

VI. Sans raison apparente : 

doudou ; pitchoti ; ponète ; 

magriyète y pâquerette (fleur); fyalofreune, œillet; 

ramète; spinète, « épinette ». 

On constate actuellement une tendance à donner aux vaches 
inscrites aux Herd-Books des noms exotiques et prétentieux, tels 
que : Aida, Bella, Nora, Célina, Ladia, Mirabelle, Lami, etc. 

Pour une oreille non prévenue, ceitaines appellations peuvent 
donner lieu à des équivoques bizarres, surtout lorsque la bête — 
et le cas est fréquent — porte un nom de personne : y a P borgui- 
mêsse qui toreule (tor*ler } être en rut) ; lu petite barone nu roumêye 
pus (roumiy ruminer) ; lu prècèsse a P maladèye du pids et 
d 1 gueûye\ tôt à matin P flaminde a bizé ; lu poyète a tapé deûs 
gros vês ; ave moûdou P wèsène f ; etc. 

D r Sébastien Randaxhe 



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Deux dictionnaires namurois inédits 



La bibliothèque de la Société de littérature wallonne s'enrichit 
sans cesse de nouveaux matériaux. Au vocabulaire namurois de 
1850 que nous avons fait connaître dans le. Bull. 45, p. 337 sqq., 
sont venus s'ajouter dans ces derniers temps deux recueils 
manuscrits beaucoup plus considérables, mais de date plus 
récente : l'un est l'œuvre de M. Florent Boigelot, professeur au 
collège Notre-Dame de la Paix à Namur; l'autre a pour auteur 
M. Albert de Pierpont, avocat, habitant Schaerbeek, issu d'une 
vieille famille namuroise. 

M. Boigelot consacra plusieurs années à son glossaire namu- 
rois- français, dont les premières lettres seules (A-D incl.) parurent 
en extraits dans les colonnes de « la Marmite », le vaillant petit 
journal alors à ses débuts (1883-84), M. de Pierpont commença 
son vaste travail en 1891. 

Ces laborieux lexicographes ont largement mis à contribution 
le Dictionnaire étymologique de Ch. Grandgagnage. M. Boigelot 
lui emprunte souvent ses définitions; M. de Pierpont, les yeux 
fixés sur son modèle, oublie parfois qu'il fait un dictionnaire 
namurois et ne donne que la forme liégeoise : binante pour 
binainméj galguizoûde pour garguêzoûde, pâ pour patt (pieu). 
Faut-il leur en faire un grief? Ils ont compris qu'en incorporant 
dans leurs recueils les données de Gggg., ils assuraient à leur 
œuvre une base solide. Quand ils ajoutent à l'article du maître 
un exemple bien approprié, une phrase typique (comme c'est le 
cas pour gadeler, latche y laid'jon... dans B. ; lambozète } nolu, 
reïus... dans de P.), on ne peut qu'approuver. Quand ils se 



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-*5 - 

bornent à reproduire, sans y rien changer, maint article sur 
lequel on désirerait quelques éclaircissements, tels garlot, gau- 
drouyi, greùjète, iernote, jama, lauja, etc., il y a lieu de le 
regretter. Sans doute, plusieurs de ces mots curieux dont Gogg. 
parlait d'après des témoignages contemporains, sont aujourd'hui 
perdus ou inusités. Mais on peut se demander si MM. B. et de 
P. ont dans tous les cas fait leur possible pour les retrouver et 
pour en déterminer l'emploi. D'ailleurs ces passages empruntés 
à Gggg. n'étaient-ils pas, dans leur pensée, de simples jalons 
destinés à rappeler le but ? 

Mais passons là-dessus et reconnaissons dans nos auteurs de 
dictionnaires une part d'originalité suffisante pour que l'on se 
félicite de voir le fruit de leurs recherches désormais sauvé de 
la destruction. 

M. Boigelot en général traduit bien ou définit d'une manière 
exacte et concise. On trouve rarement chez lui une définition 
inutile (de choses trop connues : aulouwète, lainive), trop vague 
(dama, espèce de fleur blanche ; sklibo, morceau de bois), ou 
exprimée avec certaine maladresse (frèpouy, se houspiller ; trogne , 
faire la moue, bouder ; sopresse, se dit de l'action qu'on fait 
lorsqu'on met le levain dans la farine avant de pétrir). 

Les termes de métier, toujours intéressants, ne manquent pas: 
il y a notamment abondance de termes se rapportant au batelage, 
à la pèche. 

L'orthographe est parfois bizarre, surchargée : sainssi, pour 
cinslj annonciainsc pour a nonsyince. On ne peut ranger sous la 
lettrine S les v\ réfléchis sanoy, sènonder, sesspaw'ter ni les 
noms de saints, excepté saint-cruspin , devenu nom commun. 

Quant aux exemples, ce c amplement obligé de tout diction- 
naire pratique, l'auteur les donne simples, naturels, empruntés 
à la vie journalière. En veut-on quelques spécimens ? 

bller. Ori huche qui s* bile. 

binauj'té. Elle asteuve tote fou d lèïe di binaufté. 

brette. 77 a ieu one brette avoii s 1 voisin. 

brochî. Li song a brochi pa tos les costés. 



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— 86 — 

D'autres, plus brefs, sont encore significatifs : 

bîre . Del bire di L ovain . 

boo. Li baube don boc. 

bressie. One bressie difoûre (une brassée de foin). 

bûse. Libûse del colère (le tuyau de la gouttière). 

Notons çà et là un proverbe {hièbe, kolèbeu, maurli...), une 
comparaison populaire (bodenne, boia, minâbe, moinre, etc.). 

Cependant on s'étonne de ne pas voir, à l'occasion, un article 
un peu développé. M. B. ne cite jamais qu'un ou, par exception, 
deux exemples à la fois; ils deviennent même rares dans la 
deuxième moitié de l'œuvre (lettres M-Z). Cette sécheresse 
ressort encore mieux si l'on compare avec le dictionnaire de 
Pirsoul : celui-ci s'étend à plaisir sur des mots vulgaires comme 
foirty fond, fosse, foû, fouie ; M. Boigelot nous met impitoya- 
blement à la portion congrue. 

L'article /* (faire), qui comporte toute une page dans Pirsoul, 
se trouve ici réduit à une ligne : 

fé, faire. Fé dopwain^ faire du pain. 

C'est dommage vraiment que M. B. ne donne pas meilleure 
mesure, car il sait tant de wallon ! 

Le plan conçu par M. de Pierpont était plus vaste, disons le 
mot, plus ambitieux. Non content d'inventorier les vocables et 
les expressions du parler namurois avec leurs significations, il 
voulait en faire connaître l'étymologie, les affinités avec l'ancien 
français et les autres langues romanes, enfin la synonymie. Ce 
programme, qui eût effrayé des savants plus exercés, n'a été 
rempli qu'à moitié par son entreprenant auteur. 

M. de P., pour éclairer nos mots wallons, cite des formes 
italiennes, espagnoles, etc., et de vieux textes français, tirés soit 
de la partie historique de Littré ou du Dictionnaire rouchi de 
Hécart, soit de ses propres lectures : travail très incomplet, 
nullement au courant, offrant donc peu d'utilité. 

Sur les questions d'étymologie, M. de P. n'est pas ferré non 
plus. Quand il suit Gggg. ou Scheler, il ne risque guère de 



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- 87 - 

s'égarer; mais, en accordant sa confiance à un amateur qui 
signait S. de longs articles de haute fantaisie sur les Origines du 
wallon (Ami de P Ordre, 9 septembre et 6 octobre 1895), il se 
fourvoie étrangement. À peine y aurait-il deux ou trois bonnes 
idées à signaler dans ce fatras. M. de P. adopte tout sans 
contrôle, sans .'discussion. Ses vues personnelles sur de prétendus 
composés (divantrain = divant -f- train ; chèrau = cher, tomber + 
rott, route = propr. chemin tombant; cruau = cru + haut) ne 
sont pas plus sérieuses. Aujourd'hui que la phonétique est 
étudiée de si près, que l'étymologie est soumise à des lois si 
rigoureuses, on s'expose presque au ridicule en se lançant sur ce 
terrain sans une longue préparation et des études solides. 

La synonymie est-elle mieux traitée ? Oui, et cependant elle 
laisse à désirer sous certains rapports. Les mots dits synonymes 
peuvent-ils s'employer indifféremment ? L'usage ne distingue- 
t-il pas entre chèna et fiant, chovlète et bronche, bourder et minti, 
ckerbon et chaiiffache, cheûre et cocheûret S'il y a une nuance, il 
serait bon de l'indiquer. L'appellation de synonymes convient 
mal à des mots comme auje, aujemince, ayesse, qui ne se disent 
jamais l'un pour l'autre ; elle ne convient absolument pas à 
chaurît et chèron, qui diffèrent entre eux comme charron et 
charretier en français ('). grèt'cu désignant le houx, n'a rien de 
commun avec le gratteron (Nam. rites), ni avec les heûfions (Nam. 
fiûs-d'-fiayisan). C'est un abus, nous semble-t-il, de présenter 
comme synonymes des mots ou formes parallèles de dialectes 
différents : 

caur, syn. kwar. gravé, syn. frèzé. 

canada, syn. cromfitre. pilé, syn, fioleure. 

Il faudrait au moins avertir que les mots rapprochés sont de 
provenance liégeoise. Apporter skèter comme synonyme de 
chèter, trianner comme équivalent de tronner, cozine de caklinche, 

( l ) La même distinction existe en liégeois. M. Niederlànder fait 
erreur en traduisant tchaurït\*zr Fuhrmann. 



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— S8 - 

lûja de vacha, c'est empiéter sur les dialectes de l'Ouest-wallon 
(Charleroi, Walcourt, etc.), sans prévenir le lecteur. 

Nous avons constaté jusqu'à présent plus d'un point faible 
dans le grand travail que nous analysons. Nous devons encore 
critiquer l'orthographe, moins pour l'emploi des signes ambigus 
auxquels on n'avait pas encore renoncé (oi, ch, j) que pour 
l'oubH fréquent des accents ( J ) : fechère, fenau (lisez féno), fener } 
cledié (prononcez dédié, mot liég.) ... et pour les finales négligées, 
privées dV muet ou d'un signe quelconque, p. ex. la minute ('), 
indiquant que la consonne se fait entendre : toi timp, tenawèt, 
ieîat, térib, papias. 

Quant à la partie essentielle du Dictionnaire, c'est-à-dire la 
collection des mots, leur interprétation, le choix des exemples, 
nous ne marchanderons pas les éloges; la liste est copieuse, les 
explications claires et correctes. Et cependant faisons ici quelques 
réserves : l'utilité d'un fort contingent de mots d'autres dialectes 
dans un vocabulaire régional, ne nous apparaît pas. Ensuite, nous 
ne savons où l'auteur a puisé un grand nombre de noms de 
plantes qui semblent bien étrangers à l'usage wallon ; il y a 
notamment cinq pages de noms composés commençant par 
kièbe : franchement cela sent la contrefaçon, compagnon blanc, 
bois joli répugnent à l'oreille wallonne, qui veut l'adjectif pré- 
posé; cf. blancbouyon, bleu-baron. Est-il soutenable que des 
plantes rares, telles que l'actée en épi, l'ophioglosse, la gratiole, 
aient été remarquées par les paysans et baptisées à leur façon ? 
que d'autres, originaires du Midi et rarement plantées dans -nos 
jardins, aient reçu un nom wallon ? 

Nous trouvons la preuve du soin apporté par l'auteur à la 
traduction des mots dans deux lettres jointes au recueil. L'une, 
du docteur Vermer, le vétéran des lettres wallonnes, explique le 
sens qu'il faut donner à poussète dans un de ses contes; l'autre 



(*) fraige est peu clair; lisez fréje. — chifoli est fautif pour tckivoli 
tch'foli. 



ou 



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-«9- 

émane du président de la Société de Moncrabeau, auquel M. de 
P. avait demandé des renseignements sur force termes rencontrés 
dans les chansons patoises de deux moncrabeautiens illustres. 

Les exemples dont M. de P. étoffe son dictionnaire, la plupart 
fournis par les vieux poètes du cru, ont un charme particulier. 
C'est un réel mérite d'avoir reconnu la valeur des œuvres de 
Werotte, de Colson, de Lagrange, de Vermer au point de vue 
de la pureté de la langue, de la connaissance intime de ses res- 
sources, et certes on ne pouvait choisir meilleures autorités. 
Voici quelques articles-types : 

afliche (di mèstf). Plaque en métal sur laquelle étaient 
ciselés des emblèmes et que portaient au cou, dans les céré- 
monies, les valets des corps de métier. 

Vos vèyiz roter P noblesse, 
Lès soudards, lès magistrats, 
Et lès mèstts a leû tièsse 
Avou afiiches et drapias. 

(Lagkange, 153.) 

agrifter. Prendre, saisir dans ses griffes. 

Sins yèsse vèyu, quéquefiy on gros voleur di tchèt 
Li saufleûve dis sus V dos, Vagrifteûve et V croquait, 

( Wérotte, 4 e éd., xxxii.) 

rafiyi (si — ). Se réjouir d'avance, se faire une fête de. 

// cwarbaut qu'avait trové on bon boquèt d fromafye, 
Venait do s* poster a fyoc, do V mougni s y rafiyant. 

(Vermer, 17.) 
On s rafiyeûve do vôy one bêle dicauce. 

(COLSON, 185.) 

Voir aussi à frèchau, nanche, croquant, rispaumer, etc. 
M. de P. cite également des passages de Metten, de J. Suars, 
de J. Godenne d'après « Les poètes namurois » de M. Vierset 
(Liège, Bénard, 1888). Il aurait pu puiser aussi aux excellents 



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— 90 - 

écrits de A. Demanet et de F. Quinaux ( ! ). S'il reprenait sa tâche 
inachevée ; il ne pourrait s'empêcher de s'adresser aux bons 
prosateurs qui ont paru depuis (Z. Henin, abbé Pirot, J. Lam- 
billion, etc.), à des dramaturges de talent tels que E. Etienne, 
A. Robert^ V. Collard, L. Loiseau. 

En somme, les exemples familiers de M. Boigelot pris à la vie 
courante et les exemples plus relevés, plus élégants de M. de P. 
sont également agréables à lire et conviennent fort bien pour 
animer, pour égayer un dictionnaire, comme pour fortifier les 
définitions. 

Alphonse Maréchal 

( l ) Les œuvres du premier ont été réunies en un petit volume sous 
le titre : Souvenirs du lieutenant-colonel A. Demanet (Namur, Wesmael- 
Charlier, 1868). La brochure, devenue rare, a échappé aux recherches 
de M. Vierset. Celles de Quinaux ont été publiées dans la Marmite, 
années XVI et XVII. 



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A nos Collaborateurs 



La troisième liste AA-AB- (4 e cahier) 

Des circonstances imprévues nous 'ont forcés d'interrompre 
pendant près d'un an la série de nos Vocabulaires-questionnaires. 
La publication laborieuse d'autres travaux se rapportant au 
Dictionnaire; notamment des mémoires philologiques qui forment 
la deuxième partie du Bulletin, tome 50, a retardé la mise sur 
pied du présent numéro. Nous avons dû également consacrer 
un temps considérable au dépouillement des 2 e8 et 3 e8 cahiers 
(AB-AC- et AD-), qui nous ont fourni la matière d'environ 
quinze mille fiches. Aujourd'hui nous allons reprendre contact 
avec nos correspondants et leur soumettre un 4 e cahier. Nous 
espérons pouvoir désormais tenir régulièrement leur zèle en 
haleine et leur distribuer plusieurs questionnaires chaque année. 

Ce 4 e cahier comprend la troisième liste (ou second supplé - 
ment) des mots commençant par AA- et AB-. Les deux' 
premières ont paru dans le tome I de ce Bulletin (1906), pp. 49- 
64 et 89-110. Nos correspondants feront bien d'avoir ces listes 
sous les yeux en répondant au présent Questionnaire, de façon 
à ne pas répéter ce qu'ils auraient communiqué précédemment. 
Nous les prions aussi de bien vouloir relire les considérations 
exposées pp. 77-88 du tome I. 

Deux cent trente-deux exemplaires du 2 e cahier (AB-, AC-) 
ont été expédiés sur tous les points de la Wallonie à des 
personnes qui nous avaient promis d'y répondre ou qu'on 
nous signalait comme devant y répondre avec empressement. 



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- 93 — 

Cent trente-huit exemplaires nous sont revenus ( l ). On trou- 
vera ci-après la liste des correspondants qui ont bien voulu nous 
renvoyer leur exemplaire spécial, enrichi d'observations souvent 
précieuses. Nous sommes heureux de remercier ici publiquement 
ces collaborateurs dévoués (*). 

* 
* * 

Tous les documents recueillis ont été classés dans nos collec- 
tions. Mais, suivant la méthode adoptée précédemment, nous en 
avons extrait les renseignements inédits qui sont de nature à 
nous amener de nouvelles indications. 

C'est ainsi que la 8 e liste AB- (m articles) comprend : 
i° des mots marqués d'un astérique, qui figurent dans les deux 
listes antérieures, mais pour lesquels nous donnons des rectifi- 
cations ou des acceptions nouvelles. À signaler particulièrement 
l'article abaner : on y jugera des progrès de notre documentation 
et Ton appréciera, par un exemple curieux, l'intérêt que 
présentera l'œuvre définitive pour l'étude de la vie populaire; 

( 1 ) Le déchet est considérable, plus même que pour le I er cahier 
(143 rentrés sur 216 expédiés). 11 s'explique en partie par ce fait que le 
volume exceptionnel du 2 e cahier (52 pages) aura rebuté les tièdes. 
De plus, on avait cru devoir, par déférence, solliciter les lumières d'un 
certain nombre de personnes que l'entreprise du Dictionnaire ne pouvait, 
semblait -il, laisser indifférentes. Deux appels successifs restés sans 
réponse nous ont appris le contraire. Sans leur en vouloir plus que de 
raison, nous regrettons que ces personnes n'aient pas pris soin de nous 
retourner immédiatement leur exemplaire spécial, qui, remis en d'autres 
mains, nous aurait sans doute valu des réponses utiles. — Du 3 e cahier 
(Vocabulaire AD-) nous n'avons distribué que 170 exemplaires : 148 
sont rentrés avec des réponses. — Au total : 618 exemplaires distri- 
bués; 429 rentrés. 

( 2 ) Désormais c'est à ces fidèles que nous ferons le service de nos 
cahiers-questionnaires. Pour que nos exemplaires spéciaux aillent uni- 
quement à des membres actifs et désireux de nous renseigner, nous prions 
quiconque s'intéresse à cette œuvre de nous réclamer un exemplaire 
de travail. 



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- 9ft - 

2° des mots « nouveaux », c'est-à-dire que personne jusqu'à 
présent n'avait recueillis. Plusieurs sont précédés d'un point 
interrogatif. C'est que leur existence n'est d'ordinaire attestée 
que par un seul correspondant et pour une seule localité. Nous 
prions donc ce correspondant de faire, dans le voisinage, une 
enquête approfondie à ce sujet, afin de vérifier s'il ne s'agit pas 
d'une création isolée et de médiocre autorité, ou même d'une 
erreur de notation. Au reste, tous nos collaborateurs nous ren- 
dront service en portant sur ces points douteux leurs investiga- 
tions. 



Gomment répondre à nos questionnaires ? 

Question capitale pour la bonne marche de l'œuvre! Il faut en 
effet que nos correspondants soient réellement des collaborateurs, 
qu'ils nous apportent des indications précises, vraiment utilisables 
au point de vue scientifique] d'autre part, au point de vue 
pratique, il importe que le dépouillement des cahiers puisse se 
faire, pour ainsi dire, automatiquement, ou tout au moins qu'il 
prenne le moins de temps possible. Les trois expériences que 
nous avons faites jusqu'ici, ont réclamé de nous un labeur de 
bénédictins (') ; elles nous ont révélé certains défauts de méthode, 
auxquels nous voudrions remédier désormais, pour ne pas être 
submergés par la marée montante de nos fiches. 

Certes, nous devons craindre que des recommandations trop 
minutieuses n'aient pour résultat de décourager certaines bonnes 

( l ) Nous avons dû i° indiquer la localité à laquelle se rapportait le 
renseignement donné ; — 2° découper ce renseignement ou souvent 
même le transcrire plus nettement quand il était griffonné ou écrit au 
crayon ; — 3 coller chacun de ces bouts de papier sur une fiche spéciale ; 
— 4° classer alphabétiquement toutes ces fiches [quinze mille l] et les 
ranger dans nos collections, à l'article où chacune doit être utilisée en 
premier lieu. 



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— 94 — 

I 

volontés, qui se sentiraient mal préparées pour la tâche qu'on 
leur demande. Que ces correspondants se rassurent : leur appoint, 
quelque modeste et imparfaitement noté qu'il puisse être, sera 
toujours le bienvenu. Il peut en effet orienter les enquêtes 
personnelles que nous faisons chaque année sur divers points de 
notre domaine linguistique. Grâce aux réponses venant des 
localités voisines, grâce aussi à nos connaissances personnelles ( l ), 
nous sommes à même, dans la plupart des cas, de les comprendre 
à demi-mot et d'interpréter rigoureusement ce qui risquerait 
d'induire en erreur un profane. 

Mais la grande majorité des correspondants, nous en sommes 
convaincus, voudront, en suivant pas à pas nos instructions et en 
comprenant les raisons d'ordre pratique qui nous les inspirent, 
simplifier considérablement notre tâche déjà si lourde. C'est 
pourquoi nous ne craindrons pas d'entrer dans le détail même 
minutieux : 

i. Lisez attentivement ce vocabulaire, article par article, en 
commençant par le début et en vous attachant surtout à ce qui 
concerne votre région. 

2. N'écrivez pas dans le texte imprimé : vous nous forceriez à 
recopier vos annotations ( 2 ). 

3. Si le mot vous est inconnu et ne vous suggère aucun 
synonyme intéressant, ou si vous avez déjà fourni le renseigne- 
ment demandé, passez outre. 

4. Consignez vos annotations sur le feuillet blanc eu regard 

( l ) Jusqu'à présent, il est peu de régions que nous n'ayons visitées 
personnellement et où nous n'ayons en réalité pris « contact direct » 
avec le parler local. — À ce propos, rappelons aux correspondants 
qui passeraient par Liège, que nous serons toujours heureux de les 
voir et de leur montrer nos collections, qui comptent actuellement 
300.000 fiches. 

( 2 )^De plus, le texte restant intact, nous pouvons, une fois le dé- 
pouillement terminé, faire interfolier à nouveau votre exemplaire 
spécial, qui servira de la sorte indéfiniment. 



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— 95 — 

de l'article. Écrivez lisiblement à V encre, sur un seul côté du 
feuillet blanc. 

5 . En tête de votre réponse, afin de faciliter nos classements, 
rappelez entre parenthèses le mot-tête de l'article auquel elle se 
rapporte. Veillez à ce que ce titre ne puisse être confondu avec 
la réponse même. 

6. Si le mot est employé chez vous, notez sous quelle forme, 
dans quel sens. S'il est inconnu, quel synonyme emploie-t-on ? 
Donnez tous les renseignements que l'article vous suggère et 
surtout des exemples courts, caractéristiques, bien authentiques : 
proverbes, dictons, usages locaux, etc. Attachez- vous à éclaircir 
les questions douteuses relatives à votre patois (*). Signalez les 
erreurs et les omissions que vous relèveriez. 

7. Signez lisiblement chaque réponse et indiquez chaque fois 
la localité où s'emploient les mots que vous signalez ( 2 ). 

8. Toute page sur laquelle ne figure qu'une seule réponse est 
détachée et constitue une fiche. — Quand une page doit contenir 
plusieurs réponses, ce qui est le cas ordinaire, ayez soin de laisser 
entre elles un petit espace blanc pour qu'on puisse aisément 
découper les différentes réponses, dont chacune sera, par nos 
soins, collée sur une fiche spéciale. 

9. Adressez les envois au Secrétaire, rue Fond-Pirette, 75, 
à Liège, un mois au plus tard après avoir reçu le vocabulaire. 
Il vous en sera immédiatement accusé réception. 

(*) Nous entendons par là notamment les articles précédés d'un point 
d'interrogation. 

( 2 ) Ces indications sont indispensables, surtout la dernière. Elles 
peuvent être données sans perte de temps à l'aide d'un caqfcet ou d'un 
timbre en caoutchouc ou encore au moyen d'un de ces petits composteurs 
qui servent de jouet aux enfants : on en trouve partout d'excellents à un 
prix minime, 1 fr. 50 environ. 



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LISTE DES CORRESPONDANTS 



QUI ONT ANNOTÉ ET RENVOYÉ LE 



2« cahier (Vocabulaire AB- AC-) 



Angenot, Henri (Verviers). 
Balau, Sylvain, abbé (Cortil). 
Bastin, Joseph, abbé (Fay- 

monville- Weismes) . 
Bastin^ M. (Stoumont). 
Bayot, Alphonse (Chapelle- 

lez-Herlaimon t ; . 
Beaujean, Alfred (Darion). 
Beco, J.-J. (Stoumont). 
Bernard, Emile (Offagne). 
Bissot, Noël, abbé (Jevigné). 
Body, Albin (Spa). 
Borckmans, Gérard (Spa). 
Bouluenne, Eugène (Visé). 
Bragard, Louis (Andenne). 
Brouet, Jean-Baptiste (Gros- 

Fays). - 
Carez, Maurice (Mons). 
Carlier, Arille ( Monceau-su r- 

Sambre). 
Chau veheid, Gilber t(S tavelot ) . 
Colinet, Laurent (Liège). 



Colson, Arthur (Vottcm- 

Herstal). 
Colson , Lucien (Vottem- 

Herstal). 
Colson, Oscar (Liège). 
Cospin, Joseph (Nessonvaux). 
Courtois, L.-J., abbé (Saint- 

Géry). 
Crahay, Adrien (Trooz). 
Crate, Alfred (Cras-Avernas). 
Debatty, Joseph (Héron). 
Defresne, Jules (Coo). 
De Froidmont (Eben-Emael). 
DBGiVE,Adolphe(Ivoz-Ramet). 
De Koninck, L. (Liège). 
Delcourt, Henri (Ath). 
Delghust, EK (Renaix). 
Delongueville, Alexis (Tou- 

rinnes-S^Lambert). 
Dei.tour, Paul (Marilles). 
Denis (Lavacherie). 
de Pierpont, Albert (Namur). 



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- 97 — 



Dethjer, Alphonse, abbé (Ro- 

bertville). 
Dbwbrt, J. (Ath et Genappe). 
Dewez, Alphonse (Moulin-du- 

Ruy). 
Dobbelstein, G., abbé (Thi- 

mister). 
Dohogne, Jean (Ster-Francor- 

champs). 
Don y, Emile (Bourlers). 
Dory, Isidore (Liège, Moxhe 

et Neer-Heylissem). 
Esser, Quirin (Malmedy). 
Ferage, Emile (Dinant). 
Fraîchefond, Charles (Pecq). 
Fréson, Mathieu (Glons). 
Gillard, Alphonse (Seraing). 
Goffinet, G. (Neufchàteau). 
Gorrissen, Winand (Huy). 
Gosselin, An t. (Stambruges). 
Grégoire, Antoine (Villers- 

S te -Gertrude). 
Guislain, M .(Gimnée-Doische). 
Hallet, Edmond (Crehen). 
H alleux, Godefroid (Liège). 
Hanon de Louvet, Alphonse 

(Nivelles). 
Hansoul, Alfred (Chapon- 

Seraing). 
Hens, Joseph (Vielsalm). 
Heuse, Théo (Nessonvaux). 
Heynen, Eugène (Wavre). 
Hugé, Maurice (Harmignies). 
Jadin, Armand (Chastre- Ville- 
roux). 



Jacquemotte , Edmond (Ju- 

pille). 
Jeuniaux, G. (Belœil). 
Kbppenne , M. (Bergilers- 

Oreye). 
Lallemand, Alexis (Esneux). 
Lamy, Charles (Cambrai). 
Lande rc y , É mi le(Ronquiè res) . 
Laurent , Marcel (Mussy-la- 

Ville). 
Leclère, C. (Villers-S te -Ger- 

trude). 
Lejeune, Jean (Jupille). 
Lejeune, Jean, dit Lamoureux 

(Herstal). 
Leruth, Jules (Hervé). 
Liégeois, Edouard (Tintigny). 
Lombard, Arnold (Gràce-Ber- 

leur). 
Lomry, D r (Bovigny). 
Lurquin, Auguste (Fosses-lez- 

Namur). 
Maréchal, Alphonse (Namur, 

Denée et Lustin). 
Maréchal, Jules (Méry-Tilff). 
Martiny, L. (Houffalize). 
Massart, Jean (Meux). 
Masson, Antoine (Trooz). 
Mathieu , Louis (Basse-Bo- 

deux). 
Maury, Alfred (Chiny). 
Mercx, Pierre (Visé). 
Michel, Antoine (Wanne). 
Minders , Alexis (Bray-lez- 

Binche). 



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- 9? - 



Molitor, Lucien (Crehen). 
Monseur, Edouard (Beaufays). 
Mortehan, Emile (Ferrières) . 
Mortier, Adolphe (Court-S 1 - 

Étienne). 
Muselle, G. (Sclessin). 
Névraumont, Robert (Mar- 

chienne-au-Pont). 
Nickers, M. (Ucimont). 
Noël-Debra, Fernand (Tho- 

rembais-S^Tron d ) . 
Olyff, Franz (Roclenge, vallée 

du Geer). 
Outer, Nestor (Vir ton). 
Ouverleaux, Emile (Ath). 
Paquay, Léopold (Chevron et 

Villettes-Bra). 
Parmentier, Edouard (Nivelles). 
Parmentier, Léon (Hamoiret 

Noiseux). 
Pecqueur, Oscar (Viesville). 
Picard (Offagne). 
PiETKiN,Nic, abbé (Malmedy). 
Piron, Henri (Masta-Stavelot). 
Pommier, Yvon (Tilly). 
Preudhomme, Léon (Dailly- 

Couvin). 
Preudhomme, Marcel (Couvin) 
Quintin, Guillaume (Nandrin). 
Randaxhe, Sébastien (Thi mis- 
ter et Fléron). 
Raxhon, Henri (Verviers). 
Renard , François (Fontin- 

Esneux). 



Renard, Jules (Wiers). 
Rinck (Neu ville- Vielsalm). 
Robert, Albert (Bou vignes). 
Robert Camille (Neuvillers- 

Libramont). 
Roger, Lucien (Prouvy). 
Roland, chanoine (Lesve). 
Rosmant (Ruette-lez-Virton). 
Sacré, Edgar (Namur). 
Schoenmaekers, Joseph, abbé 

( Neuville-sous-Huy ) . 
Schuind, Jean et Henri (Sta- 

velot). 
Servais, Alexis (Cherain). 
Simon, Constant (S te -Marie-sur- 

Semois). 
Simon, Henri (Lincé-Sprimont). 
Simon, Léon (Ciney). 
Talaupe, Gaston (Mons). 
Tilkin, Alphonse (Liège). 
Tournay, Henri (Dinant). 
Toussaint, François, abbé 

(Ovifat). 
Trillet, Jacques (Romsée). 
Van Cutsem, Joseph (Wavre). 
Vanderp:use ; Jules (Berzée). 
VandeRydt, Marc (Nivelles). 
Van Langenhove (Flobecq et 

Mouscron). 
Verdin, Olivier (Marche). 
Vierset, Auguste (Namur). 
Waslet, Jules (Givet). 
Wattiez, Adolphe (Tournai). 
XHiGNESSR,Arthur(Scry-Abée). 



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Vocabulaire-Questionnaire 

3 e liste AA-AB- 



aan (Wiers), s. m., guéret, terre labourée et non encore ensemencée; 
cf. Gggg. ahanz, I, 14 et 325. | aanôle ou ànôle (ib.), adj. t 
labourable. | aanerou àner (ib.), v. tr., labourer ; voy. ahèner. 

aave-nwèchs ou ave-nwèchs (Fosses-lez-Namur), s. m., « accroche- 
noix », bâton crochu pour abaisser les branches du noisetier ; voy. 
ah a ver, ahaveter. 

a-bacarafe (Court-S l -Étienne), /. de jeu de cartes, dans les expressions 
bwêre — , djouwer — : boire au fur et à mesure des gains. [Locution 
plaisante, formée prob 1 du croisement de baccara // de carafe.] 

? àbâde, âbâde, s. /., aubade. Ces prononciations existent-elles quelque 
part t À Liège on dit toujours ôbâde ou ombâde ; on trouve pourtant 
imbâde, Bull. 21, p. 71. 

? abâdèy existe-t-il en gaumais et dans quel sens t — Cf. rabâdèy (Tin- 
tigny : Liégeois, Cotnpi.), « revenir au logis après une absence pro- 
longée et irrégulière ». 

? abadjowe (Herstappe), s. f, « accident qui survient avant ou 
pendant une fête ». | Un autre correspondant signale abadjôye ou 
rabadjôye (Houffalize), « abat-joie », rabat -joie. 

? abahener (Crehen ?), variante de abassener : gauler (les noix) ; on 
emploie aussi le simple bahener (Crehen), bachener (Antheit), bassener 
(ailleurs). 

♦abahoûler (Villettes-Bra), abahûler (Chastre-Villeroux), v. intr., 
aboyer à ; plus souvent ahoûler (Chevron, Wanne, Stoumont, Moulin. 



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— IOO — 

du-Ruy, Ucimont, Offagne) : lu tchin ahoûle al leune, ou le simple 
bahoûïer, bawoûler (Ardenne). 

abala, dans la locution a l'abala qui signifie : 

i. « à foison, avec excès, hors mesure » (Malm. : Vili,., v° labala) ; 

2. à l'abandon, sans loin (Faymonville et environs de Huy) : i-è va a 
l'abala, i lèyèt coula a l'abala.[0* dit aussi a l'âbala (Faym.),al labala 
(env. de Huy).] 

3. au hasard (Ovifat, Sourbrodt, Robert vil le, où ron prononce âbalâ) : 
tirer a l' âbalâ, fouter one pîre a l'âbalâ.[0//* locution est en réalité une 
phrase elliptique : a (quî) l'abat l'a ; comparez le proverbe : li prumî qui 
l'abat l'a, Dict. des spots , n° 3.] 

abaltriche ou, plus souvent, albaltrlche (Fosses-lez-Namur), s. /., 
martinet, espèce d'hirondelle. [Proprement « arbalétrier » ; de même, 
en liégeois, cet oiseau s* appelle êrtchî : « archer ».] 

? abanàhe (où ?), s. /., abandon : è vosse djârdin, tot-a-fait crèh a 
l'abanâhe. | On dit dans ce sens al banâve à Neuville-sous-Huy. 

*abaner ('), v. tr. f I. 1. (Bovigny : abânî) « se réserver pour un an 
l'usage d'une parcelle du terrain banal en y posant des remarques ou 
« banons «. ^///ri/^sonsabânût ine part di sârt so l'aisance, ou ine fosse 
po rây dès pires so l'aisance, ou ine part di briyîre ou d'djunièsse so 
l'aisance (sur le terrain communal). Cet usage, d'une façon générale, 
a disparu ; il n'en subsiste plus qu'un vestige. Aujourd'hui encore ons 
abâne ine rot'lîe d' bôkês (on se réserve un sentier pour lacets aux 
grives). Voici comment : en été, dans les bois où tout le monde peut 
tendre, on pratique un sentier provisoire en y posant des « banons» de 
distance en distance, de. façon que de l'un on puisse apercevoir le 
suivant ; un * banon », c'est d'ordinaire une poignée de mousse posée 
sur une branche d'arbre à hauteur d'homme. Jamais on n'enfreint 
pareille prise de possession; celui qui l'oserait, encourrait la répro- 
bation publique. Le terme « abâni » est réservé uniquement à cette 

(') On consacrait deux lignes à ce mot dans la première liste (1906, 
p. 50). On donne à cet article une étendue exceptionnelle, d'abord 
parce qu'il nous a valu des communications précieuses qui en amèneront 
d'autres, ensuite parce qu'il permettra au lecteur d'apprécier, par un 
exemple, les progrès de notre documentation dans l'espace de deux ans. 



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— 101 — 

opération faite en vue d'exploiter une parcelle du terrain communal ; 
c'est donc bien le contraire de « dibanî» : <r li d'bane » désigne la vaine 
pâture. — Quand il s'agit d'une propriété particulière (par exemple 
un jeune trèfle dans uneéteule d'avoine), le propriétaire place parfois 
en automne des «banons »pour indiquer que la vaine pâture y est inter- 
dite; dans ce cas, on dit à Bovigny « mète des banons so s' tèrain », à 
Grand-Halleux * èbaner s' tèrain ». — Chose remarquable, les enfants 
ont conservé dans leurs jeux le vieux terme « abânî ». Le joueur qui, 
dans certaines circonstances, veut reprendre possession de lui-même et 
enlever aux autres tout droit à sou égard, s'écrie : « Dji m'abâne ! » 
(à Grand-Halleux : « Efji m'èbâne! »). Cela équivaut au classique: 
« Deux doigts ! » usité ailleurs. (Communication de M. le D r Lomry.) 

2. (Crehen : abaner) défendre l'accès de son champ en plantant au bord 
une branche d'arbre; anc. -franc, abanir, embanir. [Simple variante de 
r acception précédente.] 

3. (Fosses-lez-Namur) < abaner un enfant, c'est lui passer rapidement 
la jambe par dessus la tête; on lui dit alors plaisamment : Mi fî, 
t'ès-st-abanè ! ti n' crèch'rès pus (tu ne croîtras plus). Abaner un 
point élevé, c'est lancer un projectile par dessus ce point : les bons 
flècheûs (archers) aban'nut aujîyemint 1' coq' do clotchî. Dj'abanc 
aujîyemint 1' maujo d'on côp d' cayô ou avou one sicaye (ardoise). 
D'où, en général, écraser qqn de sa supériorité : C'est -ainsi qu' sins 
wêtî s'i lî fait do dispit, Li pus grand su nosse tère abane todi li p'tit ». 
(Communication de M. Aug. Lurquin.) [Le sens généra/ est déclarer 
sa maîtrise, d'où proclamer sa supériorité sur l'objet lui-même ou 
notifier à autrui l'interdiction d'en user.] 

II. (Ath : aban£; Herbeumonl, Offagne, Ucimont, Rienne, Gros-Fays : 
abaner; Neufch., Neuvillers, Dinant, Givet, Vonèche : abanè; Chiny, 
Prouvy : abanèy : Ruelle, Tintigny, Ste-Marie-sur-Semois : abènêy ; 
Virton : Maus, Voc. gaum. ms. : abani, sans trad.) publier les bans de 
mariage : lu curèy è abanèy lu Joseph et la Marîye, le curé a public 
les bans de Joseph et de Marie ; il ant 'té abanèvs pa-d'vès la Pan'- 
coute, ils ont été * publiés » vers la Pentecôte. | Ailleurs, on emploie 
des expressions plus modernes : i° traire les bans ( Amay) ; tirer les bans 
(Esneux, Spa, Glons, etc.); tirer èvôye (Chênée. Jupille, Hervé, Nes- 
sonvaux, Thimister, ' etc.) ; — 2 braire les bans (Amay, Méry, 
Seraing, Sclessin, etc.); li curé a brait pol fèyc Kinâve avou Jules di 



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— IOS — 

mon Piêre ( Vaux-Borset) ; diloumer les bans (Sclessin) ; ons a d'nomé 
tel et télé a grand-messe (Vottem) ; djouper les bans (Chapon-Seraing), 
et, presqm partout ailleurs, criyer (criyî, crîre) les bans, criyer pour 
qqn (Bourlers), d'où, par plaisanterie, braire ou criyî après qqn 
(Hervé, Bray, Harmignies, Gosselies, etc.). 

abaras (gaum. : Ruette), s. ;«., embarras. | Liég. imbaras. 

abarbouzer (Dailly-Couvin), abôbouzer (Berzée), adôbouzè (Mon- 
ceau -sur- Sam bre), v. tr., barbouiller, enduire de choses malpropres. | 
Le simple est barbouzer (Dailly), bribouzer (Meux), etc. 

# abardahl, I. v. tr., — (Vielsalm, Ferrières, Esneux). abardachi 
(Gimnée), abattre (des fruits, un nid) avec une gaule (bardahe, nam. 
bardache) : abardahoz lès poumes après vola (Vielsalm). 

II. v. intr.,— (Vielsalm), abardahier (Ovifat), i. dégringoler vers 
(Vielsalm) : — 2. arriver tumultueusement, en coup de vent (Ovifat). 
[Ne pas confondre avec abardouhî; voy. ce mot.] 

abardakl (Vielsalm), v. tr., agencer, assembler : i fârè pus d' vint ans 
po-z-abardakî l'dicsionaire walon. Dérivé : abardakèdje, s. m., agen- 
cement. Synonymes : aburtèlî, -èdje, afagotî, -èdje (Vielsalm). [Formé 
de bardakin : baldaquin, à moins qu'on n'y voie aburtaker contaminé avec 
bardakin.] 

abardouhî (Hervé, Ferrières), abardoûher (Robert ville), abour- 
doûfer (Malmedy), abourdoûsser (Verviers), v. intr., dégringoler 
bruyamment vers (celui qui parle), ail. herabstùrzen : il abardouha al 
valêye (Hervé, Ferrières) ; abourdoûfer en al valée dès ègrés (Malm.); 
syn. fébourdoûsse al valêye (Verviers). | abèrdâhl (Vielsalm), v. tr., 
abattre en frappant à tort et à travers, faire dégringoler maladroite- 
tement. [Il faut distinguer entre 1. bardant (Liège, Vielsalm), bar- 
dacher (Laroche), v. tr., gauler ; et 2. bardouhî (Liège, Hervé), 
bardoûcher (Laroche), bèrdâhi (Vielsalm), bourdâhi (Moulin-du- 
Ruy), v. tr., frapper à tort et à travers. — Voy. abardahî.] 

2. abâtchl (Sclessin) et plus souvent bâtchl, v. tr., bâcher, recouvrir 
les wagons d'une bâche; terme employé par les ouvriers des fours à chaux. 

*abaterè886, s.f. Ajoutez aux quatre sens déjà enregistrés : 5. (Stou- 
mont) espèce de faux longue et étroite. 



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— 103 — 

v abateû, s. m. Ajoutez aux trois sens déjà enregistrés : 4. (Belœil) celui 
qui abat l'oiseau au tir à l'arc; — 5. (Jupille) /. de tenderie, * oiseau 
en cage qui appelle les oiseaux en liberté » ; syn. (?) de abateresse : 
« chanterelle placée à distance du filet ». 

? abati ou bâti (Andenne), s. m., «petit monticule » ; syn. de huréye : 
berge , talus. 

? abat-trait (S 1 - Nicolas, Sclessin), /. de houill., ==...? 

abatue (Chapelle-lez-Herlaimont), 5./., quantité, tas : inné abatue dé 
djarbes su l' campagne (une abondance de gerbes) ; il a inné abatue dé 
loques (une quantité de vêtements). 

abaudi (Tournai, et anc. Wiers), adj., abasourdi, interloqué. [Ne pas 
confondre avec abâbi, abaubi, èbaubi, qui signifie attristé, abattu ; cf. 
Bull. Dict. 1906, p. 49.]. En liégeois , èbâdi signifie réjoui. Connaît-on 
un abâdi ? Et dans quel sens î 

abaudir (Vergne, hameau de Wiers-lez-Tournai), v. tr., estimer, éva- 
luer; syn. aprîjer. 

abaufumé (Virton : Maus, Voc. ms.), part., irrité. | s'abaufeumer ou 
S'dbôfeumer (Ucimont, OlFagne),i>. réfl., s'enflammer et blanchir, se 
dit d'une tumeur, d'un abcès qui se forme : la mwin s'abaufeume bin fort 
(Offagne) ; l'abcès s'abaufeume ou s'apoteume (Uciraont). 

2. abaweter (Wanne, Ferrières, Visé), v. tr., épier, lorgner vers... 
par une «bawète» (petite ouverture). Comparez abeûkî. 

2. abayes (Tou ri nnes-S 1 - Lambert), abayeriyes (Chastre-Villeroux), 
s.f. pi., intestins (du porc abattu): lès — dèl pourcha. 

2. s'abayi (gaum. : Tintigny, S te -Marie-sur-Semois), t). réfl. t s'adonner : 
i s'abaye a bvvàre, a la bvvasson. Proprement : se bailler à. 

? abàyl (Vielsalm), v. tr., épier ; syn. de abeûkî, alûtchî (ibid.). 

*abazoûrdi (Dailly-Couvin, Forges- lez-Namur), v. tr., abasourdir, 
c.-à-d. assourdir d'un bruit violent, tandis que abastoûrdi (ibid.) 
signifie étourdir d'un coup violent, assommer à moitié. | Ailleurs cette 
distinction est ord. négligée; ainsi à S ,e Marie-s.-Semois, abazourdèy, 
c'est battre avec violence. 



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— 104 — 

3- abèle (Stambruges, Wiers), s. /., as d'atout (au jeu de mariage) : 
il a deûs abèles ç' carte chi ? il y a deux as d'atout à cette partie-ci ? 

abèrliûcotè (Givet), v. tr., e m berficoter, empêtrer; ennuyer. 

abèrtaye (Mons), s./., vieux meuble, objet de peu de valeur, brim- 
borion; syn. de abrinoque. | aburtintaye (Ciney), s. /., ensemble 
de choses disparates et en désordre ; situation compliquée : il èst- 
èmantchî d'vins one — an' 'nnè nin sorti. | apèrtintaye (Virton: 
Maus, Voc. ms.), sans trad., = ...? | apèrtintaye (Ovifat), s.f. : 
quîne — d'ustèyes! quel singulier assortiment d'outils! | apèrtintaye 
(La Louvière), s. /., attirail, accoutrement (?) : Abiye 1' — ! V la 
l' tambour qui tapote : C'est l'apèl al bataye, No sang tourne in 
bouyotes! {Le Réveil du Gilles, dans Wallonnia du Centre, 23 février 
1907). | apèrtintake (Belœil), s. m., réunion d'objets disparates, 
désordre : è bé, ê v'ia un, d' — ! Eh bien, en voilà un, de capharnaûm ! 

abèrtchin (Pecq), s. m., vilebrequin. | imbèrtchin (Tourcoing), 
imbèrkin (S fc -Ghislain ; Virton : Maus, Voc. tns.), libèrkin (Que- 
vaucamps), même signification. 

abeûki (Vielsalm),». tr., regarder vers (celui qui parle) par une«beûkète» 
(lucarne, petite fenêtre), épier en se dissimulant ; syn. à Vielsalm : 
abâyî, alûtchî. | Dérivé abeûketer, mêmesign. ; voy. ce Bull. 1906, p. 
95. | beûkl (Vielsalm), regarder (sans se cacher ?) par une « beûkète». 

s'abider (Virton : Maus, Voc. ms.), * se mettre en quatre; — s'ap- 
puyer contre qqch pour soulever ou faire mouvoir un fardeau > ; voy. 
abudè, Bull. Die t. 1906, p. 108. 

abiète (Stambruges, Wiers), adj., abêti, abruti : i faut d-aler Ion pou 
i trouver en aussi abiète que li. 

ablhl (Scry-Abée, Fontin-Esneux ?), part, adj., exposé à la bise. 
Exemple t Dira~t-on : ine mohone qu'est trop' abîhêye ? 

abikeler (Ovifat), v. intr., venir en sautillant, à la manière d'une 
bique : i a abilcelé vers mi. {Comparez agadeler (Fosses-lez-Namur) et 
abideler {Bull. Dict. 1906, p. 95) : arriver rapidement, accourir.] 

abistake (Lessines), s. m. (ou/. ?), abri grossier, souvent provisoire; 
voy. abitake. 



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— ios - 

abitàbe (Harmignies-lez-Mons), ad/., praticable ; in k'min abitâbe; voy. 
habit àve. 

*abitàcion,5./., i. habitation, ord 1 grande et belle (Oflagne, Ferrières, 
Chastre-Villeroux, Chapon-Seraing, etc.) ; syn. ène bêle maujon d'abi- 
tâcion (Givet); — 2. accès, voie d'accès (Monceau, Court -S 1 - Etienne, 
etc.) : ç' tère la n'a pont d'abitàcion (Chastre-Villeroux); ç' kèmin 
done abitacion a m' tière (Stambruges, Wiers) ; voy. abitâbe ; — 
3. fréquentation (Mons, Berzée, Stambruges, etc. ; dans ce dernier sens 
on dit hâbitâcion à Hervé, Esneux, Malmedy ; hâbitèdje à Verviers, 
Liège; hâbiterèye à Liège). 

abitake, s. m., 1. (Tournai, Belœil) «habitacle», habitation en dé- 
sordre: — 2, (Renaix) vieux meuble (encombrant et disloqué?); 
voy. abistake. 

*abitant, s. m., 1. habitant (terme emprunté du franc., usité partout) ; - 

2. (Wiers) aboutissant : lés tenants éyét l's abitants (syn. aboutants), 
en parlant d'une terre. 

*abiter, v. tr. et intr., 1. habiter (Namur, Nivelles, Givel, OfFagne, 
Meux, Ronquières, Pecq, etc.); — 2. atteindre; avoir accès à, passer 
par (Nivelles, Monceau, Flobecq, Ath, Renaix, Wiers, etc.) : vos 
n' sàrîz abiter ç' tère la, i n'a pout d' tchemin (Nivelles) ; i n' fait nî a 
abiter par la (Genappe) ; [habiter peut avoir le même sens à Esneux, 
Moulin-du-Ruy : ci pazê la n'est nin a habiter, i n' fait nouk a î passer] ; — 

3. fréquenter : abiter une maison (Mons, Stambruges, Wiers, etc.) = 
y avoir ses entrées; abiter qqn (Ciney, Namur) ; i n'abite avou per- 
sône (Namur), il ne voit personne; i n' fat -me abitèy avou ces djans 
la (Tintigny); [dans ce sens habiter liég., etc.] ; — 4. v. intr., accéder, 
avoir accès, aboutir (Wiers) : m' tière abite au k'min ; voy. abitant. 

? ablame (Warmi font aine, Neufchâteau), s./., flamme ;syn. de blâme; 
voy. ablamè : flamber (une volaille), Bull. Dict. 1906, p. 97. 

ablamer (Sclessin), v. intr., s'allumer, flamber : lèyîz on pô ablamer 
l'feû. * 

? ablanki, v. tr., blanchir. Ce verbe existe-tilt Compartz abruni,aneûri. 



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— ioô — 

ablarèy (gaum. : S^-Marie-sur-Semois), part, ad/., pâle, qui a le teint 
maladif. | sblari (Ciney), même sign. : èle est tote siblarive. { blaré 
(Bray), blarô (Papigtries, Ath), chauve. | blarer les arbres pour la 
vente (Pecq), y faire une entaille qui permettra de les numéroter. 

? ablavener (Gros-Fays), v. tr., i. emblaver, ensemencer; — 2. embar- 
rasser. | Dérivé de ablavè (Givet, Neufchâteau), ablavèy (gaum. : 
Prouvy) ; liég, èblaver. 

ablawer (Charleroi), v. tr., = ....? « Èle va ablawer tout Y monde : 
elle va perdre son temps à détailler sa besogne au lieu de la faire ». 
(A. Carlier, Dict. carol., dans le Coq (CAwous II, 4, p. 30). 

ablâw'tihemint (Esneux), s. m., ébloui ssement. | *ablàwihemint 
Lob., même sign. Voy. abluwile. 

ablè ou ablin (Stambruges), s. m., variété de peuplier de Hollande, à 
bois blanc, à pousses fines et noirâtres, dont le bois a plus de valeur 
pour la menuiserie que le gros-bouton, variété plus grossière. 

abler (Ucimont), v. tr., gâcher, dans l'expression : i n* fait qu'abler la 
b'sougne. | ableft, s. m. t 1. (Ucimont) celui qui gâche sa besogne: 
ce n'est qu'un vrai ableû. — 2. (Ath, Mons, Wiers) imbécile qui fait 
des embarras, ou métne en général incapable, imbécile; — 3. (Belœil) 
farceur; (Nivelles) trompeur ; (Berzée) tricheur au jeu. | hàbleû, 
hableû (à l'Est), ord. dans le sens de hâbleur, blagueur, faiseur 
d'embarras. 

ablokemint (Nessonvaux), s. m., pièce de charpente en bois ou en 
pierre servant à soutenir les roues, les boutoirs de machines, les mou- 
vements ayant un grand poids. 

*ablokeÛ, s. m. Aux trois sens connus (voy. Bull. Dict., 1906, pp. 56 et 
98), ajoutez ; 4. (Lavacherie) bloc de bois servant à ablokè (préparer) 
le sabot à la hache. 

ablontche (Virton : Maus, Voc. ms.) t s. /., ébauche. | ablontchi 
(gaum. : Tintigny, S" 5 Marie-sur-Semois), v. tr., commencer, ébau- 
cher (un travail). | èblôtchi (Prouvy) , rnèmt sign. \ sblôtchi 
(Offagne), équarrir la pièce de bo«s, ébaucher (un sabot, elc.).[Voy. 



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— 107 — 

Bull. Dict. 1906, p. 98 : ablondjé (Bourlers) et les variantes abondjî 
(Charleroi), abontchî (Berzée), abrontchi (Dailly-Couvin) : accoutrer, 
affubler.] 

abluwite (Stambruges), s. /., chose destinée à éblouir : on î-y-a fait 
acwâre dès abluwites. | imblouwite (Frameries, Mons), ins- 
blouwite (Harmignies), s. /., éblouissement ; voy. ablâw'tihemint. 
| asbieuwètes (Nivelles), contes, mensonges. 

*abobilier, aboubiner, v. intr., est signalé dans le sens de rouler vers, 
venir avec rapidité : il a abobiné subtilemint (Crehen) ; one pîre 
aboubine d'al copète dèl rotche (Ferrières). | v. rèfl. : i s'aboubine ad'lé 
mi (Ferrières) ; voy. abouloter, et Bull. Dict., 1906, p. 98. 

abôketer (Bodéux), v. /r., affubler ; voy. Bull. Dict., 1906, p. 100, 
abôkî et ses dérivés abôkeler, abôkener. 

? s'aboki (Ferrières), s'aboucher. 

*aboli (Belœil), v. tr., écraser : pour li s' teni tranquile, i faut 1' — , pour 
qu'il se tienne tranquille, il faut l'écraser. | abolir (Wiers), assom- 
mer : j' té va — d'in côp d* baston. | aboli (Stambruges), amortir 
(un coup), annihiler (une force). [Cf. Corblet, Dict. picard, aboli : 
abattu, brisé de fatigue ; abolir : rouer de coups.] 

abômêyemint (Liège), adv., profondément ; synonyme de grand'mint, 
parfond'mint, d'abîme (Jean Bury, Lige qui rèye, II, 1) ; voy. Bull. 
Dict. 1906, p. 57. 

? abônance (Liège, archaïque î ), s. /., abonnement. 

abone (rouchi : Hécart), s. /., t. de tann., morceau d'écorce de chêne 
assez grand pour en contenir de plus petits lorsqu'on les forme en faix. 
| Ce mot est-il connu dans la région Mons- Tournai f 

*abo88ecer. Nous avons noté, Bull. Dict., 1906, p. 101, s'abossener, 
v. réfl., dans les sens : 1. taller ; — 2. abcéder. On signale de plus : 
3. (vallée du Geer) se bosseler, se bossuer : vochal li foyon, li tare 
s'abossène = voici la taupe, la terre se bosselé. | ? abossener (ard., 
où ?), v. tr., boucher les fentes des étables pour l'hiver; syn. ristoper; 
voy. abodjî. [Ne prononce-t-on pas dans ce cas abozener ? Comparez 
bozèye : paillasson vertical pour protéger les étables contre le froid.] 



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— io8 — 

*abossi in raman (Chiny), assembler grossièrement, avant de les lier, 
les tiges qui forment le balai. [Proprement mettre en bosse; vov. 
abousseti.] 

? abossi (Wasseiges), v. tr., décolleter les betteraves. | abossadje, 

» (ib.), s. /«., action de décolleter les betteraves. [Lire âbossi ou hàbossi ? 

Nous avons entendu dans ce 5i/ishâbossî à Visé; cf. Gggg. II, 533.] 

ab0880n(Virton : Maus, Voc. ms.), s. m., «commencement du peloton, 
fuseau ». [Comparez foûssan (Chiny) : le papier qui sert d'âme au 
peloton.] 

8'aboti (Thimister, Esneux), s'abotyi (Malmedy), s'abotyer (Masta, 
Ovifat), v. rfifl.y 1. s'amener, sortir avec effort; — 2. s'amener, sortir 
avec adresse : abotèye-t& fou d' la (Ovifat), amène-toi hors de là. 
[Composé de botî, -yî, -yer qui, au sens propre, signifie bluter et qui 
pourrait avoir ici fourni une double image : 1. arriver d'un mouvement 
pénible, comme un boiteux par exe?nple, qui botéye tôt Y long dèl vôye 
(Thimister) : /' image parait bien tirée du mouvement que fait celui qui 
blute. — 2. sortir insensiblement, comme fait la farine à travers les 
mailles du botyou (blutoir), se glisser, s'esquiver : i s'a botyé foû dol 
bâne (Ovifat), il s'est esquivé hors de la bande, ce qui implique d'ail- 
leurs autant d'effort que d'adresse. En tout cas, il faut distinguer ce 
verbe de s'abôtyer (arriver à bout, à maturité, abcéder), que nous avons 
enregistré , Bull. Die t. 1906, p. 102, en lui attribuant par erreur les sens 
2 et 3. — Comparez s'abroyi.] 

aboulanmit (Stambruges), adv., avec force et abondance (en parlant 
par ex. de l'eau qui jaillit en bouillonnant). | aboulant (ib.), s. m. : 
en aboulant d'yô, un jet d'eau bouillante. 

1. abouloter ( Monceau -sur- Sam bre , Mont-sur-Marchienne , Mar- 
chienne-au-Pont, Lesve, Berzée, Esneux), -è (Givet), rabouloter 
March.-au-Pont, Mons), bouloter (Esneux, Nivelles, Chastre-Vil- 
leroux, Chapelle-lez-Herlaimont, Ronquières, Viesville, Tilly, Mons, 
Stambruges, Tournai), -à (Belœil), bouler (Stavelot, Scrv-Abée), 
abourloter (Moulin-du-Ruy), bourloter (Wiers, Pecq), v. tr., 
rouler en boule (de la laine, du fil, etc.). | Synonymes : lonchi (Ciney), 
lonchinè (Givet), dèveûdi (Tintigny), vôti (Spa), rivôre (Darion), 
rèvorler (Cras-Avernas). 



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— 109 — 

2. abouloter (Héron), v. intr., arriver vite, accourir. [Dérivé de 
abouler, même sign.] 

aboulwa (Wiers), s. m., « bourbier caractérisé par une boche (bosse, 
renflement) au milieu des prairies et d'où s'écoule souvent une eau 
rougeâtre : singner en aboulwa = saigner un de ces bourbiers, creuser 
un fossé pour dériver cette eau rouge vers un cours d'eau. On clôture 
ces bourbiers dangereux, où les hommes et les animaux pourraient 
s'enliser. » J. Renard. [Le uns premier parait être source jaillissante.] 

aboureler (Jupille), v. tr., rembourrer, calfeutrer : — 'ne pompe avou 
de strin, entourer de paille le corps d'une pompe. 

abou8S6ti (Jevigné-Lierneux), v. intr., former une bosse, une saillie 
vers (celui qui parle) : coula qu'aboussetih, cela ressort en bosse 
(vers moi). [Composé de bousseli (ib.) : su sarot boussetih en èrî, qui 
est dérivé de bossî, boussi; voy. Bull. Die t., 1906, p. 101.] 

*about (Wiers, Pecq), s. m. Aux trois sign. données, Bull. Dict., 1906, 
pp. 59, 104, ajoutez : 4. petit chemin ford' en cul de sac) qui donne 
« abitacion » (accès) à une terre enclavée entre d'autres propriétés . in 
about d' couture ou d' champ; syn. coriére. 

aboute (Liège), s, /., mauvaise raison : qu^le — mi d'nez-ve la ? 

abouyeter (Fontin-Esneux), v. intr. t sortir de terre en bouillon- 
nant (= tôt fant dès bouyotes) : on sûr (une source) qu'abouyetêye. | 
abouyetèdje (ib.), s. tn., bouillonnement d'une source qui arrive au 
jour : loukîz on pô 1' difèrince d' — qu'i-n-a d'eu n a l'aute inte ces 
deûs sûrs. 

?aboûzener(Marchienne-au-Pont) et, plus souvent, raboûzener (ib., 
Monceau-sur-S., Court-S l -Étienne), raboûzener (Forchies), v. tr. t 
1. (Monceau-s.-S.) rouler en un amas, ramasser pêle-mêle : vos avès 
raboûzenè m' djaquète, i faura l'èrpoli (repasser); — 2. (Monceau, 
Court-S l -É.) raccommoder grossièrement de façon à produire des 
boursouflures et des plis : c'èst-ène coustri a trwès aunes pou in franc: 
wét.èz-me ça, corne c'est raboûzenè. Ci feume-la n' sét né bé keûde : 
lès arins (habits) di s'n orne sont todi raboûzenès. De là raboûzenâdje, 
5. m. | v. réjl. y 1. (Monceau-s.-S.) 1' mau s' raboûzenè tout; 1' mau va 



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— no — 

a'èrfé, pace qu'èl pia s' raboûzèjne = la peau se ratatine, se plisse 
autour de la plaie (quand la cicatrisation commence): — 2. (Court - 
S l -É.) li mau s* raboûzenéye = le mal se boursoufle de nouveau, 
reprend vigueur (après une apparence de guéri son). [Dérivé de boûzin 
(Monceau -s. -S.)* s. m,, pêle-mêle de fils, de cordes entrelacés. 
Comparez Sigart, Die t. montais, aux mots bousin, bousie, dèbouziner, 
rabouziner.] 

aboûcenèy (gaum. : S u Marie-sur-Semois), v. tr., mettre des « boûzans» 
(échelons) à une échelle. 

*abràdeler (Wall, pruss., Masta, Francorchamps, Bra, Chevron, Jevi- 
gné), v. tr., accoutrer, afistoler singulièrement [et non brider, comme 
il est dit par erreur BulL du Die t., 1906, p. 104]. | rabràdeler 
(Stoumont, Moulin-du-Ruy), v. tr., réparer grossièrement, rafistoler. 
[Composé de brâdeler (Wall, pruss.), v. intr., chipoter; syn. brèzener; 
dérivé de bradé (Masta), accoutré.] 

abrakener (Jeneffè-en-Hesbaye), v. tr. t abattre à coup de gaule; syn. 
abardahî, abassener ; voy. ces articles. 

abrâlyer ou abràyeler (Liège), v. tr., munir de braies, d'une culotte; 
syn. brâyeler, mète li brâye ou lès brâyes (a in-oûhê : à un oiseau). 

abrankl (Ellezelles), v. tr., «attirer une branche (branke) à soi : i faut 
abrankî l'troupiau d' cerises ». [N'est-ce pas plutôt « attirer avec une 
branche crochue, un bâton à crochet » ? Comparez ahaveter, abardahî.] 

? s'abrauzer (Liège ?)= ...? : i n'i-a nin dandjî d' s' — {dans une pièce 
manuscrit anonyme « Ine èhale », se. 2). 

abràyeter (Faymon ville, Walk), v. intr., ouvrir les jambes : i v'néve 
abrày étant, il arrivait [en] écartant les jambes. [Dérivé de abrâyer, 
Bull. Dict., 1906, p. 105.] 

abrèneler (Nessonvaux), v. intr., accourir. | rabrèneler (ib.),p. intr., 
raccourir. | Composés de brèneler (ib.)* v. intr., courir, q ui parait 
signifier aller et venir, s'agiter, se mouvoir dans : lès djins qui brènelît 
avâ la (Mal m., Arm. dol Saméne, 1906, p. 33).] 

abricolè (Givet), v. tr., faire (un travail) à la hâte. | rabricolè (ib.), 
v. tr., réparer grossièrement. [Composés de bricoler, v. tr., 1. (Gros- 



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— ITT — 

Fays) bousiller; — 2. (gaum. Virton : Maus, Voc. ms.) sauter d'un 
ouvrage à l'autre ; — 3. (Tournai) brider, harnacher (un cheval).] 

? abricotia (Charleroi : Coq d'Awous', II, p. 118), s. m., = ....? 

abridé (Wiers), ad/., (bœuf, vache) dont le pelage forme une sorte de 
bride autour de la tête ou du museau. | abrider (Chevron), v. tr., 
brider, harnacher (un cheval). 

*abrideler, I. v. tr., 1. (Esneux, Sclessin) brider, harnacher (un 
cheval): — 2. (Ster-Francorchamps) accoutrer, habiller ridiculement. 
II. v. intr. (Liège, Jupille, Visé, vallée du Geer) accourir précipi- 
tamment. 

abriker (Fosses-lez-Namur), v. intr., faire saillie vers, surplomber 
vers : one grande rotche sortant do haut tiène abrike au-d'dizeû 
d' nosse tièsse. [Composé de brilcer (Mons), v. intr., se dresser, se 
hérisser.] 

? abrindja (Herstal ?), s. m. « Chose compliquée, qu'on ne peut définir». 

abritakener (Neer-Heylissem), v. tr., accoutrer : corne il est ma abri- 
takené î [Dérivé de abèrtaki.] 

? abrizoler (où ?), v. intr., accourir. [Mot noté sans indication de source.] 

? abrodeler, v. intr., accourir au galop, existe- t-ilf On connaît rabro- 
deler (Gosselies) : revenir au galop. 

abroketer, v. tr., 1. (Liège) mettre en perce; — 2. (Stavelot) pendre 
(des habits) à une « broke » ou cheville. [Dérivé de abroker, même sign.] 

abrontcher (Wall, pruss. : Weismes, Gueuzaine), v. tr., placer les 
tuiles sur le toit, em broncher. 

abrouter (Pecq), v. tr., amener dans une brouette; liég. abèrwèter. 

? s'abroutiner (Liège?), v, réfl., s'offusquer, se fâcher? : djans, ni v's 
abroutinez nin co so dès tchîtchêyes (Jean Bury, Lige qui rèye, n° du 
31 juillet 1908). 

8'abroyi (Fontin-Esneux), v. réfl., s'approcher doucement, péniblement 
ou sournoisement, s'insinuer : i s'abroya d'vins nos autes, puis tôt 
d'on côp i s' broya èvôye (il s'esquiva à l'anglaise) ; comparez s'abotî. 



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— na — 

abseûre ou mieux apseûre (Bra), s.f., atteinte, accroc. [Altération 
isolée de ac'seûre.] 

? àbson (Eben-Emael), s. m., pousse d'arbre fruitier qui n'a pas été 
plantée. [Comparez pi an son ou plançon (ib.), s. m. t branche de peu- 
plier (seulement), qu'on plante comme bouture; cf. le franc, plançon.] 

? abureteû (Visé, Haccourt, Lixhe, Lanaye?), s. m., « verrou en bois 
ou en fer servant à fermer les portes d'étables ». Existe-t-il un v. 
bure ter signifiant fermer ? 

? âburloke (Jupille), 5./., sornette, billevesée : ti m' vins conter dès 
âburlokes! [Altération de gaburloke (Malm. Vill. ; cf. Gggg. II, 527) 
ou variante de abrinoque (Mons) ?] 

? abussi (Esneux), adj. t « interloqué, qui ne sait où donner de la tête». 
[Altération de èbusti ?] 

abwèhener (Fontin-Esneux),». tr., boiser (un terrain): dj'aabwèhené 
m' trth. | v. réfl. t 1. se boiser, se couvrir de pousses ligneuses : on 
trih qui s'abwèhène ; — 2. devenir ligneux, prendre la dureté du 
bois: côpez-le pus haut, ci tinron la; pus bas, i s'abwèhène. 

abwèsson (Namur), s. f, boisson : il a bèvu one méchante abwèsson, 
il a bu une boisson qui rend méchant ; il a one méchante abwèsson 
(L. Bodart, Mononke Zéphirin), il a le vin mauvais. Cf. abeûre. 

abzoc (Stambruges), adv. t à pic, juste à point : cha a kèyu abzoc ! c'est 
tombé à pic! | Aussi d'abzoc : i faut kèyi d'abzoc dessus, il faut 
tomber juste à la bonne place pour peser de tout son poids. Il faut 
Prob. écrire a-b'zoc et y voir une loc. % adv. composée d'un subst. bezoe, 
bizoe, à rechercher. — Comparez : « pierre basoque : pierre plantée 
que les enfants s'exercent à renverser à jet de pierres » (Maus, Voc. 
gaum. des environs de Virton, tns.).] 



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LIVRES ET REVUES 

[Afin de délester notre Chronique qui, désormais, sera réservée aux 
faits intéressant l'entreprise du Dictionnaire et en général la philologie 
wallonne, nous ouvrons cette nouvelle rubrique. Livres, brochures, 
articles de revues ou de journaux, touchant à nos études, seront ici 
analysés ou mentionnés, de façon à tenir nos lecteurs au courant du 
mouvement philologique wallon.] 

Nous avons déjà présenté à nos lecteurs le « Cercle d'Études 
wallonnes de l'Université de Louvain », fondé le 4 février 1908, 
sous le patronage des professeurs de philologie romane, M. Georges 
Doutrepont, baron François Béthune et Alphonse Bayot. Large- 
ment ouvert à toutes les bonnes volontés, il s'est donné pour 
mission de réunir, aux heures de loisir, les fils de la Wallonie, de 
leur apprendre ce qu'est leur langue, de leur dire quelle âme 
chante dans la littérature éclose sur leur sol, autrefois et aujour- 
d'hui, de les initier à toutes les beautés qui se sont épanouïes 
sous leur ciel, d'analyser avec eux les mœurs du peuple dont ils 
sortent. Son programme se résume en quatre mots : linguistique, 
littérature, art et folklore wallons. 

Dans les séances hebdomadaires, on y a fait, selon une méthode 
qu'on s'efforce de rendre strictement objective, des communi- 
cations diverses dont on trouvera ci-après l'énumération. Non 
content d'avoir ainsi manifesté son activité, le jeune Cercle vient 
d'entreprendre la publication de « Carnets » qui auront tous pour 
objet de présenter, en quelques pages d'une lecture facile, un 
aperçu fidèle des questions qui sollicitent l'activité du Cercle. 

Le premier de ces tracts, dont l'utilité saute aux yeux, est le 
résumé d'une causerie de M. le Baron Béthune, Pour les 

8 



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— il- 
lettrés romanes de Belgique. (Louvain, Uystpruyst, 1908, 
0.50 c). Ce sont des réflexions générales sur l'étude des langues 
et des littératures dans le nord du domaine gallo- roman. L'auteur 
rappelle les origines historiques de la Wallonie contemporaine, 
conteste la valeur du critère qu'on choisit d'habitude pour la 
détermination des nationalités, à savoir la diversité linguistique, 
encourage ses auditeurs dans leurs jolies études de stratigraphie 
lexicologique et leur montre que tout, ou presque tout, dans le 
domaine des patois wallons, est encore à découvrir : études pho- 
nétiques, dépouillements lexicologiques, glossaires toponymiques, 
études sur les noms de famille, examens de la syntaxe, du style, 
de la phraséologie populaire, qui feraient disséquer aux fils de la 
Wallonie les fibres les plus ténues de leur àme wallonne. L'ora- 
teur trace ensuite, en un raccourci serré, le tableau des recherches 
qui ont été consacrées, ou qui surtout devraient l'être, au mou- 
vement si divers et si abondant des études, des lettres et des 
langues en notre pays, mouvement qui commence au ix c siècle 
dans les abbayes et les écoles épiscopales. En ce qui concerne la 
littérature wallonne, il insiste « sur le caractère trop immédiat, 
trop peu historique, trop statique, trop peu dynamique, de la 
plupart des travaux les plus récents. Il nous manque, dit il, des 
études critiques, établies d'après les méthodes modernes, sur la 
genèse de nos œuvres wallonnes et de nos œuvres françaises ainsi 
que sur les influences dont leurs auteurs ont subi la pression. Il 
nous faudrait aussi une bonne chrestomathie des œuvres liégeoises 
du xvm e et du xix e siècle, jusqu'à Nicolas Defrecheux ; elle nous 
permettrait de nous former un jugement personnel sur des 
œuvres devenues introuvables ou d'importance trop secondaire 
pour être lues in extenso ». 

Dans un dernier chapitre, M. Béthune déplore notre indiffé- 
rence et notre ignorance en ce qui concerne la langue et la litté- 
rature françaises du moyen-àge ; il voudrait qu'on démontrât, 
pour le grand public, le rôle considérable que nos Pays-Bas 
occupent dans la production littéraire de cette époque, qu'on 



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- us - 

révélât au monde ce que fut la poésie française chez nous, si 
ancienne, si abondante, si variée, en un mot tout le passé litté- 
raire de notre patrie, alors que nous tenions l'un des premiers 
rôles sur la scène littéraire de la France, que nous donnions le 
ton à l'Europe entière. Aux jeunes romanistes d'entreprendre et 
de réaliser cette œuvre de justice, de reconnaissance et de patrio- 
tisme ! 

Le Carnet n° 2 contient un Rapport sur les travaux de 
l'année 1907-1908 présenté par Léon Debatty, secrétaire, 
à l'assemblée du 10 novembre 1908 (prix : 25 centimes). Il est 
extrait de V Annuaire de r Université catholique de Louvain (1909, 
73 e année). Après avoir rappelé le caractère et le but du Cercle 
d'Etudes wallonnes, le rapporteur résume et apprécie les cau- 
series de M. Georges Doutrepont sur le programme des futurs 
travaux du jeune cercle, de M. Alphonse Bayot sur l'origine et 
l'histoire des patois wallons, de M. Fernand Danhaive sur les 
règles de l'orthographe wallonne (avec des applications pratiques), 
de divers membres sur la diversité, l'origine, la transformation 
des noms wallons de la pomme de terre, de l'abeille, du lierre, du 
cordonnier et du tablier, sur le vocabulaire d'une ferme dinan- 
taise, sur notre Dictionnaire des patois de la Belgique romane et 
notre Projet de Glossaire général de toponymie des communes 
wallonnes, sur l'histoire et le programme de la Société liégeoise 
de Littérature wallonne, sur Fauteur, l'inspiration, la composi- 
tion, le lieu d'origine de notre exquise chantefable d'Aucassin et 
Nicolette, sur « la noble figure, l'imagination brillante et gouail- 
leuse, l'art savoureux et traditionaliste de l'abbé Michel Renard », 
auteur de Jean de Nivelles et de VArgayon, sur « notre grand 
élégiaque, Nicolas Defrecheux, l'incarnation tour à tour rêveuse 
et badine de la Wallonie sentimentale, satirique et chrétienne », 
sur l'œuvre poétique du D r Vermer, sur les chants nationaux de 
Wallonie et sur les marionnettes liégeoises, sur les études de 
folklore wallon. M. Camille Liégeois, « commentateur érudit et 
délicat », mit eu lumière les traits distinctifs de « L'Art wallon », 



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- u6 - 

par l'analyse des chefs-d'œuvre de nos peintres, graveurs, 
orfèvres, dinandiers et sculpteurs; M. Victor Tourneur parla avec 
verve et compétence de l'art de la médaille au pays de Liège. 

A. D. 

Le Puison, roman, par G. Willame, édition de la Belgique 
artistique et littéraire, 1908. — Ce petit roman, œuvre du folklo- 
riste nivellois, est une étude de mœurs wallonnes en français 
mâtiné de patois brabançon. Le puison est une ferme de Mons- 
treux (Nivelles), qu'un fermier laisse aller à la dérive et que son 
fils relève. Après avoir dépensé quelques années de sa belle jeu- 
nesse dans la poussière et les cartons du ministère, ce fils se 
ravise, épouse une honnête fille aux joues rouges, et en avant les 
travaux de la ferme ! Dans ce contraste entre la vie de bureau et 
la vie agricole, représentées par des types divers et des milieux 
appropriés, il y a beaucoup d'observation et d'esprit, et le fol- 
klore, la notation exacte des mœurs du terroir, des choses et des 
mots nivellois, n'a pas nui à la psychologie de l'œuvre. Il y a une 
belle variété de scènes, des tableaux vrais de mœurs bureaucra- 
tiques et de mœurs rustiques ; et des idées sur la vie des champs, 
sur le devoir du paysan instruit, sans rien qui sente le prêche; — 
et un petit filet d'amour au dessus de tout cela, ténu comme un 
fil de la Vierge. Mais nous oublions notre sujet : c'est seulement 
à cause des mœurs et des mots savoureux du cru que nous 
devons signaler ici le livre de M. Georges Willame. J. F. 

Depuis février 1905 il existe une association analogue à la 
nôtre pour la création d'un dictionnaire des dialectes rhénans, 
WÔrterbuch der rheinischen Mundarten. Son champ 
d'exploitation comprend i° le moselfrànkisch ou dialectes du 
Luxembourg et partie adjacente de la Lorraine, de l'Eifel méri- 
dional, du Moselland, de la majeure partie du Hunsrûck, du 
coin NO du Nassau, de la majeure partie du Westerwald et du 
Sigerland ; 2° le ripuarisch ou dialectes des anciens Francs 
ripuaires, embrassant la majeure partie de l'Eifel et les bords du 



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- ii7 ~ 

Rhin, de Kônigswinter à Dûsseldorf; 3 la partie du nieder- 
frànkisch qui est comprise dans la province rhénane à l'est de 
la Belgique et de la Hollande. Chacun des trois rédacteurs appar- 
tient précisément à une région différente, et leurs trois compé- 
tences spéciales embrassent ainsi tout le domaine à explorer. 
Disons les noms de ces trois vaillants : ce sont d'abord le pro- 
moteur de l'entreprise, le prof. D r J. Franck, à Bonn, repré- 
sentant spécialement les patois de la Moselle; le D r Jos. Mûller, 
Oberlehrer à Bonn, représentant les patois ripuaires ; le D r Paul 
Trense, Oberlehrer, à Rheydt ( Dûsseldorf) , représentant le 
bas-francique méridional. Inutile de dire que les encouragements 
de toute espèce ne manquent pas aux auteurs. Ils ont recruté 
des collaborateurs et ont organisé des enquêtes et des publications 
analogues aux nôtres, qu'il serait trop long d'analyser ici, bien 
qu'elles, soient hautement intéressantes. Nous y trouverons 
souvent la solution de maintes difficultés relatives au wallon, et 
nous espérons bien que nos travaux seront aussi de quelque 
utilité pour l'étude des dialectes francs du Rhin, quoique les 
rédacteurs de ce Worterbuch ne se proposent pas de consacrer 
une grande partie de leurs efforts à l'explication étymologique. 

J. F. 
T 03P OïvyTOOLi e 

1 . Certains numéros de la petite revue flamande Biekorf 
(la Ruche) contiennent des articles de toponymie, signés d'un 
pseudonyme, qui mériteraient d'être réunis et publiés à part. 
Ainsi le n° 9 de l'année 1908 étudie Tieghem, Ooighem, Oote- 
ghem, Rokeghem, Veerdeghem, Vracene (fraxinus), Varsse- 
naere (fraxinaria). 

2. Est-ce à l'exemple de ce qui se pratique dans le Biekorf 1 
nous ne savons; toujours est-il que M. le Curé de Gouy-lez- 
Piéton, L.-J. Jacquet, a imaginé de doter sa petite feuille 
paroissiale, la Semaine religieuse, d'une partie scientifique. Sous 
une forme humoristique il y étudie, depuis le 26 janvier 1908, 



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— u8 - 

l'ancien Gouy sur le Piéton. Parmi ces miettes d'histoire extraites 
des chartes ou prises aux souvenirs des anciens, il y a un relevé 
des lieux dits de la paroisse, des comparaisons, des suggestions 
d'étymologie, des explications historiques de certains noms, dont 
nous pourrons certainement tirer parti. 

3. Dans les Communes natnuroises, monographies historiques 
savantes, publiées, depuis 1905, sous la direction de M. le chanoine 
Roland et de M. Léon Lahaye, archiviste de l'Etat à Liège, on 
trouve toujours un copieux chapitre consacré à la topographie. 
Il en est ainsi au début des études sur Auvelais, Arsimont, 
Froidfontaine, Hemptinne. Ce chapitre ne dispensera pas de 
dresser quelque jour le glossaire toponymique des communes 
namuroises, mais il peut en attendant fournir des indications très 
utiles. 

4. Dans les Mélanges Kurth (II, 289-293) M. le chanoine Ro- 
land a étudié l'énigmatique Astanetum, qui est l'ancêtre de nos 
Esneux, Asneux, Staneux, Astenet, Assenois, Essen. Il y recon- 
naît le suffixe -etum, ce qui est incontestable, mais le radical 
demeure obscur. M. Kurth, Frontière linguistique, t. I, p. 465, 
présente le mot comme celtique. M. Roland préfère voir dans 
astan- une racine germanique, qu'il rapproche de ast (branche). 
Il est difficile toutefois de passer du sens de branche au sens de 
broussailles et bois taillis. Puis, si astan peut devenir asten, 
assen, asn } il est plus malaisé de comprendre comment ast 
deviendrait astan et ce que serait ce suffixe -an. 

5. Il y a aussi un bon chapitre de toponymie dans V Histoire 
de la Ville de Limbourg de M. J. Thisquen (t. II, pp. 249-278 ; 
volume X du Bulletin de la Société verviétoise d'Archéologie et 
d 'Histoire , 1908). 

En relisant aujourd'hui ces pages que j'avais lues avant la pu- 
blication, il me semble qu'il faut donner raison à M. Kurth 
d'abord quand M. Thisquen l'accuse d'avoir considéré comme 
noms de lieux de pures indications topo graphiques (p. 248). Il y a 
là une question de principe qui nous intéresse. A tiotre sens, une 



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— H9 — 

usine, une route, une minière sont des lieux ; les désignations de 
ces lieux, périphrastiques ou non, font partie de la toponymie. 
Je ne voudrais pas exagérer non plus dans ce sens, au point 
d'assimiler une description topographique à un nom } mais n'est-il 
pas vrai que beaucoup de noms ne sont que des indications topo- 
graphiques condensées ou obscurcies ? — M. Kurth était aussi 
dans le vrai quand il concluait (F. L, } I, 37) que la romanisation 
de Limbourg ne remontait pas bien haut. Les recherches de 
M. Thisquen ne font que préciser davantage la démonstration. 

Dans ce qui suit, M. Thisquen fait un excellent relevé des 
noms de lieux de la Commune. Il y en a plus de quatre cents. Il 
en donne, avec date et indication de sources, les formes anciennes 
trouvées dans les nombreuses chartes qu'il a lues ; la situation du 
lieu désigné, quand il est possible ; quelquefois il explique le 
nom, lorsqu'un document ancien lui fournit l'explication, comme 
pour clawëfawe (p. 262), ou lorsque le terme wallon est assez 
transparent (aite, cuirie, etc.). En dehors de ces deux cas, il 
demeure dans une prudente réserve, qu'on ne saurait trop louer 
en principe. Bref, nous avons là un recueil soigneusement com- 
posé de la toponymie ancienne de Limbourg. Quelques-unes de 
ces désignations sont très intéressantes au point de vue linguis- 
tique. 

Note I. Je crains bien aussi que le Pichvach contesté 
(p. 248) ne soit réellement flamand, comme l'avait dit M. Kurth 
(qui y a vu à tort un primitif Pichbach), et non wallon, comme 
l'affirme M. Thisquen, qui l'interprète par Pissevachc. Cette 
dernière forme est une déformation wallonne par essai d'étymo- 
logie populaire, comme le Piedvache d'Ensival. Il faut s'en 
référer au Pickvaige de 1533, aux Piechevaige de 156g et 1570, 
où vaige — weg (chemin). 

Note 2. P. 254, il faut lire ponçais (wall. ponce , petit pont) au 
lieu de pomais. 

6. L'année 1908 de Leodium fournit plusieurs études de 
toponymie dues à M. J. Ceyssens. On voit par l'article sur 



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— 120 — 

Aubin et Afnay que Afnay est un diminutif de Aubin. La 
démonstration; très étoffée, n'a que le tort d'être un peu longue. 
En effet, les trois premières formes anciennes de Afnay une fois 
connues (Abeniha, Abenya, Aubenai), on rétablit sans peine la 
suite des formes : Aubeneal ou Àbeneal, Aubenea ou Àbenca, 
Âvenea, Âv>nê } Afnê\ la présence de /seule faisait difficulté, et le 
reste était élémentaire. Néanmoins cette démonstration ne sera 
pas inutile pour tous les lecteurs. 

L'article sur Eysden et Aspre est ingénieux sans emporter la 
conviction. Si le sper de Asper avait été un mot séparé avec le 
sens de barrage, il aurait eu l'accent tonique et ne serait point 
devenu Aspre en wallon. Aucune forme ancienne ne prouve non 
plus que dans Eysden, -den soit le mot dam (digue) . 

Quant à l'article sur noue — nooz — noot, il touche à tant de 
questions que nous préférons les réserver pour une étude 
spéciale. Quoiqu'il en soit d'ailleurs des conclusions de ces 
articles, fussent-elles parfois caduques ou aventureuses, on y 
trouve toujours des morceaux excellents, très suggestifs, et nous 
engageons vivement M. Ceyssens à continuer ces études. 

J. F. 

JJArmonac wallon do V « Samëne » po l'an içoç (Malmedy, 
V e Scius-Stouse) contient la fin de la Petite encyclopédie 
malmédienne (Histoire, Géographie, Toponymie, Folklore de 
Malmedy et des environs), dont nous avons signalé la première 
moitié (cf. ce Bull., 1907, p. 148). M. l'abbé Joseph Basttn, à 
qui on doit la publication de cette petite « encyclopédie » locale, 
a eu l'heureuse idée d'en réunir les deux parties en une brochu- 
rette de 80 pages (prix : un franc). 

Dans la revue mensuelle Wallonia (1908), nous relevons : 
1. deux articles de M. Oscar Colson sur les Prénoms dépréciés 
(pp. 134, 165), où l'on peut glaner des observations intéres- 
santes. L'auteur reconnaît lui-même que ses listes sont loin d'être 
complètes ; on pourrait y ajouter : matt-fait-tot, sot mati, bwègnc 



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— I2T — 

lucas, etc. ; dônat (Mons : Sigart), Jacque, magrau, sara (ibid.); 
amb7vèse(i. Ambroise; 2. vieille coquette ; d'après A. Carlier, 
Vocabulaire de Charîeroi), etc. En revanche, on y découvre, 
non sans étonnement, un article : « roubièsse (jRoubiè, vieille 
forme de Robert). Au pays liégeois : homme de peu d'intelli- 
gence ». — L'adjectif roubtèsse signifie hurluberlu, brusque et 
maladroit (cf. Forir) ; il répond à l'anc.-franç. rubeste, qui a le 
m£me sens et qui se rattache au lat. robustus.Si aujourd'hui — 
ce que nous ignorons — roubtèsse prend le sens de « niais », ce 
ne peut être que par confusion avec bièsse (bête) ; 

2. une étude très documentée de M. Auguste Doutrepont, 
p. 149, sur Hêve et Hèvurlins (Hervé et Herviens); 

3. le début d'un Intermédiaire wallon, p. 299, sur le modèle 
de V « Intermédiaire des chercheurs et" curieux ». L'expérience 
faite jusqu'à présent prouve combien l'idée est excellente de faire 
collaborer les travailleurs épars à la recherche d'un point obscur 
d'érudition. 

La « Société de Littérature wallonne » distribue à ses membres, 
en même temps que le présent Bulletin, le tome 50 (2 e partie) de 
son Bulletin traditionnel, comprenant les rapports et les pièces 
couronnées de ses Concours de 1905. Ce volume de 650 pages 
achève dignement la cinquantaine et comptera sûrement parmi 
les plus remarquables de la collection. Outre des pièces littéraires, 
appartenant surtout au genre lyrique, il contient : 

1. le Bon métier des Merciers de la Cité de Liège [médaille 
d'or], étude historique par Edouard Poncelet, archiviste de 
l'État à Mons. [Vendu à part : 2 fr.] ; 

2. la Phonétique et la Morphologie de V Ouest-wallon, accom- 
pagnées de douze cartes [médaille d'or], par le P. Adelin 
Grignard, S. J. [Vendu à part : 5 fr.]. L'auteur, parti depuis 
deux ans pour les Missions belges du Bengale, n'ayant pu rema- 
nier son œuvre en vue de l'impression, notre collègue Jules 
Feller a bien voulu se charger de ce soin. L'étude du P. 



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— 123 — 

Grignard nous fait connaître enfin de façon précise les parlers 
d'une région-frontière, l'Ouest-wallon, que l'éditeur appellerait 
à plus juste titre zone picardo-wallonne. Cette région, qui s'étend 
de Waterloo à Chimay et de Walcourt à Binche, se caractérise 
par son manque d'homogénéité. « C'est, dit M. Feller, une zone 
de transition où se croisent et s'entrecroisent deux dialectes... 
Deux espèces appartenant à des genres différents, le rouchi, du 
domaine picard, et le namurois, du domaine wallon, s'y ren- 
contrent et s'y entrepénètrent... Une lutte pour la vie se produit 
là entre les phonèmes synonymes, et, le résultat, c'est la bigar- 
rure dont nous tenons ici un superbe exemple. » 

3. des extraits du Vocabulaire de Cherain [médaille d'argent], 
par A. Servais. [Vendu à part : 0.30 centimes.] ; 

4. le Vocabulaire de Faymonville- Weismes [médaille d'or], par 
l'abbé Joseph Bastin. Ce recueil est peut-être le plus important 
glossaire régional que la Société ait jamais publié; il nous apporte, 
sur une localité extrême de la Wallonie prussienne, des renseigne- 
ments inédits et sérieusement contrôlés. [Vendu à part : 2 fr.]; 

5. le Vocabulaire technologique du tireur de terre plastique 
à Andenne, Chimay, Presles et Baudour, précédé d'un histo- 
rique [médaille d'or], par Emile Don y et Louis Bragard. 
[Vendu à part : 1 fr.]; 

6. le Vocabulaire de la fabrication des clous à la main } 
au pays de Fléron-Romsée [mention honorable], par Jacques 
Trillet, suivi d'une notice en wallon sur H Claw'tirèye, par 
Nicolas Lequarrk. [Vendu à part : 0.60 centimes. |. 

Il ne nous appartient pas d'apprécier ces publications que 
la Société présente avec confiance au jugement de la critique 
compétente. Nous soulignerons seulement leur belle variété : 
elles embrassent en effet l'ensemble du domaine roman de la 
Belgique et de la Prusse rhénane ; elles constituent une somme 
considérable de documents inédits et d'une réelle valeur scien- 
tifique, touchant l'histoire de nos anciennes corporations, la 
phonétique, la morphologie et la lexicologie de nos dialectes. 

J. H. 



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CHRONIQUE 



39. Un certain nombre de personnalités wallonnes ont bien voulu 
manifester leurs sympathies pour nos travaux en s'inscrivant sur une 
première liste de « Membres Protecteurs de l'œuvre du Dictionnaire », 
que nous avons publiée p. 53. Depuis lors nous avons reçu l'adhésion 
de MM. Fernand Reulkaux, avocat et ancien échevin à Liège, Paul 
Peltzbr, industriel et conseiller communal à Verviers, Auguste 
Lurquin, percepteur des. postes à Verviers, M me Dolphens-David, 
négociante à Verviers, et de la Bibliothèque populaire de Bressoux. 

De plus des démarches faites auprès de quelques communes ont abouti 
à un résultat très satisfaisant. C'est ainsi que la ville de Verviers promet 
de nous allouer cent francs par an; Waremme, quarante francs; Hervé, 
Chênée, Jupille, vingt francs. 

Nous avons l'espoir que cet exemple sera suivi par d'autres communes 
ou grandes villes de la Wallonie et par les amis de nos dialectes qui 
veulent procurer à la Société l'appui moral et financier indispensable à la 
réalisation intégrale de ses projets. 

40. La subvention de cent francs que le Conseil provincial de Liège 
accorde à l'œuvredu Dictionnaire lui a été continuée en 1908. Nous avons 
demandé le même subside aux autres provinces wallonnes et notre 
requête a reçu le meilleur accueil auprès des Conseils provinciaux du 
Brabant et du Hainaut. Nous présentons nos vifs remercîments à ces 
trois provinces qui nous ont jugés dignes de leurs encouragements. 
Souhaitons que l'an prochain, les provinces de Luxembourg et de 
Namur qui, pour des raisons budgétaires, n'ont pu nous répondre favo- 
rablement, veuillent bien, elles aussi, patronner une œuvre dont la 
haute portée nationale et scientifique ne peut les laisser indifférentes. 

41. Un journal de Malmedy, la Semaine (4 juillet 1908), a bien voulu 
rendre compte de nos deux premiers n OB de cette année, qui présenteni 
un intérêt particulier pour la Wallonie prussienne. L'article se termine 



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— I3 4 — 

par c<-s lignes que nous faisons volontiers nôtres: «» Si la Société nt lionne 
rencontre partout des collaborateurs aussi nombreux et actifs que dans 
notre pays minuscule, il ne lui faudra pas un quart de siècle pour mener 
à chef la grande œuvre du Dictionnaire ». — Dans un second article 
(25 juillet 1908) ce journal lance un appel qui mérite d'être entendu 
ailleurs qu'en Prusse rhénane : « Les petites feuilles locales, bien plus 
que les grands quotidiens, sont en contact avec la population patoisante 
de nos villes et de nos campagnes. Aux journaux locaux partant de faire 
connaître l'œuvre projetée, de lui recruter des adhérents, de servir 
d'intermédiaires pour la découverte et la transmission des termes carac- 
téristiques de la petite patrie ». 

On ne saurait mieux dire, — ni mieux faire, car l'auteur, passant du 
précepte à l'action, procède incontinent à la petite enquête que voici : 

«< i re question. Ménagères et cultivateurs, qui vous plaignez de l'enva- 
hissement de vos jardins par les mauvaises herbes, connaissez- vous les 
noms wallons des crouwins ? Il y a do moron, dol planifne, dès lapsons, 
dès hènas. et quoi encore ?... 

« 2 e question. Cultivateurs, vos blés mûrissent ; vous y porterez 
bientôt la faux. Pendant que vous dormiez, l'ennemi a semé de l'ivraie 
dans votre grain : il y a dol pane ; dès dânotes, etc. Qui nous enverra les 
noms d'une demi-douzaine de ces maudites plantes ? » 

Pourquoi nos petites feuilles de province ne suivraient-elles pas cet 
exemple ? Pourquoi, entre un article de politique générale découpé 
dans un grand quotidien et une diatribe bien mordante sur la politique 
locale, ne pas consacrer quelques lignes à sauver de l'oubli les modestes 
Heurs du langage populaire, qui s'étiolent et qui vont peut-être dis- 
paraître ? 

42. Quelques périodiques, Wallonia y la Revue wallonne, le Coq 
d'awous de Cnarleroi et le Rop'uur de Mons, ont l'obligeance de nous 
adresser régulièrement et gratis un exemplaire pour notre collection de 
fiches. Nous les prions d'agréer tous nos remercîments pour ce geste 
aimable et cet acte de confraternité wallonne. 

43. La liste des Correspondants du Dictionnaire a été publiée dans le 
dernier n" de 1907, p. 155. Depuis lors nous avons eu le regret de perdre 
deux de ces collaborateurs dévoués : MM. Henri Raxhon, auteur wallon 



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- 125 — 

à Verviers, et Lesneucq-Jouret, secrétaire communal à Lessines, que 
la mort nous a récemment enlevés. Parmi les adhésions nouvelles, 
qui portent à 170 le nombre des correspondants, nous enregistrons avec 
plaisir celles de MM. 

Emm. Despret, photographe et auteur wallon à Nivellts ; 

"G. Somville [de Mêlltry], directeur de la « Dépêche », à Liège ; 

Aubin Delon guk ville, d r en philosophie, à Tourinnes S t~ Lambert ; 

Albert Lebrun, [de Roux-Miroir], d r en philosophie- 
Ernest Closson [pour Tubize], conservateur du Musée instrumental, 
à S 1 Gilles (Bruxelles); 

Emile Rolland [à* Ellezelles], professeur à l'Athénée de Chimay ; 

Alfred Brabant [de Quevaucamps], professeur à l'École Moyenne 
de S' Ghislain ; 

Joseph Willem, président du « Caveau liégeois », à ChênU ; 

J. Behen, d r en philosophie romane, à Pellaines ; 

Auguste Goffin [de Villers-Î Evêqiu], étudiant en philosophie; 

Auguste Maquet, à Petit-Thier (lez-Vielsalm) ; 

Edouard Liégeois [de ïïntigny], directeur honoraire d'École ; 

abbé Conrotte, curé des Eneilles (Durbuy) ; 

P. Boever, étudiant à Laroche ; 

Ch. Brune au [de Givet], professeur au lycée d'Évreux (France). 

44. Depuis le premier juin 1908 jusqu'au premier mars de cette année, 
11.730 fiches nouvelles, indépendamment des 15.000 fournies par le 
dépouillement des cahiers-questionnaires, sont venues grossir nos col- 
lections. Elles proviennent des sources les plus diverses : découpage de 
dictionnaires anciens ou en cours de publication, de glossaires manuscrits 
non couronnés par la Société, de vocabulaires d'ensemble ou partiels 
d'une région ou d'une localité dressés par des correspondants particuliè- 
rement zélés et actifs, continuation de nos multiples dépouillements 
personnels, etc., etc. Il va sans dire que, dans ces acquisitions, les mots 
nouveaux et entièrement inédits sont relativement peu nombreux; mais 
les formes et les acceptions nouvelles y pullulent. Nous adressons encore 
un appel à tous les Wallons de bonne volonté qui, non contents de 
répondre à nos questionnaires, voudraient par des enquêtes et des 
travaux personnels d'ailleurs faciles et surtout agréables prendre une 
part plus active et plus efficace à notre œuvre. 



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COMMUNICATIONS REÇUES 

(4 e LISTE) 

Le Bulletin accuse périodiquement réception des communications de 
quelque importance que veulent bien nous faire nos correspondants ou 
des personnes qui, sans prétendre à ce titre, ont l'obligeance d'augmenter 
la somme de nos matériaux. — Comme les précédentes, la liste suivante 
ne tient compte que des communications manuscrites, faites en dehors des 
réponses aux « Cahiers-questionnaires du Dictionnaire ». — Le Secrétaire 
accuse immédiatement réception de tout envoi qui lui parvient. 

• 
* • 

Bastin, Joseph. — Mots de Faymonville (46 fiches). 

Hrrnard, Emile. — Mots d'Offagne (64 fiches). 

Rouhon, Antoine. - Vocabulaire du batelier (6 fiches). 

Brabant, Alfred. — Mots de Quevaucamps, Hornu, elc. (82 fiches). 

CoLSOiN, Arthur. — Formules de salutation et noms des vents à 
Vottem-Herstal. 

Colson, Lucien. — Mots de Vottem-Herstal (8 fiches). 

Conrotte, abbé. — Extrait d'un registre de fabrique de Tan 1510, 
contenant des noms de lieu des Éneilles. 

DÉOM, Clément. — Note sur nèyi (noyer), noyi (nager), nêvi (naviguer). 

Dkwert, Jules. — Mots de Genappe (15 fiches). 

Drumaux, Arthur. — Vocabulaire de Botassart (400 fiches). 

Essrr, Quirin. — Notes d'étymologie : houyon,fi d'sortenance, warokê. 

Gaillard, Henri. — Mots de Neuville-sous-Huv, etc. (113 fiches). 

Goffin, Auguste. — La fenaison à Villers-l'Évêque. 

Gosselin, Antoine. — Vocabulaire de Stambruges A- AH- (160 fiches). 

Lrjeune, Jean. — Mots de Jupille (10 fiches). 

Maury, A. — Fiches extraites du Dict. ms. de Maus. 

Noël-Debra. — Mots de Thorembais-S l -Trond (35 fiches:, 

Parotte, Joseph. — Mots de Solwaster (5 fiches). 

Preudhomme, Marcel. — Quelques termes de la ferme à Couvin. 



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— 127 — 

Randaxhk, Sébastien.- Mots de Fléron, Thimister, etc. (ioo fiches). 
Re.naup, Jules. — Mots de Wiers (52 fiches). 

Rolland, Emile. — Vocabulaire d'Ellezelles, lettre A (270 fiches). 
Simon, Léon. — Le travail du boulanger, la météorologie et la divi- 
sion de la journée à Ciney. 

Toussaint, François. — Note sur le son 7 àOvifat. 

— Les termes du foyer à Ovifat. 
Willem, Joseph. — Note sur les mots /n^stfy* et transe. 
Xhignksse, Arthur. — Liste de lieux dits de Villers-le-Temple. 

— Plan toponymique des terres que traverse la grand'route 

des Quatre-Bras à Soheit-Tinlot et Terwagne. 

— Mots de Scry-Abée, Angleur, etc. (70 fiches). 

• • 

Nous prions nos correspondants de nous envoyer des descriptions en 
patois des divers aspects de la vie wallonne : mœurs, croyances,métiers, 
travaux de la ferme, jeux, chants, proverbes, etc. Les textes que nous 
avons publiés jusqu'ici dans nos Archives dialectales peuvent servir de 
modèles et suggérer d'autres communications du même genre. 

Qu'ils veuillent bien aussi récolter les termes curieux qu'ils con- 
naissent ou entendent autour d'eux et nous envoyer ces listes pour 
enrichir nos collections. Spécialement nous les prions de nous adresser 
en temps utile la liste des mots sur lesquels doivent porter les question- 
naires futurs (A F-, AG-, etc.). 

Il va de soi que, si l'un de nos correspondants désire qu'une enquête 

soit faite sur un terme, un usage, etc., il est grandement invité à nous 

faire part de son désir. Nous le renseignerons sur la chose qui l'intrigue 

ou nous établirons une consultation générale par l'intermédiaire de ce 

'bulletin. 

Enfin, ils nous rendront un grand service en faisant connaître l'œuvre 
du Dictionnaire wallon dans le cercle de leurs amis et surtout en recrutant 
de nouveaux collaborateurs dans les régions écartées qui n'auraient pas 
encore de représentants. 

Les moindres communications sont reçues avec empressement et 
reconnaissance. 



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TABLE DES MATIÈRES 



Page 

A. Avis, chronique et documents administratifs 

Notre orthographe 3, 56 

A nos Collaborateurs : la troisième liste AA- AB- ou 4* cahier. — 

Comment répondre à nos questionnaires ? 91 

Liste des Correspondants qui ont annoté et renvoyé le 2 e cahier 

(Vocabulaire AB- AC-) 96 

Communicat ions reçues (3 e et 4*' listes) 62, 127 

Chronique (n* H 25-44) 53, 124 

//. Description de manuscrits 

Fkller, Jules. Notice sur un glossaire wallon manuscrit de la 

région Stavelot-Malmedy 35 

Maréchal, Alphonse. Deux dictionnaires namurois inédits [de 

MM. Boigelot et A. de Pierpont] 84 

C. Archives dialectales 

10. Dkthikr, Alphonse. Po nos />' tits ouhis (dialecte de Robert- 
ville), avec traduction et commentaire 8 

11. Simon, Henri. Wice va Verve t (dialecte de Sprimont), avec 
traduction et notes 65 

12. Simox, Constant. La f'nau et la mèchan (dialecte gau mais de 
S"'-Maiie-sur-Seinois), avec traduction et commentaire . . 69 

13. Randaxhe, Sébastien. Les noms propres des vaches au pays 

de Hervé 80 

D Vocabulaire-Questionnaire 
Mots commençant par AA- AB- (troisième liste) 99 



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— 130 — 

E. Notes d'étymologie et de sémantique 

19. tot-fér ( Alphonse Maréchal) $«♦ 

20. confire (Jules Fhller) 42 

21. forandra, ourdou h (l) r Oui ri n K>*»ER) 4* 

22. tèroûle, lirelote (Jean Hai>i ) 40 

F. Livres et Revues 

Basiin, Joseph. Petite encyclopédie m*i'.m'dienne 120 

BÉTHL'XE, François. Pour les lettres romanes Je Belgique . . 113 

Bulletin de la Société de Littérature veai 'lonne, lome 50 121 

Ce\>sen», J. Articles de toponymie dans Leodium, igoS. . . 119 

Q>i>ox, Oscar. Les prénoms dépréciés 1 20 

Dfba'HY, Léon. Cercle d'étude* wallonnes de fl'niversité de Lou- 

vain. Rapport sur ls travaux de F année içoy -lço8 . . . 115 

DoXY, Emile. Pour la toponymie 55 

Doutrepoxt, Augusie. Hervé et lien iens 121 

Jacquet, L. J. L'ancien Gouy-sur-lc- Piéton 117 

JeL'XEHomme. Léon. Mon village. F*émalle- Haute 61 

Roland (chanoine). Astanetum nrt 

Roland et LaHAYE. Les Commune* namuroivs 118 

Thimjlex, J. Histoire de la ville de Limbourg 118 

Toponymie (articles divers de) 01, 11; 

Ulrix, Eugène. De Germaansche élementen in de Romaansche ta/en. 57 
Clrix, Eugène, et Paquav, Jean. Glossaire tofonymique de la 

ville de Tongres 51, 

Wallonia (1898; 120 

Willamk, Georges. Le Put^on 110 

Worterbuch der rluinisclien Mundarten 1 10 



X. B. Les deux premières années de ce Bulletin t réunies sous cou- 
verture spéciale, forme un volume de (160 -t- 174 =) 334 pages, avec 
index lexicologique et table générale des matières. Prix : francs ; 
chaque année se vend se paré ment 3 francs. 

Pour qu'on puisse brocher ou relier en un seul volume les 3 e ei 
4 r années, une table gi néraîe, icprenam la lable précédente, terminera 
le lome IV (1909). 



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BULLETIN 



DU 



*. J> 



DICTIONNAIRE GENERAL 



DE LA 



langue Wallonne 



PUBLIÉ PAR LA 
SOCIÉTÉ LIÉGEOISE 
DE LITTÉRATURE 
WALLONNE 



4 e Année. - 1909 
N" I 



LIÈGE 
luipr. H. Vaillant Carmanne, s. a 
Rue St-Acîalben. 



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L 



BULLETIN 

DU 

Dictionnaire général de la Langue wallonne 

publié par la Société liégeoise de Littérature wallonne 



4' année — 1909 N° 1 



Notre Orthographe 



Elle est exposée en détail dans une brochure de propagande 
due à la plume de M. Jules Feller : Règles d'orthographe wallonne 
adoptées par la Société liégeoise de Littérature wallonne (2 e édi- 
tion, 1905 ; prix : 0,50 centimes). Cette brochure est adressée 
gratis à tous nos correspondants qui en font la demande. 

Notre système s'efforce de combiner dans de sages proportions 
les principes opposés du phonétisme et de l'étymologie ou de 
l'analogie française. Nous croyons qu'il faut noter exactement les 
sons parlés, mais qu'on doit en même temps, et dans la mesure 
du possible, tenir compte de l'origine des mots, de la grammaire 
et de l'histoire de la langue. 

Le romaniste étranger sera d'abord tenté de regretter l'absence 
du système phonétique pur; mais nous sommes persuadés qu'avec 
un peu d'attention et d'exercice, il saura lire, tels qu'ils doivent 
être prononcés, les textes que nous publions, d'autant plus que 
nous mettons le plus grand soin à la notation exacte des varia- 
tions dialectales d'une certaine importance. 

Voici le tableau des graphies que nous employons : 



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Voyelles pures 

a = â bref : vèrdjale; famé (verviétois; = femme). 

â a long : âme (ardennais). 

â intermédiaire entre a et à : âme; comme dans l'angl. hall. 

é ê bref : osté. 

é è long : forn£ (Robertville). 

è t bref : îvièr (Stavelot-Malmedy) ; norèt, tchafète. 

ê è long plus ou moins ouvert : fornê, têre (terre), fier (fer). 

e ne se prononce pas : prandjeler ou prandj'ler; blâmée 
(Stav.-Malm.), prononcez blàmt\ blamêye (liég.), pro- 
noncez blâmèy (flambée). 

e I à bref: m^seure (Robertville; = mesure); am* (Perwez; ■-- 

eu i ami) ; leune (liég. ; = lune); feume (liég. ; --= femme). 

à à long : mèr (verv.; = mur). 

â â bref : rèz<£ (Robertville; = rasoir) 

eu â long : rèzeû. 

i ï bref : ribote ; ami ; ivtér. 

î î long : îvièr (Stav.-Malm.); dj'îrè. 

o t bref : ribote, norèt, èco, rowe. 

ô à long : Ole, cô. 

u n bref : lu, i prusse, luskèt. 

û a long : rafûler. 

ou ù bref : tchènou, bouter. 

où c long : boûre, cour. 

Voyelles nasales 

an =■ à : prandjeler; banne (prononcez bân). 

in ë : pinde; rinne (pron. rën) ; quelquefois -ain, -ein comme 

dans les mots français identiques : main, plein, 
en é fermé nasal (Hainaut et Wall, pruss.) : bén, cwén. 
on 8 : ploumion; èsson ne (prononcez èsQn). 

un ce : djun (jui n )« 



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— s - 

Semi-voyelles 

y toujours après une voyelle : hàye (haie), vèy (voir), oùy 
(œil, aujourd'hui), payis (pays), poyon (poussin) ; — y 
ou i après une consonne : diàle ou dyàle, tiêr ou tyèr, 
popioûle ou popyoûle ; raie te ou myète ; pasyince, 
consyince. 

w qwèri, awireùs, vwèzin, fwêrt, quatwaze, cwène, âwe. Nous 
n'employons jamais oi, qui est équivoque. 

Consonnes 

b, p ; d, t ; f, v ; 1, r ; m, n ont la même valeur qu'en français, 
j, ch ont aussi la même valeur qu'en français : chai (ici) ; 

grujale (verviétois; = groseille), 
dj prandjeler, dj'a, visèdje ; qui vou-djdju dire ? 

tch tchèt, bètch (bec), vatche. 

h marque une forte aspiration : cohe, haper, oûhè, heure 

(grange), home (écume) ; — mais : ome (homme), 

eûre « heure), abit, iviêr. 
fl h fortement aspirée et légèrement mouillée (seulement 

à l'Est : Vielsalm, Robertville) : tfârdé (ébréché). 
s, ss, ç, c, z s'emploient suivant l'analogie du français : pinser 

(penser), picî (pincer), sot, sope (soupe) ; raviser ou 

ravizer, rèseû ou rèzeû, masindje ou mazindje; tûzer; 

alans-i, ons ôt; pasyince (patience ; nous n'employons 

jamais le t sifflant du français), leçon, lim'çon, èmô- 

cion, acsion, ocâsion ou ocâzion; èssonne, rissemèler. 
gn tj (n mouillée) : magnî; lès gngnos (les genoux), 

ly 1 mouillée : talyeûr (tailleur), gâlyoter (à distinguer de 

gâyloter). 

Remarques. — i . Sauf ss, la consonne n'est doublée que dans 
les rares cas où elle se prononce double : elle ènn' ala, dji coûrrè 
(je courrai), i moûrreût (il mourrait). 



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2. Nous marquons de la minute (') toute consonne finale qui 
se prononce alors que, dans le correspondant français, elle reste 
muette : prôf (prêt), fris' (frais), nut' (nuit), i met' (il met), 
toûbac' (tabac), gos' (goût), ares' (arrêt), èstîn' (étaient). 

3. La consonne douce finale se prononce forte à la fin de 
l'expression ou devant une consonne initiale forte : il est pauve 
(= pàf)\ i veut dobe (= dtp) ; on pauve timps ; on grand ma- 
nèdje (= mantfch). Elle reste douce devant une initiale voca- 
lique (on pauve èfant) ou devant une consonne initiale douce 
(ine pauve djint). 

4. L'apostrophe s'emploie pour remplacer une voyelle élidée : 
i n' dit rin ; dj'ènnè vou ; qui 'nhè vout ? ; èco 'ne fèye ; prandj'ler 
ou prandjeler; doûç'mint ou doûcemint. 

5. Nous écrivons : il èst-èvôye (pron. tstt) ; il est pris (pron. 
tprï) ; il a-st-avou ; mi-âme (pron. myànt) ; ti-^ye (pron. tyèy ; 
ard. = ton aile). 



*. 
* * 



En somme, nous suivons de près l'analogie du français dans ce 
qu'elle a de légitime et de facilement intelligible, c'est-à-dire dans 
tous les cas où l'équivoque n'est pas possible. Ainsi nous écrivons 
en wallon les finales muettes (consonnes ou voyelles) qui existent 
dans les mots français correspondants ; cela nous permet de noter 
les désinences du pluriel et du féminin, les multiples formes de 
la conjugaison, et de rappeler le passé de la langue, tout en 
montrant les liens de parenté qui unissent le wallon au français. 
Au reste, nous recourons au système phonétique toutes les fois 
qu'il est nécessaire. 

Dans ce domaine comme dans tous les autres, nous remercions 
nos correspondants qui nous ont transmis d'utiles indications, et 
nous les prions de nous signaler les cas particuliers à leur dialecte 
qui ne se trouveraient pas enregistrés dans le tableau précédent. 



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Yocabnlaire-Qnestionnaire (5 e cahier) 

PREMIÈRE LISTE AF- 

Comment répondre à nos questionnaires ? 

Question capitale pour la bonne marche de l'œuvre ! Il faut en 
effet que nos correspondants soient réellement des collaborateurs, 
qu'ils nous apportent des indications précises, vraiment utilisables 
au point de vue scientifique ; d'autre part, au point de vue 
pratique, il importe que le dépouillement des cahiers puisse se 
faire, pour ainsi dire, automatiquement, ou tout au moins qu'il 
prenne le moins de temps possible. 

Certes, nous devons craindre que des recommandations trop 
minutieuses n'aient pour résultat de décourager certaines bonnes 
volontés, qui se sentiraient mal préparées pour la tâche qu'on 
leur demande. Que ces correspondants se rassurent : leur appoint, 
quelque modeste et imparfaitement noté qu'il puisse être, sera 
toujours le bienvenu. Il peut en effet orienter les enquêtes 
personnelles que nous faisons chaque année sur divers points de 
notre domaine linguistique. Grâce aux réponses venant des 
localités voisines, grâce aussi à nos connaissances personnelles, 
nous sommes â même, dans la plupart des cas, de les comprendre 
à demi-mot et d'interpréter rigoureusement ce qui risquerait 
d'induire en erreur un profane. 

Mais la grande majorité des correspondants, nous en sommes 



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— 8 — 

convaincus, voudront, en suivant pas à pas nos instructions et en 
comprenant les raisons d'ordre pratique qui nous les inspirent, 
simplifier considérablement notre tâche déjà si lourde. C'est 
pourquoi nous ne craindrons pas d'entrer dans le détail même 
minutieux : 

i. Lisez attentivement ce vocabulaire, article par article, en 
commençant par le début et en vous attachant surtout à ce qui 
concerne votre région. 

2. N'écrivez pas dans le texte imprimé : vous nous forceriez à 
recopier vos annotations ( l ). 

3. Si le mot vous est inconnu et ne vous suggère aucun 
synonyme intéressant, ou si vous avez déjà fourni le renseigne- 
ment demandé, passez outre. 

4. Consignez vos annotations sur le feuillet blanc en regard 
de l'article. Écrivez lisiblement à l'encre, sur un seul côté du 
feuillet blanc. 

5. En tête de votre réponse, afin de faciliter nos classements, 
rappelez entre parenthèses le mot-tête de l'article auquel elle se 
rapporte. Veillez à ce que ce titre ne puisse être confondu avec 
la réponse même. 

6. Si le mot est employé chez vous, notez sous quelle forme, 
dans quel sens. S'il est inconnu, quel synonyme emploie-t-on ? 
Donnez tous les renseignements que l'article vous suggère et 
surtout des exemples courts, caractéristiques, bien authentiques : 
proverbes, dictons, usages locaux, etc. Attachez- vous à éclaircir 
les questions douteuses relatives à votre patois ( 2 ). Signalez les 
erreurs et les omissions que vous relèveriez. 

( l ) De plus, le texte restant intact, nous pouvons, une fois le dé- 
pouillement terminé, faire interfolier à nouveau votre exemplaire 
spécial, qui servira de la sorte indéfiniment. 

( 2 j Nous entendons par là notamment les articles précédés d'un point 
d'interrogation. 



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— 9 — 

7. Signez lisiblement chaque réponse et indiquez chaque fois 
la localité où s'emploient les mots que vous signalez ('). 

8. Toute page sur laquelle ne figure qu'une seule réponse est 
détachée et constitue une fiche. — Quand une page doit contenir 
plusieurs réponses, ce qui est le cas ordinaire, ayez soin de laisser 
entre elles un petit espace blanc pour qu'on puisse aisément 
découper les différentes réponses, dont chacune sera, par nos 
soins, collée sur une fiche spéciale. 

q. Adressez les envois au Secrétaire, rue Fond-Pirette, ySj 
à Liège y un mois au plus tard après avoir reçu le vocabulaire. 
Il vous en sera immédiatement accusé réception. 



afâbe (liég., verv.), adj. y affable; s. m., qui fraie avec les petites gens, 
le contraire du liég. grandi veûs. | afàbemint, adv. } affablement. | 
?aiàblisté For., s./., affabilité. 

a-façon (Wiers), d'à- façon (liég.), /oc. adv., convenablement, comme 
il faut. 

afactôter (Spa), ». tr. y emmailloter grossièrement. 

afadi (Mons), ». tr., amollir, énerver. 

afagner (Dasn.), afagni (Spa: Stav. Dkïr. ; Prouvy, Chiny),afag , nl 
(Ucimont, Offagne), èfagner (Faymon ville), èfagni (For., Rkm.), 
». tr. t enfoncer (dans la fagne), embourber; affaisser qqch ; — ». rifl., 
s'enfoncer (dans la fagne), s'embourber ; fig. s'embourber dans le 
mariage; — au participe , èfagnl = malheureux en ménage (For.). 

afagoter (Scry-Abée), afagotl (Vielsalm), ». tr., fagoter, accoutrer. | 
afagotèdje, s. m., accoutrement. Comparez afahener. 

( l ) Ces indications sont indispensables, surtout la dernière. Elles 
peuvent être données sans perte de temps à l'aide d'un cachet ou d'un 
timbre en caoutchouc ou encore au moyen d'un de ces petits composteurs 
qui servent de jouet aux enfants : on en trouve partout d'excellents à un 
prix minime, ffr. 50 environ. 



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— IO — 

t afahant (Duv., Baill., For.), adj. et s., affamé, avide; voy. rafahant. 

afahener (Mal m.), afahoner (Darion), afahl (Neuville-Vielsalm), 
v. tr., fagoter, emmailloter, accoutrer. | afahenèdje, s. m., afa- 
henore (Malm. Scius), afahore (ib. Vill.), s. /., accoutrement ; 
Villers ajoute : « ce qu'il faut, le tu autem ». Comparez afagoter. 

afalre et aussi autrefois afé (Rem.*, Lob., Gggg.), afàre (Wavre), s. /. 
{souvent aussi masc. } surtout au sens collectif de objets), 1 . affaire, avec les 
différentes significations du franc. : c'èst-one afé (Lob.) = c'est un mal- 
heur. | pont d'afaîre sins cause (Namur) = point d'effet sans cause. ; 
fè dès afaîres== faire des cancans, des embarras. | èssedu bone afaîre 
(Faymonville) = être de bonne composition, de bonne humeur; èsse 
du bone afé (Malm. Vill.) = être de bon accord. | afaîre di (liég.) = 
en vue de. | aveûr afé d'one saqwè (Faymonv.) = avoir besoin de 
qqch ; avez afai d' cha? (Stambruges) = avez-vous emploi de ça ? — 
2. chose concrète, objet matériel, mot général permettant d'éviter le 
terme propre. \ Spécialement organe sexuel. | neûre afaîre (Chaineux)= 
méconium. | èsse a ses afaîres =être à ses menstrues. [Ne trouve-t-on 
pas en gaumais afâre au sens de métairie et afâres au sens de dépen- 
dances d'un fief ?] J afalré (Div.), afalrl (For.), ad/., affairé, embe- 
sognè. | afalri (Duv., For.), v. tr., charger de beaucoup d'affaires, 
surcharger de travaux; — v. intr., être affairé, sembler avoir beau- 
coup à faire. 

a-fait (liég., verv : Dasn., Nain., MonsSiG., rouchi), a-fét (Monceau - 
s. -S.), loc. adv., au fur et à mesure: voy. faît'-a-faît' | à fait' di, loc. 
adv., 1. a propos de; — 2. au courant de, habitué à. | afaitemint 
(Ouest-wall.), adv., parfaitement, tout à fait. 

afalti (liég., verv., Nam., Mons Sig.), af/ti (Faym.-Weismes), v. tr. 
etréfl. t (mettre au fait), affaiter, accoutumer, habituer (une personne 
ou un animal à une action), apprivoiser (un oiseau de proie), accli- 
mater, aguerrir; syn. ac'mwède. | afaltèdje, s. m., afaltihance, s.f, 
habitude, accoutumance: d'afaîtèdje, loc. adv., d'habitude. 

s'afalèy(gaum.), 8'afali(Stav., Marche-en-Fam.), v. réff. s'affaler, s'af- 
faisser, se fatiguer. | afalokl (Malm. Vill., Scius), v. tr. t affaler, 
affaisser, accabler par la chaleur; le plus souvent employé comme adj. t 



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— Il — 

affalé, affaissé, accablé (Stav.), exténué de fatigue, de froid, de faim 
ou de soif (Stav. Dktr.); afaloké (Dasn.), engourdi, transi. 

afamâ, -âde (Dkjabr ap. Gggg. ; Duv.),« goulu, goinfre, avide, etc. ». 
, afamer (liég., verv., malm., Marche-en-Fam.), afam£ (Ellezelles), 
I. v. tr., affamer, couper les vivres: afamer un habit (où?)=. épargner 
trop l'étoffe ; afamer une terre (Wiers) = la miner, creuser un fossé 
de façon à décharner la terre du voisin pour se l'approprier. | II. v. 
intr., être affamé (verv., ard., Famenne) ; le plus souvent employé 
comme ad/, ou subst., affamé, famélique, d'où gourmand, glouton. | 
afamôyemint (For., Rem., Lob.), adv. t avidement, gloutonnement, 
goulûment. | afamèdje (Malm. Vili..), afamiôdje (ib., Scius), s. 
m. t action d'affamer; famine. 

afanci (gaum.), afoncer (liég., verv., stav., Wall, pruss., Nam. Pirs.), 
afonchè (Romedenne), I. v. tr. i. enfoncer, engloutir, engraver, 
enliser: — 2. creuser, fouir, approfondir, effondrer, labourer profondé- 
ment (vov. èfoncer). | II. v. intr. 1. foncer, fondre sur; — 2. s'en- 
foncer, couler à fond, chavirer. | afoncener (Malm. Vill.), 
èfoncener ou èfoncerer (Faymonville), v. intr., embourber. \ 
afoncemint (For., Rkm., Lob., Vili..), afoncèdje (Lob.), afon- 
cihèdje (For.), s. m., afonceûre (For.), 5./., enfoncement, enfon- 
çage, enfonçure; cavité, creux, excavation, Hache ou pavé enfoncé; 
arrière-corps d'un bâtiment. | afonceû (Lob.), s. m. t 1. bouloir ou 
boulon des teinturiers; 2. cric-foucon à l'usage des dentistes. 

afand, -de (Chinv), ad/., profond, -de: voy. avant, -te, même sign., à 
Tintigny. [Aurions-nous un substantif de même composition dans cet 
exemple du Dictionnaire manuscrit de Baillkux : Oh ! qu'a-t-èle [Eve] 
fait on grand afon qwand 'le bouta 1' pome divins s' grognon I {Pièce 
de vers conte lès feumerèyes , vers 31). 1 | afandrèy (gaum.), afondrer 
(Virton : Maus, Voc. ms. ; liég., verv., Malm. Vill.), afondri (nam. 
Gg(Kt.), 1. v. tr., 1. effrondrer, creuser, fouiller et remuer; — 2. enfon- 
cer, précipiter dans un gouffre, engloutir. | 11. v. intr. et rêfl.* aller à 
fond, s'effondrer, s'enfoncer profondément dans une ornière, dans 
l'eau, etc., s'embourber, couler bas, chavirer (voy. èfondrer). | afon- 
drihôdje, afondrihemint (Duv., For.), afondrumint (Malm. 
Vill.), s. m., effondrement, enfoncement, défoncement ; abîme, 
creusée. 



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— 12 — 

afant (gaum., Neuvillers, Botassart, Wiers, Tourcoing, picard), èfant 
(liég., verv., ard., etc.), s. m., enfant. 

afàré (Duv., Hub.), ad/, et subst., « étonné, étourdi, effrayé, épou- 
vanté ». Comparez rafâré. 

afârer (où ?), v. intr., être affamé, avoir faim. Comparez rafârer, afahant 
et rafahant. 

afaufller (Ciney, Viesville, Charleroi), v. tr. f faufiler à ; v. réfl., se 
faufiler dans, s'introduire subrepticement dans (Ciney). | afaufilûre 
(ibid.), 5./., faufilure. 

? afaul, s. m., que donne le Die t. de Dom François, avec le sens de « bou- 
chon de cabaret, enseigne », se trouve-t-il en gaumais ou ailleurs t 

afaustriyl (Nivelles), v. intr., tricher. | afaustriyeû (ibid.), s. m., 
tricheur. 

afe, s./., (généralement au pluriel : dès afes, d'où au sing.ZBÎé), i . aphte 
et en général plaie et ulcération de toute nature siégeant dans la 
bouche: par plaisanterie, d' l'eau d'afe (Mons) = du genièvre; — 2. la 
stomatite aphteuse. 

afé, voy. a faire et afin. 

8 , afé(Verv.; Stav. Detr.), se faire àqqch, s'accoutumer à, surtout à une 
idée : dju n' m'è pou afé ! 

afèbli (liég., verv., ard.; Rem., Lob.), v. tr., affaiblir. | afèblihemint 
(verv., Wall, pruss.), s. /., affaiblissement. [Ce sont des néologis mes 
pouraittkvfi, aflâwihemint.] 

afécsieûs,-eûse (Stambruges), ad/., câlin, -e. 

afôcter (For., Rem., Lob.), v. tr., affecter: v. réfl., s'afficher, braver les 
convenances (Lob.). | afèctèdje (For., Rem., Lob.), s. m., afèctà- 
cion(FoR., Lob.), 5./., affectation, ostentation, afféterie, mignardise. | 
afèctéyemint(FoR.),^t/., avec affectation. | afècteû,-eûse(FoR.), 
ad/, et s. m. ou /., (homme, femme) qui agit ou parle avec affectation. 

af&mèy (Tintignv), afumèy (Chiny), afumyi (Vonêche), afoumè 
(Lavacherie), èfouml (liég., verv.), v. tr., enfumer ; spécialement à 
Lavacherie : enfumer les sabots dans une « afunkerie » ; voy. afeûki. 



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— 13 — 

afènemint ou aûnèdje (For.), 5. m., action de diminuer à force d'è- 
bouillir; technol., affinage. | afiner, v. tr., (faire) diminuer (un 
liquide) à force de (le) bouillir ; épurer, consommer (For.) ; — 
v. intr., ébouillir (GGGG.)- | aflné, part, passé, réduit, épuisé, échiné 
(Stav.). | aflneû, 5. m., affineur : molin-afineû, chèf-afineû. 

afèrète (Bourlers-lez-Chimay), s. f, ferret, morceau de métal qui 
termine un lacet ; voy. fèrète. 

aférir (Wiers, Mons Dklm.), v. unip. et dèfectif. Ne s* emploie guère qu'à 
la 3 e p. s. ind. pris, il afièrl (cToù le bizarre infinitif affiérer forgé par 
Drlmoite) : il convient, il sied, il appartient ; au ré/!., il signifie 
avoir des aptitudes pour qqch, s'y prendre habituellement. | afîérant 
(Wiers), adj., séant, convenable, opportun. 

afèrlicokèy (S^-Marie-sur-Semois), adj, et subst., effaré; voy. abèrli- 
ficotè (Givetj. | afurlicoté (Dasn.), adj., * freluquet, grimacier 
gaillard >. 

afèrlouyl, -lye (Charleroi), adj., éperdu, -ue. 

afèrmi (Rem., Lob.), v. /r., affermir. | afèrmihèdje(LoB.), afèrmihe- 
mint (Malm. Vill. ; Faym.-Weismes), 5. m., affermissement, appui. 

afèrté ou afôrteû (Ellezelles, Wodecq), adj., agile, vif, frétillant, alerte : 
i n'e nî si fort, mais i-e pus afcrteû qu' l'aute. 

afeûki (Viesville), èfoukl (Meux), adj.. pris au nez par la fumée. | 
afunkerie (Lavacherie), s.f, t. de sabotier, « enfumerie », construc- 
tion en pierres munie de traverses de bois, sur lesquelles on superpose 
les paires de sabots pour les enfumer : voy. af&mèy. 

afeuwer (Berzée, Charleroi), afèwè (Givet), afouwer (ardennais ?), 
v. tr., mettre à feu, allumer, enflammer {voy. liég.-verv. èfouwer : 
animer, exciter) : l'abcès s'afeuwe (Berzée) = l'abcès s'enflamme; lès 
îs tout afeuwès (Charleroi) = les yeux tout enflammés ; à Givet, l'adj.- 
part. = affairé, empressé (voy. liég.-verv. èfouwé, même sign.). 
afeuwûre ((charleroi, Jumet, Monceau-sur-Sambre, Nivelles), s./., 
flamme vive, flambée qu'on fait dans le four pour hâter la cuisson du 
pain. | afouage (Mons Dklm.), afuâdje, afouwadje (ard., ches- 



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- i 4 - 

trol., gaum.), afouwèdje (liég. For.), s. m., affouage, droit de 
ramasser dans les bois communaux le bois nécessaire à son chauffage. 

a-fèyes (liég.), a-flyes (nam.), /oc. adv., parfois. 

aûche (Hub. ), forme empruntée du français, et afitche, aflitche [ne pas 
confondre avec aflidje; voy. aflidjer], afuche (Court -S 1 - Etienne), aflke 
(Mons), s.f. 

1. i. agrafe, boucle (Mons Delm.) ; affiquet, porte-aiguille à tricoter 
(Mons SiG., voy. afigot, aficau,afikèt,mAf« sign.) ; plur. parures, petits 
ajustements de femme (Mons Sig.); employé adjectivement, m. et f, 
adroit, futé (Mons Sig., Let. ; rouchi Hécart) : vrées gins afikes 
(Bu//., t. 48, p. 40), mais ne se dit guère que et une petite fi//e et substan- 
tivement : finette, futée, dégourdie, madrée (Mons Delm.). 

2. aflitche di mèstî : « plaque en métal, sur laquelle étaient ciselés des 
emblèmes et que portaient au cou dans les cérémonies les varie! s des 
corps de métiers » (nam. Gggg., II, 495; Dict. tns. de F. D). 

3. fruit de la bardane, capitule du lappa m in or ou arctium lappa, qui 
« s'affiche », s'accroche aux vêtements (liég., verv., etc.) ; s'appelle 
aussi achèye, caîwe, cawe-è-cou, ponte-è-cou, plake-madame, etc. 

II. affiche, annonce au public, écrite ou imprimée, fixée à une porte, à 
un mur. [La forme aflitche en ce sens se trouve à Neerheylissem]. 

aâcher (For., Hub.), forme empruntée du français, et aûchl (Nam. 
Pirs.), ailchi?(Genappe), afuchi (Court-S^Étienne), afltchl (liég., 
verv.),afitchi(Stav. Detr., Tourcoing), afitier(Stambruges), afiker 
(rouchi HÉc. ; Wiers ; Mons Delm.), v. tr., 1. ficher, fixer, appliquer, 
attacher solidement avec un clou, une épingle (HÉc; Mons Delm.; 
Wiers, Stambruges) ; attacher, joindre adroitement (Tourcoing, Mons 
Leïell.) ; d'où, au figuré, riposter vigoureusement, river le clou (Mons 
Delm.); /. de cord., « couper les extrémités du cuir lorsqu'il est sur la 
forme »?(Lob.) ; v. réfl.,se coller, s'attacher avec force (Stambruges) ; 
II. 1. afficher, poser une affiche, par tic u/ièrement annoncer des fian- 
çailles, un mariage par un avis officiel affiché (For. : Genappe, Beau- 
mont, Stambruges), (Toit, au réfléchi : se mettre aux affiches, se fiancer 
(Wiers); 2. afficher, étaler, faire montre de. | afltchèdje, afitche- 
mint (For.), s. m., affichage. | afltcheû (For.), aflcheû (Nam. 
Pirs.; Charleroi), afucheû (Court-S '-Etienne), s. m., afficheur. 



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— 15 — 

aflder (For., Stav. Detr.), aûder (Rem., Lob.), v. tr., U plus souvent 
efnployé cotntne ad/. -par t. ou comme substantif f affidé, affilié, confident, 
partisan, complice, conjuré; afidéàdjeû(LoB.) = croupier. 

aûèrger (Dasn.), v. tr., entraver. | aflèrges (Dasn.), s. /., entraves 
fixées aux pieds antérieurs d'un cheval. [Syn. à Malmedy : èftdje 
(Vnx.),èfurdji (Seras); à Stavelot : èfrape, èfraper ; cf. Gggg. H, 523]. 

aflgnoler (Gggg.), v. tr. t affrioler. 

aflgOt ou ohê as tchâsses (Body, Voc. des tourneurs, 10, 211), .«. m., 
affiquet, petit étui de bois ou os de pied de mouton que les tricoteuses 
portent à la ceinture pour y fixer les aiguilles. Voy. p. 14 afike (Mons) 
et comparez le rouchi afikèt ou oche a tricoter (Lille Verm.), aficau ou 
afico (Hbcart) ; syn. bouta (Hannut), wayîme (For.). [N* existe- t-il pas 
une distinction entre t emploi de /'afigot et celui de /'ohé as tchâsses ?] 

1. ailler (liég., verv., etc.), aille (Vonêche), aûlèy (gaum.), aflyer 
(Faym.-Weismes), I. v. fr., affiler, donner le fil à un tranchant, par 
ext. tailler en pointe, aiguiser, affûter, effiler, amenuiser ; afiler lès 
pleûs Lob., /. de coutur., froncer les plis. | aflleû, s. w., affiloir. | 
aillant (liég., verv. ; Dasn., gaum. ; Stambruges), adj., affilé, tran- 
chant, bien aiguisé. — Le Dict. ms. de Duvivier dit : « effilé ; je crois 
plutôt faufilant »?| afllé (Malmedy Vill.), adj., éveillé, ératè, 
espiègle. | II. v. tr. ; un sens perdu « mettre en file » se serait conservé 
dans U 5. /. aflléye, afllèye, file de chevaux, de bœufs (Genappe) ; 
d'afiléye, loc. adv. t d'affilée, à la file, sans interruption; et peut-être dans 
le 5. vi. ou f aillé (Mons Let., Stambruges), aillée (HÉc), afllèt 
(Nivelles, Genappe, Charleroi, Viesville, Mons Sig., Dklm., Let., 
Wiers), afll£ (Ellezelles, Cambron-S l -Vincent), corde attachée à la 
rêne du cheval de volée ou de devant et servant à le guider;^, chaîne 
qui attache les galériens (HÉc.) | tini l'afilèt (Nivelles) = prendre la 
direction de qqch. | cheval d'afilèt ou de bride = cheval de gauche et 
que Ton conduit, sur lequel le conducteur monte à l'occasion ; fig. 
personne qui dirige une maison, une ferme. 

2. afiler, -èy (gaum., chestr.), v. tr., enfiler (une aiguille); liég. èfiler. 

afllouter (Duv., Baill., For., Rem., Lob.), v. tr., filouter, voler avec 
adresse, escroquer. | afilouteréye (For., Rem.), 5. /., filouterie, 



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— 16 — 

escroquerie. | aûloutèdje (For.), s. m., action ou manière de tromper, 
filouterie. | afllouteû (For., Rem., Lob.), afllouteû se ou aûlou- 
terèsse (For.), adj. et s. m. et /., filou, escroc. 

afin (For.), afé (Rem., Lob.), aft et afîs' (Duv.), âfis' (For.), 
suivi de di ou de qui, loc. prêp. ou conj., afin de ou afin que. 

afin (Hub.), ail (Duv.), adv., enfin, finalement, après tout. 

aflrmer, -èdje (Lob.), affirmer, -ation. Le terme wallon est plutôt 
acèrtiner. 

afister, voy. afuster. 

afistolè( Marche-en- Famenne), afistoler (Duv., For., Chapon-Seraing, 
Mons Sig., etc.), aflstolèy (gaum.), v. tr., accoutrer, arranger mala- 
droitement ; v. rêfl., s'arranger, s'ajuster, s'atinter. 

aflyanti (Offagne), v. tr.^ amincir en forme de bec l'extrémité d'une 
pièce, d'un pieu. 

8 , afiyer(ard.),8 , afyer (Faym.-Weismes), s'aflyl (Duv., Gggg., Rkm., 
Lob. ; Malm. Villers ; Nam.), s'aflyi (Stav. Detr.), se fier à ; — à 
Ucimont : s'accorder, se fiancer; — s'afiyi qui (Stav.) : compter que ; 
« ma-fîe-ju * (Gggg. II, 53) doit être lu m'aftye-dju = sans doute, 
certainement. | aûyant, -te, adj. confiant, -te. | afiyince, s. /., 
confiance. 

a flache (Nam.), a flahe (liég., verv.), loc. adv., à foison, en abondance. 

aflachi (Charleroi), aflâki (Stambruges), aflakir ou -er (Wiers), 
peut-être aflassi (Solwaster), v. tr., infléchir, courber vers le sol, 
affaisser, abattre, précipiter contre terre, écraser, briser. [N'existe- t-il 
pas un liég. -verv. aflahî, signifiant lancer (contre terre) vers celui 
qui parle?] | v. rêfl., s'affaisser, s'abattre, s'évanouir, d'où, coftime adj. : 
affaissé, abattu; à Stambruges : avachi, aveuli ; à Wiers : flétri, fané. 
aflacheû (Charleroi, Crèquion II, 45, 1), s. m., brigand (?). 

aflani (Cras-Avernas), adj. et part., fané, flétri, se dit spécialement des 
betteraves et des pommes de terre dont les feuilles sont jaunes et ont des 
taches', voy. flani (ardennais). 

? aflater (picard), v. tr., caresser, aduler, amadouer, existe- t-il en wallon, 
à côté de raflater (Mons Delm. : radoucir en flattant) ? 



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— 17 - 

aflàwi (liég.), aflauwi (Nam., Court-S^Étienne), afwabli (Malm. 
Vill.), aflâwi (Malm. Scius: Faym.-Weismes, Robert ville), I. v. 
tr. t i. affaiblir, débiliter; 2. diminuer par le rabot, amenuiser (Rkm.) ; 
| IL v. intr., faiblir, tomber en pâmoison (Wall, pruss.). | aflàwi- 
hant, ad/., affaiblissant, débilitant. | aflàwihèdje, aflàwi iiemint, 
s. m., affaiblissement, débilitât ion ; voy. afèbli. 

afler (Ruette-lez-Virton), aflèy (Chiny), èflèy (Tintigny), infler 
(liég. ; le terme populaire est hoûsser), v. intr., enfler, gon'îer. | afleûre 
(gaum.), 5./., enflure; liég. infleûre. 

afleûri, aflori (FoR.),afleûrer (Court-S'-Ét.), I. v. tr.,\. t. découvreur, 
maçon, arm. t affleurer, araser, mettre de niveau, rejoindre deux points 
à un même niveau, réduire à une même surface deux corps faisant 
saillie l'un sur l'autre ; /. dtartn., égaliser les pièces avec le bois; t. de 
meun., rapprocher les meules pour rendre la farine menue et douce 
à la main : — 2. /. tTarm., effleurer, entamer à peine une pièce avec 
la lime. | II. v. intr., affleurer, être au niveau de. | afleûri hemint, 
afleûrihèdje, s. m., 1. affleurement, action et manière d'affleurer, 
(For.); — 2. /. dartn. effleurement. 

aflidjer (ard. ; Faym.-Weismes; pic), afliger (Wiers, Stambruges; 
HÉc), afligi (Tourcoing), aflidjl(liég., verv. ; Nam., Court-S l -Ét. ; 
Ellezelles, Charleroi), aflidji (Stav.), v. tr. f 1. affliger, causer des 
blessures, mettre à mal. Au passif , être atteint d'une infirmité, d'où le 
part .passé employé comme adj . etsubst. estropié, impotent, perclus, etc.; — 
2. affliger, attrister, causer de l'affliction. | aflidjant, adj., affligeant, 
désolant. | aflidjèyemint ( For. ),adv., douloureusement. | aflicsion 
(For., Rem., Lob.), 5./., affliction. | aflidje (For., Rem., Lob.), 5. 
/., 1. affliction ; prov. : èsse ritche d'on tonê d'aflidjes et d'on trawé 
huflèt = être riche de maintes tribulations (d'autres traduisent par 
tonneau d'immondices) et de futiles objets, être dans le dénuement le 
plus complet ; — 2. fléau, calamité, désolation (Nam. Pirs.). [Ne 
pas confondre avec aflitche ; voy. Part, afiche.] 

afligoté (Darion, Chapon-Seraing), adj. f souvent précédé de fadv. ma : 
accoutré. Cf. fligotes (ard.) : guenilles. 

a flohe, a flouhe, /oc. adv. , à foison, en abondance ; d'où afloher (Robert - 
ville), aflouhl (liég., verv. ),aflouwer(Duv., For.),», intr., affluer, 

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- 18 — 

survenir en foule. | aflouhe, s.f., afflux; affluence (de monde), foule 
(qui arrive). | aflouwince(Duv.), s./., affluence, abondance. | aflo- 
hemint d'êwe, s. m., t. de houilL, niasse d'eau ramassée entre des 
piliers par une digue accidentelle. 

a flots (Lob.; Nivelles), loc. adv., à foison, en abondance. 

afloyi (Hervé), voy. afroyî. 

aflûtcher (Robertville, Faymonville), aflûtchi (Stav. ; Malm. Vill., 
Scius), aflûtchi (Verv.), v. intr., accourir, se sauver vers; appa- 
raître soudain et à l' improviste; v. rifl., s'insinuer auprès de qqn 
(Verv.) | aflûtchant (Faym.-Weismes), adj. t vif, leste, expéditif. 
aflûtiène (Malm. Vnx.), s./., * diablotin, petit lutin, espiègle ». 

aflûtiau, voy. afutiau. 

afochené (Virton : Maus, Voc. gaum. tns.), ad/., triste, contrit. 

1. afoler, v. tr., affoler; au part, passé employé contînt adj. : ahuri 
(Stav. Dktr.), comme subst. : fou, simple d'esprit (Tourcoing). | 
afoléye, s. /., 1. folie, sottise, hâblerie (Gggg.); — 2. chose inouïe, 
étrange (For.) : — 3. néol. affolement (L. Colson, Ces (eût 'ne fey 9 
p. 123). | afolemint (Court-S l -Étienne), 5. m., affolement. 

2. afoler (liég., verv. ; Malm. Vill. ; Faymonville, Offagne, Namur ; 
Mons Delm. ; Wiers), afolèy (gaum.), v. tr. t fouler, blesser, estro- 
pier; — (gaum.) donner un coup violent dans les parties naturelles ; 

— (roue h i HÉc.) étourdir au moyen d'un coup appliqué sur la tête; 

— (Wiers) abattre, engourdir; — v. réjl., se fouler, se blesser, se 
luxer, s'estropier (sur une pointe ; à Vottem, Mil mort, Hermée, 
Herstal, etc.); — (gaum.) se donner une hernie. | afolé, adj. et 
subst. y estropié, perclus, impotent; — (gaum.) qui a une hernie; 
(Wiers) abattu, éreinté, surmené. | afolèdje (For., Lob.), s. m., 
afoleûre (liég., Rkm.), -are (verv.), -ore (Stav. Detr., Wall, 
pruss.), -ûre (Nam., rouchi HÉc), s. /., foulure, entorse, estro- 
piement, mutilation. 

afonnè (Botassart), v. fr., percer d'un coup de « fonne * ou fouine 
(espèce de trident) ; voy. fonne (Chiny, S 1 Hubert), fône (Dasn. ; 
S 1 * Marie-s.-Semois). Comparez afourtchi. 



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- 19 - 

afontener, v. fr., /. de brasserie, donner le premier mouillage au mali 
et à la farine de froment mélangés pour en former une pâte qui, par 
l'addition graduelle d'eau, devient le moût. | afontenèdje, s. m., 
action d' « afontener », mouillage de la farine. 

aforain,-ne(anc.-wall. ; rouchi Hec. ; MonsSiG., Delm.), aforan,-te 
(liég., verv.), afwèran (Nessonvaux : Gggg. II, 496), ad/, et suis t., 

1. étranger, -ère; survenant (Gggg., Duv., For., Rem., Lob.), 
habitant d'une commune voisine (Sig.), passe -volant (Rem., Lob.); — 

2. empressé à l'excès, précipité, étourdi, évaporé; effronté, impudent, 
arrogant, présomptueux (Lob.); libre dans ses propos (Nessonvaux). 
Comparez aforé. 

a force, a force (où?), a fwèce (liég., verv.), a fwace (malm , 
nam.), loc. adv., à force, de force, à foison, en abondance; a fwèce 
di : à force de. | aforcer (DASN.),afôrcèy (gaum.),afwarcer (ard., 
Malm. ?), afwarci (Stoumont, Faym.-Weismes), afwèrci (Duv., 
For., verv.), v. tr., enforcir, renforcer, fortiâer, encourager, particu- 
lièrement dans la formule de souhait : (Qui 1' bon) Diu ou Diè v's 
afwèce ou afwace I adressée aux travailleurs (Faym.-Weismes), à celui 
qui éternue (Sou mont). [DuviviER et HUBERT altèrent t expression en 
« dji v's afwèce : Dieu vous garde ; je vous salue ».] 

aforé (Gggg., Duv., Rem., For.), i. s. m., présomptueux, (qui a l'air) 
avantageux. Comparez aforain. 

afôré, ad/., bien garni de fourrage. | afôrer, v. tr., donner la « fore » 
ou ration aux bestiaux. [Comparez le montois rafourer, même sign. ; 
rafourée : fourrage qu'on donne aux bestiaux. — JVexiste-t-il pas un 
liég. afôrêye ? Cf. fore, fôrêye.] 

aforer (Duv., Gggg., For., Hub.,Lob., ard. Body, Wasseiges, Mazy, 
Nam. Pirs., Mons Delm., Viesville, Stambruges), v. tr., 1. forer, 
mettre (un tonneau) en perce, d'où (à Stambruges) mettre une besogne 
en train ; — 2. afforer, taxer la bière (coutume de Mons). | ma aforant : 
mal perçant, douleur térébran te. | aforé (Saint-Hubert), s. m., trou. , 
aforèdje (Rem., Lob.), s. m., 1. action démettre en perce; — 2. /. de 
droit féodal, afforage, droit qui se payait au seigneur pour la vente du 
vin, Jig. prémices, étrenne, prélibation ou droit du seigneur; fixation 



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- 20 — 

par autorité de justice du prix du vin ou de là bière (en ce sens la 
coutume de Mons disait afore, s.f). | aforeû (Wavre), s. «*., celui 
.. qui met (un tonneau) en perce ; sou tireur (?). Compares abrokî. 

aforèt (ard., chestrol., Das.w, gaum.), s.f., forêt. | Lieu-dit de la com- 
mune de Saint -Léger. 

afosser (Dasn.), afossè, afossèy. afosselèy (gaum.), v. tr., mettre 
dans une fosse, enterrer, enfouir ; liég. èfossî. 

afotcheler (Jupille), v. tr., tailler (un plant) en fourche; se dit surtout 
pour les haies. Comparez abodjeler on stok (ibid). = tailler un plant 
d'aubépine de façon à laisser plusieurs branches partant delà tige, à 
peu près au même endroit. 

afoûre (Gros-Fays), v. intr., déborder en bouillonnant : lu lacé afoût. 

afournèy (gaum.), v. tr., enfourner ; liég.- verv. èforner; — v. rift., 
s'empêtrer (Chiny). | afourneû (Virton : Maus Hrc.M5.),afournwè 
(Philippeville), s. m., afourneûre (Chiny), s.f., pelle à enfourner; 

voy. forneûre. 

» 

afourtcbi (Vonêche), afourtchl (Givet), v. tr. enfourcher; comparez 
afonnè. | Liég. -verv. : èfortchî. 

afouter (Villettes-Bra, Robertville, Faymonville), v. tr., lancer, jeter 
vers (celui qui parle) ; syn. adjèter, ahiner, ataper, etc. 

afouyemint, s. m., affbuillement, dégradation produite par l'eau qui 
creuse le fond d'une livière, les fondations d'un mur, d'une arche, 
etc. | afoy (Robertville), v. intr., arriver au jour en fouillant, se dit 
de la taupe. [Connait-on les formes afouyî, afoyî, afoyeter au sens de 
fouiller, creuser vers ?] | afoylre (fontinne di 1' — ), 1. d. de Jupille. 

a frâ (gaumais : S 1 * Marie-sur-Semois), loc. adv., employée dans l'expres- 
sion : layi in tchamp a frâ = laisser reposer un champ qu'on a labouré 
avant l'hiver pour les semailles du printemps; d'où cette terre s'appelle : 
in afrâ (gaum.), s. m. \ afrède (Rossignol), afr/de (Tintigny, S M 
Marie-s.-Semois), v. tr., mettre une' terre en « afrâ », déchaumer, 
c.-à-d. faire le premier labour. | afradadje, afridadje (gaum.), 
s. m. t déchaumage, premier labour pour retourner en terre les 
chaumes de l'êteule. 



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— 21 — 

afranchi (Duv., Nam. Pirs., Hainaut, Brabant, Maubeuge), afranchl 
(Flobecq), afranchir (Wiers), afrankir (Héc), afranki (For., 
Rem., Lob., Stav., Wall, pruss., Stambruges), afronki (Chapon- 
Seraing), v. tr. t affranchir (avec les différentes acceptions du français), 
en outre enhardir, puis garantir, répondre de (Lob.); d'où i. assurer 
contre l'incendie, les accidents, etc. — 2. au jeu de cartes, rendre maî- 
tresses des cartes de second rang ; | v. réfl., s'affranchir, cfoù s'enhardir 
(Duv., Nam. Pirs.; Stambruges, Maubeuge), s'assurer contre l'in- 
cendie, les accidents, etc. (Wiers). | afrankihèdje (For., Lob.), 
afrankihemint(F0R., Rem., Mal m. Vill.), s. m., affranchissement; 
garantie, décharge; /. de initier, action de finir une tige de fer et d'en 
enlever les extrémités à la cisaille : afranchissâdje (Monceau -s. -S.), 
afranchichage (Wiers), afrankichàge et afrankichemlt (Stam- 
bruges), s. m., assurance contre l'incendie, les accidents, etc. | afran- 
chisseû (Monceau-s.-S., Ellezelles), afranchicheû (Court-S'-Ét., 
Wiers), afrankicheû (Stambruges), s. ///., agent d'assurance. 

afrane (Fay mon ville), s. /., armoise aurone; voy. lavrone. 

afrèchi (gaum.), v, tr. f mouiller; v. réfl., se mouiller. 

f afrériation (Mons Sig.), s./., « acte par lequel on mettait filles et 
garçons, aînés et cadets sur la même ligne pour la succession, avant 
l'égalité devant la loi ». 

afrètier (Robertville), v. intr. f venir en frétillant. 

afreûs (liég., verv., etc.),adf. 1, affreux, horrible ; extrêmement désa- 
gréable : il èst-afreûs(Duv.)=ilest insupportable; - 2. considérable, 
énorme, immense, prodigieux, inouï : i-gn-a in-afreûs monde (Duv., 
Baill., For.) = il y a un monde fou ; — 3. ardent vers, avide : il èst- 
afreûs après 1' pèquèt ou po 1' pèquèt =* il a une passion extrême pour 
le genièvre. | afreûsemint, adv., 1. affreusement, horriblement: 
i fait afreûsemint tch^ud (Duv.) = il fait horriblement chaud ; — 
2. considérablement, énormément : i-gn-a-t -afreûsemint dès djins 
(Baill.) = il y a énormément de monde. 

1. africaine (gaum.), s. /., ancienne coiffure de femme, en étoffe légère, 
destinée à garantir la tête et le cou des ardeurs du soleil ; de là sor 
autre nom de halète. 



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— 22 — 

2. africaine (Mons Sig.), africâne (Gggg., Dvv., Baill., For., 
Stav., etc.), africande (Lob.), s. /l, africaine (Dût. de Trévoux) on 
rose, œillet d'Inde, nom vulgaire de la tagète dressée. 

africote (Gggg. I, 323 ; II, xxxvi), ad/., joli. | africoté, adj. y sédui- 
sant (Andenne), qui sait se parer (environs de Huy). | africoter 
(For.), v. tr. t affrioler, attirer; v. ré/l., se mettre en habit de gala, 
s'habiller d'une manière attrayante, se pimper (Gggg., For.). 

afriyàndir (Dasn.), v. tr. t affriander. 

afriyolant, adj., affriolant, appétissant. 

afrohi (Stav. Detr.), v. t?., « affaisser, abaisser» ; correspondrait à 
un composé franc. « afroisser », c.-à-d. abaisser en comprimant. | 
afroher (Robertville), afrohi (Fontin-Esneux), v. intr. t arriver à 
travers, en froissant tout : cisse vatche la m'abwèrgnîve et dj' pinséve 
qu'èle aléve afrohî oute dèl hâve po m* souk! (Fontin-Esneux). [Ne pas 
confondre avec afroyî.] 

afront, s. m., affront, avanie, injure : fé afront (Duv.) = humilier, 
réprimander, adresser des reproches ; afront d' gueule (HÉc, Stam- 
bruges) =^<^fw«*H/ bon repas manqué ou morceau tombé, d'où affaire 
ratée, déception. | afronté (liég., verv., hesb., ard., Nam. Pirs., 
Charleroi, Viesville, Stambruges, Wiers, Mons Sig., Tourcoing, HÉc), 
afronté (chest roi., Dînant), afrontèy (gaum.), adj. et subst. , effronté, 
impudent. | afronter (liég., verv., Namur, Flobecq, Nivelles, 
Viesville, Stambruges), afronté (EUezelles), v. tr. f 1. affronter, 
attaquer avec hardiesse, provoquer; v. rifi. t s'exposer au danger; — 
2. faire affront, tromper, séduire (une jeune fille), abuser (d'une 
femme) : ine afrontêye (Hub.) = jeune fille délaissée par son séduc- 
teur; — 3. arch. } voler, prendre avec audace : èsse inte dès djins qui 
m'afront'rint tôt çou qu' dj'âreû (Complainte dès payisans, 163 1) = être 
parmi des gens qui me raviraient tout ce que j'aurais. | afron- 
terèye (For., Malm. Vill.), afronterie (Malm. Vill.), afronte- 
rlye (Stambruges, Viesville, Monceau-s.-S.,Nam.), afronti8té(liég., 
verv. ; Malm. Scius; Marche-en-Fam. ; Nam. Pirs. ; Wiers), afrontité 
(Vonêche), afrontlcfaté (Jodoigne), afrontihs u té (Malm. Vill.), 
s. /., effronterie, impudence. | afrontéyemint (For., Lob.), adv. t 



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— *3 — 

effrontément, impudemment. | afronteû, -eûse (For., Ellezelles ; 
Hic), ad/., i. affronteur, trompeur; — 2. impudent, audacieux. 

afroumèy (gaum.), v. tr., enfermer; spécialement emprisonner, coffrer. 

8'afrouyer (Bourlers), s'effrayer, s'effarer. 

afroyl(liég.,verv., stav., malm.,Sprimont ; Chiny, Givet, Dînant, Meux, 
Namur, Viesville, Monceau-s.-S., Court-S'-Étienne), afroyer (ard., 
chestrol. Dasn.), afroyè ( Marche-en- Fam., Neufchâteau), afrouyi 
(gaum.), afloyl (Hervé). 

I. v. tr., 1. frayer un chemin, une glissoire, etc., les rendre praticables 
(Meux, Givet, Viesville, Monceau-s.-S.); — 2. en frayer, préparer par 
un certain temps d'usage, mettre en usage un objet neuf, étrenner, 
assouplir, dégrossir, mettre en train, mettre (une barque) à flot, etc. ; 
/. de dra/>., afroyî on drèp (Lob.), aplaigner, aplaner, lainer. 

II. v. réfl. t 1. s'ouvrir un passage (Rem.); — 2. se prêter, prendre forme, 
s'habituer à, p. ex. à l'eau, à un bain d'eau froide, se jeter à l'eau (pour 
s'y baigner); s'asperger avant d'entrer dans Peau (Maubeuge : s'an- 
frouyer). — Ad/', accoutumé, assoupli, bien ajusté. | afroyôdje 
(liég.), afloyèdje (Hervé), s. m., 1. assouplissement, élargissement, 
apprêt; — 2. prémices ; /. de drap., enfrayure, première laine sortie 
des chardons neufs (Lob.). | a l'afrôyemint, lieu dit de Beaufays. 

afruteler, v. tr., surprendre (Berzée); v. infr., arriver à l'improviste 
(Lierneux). 

after ou aveter (Brabant,Nam., Hainaut), aftô (Ellezelles), v. tr., accro- 
cher; liég.,ahaveter, mèmesign. | aftàre (verv.),s. /., accroc, défaut, 
seulement employé dans r expression : i n'a né one aftâre (=il n'y a pas une 
éraflure), où l'on entendait sans doute autrefois n-aftàre ; c'est pourquoi 
LOBKT note le subst. naftar, avec la traduction fantaisiste de « chose 
entière, exempte de défaut.» (cf. Gggg. II, 543). Comparez naftore 
(Malm. Vill.), naftore (Faymonville) : défaut, accroc, à côté de 
hafta (Faymonville) : accroc, défaut ; indisposition. 

afubler (Chapon-Seraing, Ath ?), afublè (Givet), afeubler (Uci- 
mont), afûler (liég., verv., Stav., Wall, pruss., Wiers, Tournai, 



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- 2 4 • 

Tourcoing, HÉc.). afûlè (Marche-en-Fam.), afûrler (Crehen,Crney, 
Nam.), afurloy (Moxhe), afûyl (Neuville- Vielsalm), ». tr., i. affu- 
bler, couvrir (d'un vêlement), envelopper, emmitouffler; /. dejardinage, 
enchausser; - 2. habiller d'une manière bizarre, accoutrer, surtout 
au réfléchi. \ v. rêfl. 1. s'affubler, s'envelopper; — 2. s'accoutrer. | 
afublèmint (Court-S l -Ét.), afublumint (Stav. Detr.), afûlemint 
(For.), afûlèdje (liég., verv.), afûrladje (Nam.), s. m., 1. affuble- 
ment, habillement; — 2. accoutrement. | afûleûre (Duv., For., 
Rem., Ovifat-Sourbrodt), afûleure */ afûyeure (Vielsalm), afûlère 
(Faymonville, Robert ville), afûlâre LoB.afûlore (Stav., Malin.), 
afûlûre (Hainaut), s. /., mante, manteau de femme, faille, sorte de 
mantelet noir, fait avec de la serge ou de la soie, dont les femmes se 
couvraient autrefois pour aller aux messes de mort et aux enter- 
rements. | afûla (Francorchamps), s. tn., mouchoir, drap avec trous 
pour les yeux, que portent les femmes qui suivent le cercueil. | 
afûlè te (Tournai), s./., sorte de capuchon formé d'un sac de toile 
replié dont se coiffent les débardeurs au travail. 

afut, s. m., 1. /. (Tébèn., fût, bois sur lequel on monte un fusil, un 
outil ; — 2. support qui sert à mettre en position certains instruments, 
bouche à feu, lunette, etc.; èsse franc su s'n-afut (Nivelles) = ne pas 
avoir peur, ne craindre rien. — 3. poste derrière un fût, un arbre pour 
guetter le gibier ; braconnage : aler ou èsse a l'afut = épier, écouter 
aux portes, attendre l'occasion favorable ; in-ome d'afut (pu d'afut' 
HÉc.) = un homme d'adresse, qui a toute l'aptitude voulue pour ce à 
quoi on le destine. | af us ter (Wall, pruss. ; tns. VVrbrr), aiîster 
Baux., afustl'/afuskl ( Vielsalm ),afû ter (Gggg.), afuter (Nivelles, 
Mons Delm., Sig., Héc, Flobecq, Stambruges, Viesville, Wiers), 
afutè(Bouvignes), afutô (Ellezelles), v. tr., 1. affûter, aiguiser, affiler 
(certains outils) ; — 2. disposer sur un affût, ajuster les outils, les armes 
à feu, aux fûts qui les maintiennent, d'où en gén. arranger (Vielsalm), 
ajuster habilement (Viesville) ; mal afuté = mal attifé ; — 3. afuter 
in-ovrî (Gggg.), outiller un ouvrier ; doit déniaiser; — 4. attendre 
(le gibier), d'où en gén. guetter, épier, surveiller (Flobecq) ; mirer, 
viser (Wiers) ; | v.réfl., 1. s'arranger, se débrouiller, prendre une 
décision, des mesures, d'où adj. futé, avisé ; — 2. se mettre à l'affût. 
| afûtèdje (For.), s. m., affûtage, action d'affûter un canon. ; 



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— *5 — 

afutadje (Court-S l -Étienne), s. m., action d'affûter ; braconnage. | 
afuteû(Huy, Nam^S'-Georges, Marche-en-Fam., Nivelles, Ellezelles, 
Monceau-s.-S., Viesville, Stambruges, Wiers, Mons Delm.j, s. ;/»., 
i. afuteû d' coutias (Wanse-Huy), ouvrier aiguisant les couteaux qui 
servent à découper les betteraves ; — 2. outil servant à aiguiser 
(Tourcoing) ; — 3. qui est à l'affût, (Toit braconnier ; - 4. JSg. homme 
avisé prévoyant (Ellezelles). | afutiau (Mons Delm., Lkt., Héc, 
Wiers, Stambruges, Avennes, Givet, gaum., Dasn.), aftia (Nam. 
de P.), aflûtiau (Duv.), aflutiau (Nam.), 5. m., 1. les jambes 
(Stambruges), fam. les flûtes; — 2. affûtiau, menu objet, instrument 
quelconque; bibelot, brimborion, affiquet, petit ornement de peu de 
valeur; surtout au pluriel : affûtage, assortiment d'outils nécessaires à 
un ouvrier; spécialement petit étui dans lequel les femmes placent 
leurs aiguilles (Avesnes) ; — 3. les parties naturelles de l'homme 
(Héc, Vbrmbssb). 

afyl ou plutôt avyl (Ellezelles), v. intr., bredouiller, parler difficile- 
ment, en agitant la lèvre inférieure et en perdant sa salive : i-avèye 
trop lonm^t pou dère *ne saqu*. Ce nVst nî cha pari*, ch' «t-avyî. | 
afyâitt plutôt avyâ (ib.), s. m., bredouilleur. 



Nous prions instamment nos correspondants 

i° de nous renvoyer le f cahier (AB-J, même s'ils ont trouvé 
peu d 1 additions à y faire; 

2° de renvoyer ce 5 e cahier (AF-) un mois environ après P avoir 
reçu ; 

j° de donner, d'après ce qui suit, les termes de pêche usités dans 
la région qtûih représentent. 



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ARCHIVES DIALECTALES 

14. Le pêcheur à Andenne 

I. Termes généraux : pècheà\ pèche, la pêche; pècht t pêcher; 
aler pèchi, aler al pèche. 

Tinkij c'est pêcher en fixant la gaule au sol et en laissant la 
ligne au fond. Il s'agit alors de gros poissons : on tinktye li gros. 

II. La gaule, bagué te ou pèche, est composée du gros bout, 
ptd\ d'un, deux ou trois montants] du bout fin, rigrèfe, auquel 
on attache la ligne, ligne. Les extrémités de chaque montant 
sont reliées par une bague en cuivre, one fèrome. Parfois l'extré- 
mité inférieure est munie d'un fer qui permet d'enfoncer la gaule 
dans le sol ; c'est la lance. Les nœuds de bambou ou de roseau 
sont les nuks. À l'extrémité supérieure ou bètchète on fixe l'émé- 
rillon, èmèrilyon, petite pièce en métal par laquelle passe la ligue. 
On monte et on dismonte si baguète. 

III. Pour armer la gaule de sa ligne, on dislonche li ligne dèl 
plantchète et on /' lôye al bètchète dèl rigrèfe. 

La partie supérieure de la ligne est de soie, sôye, ou de crins 
de cheval, swèyes trèssis, ou de crins marins. Cette partie de la 
ligne porte la plume, qui porte elle-même une ou plusieurs bagues. 
La plume est parfois remplacée par un bouchon, morceau de liège. 
Cette partie supérieure de la ligne s'appelle li d'zeà d ligne. 
L'inférieure ou bas d* ligne doit être plus fine : elle est en crins, 
en swèyes toujours simples et les plus minces possible, le plus sou- 
vent en racines anglaises. C'est dans cette partie qu'on place les 
plombs. L'extrémité se termine par l'hameçon, anzin. On dis- 
tingue dans celui-ci trois parties : la palète, côté lié à la racine 
anglaise ; la bètchète ou pointe ; la barbe, baube, qui e3t destinée 



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— *7 - 

à retenir le poisson ou l'amorce. Quand l'hameçon pique bien, 
Vanzin pivinte) quand il est émoussé, Vanzin »' pwinte pus. 
On met Pamwace al pwinte di ranzin. 

IV. L'épuisette s'appelle li poàjwè ou li traita. Onpoûjeou on 
truie le poisson, qui tombe dins V poûjwè, filet fait de mailles, 
mayeSf soutenu par un cercle de fer, cèke. L'ensemble des mailles 
s'appelle aussi li bous se. Poûjwè désigne ou l'épuisette entière ou 
seulement la bourse : il a spité foû de poûjwè. On tient le poûjwè 
par un manche, mantche. 

V. Le panier de pêche, pant, est fait de jonc ou d'osier, fyonc, 
osêre. Il est muni d'un cûr, cuir, ou d'un cwardia, cordon, pour 
l'endosser, qui passe dans un œillet, oûyèt, fixé à la partie posté- 
rieure. Il a un couvercle, one couviète, li cPzeû de puni, qui est 
tenu fermé au moyen d'une broche, broke, passant dans un œillet 
fixé à la partie antérieure. 

VI. Quand le poisson a mordu et fuit avec l'hameçon, pour le 
laisser filer et le fatiguer, le pêcheur allonge sa ligne en lâchant 
F molin ou molinèt, moulinet dont il avait enroulé, loncht, la 
ficelle au moyen d'une manivèle. L'opération faite, on moline ou 
Smoline, c'est-à-dire qu'on enroule de nouveau sur le moulin la 
ficelle lâchée. 

VII. Les amorces, amwaces. On pêche al moche , au viér, au 
blanc viér f a l'awinne, au frumint, al sipiate (épeautre), al saû- 
trale (sauterelle), au malton (bourdon), al baloûche (hanneton), 
au song (sang), au cèrvia (cervelle, ord 1 de bœuf), au râjin 
(raisin), al tchène (chanvre), al cèréche (cerise), etc. 

La boite aux amorces s'appelle libwèsse. 

VIII. La pêche. 

a) au bord. Le pêcheur s'installe : i s' met a s* place ; la place 
lui appartient parce qu'il l'a amwarci po~z-l tinre li pèchon. On 
pèche au laufye ou au bward, a fond, al flote (à la surface) ou 
inte deûs êwes. D'après le temps et les circonstances, / fait bon ou 
mwês pècht, i bètcherè ou i n } bètcherè nin. Néanmoins on tape on 
côp d 1 ligne ! — / faut qui V ligne ni laukiye nin, c'est-à-dire ne 



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— 28- 

soit pas trop relâchée. Si le poisson bètche, on sètche en imprimant 
une secousse à la rigrèfe, c'est-à-dïre en piquant. — Le poisson 
parfois ne fait que mordiller l'amorce : au tremblement du 
bouchon, on voit qu' i-gn-a onk aûtoû, ou que le poisson 
tchiktéye ou sone. Wète a f ligne : il a soné ou i tchik'téyc ! — 
On dit bètchl plutôt quand le poisson fait disparaître le bouchon. 
Si le poisson est gros, il faut se garder de tinki dessus, mais il 
faut lâchi /' malin, lui donner dèl ficelé. Le poisson gangne li 
laufye, parfois / tint i laufye ou i tint P fond ou i sètche a hikèts : 
il donne des secousses à la ligne. 

Ênn 1 a-t-on pris f — Aï, fyènri 1 a pris (ou gorlé ou mawl) 
saqivantes. 

b) en .barquette, nèçale ou naçale, les péripéties sont les 
mêmes. Pour un pêcheur, la nacelle comprend trois parties prin- 
ci pales, li bètchète ou pointe, // eu ou arrière, // bondi/ ou coffre 
dans lequel il met le poisson. 11 se sert de rames, rames, ou. d'un 
aviron : aviron ou naviron. 

Pour reconnaître sa place, plus réservée encore que la place 
d'un pêcheur au bord, il met uue Jlote, planche ou torche de 
paille ou de jonc, ou bien un tonia, petit tonneau flottant. 

IX. Divers modes de pêche. 

a; Si la ligne est tenue immobile au fond par un gros plomb, 
one baie, on dit qu'il pèche a fond ou a stod. 

Si la ligne suit le courant, il pêche al Jlote. 

Il peut pêcher a l'artificicle, avec une amorce artificielle ; al 
tchak } tresse , avec un poisson d'étain ou de plomb, qu'il agite 
dans l'eau : / tchik'téye. 

II peut aussi poser des lignes dormantes, mète one ligne a 
fond] la ligne dormante est une longue ficelle maintenue au fond 
par des pierres et munie de minces ficelles où pendent les 
hameçons : celles-ci s'appellent kèivètes. 

b) Il peut aussi pècht au filé, filet ; au cotia ou câré } filet carré, 
ou au stocâtne, même sens ; al nasse ; a Pavroûle, filet carré plus 
grand que le stocâtne. 



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— 29 — 

Le stocàme, ou parfois stocàne (*), est un filet pour pêcher toute 
espèce de poisson le long du bord ; il a la forme d'une bourse au 
bout de mou tan ts en fourche. — Le petit câré s'emploie aussi au 
bord pour prendre le petit poisson ; il est carré et le pêcheur en 
tient le manche en main comme à la pèche au stocame. — Le 
grand câré sert à prendre tous les poissons ; le manche est fixé 
sur une barque. — Le cotia (liég. cotre) est un grand filet conique 
du genre de l'épervier : on l'étend sur le bord de la barque et, 
sous le poids de 1200 à 1500 balles de plomb, on le laisse des- 
cendre dans l'eau. — L'épervier, épruvier, est un filet conique 
garni de plomb; ou le lance à la main. 

Pour l'écrevisse, grèvèsse, on pêche al bascule ', filet plat tendu 
sur un cercle de fer de 30 à 40 centimètres de diamètre. 

c) Les destructeurs de poisson pèchent au cok-lèvant, en jetant 
de la coque du levant dans l'eau (*). 

X. Les poissons connus à Andenne : Paublète, ablette; li 
guàvion, goujon ; //' cnvèséye, moitié rousse, moitié ablette ; li 
blanc pèchon, plus gros que l'ablette; li vandwâse, vandoise ; 
li mostèye, loche, poisson de fond vivant sous les pierres comme le 
chabot ; li tchabot, chabot ; li lofyî ou Vôrlofyi [Gggg. ofyt], m., 
perche goujonnière ; li piètc/te, perche ; // rossète, gardon ; // 
hôtik, m., nase; litch'fènc, chevanne; limonni, « meunier», gros 
che vanne ; li brame, brème ; li barbivon, barbillon ; Pinwiye, 
anguille; Pabfyawe ou awfyawe, petite anguille [cf. liég. aiv'hé] ; 
// brotchèty brochet ; li trûte, truite. 

XL Expressions : tinre on pèckon, tenir un p. au bout de 3a 
ligne ; ovu V pèchon, avoir le p. ; manquer V pèchon ; naujt 

( l ) Cf. Gggg. : « stokàdm' : sorte de filet de pêche en forme de bourse 
triangulaire ». Emprunté du dialecte li m bourgeois stokfwam, même 
signification. 

(*) Auire façon de pocher signalée à Court- St- Etienne (Brabant) : 
« L'anguille, anwiye y se prend généralement au aâr dans la vase des fossés; 
c'est une fourche spéciale à trois branches plates et dentées sur les bords 
intérieurs; pêcher au dâr se dit dârer ». (Ad. Mortier). 



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> - 30 — 

r pèchon, le fatiguer; — laukt T pèchon, ne pas tenir sa ligne 
raide, quand on manque de moulinet, pour permettre au poisson 
de prendre le large et le fatiguer; — èsse cassé, dismonté, chorté 
(« écourté ») ou massacré, avoir sa ligne brisée ; — èsse kimèlé, 
èmacralé (« ensorcelé »), avoir sa ligne emmêlée. 

Li piètche, li brotchèt lance, la perche, le brochet est en 
chasse. — Li pèchon frôye, le poisson fraie ; li frôye est le temps 
du frai. — grawyi, troubler l'eau pour attirer le goujon. — 
aïs, m. ; endroit où l'eau est presque stagnante par suite d'un 
obstacle qui arrête le courant. — Li warmaye vole, les éphé- 
mères volent ; on dit aussi Moûse sème, Moâse florit. — Moûse 
èst-on laid plantchi : la Meuse est un plancher peu sûr. 

Expressions empruntées à la pêche : bwère on guàvion, boire 
une goutte. — Dji n'a nin ptis fwin qu 1 Moûse n'a swè. — 
Pou-mau a tourné è Vêwe. — 77 aurè co passé d 1 Vêwe dizos 
V pont divant qu 1 cola n'arive. 

Louis Bragard, 

Professeur à l'Athénée royal de Bruges 



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Notes d'Étymologie et de Sémantique 

23. w. fi cT sortenance 

À Faymonville, on se sert de l'expression fi d 1 sortenance dans 
des phrases comme : fend n'arès nin fi d 1 sortenance, « tu n'en 
auras pas fil de soutenance », c'est-à-dire pas un brin. Le français 
« soutenance », qui se présente aussi en anc. -franc, sous la forme 
« sourtenance », se retrouve en wallon namurois, dans Gggg. II, 
376, v° sort inanse, avec la signification de « action de soutenir ». 
Il doit plutôt avoir eu, du moins chez les couturières de Faymon- 
ville, en liaison avec « fil », le sens de « faufil », fil provisoire 
pour maintenir l'étoffe jusqu'à ce qu'elle soit cousue et qu'on 
jette ensuite en morceaux comme chose sans valeur. — On dit 
dans le même sens en wallon : t'ènn' n'ârès nin fribote. 

D r Quirin Esser (Malmedy). 
24. w. houyon 

À Malmedy, un « marié » (conjux vir nuptus) se nomme 
houyon (Villeks, Dictionnaire wallon-français). Je vois dans ce 
mot : hou-y-on, avec un y destiné à supprimer l'hiatus ( l », ce qui 
suppose une forme plus ancienne *kouon pour */totiwon. 



( l ) L'emploi d'une semi-voyelle pour supprimer l'hiatus est très 
répandu en wallon : biyoU, miyole, brèyire, Dcwayay à côté de Dewaay, 
(nom de famille), « Fayay* à côté de « Faay > (lieu dit). — De même, 
dans le dialecte roman du Sud-Ouest de la Suisse, une semi-voyelle est 
souvent intercalée : oyi = ouïr (entendre), du lat. au dira : cf. Kuhn, 
Zeitschrift fur vergleichinde Sprachforschung XXI, 340. 



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- 32 — 

Or ce *houwon a été emprunté à un mot néerlandais houwe 
(gén. houwen), qui est identique au moyen -haut- allemand htwe 
ou hie } ancien-haut-allemand hiwo ou hio (conjux). 

En effet, dans le néerlandais, sous l'influence du w } Vî du radi- 
cal s'est changé en ou : c'est pourquoi le m. -h. -a. hiwen, hien (se 
marier) est en néerlandais moderne huwen, houwen (matrimonio 
jungere, nubere); c'est aussi pourquoi le m.-h.-a. ht f leich ('), 
qui signifie (célébration du) mariage, à proprement parler seule- 
ment le lai ou la chanson qui l'accompagne, est en néerlandais 
moderne houwe + lick, hou -\- lick, houwe f- Iijk, huuw -\- lijk 
(connubium, nuptiae) : cf. Diefenbach, Vergleichendes Wôrter- 
buch der gotischen Sprache II, 548 sq. 

L'ancien-haut-allemand hiwo suppose un radical germanique 
hivan (= en néerlandais moderne houwan), avec la signification 
de « proche, parent, qui habite dans la même maison, époux », 
c'est-à-dire homme marié ; c'est donc sur ce radical néerlandais 
houwan que repose le wall. houyon. 

Comme le gothique possède un composé heiva -\- frauja avec 
la signification de « Haus -f- herr » (homme de la maison), en 
angl. hus -\- handy on peut avec grande vraisemblance considérer 
l'a. -h. -a. hiwo comme en étant une abréviation du même radical, 
et c'est d'ailleurs ainsi également que Fôrstemanx dans son 
Altdeutsches Namenbuch I 2 , 846 et II 2 808 représente le nom de 
personne Hivo ( 2 ) tiré du nom de lieu Hiven \ heim et Hiveno-\- 
husen. Mais le goth. heiva- signifie « maison » : cf. Fick, 
Vergleichendes Wôrterbuch III 3 , 76 ; Léo Meyer, Die gotische 
Sprache, p. 37. 

D r Quirin Esser (Malmedy). 

( l ) A hi-leich répond, dans les dialectes de l'Eifel, heu + lich (cf. 
heu 4- rat pour et à côté de hei -\- fat), mais en général heilig et hillig. 

(*) De même qu'on rencontre un nom de personne ancien-allemand 
Hivo, le wallon possède aussi Houyon comme nom de famille; il est, 
d'après cela, synonyme de Bounameau et Bounatne, franc. Bonhomme, et 
en outre de l'angl. Younghusband , qui se renconirent également comme 
noms de famille. 



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25. w. warokê, warloker, warcot, warcote, warcoter, 
vrack, Waroquiers (nom de famille). 

Le wallon warokê, selon Gggg. II, 482, signifie « gourdin, 
bâton pour abattre des noix ». Mais cette définition paraît trop 
spéciale : il faut donner au mot le sens plus étendu de « gourdin, 
rondin, bâton grossier et épais qu'on lance violemment contre 
qqn ou qqchose ». (Cf. Godefroy : icaroqucau, gros bâton, barre, 
levier ; et le franc. « garrot », bâton, d'où garrotter). 

En Ardenne, il semble avoir le sens de « masse, massue » : on 
gros warokê d' ftwin, un gros quignon de pain. 

L'allemand a pour exprimer cette idée Ben gel ou Nussbengel, 
c'est-à-dire rondin (pour abattre les noix). De même que le 
substantif Bengel a donné le verbe bengeln (verberare, bàtonner ; 
Niisse bengeln — abattre des noix), on devrait attendre de 
warokê un dérivé régulier *warokeler, *warokler : au lieu de cette 
forme on fait usage d'une autre qui en est issue par métathèse : 
warloker (donner des coups de bâton : Gggg. II, 481) aussi bien 
que d'une autre tirée du simple *waroke : zvaroker (bàtonner, 
Gggg. II, 482). 

Or à côté de warokê existe aussi, avec le même sens, un 
subst. warcot f warcote (gourdin, Gggg. II, 481) avec le dérivé 
verbal warcoter (abattre des noix, des pommes, etc., avec un 
bâton). La forme warcot est une contraction de *warocot et parait, 
aussi bien que warokê } devoir être considérée comme une for- 
mation diminutive. 

Or le simple *ivarok qui sert de base à *warocot et warokê, 
semble être identique à l'anc. -franc, warac, qui signifie « de 
qualité inférieure », en parlant du hareng (Godefroy), et au 
franc, mod. varec ou varech (goémons rejetés) et en vrac. Avec 
ce sens concorde le flam. wracken haring (hareng rejeté), le haut- 
allem. mod. Wrackhering ou Brackhering, en franc, hareng en 
vrac, hareng brak } c'est-à-dire un hareng insuffisamment salé, 
mauvais et pour ce motif rejeté du commerce. 

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~ 34 - 

L'adject if flamand ici en question : wrack (et aussi ivraek, brak) 
a le sens de « mauvais, vil », et le verbe qui en est dérivé 
tvraccken signifie « rejeter, repousser ». 

En bas-allemand ; le verbe est également wraken, avec la forme 
secondaire wraken ; et cette dernière suppose une forme adjective 
wrok. 

Or, de même que l'anc. -franc, ivarac est emprunté au flam. 
wrac avec insertion d'un a euphonique entre les deux consonnes 
initiales w et r, de la même manière l'adj. *warok contenu dans 
le wail. warokê est emprunté à la forme secondaire wrok. 

Mais le wall. *warok doit être complété par bwès (bois), tout 
comme avec l'anc. -franc, warac le subst. « hareng » doit être 
supposé. De même que ce dernier désigne un hareng mauvais, 
inutilisable, de même le dérivé warokê (sous-entendu bwès) 
contient l'idée de « bois mauvais, inutilisable à des fins tech- 
niques ». Le rondin ou gourdin est en réalité un bois de qualité 
inférieure, tout au plus bon pour servir de projectile. 

Avec le wall. warokê exprimant la même idée que *warokbivès 
s'accorde le proverbe hollandais : aile hont la geen timmerhout 
[Nicht jedes Holz Gibt eincn Bolz). 

Enfin il faut encore mentionner, comme appartenant à ce 
groupe, une expression des tanneurs de Malmedy signalée p&r 
Villkks. A la page 454 de son Dictionnaire (manuscrit) on lit : 
« vrackj adj., se dit des cuirs, de la première, de la seconde ou 
troisième piqûre, piqué ». Les cuirs « vracks » sont des peaux 
endommagées (en aliem. « Engerlingshâute » : Engcrling =5 
larve), qui sont de moindre valeur, soit à cause des piqûres 
d'insectes, soit parce qu'elles ont reçu, dans ce qu'on appelle 
réchauffe (en wail. tchAud frô, «chaud trou»), des taches véreuses. 

A présent, les tanneurs désignent ces cuirs «vracks» par x, xx, 
xxx, c'est-à-dire mauvais, très mauvais, tout à fait mauvais. — 
Au surplus, en allemand, chez les pelletiers, les marchandises 
intérieures, endommagées, s'appellent aus>i « Brack ». 

Mais ce n'est pas seulement le mot qui provient de l'allemand ; 



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c'est aussi le sens de wrak (à la place duquel on trouve égale- 
ment, avec durcissement du w en b, brack) appliqué au bois pour 
désigner des objets inutilisables, mauvais. D'après le Dictionnaire 
allemand de Grimm (II, 289, v° Brack = rejiculum), dans le 
langage des eaux et forêts, Bracken et Abstànder (arbres séchés 
sur pied) désignent « des arbres gâtés, dépéris, impropres à 
servir de bois d'ouvrage, de construction » ( ! ). 

On peut donc donner à des arbres ou à du bois inutilisable de 
cette espèce le nom de Brackbaùme (arbre de rebut) et Brackholz 
(bois de rebut), c'est-à-dire *warok bwès, warokc, comme on parle 
aussi de Brackschafen (oves rejiculse), Brackperlen ou Brock- 
pcrlen (perles en loupe), Brack gut (marchandises de rebut, 
débris rejetés par la mer, épaves maritimes, varech), Brak- 
icasscr (eau salée, impotable, saumâtre). 

Au wallon warokc se rattache d'ailleurs intimement la forme 
wriak (avec /épenthétique), qui appartient au dialecte nord? 
frison d'Anirum et qui signifie Wrackhoîz (bois de rebut). 
(Cf. K\}HX,ZeitschiftfiïrvergIeichendeSprachforschung, 24, 452). 

Le wallon ivarokê se rencontre aussi comme nom de famille 
dans les formes Waroqué, Waroquet et Varoquet. Ces noms ont 
été à l'origine des surnoms (sobriquets) avec la signification déri- 
vée de « gros bâton » appliquée à un homme gros et courtaud, 
ou gauche et rustre; ils correspondent aux noms de famille franc. 
Gourdin, Rondin, Tricot, Bas ton, Bûche et aux noms allemands 
Dremcl, Tremel, Trbmcl (bâton), Knûppel (rondin), Knùtteî 
(rondin), Priigel (bâton, rondin),